SxJ^bris PROFESSORJ.S.WILL CORRESPONDANCE Dfas RÉFORMATEURS DAB lis PAYS DE LAK.IiE FRAM.AISE nKClTRH-UE ET PUIJUKK AVEC D'AUTRES LETTRES RELATIVES A LA RÉFORME KT DES NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES PAR A.-L HERMINJARD TOME HUITIÈME (1549 à 1543) AVFC UN INDEX ALPHABÉTIQUE PE3 NOMS GENE\'E, BALE, LYON (iEOiu; c*^ r:<\ lihiiaihks-éditeuhs PARIS fi. FISCHRACHER, 33, RUE DR SEINE 1893 CORRESPONDANCE DES RÉFORMATEURS D.US LES rWS IIE l.l\l.lE Fll\.\i:\l)iE GENÈVE. — IMPRIMERIE W. KUXDIG & FILS. CORRESPONDANCE DES RÉFORMATEURS DA^'S LES PAYS DE LAM.IE FRAMiAISE RECUEILLIE ET PUBLIEE AVEC D'AUTRES LETTRES RELATIVES A LA RÉFORME ET DES NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES PAR A.-L IIERMINJARD TOME HUITIEME 1542-1548 GENEVE, BALE, LYON GEOHG & C'«, LIBKAIRES-ÉDITEURS PARIS G. FISCHBACHER, 33, RUE DE SEINE 1893 Tous di'oits réservé.-i. A MONSIEUR LE RECTEUR ET A MESSIEURS LES PROFESSEURS DE L'UNIVERSITÉ DE GENÈVE HOMMAGE EESPECTTJEUX CORRESPONDANCE RÉFORMATEURS \ r SUITE DE LA QUATRIEME PERIODE Depuis Facceptation des Ordonnanfcs ecclésiasti(|ues à Genève jusqu'à la ruine du parti des Libertins. 154 1 — 1555 T. YtlI. 1110 GxnLLAUME FAREL à Jean Calvin, à Genève. De Neuchâtel, 2 mai 1542. Aiitograplie. Bibl. dos pasteurs de Neuchâtel. Calv. 0pp. Brunsv. XI, 391. S. Hodie priniïnn iiiihi redditaî fuerunt tuœ literse, et quas scripsit Viretus paulô antè quàm tuas ' : ut mirer tam tardare tabellarios. Quod dicebam priîis ^, idem rursus dico : ne te in scribendo fatiges ueqHe Viretus. Satis et plus satis est qîiod agatis. Utinam addat vobis adjufores Domimis pro remoris istis ^ ut onus tantum levius liât ! Scripsi de cœtu nostro, qui 9. hujus mensis est nohis datus * : cui optarent fratres te vel Viretum adesse, ut jam ad Viretum scripsi. Si fieri potest, sinite ^ Allusion à deux lettres que nous n'avons pas retrouvées. ^ Voyez la lettre de Farel du 19 avril (t. VII, p. 455, lig. 8-16). ' Henri de la Mare, Amé Champereau, et peut-être aussi Jacques Ber- nard, collègues de Calvin et de Viret à Genève (Vn, 328, n. 12; 410-411; 438, 439, 448, 455). * Tous les pasteurs du comté de Neuchâtel devaient tenir un Synode le mardi 9 mai. Ceux des églises voisines y étaient invités. Il paraît que les assemblées de ce genre ne pouvaient avoir lieu sans la permission du Gou- verneur. 4 GUILLAUME FAREL A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 15i2 id à vobis impetrari. Qu» te iirunt non sinunt me quiescere. Dominns nobis aperiat viam qua consuli sanctè possit omnibus ecclesiis, quam omnes sequamur omnibus postpositis. In literis Bnceri video me plurimùm peccare, dum mihi accidit quod ille deflet % nimirum dum linguas malas vitamus, dumque timemus offendere quos optamus in officio continere, non pauca omit- tuntur quse agenda essent. Christus sit nobis propitius, et spiritu consilii, sapientiœ et fortitudinis nos donet ! Audio confessionem Provincialium prohatam fuisse a Rege ^, et factam fuisse copiam Roherto l^teplumo imprimendi Bihlia Gallica '^ : unde conjicio viam satis apertam ad Verbum, si essent qui qua oportet ratione pure et appositè verbum Domini proponerent. Sed vereor multos esse qui si attigerint unum aut ^ La lettre de Martin Bucer que Farel mentionnait le 19 avril (VU, 455, lig. 1-7). — Éd. de Brunswick : dum nihil accidit. ® La Confession de foi présentée au parlement de Provence, le 6 avril 1541, par les Vaudois de Mérindol (YLI, 82, n. 6). <■ Or, après la dicte présentation (dit un opuscule de 1555), plusieurs ont désiré plus ample déclaration de la foy des dicts de Mérindol A ceste cause, les dicts ont envoyé plus amples articles au Cardinal Sadolet, pour lors Évesque de Carpentras*, aussi aux Syndiques d'Avignon et à l'Évesque de Cavaillon, et à tous ceux qui en ont demandé tant en général que en particulier. Et mesmes le feu Roy Françoys.... voulut savoir et entendre quelle estoit la doctrine que suyvoyent les d. de Mérindol et autres persécutez au pays de Provence. Et devant sa majesté royale, la dicte confession fut leue par son Lecteur ordinaire, nommé Castellanus. Et après avoir esté leue de poinct en poinct, le Boy demanda en quel endroict on trouvait faute ou chose à redire en la d. confession de foy. Et nul n'osa ouvrir la bouche pour y contredire. » (Hist. mémorable de la persécution de ceux de Mérin- dol, etc., in-S", p. 41). Il est difficile de concilier ce témoignage avec le suivant : « Le 17 may 1543 (lit-on dans le plaidoyer de Jacques Aubéry pour les Vaudois. Paris, 1645, p. 52), le Roy envoyé ses Lettres patentes de troisième grâce, » où il rappelle « ses précédentes lettres [du 8 février 1541], ausquelles les notez d'hérésie n'ont obéi, parce qu'ils ont envoyé une créance et confession de leur foy par écrit, que la Cour n'a voulu recevoir, comme aussi le Roy n'entendoit qu'elle fust receue. » — De deux choses l'une : François I^r oubliait, en 1543, qu'il avait approuvé en 1541 la Confession de foi des Vaudois, ou bien l'auteur de VHistoire mémorable a été induit en erreur. ^ C'était un faux bruit. Renouard (Annales des Estienne) ne mentionne aucune Bible française publiée eu 1542 ou en 1543 par Eobert Estienne. * Sadolet leur répondit par une lettre très amicale, dont Crespin a publié le soramaii-e, Hist. des martyrs, éd. de 1582, f. 138 verso. IS42 GUILLAUME FAREL A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 5 altoniin abusuni Pontificis, roj)iitent se statim totum Evange- lium ijrœdicasso. Tu qui in hoc valcs ot multos nosti, potes adinonere, ut non dubito facis " : ut istic eniteris rei)urgare (luœ terri non possunt. Is qui oninia potest sua te roboi-et vir- tute, qua possis quod sanctè cupis ! Hannonius non jji'imus nobis iniposuit '•', iiec erit postrenius : ita fucibus [1. fucisj '" saepe adsumus, dum credimus bonis benefacer(\ Hîc felix est Barharinns, neque ego minus, sed i)er familiam, et quia locus non est, pauciores exeipio ". H^iic ''^ quid consilii visuni sit dare, ex eo audies. Tractavit qua'dani euni eo Zehedeus^^, quae non satis probantur. Sed de his aliàs, Vale et omnes saluta, preecipuè Viretum cuni vestris conjugïbns. Fratres mei tibi salutem et omnibus dicunt. Neocomi, 2. Mail 1542. Farellus tuus totus. Literas Buceri non remitto nune : statim per aliuni mittam. (Inscrij)tio :) Christi servo Jo. Calvino, fratri et symmystse quàm chariss. Genevae. ^ Calvin avait donc conservé des relations avec quelques-nns des prédi- cateurs catlioliqucs-romains qu'il avait connus en France. ^ Nous n'avons aucun renseignement sur ce personnage. Il ne faut pas le confondre avec celui qui est appelé Annonius dans la lettre des pasteurs neuchàtelois du 3 décembre 1545. " La troisième lettre de ce mot a la forme d'un c plutôt que d'une r. Farel a peut-être écrit par inadvertance fucibus au lien de fucis, qui irait bien ici. Les éditeurs des Cnlvuii Opéra ont lu fœcihus. " Thomas Barbarm, pasteur de Boudri, était dispensé de .donner l'hospitalité aux voyageurs, parce qu'il demeurait assez loin de la grand' route de Neuchàtel. Guillaume Farel ne i)ouvait en recevoir, parce qu'il n'avait pas assez de place dans sa maison, où logeaient alors deux ou trois de ses frères. *^ Au porteur de la présente lettre. ^' Voyez, sur André Zébédée, le N" 1127. 6 LE CONSEIL DE BERNE AU CONSEIL DE NEUCHATEL. 1542 IHl LE CONSEIL DE BERXE au Gonseïl de Neuchâtel. De Berne, 4 mai 1542. Minute orig. Arch.de Berne. Samuel de Cliambrier. Descrijjtion de la Mairie de Neuchâtel, 1840, p. 333. Nobles, saiges, expei'ts, très chiers et féaulx bourgeois ! Les prédicantz et ministres du sainct évangelle de Nostre Seigneur au Contel de Neufchastel nous ont advertis, par la voix de maistre Gnillaume Pharell, de la délibération qu'ilz ont de tenir nng chajJjntre général ou congrégation des frères ministres ', pour le bien, prouffict et advancement de la Parolle du Seigneur, singulièrement pour mectre quelque meilleur ordre au cours et conduicte du Consistoyre de Neufcliastel^, ^ On lit dans le Manuel de Berne du 4 mai : « Pharellus prie mes Sei- gneurs de leur être secourahles pour la tenue d'un Synode, afin qu'une meilleure Censura, conforme à celle de notre Église, soit instituée à Neu- châtel. » — « Ensuite, ceux de Cressier demandent un prédicant : ce qu'ils ne peuvent obtenir du Gouverneur sans l'aide de mes gracieux Seigneurs.» (Trad. de l'allemand.) A comparer avec Boyve. Annales hist. de Neuchâtel et Valangin, 1854-58, II, 429. * Selon Samuel de Chambrier, il fut formé en 1546 un tribunal mixte, dans lequel, sous la présidence du maire de Neuchâtel, représentant l'auto- rité du souverain, les pasteurs de la ville avaient séance, et après eux des hommes d'âge mûr, réputés de mœurs pures,... qualifiés du titre à^ Anciens d'église. A ce tribunal, sous le nom de Consistoire admonitif, étaient dénon- cées les contraventions aux ordonnances ecclésiastiques. Les délinquants y étaient admonestés et censurés, en particulier d'abord, puis devant l'Église, s'ils ne s'amendaient pas, et enfin ils pouvaient être excommuniés. Au Consistoire seigneurial seul il appartenait de condamner à l'amende ou à la prison. Un consistoire admonitif fut établi dès 1542 dans la seigneurie de Valangin, et plus tard dans chaque paroisse du Comté. Il y eut aussi un consistoire seigneurial à Valangin et un à Môtiers pour tout le Val-de- loiâ LES CONSEILS DE NEUCHATEL AU CONSEIL DE BERNE. 7 afliii que les vices et scandalles soyeiit tellement chastyés que leur démérite le requiert. A quoy vous j)rions ne vouUoir résister, ains y tenir maiiig^ que le bien soit tousjours avancé et le mal opressé, comme de ce en ayons nostre ])arfaicte con- fiance en vous, et vostre inclination singulière au bien et hon- nestité publicque le porte, affin que les esglises de Dieu, Berne et Keufchastel, sy conjoinctes et voysines, soyent conformes à la réformation que présantement tenons ^ et à l'ayde du Seigneur maingtiendrons. Auquel prions qu'il vous ayt en sa saincte protection. Datum 4" maii 1542. L'Advoyer ET Conseil de Bernée 4142 LES CONSEILS DE NEUCHATEL au Coiiseil de Beme. Du Landeron, 5 mai 1542. Inédite. Manuscrit original. Archives de Berne. Très redoubtez. magnificques et puissans Seigneurs, Vostre bon plaisir sera entendre que jjiesse a ' noz sûmes en pratique avec aumns de ceulx de Landron et Cressier pour les fère recepvoir de [1. le] sçaincf Évangille ^ Et, espérant avoir d'yceulx quelques bonne resj)once, sûmes ici comparus par davant le Conseil de ce lieu. Et comme par si-davant desjà avions faict Travers et les montagnes qui en dépendent (Cf Boyve, II, 382, 383 ; III, 121-123. ^- Henri Heyer. Guillaume Farel. Essai sur le développement de ses idées théol. Genève, 1872, p. 92, 93). ' Le texte de S. de Chambrier porte : A quoy vous prions de vouloir résister, ainsi tenir la main, etc. * MM. de Berne avaient déjà adressé la même recommandation aux Neudiâtelois le 15 avril 1538 (lY, 417). ^ La minute porte pour adresse : « An Gubernator, Ministràl und Rhat, » c'est-à-dire : Au Gouverneur, aux Ministraux et Conseil. ' Piéça ou dès piéça signifie longtemps, depuis longtemps. 2 Voyez les t. II, 334-35, Y, 91-96, YII, 385, n. 3 ; 398-401. 8 LES CONSEILS DE NEL'CHATEL AU CONSEIL DE BERNE. 1542 selon nostre pouvoir, avons faict à iceulx les meilleures renions- trances et injunction que noz a esté possible pour les fère venir au dict sçainct etîaict. Lesquelz nous ont respondu que, de dymanche en huit jours ^ ilz assembleront les deux perrouches de Landron et Cressier, et leurs proposseront au mieulx que leurs sera possible ce que leurs avons comuniquer, pour i)uis après incontinant noz fère ceste response. Très redoubtez, magnifiques et puissans Seigneurs, il y a aucuns des plus apparans des dicts lieux du Landron et Cres- sier, lesquelz jusques à présent ne ce sont déclairé avoir ceste sçaincte dévotion à recepvoir FÉvangille, lesquelz nous ont déclairé que, pour la révérance que le peupple d'ilec a envères vous, vostre bon plaisir estoit de voulloir envoyer voz ambassa- deurs de demain en huit jours ici au gieste, pour [au] lende- main comparoistre ilec davant les dictes deux j)erroiches, et à iceulx voulloir fère les injunction et remonstrancc^ qu'avez de bonne coustume fère par cy-davant à ceulx dont avez esté moyen de prandre FÉvangille. Il leurs semble que vous pouriez estre aussi le moyen de les fère venir à ceste sçaincte Parolle. Et, [au] cas que vous fusse lo[i]sible, desiroint que fussiez con- tant envoyer en vostre dict nom Messieurs le banderet de Oraf- fenried et JJli KocJi, vostre receveur de l'Isle Sçainct- Jehan ^ A ceste cause, congnoissant votre sçainct désir, Fhonneur de Dieu, le salut de tous, et, en exp[é]cialle, envers nostre souve- raine Princesse et ses subgetz, comme avons bonne expériance, cella noz hardi vous escripre ceste présent(\ Vous supi)lliant très humblement estre contant de voulloir attanter, et ainsi envoyer au dict Landron comme dessus : auquel lieu noz esp[é]rons envoyer pour fère en nostre endroit ce que noz sera possible, ])our amener les dessus dicts à ceste sçaincte Parolle. A quoy vous plaira adviser. Que sera [1. ce qui sera] de plus en plus à nostre dicte souveraine Dame et à noz tous à déservir envers vous, comme de ce fère avons bonne vollunté et affection, ' CVst-à-dire, le dimanche 14 mai. * Ulrich Koch, receveur ou administrateur de l'abbaye de Sf-Jean, sécularisée jiar les Bernois en 1528. Elle est située sur la Thièle, près de la ville de Cerlier, et non loin de l'embouchure de cette rivière dans le lac de Bienne. On l'appelait ordinairement le couvent de Cerlier ou l'île de St-Jean. loiâ PIERRE TOUSSAIN A GUILLAUME FAREL. 9 en noz recomandaiit tousjours très liumblomont à vostro bonne grâce et souvenance. Très redoublez, nia^nyfiques (>t i)uissans Seigneurs, noz prions Dieu vous donner en toutt(^ j)rosi)érité très bonne vie et longue. Escript au Landron, le vendredy v" jour de niay, l'an mil v'^xlh. Voz très humbles scerviteurs, Le gouverneur, les gens du Conseil de Madame la CONTESSE DE NeUFCHASTEL ET CONSEILZ DE LA VILLE DU DICT NeUFCHASTEL. (Suscrijption :) A très Redoubtez, Magnitiques et puissans Sei- gneurs, Messeigneurs TAvoyer et Conseil de Berrne. 1113 PIERRE TOUSSAIN à Guillaume Farel. (De Montbéliard) 7 mai (154^). Inédite. Autograjike. Communiquée par M. Henri Lutteroth, S. Metenses minq^iam fHeriint in majore spe. Precemur Domi- num ut illos respiciat. Ad quos etiam hodie scripsi per .Prxfec- tum nostrum ' . Bernâtes Principi amicè res])ond('runt - , et Frinceps ad illos rursus misit nuntium, quem puto hodie redi- turum, et intellecturos nos quid in ea re facturus sit Dominus. Vale, nam non vacat ut te j)luribus obtundam. 7 Maii (1542 M. Tuus Toss. (Tnscriptio :) Farello meo in Christo [objservando fratri. * A comparer avec la lettre de Toussain du 23 mai 1512. 2 Allusion à la lettre du comte Georges de Wurtemberg du 22 avril 1542 (Vil, 461, n. 5). * Le millésime nous semble pouvoir être déterminé par la comparaison de la présente lettre avec celle de Toussain du 24 avril (VU, l()l-(i2). 10 THÉODORE DE BÈZE A MACLOU POMPON, A DIJON. 1342 1414 THÉODORE DE BÈZE à Maclou Pompon, à Dijon '. De Paris. 7 mai (1542). Copie. Bibl. de Zurich. Imi)r. J. W. Baum, o. c. I, 90. TflEODORUS Bez^us Maclovio Pomponio S. P. D. Misissem ad te longiorem epistolam et accuratiùs scriptam, si me hic tabellarius pateretiir ea omnia perscribere quse vellem. Audio te vtôya[j.cv esse^, coque iiomine tibi gratulor, quippe ea te prudentia esse scio, ut non nisi multis et gravibus causis motus ad id genus vitcT convolaris. Deindo verô nostet' ille Agiantlms, ut est rerum omnium peritissimus, nunquam te, ut opinor, per- misisset his vinculis conjugii retineri, nisi œquas utrinquo conditiones esse intellexisset. Itaque sic mihi persuadeo tibi in hac re nec consilium nec prudentiam defuisse, quœ tibi tuisque ut bene vertat Dcus Oj). Max. i)recoi'. Cœterùm, quod ad res meas attinei, una est nohis uxor pMlo- logia, quse quidem illud non habet ubi vos mariti gaudia vestra expletis, sed id quoque secum non adfert unde tôt videmus nata ' Voyez, sur Bèze et Pompon, le t. VI, i)p. 138-141, et, sur Agianihus (Antoine de St.-Flour) et Aquilius (de l'Aigle) les Indices des t. M, "VU. ^ Le mariage de Maclou Pompon fut célébré au mois de mai 1542. Alexis Gaudinœus lui écrivait de Paris, le 4 juin suivant : « Gratulor tibi nuptias, prsecor Ista omnia, blanda omnia, et qualia esse soient in ipso nuptiarum limine Intérim habe quod tibi prpecamur : Uxor ut faciat tua Proie te eximia patrem, Ludat inque sinu tun Vagiatque Macutulus Quem tibi similem opto. Quo die literas tuas accepi, nuptiarum triumphum agebas : quo factura est ut omnis prserepta nobis sit occasio adornandi profectionem » (Mscr. orig. Bibl. Nationale. Mss. lat. X° 8585, f. 199.) \oïi THÉODORE DE BÈZE A MACLOU POMPON, A DIJON. 11 osso divortia. ])ortinaciam dico et caetora id goiuis. Itaquo moiim iiiihi taiii gratiini est con.jugium. ut i)arom til)i fclicitatciii j)i-e- cari non dosinani. Alexis noster et Aqtdlius valent, scripturi ad te simili atque se o])tulerit oui literas ad teeonnnittant : aberant onim donio quo tenipore lia'c ad te dabani. Quse hîc agantur nec digna sci'iptione judico, iiec seril)ei'e in pra?senti possum, nisi forte illud scire velis, vêtus quod est vohis Testamentum id Lutetiœ novum esse : supiMcatioties ex Senatus cons. décrétas in proxiimon diem reUgionis cmissa ; Academiam nostram (x'.(7or.(iyy(>)-ja factam'-^. Graves certè liomines. quos pili tantopere commoveant ! Sed de liis satis. Epitlialaniion à nobis expecta : intérim vide nt virum agas. \a\(\ et vîovvufr,v mihi iteriim atque iterum saluta. Lutetiae, nonis Maii (1542). I). Agiantho cupio etiam atque etiam eommendari. (Inscriptio :) A mon meilleur Amy Monsiinir Pompon. Avocat on Parlement, à Dijon. * On lit dans Bulaus (Hist. Fniversitatis Parisiensis, VI, 377-379) les paragraphes suivants, qui lixent le millésime de la présente lettre : « Anno 1542, initio, confecti sunt Articuli quidam Beformationis disciplince Scholasficœ Lecti sunt in pultlicis Comitiis 5 Maii, suntque ejus- modi : 1. Quôd Discipuli sacrificin [misspp] adesse cogantur, simul ad lioras Christiparse virginis dicendas 2. Item quôd Praeceptores sint graves moribus et conditione ])robati, ornati vestitu qui Regentem deceat 8. Item ab impudicis Hsereticorum voluminibus omnino abstineant, et apud se nuUa sibi servent 11. Item ne prolixa barba, quod maxime indecorum est, légère permittantur Item quôd secrète interrogentur Adolescentes, si inter eos immorigeri fuerint aliqui libros habentes sus- pectse Religionis, qui alios in suam sententiam trahere conentur. « Hsec acta sunt Rectore M. Xicolao du Gast. cui die 23 Junii substi- tutus est M. Leodegarius a Quercu quo Rectore indicta supplimtio solemni.s edicto Curisp ad hœreaeot} extirpa fi on cm. Edixit enim Rex contra Lutheranos et Curia Parlamentsea vetuit typis excudi eorum libros; inqui- situm quoque in novatores malè seutientes de fide et curionibus urbis tra- ditae schedulae in quil)us formula continebatur inquisitionis. « Die ultima Augusti inhibait [Universitas] ne harhani nutrirent : tune enim invaluerat mos, ut plerique barbati immè harbatissimi videri vellent. » 12 JEAN CALVIN A GUILLAUME FAREL, A NEUCHATEL. 1342 1115 JEAN CALVIN à Guillaume Farel, à Neuchâtel. De Genève, 10 mai 1542. Calviiii EpistoliE et Rosp., 1575, p. 37. Cal. 0pp. XI, 892. Postridio aut saltom biduo postqiiam tibi scripsoram*, venif Carmelita Lugdimensis^, à quo non frustra tinniinius. NonfefeUit nos diu : vultu, verhis, toto denique corpore, qiialis esset prodidit. Neque tamen obstitit qiiominus cum eo hunianiter ageremus. Omitto privatabenevolentise testimonia.Quantùniad ministerium ipsum attinet, ut obviàm iremus poriculis omnibus, quœ varia hinc indo instabant, contuUmus cum collegis Nostris, quietunn erga eum ratio tenenda foret. Communitor censuimus euni ad nos vocanduni esse, rogandunique ut nobis consilium suuni exponeret. Condiximus in postorum dimn. Ad prinium postulatuni res])ondit, se eo aninio venisse ut ecclesiae serviret. Tum excusare cœpi, quôd non statim eum reciperemus : ordinem enini esse nobis prsescriptum a Domino, quem in ullius liominis gratiam violari nefas esset : id quoque ad exemphim pertinere, ne admitti se alii quoqu(^ eodem modo i)Ostularent. Hortatus sum ut cogi- taret rem non (sse in manu nostra sitam, cum aperto Dei Verbo conscientiae nostnie constrictae tenerentur. Quôd si tinior Dei nos non imjxHliret, ne per homines quidem licere : quia ejus rei conq)ositam formulam haberennis, cui stare nos oi)orteret. DeprtH'atus sum deind(\ ne contemptu sui aut diffidentia nos difterre existimaret. Addidi ejus quoque imiirimis inter- esse, ne ita subite onus subiret : satins fore nuilto, si ali- quantulum adhuc t(Mnporis ad delil)erandum sil)i sumeret. Tota * Calvin fait ])rol)al)l<'nif'nt allusion à la lettre que Farel reçut tardive- ment de lui à la lin d'avril (N" 1110, renv. de n. 1). * Voyez la lettre de Farel du 19 avril (VII, 454, renv. de u. 1 ) et le V 1119. 1342 JEAN CALVIN A GUILLAUME FAREL, A NEUCllATKL. 13 oratio ciiiu erga cuiu honorifica erat, tuiu jjloiia boiK'volentiiB ac luimanitatis. Excepit broviter, so potoro, ut tidos si])i oxt(Miij)lo daretur: duas osso causas cur iiollet susponsus diutius niancro. Nuiic so habere idoneos comités à /]uibus doducerctur. et (mjuo etiam ac viatico instruerctui' : jjosthac non oam sil)i coninio- ditatom foro. Doinde si in Galliani'^ïïn reniigrandnni foret, nihil esse melius quàni id citissiniè fieri, anttMjuani runior de ejus ad nos adventu latiùs manaret. Jussinius j)aulispei' secedere ex conimuni consilio. Viretus longani et grav(nn orationem de religione ac diligentia qua; in vocandis ministris servanda esset. habuit. Produxit tuni (^x Verbo Doniini, tuni ex veteris Ecclesiiv historiis exenipla, rationes adhibuit quœ ad causani facere videbantur. Erat hujusmodi oratio qua? hominem non lacesseret, et tanien al) importuna illa testinatione retrahere eum deberet: qute denic^ue, si quid haberet jjudoris ingenui, sine exprobratione aliqua p(M-- niovere ad verecundiam posset. Atqui adeô fractus non fuit, ut inde ceperit majorem ferociendi audaciam. « Si Domini, in(|uit. spiritum vos hal)ere putatis, ego eo non sum destitutus. Scio igitur quid liceat. Non liîc sum quidem ut quas à vobis objecta sunt refellam : constat tamen Apostolos non fuisse vicissim probatos alios ab aliis. » Hoc autem j)roferel)at tanto fastu, ut videretui- à refutatione abstinere, quoniam non essemus digni quibuscum experiretur. Addidit se libentcn- id passurum fuisse, si ante proximam Quadragesimam hue veniss(^t. Nunc cum in eeclesia tam vicina^ spécimen sui ediderit, notiorem se debere esse, quàni ut nova ])robatione oi)us halxv'^t. Respondi non esse i]lic eccle- siam ex qua judicium de Pastoribus sumi oporteret. Quôd si alicjuid nominis illic comparasset, mirum non esse : evenire enim Gallis quod ait Salomo, nempe animis famelicis etiam amara esse dulcia. Ad hnec magnam intirmitatem déclarasse in suis concionibus. Nos quidem non exprobrandi aninio hœc comme- morare, sed ineptis ejus jactantiis cogi. Ita discessum est, nisi quôd unusquisque pauca verba subjecit. ad hominem mitigandum : scis (juid profectum fuerit. Paulô post dixit in diversorio, se hîc nullos reperire doctos homines : atque ut videas hominem plané furiosum, dixit nulla occasione. (Aim unus fortasse me et Yiretnm ^ L'église de Lyon. 14 LE CONSEIL DE SOLEURE AUX CONSEILS DE NEUCHATEL. 1542 iiomiiiasset, respondit fastuosè, myriadem esse in Gallia multo doctioruin. Quid refert V inquies. Ego verô istas ineptias, ut par est, rideo. Aniinadverto tamen esse certa argumenta malevoliac maligni aninii. Rogal)is quàm sit doctus qui in alios omnes adeo severus est censor. Vidisti multos asinos, fing(> te unuin ex illis videre. Dum liaec scribo, literse mihi tuœ aflferuntur, quibus rursum tlagitas ut alter nostrûm istuc veniat. Atqui si scias quàm multa et necessaria nos hîc detineant, facile excusatos habeas. Magnam fratrmn multiiudinem nunc haljemus, qu'ibus in singnJas horas respondendum est. Inter eos duo sunt saltem de quibus non modo bene speramus, sed splendidè nobis pollicemur. Alii sunt etiam non inepti, sed illi duo excellunt \ Nuncius tuus nondum colloquutus est nobiscuni, sed post catechismum ad me veniet. Vale, frater integerrime. Viretus te plurimùm salutat, cujus nomine hsec scri])si, longé plura additurus, si ocium foret, sed jam aliô vocor. Utinam liceret chartam hanc implere : materia enim suppetit et animus non deest, sed abrumpere omnia cogor, Iterum vale. Genevae, x Mail, M. D. XLII. 1116 LE CONSEIL DE SOLEUEE aux Gonsells de Neuchâtel. De Soieure, 10 mai 1542. Inédite. Copie officielle contempor'. Arch. de Berne. Nobles, Magnifticques, lionnorables et sages, très chers et grans amys, à vous de très bon cueur et le plus que faire povons nous nous recommandons. * Calvin jjarlo f^ncore de ces candidats au ministère dans ses lettres du 16 juin et du 28 juillet. ^ En tête, cette note de la chancellerie de Neuchâtel : « Coppie extraicte sur le vray original de la lettre à nous envoyée par les Seigneurs de Salleurre. » loi:2 LE CONSEIL DE SOLELRE ALX CONSEILS DE NEUCHATEL. !o Très c'hors et grans amys ! Pai* noz très chers et ospèciaulx aiiiys, alliez et conibourgeois du Landeron, sommes estez advertiz que, la sepmaine passée, vous vous este transj)ortez au dict Landyron, et leurs avez faict requeste de |)reiidre le ritte de rÉvangille et la Rétbrmatiou d'icelle -, — disans que, se le pren- dront, il mettront nostre très lionnorée Dame etCombourgeoise De Longuevïlle de repos ; et que vous. Monsieur le Gouverneur, avez dict que, se ne le vouldront faire, que seriez contrainct de faire chose que ne feriez pas volentiers. Très chers et gi*ands amys, fions nous esbayons grandement dont peult venir que noz dictz bourgeois sont ainsin par vous journellement perturhez et molestez, contre plusieurs offres de justice que cy-devant vous avons faict, au contenu de la bour- geoisie que avons avecque nostre dicte Dame comjjrins dedans sa ville et pays de Neufcliastel, contre la paix universelle de ce pays, contre toutes promesses, et mesmement ra])])oinctement que vous. Monsieur le Gouverneur, avez faict dernièrement '\ Et eussions pensé que vous promesses et a])poinctemens ne fussent si légières comme ilz se monstrent. Et ne savons pour laquelle chose nostre dicte Dame sera par ce mise en repos, sinon i)ar information des choses aultrement que à l'aventure ne sont, veu qu'elle mesme a escript devant quelque peu de temps le con- traire, concédant aus ditz noz bourgeois vivre à l'ancienne vraye foy catholique, comme se trouvera par ses dictes lettres, et que elle-mesmes vit en icelle foy et relligion. Sur ce, vous prions et requérons très acertes et le plus que faire povons, qu'il soit de vostre bon plaisir de laisser noz dictz bourgeois en paix et tranquilité, et vivre selon leur plus * * A comparer avec le N' 1112. « La convention du 30 octobre 1541 (t. YII, p. 399, n. 5 ; 401, n. 10) ? * D'après MM. de Soleure, les paroissiens du Landeron auraient déjà fait s à prononcer qu'il ne trouvoit nul goust ne nulle édification en toutes noz prédications et lectures. Et toutesfois il estoit si eftrouté, que ce pendant il osoit bien venir ^° Celle de Lyon. ^^ Ici le secrétaire a posé la plume. Le reste de la lettre a été écrit par lui eu plus petits caractères et relate des faits dont quelques-uns sont pos- térieurs à la lettre de Calvin du 10 mai. '^ Si la réunion indiquée plus haut (renv. de n. 7) doit s'entendre de la «congrégation générale » du vendredi, cette « dizainne de prescheurs d'icy alentour » désignerait des ministres du territoire bernois (Pays de Vaud, Pays de Gex et Faucigny) voisin de Genève. Ils étaient sans doute venus dans cette ville pour le marché du samedi, et, avant de regagner leur vil- lage, ils dînaient ensemble dans une taverne. Les « restaurants » n'étaient pas encore inventés. 1542 JEAN CALVIN AUX ÉVANGÉLIQUES DE LYON. 25 disner chez nous. Nous voyons bien quelle raison le menoit à cela, c'est que le povre homme est si affamé de gloire qu'il hrusle tout, et néantmoins nous ne voyons pas qu'il ayt rien en quoy il se puisse glorifier. Car quant on a/ira bien espeluché tout ce qu'il a au vontre, on n'y trouvera que pure asnerie. Il sçait ung peu moins en la langue latine q[u']ung enfant de huit ans ne debvroit faire. En TEscripture, il y est aussi ignorant qu'ung caffart, et toutesfois il est si enyvré d'ambition qu'il ne se peult tenir sur ses piedz. Nous vous laissons à réciter plusieurs me- nées qu'il a tenté. Tant y a qu'il n'eust i)as tenu à luy de troubler nostre église, si 1(> temps y eust esté disposé. Mais ce n'est pas ung exemple nouveau, car telle manière de gens a eu ses prédécesseurs dès le temps de S. Paul, qui, par seml)lable artifice, c'est-à-dire en se vantant d'eulx-mesme[s] et détractant le sainct apostre, troubloient tout pour s'advancer, comme nous pouvons voir aux Épistres des Corinthiens et des Gallates. Sur la fin ce bon preudhomme, ayant délibéré en son cueur de s'en partir, vint à l'ung de nous pour se purger. Et premiè- rement se vouloit justifier de tout ce qu'il nous avoit respondu. Il luy fust dict que ce seroit son profit de bien considérer le tout devant Dieu pour s'accuser et condemner, sans estre tant arresté à maintenir son honneur par parole, après l'avoir de faict et d"œuvre ainsi blessé; que s'il persévéroit à contendre ainsi contre raison et vérité, qu'il viendroit à mauvaise fin, d'aultant qu'il fault que ceste sentence soit vraye : quiconque s'exalte sera humilié. Touchant des foies pai'oles qu'il avoit proférées en la taverne, il vouloit estre creu en les nyant et que on estimast men- teurs tous ceidx qui les avoyent ouyes. Il luy fust respondu qu'il plaidast doncques contre Nostre Seigneur, qui a voulu qu'en la bouche de deux ou trois toute parole fust certaine. Et toutes- fois qu'il n'estoit jà mestier de se débatre beaucouj) de ce poinct, d'aultant qu'il ne nous chault pas beaucoup combien on prise ou mesprise nostre sçavoir, et que nostre principale gloire est d'estre serviteurs de Dieu. Ainsi que nous tenions cela pour une chose ridicule et de néant, mesmes pource que nous ne luy detïérons pas tant que de le recongnoistre pour juge compétent. Toutesfois que nous appercevions bien en telles paroles que son cœur estoit si enflé et quasi crevé de venin, qu'il fust contrainct de le vomir en parlant ainsi, et que ce signe de malveillance 26 JEAN CALVIN AUX ÉVANGÉLIQUES DE LYON. 1542 nous offençoit, vpu que nous ne luy en avions point donné d'occasion. Touchant le troisiesme poinct, il ne peult pas nyer qu'il n'eust mesdict en quelque sorte de noz iwéàicaiïons, com- bien que il estoit bien difficile qu'il en peult donner certain jugement, encores qu'il eust eu sçavoir pour ce faire. Car jà soit qu'il y vînt aucunefois par contenance, si est-ce que de peur d'estre veu escouter pour apprendre, il lisoit en ung livre à part : en quoy on peult voir sa foie ambition d'avoir si peur que sa réputation ne diminuast, qu'il ne daignoit ])as faire cest hon- neur à la parole de Dieu de luy donner audience. ha fin de ce propoz ftist que celuy auquel il s'estait adressé luy dict qu'il ferait assembler ses compagnons pour parler à luy en commun, et luy donna bien à entendre qu'il ne debvoit point craindre que nous voulsissions par vengeance le reculer, non plus que s'il se fust gouverné bien saigement. Sur cela il soupa avec ung de noz compagnons, et luy fi^t acroire qu'il vouloit prendre logis pour s'arrester en ceste ville. Le lendemain matin, il monte à cheval, et en montant mesdict de nous à hride avalée plus que jamais n'avait faict. S'il a eu juste cause ou non. nous vous le laissons à juger, après avoir leu ce récit que nous vous avons faict : lequel nous protestons devant Dieu estre simple- ment faict à la vérité, sans y avoir rien adjousté, et prions le Seigneur de vous donner esprit de discrétion pour congnoistre et droictement juger, afin de ne vous point scandaliser de quelque rapport qu'il vous face ; car nous n'avons eu aultre int(Mîtion en escripvant ces lettres, sinon de vous contenter, comme nostre debvoir est, afin qu'il ne vous semblast que nous eussions esté tro]) inhumains envers luy '^ Car, à la venté, pource qu'il avoit i)leu au Seigneur de se servir par delà de ses prédications, et que quelque édification s'en estoit ensuyvie, nostre vouloir et désir totallement estoit de ne le point rejecter. Mais nostre conscience ne nous permectoit point de le recevoir incontinent, jusques à ce que son orgueil fust ung peu abbatu, qu'il eust apris de se fier ung peu plus en Dieu, et qu'il eust encores profité ung petit pour enseigner fidèlement et pure- ment. Car il avoit trois choses lesq^ielles à bon droict nous des- " Tout ce qui suit jusques à Quant est de luy a été ajouté daus la marge. 1512 JEAN CALVIN AUX ÉVANGÉLIQL'ES DE LYON. 27 plaisoienf : Premièrement, cède vaine persnamon de aoy-mesme. Secondement, qu'il estait si adonné à la ciiysine, qu'il luy sem- Uoit advis que terre luy dehvoit faillir, comme s'il n'y avait point de Dieu au ciel j)our nourrir les siens. Tiet^cement, il y avait de l'ignorance dont nous fusmes fart eshahis; car en nostro congrégation'*, où on lisoit nng texte de S. Paul qui contient belle matière et copieuse, et doibt estr(* fort commun à tous ceux qui preschent par delà, j)ource que cVst Fépistre du pre- mier dimenche de Tadvent '% — quant ce vint à son tour, non- seulement il parla maigrement, mais il, renversa tout ce que S. Paul disoit, non i)oint par malice, comme nous pensons, mais par pure bestise. Nous laissons d'aultres vices, comme la vanité mondaine et semblables, afin qu'il ne semble qu(^ nous le poui'- suyvions par baine et inimitié. Ce que nous vous en disons, cVst pour vous advertir, de peur que n'y soyez abusez à vostre dommage. Quant est de luy, nous prions le Seigneur qu'il luy vueille donner esprit d'bumilité et mansuétude, corrigeant la baultesse et foie présumj)tion qu'il a, et surtout qu'il se cognoisse tel qu'il est, car lors il aura bien occasion de s'abbatre. Pour faire fin, très chers frères, nous vous recommanderons à la saincte sauvegarde de nostre Seigneur Jésus, qui est le vray pasteur de tous fidèles. De Villefranche, ce '^ ^* La congrégation était le service religieux célébré le vendredi dans le temple de St-Pierre, avant ou après la congrégation générale (note 7). L'un des pasteurs prêchait sur un texte de l'Ecriture Sainte, ou bien il exposait un point de doctrine. Ses collègues faisaient la critique de son discours; après cela, les laïques pouvaient prendre la parole et présenter leurs objections ou leurs doutes. Il s'agit probablement ici de la congrégation du 5 mai ou de celle du 12. ^^ Le premier diinancbe de l'Avent, on lit : Romains, chap. XIII, ver- sets 11-14, pour l'Épitre, Luc, ch. XXI, v. 25-33, pour l'Évangile. ** Beaucoup de minutes finissent ainsi, sans la date : on attendait pour l'indiquer au bas de la missive, d'avoir ti'ouvé un messager sûr, et le plus souvent on négligeait de reporter la date au bas de la minute. Au dos, cette note contemporaine : « Lettres contre le Carme. ♦ Au bout opposé du même verso, on lit : « Mons^ de Boulencourt » (ou Bonlencourt ?). C'était, sans doute, le pseudonyme du destinataire lyon- nais, ou l'anagramme de son nom. 28 PIERRE FORET AU CONSEIL DE BERNE. 1342" 1120 PIERRE FORET ^ ail Conseil de Berne. Berne, 15-20 mai 1542. Inédite. Traduct. allemande contenipor. Arcli. de Berne. (Extraits. Traduit de l'allemand.) Très nobles et honorés Seigneurs, Moi, Pierre Foret, voulant obéir humblement à vos ordres, qui m'ont été transmis par M. le haiUi de Moudon, je me suis présenté ce jour d'hui 15 mai, l'an, etc., 42, pour [m'expliquerj devant Votre Majesté sur les articles qui ont été envoyés contre moi - par très noble et puissant prince, le Seigneur Georges, comte de Wurtemberg et de Montbéliard et seigneur de Blamont, ville dans laquelle le susdit seigneur m'a établi prédicateur de l'Évangile. C'est pourquoi je suis extrêmement réjoui de ce que le moment et l'occasion me sont accordés de répondre sur chaque article, afin que vous, nobles Princes, et aussi M. le Comte, vous puissiez reconnaître que vous avez été renseignés autrement que la vérité ne le comporte. Quant aux lettres de maître Guillaume Farel, de maître Pierre Viret et de Jacques de Morges'', nous répondons que * Voyez, sur Pierre Foret, les Indices des t. VI et VII. Au commence- ment de l'année 1542, il était i^asteur à Moudon (VII, 461, 462), d'où il fut transféré à Monipreveyres, village situé à deux lieues et demie de Lausanne, sur la route de Berne (note 5). 2 Ces Articles sont résumés dans le t. VII, p. 237, 238. Foret réussit à. se disculper, le 6 septembre 1541, devant le colloque de Payerne (VII, 239). Mais, ayant été cité à Berne par un ordre daté du 10 mai 1542, il dut encore adresser à LL. EE. la présente Apologie, que nous avons déjà qualifiée (VII, 239, note 5). Chaque paragraphe y est suivi de la Réponse du comte Georges de Wurtemberg. Nous n'en reproduirons que le para- graphe final, qui caractérise le système de défense de Pierre Foret. Ces lettres sont imprimées dans notre t. VII, pp. 124, 125, 128, 146, 147. 3 1542 PIERRE VIRET A OSWALD MYCONIUS, A BALE. 29 les ministres de Monthéliard les ont instruits pai" d(^s men- songes ; car il n'est aucun peuple à qui j'aie prêché, ni au- cune assemblée [de pasteursj où je me sois trouvé, qui ne m'ait désiré et n'ait témoigné de l'affection |)our moi. Si donc les susdits ministres ont quelque chose contre moi, nous sommes prêt i\ les entendre devant vous, très nobles Princes. C'est pourquoi nous avons longuement répondu sur chaque article et les avons mis par écrit, afin qu'il tut prouvé à mon très honoré seigneur le Comte, à quel point il a été mal instruit de la vérité ; car aussitôt qu'il le comprendra, il nous aimera. Je promets ici de répondre plus tard, quand ce sera nécessaire, car je ne comprends pas les lettres de mon seigneur le Comte, parce qu'elles sont écrites en allemand. Mais j'ai déjà répondu devant les prédicants à Payerne, et je me suis là justifié de toutes choses, comme on peut présentement le savoir par la lettre du Doyen de cette Classe, et, m'engageant à maintenir que ces choses sont vraies, j'ai pour attestation de leur vérité apposé ici mon sceau ordinaire, ce xxv'"" ^ jour de mai, l'an, etc., xx,n. Pierre Foret ^ 1121 PIERRE \1RET k Oswald Myconius, à Bâle De Genève, 16 mai 1542. Autographe. Bibl. de Zurich. Calv. 0pp. XI, 395. S. gràtia et pax ! Qu6 minus viam nobis excogitare licet qua ^cclesiis consulatur nostrse fidei demandatis, eô magis angimur * II faut lire le âO^e et non le 25^^, attendu que la présente Apologie fut envoyée le 23 mai au comte Georges (n. 5). Le copiste ou le traducteur aura pris pour un v (5) l'abréviation de eme qui suivait xx dans l'original. ^ Manuel de Berne du 23 mai : « Écrire au comte de Montbéliard, que mes Seigneurs lui envoient, à cause de sa lettre [du 6 mai], commu- niquée au prédicant de Montprerière, une copie de la réponse présentée par celui-ci et du certificat [des gens de Blamont]. Le dit prédicant ne confesse point les choses » [dont il est accusé]. (Trad. de l'ail.) 30 PIERRE VIRET A OSWALD MYCONIUS, A BALE. 1542 ego et Calvimis, et minor suppetit auxilii et consilii copia. Commissa est nobis ecclesianim cura, quas nec deserere possumus, iiec tameii jjro rerum necessitate adesse. Instat tempus quo Lmisannam sitm revocandiis\ Ego verô qiiorsum me vertam haud satis video. Utcunque sors casiira sit, non possum non involvi inexplicabilibus molestiis ac difticultatibus. Si Getievam desei'o, facile animadverto quaenam secutnra sint incommoda in tanta ministrorum pennria ^ in ecclesia et republica tôt ac tam periculosis vieissitudinibus ac motibus obnoxia, in tanta Calvini imbecillitate, cui tam gravem molem soli sustinendam relicturus sum. Nec abs re dico soli, quem forte solum esse prœstaret^ Videor jam mihi audire fratrum querelas, qui me velut deser- torem ac transfugam habituri sunt, qui non putant me bona conscientia posse ab hac discedere ecclesia, idque multas ob causas, quae mihi quotidie objiciuntur. Nec tamen spes ulla ampliùs, aut si qua est, perexigua omnino superesse videtur, impetrandi a Bernatibus ac denique a Lausannensihus, ut ab eorum ecclesia absim diutius *, banc verô curem. Quod si non liceat bona eorum omnium pace, facile conjicis, opinor, plus inde ecclesiis incom- modi quàm commodi accessurum, et simultates hac ratione potii^is auctum iri, quàm minuendas. Taceo calumnias quœ undique in me struerentur, quas ne sic quidem etïugiam omnes, nec hactenus potui, quamvis Christi negotium ea curaverim simplicitate et synceritate, ut minime dubitem, me candidis animis ac bonorum virorum conscientiis, saltem aliqua ex parte satisfecisse. Crede mihi, valdè perplexus hœreo videorque mihi lupum auribus tenere, incertus quomodo retineam, aut quomodo amittam. Si mea tantiim res ageretur, facillimum mihi esset ex his me tœdiis expedire. Nihil enim mea refert ut ut res accidat, si mei tantùm ratio habenda esset. At nihil minus volo 1 et * Le 7 janvier 1542, le Conseil de Lausanne avait de nouveau prêté Viret à la ville de Genève <■ pour les six mois prochains, mais pas au delà » (Vn, 409, n. 3). * Quatre candidats au ministère venaient cependant de se présenter a Genève. Mais ils ne furent examinés qu'au milieu de juin (N° 1115, n. 4; lettres du 16 juin et du 28 juillet, à la fin). ' Calvin n'avait aucune confiance dans ses deux collègues ordinaires : Amé Champereau et Henri de la Mare (VU, 410-411; 438, renv. de n. 6; 439, renv. de n. 9). Farel (N° 1110, renv. de n. 3), leur donne l'épithète de remorœ. 1542 PIERRK VIRET A OSWALD MYCONIUS, A BALE. 31 quàm me respici, sod solam Christi ecclesiam, cujus me ministerio semel totiim addixi et consecravi. At vereor ne in plerisque i)lus valeat humaniis affectns, (]iiàni justa Ecclesia? et séria sollicitudo, in tanta temporum iniquitate, et auimis adeô exulceratis. Nec Geneva Ministris, nisl magna Evangelii jactura, car ère imtest, nec Lausanna diutius i)erdurare, nisi sacris prospectum faerit'' , miliique perinde accidit atque ei qui undique videt amieorum œdes conflagrare, pendens animi, anxius ac incertus quô potiùs accurrat, cui potissimùm succurrat, quum peraeque charos habeat omnes. Hoc dumtaxat sedulè precor Dominum, ut me faciat mese vocationis certiorem, extrudat quocunque volet, ac ubicunque mea volet uti 0})era, nec sinat me quicquam meis aut cujusquam hominum indulgere affectibus, meum fortunet suis auspiciis ministerium, ne mea culpa ejus gloriae quicquam valeat derogare. Te verô et reliquos fratres nostros oro et obsecro, ut vestris nos precibus et consiliis juvetis, Dominum precemini, ut ministros sanctos suis prseficiat ecclesiis, ac nos his angustiis liberet. Vale. Genevae. 16. Mail 1542. Tuus ex asse Petrus Viretus. (Inscriptio :) Singulari eruditione ac pietate D. Os. Myconio, ecclesise Basiliensis pastori vigilantissimo. Basilese. * Pendant que Viret était à Genève, Lausanne n'avait qu'un pasteur, Béat Comte, et un diacre. Vital Robert ou Boherti, présenté le 24 janvier 1542. Comte n'était pas un modèle de dévouement (Lettre de Calvin du 28 juillet, à comparer avec le t. Vil, p. 293, renv. de n. 20). Au lieu de se consacrer tout entier à ses fonctions, il s'absentait souvent pour pratiquer la médecine. Il est vrai qu'il était insuffisamment rétribué. Aussi MM. de Berne ordonnaient-ils aux magistrats lausannois, le 7 juin 1542, de cons- tituer une meilleure pension à leurs ministres [ceux de Lausanne, Écu- blens, Crissier, etc.] et de donner un jardin, un pré et un logement à Maître Bobert, prédicant de Montheron, village situé à 2 1. N.-O. de Lau- sanne (Lettre analysée dans un inventaire des Arch. de la ville). 32 LE CONSKIL DE BERNE AU GOUVERNEUR DE NEUCHATEL. 1542 4422 LE CONSEIL DE BERNE au Gouverncur de Neuchâtel. De Berne, 19 mai 1542. Inédite. Minute originale. Arch. de Berne. Noble, etc. Nostre banderet de Gh'afemied, estant de retour de la journée tenue au Landiron sus ce 14" de may, nous a relaté tout ce que illecq a esté sans fruict besoingné pour radvancement de la saincte parolle du Seigneur Dieu, sans oblyer la dilli- gence que de vostre part y avés employée, de tous vous efforts, pour faire régner le Seigneur Dieu par sa parolle au dit Landiron'^. De quoy vous remarcions grandement, nous offé- ris[s]ants de le recognoistre. Et puis que au Seigneur n'a pieu de tirer les dits du Landiron, pour ceste fois, à son obeyssance, ne nous convient pour cella cesser ; ains vous prions que, ensuy- vant Tadvis et conseil prins entre vous et nostre d. Banderet, il vous plaise de ordonner et commectre à ceulx de Cressier, qui sont la pluspart à ï Évangelle ^, ung prédicant de bon sçavoir et meur conseil, espérant que ce sera ung bon commancement pour tousjours mieulx avancer l'honneur de Dieu. Et n'en pourrés avoir aulcung reprouche, vehu que la cure est à Madame, et le plus faict [est] pour l'Évangille^ > Voyez les N"' 1112, 1116-1118. ^'* Voyez la lettre des Évangéliques de Cressier du 16 janvier 1542' (Vn, 398-401). Il est vraisemblable que la votation constatant qu'ils étaient en majorité avait eu lieu le dimanche 14 mai (N" 1112, renv. de n. 3-4). L'établissement d'un x><^steur à Cressier était vivement désiré à Berne. Mais les Évangéliques de ce village neuchâtelois eurent à compter, pendant plusieurs années, avec le mauvais vouloir du Gouverneur, M"" de Prangins, et avec l'hostilité de leurs concitoyens catholiques, des Landeronais et des Soleurois. Ce fut seulement le 14 novembre 1546 que le Gouverneur con- duisit à Cressier le ministre Thomas Barharin. Ils y furent tous deux très mal reçus. 1542 PIERRE TOUSSAIN A GUILLAUME FAREL, A NEUCHATEL. 33 Aultre ne vous oscripvons présentement, sy non qu'ayés tous- jours en recomandation l'honneur de Dieu, pour lequel [vous] vous estes au Landron sy vertueusement employé, que ne le mectrons en oublye. Priant Nostre /Seigneur qu'il vous doinct acroissement de saincte grâce pour continuer au ])Ourehas de sa gloire. Datum xix" maii 1542. L'Advoyer ET Conseil de Berne*. 1123 PIERRE TOUSSAIN à Guillaume Farel, à Neuchâtel. De Montbéliard, 23 mai 1542. Inédite. Autographe. Communiquée par M. Henri Lutteroth. S. Venerunt hue paucis diebus suprà Metenses duo exules, qiibd Jacohum concionantem audissent \ Et nunc agitur adver- * La minute porte en tête les mots suivants : « Praiigins, Landiron, gôttlich wort » (parole de Dieu). * Un passage de la lettre de Calvin à Farel du 30 août 1542, nous donne lieu de croire que le Jacobus ici mentionné était Jacques le Coq, pasteur à Morges, dans le Pays de Vaud. L'hostilité du Conseil de Metz contraignait les Évangéliques de cette ville à changer souvent de prédicateur (Voy. t. Xn, p. 491, 492, le N" 1217 renv. de n. 3, et la Sequéte de l'Église de Metz aux Eglises réformées (IbAS) : « Nous sommes en très grande angoisse (y est-il dit) pourtant que quand nous commandons à gouster le pain de la Parolle..., il nous a estéosté, comme tant de fois paravantnous est advenu; car quand il y avoit grande apparance que la Parolle deust avoir son cours entre nous, ceulx qui avoient commencé de prescher, failloient et changeoient propos au second sermon, ou au milieu, ou à la fin du temps qu'ilz preschoient, ne persévérant en vérité, ou il falloit qu'ilz nous aban- donnassent... » (Voy. Farel. Du vray usage de la croix. Genève, J.-G. Fick, 1865, p. 273.) Depuis l'expulsion de Pierre Brully et de Walrin du Bois, les fidèles de Metz avaient eu, en décembre 1541, « un nouveau dominicain, (^ni prê- chait purement et librement » (ATI, 388). Son nom est ignoré. On ne pour- rait, en tout cas, songer à Pierre Alexandre, qui était carmélite. Au mois de mars 1542, plusieurs jirédicateurs étaient accourus à INIetz, sans y être T. \aii. 3 34 PIERRE TOUSSAIN A GUILLAUME FAREL, A NEUCHATEL. 1542 SUS Jo. Martinum ^ pientissimum viruiii, qui, convocatis civi- bus aliquot, illum domi suœ de religiono colloquentom audivit, quemque promit Magistratus, ut socios j)i'odat, hoc est eos qui illum unà privatim secum audiveruut, illique authores fuere, ut extra urbem coucionaretur. Nam qui illic reipuhlicie prsesunt, et verbi Domini cursum impediunt, nu])er cum Duce Lotharin- giœ^ sunt colloquuti, et domum reversi uihil spirabaut quàm ciedes et incendia. Et quoniam ïlluc propriuni miseram nun- tium \ admonuit me quidam illic non infimœ sortis % per mu- lierem quandam^ ne id posthac faciam, hoc prœsertim tempore. Adversarii vident se multis vehementer exosos, periclitari(|ue de fortunis omnibus ' : qu£e causa est, ut quibus possint modis veritati reluctentur. Sed est in cœHs Dominus, qui Pharaones et Nerones in ordinem redigit, invitoque mundo Christi regnum l)ropagat. Ubi Prœfedus noster redierit ^ ut hue iUac " Lutzeni- hurgo est rediturus, faciam (volente Domino) ut scias quomodo ïllic habeant omnia'". De Foreto, vereor ne brevi pœnas sua- runi iniquitatuni hiat, ])0steaquam pœnitere nunquam voluit". Quoties Calvino et Vireto scribis, fac illos mihi diligenter sahi- tes. Vale in domino. Monbelgardi, 23 Maii 1542. TUUS P. TOSSANUS. (Inscriptio :) [Gujilielmo Farello, fratri suo charo et obser- vando. Neocomi. appelés : ce que Toussaiii jugeait très défavorable aux intérêts de l'Eglise messine (VII, 451, lignes 6-11). * C'est probablement le même personnage qui reparaîtra, avec les pré- noms de Jean-Pierre, dans la lettre du 10 avril 1543. ' Antoine, duc de Lorraine, qui régna de 1508 au 14 juin 1544. * Toussain avait envoyé ce messager le 12 avril (\T^I, 451, reiiv. de n. 7). ^■•^ Veut-il parler de « son cousin François de Tryve » et de la femme de celui-ci (V, 382, 383)? Tout considéré, il s'agirait plutôt du maître- échevin de Metz Gaspard de Heu, et de sa femme Jeanne de Louvain, qui entra en correspondance avec les Réformateurs. ^ Est-ce une allusion au pillage dont les Catboliques de Metz se disaient menacés par les protestants messins (Vn, 510, lign. 4-6)? * Le bailli de Montbéliard était parti le 7 mai jiour Luxembourg (N" 1113). ^ C'est-à-dire par Metz. '" Toussain lui donnera ces nouvelles dans sa lettre du 10 juillet. " Pierre F'oret, jadis pasteur à Blamont, dans le Montbéliard. (Voy. Al, 107, 204, 212, l'Index du t. Yll et le N» 1120). 154? CHRISTOPHE FAUIII A GUUJ.AUME FAREL, A NEUCHaIEL. 3o 11^24. CHRISTOPHE FABRi à Guillaume Farci, à Ncuchatel. De Tlionon. 25 mai 1542. Inédite. Autographe. Bil)liothèque des pasteurs de Neuchâtel. S. Legati Dominorimi noviss.[imè] hîc fueruut, i)artemque legationis suae, de qua ad te scripseram ', ol)ier(\ altéra i)arte infecta, quod Valesanorum legati non satis anijjlam sibi conces- sam authoritatem causarentur ^ In MarsUiensi ditione'* contro- versiam dirimuernnt, imde circiter 30 familiie, inter Lugri- nenses immixtœ, cogendœ sunt ad reformatioriem * .• quse hade- mfs rebelles f/ierattf. Aherensium % oh Valesanos, sîiS2)ensimi manet negocium. De BeJlevanlx et Vallon cum Rege agitnr^. ' Allusion à uno lettre jierdue. ^ Cette conférence entre les députés de Berne et ceux du Valais avait eu lieu à Thonon le 24 avril (Recès des diètes suisses, vol. de 1541-48, p. 136, 137). "'* La seigneurie de Maxilly, à une lieue à l'E. d'Évian, était enclavée dans le territoire conquis par les Valaisans en février 1536. Michel de Blonay, propriétaire de cette seigneurie, y avait établi sans difficulté la Réformation : ses paysans ayant demandé avec instance qu'un pasteur prît la place de leur ancien curé (IV, 227, n. 9. Cf. p. 31, n. 1, \il, 351, 11. 11). Mais, en vertu de ce principe usuel de l'époque : cujus est regio, ejus est religio, M. de Blonay, au dire de Fabri, aurait fait décider par la susdite conférence de Tlionon, que les trente familles de Maxilly qui avaient émigré dans le village catholique de Lugrin, seraient contraintes d'embrasser la même religion que leur seigneur (A comparer avec le t. IV, p. 140, renvoi de n. 5; V, 361, lig. 1-5). ^ Habère- Poche et Habère-LuUin, villages situés à 3 lieues sud de Thonon (IV, 405, n. 5). Leur état ecclésiastique fut réglé le 14 juillet 1545 dans une conférence tenue à Évian (Recès, vol. cité, p. 516). * Los revenus du prieuré de Bénédictins de Bellerau.r et de la char- treuse de Vallon (deux monastères situés au sud de Thonon) avaient donné lieu, dès 1536, à de nombreuses négociations entre François I et MM. de Berne. On voit que le litige durait encore, malgré le traité du 11 juin 1.539 (V, 329, n. 5). 36 CHRISTOPHE FABRI A GUILLAUME FAREL, A NEUCHATEL. 1542 Dominus regiii siii pomeria perpetuô dilatare pergat, nosque omnes ad id urgere ! Novissimè à fratribus Bernnm missus sum, et quse proposui, gratia Domini, exoravi, ut Ajtgustinense Cœnohium ScholcÇ dice- tiir', stipendia Hypodidascalo constitiiantur, domuiim et Minis- troriim ratio liabeatur, etc. Peculiare quoque exoravi : spolium scilicet medici qui superiori anno domi mese defunctus est ^ Unde gratias Domino agimus, quem modis omnibus per pios l)rincipes gloriam suam promovere, et quse desunt corrigere ac restaurare obsecramus. Proxima hebdomade Calvinus et Viretus hue profecturi sunt, sed Viretus per aliquot dies post Calvimmi, si priîis quàm velimus solverit ^ aliquanto plus refocillandarum virium gratia hîc acturus est, si Dominus permiserit. Utinam et tu commode adesse posses : non sanè injucunda et inutilis foret peregrinatio cum Fatone^^, cujus adveutum tam anxiè et tam diu expectavimus et adhuc expectamus : ni velit apud me nullius promissionis tenax haberi. Quamobrem te oro ut eum summè urgeas. Id enim valetudini ipsius pernecessarium esse sentio. Historiani Joh nostri hîc iniblica conati sunt exprimere comœ- dia *'. Utinam Domino gratius sit quàm nobis! Sed quod Prin- cipes ipsi, ne dicam impuriùs, faciunt '^ in subditis impedire ' L'École protestante de Thonon allait donc être installée dans un ancien couvent de cette ville : le prieuré des Ermites de St-Augustin (W, 58, n. 4). * Le Manuel de Berne du 27 avril 1541 contient l'article suivant : « Demander au ministre de Thonon quels sont les frais de la maladie du médecin défunt » (Trad. de l'ail.). ^ Le manuscrit porte, après solverit, les mots bahiœi et, que Fahri a biffés. Nous avons vu, t. V, 308, note 27, que ce médecin-pasteur avait commencé en 1539, à utiliser les eaux thermales de la contrée. 1" Jean Fathon, pasteur à Colombier, s'était chargé de la gestion du petit avoir de Fabri et de sa femme dans le comté de Xeuchâtel. " Deux lettres antérieures de Fabri (IV, 33, 153), montrent que l'Abbaye de la Jeunesse à Thonon aimait les comédies et les farces gro- tesques. Nous supposons que l'auteur de l'Histoire de Job, s'efforçant d'identifier les Catlioli(iues du Chablais avec le malheureux patriarche, et les amis de celui-ci avec les ministres, prodiguait à ces « consolateurs fâ- cheux » les vérités les plus désagréables. ** Le poète bernois Niclaus Manuel, auteur de satires et de drames populaires très goûtés de ses concitoyens, avait eu, ])arait-il, des imitateurs 1542 CHRISTOPHE FABRI A GUILLAUME FAREL, A NEUCHATEL. 37 non valemus, qiiin vd invitis iinbis tînt. Non fuimiis tanicii iiuiti in concioiiibus. CtÇtorùiu hic nohilis Simon BeU/ardensis ^'\ (\\\n]\ \)vo])è nosti, Bert/am concedit : ciijus nogc^cium sanè piuni et coiiiiiiise- ratione tlignum juvare conaberis, scio. pei- Christuni, cujiis glo- riœ hic insorviit, et nunc, instar i)rodigi illius Evangclici, ad patrem redit, post varias qiiidem serumnas. Dominus illi pro- spicere dignetur, nobisque omnibus ! Vale, salutato Capunculo, Thoma Cuniero ac reliquis fratri- bus, maxime Claudio et Gaucherio cuniuxoribus ac familia'\ meae quoque iixoris. Danielis^^, Pariati, Urhani, Porreti^^, roliquorumque fratrum nostrorum nomine. Si quid de pro- ventu Evangelii audisti, scribere ne graveris, tamc^tsi gravis- simè occupatum te sciam ; sed paucioribus contenti erimus. Dominus te ecclesiae suae diutissimè servet incolumeml Tononii 25 Maii 1542. à Berne et dans le Pays de Vaud (Voy. t. Y, p. 410, n. 46. — Ulric Zwingli et son époque, trad. de J.-J. Hottinger par Aimé Humltert. Lausanne, 1844, p. 276-277). " Ce personnage, qui appartenait, sans doute, à la même famille que le maître d'hôtel de Valangin, Claude de Bellegarde, avait été l'un des pre- miers partisans de l'Évangile à Thonon (IV, 134, renv. de n. 4-5). ^* Jea}i Chaponneau, collègue de Farel, et Thomnx Cimier, pasteur à Cortaillod ("^) ont ligure dans les t. IV- VIL Claude et Gauchier Farel vivaient alors à Xeuchàtel: le premier avait épousé Louise de Beaurais; le second, Françoise, sœur de Louise (France prot., éd. Bordier, \l, 387). *^ S'agit-il ici de Daniel Farel, frère du Réformateur? Nous n'osons l'affirmer. Si c'est de lui qu'il est question, on pourrait supposer qu'il avait succédé (1.539) à son frère Claude dans les fonctions d'administrateur du prieuré de Ripaille (IV, 127, V, 369). N'étant pas marié, il aurait vécu dans la maison de Chr. Fabri. David Ancillon parle de ce frère du Réformateur dans les termes sui- vants : « Daniel Farel est encore aujourd"liuy en bonne odeur en plusieurs églises, où sa mémoire est encore en bénédiction, et où sa piété, sa pro- bité et sa capacité reçoivent encore aujourd'huy les louanges qu'elles ont méritéf's. Bien que ce Daniel Farel ne se mêlât que des affaires civiles. Dieu bénissoit tellement son employ, qu'il a esté salutaire à des troupeaux entiers. » (L'idée du fidèle ministre de Jésus-Christ. Ou la vie de Guillaume Farel. Amsterdam, 1691, in-12, p. 8). 1* Urbain Chamhoui, pasteur à Fessy, au S.-O. de Thonon, et Michel Porref, qui évangélisait peut- être la paroisse de Végi, où nous le trouve- rons en janvier 1552. 38 OSWALD MYCONIUS A J. CALVIN ET A P. VIRET. 1542 Recepi liodie literas a Francisco meo^', qui rectè valet et suo diligenter fiuigitur inunere, gratia Domiiii. Tuus Christoph. Libertlnls. (Imcriinio :) Suo Guliehno Farello, Christi Ecclesiœ Ministre fidoli ac diligentissimo, fratri et araico integerrimo. Neocomi. 4125 OSWALD MYCONIUS à J. Galviii et à P. Viret. De Baie, 30 mai 1542. • Autogr. Bil)l. Pul)l. de Genève. Vol. n" 110. Cal. Opp. XI, 405. S. Nihïl diligeutiA' seu lahoris omisimus, quod attinet ad reti- 7iendmn Viretum K Scripsi nanique ad fratres Bernenses, adii consulem Hostrmn ^ conveni D. Beruhatinm \ Bernenses nihil responderunt hactenus. Consul promisit quod et praestitit. Sena- tus eniui diligenter Bernenses est adhortatus nuncio in hoc etiani niisso. I). Bernharkts similiter nihil officii omisit. Verùm omnia frustra, quôd LaMsannenses dicunt id non permissuros *. Argunientis igitur esset agendum cuni eis. quibus non possent resistere, nisi adfectus audire mallcnt. In veritate dico. mihi sic videri : n(nnin('ni i)iuni contradicere jjosse causis quas ego scripsi et nunc de novo concepi. Taceo si tu, aut alius quispiam qui pars negocii existit, suas esset pro])Ositurus. Nos de novo taie consiliuni concepimus, in quod et Bernhartns consensit, ut adhuc tent(Mnus siniul, Argentinenses et nos, Eccle- sia' nomine. si quid fieri ])Ossit. FAjjertnnius itaque literas a 1' François du Pont, pasteur .à Moudon (VIT, ni)? ' Voyez, J). HO, la lettre de Viret du 16 mai. ^ Addher(j Mener ou Meyger, bourgmestre de Baie (Vil, 325). ^ Le banueret Bernard Meyer (N" 1129). ■* Voyez la réponse du Conseil de Lausann(> aux députés de Genève, p. 30, n. 1. lo'l2 OSWALD MYCONIUS A J. CALVIN ET A P. VIIIKT. 39 Bucero, (iiuis iiostris adjunctis luittcimis, sjjcraiitcs aliqiiid nos sic viribus coUectis iiii|j('traturns. Bert/liarfiis ituiiis Argeidi- vam ciim Bucero corîim agct. luidc is i-c Ix'nc cogiiita tbrsitaii coiiiicict ali(iiii(l. lîogavi. (jiiod la< tiiius est in îrniporc l'aciat : tormiiiuin ciiini Vireti api)ro])in(iuai'('. IN'liquuin est igitur ut. si videbitur consnltiuii. ali(iiiis agat ciini Latisannensilnis, ut consoutiant, si forte Bernenses m cis adlcgaudis vcllfut jxTti- uacitoi- durare. De Comite'% noscio (ptid est ab illis ctiam scrip- tum. iiuod potitioncni senatiis iiosiri iuijxxliit. Quid si et cum hoc ageretur. quod ('■ v<' jjossct csscV Nos profcctô sunius anxii proj)ter ecclesiam isùdii " : timomus cuiin ne (\nu\ niali patiatur, si tibi fuerit tain lidus adjntor adcniptus. Age, precabiniur Do- niinuni ut hîc auxiliuni suum non al)neget. Vireto gratias ago quôd scri])sit tam faniiliariter. Dein i)la- cct. ut quod maxime, quia ministrum se taleni cxhibet, ut ubi- cunque Dominus opéra ipsius uti voluerit, ])rom])tuni aninium sit inventurus. Decet (Miim nos, quos in Evangelium jjosuit Christus, omnino taies esse. Non enim vohiptas. aut ojjes, aut gloria nobis qua?renda. sed sanctilicatio noniinis I)ei. Ad hanc autem inveniendam non locus facit, sed homines pietatem expe- tentes, quales audio certè multos esse hodie Geneva^. Dominus eis adsit ! Amen. Credo vos ])rid('m intellexisse de nuptiis Buceri cum Yui- hixinde Cajntonis defuncti ', Féliciter cedunt omnia, et nemo est ([ui non faustum esse cupiat quod factum est. Conflictamus nos hîc cum impietate multorum. ijui contra jusjurandum profecti sunt ad Gallum •* contra Cœsarianos, cumque his qui taies tueri conantur. Sic fructiticat Evangelium apud nos. De Tnrcu nihil audimus, neque de his (jui contra cum |)roficiscuntur, quorum * Béat Comte, collègue ^h- Virct. ( f. p. 31, j). 5. * L'église de Genève. ' Wibranâis Bosenblntt, veuve d'un Bâlois, avait épousé en 1528 Jean Œcolanipade, puis en 1532 AVolfgang Ca]nton, qui mourut le 4 novemlire 1541 (II, 118, 135, VII, 344. — T. W. Rdhricli. Gescli. der Réf. ini EI- sass, 1832, II, 70). On ne connaît pas exactement la date de son mariage avec Bucer ; mais on jx'ut affirmer qu'il fut célébré en avril ou en mai 1542 (Yoy. la lettre suivante et celle de Sultzer du 31 janvier 1543). * Malgré leur serment de fidélité et d'obéissance aux magistrats, plu- sieurs Bâlois couraient s'enrôler dans les troupes du roi de France (XM126, n. 7). 40 SÉBASTIEN MUNSTER A GUILLAUME FAREL, A NEUCHATEL. lo42 certè numerus est magnus. Ptumor est tamen illum petere indu- cias, quae si permittentur, timeo fiiturum quod accidit Rliodien- sil)ns\ Sin minus, habet quod de Csesare Qtfratre^^ conquera- tur. Si Christum habebunt ducem, is docebit et ducet qiiô débet et conveniet. Valete in Christo Domino cum vestris et bonis fratribus omnibus. Avocant me négocia, longior alioqui fuissem. Basileœ, 30 Maii, anno 1542. Os. Myconius vester. (Inscriptio :) D. Jo. Calvino et Petro Vireto, viris doctiss. et piiss. in Domino fratribus inter primos colendis suis. 1126 SÉBASTIEN Mt'ysTER ^ à Guillaume Farel, à Neuchâtel. De Bàle, 31 mai (1542). Inédite. Autograplie. Bibliothèque des pasteurs de Neuchâtel. Salutem in Domino et prosperum in sanctissimis votis optât successum. Doctissime Yarelle, cum audirem puerum hinc ad Corderium vestrum transferendum -, volui brevibus tuam humanitatem salutare, memor adhuc qiiàm amicè me tractaris, etiam cum dispendio rei tuie familiaris '. Discedens auteni à te. ubique ' Allusion au siège de Rhodes et à la prise de cette ville par le sultan Soliman (25 décembre 1522). ^° Ferdinand, roi des Romains. * Voyez, sur Séb. Munster, les Indices des t. précédents, et spéciale- ment le t. Vn, pp. 208, 209, 413. * La plupart des jeunes Suisses qu'on envoyait dans le Pays romand pour y apprendre la langue française, étaient placés à Lausanne ou à Genève; mais le Collège de Neuchâtel en attirait aussi quelques-uns, à cause de la réputation de Mathurin Cordier. ' Des visiteurs étrangers attestent que Farel exerçait l'hospitalité d'une façon cordiale et généreuse. 1312 SÉBASTIEN MUNSTER A GUILLAUME FAREL, A NEUCHATEL. 41 à doctis majori (iiiàm dignus siim honore fui oxceptus. Losannae tamen Comitem non invoni domi agcntom \ Genevie biduo mansi% rodiique opjjoi'tunè BasiJeam ad prœsmi)tuni tcmpus^ Omnia adhuc n^ctè liîc agnutuVy Concionfdores omnes sani sunt. Civibus omnibus sub capitis pœna intcrdictum est, ne quisquam ad GalUarum regem se transférât '. Elapsi sunt tamen quidam, sed pauci, at plurimi servi relictis artiticiis bellum petierunt illud Loml)ardicuni. De expeditione contra Turcam instructa adhuc nihil certi auditur \ Id certum est, maximum militum numerum jam descendisse in Austriam. Puto te scire, Bucerum jam nujjtias célébrasse cum relicta Caintonis ^ Sed satis sit na^niarum mearum, ne in sanctissimis operibus tibi sini impedimento.Vale et Christi ministros, prsesertim T^.Thomam^^, nomine meo saluta. Basilea?, ultima Maii (1542"). Tuus Sebastianus Munsterus. (Inscriptio :) Gravissimo viro atque vero Christi ministro Domino W. Varello, Neocomensium concionatori diligentissimo. * X" 1121, note 5. * A comparer avec la lettre du 17 avril 1542, où Calvin parle de l'ar- rivée de Munster à Genève (Vil, 453). ' C'est-à-dire, pour reprendre ses leçons à l'Université, après les vacances de Pâques (VU, 419, n. 9-10). ' Plusieurs colonnes de soldats mercenaires traversèrent bientôt la Suisse occidentale, pour se rendre en Italie (Ruchat, V, 181, 182). Tout se préparait en France pour la guerre qui fut déclarée à l'Empereur le 10 ou le 12 juillet (Voy. Guiffrey. Chronique de François I, p. 392-396. — Sleidan, édit. am Ende, II, 259, 260, 270, 272. — Henri Martin. Hist. de France, 4""^^ éd., \TII, 278-280. — Gaillard. Hist. de François I, 1819, m, 127). ® La guerre de l'Empire contre les Turcs fut décidée on avril dans la diète de Spire, et l'électeur de Brandeliourg, Joachiin II. fut élu général en chef (VH, 450, 453. — Sleidan, II, 260). 9 N" 1125, n. 7. 1" Thomas Barharin, qui aurait fait la connaissance de Séb. Munster àBàle en 1538 (Y, 74, n. 7)? ** Le contenu de la lettre détermine le millésime. 42 ANDRÉ ZÉBÉDÉE AU CONSEIL DE BERNE. 1542 1127 ANDRÉ ZÉBÉDÉE ^ au Conseil de Berne. (Berne, vers la fin de mai) 1542. Inédite. Autographe. Archives de Berne. Briefve et simple exposition de responses faites par Andrieu Zébédée aux accusations faites contre luy par le vicaire d'Orbe-. Le tout présenté aux Magnifiques, puyssantz, très redouhtées et christiens seigneurs et princes de Berne. Les Responses d'Andrieu Zébédée, prédicant d'Orbe, aux accu- sations faites ])ar le vicaire d'Orbe devant les excellens et puys- santz seigneurs et princes de Fribourg, l'an 1542, le lundy devant pentecouste\ Je, Andrieu Zébédée, minister de la parolle de Dieu en la ville d'Orbe, estant devant le Conseil des seigneurs et princes de Fribourg, ayant ouy une grande et aspre accusation faicte de par le vicaire de la dicte ville, en respondant a[y] réduyt la ^ Voyez les Indices des t. Y, VI, VII, et si:)écialement le t. V, p. 98 et le t. M, p. 240, 241. André Zébédée était natif de la Flandre. Professeur à Bordeaux pendant trois ans, puis, dès 1538, pasteur à Orbe, il avait néanmoins conservé certaines singularités de style et d'orthographe qui annoncent que le fran- çais n'était pas sa langue maternelle; mais il nous semble que, pour la clarté et la rapidité de l'exposition, il n'est point inférieur à ses collègues nés en France ou dans la Suisse romande. Son caractère se trahit naïvement dans la présente ajiologie. Très zélé, mais présomptueux, tracassier et parfois violent, il n'était guère à sa place dans une ville où les Évangéliques, constamment surveillés par les Catholiques-romains, pouvaient, pour la fiuitc la jilus légère, être dénoncés à MM. de Fribourg et sévèrement jjunis. ^ Claude Gui/of (Voyez les Mém. de Pierrefleur. Lausanne, 1856, ]). 1.36, 21()j. ' C'est-à-dire, le 22 mai. Il avait été cité à Fribourg, ainsi que sa partie adverse, jiour le samedi 20 (Pierrefleur, p. 210). 1342 ANDRÉ ZÉBÉDÉE AU CONSEIL DE BERNE. 43 longue accusation on trois ])ointz principaul.x. |)riant les excel- lences et puyssances des mes seigneurs et pi-iiiccs de les bien consider et conférer avecques les responses. Le primier poinet. J'ay esté trop Ipng au sermon, le dimenche de Pasques liory '^ et au sermon du grand vendredy sainct ', et que je fasoye cela ])ar certaine malice. i)Our empescher le service de prestres, et que toutes les dimenclies je fasoye aultant, et que, quelques remonstrances qu'on me fait, je ne veulx aul- cunement obeïr. Le second point. Ainsi que le vicaii-e faisoit son office, ce dimenche mesme ^ je suis venu audacieusement. voulant faire ung grand tumulte, le démentir ])uhliquement, et (pie n"a tenu à moy que n'aye eu une grande effusion du sang. Le troisiesme jwint. L(^ vendredy a])rès TAscension ". en jjlaine ru(\ j"ay appelle le vicaire ahuseiir. Quant au lyrimier jwud, j'ay respondu : Yen que, pour cer- taines et honestes causes, je presche, les dimenclies, les Évan- giles de la messe, les prestres me pourroient supporter, ainsi qu'ilz avoyent faitz les aultres anné[e]s (car pour lors je n'avoye rien fait de noveau), si, quant les Évangiles de leurs offices sont bien longues, la déclaration aussy soit aulcunement plus longue. Et a[y] ])i'otesté. demandant Dieu en tesmoing, que je faisoye * Le dimanche de « Pâques tiories » ou des Rameaux, qui lut le 2 avril en 1542. ° 0 Le prédicant Zébédée, se sentant advoué du seigneur Ballif [Conrad Buhy], lequel estoit de Berne, ])ensa mettre empeschement au service divin... le jour du Vendredy sainct, assavoir qu'il se mist à sermonner son sermon, depuis sept heures jusques à onze; et tousjours eust sermonné, si ne fust que le Gouverneur de la ville le tist à descendre de la chaiie, disant qu'il passoit l'heure ordonnée par les Seigneurs » (Pierrefleur, j). 209). Selon les Ordonnances de Bern<> et de Frihourg du 30 janvier 1532 (II, 401-404) publiées à Orbe le 3 mars suivant, le sermon devait avoir lieu « en temps d'hiver, depuis la St-Michel jusques à Pâques, au matin, de sept heures jusques à huit; en été, de six jusques à sej)!. Aussi, en l'église paroissiale, seront dites, et toujours avant le sermon, les matines et laudes, [et] après [le sermon] les autres heures canoniques, Ja messe, cérémonies et offices de rÉgiise,... par condition que icelles n"enii)échent la prédication, ni aussi la prédication les susdites cérémonies... » (Pierre- fleur, p. 83). " Le jour de >• Pâ(iues fldrics. » 2 avril. ^ C'est-à-dire, le 19 mai. 44 ANDRÉ ZÉBÉDÉE AU CONSEIL DE BERNE. 1542 point cela par malice, comme le vicaire avoit donné entendre. Mesmement j'api)ellois le chastellain d'Orbe ^ là présent, pour testifier et certifier que le vicaire avoit faulsement informé Messieurs, en ce qu'il avoit dict que, quelque remonstrance qu'on me fasoit, je ne voulois aulcunement obeïr; car le chas- tellain sçavoit bien que je m'estoye déporté après sa remons- trance. Quant au second point, qui est d'avoir démenty le prestre faisant son office dedans l'église, etc., j'ay confessé le fait, mais non pas le mode ne l'intention proposée de par le vicaire. Et j'ay prié les excellences de princes, de me donner audience pai- sible, ainsi comme, de leur grâce, avoyent faict à mon adver- saire. Laquelle chose ayant tellement quellement impétré, j'ay exposé comme je n'estoye point venu alors à l'église pour faire aulcun bruyt, moins encore pour estre cause de quelque effusion du sang, en tant que j'estoye entré au temple tout seul, paisi- blement, sans avoir adverty persone, comme aultre fois j'avoye fait souvent. Et j'ay confessé d' estre bien véritable, que pour lors me suis arresté davantaige, et c'estoit à cause que, après l'évangile chanté et l'offertoire achevé, j'ay veu le vicaire venir pour faire le prosne, comme parlent les prestres, et ainsi je m'arrestoys. Et luy, au lieu de ex])Oser quelque propos de l'épistre ou l'évangile de sa messe, se déportant de cela comme de chose de petitte importance, avise le peuple de cérémonies qui se debvoyent garder en ceste sepmaine-là, qui estoyt la sep- maine saincte ^ : que le jeudy estoyt la commémoration de la saincte cœne, et que le peuple debvroyt faire comme il estoit accoustumé; que le vendredy c'estoit la commémoration de la mort et passion de Nostre Seigneur, et que le peuple debvroit faire selon la coustume; que le sammedy on f(M'oit les bénédic- tions de l'eau du font'", et que le peuple en viendroit prendre et en boire et en garder, comme il avoyt de coustume; que le dimenche, c'est la résurrection de Nostre Seigneur; que doncques ^ François Warnery ou Warney, qui avait succédé en 1535 à Autoine Secretain (Picrrofleur, ]>. 137). ^ On lit à la marge : « le sermon du vicaire. » "^ Il veut dire : des fonts baptismaux (Voyez le Manuel ou instruction des curez et vicaires... à l'usage de Rome, de Lyon et de Lausanne. Par Pierre Yiret (Lyon, Claude Ravot, 1564, p. 17, 25). 1342 ANDRÉ ZÉBÉDÉE AU CONSEIL DE BERNE. 45 le peuple se disposa à recepvoir son r)i(Hi et son Créateur; et qu'il clebvoit aussy bien j)('nser à décharger ung chascun sa conscience, de payer le rachapt à quoy ilz estoyent tenus et obligés, d'aultant que c'est l'ordinancç de la saincte mère Église, à laquelle il fault obeïr, car il n'y a point de puyssance si non de Dieu, et qui résiste à la puyssance il résiste à Dieu, comme dit TApostre aux Romains. Sur ce projjos, moy pensant à la droite vérité, et cognossant la vraye intelligence de TEscripture alléguée, — voyant aussi la grande et manifeste faulseté du vicaire, que quant il touchoit les grandes choses, comme la cœne saincte de Nostre Seigneur, la mort et la i)assion de Jésus-Christ, il renvoyoit les simples gens à coustumes, disant légièrement et en passant : « Vous ferés ainsi que vous estes acoustumés ; » et quant il vient à parler je ne sais de quel j)ayement du rachapt, qui touche la bourse et fait pour le ventre, alors le vicaire, à l'exemple de Judas, charge les consciences du paovre peuple, en alléguant faulsement la saincte et véritable Escripture, pour establir sa villaine et meschante menterye, — moy, dy-je au[x] seigneurs et i)rinces de Fribourg, voyant tout cecy, ay esté esmeu (du quel esprit. Dieu le scet) à crier à haulte voix : « Cela est faulsement allégué et l'a menti/. " Et cant et cant ", ay demandé tous les assistans à la messe en tesmoing du propos que le vicaire sur telle matière avoit tenu. Car je m'offroye devant toute honne justice de x)rover et maintenir qu'il avoit faulsement menty. Et encoire disoye à Messieurs que j'estoye tousjours prest à prouver, devant tous bons juges, que le vicaire eut tenu ce propos, non pas seulement contre les sainctes Escriptures, mais aussy droite- ment et ouvertement contre le droit canon, c'est-à-dire, disoye [-je], contre le droit de son pape. Et, continuant mon ])ropos, j'ay suj)])lié que, si sambloit aux excellences de Messieurs que je i)arlois trop hardiment et haultement, qu'il pleust à leur bénignes grâces de me supporter en cela; car la vérité seurement congneue et la conscience, de la crainte de Dieu meue^^ en Toffice de la prédication " Quant et quant, ainsi qu'on l'écrivait ordinairement, signifiait en même temps. ^- On ))(>ut liro menée on menée (mue). 46 ANDRÉ ZÉBÉDÉE AU CONSEIL DE BERNE. 1542 de l'évaiigilo do Jésus, me poussoyent et induisoyent à parler ainsi vivement. Et j'ay requesté davantaige, qu'il pleust à leurs excellences d'avoir esgard à ung certain propos que je desyrois alléguer en manière de similitude. Et proposois ainsi : Si quelqung des officiers de l'excellence des Messieurs, ayant charge de publier certaines ordinances par leurs seigneuries, mettoit les mandemens de ses princes arri[è]re, et, au lieu de ceulx-là, en publieroit des aultres de sa fantasie, et [qu'il] se trouve par avanture quelqung de subjects asseuré que l'officier ne dit riens ou bien peu de ce qu'il a en charge, mais attribue au prince ce que le prince n'a jamais pensé, — si donques l'aultre, bien cognossant cela, vient crier publiquement et sur- le-champs contre ung tel officier, et sauve l'honneur de princes, le démentant devant tout le monde, — à sçavoir mon '^ si ung tel subject pouri-oit estrejugé desloyal et séditieux ? Je pense, disoye, que non. Pareillement, dy-je, seigneurs et i)rinces, est de moy et de ce vicaire icy. Car le vicaire, ayant pris la charge de publier et enseigner les ordinances qui sont ])Our entertenir, avancer et mener à quelque perfection le peuple christien, ne fait rien ou bien peu de tout cela; et. le peu qu'il fait, il le fait indeuement, et aultrement que Dieu n'a commandé, et met en avant des aultres charges, de quoy il n'a nulle charge, ne de Dieu, [ne] de son Église, non obstant qu'il fait cela desoubz le filtre de la saincte mère Église. Et moy, me trouvant là à la fort une ^\ non pas seulement comme subject, mais comme filz de la vraye Église catholique (Car tel me tiens et tel je veulx vivre et morir), si je me suis opposé à ung qui a imposé à l'Eglise saincte ce que elle n'a jamais pensé, l'affaire, si samble, selon la similitude, ne doiht point estre trouvé si rude ne tant estrange, principalement devant cenlx qui vendent aussi estre vrays suhjectz et loyaulx enfans de la saincte Eglise. Et ainsi que je voulois alléguer ung exemple de l'histoire ecclésiasti(iu(>, pour prouver que je le j)Ouvoye faire cela et m'opposer, on m'a imposé silence. Et j'ay supplié les grâces de " Mon est ici uiio particule int«^rrogative, signifiant est-ce? " Par un cas fortuit, par hasard. 1542 ANDRÉ ZP'RKDÉE AU CONSEIL DE BERNE. 47 Messieurs qu'on nio laissa rcsijondro au troisicsiuc point de l'accusation : ce qu'on ni"a accordé. Quant au troisiesme point, qui est d'avoir appcllt'' le vicaire aljuseur, j'ay respondu (ju'il n'y avjsit pas grande difficulté à prouver cela en beauco|) de sortes ; toutefois ([n<' ji" n"avoye })oint dict cela sans cause de par luy donnée. Laciudle cause, combien qu'elle soit assés longu(\ je Fay réduyt, devant les excellences de Messieurs, eu brief, racomptant ainsi : Le vicaire s'estant allé cant et cant après Pasqucs devant Messieurs, a rapporté c la d. église, la plusjiart des terres en fied^ au bons hommes : des- quelles terres de[v]roit avoir ung prédicant por en vivre. — Item, ne veulent nullement laborez les d. bons hommes por ung prédicant, comme il ont fait por ung curé, mais disent : quand nous dirons la messe, que lal)orerons les terres de l'église. Court et Sorvelié. Item, les bons hommes de Cort et Sorvélié o[nt] faict semblablement comme ceulx de Mcdlerez et Bel Villard. — Item, ont prestez [le] Prévost et CJiapitre de Mothié Ch'ond-vaidx, tant comme coUatours de l'église de Sainct- Vi[n]cens à Cor et Sorvelié, les terres de la d. église en fied héritable : lesquelles terres doibt avoir ung prédicant, et n'en joyst, synon ung pitit de censés. Sur lesquelles choses nous prions et supplions tant humble- ment noz très chiers, reddoubter et magnitique et puissant Messeurs de Berne, que il leur plaise de voloir remédié et regardé à ces alîaires, por et à celle fin que Thonnour de Dieu soit exaltez et sa sainte parolle mantenue : au fl. ou] altrement tout irat en abisme et ])erdicion. Et que l'ong rescripve au Prévost et à l'ahher de Ballelée, collateurs qui sont des églises, ® Bévilard, villajsp entre Maleray et Sorvilier. ' St. Georges était le patron de l'église de Bévilard. * Bellelay, abbaye de Prémontrés, située à une lieue à TO. de Sornetan, avait pour chef depuis 1530 Jean Cognai (JV, 64^, V, 422-425). * C'est-à-dire, en fief (feodum). Saucy (Hist. de Bellelay. Porrentruy, 1869, p. 110, 114-116) cite les noms de plusieurs de ces nouveaux feuda- taires, investis par ./. Cognât. 32 LE CONSEIL DE STRASBOURG AU CONSEIL DE BALE. 1342 que facont par ensemble une prébande souffisante au ministre des églises, à celle fin que puisse faire debvement son office : au altrement i[l] serat contraint de abandonné le lieu '". Jehan Bosset. de Xuveville, ministre du sainct évangille de Dieu, au lieu de Mallerez et Cort et Sorvelier. 1542. La summe des biens que peult avoir le devant nommez prédicaut, pour la substance de luy et de sa famille, à cause des dues [1. deux] église devant nommée, Mallerez et Court : Sine muytt de froment et sine muyt de avoyue et demy, pour faire 4 cbair de foin, et 14 sol d'argent, et quelque peult de novally [1. uovales] aulcune foys. 1542 ^^ 1129 LE coxsEiL DE STRASBOURG au Conseil de Baie. De Strasbourg, 7 juin 1542. Inédite. Manuscrit original. Arch. de Baie. (Traduit de l'allemand.) Aux prudents et sages, nos particulièrement bons amis et fidèles chers voisins, le Bourgmestre et le Conseil de Baie, Nous, Hans Bock, chevalier, le Meister et le Conseil de Strasbourg, offrons nos amicaux et empressés services. ^" A comparer avec les notes de la p. 360 du t. II. " On lit au dos cette note du chancelier bernois : « Prédicant. Moutier- Grandval. Là-dessus, décidé d'envoyer une ambassade, 6 Junii 1542. — 23 Julii être là » (Trad. de l'ail.). Les instructions des députés bernois envoyés à Moutier leur furent données, en effet, le 20 juillet. Manuel du 7 juin : « Sur le rapport des prédicaiits de Moutier-Grandval, on décide d'écrire à l'Évêque [de Bâle] et au Prévôt [de Moutier] qu'il indique, si cela lui convient, le jour d'une conférence. Mes Seigneurs enverront leur ambassade, ])Our procéder à un examen [des choses], afin que les transgresseurs de l'édit de Réformation soient châtiés, et que les amendes passent dans les mains de l'Évêque et du Prévôt » (Trad. de l'ail.). Voyez, au 29 juillet, la lettre des ministres de la Prévôté (N» 1142). 1342 LE CONSEIL DE STRASBOURG AU CONSEIL DE RALE. 53 Chers bons amis et fidèl(^s voisins! M. 2Iartin Bucer, ministre de la parole de I)i<'U en cette ville, nous a informés qu'il a ai)i)ris^de votn^ Banneret, le pieux Bernard Meijer, que nos bons amis et fidèles voisins de Berne veulent rajjjjeler M. Pierre Tiret, leur prédicateur de Lausanne, qu'ils ont prêté pour un temps à ceux de Genève, — rappel très fâclnuix pour ^Monsieur Jean Calvin, j)arce que touf n'est peut- être pas encore ramené au meilleur état autour de lui, et que M. Calvin lui-même, à cause de sa faible santé, ne ])('ut ])as tout faire. Ces circonstances réunies apporteraient du dommage à l'œuvre de l'Évangile. 2£eyer nous a dit (jue, pour cette raison, vous aviez alors décidé d'écrire à nos amis de Be^me de laisser encore ])lus longtem])s le d. ^I. Tiret à Genève, et que vous trouvez bon {pie nous écrivions dans le même sens aux Bernoise C'est, en effet, notre devoir d'avancer surtout et de toutes nos forces l'honneur de Dieu, et nous sommes tout disposés à vous agréer et à vous rendre service amicalement. C'est pourquoi nous écrivons aux susdits nos amis et voisins de Berne la lettre ci-incluse, en vous jjriant de la leur envoyer avec la vôtre. Nous reconnaîtrons ce service, à l'occasion, amicalement et volontiers envers vous, chers amis et voisins. Donné le mercredi, 7'"" de Juin, l'an, etc., xlh. (Note du secrétaire bâlois : « Relative à M. Pierre Viret, qu'il faut retenir à Genève. Présentée [au Conseil] le 14 [juin] 1542.))) ^ Berne ne s'opposait pas à ce que Tiret prolongeât son séjour à Ge- nève, pourvu que les Lausannois y consentissent (VII, 376, tin de la ii. 22; 409, n. 3). C'est donc à ceux-ci qu'il aurait fallu s'adresser tout d'abord. 54 JEAN CALVIN A GUILLAUME FAREL, A NEUCHATEL. 1542 4130 JEAX CALOTS' à Guillaume Farel, à Neuchâtel. De Genève, 46 Juin 1542. Calvini Epp. et Resp. 1575, p. 38. Calv. 0pp. XI, 408. Utinam ita ad prseseiitis vita? contpnii)tum ac sanctae mortis meditationem erudiar, ut hic anniis miiltis piorum funeribus mihi luctuosiis fuit ! Poralis, primus urhis Syndicus, ad Domi- num migrarit : cujus mors nobis, ut par erat, tristis atque acerba fuit. Ipsius verô mortis species, ut nounihil mihi solatii attulit, ita ex adverso mihi dolorem auxit, dum cogito quantum in eo Jiomine perdiderimusK Postridie quàm in morbum inci- derat, cum essemus apud eum ego et Viretus, denuiiciavit se de vita ])ericlitari : morbum enim quem patiebatur familiœ suse esse fatalem. Ha])uimus deinde longum sermonem de rébus variis : sic loquebatur, quasi sana esset ac intégra valetudine. Biduo quod proximè sequutum est acriùs lal)oravit, sic tamen ut ingenio et loquendi dexteritate magis vigeret quàm tota vita : quisquis ad eum visendi causa accesserat, audiebat prœclaram aliquam exhortationem : ac ne putes futilem fuisse loquacita- tem; quantum lieri potuit, aptissimè singulis accommodabat quod illis conveniret ac prodesset. Cœpit inde meliuscuiè ha])ere, ut spes optima esset restitutum propediem iri. Triduum duravit hic status : tandem iterum morbus ingravescere, ut constaret maximum esse periculum. Quô tamen afflictior erat corpore, eô spiritus vividior fiebat. Taceo médium illud tempus. Qiio die mortims est, circiter nonam ante meridiem, illuc veni- mus ego et Viretus. Cum ))auca verba fecissem de cruce, de gratia Christi, de spe vitae seternae, nolebamus enim prolixis sermo- nibus eum fatigare, exce])it se acci]iere T)(^i nuncium ut par erat, ^ Celles des lettres d^Ami Forral que nous avons reproduites dans le t. nr, peuvent donner une idée de la sagesse et du patriotisme de ce ma- gistrat. i542 JEAN CALVIN A GUILLAUME FAREL, A NEUCIIATKL. 55 se enim scire quaiu viin lialx-rot Christi iniuistcrium ad coiifir- mandas consciontias tiddiuiii. Illic de minisferio ac toto illius usu ita splendidè dissernit, ut nos sfiijwre amhos afficeret : ac quotios milii in inoiitom voiiit, adhuc o])stui)esco. Sic cniiii loquel)atiir, ut vidor(>tur oratioiiein ab aliquo iiostrûiu diu ac diligonter meditatam referre. Haiic partom sic concludebat, ut dicpret se reiiiissionem peccatoruni, quani ex uiandato Cliristi polliceremur, non aliter accipere quàni si angélus si])i è cœlo apparuisset. Descendit postea ad unitatem Ecclesiœ, quam miris elogiis commendavit, testatus nullum se habere melius nec certius solatiuni in certamine mortis, quàm quia in illa unitate jam plané confirmatus esset. CoUegas autem nostros ixndb antè vocaverat, ac redierat cmnillis in gratiam^, ne si in illo dissidio ferstiHsset, eo exemplo alii ahuterentur. Dixerat autem nobis : « Cum i)ublica ecclesise sedificatio vos cogat ad illos pro fratribus tolerandos, cur non eadem ratione pro pastoribus agnoscerem?» Adnionuerat tamen eos seriô, ac illis quid peccassent in niemo- riani reduxerat. Sed redeo ad illam postreniani orationem. Conversus ad eos qui adsta])ant, hortatus est omnes ut ecdesiœ commimionem haberent commendatam ; eos verô qui in caeremoniis et die- bus sunt superstitiosi^ admonuit, ut deposita jjervicacia nobis acquiescèrent : nos enim meliùs ac prud(Mitiùs videre quid ex])e- diret quàm illos : se quoque in illis fuisse magis obstinatum, sed datos sibi demum oculos, ut videret quàmnoxia esset contentio. Postea confessionem edidit hrevem ac gravem ac hœulentam. Inde nos hortatus est, cum ad alias officii partes, tum rerà ad constantiani : nec secùs ac rates aliquis defuturis difficultatihus sermonem hahuit. De repuhlica mirmn quàm sapienter dixerit quod ad rem pertinel)at. Imprimis, ut reconciliandis sociis iirlnhus^ pergeremus operam studiumque impendere commenda- vit. « Quidquid vociferentur claniosi aliqui, dicebat. non oportet vos animis frangi. » Non liabco tantum tem})oris ut omnia per- sequar. Nos ubi aliqua subjecimus, concepimus orationem. Sic ^ Portai, ainsi que plusieurs autres Genevois, s'était refusé à recon- naître comme légitimes les pasteurs qui, en 1538, avaient pris la place de Farel, de Calvin et de Corauld, bannis de Genève. * A comparer avec le t. V, p. 137, note 9. * Berne et Genève. 56 JEAN CALVIN A GUILLAUME FAREL. A NEUCHATEL. 1342 discessimus. Secuncla pomericliaiia, cum uxor mea'^ venisset, jiissit « hono animo esse, quidquid accideref : cogitaret se non temere, sed mirahili Dei consilio hue adductam, ut ipsa quoque Evangelio serviret. » Paulô post deniuiciavit, vocem jam sibi eripi, castcrùm etiam sine voce confessionera se retinere in animo qnam priùs edide- rat, ac in ea moritnruni. Illic reciiato Simeonis cantico, atque eJKS inferjyretatioue ad se upplicata : « Yidi, inqnit, et manu tetigi salutare istud, » atque ita se ad quieteni conii)osuit. Exinde sermone fuit destitutus, nntibus tamen indicabat, se nihil de animi vigore perdidisse. Sub horam quartam veni illuc caini Sgndicis. Cum aliquoties erumpere in sennonem conatus esset, et faucibus im])ediretur, jussi ne si])i molestus ampliiis foret, abunde ejus confessione satisfactum. Cœpi tandem loqui ut potui : audivit vultu admodum composito et tranquillo. Yixdum eramus egressi, cum sanctam animam Christo reddidif^. Haec narratio vix tibi erit credibilis, si expendas hominis naturani : verùm scito fuisse novo prorsùs spiritu tune donatum. Nunc in deligendis novis coUegis sumus vcddè occu2^ati, eoque magis quôd, dum ]nitamus nobis contigisse aliquem valdè ido- neum, postea deprehendimus nostrœ expectationi non satis respondere. Uln aliquid constituerimus, intelliges. Neque enim, cum absis, juvare nos consilio potes. Vale. xvi. Junii m. u. xlh. * Idelette de Bure (VI, 275, n. 15). ^ Registre du Conseil du 5 juin : « Par le bon volloir de Dieu, samedi 3 Juin, icelluy nostre bon Dieu et Saulveur retira à luy le seigneur syn- dique For rai, et hier fut mis en sépulture au lieu accoustumé. » — Nous empruntons encore à M. A. Roget, H, 39, le § suivant du susdit Registre : « Pource qu'il y a aulcungs qui ont esté après à fère ijlusiours insolences et mocqueries de la mort du syndique Porral, ordonné que soient prises légitimes informations, et selon icelles soient chastiés. » lol2 PIERRE TOUSS.VIN A GUILLAUME FAREL, A NEUCHATEL. 57 1181. PIERRE TOUSSAiN à Guillaume Farel, à Neuchâtel. De Montbéliard, 10 juillet 154;2. Inédite. Autographe. Commuiiiquée par, M. Henri Lutterotli. S. Statueram descenclero Argentoratum, ])Otissiniinn ut J/e- tenses inviserem et alloquerer; sed Foreti causa\ adversa va- letudn. adventus Diicis Christophori ex])ectatio -, etc., me liîc invituni retinuerunt. LutzemhHrgo ' rediit nudius tertius Prse- fedus noster, qui narrât oninia illic niilitil)us pleua et turbata esse omnia*. ut ])er 2Iediomatrices'' commode redire non potuerit : qui liomini spem fecerant maximam, ut ante suum ad nos redi- tum ali(|uid -à lyrhnorïbus^ im])etrarent ad gloriam Domini pro- ])agandam; sed bellum hoc, vel saltem tria casti-a niilitum non jn'ocul ab urhe interturbant oninia, cum nondum certô sciatur adversùs quem Rex bellum movcre statuerit '. Bucerus scribit exercitum adversùs Turcas nondum esse totum coactum **, et ' Les griefs du gouvernement et des pasteurs de Montbéliard contre P. Foret, sont consignés dans les lettres suivantes : 2, 10 juillet, 14 août, 6 septembre 1541 (MI, 171, 182, 220, 237), et dans les annotations que le comte Georges fit ajouter à cliacun des articles de Vapolocjie de Foret, composée du 15 au 20 mai 1542 (N" 1120). * Le duc Christophe de Wurtemberg arriva le 22 juillet à Montbéliard. * Appelé plus anciennement Luciïiburgum (Voyez R. P. Alexandri AViltbemii Luciliburgensia. Luxemburgi, 1842, p. 148, 151). ■* La guerre entre François I et Charles-Quint était imminente. ' On se servait volontiers du mot Mediomafrices pour désigner la ville de Metz ou son territoire, bien que le nom antique de la villf fût Diro- durum Mediomatricorum (Voy. l'Annuaire de la Soc. des antiquaires de France, 1850, p. 267). ^ Ceux des nobles de la cité de Metz qui avaient du penchant pour la Réforme, mais qui différaient toujours le moment d'agir en sa faveur. ' La déclaration de guerre du roi de France à l'Empereur ne put être connue du public qu'après le 12 juillet. » V 1126, note 8. 58 PIERRE TOUSSAIN A GUILLAUME FAREL, A NEUCHATEL. 1542 multa alia deflenda, ut velicmenter cœci simus nisi videamus instare diom Doinini. Princeps hic noster Georgius copiosè respondit ad omnes arti- culos Apologiœ Fore.ti^, et quain qiiidem responsionem misit Dominis Bernatihus ante hebdoinadas très. Ad hœc MichaëV° anteactis his diebiis multùm iiistitit apud nos ut dimitteretur ; sed quoniam nusquam vocatur, et meliùs habet (gratia Christo) quàm habebat cum hue venit, et agit hic proxiiliè, et ecclesias habet uihil propemodum iuter se distantes", et scimus homi- nem sollicitatum à nebu]onil)us quibusdam, et videmus eum hoc prœsertim tempore ecclesiam suam deserere non posse sine magna offensione, — non potuimus ulla ratione illius petitioni acquiescere ; quin vehementer miramur qua conscientia id tanto- pere à nobis efflagitet, maxime cum testem habeamus D. Deum nos omnes hominem verè et ex animo amare : ad cujus animum pacandum non incommodum fuerit si nobis scripseritis, vos non in ea esse sententia, ut sine nostro consensu certaque ac légi- tima vocatione ecclesiam suam deserat'^ Vale in Domino et mihi fratres omnes saluta, quorum et tuis sanctis precibus ecclesias et me commendo. Scripsissem copiosiîis, sed divexor adversa valotudine. Iterum vale. Monbelgardi, 10 Jullii 1542. TUUS TOSSANUS. (Inscriptio :) Farello fratri meo in Domino colendissimo. ' Voyez la note 1. 10- n ]]fjç},gi J)ol)t. Les deux églises mentionnées sont probablement celles d^ Exincourt et à.^ Audincourt . Elles appartiennent à des localités situées à une lieue environ de Montbéliard. '* C'est pour cette raison que, le 31 mai 1543, Farel blâma avec tant de rigueur ses collègues de Xeuchâtel d'avoir accueilli MicJiel Dobt pen- dant l'hiver précédent. 1342 EUSTACHE DE KNOBELSDORF A G. CASSANDER, A BRUGES. n9 EUSTACHE DE KNOBELSDORF à Georges Cassaiider, à Hriiges \ De Paris, 10 juillet 1542. Epistolae selectiores scriptœ vel a Belgis vel ad Belgas. Lugd. Bat. 1617, 8°, p. 37. (Extrait) .... Qiiod petis ut distiuctiùs singula perscribain qiuf obiter tum de exKrendis Lniherarm attigi, ex animo faciani, quantum quidem temporis angustia feret. Hoc enim ipso uiouiento quo tuas recipio, respoudere cogor, ni nuntium vacuuni redire nialim. Tum mentionem feci supjjlkatiommi quse lue fiebant, quarum tamen causam neque sciel)am, neque diligentor roquirebam, quôd ox more fieri eas putarem, quum intérim peculiares au- diam fuisse, easque quœ nisi jam rébus deploratis adliibeantur. Plenas Jmmanitatis Rex Oallise ad Senatmn Parisiense^n (quod Parlamentum vocant) niisit literas, quitus vel iniprimis petere visus est, ut suo nomhie decernerentur siqyplicationes ad Deum ' Une traduction française de cette lettre est insérée dans le t. W du Bulletin, p. 420-423. On ne possède que peu de renseignements sur Knobelsdorf. Il était prussien (Prutenus) et poète, et il publia en 1543 une Description de la ville de Paris (Voy. Bulseus, o. c. Yl. Index illustr. virorum). Georges Cassanâer (1513-1566) né à Bruges ou dans l'île de Cadsan (ou Cassand), au S. de Flessingue, fut professeur de littérature classique à Gand, à Bruges, etc. Il s'appliqua ensuite à l'étude de la théologie, et, après quelques voyages, il s'établit à Cologne avec son ami Cornélius Gualtherus. Cassander s'est rendu célèbre par le livre où il essaya de se porter médiateur entre les deux religions, et qui est intitulé : « De otïicio pii ac public?e tranquillitatis verè amautis viri, in hoc religionis dissidio. (Basile*) 1561, » in-S". Accusé d'hérésie par les Catholiques, il mourut « soumis à l'Église romaine . (Voy. Yalerii Andréa^ Biblioth. Belgica, p. 259-262. — Le P. Nicérou. Mém. pour servir à l'Hist. des hommes illustres, t. XL, p. 72-87). 60 EUSTACHE DE KNOBELSDORF A G. CASSANDER, A BRUGES. 1542 opt. max. profelici rerum successu^, si vol ipse aliqiiando tandem repotiturus esset patrimoniiun siuim legitimuiii, quod iniqiiis- simo jure nunc ab alienis possidetur, vel ulturus necem legato- rum regioruni, prai'ter jus gentiuin, huiiiauitatein oninem et fidem, occisorum ^ Si quos praiterea Imherent infideparîim sïbi constantes, ut de illis more solito sumerent supplicium *. Obtemjjeratum est ea in ro régime voluntati diligentissimè, ac post varias, ut vocant, processiones, siipplwatio generalis à toto clero omnique populo magna cum pompta et celehritate perada est'\ Eligebantar conciouutores, qui popuhmi docerent (si Diis placet) in quem iisum prœcipuè pompa illa Jieret, tum ut Régi omnin ex animi sententia succédèrent, tum ut Ecclesise Romanse jam ruinam minitanti succurreretur : ideoque, sacro finito, octo vivos Ignibus exurendos esse, qui in Apostolicam sedem nonnuUa dixissent. Vixdnm suproma manus imposita erat supplicationi, jam vulgus tnnnatim/or^fm Mohertinum^ petehat, ibique victi- mas mactationi destinatas exsijectabat. Verùm oo die nihil actuni est, eo quôd ferebantur Lutlierani illi appollasse Parlamentum. Duos exuri vidi, quorum ut vita dis])ar erat, ita me mors 2-4-5 ,^ l'occasion de cette lettre du Roi, datée du 2 mai (Sleidaii, II, 270), il y eut déjà une procession à Paris, et l'Université prit, le 5 mai, les mesures que nous avons mentionnées plus haut (N" lllJ, n. 3, au com- mencement). Le 1" juillet, le Parlement pul)lie un édit qui ordonne, sous peine d'excommunication, de dénoncer avant six jours à certains docteurs de la Sorbonne (savoir : Henri Gervais, Nicolas le Clerc, Pierre Richard, Ro- bert Bouquin, Jean Benoît, P'rançois Picard) tous ceux qui négligent les lois et les cérémonies de l'Église, qui répandent des livres Iiérétiques, et qui fréquentent ou accueillent diez eux des assemblées secrètes. « Quo die divulgatum est hoc edictum [dit Sleidan, p. 274], supplicatio facta fuit ad templa divorum, et regni salutis et conservandje causa religionis, cir- cumgestata fuit Genefeva, tutelaris ipsorum Dea... et his ipsis ferè diebus exusti quidam fuerunt, propter dogma. » Le 8 juillet, le Parlement décide de faire exhorter le peuple par les curés. Ceux-ci reçoivent un qiu^stionnaire qui les aidera à découvrir les intil seutans de la foi (La Chambre ardente, par N. Weiss. Paris, 1889, p. XXIV, XXV). 8 Voyez le t. VII, ]). 201, 204. ® La pince Mauhert, de sinistre mémoire, est située au sud et près de la Seine, non loin de l'endroit où la rue des Noyers rejoint celle de St.-Victor. lo'l2 EUSTACIIE DE KNUBELSDORF A G. CASSANDER, A HRUGES. 61 varié affecit. Si hîc adfuissos, niitius gcmis pœna> misons optasses. Erai prior Jwiie juveuis, adlmc plané imberl)is, iiisi (|iiô(l j)rima laiiiigo paiilliilùm jn-niTix'rct, suforis dijusdam hic y77/?r.s', quem i)l('rique viginti noiulnii) aiiiios ha))oro putal)ant". AJfprjam sexar/piHoiHs aiit etiam ultra, affoctus, plané sencx^ facie vencrandus, cana eaqno prolixa barba. Juvenis ille, qubd nescio qnœ in imagines miracnloms (quas liîc niaxinio concursn non venorantur, sed adorant), incaxtiùa dixerif, nenipe non nmltùni à lajjidois Gentiliuni Diis difforre, ejidendas ox Christianorum tcniplis. si idololatriie subrp])oret vitinni vcl susi)icio. Fertnr pi-a'tcrea qua^dani dixisso non aliéna a Martini'^ sontontia : ob qua^ qnnni {)roductiis esset ut palino- diam ('an(M-ot, illo tantùni aberat à l'ccantando, nt ctiani morte ea quse dixerat se corroboraturum adlirmaret. Productus igitur in cnriani, lata sententia, elingneni. vivumque exurendnm esse, ad quam ille niliil do pi-istino sno vultn remittens, sponte lin- guam carnitici, quam longé potuit, resecandam exeruit. Carni- fex forsice [1. forcijx'J protracta excisaque cnltro lingua, iterum atque iterum f'aciem hominis ea verberabat. Arrii)uisse adhuc palpitantem (ne quid de Gallorum i)ietate dubites) eircumstans turba dieitur, hominique in os jecisse. Levatus inde in currum, ad locum supjjlicii ductus est, eo aninio, ut non supplicium, sed '■ ^Icrlc (rAuliigné (Hist. de la Réf. au temps de Calvin, VIII, 59) iden- tifie ce « fils d'un cordonnier » avec « le jeune orfèvre » dont Jacques Dryander a décrit le martyre (Lettre du 20 février (1541), et qui, selon toutes les vraisemblances, était Claude le Peintre. Mais Jean Crespin, qui assistait au supjilice de celui-ci et en a publié le récit, l'a placé en 1540 (Actes des Martyrs, 1582, fol. 118 a). Pour établir que cet événement appartient à l'année 1542, il faudrait prouver que la susdite lettre de Jacques Dryander est du 20 février 1543, — chose impossible, croyons- nous (Voyez, dans l'Appendice, le N° 944 a, n. 4, 5). * Si Claude le Peintre et le jeune homme dont Knobelsdorf vient de parler étaient une seule et même personne, Crespin n'aurait-il pas dit quelque chose de ce « vieillard sexagénaire, » qui devait au même instant attirer ses regards, exciter sa pitié, et qui ne j)ut. même au ]irix d'une abjuration, écha])]ier à la mort? Il nous semble donc qu"il faut maintenir la date du martyre de Claude le Peintre telle que Ta indiquée Jean Cres- pin (Voyez n. 7). ^ S'agit-il ici de Martin Luther ou de Martin Bésard ? Le second résidait depuis plusieurs années à Paris, où il était bien connu des étu- diants de la Suisse et de l'Allemagne (t. VL ]i. 305-308, 348). 62 EISTACHE DE KNOBELSDORF A G. CASSANDER, A BRUGES. 1542 convivium petere videretur. Sine monitore, sine duce, descendit de currn, iihi crucem paratam vidit, seque commodissimè pcdo applîccd : cui dum (dUgatxr catena, dicere nonpossum,qiio vultu, qiia prœsentia animi pertiderit insidtantis turhse plausum et oblatrationem. Xidhim incidium edidit sonum; cruorem qui ex recenti amputatione linguse \d>errimè demanahat, siûnnde exspuehat, ocuJosque in cœlum dirigebat, ac si divinitus adhuc quicquam auxilii exspectahat. Siilj)hiire jam instrato capiti, quum carnifex minaciter ignem ostenderet, nihil perterritus, motu qiiodain corporis appetebat incendium. Yix equidem puto, Cassander dulcissinif. Philosophos illos qui tôt de contemiieiida morte li])ros ediderunt, tam prsesente animo adeô crudeles cru- ciatus pertulisse. Ita ille omnem liiiinanitatem mihi exuisse visiis est. Hahes fatum adolescentis : audi mine senis, quod etsi mitius paullb sit, tamen mihi qiddem longe atrocius videtur. Vetulus ille jam decrepitus, civis Parisinus, multarum prolium pater, sat aliàs lionest£e et spectatae vitae, quum nescio quae in mona- chos de invocatione Sanctorum, liberiùs quàm liîc competit, prseterea, Christianos omnes esse sacerdotes, dixisset, couvictus testibus, in carcerem conjectus est, Quum ibi cum Theologis committeretur, facile vincebatur hoino rusticus disputationum ignarus. Fatebatur igitur errorem, pœnitentiaque se duci asse- verabat : qua palma Theologis nihil optabilius accidere potuit, quôd id genus liominum non rarô etiam praecipuis Magistris nostris summum negotium facessat'". Itaque ut in ea sententia perseveraret monebant : « moriturum enim jam ut Christianum, qui aliter Lutheranus periisset, nisi recantasset. » Vinctus per tortorem sublatus est in currum, cui annectebantur adolescentes duo similibus funibus ligati, indusiis candidis amicti, gerentes faces ardentes in manibus, eo quôd audissent senem in monachos disputantem, neque statim prodidissent. Deducti in templum Deiparae virginis, veniam sceleris impetrarunt, senexque denuè ibi in aurem Divae virginis 7:ahjtùâeîv cogebatur. Hinc rectà ductus adfurcam, ac multa prsefatus, se omnia recantasse, neque *° Le Martyrologe de Crespin nous apprend que des hommes très simples, mais qui étaient versés dans la connaissance des Écritures, rédui- sirent plus d'une fois au silence les docteurs de l'Inquisition. 1542 LE CONSEIL DE BERNE A LA. REINE DE NAVARRE. 63 quicquam hserere in se commune cum LxtJiero, repente strangu- latiis est, ac postea semimortuus in ignem coujectiis. Viclebatur ea pœna miiltis initior a^quo. quôd non vivus exu- reretur, qui si me interrogassont, iiiB/illi diversissiniam senten- tiam iiostram agnovissont. Qnid oniiii indlgnius, qnàm kominem oh quemiis errorem quem mordicus non taetur, flummis tradi, qunm etiam ipsi patres sancti dicant, liseresin non esse nisi in pertinacia. Exustus ost senex ille miser paucos (lies post disccs- sum Cornelii ". Audio innumeros esse quihus eadem sit terenda via^-. Orandus Deiis est, ut si malè sentiuiit, convertantur : sin bene, viriliter pugnent. Sed plus satis : reprimenda enim vox est. Tu extemporalem istam confabulationem sequi bonique consule. Vale ex Lutetia, Anno 1542, die 10 Julii. EUSTATHILS A IvNOBELSDORF. (Inscriptio :) Doctissimo Georgio Cassandro, professori pri- mario in Collegio recenter instituto Brugis, amico suo prsecipuo. 1133 LE CONSEIL DE BERNE à la Reine de Navarre. De Berne, 15 juillet 1542. Inédite. Minute originale. Arch. de Berne. Blustrissime, excellentissime, très honnorée Dame, à vostre bonne grâce très affectueusement nous recommandons. Noble, illustre Claude de Tornon *, nepveur de Mons' le " Probablement Cornélius Wouters (en latin Gualtherus), natif de Gand, chanoine à Bruges (Valère André, o. c, p. 151). Le moment où il quitta Paris étant inconnu, on ne peut en inférer la date des sui^plices mentionnés par Knobelsdorf. Mais il est évident qu'ils eurent lieu entre le 1" et le 10 juillet. ** Le jour même où Knobelsdorf écrivait la présente lettre, Laurent du, Muel, escuyer, seigneur de Fontenil en Normandie, montait, à sou tour, sur le bûcher de la place Maubert (Voyez la France protestante, éd. Henri Bordier, V, 1172). ^ Claude de Tournon, neveu du cardinal et de Claude de Tournon, 64 LE CONSEIL DE BERNE A LA RELNE DE NAVARRE. 1542 Cnrdhial de Tor)io)i, ayant faict domeuranco ot résidence de deux ans rièro nous jjaïs, sy lionnoste ot vertuense. qne tous gens de bi(Mi. principcdlement nous mi)ristres du sainct Evan- ^e/?e de Nostre Saulveur. luy en rendent tosmongnaisre \ nous a exposé qu'il y ayt une dame en vostre court nommée Dame Jeluiune de Rohrac '\ dame de ]\Iolans. hninelle. ])our la part de son filz Antoine Parpalic, luy soit entenue de certaine somme annuelle d'argent, ou jà soit pension, causant une cession de certains bénétices faicte par le diet Claude de Tornon au dict Parjudier : de laquelle soniuK^ le d. de Tornon n'a esté satis- faict *. T)()iit en est grandement intéressé, non ayant de quoy entretenii' sa feninK^ (^t famille : ayant sur ce son recours à nous. Pour ee vous ])nons voulloir induisre la d. Dame de Bohrac et son tilz, (luil ayent à contanter le d. supliant, ainsy qu'ilz eu sont tenuz et obligés: car la nécessité de son estât le requiert, avecque la raison. Vous asseurants que recognoistrons le bien qu(% ji nostr(^ requeste. luy sera faict. Priants Xostre Seigneur, très illustre Dame, qu'il vous doinct augmentement de son sainct esperit et bonne vie. Datum 15" Julii 1542. L'Advoyer et Conseil de Berne. fSuscription :) A illustrissime, excellentissime Dame la Roynue de Novarre {sic\ seur du Roy très chrestien de France, nostrc très honnorée Dame. évêque do Viviers (mort t-ii 1542), était un aiuiiMi élrvc do Jea)i Pellisson (V, 282, n. 21), dont il ado])ta les croyances évaugéliques. Réfugié à Lmi- sanue en 1540, il ne jnit obtenir la restitution de ses biens confisqués en France. Nous l'inférons du fait que le bailli de Lausanne lui paya, en 1543 et 1544, une pension de la part du aonvernenient bernois. Il mourut en noviMubri^ 154}. Nous ignorons ce qui- devinrent dès lors sa femme et ses enfants. * Ce détail annoncerait, à lui seul, que Claude de Tuhdjo». ])artageait les convictions religieuses des ministres de Lausanne. ^ Le nom de cette dame ne figure ))as dans le Litre de dépenses de la reine de Navarre (Voyez Mai'guerite d'Angoulême par le comte H. de la Ferrière-Percy. Paris, 1862). * De ce passage on jieut conclure que (7. de Tourno)! avait été pourvu de bénéfices ecclésiastiques par ses deux oncles, et qu'avant de quitter la France, il avait fiiit cession de ces bénéfices à Parpalier, moyennant une pension annuelle que celui-ci devait lui payer. 1512 LE CONSEIL DE BERNE Al CARDINAL DE TOIRNON. 65 4134 . LE CONSEIL DE BERNE ail Cardinal de Tournon '. De Berne, 15 juillet 1542. Inédite. Miniito originale. Arch. de Berne. Illnstre. très révérend et honnoré Seignenr. 11 n"est de besoing de vous fascher par longs propos de la retraicte de noble illustre Claude de Tornon, vostre nepveur. rière nous pays : car la nécessité et adstraincte de consanguinité souffict et sert de recomandation envers vous, au bien et prouf- fict de ses affaires, qui n'est aultre synon de vous suplier, — vehu rhonneste conversation que le dict vostre nepveur, desjà deux ans entiers, a faict rière nous pays, bien renommé et aymé de tous honnestes gens, causant sa vertueuse vie et conversation irrépréhensible, — que vostre grâce et bon plaisir soit Thavoii- pour recommandé, et luy faire restituir son liien temporel, soit d"héritaige. patrimoyne. ou suc[cJession, qui justement luy peult venir et apartenir, affin qu'il en puisse jouir et vivre avecque sa femme et enfans. ainsy qu'il s'ai)artient. Et nous ne serons in- gratz de recougnoistre le bien que, à nostre requeste, luy fairés ^ ^ François de Tournon (1489-1562) fut successivement abbé de la Chaise-Dieu et de St-Antoine de Viennois, archevêque d'Emlirun, d'Auch, de Bourges, de Lyon, et gouverneur dn Lyonnais. Il était cardinal dejiuis l'an 1530. A plusieurs reprises, il avait rempli, comme ambassadeur, des missions importantes en Espagne, à Rome et en Angleterre. Conseiller, puis ministre de François I, il se distingua toujours par son ardente hos- tilité contre la Réforme; mais il favorisa les savants et les gens de lettres. Blanche de Tournon, sa sœur, fut dame d'honneur de Marguerite de Na- varre, à qui le cardinal de Tournon « fut de tout temps dévoué » (Voyez la Ferrière-Percy, o. c, p. 10, 86). ^ Au moment d'une nouvelle guerre, les requêtes des Bernois avaient plus de chances d'être écoutées de François I et de ses ministres (\Y{. 373, renv. de n. 7). Aussi MM. de Berne écrivaient-ils, le 15 juillet, >• au Roy, qu'il satisface le Conte de ChaUant des sommes par luy levées en ce et aultres pays, à intérest de cinq pour cent, et employées au besoing des affaires du Roy » (Manuel du d. jour). T. VIII. 5 66 THÉODORE DE BÈZE A MACLOU POMPON, A DIJON. 1542 Priant le Seigneur Dieu, très révérend Seigneur, qu'il vous ayt en sa saincte protection. Datum lô" Julii 1542. L'Advoyer et Conseil de Berne. (Suscription :) A très illustre, très révérend Seigneur Fran- çoys, Cardinal de Tornon, nostre très honnoré seigneur et grand amv. 1135 THÉODORE DE BÈZE à Maclou Pompoii * [à Dijon]. De Paris, 19 juillet (1542). Copie moderne. Bibl. de Zurich. W. Bauni, o. c. I, 91. Theodorus Bez-eis Maclovio Pomponio S. D, P. Etsi diu admodum videtur scribendi cousuetudo à me inter- missa, paucis tamen ad te scribam, mi Pomponi. Nam quœ una res omnium paenè literarum magnam partem occupare solet, ea à me prœtermittetur, prœdicatio sinceri amoris et benevolentiae : de qua te quidem dubitare non credo quin eam esse putes quœ hactenus fuerit, atque adeô ita confirmatam ut nulla temporis injuria labefactari possit. De rébus autem meis sic habeto. Fra- trem illum meum qui Aurelise canonicum agehat -, quum illic unà essemus, nuper summo cuni mœrore meo plithisi interiisse, itaque nihil propiùs abfuisse quàm ut vivendi rationem à me institutam commutare cogérer. Quum enim Aurélia discessis- sem. cogitabat jM^pr* futurum ut me statim j;«?«^io velut glebœ adscriptum videret ; verùm cum id nec educatio nec natura mea pateretur, nunquam adduci potui ut sordidi istius lucri gratia philosophiae studium mihi deserendum putarem. i\Iirœ hinc lites, assidua jurgia. Intervenit /ra^er ^ qui causœ mese » Les lettres précédentes de Bèze (N" 837, 838, 839, 841, 980, 1098, 1114) sont toutes adressées à ce correspondant. ^ "' ■* Son frère aîné, Audebert, chanoine de Ste-Croix à Orléans et prieur de Lougjumeau (VI, 140, 142). ' Pierre de Bèze, bailli à Vézelay, en Bourgogne. 1542 THÉODORE DE BÊZE A MACLOU POMPON, A DIJON. 67 faveret. Parens ubi so à duobus vidit oppugnari, tandeni œciiiior factus, pax iis conditionibus inita, ut f rater et ego doniuni coni- muni siimptu conduceremiis, ille familiae nostrae nogotia curarot, niilii secundùni libertateni vindiciaj darcntur. ltaqu<> unuin atqiio altorinn aiinuin vixi longé, ut opinor, beatissimè, quuiii nec otiuin mihi deesset nec praeceptorum ulluui genus, nec boiio- rum copia nec denique animus ad ea studia ca])essenda quaî niihi, ut nosti, sunimè placuerunt. Sed hujus felicitatis cursum mors fratris immatura pœnè fregit. Statim çmm pater, ad inge- nium reversus, dicere magna se negotiorum mole urgeri, aeta- temque agere provectam : œquum esse ut ego, à quo sunnua omnia expectaret, huic oneri succederem : liortari ut mihi tan- dem et meis consulerem : inarda esse studia quœ tôt annos essem perseqimtus. Ego niulta vi [Lin?] contrariam partem. Pa#n«/s ' velut honorarius arbiter electus. Is paulô sequiorem sententiam tulit. Quandoquidem à foro tam alienus essem, censere se ut cursu semel cœpto pergerem, dederem me tamen in Principis aut magnatis alicujus clientelam ^ à quo spes esset fructum ali- (|uem laborum à me perceptum iri. Quid tum mihi putas animi fuisse, mi PomponiV Egone in aulam, qui nec simulare necadu- lari didici ? Ego hoc vitœ genus tôt tumultibus obnoxium am- plectar, qui in tam honesto otio victurum me sperabam V Sed parendum fuit : jam igitur i)a?nè alterum pedem in Episcopi Constantiensis ■ domum intuleram. quuni ha^ bellorum tempes- tates *, ut hoc institutum si non mutaretur, at differretur certè, in causa fuerunt. Ita factum est ut ad pristinum vita^ genus reverterer, in quo sanè consenescam, nisi me vis aliqua major impedierit, et certè futurum credo, ut tandem posteris testatum i-elinquam : Bezœum olim non prorsùs otiosum vel in summo otio vixisse ^ Quidni hsec enim ego apud te, cui nihil est ànopp-rizùiv caelatum unquam esse volui. Sed de his hactenus. Jam enim imitrudens in Asiatismum incido, qui Laconismum cogitar(>m. Caetera ex Agiantho nostro, cujus quidem viri tum liumanita- * Claude de Bèze, abbé de Notre-Dame de Froidmoiit, ])rès de Beauvais. ' A comparer avec le t. VI, p. 142, renvoi de n. 6. ' L'évêque de Coutaiices, Philippe de Cossé-Brissac. * La guerre récemment déclarée par François I à TEmpereur. ® Allusion à ses Poëmata, dont il avait composé une partie à Orléans, et qu'il publia en 1548. 68 PIERRE VIRET A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1542 tem tum oruclitionem singularem sic admiror, ut jam et tibi, cujus alioquin commoda pro meis duco, ejus consuetudineiii invideam. Bene vale. Lutetiœ, 19 Julii (1542) "*. Pestem SLudio Divio nenses^^ infestare. Dii te servent incolu- mem, mi Pomponi, et pestes illas^^ potiùs rapiant ad su])pli- cium quœ reipublicœ nostrse molestse esse non desimmt. Tuus Bez^us. flnscriptio :) Maclovio Pompoiiio meo. 1136 PIERRE VIRET à Jean Calvin, à Genève. De Lausanne, 21 juillet 1542. Autographe. Bibl. Publ.de Genève. Vol. iril P. Cal. Opp.XI,411. S. Veni, vidi, obstupui, atque utinam non tam vera essent quse de hujus eœlesiœ statu midiveramus. Eo ipso die ac eadem penè hora qua hue ego appuli ', appulit et canonicus Perrimts ^, cui ob sermonis delitias Chrysostomi cognomentum obtigit, vulgo- que dictus est os aureum, nebulo ut indoctus bonarum litera- ^" L'événement indiqué dans la note 8 détermine l'année. ^^ Les habitants de Dijon. ^^ Pour comprendre quelles étaient « ces pestes, » il suffit de lire le N° 1132. Th. de Bèze ne pouvait que réprouver le zèle atroce du parle- ment et du clergé de Paris. ' On lit dans le Registre de Genève du samedi 8 juillet : Il est arrivé un ambassadeur de Lausanne, pour redemander M' Viret pour servir à leur église : ce qui lui a été accordé. — En conséquence, Viret dut partir sans retard, probablement le lundi 10 juillet (note 6). Le Conseil général qui se réunit le dimanche 16 décida, que les [quatre] prédicants et diacres présentés par devant tout le peuple jureraient d'an- noncer fidèlement la parole de Dieu, et d'obéir aux lois et ordonnances de la Seigneurie, réservant toujours la liberté de prêcher la parole de Dieu, comme leur office le porte (Voyez, dans A. Roget, o. c. Il, 42-43, la for- mule du serment). Le procès-verbal de cette assemblée se termine comme il suit : « Maistre P. Viret a pris congé de Messieurs, à grand regret de la Seigneurie de son despartement, et luy a-t-on faictz les remerciations 1512 PIERRE VIRET A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 69 nim, ita vafer et astutiis. Sed divina utri, iiiihinc an illi, plus lionorifici viiii oblatum sitV Imperitus fueris adniodiim conjec- tor, iiisi divinaris. Qiias voces in vidgus sparserit de sut status restitidione, quïbus vunis pollicitationibns »pem fecerit suse fa- linie homiuihvs, per te satis conjicis. Mihi hominem vidcro non licuit, noc diu liœsit in iirbo. Ejiis advontus coninionni prxfec- fiim ', sed trust m. Die Mercui'ii \ tVatruni fuit scntcntia ut ad dicni Martis ])i'o- xinunn Viviacum ad Synoduni conveniamus ^ Ul)i rodiorinius, audics quod tua to sciro referet. Gemstohus ^ narravit, opinor, (juid audioi'it cum liîc osset. Die Jovis \ Senatiim adii, qiiem sui quidem admonni officii, sed in génère, ne priùs conqueri viderer tiuàni appulisse, si ad speeies devenissem. Pollicitus sum omnem nieani operani et aniniuni proniptissinunn : videant ipsi mode, suo ne desint muneri. Quie tune speciatim (uhnonere oportuit, id malui a Comité * subjnngi, qui inter reliqua, ineo suasu, ro- gavitut edictum de puhlicis precihus renovaretur, quœ peniths condigiu's, et a esté ordonné luy donner douze escus*. » — Est-ce une com- munication du premier Sjaidic au ("onseil général? Ou faut-il croire que Viret était revenu à Genève tout exprès pour prendre congé? Cette der- nière supposition ne nous paraît pas fondée. ^ Pierre Perriri, chanoine de l'ancien Chapitre de Lausanne. Nous supposons qu'il résidait habituellement à Écian avec la plupart de ses collègues et leur prévôt, Messire François de Lustry (VI, 213, n. 1). *'' Antoine Tillier, bailli de Lausanne pour les Bernois. * Le mercredi 12 juillet. ^ Le synode ne put se réunir à Vevey que le 1*'' août. * Matthieu de Genes-ton, natif du lieu de Geneston, diocèse de Nîmes, était l'un des quatre candidats au saint ministère que les pasteurs de Genève avaient proposés aux magistrats genevois, le 10 juillet, en leur annonçant que « Maistre Pierre Viret, pour la grande nécessité qu'est en l'église de Lausanne, s'est transporté au d. Lausanne » (Reg. du Conseil du d. jour). ^ Le 13 juillet. Le jeudi était le jour où siégeait ordinairement le Con- seil des XXIV de Lausanne. * Béat Comte, second pasteur de Lausanne et collègue de Viret (N" 1121, n. .5). ■•* Une quittance fiançais-e, signée par Viret, le 10 juillet 1542 (sans indication de lieu), existait dans la collection de lettres autographes formée par feu M. de Radowitz, collection acquise en 186-1 par la Bibliothèque royale de Berlin. — C'est sans doute la (|uittance des douze écus reçus par Viret du trésorier de Genève, avant son départ pour Lausanne. Selon Ruchot, V, 162, Viret demeura à Genève jusqu'au 12 juillet 1542. 70 PIERRE V[RET A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1542 exoleverant : quod et factum est, ita ut postero die plures solito convenerint ad concionem, sed quie nihil habuit quod à quoti- dianis differret. Dabo autem operam ut proxima hebdomade alla ratio habeatur. Nihildum concionatus sum. Decrevimus pro2)edieni Psahnos canere ' qxios Oindromis '® ad mtmeros composuit, vestris imdfo faciUores et suaviores, qnos malim excusos fuisse quàm quihts usi siimus^\ Cogitare cœjyi- 9 Voyez, sur le chmif des- Psaumes, le t. IV, 162, 163; V, 6, 145, ii. 19, 452, n. 20-23 ; M, 279, ii. 5, 289, ii. 5. ^* François Gindron, ancien chanoine de Lausanne (IV, 233, 234, VT, 342. — 0. Douen. Clément Marot et le Psautier huguenot. Paris, 1878, I, 613). " L'église de Lausanne allait donc changer de psautier et adopter celui dont le chanoine Gindron avait composé les mélodies. Nous ne saurions désigner avec certitude le recueil des psaumes qu'elle avait employé précé-- demment ; mais nous supposons que c'était l'un des trois suivants : I. Celui de Calvin, 1539 (dix-huit psaumes et trois cantiques. Voyez t. VT, p. 58. — Douen, o. c. I, 302-306, 355, 617-632). n. « Psalmes de Dauid, translatez de plusieurs autheurs, et principalle- ment de Cle. Marot. Veu recongneu et corrigé par les théologiens, nom- meement par nostre M. F. Pierre-Alexandre, Concionateur ordinaire de la Royne de Hongrie. L'an M. D. XLI. Cum gratia et priuilegio. » A la tin, on lit : « Imprimé en Anuers, par Antoine des Gois. L'an m. d. xli. » Ce volume, petit in-8°, renferme quarante-cinq pièces de vers : les trente psaumes de Marot (imprimés à Paris, chez Estienne Roffet, sans notes de musique ni timbre, en nov. ou décembre 1541) et quinze de divers auteurs. On trouve dans ce psautier d'Anvers le timbre de dix psaumes, c'est-à- dire l'indication des airs populaires sur lesquels ils se chantaient * (Voy. Félix Bovet. Hist. du psautier des églises réformées, 1872, p. 247-249. — Douen, I, 815-332, H, 506). ni. « LA MANYE | re de faire prières aux églises Francm/- | ses. tant deua/nt la prédication comme après, \ ensemble pseauhms d' cantiques fra/nco \ ys qûon clumte ans dictes églises, | (Strasbourg) M. D. XL II» (petit in-8"). Ce psautier, dont l'impression fut terminée le 12 février, contient qua- rante-quatre morceaux. Trente-deux ont les notes de musique ; pour la plu- part des douze autres, l'auteur indique sur quels psaumes ou sur quels airs populaires on peut les chanter (Communication obligeante de M. Adolphe Gaiffe. — F. Bovet, p. 18, 19, 250, 251. — Douen, I, 333-347, II, 506, 649-656). Quelques mois après la publication du susdit psautier de Strasbourg, *■ Le cxx porte, en tète : « Sur Adieu tout solas [et] plaisir et lytsse. Adam à regress.[u] •» : ce qui nous permet de croire qu'il se chantait sur un air composé par Adam de Retours, pasteur à St-Julien, près de Genève (Voy. notre t. IV, p. 62, 92, 93, 351, V, 233, 235, VII, 439. — Douen, I, 317). 1542 PIERRE VIRET A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 71 mus de 'prseficiendo Zebedœo huic Coïlegio^^ : quinii sjioro ad diem domiiiit-um hue concessurum ac de robus necessariis iio))is- cum doliberatunim. Scripsi onim ad ij)suin et Farelliim de i-ebus nostris, et nieo à vobis discessu e^t ministrorimi ordinations. Zehedœi et Malingrii negocium suspensum est ad adventiim lega- toram utriusque urhls, ad sitbducendas cum pnefedis ratioties^\ Vetiila quœ ad Malingrimn concosserat, rursuni hîc conduxit hospitium, cujus maritus hinc hodie abiit. Audio non bono intor ipsos convenisse. Cum hœc scriberem, ex insjjerato adv(>nei'unt Jo.[aimes] Tornacus, Franciscus Viviacensis et Christopho- rns^% cum quibus nondum licuit conferre. I])si te plurimùm salutant et nostri omnes. Non licebit nobis, quantum ex ipsis audio, ad diem Martis convenire. Saluta nxorem et amicos omnes nostro nomine. Vale. Laus.[ann8e] 21 Julii, 1542. TUUS P. VlRETUS. (Imcriptio :) Doctiss. Jo. Calvino, Verbi ministro tideliss. Gt;- nevse. parut une nouvelle édition de celui de Calvin (\1I, 409, 410, n. 8, 10). Elle renferme les trente psaumes de Marot et cinq de Calvin ; la musique est notée au premier verset de chaque psaume (Bovet, p. 17-20, 211-214, 249, 250. — Douen, I, .347-51, II, 506). Mais il n'est pas probable qu'on ait pu l'utiliser à Lausanne, avant le mois de juillet 1542. *'^ En conséquence de l'arrêt prononcé contre Zébédée, le 5 juin, par MM. de Fribourg, ce ministre ne pouvait plus exercer de fonctions à Orbe (N° 1127, n. 22). Mais son professorat de Bordeaux (V, 98) pouvait le recom- mander aux Bernois pour la place àt^ liiincipal du Collège de Lausanne. '* Chaque année, les députés de Berne et de Fribourg, munis de pouvoirs étendus, avaient des conférences avec les baillis d'Orbe et de Grandson, dans lesquelles les revenus et l'administration des deux bailliages-communs étaient l'objet d'un minutieux examen. Souvent les amendes et punitions infligées par l'un des États étaient remises ou diminuées, à la prière de l'autre. Ainsi les procès-verbaux de leurs conférences du 21 août et du 9 octobre annoncent déjà que MM. de Fribourg étaient disposés à gracier Zébédée (n. 12), à la condition que Berne réintégrerait dans ses fonctions le vicaire d'Orbe, Claude Guyot, qui avait été cité à Berne deux fois inuti- lement et déposé pour sa désobéissance (Recès des diètes, vol. de 1541-48, p. 179, 191, 235). « L'atfaire de Zébédée et de Malingre » se réduisait à cette question : Le premier serait-il autorisé à rentrer dans sa paroisse d'Orbe, et le second à regagner sa cure d'Yverdon ? (Voyez le N" 1127, note 22). " Jean de Tournai/, jiasteur à Aigle, François' Martoret, qui l'était à Vevey, et Christophe P\ibri, l'un des réformateurs de Thonon. 7^ SIMON SLLTZER A JEAN CALVIN, A GEMÈVE. 1542 1137 SIMON suLTZER ^ à Jean Calvin, à Genève. De Berne, 24 juillet 1542. Copie. Bibl. Nationale. Collect. du Puy, t. 102. Calv. 0pp. XI. 412. Si deplorando publicum ecclesiarum statum proficeretur in meliùs, deplorare[m] sanè idque acerbe et vehementer tecum privatum et communem dolorem, propter ademptum, inquam, Viretum nostrmn, cujus ahscessus non potuit non grave pectori tua vulnus infiigere et Ecclesiœ toti mœrorem. Amisisti enim tu dimidiam tui partem, et poptdus Jidnm pastorem. ^^erùni quia consolari prœstat [et] sanare potiùs dolorem quàni memorando refricare, studio prœtereo quse hac in parte meum angunt ani- muni. Praecor autem Doniinuni Jesum ut quod hujus fratris niigratione decessit, alterius alicujus collegae fide operaque sar- dat.ur, quo subsistere tu, mi frater, statione eminenti et pericu- losa queas ad nominis sui profectum : maxime verô uti catho- licam pro ecclesiis sollicitudinem instillare dignetur eorum prsesertim animis qui rerum i)rœsident gubernaculis : in quibus si extinctis aflfectibus ea esset tides, is zelus, qui esse debebat, summa otfendiculorum minus (sic) esset, et uberior feliciorque successus. Nobis certè, utcunque accidat, et patienti et forti animo ferenda simt omnia : qnod \l. quos] ad omnem eventum convenit esse paratos. Quse tu ipse dudum nimirum et sapienter et cordatè dispexisti, ut mea nihil sit monitione magnopere opus. Unum vel [1. verô '?] hoc abs te magnopere contendo, tua- rum ut rerum omnium statum significes mihi, et si quid per me pra?stari in tui gratiam atque Ecclesise velis, contidenter jubeas. Dabo operam ut fidem erga te tuosque Sultzeri cognoscas. Nos quietè satis agimas, nisi quod negotium sid)inde aliquod * Voyez, sur Simon SuUzer, le N" 1051 (VII, 284). La co])ie de sa i)ré- sente lettre est très fautive. 1542 SIMON SULTZER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 73 nobis noster ille ^ faelt cum stiis : quanquam tdhil magnopere efficiant, Doiiiini bcMieficio, nisl qudd mspicionïbns sinistris mitoritatem uostram, quasi ad papismum respirantem [l. aspi- rantem] ^ lahefactarit. Sunt gravia/et hœc, sod ^equaniniitate siiporaiida, et iiitondcnda inodis omnibus cautio })ia, ne quid por iiicogitantiain adniittam tanto indignum iniiiistcrio. BasHeie a Carohtadu ohittt iu mntaam gratiam redeiint fra- tres si/mmystie % ot coit quoquo scJiolœ et cum ipsis et inter se concoi'dia : id quod iiuper non sine singulari volui)tato istic cognovi. Diom obiit inter eos Joanues Luthardus, HospitalifsJ u]'])is minister '. Tiguri verô Léo Judef decessit ^ relictis qua- tuoi' orphanis. Bihliandro autem cum febri est negotium, ut jam ■^ Le pasteur Érasme Bitter était, à Berne, le principal représentant du parti qui soutenait les idées de Zwingli sur ia sainte Cène. Sulfzer, au con- traire, Pierre Kuniz, Béat Gering et Conrad Schmid, ses collègues, avaient adopté la doctrine de Bucer sur les sacrements (VI, 237, renv. de n. 21-24; 424, n. 5 ; 468. — Cf. Hundeshagen. Die Contlikte des Zwiiiglianismus, etc., p. 105-109). Nous ne savons rien des « fréquents embarras » que BUfer aurait sus- cités à ses collègues ; mais, dans une occasion, au moins, ils lui cherchèrent querelle. Ritter se plaignit, le V juillet 1542, de ce que les autres « prédi- cants » refusaient de le laisser prêcher, comme auparavant, deux jours de suite par semaine. Ceux-ci ne voulaient pas qu'il fût censé avoir plus d'oc- cui)ations qu'eux-mêmes, et ils lui reprochèrent sa prébende, plus forte que la leur. Il en résulta, de part et d'autre, des paroles amères, et le Conseil, témoin de cette scène désagréable, exprima aux pasteurs sou vif déplaisir de ce qu'ils ne savaient pas s'accorder même dans les choses secondaires (Manuel du d. jour). ^ Cette accusation atteignit même une fois Erasme BUter. On lit, en eflet, dans le Manuel de Berne, au 2 février 1542 : Fauhj [Strasser\ diacre de cette ville, ayant été envoyé comme pasteur à Berthoud, « Bucerani electimiem damnarunt, quia a Senatu factam, etc., non canonicam alle- gantes. » Le 4, Érasme Bitter, Sim. Sultzer, Gering et le diacre Schmid sont réprimandés par le Conseil, à cause des critiques susmentionnées. Ils demandent un délai, parce que Pierre Kunfs n'a pu comparaître. — A la tin de ce paragraphe, le secrétaire a écrit : « Novi papismi lex. » * A comparer avec le t. VII, p. 420, lignes 16-20. ^ Jean Ltifhard, natif de Lucerne, avait été cordelier à Bâle (I^ndw. Wirz. Helvet. Kirchengesch. V, Th. II, 342, 355). * Léon Jude était mort le 19 juin (N" 1146, n. 2-3). On conserve aux Archives de Zurich le document intitulé : « Confessio Leonis Judte octiduo antequam moreretur, » et le discours d'adieu qu'il adressa à tous les mi- nistres zuricois ai)])elés aujjrès de lui. 74 SIMON SULTZER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1542 mensibus aliqiiot vacare pr^electioni sacrée neqiiiverit \ Argen- torati Bncenis non (V) soins molem snstinet et valetudine utitur satis firma, non sine miracnlosa Domini gratia. Interea heUicis adparatïbus tumuUuatur iota Oermania. Nam prïeter expeditio- nem Tnrcicam, qnœ Budam versus panlatim movere dicitur, et ea[in] qnte contra Gallum niagnis paratnr conatil)us, etiam alia bella snrgnnt, quœ partim a Brunswigo et Mognntmo moventur contra nrbes saxonicas Goslariam et Brunswigam, partim a Geldrio contra Mariam ^ Cœsaris pnto sororem. Quare exer- citns 24 millium, à pmestantibus [1. protestantibus?] urbibus atque ordinibus conscriptus, Hesso dnce militabit et comité Gidllelmo a Fnrstemherg, qui ad eam occasioneni servatus segrè dicitur ^ Basilienses legati liodie hw tentant in concordiam redi- gere dnas respiiblicas '" : quorum pio studio adsi)iret totius una- ' Théodore Bibliander (Buchmann), professeur de théologie ù l'École de Zurich (Voy. J.-J. Hottinger, o. c. m, 751). * Marie, veuve de Louis, roi de Hongrie, gouvernait les Pays-Bas au nom de son frère Charles- Quint. Guillaume, duc de Gueldre et de Clèves, neveu de François I depuis son mariage avec Jeanne d'Albret (Y, 146, \TI, 184, 200, 201), devait nécessai- rement prendre part à la guerre contre l'Empereur. Dès l'ouverture des hostilités, son maréchal de cour, Martin van Eossem, envahit et ravagea le Brabant et il fut près de s'emparer de Louvain et d'Anvers. Il rejoignit bientôt dans le Luxembourg l'armée française du Nord, commandée par Charles, duc d'Orléans (Sleidan, II, 270, 272. — H. Martin. Hist. de France, Vffl, 280). * Fausse rumeur. Le comte Guillaume de Furstemberg n'exerça pas de commandement dans la guerre contre le duc Henri de Brunswick. Pendant cette courte campagne (13 juillet-12 août), il servait ailleurs et d'une autre manière les intérêts des princes protestants. En vertu des droits qu'il prétendait posséder sur le bourg de Gorze (à 3 l. S.-O. de Metz), il y avait introduit une petite garnison et s'y était établi lui-même le 23 juin, bien résolu à prêter, de là, conseil et appui à ses (core- ligionnaires de la Lorraine. Mais sa première visite à la ville de Metz, le dimanche 9 juillet, y avait excité une émeute, dans laquelle succomba l'un des huit gentilshommes qui l'accompagnaient. Le 22 [1. le 12?], par une lettre datée de Gorze, il demandait une réparation aux magistrats messins, et dès lors il ne perdit aucune occasion d'intervenir auprès d'eux en faveur des partisans de l'Évangile (Voyez Meurisse, op. cit., p. 36-42). '" Berne et Genève (VII, 420, 453, n. 9). Les députés de Bâle étaient les suivants : Christoffel Effimjer, Joder Brand et Blàsy Sthôlli. Les nou- velles qu'ils annoncèrent au Conseil de Berne, le lundi 24 juillet, sont à peu près celles que Sultzer donne plus haut. loi2 MARTIN BLCER A JEAN CALVIN, A fiENÈVE. 75 nimitatis pacisque oxompluin Christus Josus. Bom^ valc, mi fra- ter, cum tiiis omnibus, pi-îecipuè Jacoho Beniardo ", quom cupio meis verbis sahitos amantor ot diligontcr. Bprna% 24=' .Tiilii. anno 1542. Sahitaiit te CoHt.[.zen\ etJ3eat\)(s] '-. TlUlS SlLTZERUS totiis. 1138 MARTIN BUCER à Jean Calvin, à Genève. De Strasbourg. 25 juillet 1542. Copio contompor. Bil)!. de Zurich. Calv. 0pp. XI, 414. Gratiam et pacem. Nihil à proximis literis ' accidit cujus rt^- t'erat te certiorem fieri, charissime et mihi colende Calvine, nisi timinltus tyranni Bninsvicensis causa excitotus^. Dum enim ille legatis Ferdinandi, postulantibus eum stare suspensioni proscriptionis à judicio caméra' pridem contra Goslarienses décrétée '\ respondit se id nullo modo facturum, et statim com- parare equitem et peditem instituit, decreverunt ])rincij)es fœ- deris nostri '" et imperatores, Elector Saxonise et Lantc/ravms, illum justo bello coërcere. Nam tyranmts suis quotidianis vexa- tionibus ac direptionibus Goslariam et Bruvsvicnm eô rede- gerat, ut intra trimestre tempus aut urbibus illis ])otitus esset aut ad eas conditiones compulisset, ut j)aulô pôst jjotiri illis facile potuisset. Diu distulit nostros ini(iuitas temporis hujus ^' Jacques Bernard, précédemment pasteur à Genève (Vil, 410), devait l'être bientôt à Satigrnj, village du territoire genevois. ^■^ Voyez la note 2. * Allusion à une lettre perdue. * Sur l'origine et les événements de la guerre de Brunswick, voyez Sleidan, II, 276, 277. — C. von Rommel. Philijjp der Grossmiithige. I. 461-65. — La déclaration de guerre des princes protestants, datée du 13 juillet 1542 (Spalatini annales, }>. 633-639). 8 Tome V, p. 167, 168; W\, 49, 57, 59 (renv. de n. 27), 61, 90, 95, 97, 175. * La ligue de Smalkalden, dont les chefs étaient l'Électeur Jean-Frédéric et Philippe, Landgrave de Hesse. 76 MARTIN BUCER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. loi2 propter helh ( m Turôicum. Sed extrema iiostrarum urbium néces- sitas, et metus ne tyrannus illis, potitiis vicinia, evaderet intole- rabilis, conipulerunt negligtn'e invidiam hujus temporis. Décima nona Jiilii indictum belluni est, copiis nostris jam ferè coactis. Miles cupide coniiuxit, utcunque jam Germania delectibus ad bellum contra Turcos, tam dudum a Céesarianis liabitis contra Galhim, et subductione eorum qui ad Gallmn dilapsi sunt, exhausta sit. Socii tyranni ex fœdere adversario ^ adhuc nihil movent, nisi quôd Bavari et Ferdinandici suos provinciales jubent esse in armis et delectus faciunt, Mogunti- fm?(s "^ adhuc nihil prorsîis movet, cumque ditio Moguntina in eo fœdere non sit, per eam nostri milites deducti et arma a])ertè devecta sunt : tyranno [1. tyi-annusj cum maxime voluisset con- ducere, nec pedites tamen nec équités comparare potuit : et bona pars equitatus qui in tyranni ditione est, cum nostris j)a- ciscitur, Itaque creditur tyrannus ])r8eter manum provincialium, et eam parvam. nihil habiturum militum quibus arces suas tue- atur, quarum très tantùm habet munitas. Primam autem, et ipsius sedem, quœ germanicè nomen habet à httrsa lupi', exi- miè munitam. Dabunt nostri summam operam ut provinciales tyranni, quos ipse in extrema ferè deduxit, minimum affligan- tur. Unus metus nostris est, ne diu desidendum sit ad arces quas tyrannus forsan relinquet, et se aliquô dabit unde nostros incendiis et latrociniis vexare possit. An socii ejus eum apertè bello adjuturi sint, adhuc incertum est, nec multi cr(^dunt id eos facile factures. Nostri socii omnes bellum commune habent, praeter unum Virtenihergensem % qui temporis iniquitatem et periculum à fœdere adversario causatus, solus decrevit se non facere belli hujus particijjem. ut scilicet se gratum Lanfgirivio prsestet ". Vos igitur in ecclesiis vestris Dominum rogabitis ut populo suo adsit. Certum enim id est, quidquid inimicitiœ nos- ^ La " ligue sainte » fondée le 10 juin 1538 à Nuremberg, et jurée pour onze ans par les archevêques de Mayence et de Saizbourg et par les ducs Louis et Guillaume de Bavière, Georges de Saxe, Eric et Henri de Bruns- wick (V, 229, n. 11. — Banke, o. c, 1843, IV, 111). ® Albert de Brandebourg, archevêque de IVlayence. ^ Wolfenhûltel, l'une des caj)itales du duché de Brunswick. * Ulric, duc de AVurtemherg. ® C'est-à-dire, sans doute, i)our lui laisser l'honneur du commandement suprême. 1542 MARTIN BUCER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 77 tris cum hoc tyranno extitit, causa Evangolii oxtitisse. Nihil enim prorsùs negotii aliud ois cum illo fuit, iniô Lantgravio fuit conjunctissimus ot ab illo summis boneficiis adjutus. Et Jurant quoquo ambo princii)os (luàni sanct)ssimè. i)roi)tor famosos et blasphemos ejus libellos arma contra eum hoc quidem tomi)oro nequaquam sumi)turos fuisse. Et quod decrevorunt bdlum. una causa tuendi urbos socias suscopisso, cum oas nulla alia rationc servare contra vim tyranni potuerint '". Exercitus qui contra Tnrcos cogi debuit. ncc hodic crcditur totus convenisso, cum nostri milites tertium jam mensem in castris agant, et prope omnium evangelicorum. Muiti obedien- tium ne hodie quidem suos mittunt. Ferdinandns etiam nihil prope earum rerum prsestitit quas in se recepit : nec enim bom- bardas et quae ad eas necessaria ])arata liabet, nec suas co|)ias. Legofi Turci Viennam nuper vene7~nnt petentes. ut f^rtur. inducias trium annorum. Eas forsan nécessitas nostris extor- quebit, prEesertim cum desm- tantum bellum suscijjiat. Coi)io- sum enim exercitum in Italia habet, quem indies auget. Idem fit in Belgis. Deus respiciat nos. ne sic distractum nosti'um regnum prorsùs desoletur! Certè si unquam tem])us fuit, nunc est, ut veram supplicandi rationem Deo revocemus et quidquid in nostris plebibus aures habet audiendi. in severiorem obedien- tiam Christi adducamus. Nos hîc satagimus quidem, etiicimus autem adhuc non mul- tum. Instandum itaque precibus est, ut Dominus efficiat nos et sentire ejus plagas et vera cordium nostrorum contritione mise- ricordiam ipsius implorare. Dominus te servet et uxorem totam- que ecclesiam, et omnes fidèles tibi cooperarios. Salutant t(> Hedio, Sturmius et Sevemts^\ meaque uxor, et tuœ precatur ut uterum commode gerat et féliciter exoneret suo tempore. Arg(m- torati, Julii 25. anno 1542. M. BUCERLS. ( Insci-ijJtio :) Eximio servo Domini D. Joanni Calvino. pastori '" Les princes protostants affirniont la niénip chose dans leur réponse du 11 août à Ferdinand, qui venait de les exhorter à renoncer à cette guerre (Sleidan, n, 279, 280). " Gaspard Hédion, pasteur, Jean Sttinn, professeur et Gérard Sève- mis, professeur de grec (Voy. Strobel. Hist. du Gymnase prot. de Stras- bourg, p. 119). 78 JEAN CALVIN A GUILLAUME FAREL, A NEUCHATEL. 1342 ecclesiœ Genevatis, suo in Doiniiio colendo symmystae et fratri chai'issiino. (Communes Calvhfo, Farello et Myconio.) 1139 JEAN CALVIN à Guillaume Farel, à IVeuchatel. De Genève (^8 juillet 1542). Autogr. Bibl. Piibl. de Genève. Vol. n" 106. Calv. Opp. XI, 416. Ego verô meam negligenticmi ex animo accuso damnariqtie Ubenter patiar, ac vix petere veniam audeo : ita nihil est excu- sationis qnod prietexam. Qu5d tamen nihil j)er Corderium ' scripsimus, illnd partim in cansa fuit quôd putavimus illuin vivœ epistolcT. loco fore, partim quia liîc tune ^ nonnulli erant qui dicebant brevi se istuc ituros. Sed hoc habent vitii commu- niter. quôd jam ad iter comparati et accincti abire se denunciant, ac tune rogant num quid ad te velim. In hune modum Sebastia- nus ^ cum nuper istuc profectionem institueret, quain non ab- solvit : venit ad me sub noctem dixitque postridie summo mane se iturum. Ego autem née eo die scribere audebam, ne valetudini officeret, et non soleo tam mane surgere *, ut antevertere mea diligentia ejus celeritatem possem. Adde quôd habenda mihi erat eoncio. Sed istis sermonibus supersedeo, ne excusationem medi- tari videai', quam confessus sum nullam mihi esse. Nisi Viretus jam est in itinere, non ?dtra diu differet quin Bernam adeat. Sic autem inter nos convenerat, ut te in reditu potiùs inviseret, ne malevoli suo more instructum ahs te calum- ' Mathurin Cordier avait i)rofité des vacances d'été à Neuchâtel pour faire une visite à ses amis de Genève. '^ Édition de Brunswick, nunc. ^ Sébastien Châieillcm., principal du Collège de Genève (VI, 376, 377, 378, 4(X); VII, 5(;, 159, 359). * Le 24 octobre 1538, Calvin écrivait à Farel : « Non insomniis modo... divexor, sed enecor etiam pervigiliis, quibus nihil valetudini mese magis adversum habeo » (Voy. aussi t. VI, p. 231). lo42 JEAN CALVIN A GUILLAUME FAREL, A NEUCHATEL. 79 niarentnr, si quid odiosi afferret : quod nocesso ci-at. \'oluinius orgo te hae invidia sublovare, tôt aliis niodis |)liis satis gmvatiini. Hoc ideo dico, ut si consiliiuii nostnini inij)rol)abis, intelligas tanion ratioiio non carcrc. Qiue anto ejdis disccssuni liîc gossinuis, vel quae nobis contigcnint, oninia tibi mcliùs t'oràni voi-l;)is ox|)0- net : haec causa est cur i)netereain. Fratres quox niiper elegi- nms'-^ speronon ineptosfore : modo accesserit mediocris exerci- tatio. ïametsi qui est omnium doctissimus^ et md trihuimus inter illos primnm locnm, mhdme est popularis. Hab(^t enim confusam dicendi rationem, atque ut ordine ac distincte locjue- retur, sermo tanien ijjse obscurus est. Aliis tribus fœlidter ini- tia snceedunt'', tametsi nihil ad Viretum. Itaque qui protîcere cupiunt, siniul optant me sœpiùs solito concionari. Quod facere incepi facturusque sum, donec alii plus gratiiB sibi coneiliaverint. Proximo die dominico " Catiniaciim ® proficiscor ad Jacobum ordinandum '°. Imj)edioi' in commendatione, sicuti facile con- jicere potes, Verùm quod esse in ediiicationem pojjuli cogno- vero, id sequar. In lîbello meo'^ hoc miJd displicet, quod non factum est ut optaham et ante très annos statueram. Nempe ut aliqua abs te ^ C'étaient, d'après le Reg. des Conseils du 16 juillet : Philippe Ozias, surnommé de l'Église, natif « du diocèse de Fiezoz » [1. Vierzon, dans le Berri], Pierre Blanchef, du Lucz, même diocèse, Matthieu de Geneston et Louis Treppereau, natif de St-Vincent « de l'archevesché de ïhoraynne » [1. de l'évêché de Térouane, dans l'Artois]. Ces deux derniers furent élus en qualité de diacres. ^ Philipjje Ozias {Ecclesiasticus ou de Ecclesia). ' Voyez le N" 1141, renvoi de n. 1-2. * Le dimanche 30 juillet (note 10). ^ Satiymj, village paroissial à 2 1. 0. de Genève. — Édition de Bruns- wick : Satiniacum. ^^ Jacques Bernard (VII, 40, 42, 410, n. 15). Le lundi 24 juillet, le Con- seil de Genève décida que son installation à Satigny aurait lieu le dimanche suivant, et que M. Calvin s'y rendrait aussi. '* La Psychopannychia, qui fut imprimée à Strasbourg en 1542, pour la première fois (III, 245, V, lo2, n. 13). Cette édition princeps porte le titre suivant : <• VIVERE | apvd Christvm | non dormire animis sanctos, qui I in fuie Christi decedunt. \ Assertio. \ loannis Caluini. | Argentorati per Vuendelinum \ Bihelium. ^«wom.d.xlii, » 8 et 51 feuillets petit in-S" numérotés, caractères italiques (Voy. les Calvini Opéra. Bruns., t. V, Pro- legom., p. xxxvii). 80 JEAN CALVIN A GUILLAUME FAREL, A NEUCHATEL. 1542 prœfatio adderetur. Nec possum aliud dicere nisi quôd Sathan impedivit quomiiius hoc abs te extorquerem. Puduit enim abs te petere, ne quis aliam in ])artem acciperet. Sed ille pudor non fuit ex prudentia spiritus, quemadmodum nunc certè judicare possum. Quanquam aliud etiam ex obliquo intervenit. Promise- ram enim Michaeli '^ me, simul atque ex conventii Wormadensi rediissemus *^ exemplar '* missurum cum hoc commento. ut ipse in prsefatione diceres te e.jus editionem curasse, Abiit ille '^ Sic tota nostra ratio turbata fuit. Mirum tamen est nisi ille noster enconiiasfes "^ existimat mihi magis doh^re, quôd non illse tam amplse vel potiiis prodigœ laudes quas mihi tribuit, in prima pagina leguntur'". Neque enim tam prudentem, opinor, esse censés, ut non illi hoc in mentem venire queat. De iis quos per- stringit'^ prseterire satins est, ne ejus cupiditati obsequamur. Videmus enim quid captet. Ergo sit illud pro non dicto. Sîimmarium^^, ubi miseris, libenter percurram, non ut cen- sor, sed unus ex numéro lectorum : nisi quôd, si quas cautiones adhibere potero, ne sit liber obnoxius improborum calumniis, hac parte tibi serviam. Quantum ad meas in Genesim ohserva- tiones^" attinet, si Dominus longiorem vitam dabit et ocium, 12 L'imprimeur Michel du Bois. Il avait apporté à Calvin, à Strasbourg, la première lettre de rappel des magistrats genevois, datée du 13 octobre 1540 (VI, 333). '' C'est-à-dire, à la fin de janvier 1541 (Vil, 11). ^ " A la suite d^eœemplar, Calvin a écrit hue, puis istuc, et il a biffé ces deux mots. 1^ Allusion à la déconfiture de Michel du Bois, qui le contraignit à quitter Genève dans le courant de l'année 1541 ("STI, 252, n. 3-4). 1® Personnage inconnu. Peut-être Antoine Pignet (V, 134, n. 19) ou l'un des professeurs de Strasbourg. " Sur le titre même de la troisième édition latine de V Institution (Ar- gentorati, m, Martio, 1543), Jean Sturm fait un très grand éloge de cet ouvrage. Nous ne savons s'il en fut blâmé par Calvin. 1* La préface composée par « le louangeur » n'existant plus, on ignore à qui se rapportent les mots : De iis quos perstringit, etc. 1® Le manuscrit préparé pour une nouvelle édition du « Summaire et briefue déclaration daucuns lietix fort nécessaires a vng chascun Chres- tien, » — ouvrage que Farel avait fait paraître à Neuchâtel en décembre 1534. Il a été réédité en 1867 par J.-G. Baum. ^^ Allusion aux leçons publiques dans lesquelles Calvin interprétait ce livre de l'Écriture sainte. i5'i2 JKAN CALVIN A GL'ILLALME FAREL, A NEUCHATEL. 81 fortassis ad ciim laboreiu maiiiiiii adjiciam -'. Sin minus, non habeo niagnani sponi in anditoribus ^-. Hoc miJii pneciimum caput est curarnm, ut secido meo serviam nre (VI, 27.5, n. 15) soit venu à Genève dans ce temps-là. 88 PIERRE VIRET A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1542 cum Holardo \ qui meêie i)rofectioni cornes adjunctus est à fra- tribus, solvam hinc, si ita Doinino visum est, Bernmn comessu- rus: cujiis comitatus, praîter alias rationes, justus milii praetextus erit nostri Neocomo transitus. Nam cum jurejurando, ab hinc aniios decein aut undeciiii, finilms Frïburgensis difionis exula- rit ^ née tutus illi illhac transitus pateat, cogimur, etiam si nulla intercédât causa alia, Neocomo iter facere, aut alias quasrere vise ambages. Nihil aliud addam, nisi ut amicos saintes diligenter et, si qua ratione fieri potest, per hune tabellarium ad me miffas formam disciplmai ecclesiasticœ quam isthic instituimus'^. Hîc nohis coi/ai/tihusmuJfa adrersahimtur,pmicajuvabunt'* : anden- *"' Jean Holard, natif d'Orbe, ancien chanoine et doyen de la collégiale de St-Nicolas à Frihoiirg, avait été banni de cette ville et du territoire fribourgeois, vers la fin de l'année 1530, à cause de ses opinions religieuses. Le 19 avril 1531, MM. de Berne le firent présenter, en qualité de pasteur, à la paroisse de Moûtier-Grandval. Dès lors il prêcha l'Évangile à la Neu- veville, à Orbe, à Bex, à Corcelles-sur-Chavornay, et de nouveau à Bex (Voy. t. III, p. 11, 12; IV, 451, 452. — Pierrefleur, 15, 57, 121.— Ruchat, m, 37, 572). Dans l'un de ses voyages à Berne, vers 1534, Jean Holard avait signalé au professeur Bhellicamis les monuments de la ville à'' Orbe, « prseter alia antiqua rudera et numismata, turrim mirœ vetustatis » — renseignement que celui-ci n'eut garde d'omettre dans ses Annotationes sur les Commen- taires de Jules César (Basile», 1543). Il en est résulté, pour le « prédi- cant » d'Orbe, l'honneur très inattendu de voir figurer son nom, à côté des noms d'^gidius Tschudi, d'Alciat, de Rhenanus, de Budé et de cin- quante-deux autres savants, dans la Nomenclature des « auteurs » cités par Rhellicanus. * L'influence de Calvin et de Viret ayant été grande dans la commission genevoise qui prépara, de septembre à nov. 1541, les Ordonnances ecclé- siastiques (VII, 350, 351. — Cornélius. Die Griindung der Calvinischen Kirchenverfassung in Genf). Vii'et pouvait dire à Calvin, sans vanterie : formam disciplinée quam isthic instituimus. * Il convient de reproduire ici le paragraphe suivant du Manuel de Lausanne du 2 avril 1542 : « Fuerunt producti et lecti certi Articuli, in numéro undecim, emanati a Dominis Verbi Ciiristi Ministris in Viviaco, die 27* mensis Martii... Super quibus fuit... arrestatum, ipsos taies quales Articules respective observari debere quantum J)ossibile erit, et etiam illis respective obviare. Nec non etiam... arrestatum, quod abhinc quicunque insolentias faciet contravenientes bonis moribus et certis statutis hacte- nus... per... Dominos nostros Bernenses factis et jam aliàs publicatis, — taies contravenientes, post certas remonstrationes ipsis factas, debeant absentare cillam Lausannœ, juxta casus per ipsos perpetrati exigentiam, 1542 CLAUDE DE SACHINS A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 89 diini tamen erit aliquid, et bona sjies est Doniinum t'ortunatiu'iim nostros conatus, Nihildum aggrossus aut conatus suni, sed Ikrna reversîis constitui seriô ac sedulà his ecclesùi' ruinis manuni ad- molù'i. Puto te andivisse qiiid sparsum sit riimoris de ministro- rum Bernatkmi emissione ^ Id eiiim logatis vestris Basiliva rcdeuntibus ^ indicavi, à (quorum disccssu nihil ha])oo coinpo rtius quod ad te sei'il)am. Pra'sens meliùs oniiiia iutelligam. Saluta uxorem lueo iioiiiine, fratrem ' (>t doinesticos omnes et tuos col- legas. Vale. LausaiiiicB, 8. Augu. 1542. TUUS P. ViRETUS. (Inscriptio :) Suo quàm cliaiiss. fratri et symmysta3 Joanni Calvino. Genevœ. 1445 CLAUDE DE SACHiNS ^ à Jean Calvin, à Genève. (D'Asnières, en Bresse ^) 12 août 1542. Autogr. Bibl. Publ. de Genève. Vol. n" 112. Calv. Opp. XI, 425. Si magnam aliquando ex ullis amicoriim literis, ex tuis vel maxiniain cippi volii])tateni : noqiie quantum ego existimo id abs re, ut i)ote per quas fœlicibus, ut spero, auspiciis me niJrjl taie et hoc ad tempus et beiiivolentiam... Doiuiiii Burgi Magistri et Doniino- rum Consiilum Villae Laiisannse. » ^ Ce qui s'était passé à Berne, du 31 juillet au vendredi 4 août, donnait lieu de croire que plusieurs ministres bernois allaient être congédiés (X" 1147, n. 3, p. 96, et la tin de la n. 13, p. 100). " Les députés genevois Claude Fertemps et Pierre Tissot ayant appris, à Bâle, (jue les ]5crnois n'acceptaient pas les propositions de Genève (\T^I, 453, u. 7-9), ils étaient revenus sur leurs jtas. Viret les avait vus à leur passage par ivausanne. ' Antoine Calvin. '■'•^"* On a de ce personnage cinq lettres, adressées à Calvin. La seer nde est datée : Hx villa nostra Aneriann, 7 novembris 1545. La quatrième : Ex domo nostra Aner., 9 Oct. 1550. Il y parle des deux prisonniers dont, le 24 septembre, il lui annonçait l'arrestation, et qu'il va recommander au 90 CLAUDE DE SACHINS A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1542 nnerltnm ad amicitiam tum Immaniter invitas^, ad quam sane tyiejam olim ardentissimis vofis aspitr(gse testes mihi sioit quàm j)h(rmii : idquo cum eruditionis multijugîP noinine, quani in te, ut par est, unicè sum semper exosculatiis, tum verô multô magis, quôd gloriam Dei, atquo ijjsum adeô C'hristi iiogocium, syncerè ac diligontor promovere to intelligam. Faxit Dominus Deus ut quod fœlicitor in te cœpit fœlicissimo exitu coronet ! Quod autein, charissinie frater, piorum honiinum sermoni nonnihil deferens, de me prseclariùs sentis, ingenteis per Cliristum tibi gratias ago : non quôd iis laudibus quilnis me oneras miram in modum délec- ter, ut qui me iis ferendis imparem plané agnoscam, sed quôd ea denium occasione Christianum tui animi candorem habeam per- spectum, qui ex aegregiis suis dotil)us aliorum metiatur virtutes. Adde quôd baec haud as])ernanda quidem mihi videtur adhor- tandi ratio, quam sanè perinde ac commode nobis adjectum sti- mulum lubenti aniino amplectimur. Quàm verô aiperem (si ita Domino videretur) sacris istis interesse C07iventihis, in quihus second président de Chambéri/. Dans la cinquième, écrite « Ex Aneria nostra, nonis maii 1554, » il dit : « Pirater meus... et I). Te.vfnr, qui hîc apud nos est, te salutant. » Tout annonce que l'écrivain habite un pays voisin de Genève et de la Savoie ; mais il s'agit de déterminer exactement le lieu. La France ne compte pas moins de seize localités du nom d^Anières (ou Asnières). La plus rapprochée de Chambéry est située dans la Bresse, et sur le chemin que Textor avait dû suivre, à la fin de juillet 1542, pour se rendre de Genève à Mncon (X° 1140). Ce point étant acquis, il suffisait de consulter Guichcnon (Hist. de Bresse et de Bugey. Lyon, 1650, Par- tie ni, p. 339-40) et Edm. Révérend du Mesnil (Armoriai hist. de Bresse. Lyon, 1872, p. 598), pour savoir que Claude de Sachins, seigneur d'Anières, et son frère Fratiçois, seigneur d'Anières, du Saugey et de Chamergy, étaient les derniers représentants de l'une des plus anciennes familles che- valeresques de la Bresse, connue primitivement sous le nom de Sejjf chiens (de septem canibus). Un Claude de Sachins, seigneur de la Mylatière et parent éloigné des deux personnages précédents, exerçait les fonctions de bailli à Po}tt-de-Vaux, ville natale de Textor. A la Révocation, la famille de Loriol possédait « le château d^Asnières, à moitié chemin de Bourg à Mâcon. C'est la plus belle résidence seigneu- riale (lu moyen-âge qui ait été conservée en Bresse » (Edmond Chévrier. Notice hist. sur le Protestantisme dans le département de l'Ain. Paris, 1883, p. 110. — Haag. France ]irot. VII, 128). Ce fut, sans doute, Benoit Textor qui, partant pour la Bresse, engagea Calvin à écrire au seigneur d'Anières (Voy. les n. 6, 7, et le N" 1140, n. 2). lo42 CLAUDE DE SACHINS A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 91 crehri de rehus divinis serib miscniinr sermones, Ininiaïut con- quiesciod somriid, nhi clniriias n'muhdioms nescia mirificè suas exerit vives, nhi denique no}i fedus ac lacei'us, sed uperius atque intege)' prodii C]irisfHs ' .' Poîior certrfe dios una in ati-iis Doiiiini quàiii mille aiuii vcl in ipsis impiorum palatiis. 0 utinam me posso frui dent uumiiia taiitis Divitiis, quas ampla ppqiiat non co])ia ronfinii ! Sed forte sese aliciuando ntï'civt tcmpus illiul. (luo iiiilii. otsi nune arctiiis irrotito '. olim tainon libero, licebit evolare. Inté- rim quoad spiritus hos rogot artus, pro virili dabimns operam, nt oa necessitudo. qua' Cliristo auspice inter nos fœlicitor est inita, majus in dies accipiat incromentum. Cœterùm qiiod ad eimi attinet, quemnobis (({\\2è tua est humanitas) diligenti cura mi- nistmm exquisiisti •"', quàm maximas possumus ex animo gratias •• Ce passage prouve que les éditeurs des Caîr/iii Opéra se sont trompés en affirmant (t. XY, p. 133, n. 3) que Claude de Sachms résidait dans le bailliage de Thonon, à Aniere, ])rès de VeUji. — Le liameau iVAnière est situé sur la rive gauche du lac Léman et à deux lieues de Genève. U ap- partenait depuis 1530 au territoire bernois, et faisait partie de la paroisse réformée d'Hermance, dont le pasteur, en 1542, était Antoine Bnhier (IN", 364; YI, 275, 404. — Yoy. aussi Fr. Mugnier. L"Hôpital d'Hermance, 1542-1733. Thonon (188G) p. 14). Si Claude de Sachins avait habité le susdit hameau, il aurait eu toute facilité de faire la connaissance person- nelle de CalciiK et n'aurait ])as été réduit à soupirer après un culte évan- gélique. * Il exerçait probablement des fonctions publiques, ainsi que son liomo- nyme, le sieur de la ]MyIatière. " La suite du discours et. en particulier, cette phrase : <- Det Dominus ut is nobis sit tam commodus, quàm nox ei vicissim apti simus, » — sem- bleraient annoncer que le seigneur d'Anières avait fait prier Calvin de choisir pour sa maison, non jias un serviteur quel(on(jue, mais un viinistre de V Evangile. Notre interprétation peut paraître téméraire; mais nous la croyons en partie autorisée par certains traits de l'histoire de la Bresse. De bonne heure, cette province s'était ressentie du voisinage de Genève et de Lyon. Nous avons vu en Suisse, dès 1531, des Évangéliques bressans : Pierre Masuijer, Claude Bigothier, Angelin Chasnal (II, 375, 424, 425, 489; W\. 287). Alexandre r««M.ç ])rêchait dans la Bresse on 1533 (III, 162). Le duc de Savoie tenta vainement de s'opposer par la force à l'invasion des nouvelles doctrines, et il fut mal secondé par le jiajie l'aul III, qui supprima l'évéché de Bourg (4 janvier 1535). Yers cette époque, on comj)- tait à Bourg trente-cinq bourgeois suspects d'hérésie (Chévrier, o. c. ]). 14- 17). En 1536, François I s'eni])arait de la Bresse, et pendant plusieurs 92 CLAUDE DE SACHINS A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1S42 habemus. Qui hasce perfert " multis noininibus lioiuiiicin nobis commcndavit, idque quantum intelligo non ex auditu, ut quem prsedicet se propiùs habero perspectuni : itaque huic rem totam commisimus. Det Dominus ut is nohis sit tam commodus, quàm nos ei vicissim apti simus! Nihil superest, frater in Domino amantissimo, nisi Christum Dominum ex animo oremus, ut sacris sui spiritus dotibus ministerium tuum magis ac magis in dies illustraro pergat, in quo te cui)io valere. Salutaf te unicè frater- meus ^ Tu verô cura ut nos precibus tuis Domino jugiter com- mendemur. Domi 12. Aug. 1542. Tuus in Christo Clau. De Sachins K (Inscriptio :) D. Joanni Calvino fratri et amico singulari 10 années il ne s'occupa de ce pays que pour l'accabler d'impôts. On i)eut même dire qu'en 1538 il y introduisit un ardent ennemi du catholicisme, en garantissant au comte Guillaume de Furstemberg les revenus des sei- gneuries de Bagé et de Pont-de-Veyle, situées près de Mâcon (VI, 239, n. 34). Les prêtres et moines du chef-lieu prirent-ils au moins la défense de leur religion menacée ? — Un historien catholique de la Bresse va nous ré- pondre : « Le clergé de ce temps — il faut bien le dire, puisque les registres nous le répètent fréquemment — étranger à l'inspiration de la charité chrétienne, aux devoirs de sa sainte mission, vit à part, dans un triste égoïsme, uniquement préoccupé d'intérêts matériels : de prélever la dîme, de s'affranchir de toute contribution, de toute participation à la vie com- mune... Qu'il touche ses prébendes, ses droits paroissiaux, peu lui importe le reste : les choses d'ici-bas ne le concernent point. Si la parole de Dieu est annoncée au peuple, c'est à l'instigation active et persévérante des syn- dics et du Conseil de la ville, sans cesse obligés de lui rappeler son devoir » (Jules Baux. Mémoires hist. de la ville de Bourg. Extraits des registres municipaux de 1536 à 1789. Bourg-en-Bresse, 1868-70, 3 vol., t. I, p. 230. Voyez aussi les pp. 31, 60, 74, 101, 153, 210, 211, 233, 234, 354. — A,- C. N. De Lateyssonnière. Recherches hist. sur le département de l'Ain. Bourg, 1838-44, 5 vol., t. IV, p. 414; V, 142, 143, 180, 293). Dans ces conjonctures, l'établissement d'un pasteur au château d'Anières n'aurait pas éveillé la défiance d'un clergé en majeure partie corrompu et endormi, pas plus que ne l'avait provoquée, en 1539, le séjour d'un « pré- dicant » à Pont-d'Ain, au centre de la Bresse (Voy. Th. Dufour. Notice bibliogr., p. 189). ^ D'ajjrès ce que nous savons du voyage de Textor à Mâcon, à la fin de juillet (N" 1140), il est naturel de croire que c'est lui qui est désigné par ces mots : (^ui Imsce [literus] perfert, etc. Il devait, en effet, repasser par Anières pour retourner en Suisse. C'est bien lui (et non un vulgaire mes- 1542 CONRAD PELLICAN A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 93 1446' CONRAD PELLICAN ^ à Jean Calvin, à Genève. De Zurich. 15 août 1542. Autogr. Bibl. Pii])l. de Genève. Vol. ii" 110. Calv. Oi)i). XI, 426. Salutem in Domino salvatorc ! Niliil optabilins aiuliendnni no- bis, amiciss. frater, quàni si cuni ecclosia sancta Dei cni servis, sanctè valeas et ad Dei gloriam prolicias, inque sahiteni anima- rum cum i)ace et coustantia sancta. Nos nostro more Domino adjuti persistimus, corpore imbecilles, qnantîim ad me attinet et Theodorum nostrmn^, sed et Leone nostro amisso natnrœque concesso et vita^ feliciori \ Qnin et aliquando BuJUrigerus del)i- sager) qui aurait été compétent pour recommander le jiasteur choisi par Calvin; et c'est encore de Textor, son ami, que l'écrivain aurait pu dire : huic rem totain coinmi.'iitnus. * François de Sachins. ® Ce nom est jjarfois abrégé sous la forme suivante : Cl. D. Sach. Il a été altéré en tète de deux pièces, l'une de dix, l'autre de quinze vers latins, composés en l'honneur du principal ouvrage de Texior, intitulé : « De la Pestilence. Lyon, Jean de Tournes et Guil. Gazeau, M.D.LI, » petit in-8". Ces vers ont pour titre : CL. de Sachivs in ïractatum D. Textoris de Pestilentia. " Les nouveaux éditeurs de Calvin ajoutent : « Sachins, ■> comme si ce mot faisait partie de. la suscription. C'est tout simplement une note écrite plus tard par l'un des personnages (jui ont étiqueté la correspondance de Calvin. ' Voyez, sur Conrad Pelîican, professeur d'hébreu à Zurich, les Indices des tomes III- VII. ^'^ BuUinger écrivait à Vadian, le 23 juin : « Léo noster... xix hujus mensis, paulô post primam pomeridianam, féliciter migravit ad Dominum, magno omnium bonorum mœrore. Amisit enim ecclesia nostra in?pstima- bilem in hoc homine tliesaurum. (ertè bona pars vitie mefe decessit in morte adaniantissimi Fratris... Decumbit et doctiss. et piissimus vir I). Theodorus Bibliander ac contiictatur graviter cum tertiana. Dmiiinus illum uobis restituât nec dolorem dolori adjiciat! » (Minute orig. Arch. de Zurich. — Ilottinger, o. c. III, 751.) 94 CONRAD PELLICAN A JEAN CALVIN, A GENÈVE. lo42 lem se experitur. Omiics tamcn in tide et cliaritate tirmiores, gratia Dei. Mittimus autem pariter clmritati tuai Jmnc eximise eruditionis etpietatis virwn oh Evangelium ex Italia reimlsum ^ ut indicabit. Qui cum nobiscum consistere utiliter ecclesiîe ne- queat, ad te pervenire cui»iens, à nobis tïbi Amice comme ndatur, si quo modo, ut liugua Pedemontanus, goiti vestrœ vicinior, in EvangeVw nunciando proficere possit, vel eciam consistere cum suis ' : de quibus referet non necessariô ^ liîc scrilienda. Videtur prorsîis nobis vir sanctus et idoneus Evangelio i)lantando pu- bliée et privatim. Qua eciam ratione Italia pulsus vel ex Tuscise Luca ■' ab antichristo. plurimos reliquit Christo fidèles testes. Speramus in vestra quoque lingua pihirima ptosse^. Habet comités duos non ])1'0inùs ejusdem lingu^e ^ quos intérim uti poterimus retinel)imus. Hune verô magnopere omnium nostriîm nomine tibi commendamus et ecclesiœ vestr^e : quam cuijimus ex animo proficere in pietate et pace. Yale, Amantissime frater, omnium nostrûm nomine in Christo fœliciter. Tiguri, 15. Augusti 1542. CoNRADUs Pellicanls tuus in Domino, cum fratribus reliquis, Bullingero, Theodoro, Megandro, quibus ])er occupationes non licuit scribere bac vice. (Inscriptio:) Piissimo Tlieologo Jobanni Calvino, Ecclesiae Genevensis pastori fidelissimo, in Christo Amicissimo fratri suo. * Celio Secundo Curione (X" 1155, note 1). ® C'est-à-dire, sa femme et ses enfants, qu'il avait laissés en Italie, pen- dant qu'il venait en Suisse pour y chercher une place de professeur. ^ Dans l'édition de Brunswick, nuncio, qui ne s'explique pas. ' Curione était encore au mois de juin à Lucques, d'où il adressait à Fulvio Peregrino Morato son Epistola de pueris pie christiauequeeducan- dis, datée : « Luc*, M. D. XLII quarto idus lunii. » L'auteur la publia en 1544 à la suite de son Aranceus, et une seconde fois en 1549, avec le Ca- téchisme intitulé : « Cselii Secundi Curionis Christianae Religionis Institu- tio, et brevis et dilucida... » (Basilese), 99 pp. petit in-8" (Communication obligeante de M. Charles du Mont, bibliothécaire à Lausanne). * Nous ne connaissons rien de Curione qui soit écrit en français. Mais nous supposons que s'il avait possédé seulement l'italien et le latin, MM. de Berne ne lui auraient pas confié des fonctions au Collège de Lausanne (Voy. le X" 1159, n. 6). ® C'étaient peut-être ce Turca et ce Georgius mentionnés dans la lettre de Curione du 7 septembre suivant, et qui furent envoyés à Bâle par les Zuricois. 1542 LES CONSEILS DE BERNE AUX PASTELRS DU PAYS ROMAND. 95 1U7 / LES CONSEILS DE BERXE aiix Pasteurs du Pays Romande De Berne. 15 août 154:2. Inédite. Copie contciiipoi'. IMbl. des pasteurs de Xeuchâtel. Nous L"Advoyek, Conseil et Bourgeois de Berne faisons sçavoir par ces présentes : Comme ainsi soit que dijférendz soyent esmeuz entre les Jionnorahles docteurs, noz très chiers et féaulx prédi- cants et ministres de TÉvangile, Pierre Cantzen, Béat Gering^ Symon Sultzer et Cnnradt Schmid, d'une, et Érasme Rytter leur confrère, d'aultre j^urtye, tousclunit leur doctrine et jn-édication, singulièrement en l'article de la Cène de Nostre Seigneur Jésus- Christ - : Lesquels, pour avancement et entretènemeut de ])aix et union entre eulx principallement et nous, aussi noz commu- naultés, iceulx avons évocqués devant nous et ouys, et entenduz leurs proposites, responses et ré])licques ^ Et, sur ce, les [avons] 1 J.-J. Hottinger (Helvet. Kirchengeschichte, IV, Addenda, p. 191-102) donne « ex Archive Ecfl-esi« Bernensis » un résumé du texte allemand de cette pièce, qu'il date du 15 août. La reproduction intégrale du texte fran- çais sera encore plus utile pour l'intelligence des lettres de Calvin et de Viret écrites aux mois d'août et de septembre. L;i copie contemporaine sur laquelle nous l'avons relevé est très incorrecte. Nous en signalerons, seule- ment les fautes principales. ^ La cause de ces « différends » est déjà indiquée dans le X" 11?>1, note 2 (Voy. aussi le t. VI, p- 79-81). Érasme Bitter se plaignait spécialement de ce que Pierre Kvmtz (en latin Concenus ou Conzenus), Simon Sultzer, etc., préoccupés de maintenir le traité de Concorde avec les Luthériens, em- ployaient dans leurs sermons des expressions qui n'étaient pas conformes aux dix Thèses approuvées dans la I)isi)Ute de Berne (Voy. Ruchat, V, 204, 205, 224. — Fiislin. Epistolse Reformatorum, 1742, p. 21.5-220. — Hun- deshagen. Die Conflikte, etc., p. 157-165). * Selon J.-J. Hottinger, 1. c. et la Collection Simler, l(>s ministres de la ville de Berne comparurent devant les magistrats le 15 août ; selon Ruchat, V, 205, le22. Hundesliagen, p. 105, IGfi, indique le .81 juillet et le 22 août. Ce dernier historien ne donnant (jne peu de détails sur les journées qui précipitèrent la crise ecclésiastique, nous tenons à préciser les faits et les dates. 96 LES CONSEILS DE BERNE AUX PASTEURS DU PAYS ROMAND. 1542 aniyablcmont ai)pointés. unyz et accordoz, et lour [avons] pres- cript finale résolution et forme, laquelle doibvent observer, comme en la fin des présentes est escript. Premièrement, estre les dits Concène et ses consors tombés eïi quelque suspition d'avoir presclw, touschant la Cène de Nostre Seigneur, non conformément et contraire et nostre Disjnitation *, ont iceulx, — sur nostre demande et interrogation sMlz vou- loyent cy-après tenir et observer nostre dite Disputation, et, touschant la Cène de Nostre Seigneur, selon le contenu d'icelle conformément prescher? — premièrement une response et une Déjà le 31 juillet, le Petit Conseil, alarmé du trouble qui régnait dans l'Église, fit citer devant lui les cinq pasteurs de la ville. Il censura iro- niquement leur désaccord sur la doctrine de la sainte Cène, et déclara qu'il ne tolérerait, à l'avenir, aucune autre doctrine que celle qui était formulée dans les dix Thèses de la Dispute de religion. Les chefs des deux partis théologiques répondirent, le même jour, aux censures du Petit Conseil, et, le lendemain, devant le Conseil des Bourgeois, ils exposèrent librement leur opinion et même leurs griefs réciproques. Dans ces deux séances, Erasme Bitter s'exprima avec la netteté et la vigueur d'un champion sûr de la victoire ; Pierre Kiintz, avec une véhémence pleine d'amertume et de fierté, car il ne dissimula point qu'il donnerait sa démission, si MM. de Berne n'étaient pas contents de lui. L'arrêté pris par les deux Conseils, à la fin de la séance du 1" août, fut tel qu'on pouvait le prévoir, après la déclaration faite aux ministres le 31 juillet. Il renfermait ce considérant : « Luther n'est pas resté fidèle à la Concorde, » — et cette sanction : « Tout pasteur qui n'enseignera pas suivant les dix Thèses de la Dispute et l'édit de Béformation, sera con- gédié. » Bitter se dit très satisfait. Kuntz, Gering et Sultzer protestèrent contre les entraves qu'on leur imposait. Ils ne voulaient pas, disaient-ils, les laisser imposer aux églises, ni laisser restreindre la liberté de prédication garantie aux pasteurs par le décret du 5 mai 1540. Mais ils oubliaient qu'elle était conditionnelle, c'est-à-dire, que le décret susdit leur interdisait déjà de s'écarter de la doctrine admise dans la Dispute de Berne (Voy. notre t. M, p. 424, note 5). Les magistrats essayèrent de les rassurer en leur disant, qu'on n'enten- dait nullement les « écarter » de la Parole de Dieu et les réduire à ne prêclier que les dix Thèses; on leur demandait seulement de ne ])as conti- nuer à critiquer celles-ci, qui avaient été établies par la Parole de Dieu ; de ne pas chercher à les interpréter autrement par l'Écriture ; de s'abstenir d'emi)loyer des mots étrangers et [de ceux] de la doctrine de Luther. » Enfin, on leur demanda, ))0ur le lendemain, une « réi)onse écrite et satisfaisante. » * Voyez, sur la Dispute de religion qui eut lieu à Berne en janvier 1528, et sur les dix Thèses qui y furent discutées et adoptées, le t. II, p. 54-60. 1542 LES CONSEILS DE BERNE AUX PASTEURS DU PAYS ROMAND. 97 confession touschant la Cène de Nostre Seigneur produidz par escript, la tenetir desquelles s'ensuyt'' : « De Scriptura sacra quse Vêtus nonimiKiiiam Tostaiiiciitum vocatur, ita scntimus : David Ycrbum Doiiiini solum esse lumen certamque viam pronuntiat (jua ad omnis |1. oniiicinj roj^uitio- nem perveniatur. Id i])suni verè Verbum in sacra l)iblicaque Scrij)tura invenitur, qua oninis huuiana atque adeô aiigclica doctrina dignosci ac judicari débet. Ad eam ipsam Christus quo- que tantùm hortatur, banc de se testari affirmans. Esayas item propheta monet ut qui lumino indiget, Lcgem testimoniaque respiciat. Quocirca et contitcnuir et ])rofitoniur, unà cum omni- bus ecclesiis Dci Christi Domini nostri tidelibus, sacram bibli- camque Scrii)turani solaui summam certissimamque voritatem existere, ut cui omnis rcliqua doctrina omniaque scripta sul)jici debeant, ut ipsa habeatur régula ad (juam omnis voritas prol)etur et agnoscatur, quemadmodum eadem prima? apostolicœ Ecclesiœ in usu fuit pridem et esse hodie débet. Ea propter nos ipsos offe- rimus, (}uemadmodum ministerium nostrum conscientiaque co- ram Domino dictât, docturos omnia et concionaturos quae ejus Scripturae sacrée autlioritate per nos ])ossunt probari, juxta pri- mum illud excussumque typis mandatum ". — Deinde quod Chris- tianam et laude dignam Disputatiouem [et] Confessionem Ba- sïlese compositam ' attinet, oflferimus nos utramque conservatu- ros, contra nil nec docturos nec locuturos, iisque * pro necessitat(> oportunitateque concionum usuros, ])aci concordiaeque studium * La Méponse de Sultzer et de ses trois collègues fut présentée et lue par Pierre Kuntz, le 2 août, et leur Confession de foi sur la sainte Cène, le 3 août, devant le Conseil des Bourgeois (Notes 10 et 13). ® Allusion à l'édit dû Grand et du Petit Conseil de Berne daté du 15 juin 1523, et qui était conçu en ces termes : « Ordonné... que tous les pré- dicateurs prêchent publiquement et sans dissimulation le saint Evangile et la doctrine de Dieu, n'avançant que ce qu'ils peuvent établir par la vé- ritable et sainte Écriture... » (Trad. de l'ail.) ^ Ce n'était pas « la première Confession de Baie, -> composée par Œcolampade en 1530, mais « la seconde, » qui fut l'œuvre commune de BuUinger, Myconius, Simon Grynseus, Léon Jude et Gaspard Megander. Elle avait été préparée en vue de la Concorde avec Luther, et elle fut signée à Bâle, le 3 février 1536, par les députés des églises réformées de la Suisse et de la ville de Strasbourg (Voy. Ruchat, UI, 310, 311 ; IV, 58- 60. Il en donne la traduction, t. IV, pp. 61-76). * Dans la copie neuchâteloise, idque. T. VIII. 7 98 LES CONSEILS DE BERNE AUX PASTEURS DU PAYS ROMAND. 1542 omiie impensuros ad aedificationem ecclosise Christi, modo ne qiiis poculiaribus formis verbisque arctiùs ^ nos instituât ads- tringcre '°. Confessio et Dodrina de Cœna Dominica. Quô semol et in onine deinceps tempus eam à nobis susi)i- cionem amoliamur qua forte insimulamur, perinde ac quisqnam ex nobis eum errovem foveat, uti vel sentire vel docere instituât, quasi cum pane aut Cœnœ dominiez symbolo naturalo ossen- tiale(iue Christi corpus è cœlo detrahi vel aliquatenus trans- mutari includive, aut ulla ratione hoc ceu naturale corpus honiinis manducari atque pcrcipi debeat, — id quod verba Christi « Accipite et comedite, hoc est corpus meum » foris juxta literam prse se ferre videntur, — verùm, ut nullum ea opinione christianura verumque doctorem teneri intelligatur, sic rursum asserentes accipimus quod jam inde à principio et verè semper tirmiterque, sicut semper fecimus et docuimus, ho- dieque et eam sententiam tenemus et deinceps etiam, Domino aspirante, conservabimus ac tuebimur : Christum scilicet natu- rali humanoque corpore cœlos ascendisse, ubi et pro naturalis hominis conditione, corpore formaque naturali ad dextram Dei usque ad extremi diem judicii permanet. Unde et sciendum et sentiendum : cum jubet accipere et comedere panem, quare ^ Ibidem : aclinis ou actiuis. *** Aj^rès la lecture de cette Réponse, le 2 août, MM. de Berae assurèrent encore à ses auteurs, qu'ils ne voulaient pas leur « interdire » la Parole de Dieu, ni endurer des reproches à ce sujet ; on leur demandait seulement d'éviter tout ce qui pouvait faire soupçonner qu'ils ne prêchaient pas con- formément aux dix Thèses. « Mes Seigneurs (fut-il ajouté) reconnaissent que la Confession [de Bâle] est fondée sur la Parole divine, et ils veulent bien que cette Confession subsiste, et que les pasteurs l'emploient, ainsi que les Saintes Écritures, en toute occasion où ce sera nécessaire. Mes Seigneurs n'ignorent pas que beaucoup de choses, en dehors des dix Thèses, deman- dent à être confirmées par l'Écriture Sainte. Mais ils veulent que les dix Thèses elles-mêmes restent hors de cause » (Trad. de l'allemand). La susdite ordonnance fut communiquée oralement, \)',\v l'Avoyer, à Pierre Kuntz et à ses trois collègues. Elle les rassura (Voy. le N" 11G2). Le 3 août, Pierre Kuntz, accompagné de ses trois collègues, comparut de nouveau devant les Conseils. Il revint sur la réponse faite aux ministres, le !"■ du mois; il exprima leurs ])laintes et il prononça un long discours sur l'autorité de l'Ecriture Sainte. Puis il présenta i)ar écrit la liépnuse 1542 LES CONSEILS I)K RERNE AUX PASTEURS DU PAYS ROMAND. 1)9 corpus ij)sius inanducaiiuis et calicis potii saiigiiiiKMii hibiinus ipsius, iicininoin liîc opinari do])ei'e (^luVl isthic lioiiiiiiis iiatiii-alis terreiii(iiie carneiu iiaturali terrenoqup modo prR'sciitciu habeat, maiîducet, porcipiat. Absit vorù " id qiiiii seiitiatur, in vcrbis Doiniiii (( Hoc est corpus meum » subesse iiiaximè tropmn, hoc est, figuratuiii sermonein, qiio haiic inaiidiicationeiu Christus Domiiuis in aliam quandam s])iritiialoni iiitoriianique fidoi iiian- ducationoni intendat, qua Dominus fidelcm aniinani cibat, satiat, rcj)iet, inqiie vitam conservât œternani. Atque (Hini esse genui- niim si)iritualenique verborum Domini sensuni, ex certa pers])i- ciiaque Domini interpretatione constat. Jolian. (i", Ca])ernaitis loquens ait, cuni '^ de suîts manducatione carnis loquitur, sinri- tum ritamque esse verha sua, hoc est, non de corporali carna- lique, sed de spirituali manducatione intelligenda esse, soli animae per tidem in ipsum i)rehensi)>ili. Verba itaque Domini si spiritus sunt, nec corporale utique nec carnale, prœstô est quicquam [1. cuiquam]. Adjicit autem hîc : et vita, hoc est, verba ejus non tantùm spiritus sed etiam vita sunt. Unde constat, hîc non solùm ore corporali externum tantùm panem manducari, sed animam etiam sua fide vitam manducare : id quod Christus ipse testatur. Atque ea vita Christus est, Do- minus solus verus Deus et homo; atque ita in Christo vivit anima et ipse in illa, ut suis verbis adfirmat. Adjicit autem sig- niticanter vocem vitam, ne quis opinetur panem tantùm vinum- que ore externo percipi, sed multô magis animam vera vita pasci. Atque hic sensus sic certus est, ut hîc primùm Dominum sacramque Scripturam admittamus judicem, deinde et Disputa- tionis exjjlicatioiiem unà cum ecclesim'um christiauarum in Hel- vetiis Confessione, Basihie composita. » Desquelles response adjoincte et confession, nous, les susdits Advoyer, Conseil et Bourg(>ois, nous contentons '\ Et est sur ce lue la veille et donna ensuite lecture de la Confession rédigée par eux, et qui est intitulée : Confessio et IJoctrina de Cœna Dominica. '^ Dans la copie contemporaine : adsit vere. ^^ Ibidem : seciini. ^' Le procès-verbal de la séance du 3 août se termine comme il suit : *" Le texte allemand a de plus : sous la peine prémentionnée (by obge- meldter stralï). Pierre Kuntz et ses amis ne résistèrent pas longtemps aux instances de MM. de Berne. On lit, à la fin du procès-verbal du 15 août : « Décidé de 1542 JEAN CALVIN A l'IKRHE VIRET, A LAUSANNE. 103 et ministres do la j)aroii(' dv Dieu, priiicipallciueiit touchant le sacrement de la Saincte Cène de nostre Seigneur Jésuchi'ist, — de quoy avons finale conclusion sur ce faicte ', — et estimans estre neccessaire icelle vous déclairer et mettre en avant, i)Our selon icelle vous sçavoir conduire, Est nostre vouloir (jne vous, Dimenche xxvn jour de ce moys d'Aoust, au soii-, icy compa- roissés, ])Our Lundy après, à heure de Conseil, entendre nostre vouloir. Datuni xvi augusti 1542. Paverne. Yverdon. Lausanne. Morge. G(>x. Thonon -. 1U9 JEAN CAL^ax à Pierre Viret, à Lausanne. De Genève, 19 août (1542). Copie. Bibl. PubL de Genève. VoL nMlL Calvini Ei)p. et Resp. L575, p. 373. Calv. 0pp. XI, 427. Jam pridem ad te scripturus eram, nisi quôd sciebani literas meas nihilo citiùs ad te venturas esse, quàm si in reditum usque leur accorder une copie de l'ordonnance et de les engager à s'y soumettre, et à prendre en considération le bien et la prospérité de l'Église, du gou- vernement et aussi de leur patrie. S'ils acceptent l'ordonnance et veulent faire de leur mieux, mes Seigneurs, en retour, se conduiront avec eux comme de bons pères... » — Et, le 16 août, au matin, les récalcitrants de la veille promettaient au Conseil d'observer fidèlement l'ordonnance (Ma- nuel du 15 et du 16. Trad. de l'allemand). « Voyez la note i du N" 1148. ** Le manuscrit porte cette note de Christophe Fabri : <• Du différent touchant la Cène entre les Ministres de Berne. 1542. » ^ La « conclusion » ou décision communiquée aux doyens des Classes romandes est évidemment celle du 15 août (X" 1147). Rucliat, Ilundesha- geii et les éditeurs des Calvini Opéra {XI, 444, note 4) se sont trompés en disant qu'elle était du 22. Ils ont été induits en erreur par le mandement destiné aux Classes allemandes, qui est, en effet, daté du 22 août. La différence des dates s'explique. On ne pouvait pas a])i)eler à Berne pour un même jour tous les doyens du territoire bernois, attendu que le gouvernement devait tenir comj)te des raj)]iorts qu'ils avaient à jjrésentor sur la grande affaire du moment. Ils furent donc convoqués successive- 104 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. ib\f tuum dififerrem '. Nunc quia ex temi)oris supputatione rediisse te conjicio, accipe qiiœ in montcm iuuk' veniunt. Simul atquo abiisti, mira certamina inter Sehastianmn et ejus sororios ^ exti- terunt, quœ me exercuerunt diu et ssepe, dum volo amico arhi- trio ea componere. Has autem partes ideo suscipiebam, ne ad contentionem adhuc descenderent, cujus runior cum infamia scholœ longiùs manaret. Neque tamen id consequi potui magno studio ac diligentia, quin alius aliuni traducerot, atque ita pas- sim fièrent niultoi'um fabula. Ubi conimunis controversia de solutione dotalis pecuniœ^ sedata fuit, ecce novae lites inter 1%- bastianum et Petrimi \ partim de administratione rei familiaris, ment : ceux des Cliapitres de Berne, de Nidau, de Buren, de Thoune et de Berthoud, le 9 août, pour comparaître le 14; le 9 aussi, ceux de Thun- stetten, d'Aarau et de Brugg furent convoqués pour le 21. Et, ce jour-là, le Conseil de Berne décida qu'on leur donnerait communication par écrit de l'arrêté (Eattschlag) du 15 août. C'est pourquoi la copie allemande du susdit arrêté porte la date du 22, jour où elle fut expédiée. Le texte allemand qu'on trouve dans le Registre intitulé : Spruchbuch, LL, porte, à la fin (p. 283) cette date : « Fait le 3 augusti. v. Elle a été biifée et remplacée par celle-ci : « Conclu, 15 augusti 1542. » On lit au- dessous : « Confirmé 22. augusti 1542 in Senatu. » (Communication obli- geante de M. H. Tûrler, archiviste d'État, qui a bien voulu copier pour nous plusieurs paragraphes du Manuel de Berne.) ' Ces noms de lieux indiquaient au copiste de la Chancellerie bernoise, qu'il fallait écrire aux doyens des Classes de Payerne, d'Yverdon, etc. La minute porte, en tête : « Decanis in weltschen Land, » c'est-à-dire : Aux doyens dans le Pays romand. 1 Viret étant parti pour Berne le 9 août (X° 1144) et ayant dû faire un grand détour par Neuchâtel, il ne pouvait guère rentrer à Lausanne avant le 18 ou le 19. * Les beaux-frères de Sébastien Châteillon, dont l'un était Pierre Mu- sard ou Mussard (note 4). ^ Il s'agissait probal)lement de la dot d'une sœur de Châteillon. * Le nom de famille de ce personnage nous a été révélé par les passages suivants du Registre du Conseil : « Jeudi 9 Mars 1542. » Maystre Esfienne Boph et Fierre Musard, bachelliers des escholes. » — « Lundi 17 Aprilis 1542. La seur de maystre Bastian [Châteillon] régent de nous escholes. Icy a esté proposé comment illyaz esté contraycté mariage entre maystre Pierre [Mimird] bachellier des dites escholes et la seur de maystre Bas- tion. Lesqueulx bout délibéré de ce fère epposer en la congrégation des fidelles. ïouteffoys, pour ce que il sont tous deux estrangiers, l'on fayssoit quelque scropule de signe[r] les annonces. Résoluz que cella soyt mys aut consistoyre. » 15i2 JEAN CALVIN A PIERRE VIREX. A LAUSANNE. 105 ])artim de habitationo. Nihil uiKiuaiu vidi tani im|)li('ituiii. I^st- quam multùm inter se jui'fîati siiiit, tacta est qualiscuiique trans- actio : sed qiia^ mox novam coiitroversiani pejiei'it. Itac fania in Germaniam perveniret, quœ reconciliaret piorum animos Régi, quos sciunt nunc veliementer aliénâtes esse '^ Inter alla persua- soyt visité par luaystro Calrin. » Ces Epitres avaiont été coiilisquées au mois de mai 1539 (Voyez le t. Y, p. 302-303). ^'' En 1541, Calvin avait déjà écrit à la reine de Navarre (\TI, 198). Cette princesse ne se faisait aucun scrupule de correspondre avec Bucer et Mélanchthon et de réclamer les prières des éorlises protestantes (VII, 184, 392. Voyez aussi les X"' 171, 175, 179, 463, 472, 530, 721). ^* Les actes de rigueur contre » les Luthériens » avaient redoublé en France depuis deux mois. Le 16 juin 1542, le parlement de Toulouse aggrava les peines de cinq prisonniers condamnés aux galères : trois d'entre eux furent fouettés et eurent la langue percée. Il condamna les deux autres à être brûlés, après qu'ils auraient eu la langue coupée, — « attendu que depuis la première sentence, ils ont jiroféré des blasphèmes contre le cru- cifix, la sainte Vierge et la Justice » (Drion, o. c. I, 29). Nouveaux sup- ])lices à Paris en juin et juillet (X° 1132). A Houen, martyre de Constan- tin et de trois autres « hérétiques » (Bèze. Hist. eccl. I, 29). La Guyenne, où la doctrine évangélique avait beaucoup de sectateurs (V, 100). ne pouvait ]ias édiapper à la persécution. Nous avons omis de mentionner le supplice, en 1541, de deux artisans, Jean Joyau et. Pierre J^aguet, qui furent brûlés vifs, le 26 juillet. Le 28 juin 1542, François 1 ordonne au parlement de Bordeaux d'instituer une commission composée des trois présidents et de neuf conseillers, pour faire le procès des Luthé- riens dans les villes du Bourdelois. Aussitôt un grand nombre de suspects sont arrêtés. Il suffit d'un propos qui semble critiquer la doctrine catho- lique, pour être « décrété d'accusation. » Quelques membres du clergé sont compromis, même Guillaume Loyer, l'un des conseillers de la chambre cri- minelle instituée par l'édit royal du 28 juin. Il est dégradé et brûlé vif le 4 août 1542. Trois ])ersonnes de Ste-Foy : François La Johannie, Giron Cartier et Jehanne, sa sœur, sont condamnés j)ar c(iiituiii;(ce au même sup- plice ; Giron, à être brûlé « à petit feu. » Aymon de la Voye, natif de Noyon, instituteur à Villeneuve d"Agen, était prisonnier depuis neuf mois à Bordeaux, lorsqu'il subit, le 21 août 1542, la question extraordinaire, sans dénoncer aucun de ses frères. Il ])érit sur le bûcher, le 26 août (Voyez Cres])in. édition de Toulouse, 1885-1889, 108 JEA.N CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. 1542 seruiit, Cancellarinm non alla niagis de causa toneri in car- cere '*, quàm quôd injiissu Begis edidum illud de lihris promul- gandum curaverit^", piosque exuri jusserit^'. Quid plura? non modo omnia credidit : sed sibi ipse plura conlinxit, quàm audie- rat. Rex Gallise exercitum trajicit in Hispaniam ^^ cui aiunt Turcani altéra ex parte imminere ^^ Dîix Aiireliensis^^ nihil adliuc egit memorabile, nisi quôd oppida duo exussit ^\ Quan- quam illud vêtus est. Fortassis ah eo tempore multa contigerunt. Scis quid responsi dederint Bernâtes legatis Basiliensium ^^ Nostri nunc sunt in ea consultatione. Nostris nunc nodus est t. I, p. 349. — Bèze, o. c. I, 27, 28. — Ernest Gaullieur. Le Collège de Guyenne, p. 160-162. La Réforme en Guyenne, I, 57-67). Enfin, par lettres-patentes datées de Lyon (?) (29 et 30 août 1542), le Roi ordonnait aux parlements de Toulouse et de Paris, de rechercher, de punir les Luthériens, et d'enjoindre « très expressément de par lui aux arche- vesques, évesques, abhez et autres prélats... de leur ressort, que de leur part ils ayent... à faire le semblable » (Bulletin cité, 1852, p. 360 ; 1885, p. 19. — Drion, I, 30. — N. Weiss, o. c. xxv, xxvi). '^ Le chancelier Guillaume Poyet (YI, 104, n. 125) avait été arrêté le 1" ou le 2 août précédent à Argilly et conduit à la Bastille (Voyez les Mém. de Martin du Bellay, éd. Lambert. Paris, 1753, t. Y, p. 133. — Sleidan, H, 281. — L'Estat de l'Eglise, avec la suite des temps... (par Jean de Hainaut, ministre de Sacconex-le-Grand), 2™' éd., Genève, 1580 ou 81, p. 475. — H. Martin, o. c. \TII, 269). '" Allusion à l'arrêt du parlement de Paris du 1" juillet contre les livres contenant des doctrines nouvelles et hérétiques. Ce même arrêt défendait aux libraires d'imprimer ou de vendre des livres condamnés ou suspects, et spécialement V Institution chrétienne de Calvin (Yoy. d'Argentré. Collectio judiciorum, II, 133, 134. — Sleidan, H, 273). *' Les courtisans avaient recouru à l'excuse mensongère dont le Roi s'était servi, en octobre 1540, pour tromper les princes allemands (YL, 228, fin de la n. 6). *^ L'armée de quarante mille hommes envoyée contre l'Espagne était commandée par le Dauphin : il avait pour conseiller le maréchal d'Anne- baut (H. Martin, Yltl, 286-87). ^' Ce fut seulement en 1543 que la flotte turque, commandée par Barbe- rousse, put joindre la flotte française, pour attaquer, de concert avec elle, l'Italie impériale (Sleidan, 272, 273. — Martin, 1. c). J4-25 Charles, duc d'Orléans, avait pris (juin-août) toutes les villes du duché de Lux(Mnbourg, exce])té Thionville. Damvilliers seul fut brûlé et Yirton, rasé (M. du Bellay, o. c, t. V, p. 102-107. — Guiff"rey, o. c, p. 389). 2« Voyez le N" 1144, not<' 6. Les arbitres bâlois n'ayant pas réussi dans 1542 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. 109 difficilis ad soIvcikIuih : oociiie iiiagis, quôd otiam si hiiic omiiia fuerint concessa, aiii])igiiain spcin adhuc altéra pars tacit. Evici tamen apud Spiiatuni ininorom -'. Precaro Domiiium, ut ad fœli- cem exitum res i)('r(liRatiir. Est eiiiiri poriculum, ne ciiin in con- cionem -* ventuni fu(>rit, omnia conturbent i)auci illi, quos nosti esse veteres et exercitatos tJ/j^uayo^/îù; ". Sed Doniinus, si)ero, gubernabit, modo nos diligenter eum preeemur. Vale, optinie et mihi charissime frater. Saliita fratres omnes, materteram tuam quoqiie ac uxorem ^° : ciii niea gratias agit de tani arnica et sancta consolatione. Rescribere enim non !)Otest, nisi per amanuensem. Et in dictando non parùni esset inipedita. Domitms certè nohis vulmis inflixit gi-ave et acerhim in morte filioli. Sed pater est : novit qiiid filiis suis expédiât. Vale iterum, Dominus tibi adsit. Utinam liceret istuc usque accurrere. Libenter tecum diniidiuni diem confabularer. Genevae, 19. Augusti (1542) ^'. JOANNES CaLVINLS tUUS. 4150 JEAN CAL\TN à r^ierre Viret. à Lausanne. De Genève, 23 août 1542. Autogr, Bibl. Publ. de Genève. Vol. n" 106. Calvini Epp. et Resp. 1575, p. 39. Calv. 0pp. XI, 431. Utinam mihi jam redditte essent tuœ literie, quas in itinere esse non dubito '. Nani etsi nihil lœti in illis expecto, tamen hoc une nouvelle démarche auprès des Bernois, ils en prévinrent MM. de Genève par une lettre que ceux-ci reçurent le 16 août, et qui leur recommandait certaines concessions (Voyez A. Roget, o. c. II, 92-94). ^^ Sous l'influence de Calvhi, le Petit Conseil venait de décider qu'on ferait de nouveaux efforts pour engager le peuple de Genève à suivre l'avis des Bâlois. Ï8-29 Lpg craintes de Calvin se réalisèrent, lorsque le Conseil des Deux- Cents eut à examiner, le 27 septembre, les propositions du Petit Conseil. '" La tante maternelle de Viret, et sa femme, Elisabeth Turtaz. '' Le millésime est fixé par le contenu de la lettre. ^ Viret, accompagné de son collègue Jean Holard, était arrivé à Berne HO JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. 1S42 ipsiim nonnihil mo jiivaret aliquid certi cognoscere de statu ecclesiœ Bernensis l Nunc scribere cogor de re mihi incognita, nec tamen inihi teniperare qiieo quin scribam. Audio evocatos fuisse Bernam classium omnium decmios ^ ut uudiant quidnam de cœna Domini statiierit senatus. Nibil dicturiis sum quod tu non jam satis superque meditatum ajjud te habeas. Magnitudo tamcn ipsa causse tacere me ac quiescere non patitur. Duo hîc spectanda esse vides : statum ipsum quaestionis et rationein agendi, quœ partim ex circumstantiis i)endet. De causa non opus est te monei'c, ut cuni decano vestro '' diligenter conféras. Hoc tamen velim til)i curœ sit ajjud eum efficere, ut apud quoscun- que loquatur, non dubitet hoc testatum relinquere : non modo jigurari in Cœna communionem quam hahemus cum Christo, sed etiam exMheri, neque verha illic nohis dari a Domino, sed veritatem ac rem constare cum verhis '\ Hanc porrd communio- nem non imaginariam esse, sed qua in umim corpus unamque substantiam cum capite nostro coalescanms. Excludat intérim libéra voce omnia absurda, excipiat, caveat. Modo in illo capite tam necessario nihil extenuet. Neque enim amlnguis aut obscuris verbis iinplicare licet quod summam lucem ac perspicuitateni requirit. In ratione agendi hoc expendere oportet, qucde exemplum edi- turi sint fratres, si doctrinal judicem haheant senatum, ut quid- quid sanxerit, amplectendum protinus sit atque hahendum xwo oracnlo. Quale ac quantum sit hoc pra^judicium ad posteros. le 12 ou le 13 du mois d'aoïit. Il s'était sans doute entretenu avec les pas- teurs, et nous apprenons par une lettre de Sultzer (N" 1162, renv. de n. 10) qu'il avait assisté à la dernière journée de la crise ecclésiastique. Il était donc en mesure de dépeindre l'état des esprits à Berne. Malheureusement, la lettre qu'il doit avoir écrite à Calvin après son retour à Lausanne, n'a pas été conservée. * Bèze a biffé légèrement le mot Bernensif et l'a remplacé, dans l'im- primé, par vestrœ. Toutes les modifications de ce genre qu'il a fait subir à l'original, s'expliquent par le désir de ménager les Bernois. Ainsi, plus bas, au lieu de Bernam, il a mis in urbem, et substitué Princeps à Senatus. * Voyez le X" 1148. ■* Texte de Bèze : uf cum X. diliyenier, etc. Le doyen de la Classe de Lausanne était François Martoret, pasteur à Vevey. ' A comparer avec la remarquable préface où Calvin exposait, en 1539, ses idées sur la sainte Cène (\T^, 132-137). 1542 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. III Certè si itaïKitimur nohisjiigum inqjoni, prodimus nostra dissi- nmlatione sacrum ministerium, neque Ikiuc pcrfidiam rel coram Deo vel coram hominihas exciisare poterimus. Verùin minime necesse erit in hanc contentionem déscendero, qiiando mod(^sto civilique responso declinare hune scopulnni fratros i)otoriint, si dicent majorem esse causam qnàm ut inconsultis suis collegis aliquid recii)iant ^ Habebunt autem specinsos et favorabiles prtetextus, quil)us senatni ' satisfaciant. lllud quocjue praetere- undum non est, ut ubi bonam causam esse viderint, il lue seri6 se a])plicent, ne dum medii esse volunt, deserant veritatis de- fensionem. Non intelligo ut se adjungant ad vitia, vel si ambte partes peccent, se implicent alterius societate. Hoe tantùm volo, ut rectae sanseque sententiae palàm nec dissimulante!' adhtereant. Postremô decano vesiro ^ expone quid de bominil)us ipsis sentias et quid in illis deprelienderis ^ : ut sciât quil)us fidem habere ac dare debeat. Sed ineptus sum, qui tam anxiè te instruo : quasi lion satis sit uno verbo signum dare. Finem igitur faciam '". Qui meas literas tibi reddit, visus est niilii i)ius ac integer. Convenit hic cum phaj'macopola quodam Viennensi, qui istic agit, de diseenda ejus arte. Interfui pactioni, quia erant hîe qui pharmacopolam dicerent esse honestum ac probum viruin. Si talis non erit, locus est adhuc pœnitentitie, ut juvenis hic à con- traetu diseedat. Yelim igitur ut consilio tuo illum regas, com- mendatumque hal)eas. Neque enim suraptu te gravabit, aut mo- lestus erit aliqua imi)ortunitate. Vale, optime ac suavissime frater. Dominus Jésus te spiritu suo semper regat ac contirmet magis magisque. Saluta mihi omnes fratres, uxorem, materteram ". Genevœ 23. Aug. 1542. JOANNES CaLVINUS tUUS. (Inscriptio :) Optimo atque mihi chariss. fratri Petro Vireto, Lausannensis ecclesise pastori tideliss. •' C'est pour cela que Calvin blâme si vivement Zéhédée (N" 1156, renv. de n. 5) de sa précipitation à accepter la furmule (ou Confession) de Pierre Kuniz. Zébédée pouvait la signer en son nom personnel; mais, comme doyen, il aurait dû préalablement consulter les pasteurs de la Classe d'Yverdon. ^ •' 8 Texte de Bèze : illi. — fratri nostro. ^ Il s'agit ici de ceux des ministres de la Classe de Lausanne qui étaient mieux connus de Viret que du doyen Martoret. ^° Le paragraphe qui suit a été supprimé par Bèze. " Bèze a omis ces deux derniers mots, ainsi que la suscription. 412 EYNARD PICHON À RODOLPHE GUALTHER, A ZURICH. 1542 1151 EYNARD PICHON ^ à RodolpIiG Gualllier, à Zurich. De Neuchâlel, 27 août 1542. Inédite. Autogr. Bibl. de Zurich. Copie communiquée par M. le pasteur Aug. Bernus. Quantô milîi fuit optatius, ut primùm abs te ipso, deinde à ceteris omnibus, quàm gratissimus erga te esse cognoscerer, tantô afficior summo dolore, ejusmodi tempora post meam ])ro- fectionem ^ consecuta esse, ut de me secùs existimandi nonnihil loci dederim. Te enim mandasse ludimagistro Bielensi ^ ut an- notationes tuas repeteret, ex aliquihus intellexi. Qiibd seriùs red- ditse fuerunt, in causa hœc sunt. Cum Neocomum venissem *, et peregrinationem meam absolutam esse putarem, me mea expec- tatione frustratum esse video : nam continué alib'^ eunduni fuit. Ea absoluta, quum putarem mihi tandem aliquando quies- cendum, literae à matre ^ afferuntur, quibus me ad se vocavit : consilium fratrum fuit, auditis causis, ut eô concederem. Illico ' Voyez, dans les Indices des t. V, VI, MI, les passages relatifs à JEynard JPichon. * Allusion à son voyage à Zurich eu octobre ou novembre 1541 (MI, 252, n. 9 ; 260, n. 1 ; 274, n. 1 ; 295, n. 1, 2). * Jean BhelUcanus a déjà figuré dans les tomes précédents. Après avoir étudié à Cracovie et à Witfemberg, il dirigea l'École de Berne, puis celle du Fraumûnster à Zurich. Il fut appelé à Bienne comme pasteur en 1541. La vie de ce savant modeste a été racontée par L. Meissner (Beriihmte Zuricher, I, 114-115), et F. G. Freytag (Adparatus litterarius. Lipsia^, 1755, ni, 429-434) donne sur ses ouvrages de nombreux renseignements. BhelU- canus avait achevé en avril 1540 un livre très curieux et très intéressant, intitulé : « Notœ sive Prœlectiones Bernenses in Cœsarem, » imprimé à Bâle en 1543, iu-8". C'était une entreprise hardie, et qui n'avait été tentée par personne, sauf par Glareanus (1538,1540). Aide Manuce (1547-1597) a souvent copié textuellement Bhellieanus, sans le nommer. *-^ Arrivé à Neuchâtel le 19 ou le 20 novembre 1541, Bichon avait dû aussitôt repartir ])our Berne (VII, 364, n. 2). ® La mère d'Eynard Pichon vivait daus le Dauphiné. 1542 EYNARD PICHON A RODOLPHE GUALTHER, A ZURICH. 113 me itineri accingo : rémora praeter oi)iiiionem, ad menscs ali- quot, injicitur Genève \ Redii tandem Neocomum, audio ad vos de negotio FareîU scripsisse fratres •* : quse res me negligentio- rem reddidit, iibi viderem mihi ablatâm esse scribendi occasio- nem. Paulô post, cum aliqiiem qui Bielam profiseiceretur {sic) interrogarem, num Reliquanum novisset, respondit se novisse, sed è vita migrasse ^ quod nuntiiim mihi peracerbiim fuit. Sic occasio mihi ablata fuit, et ea est causa quôd per me de omnibus rébus certiores facti non estis, et meam erga vos et benevolen- tiam et fidem perspicere non potuistis. Cui darem perferendas non habebam, defuncto Reliqnano, quia in eo sum loco ex quo propter intervallum, pauci ad vos ire soient '^. Quare, quôd non tam celeriter annotationes hise in Oseam, quàm tu expectabas, redditse fuerunt, miserere temi)oris, et ignosce timori nostro : nam ego pertimui, neque injuria, alicui dare quem ad te certô perferre nescirem : prœsertim cum taie fasciculum esset, ut eum (sic) non auderem temere committere. Sed ubi certi homi- nis potestas fuit, cui rectè darem, non prsetermisi. Hsec paucis significare volui, ut quam sperabam atque opta- bam, habere te de me oppinionem, conservares. De quo etsi te non dubitare certô sciebam, tamen quia maximi ex[is]timo ut incorrupta maneat, laboravi. Quod quando ut volo, mihi per- suadeo esse, à te maximopere, pro nostra summa conjunctione tuaque singulari humanitate, etiam atque etiam peto, et quœso ut si me et fidum et tua amicitia dignum cognovisti, ne me des- peres : sed qui fuerim, idem perpetuô me esse et futurum cogites. Ego ut me tibi amicissimum esse omnes intelligant, corrigendo curabo. Tu vicissim, si me amaveris, de tuis rébus sœpiùs scri- bendo amorem tuum erga [me] confirmabis. Et valebis. Neocomi, 6 kalend, septemb. 1542. Tui amantissimus Enardus Pichonus. ^ Nous ne savons pour quelle raison il fut retenu à Genève. Quelques mois plus tard, il put visiter sa mère (Voyez la lettre du 28 novembre 1542). ^ Les ministres neuchâtelois écrivirent à ceux de Zurich le 28 février 1542 (Vn, 427-436). ^ Ehellicatms était mort de la peste à Sienne, le V janvier 1542, âgé de quarante-quatre ans, et non de soixante-quatre, comme le dit Meissner. '"^ Nous ignorons dans quelle paroisse reculée il était pasteur. En 1553, on le trouve à Dombresson, dans le Val-de-Ruz. T. VIII. 8 114 LE CONSEIL DE BERNE A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. lo42 Salutom dices, si placet, prœstantiss. viro et fideliss. miiiistro D. Heinrico Bullingero et Domino Conrado Gesnero, cum ves- tris omnium uxoribus. (Inscriptio :) Pio et doctiss. juveni Rodolpho Gualtliero. Ti- guri. 1152 LE CONSEIL DE BERNE à Pierre Viret, à Lausanne. De Berne, 29 août 1542. Inédite. Minute originale. Arch. de Berne. L'Advoyer et Conseil de Berne, nostre salutation. Honorable, très expert, chier et bien aymé! Sur ce que les doyens par delà, avoir entendue nostre résolution et conclusion touchant le différent qu'est esté entre nous prédicants icy, à cause du Sacrament, etc., ont desmandé * leui- communiquer ung double de nostre Disputation ^ en latin ou en françoy, ^ La lettre du 16 août (N" 11-48) les avait invités à se présenter, le lundi matin 28, devant le Conseil de Berne. Et cette lettre ne dut pai'venir à la plupart d'entre eux que le 18 ou le 19. La date du xrx, écrite au bas de la minute par le chancelier Pierre Giron, au lieu du xxix, est donc une erreur de plume. Les passages suivants du Manuel de Berne le prou- veront avec évidence : « Lundi 28 août. L'écrit et l'ordonnance, etc., ont été lus aux doyens îoelches, ainsi qu'aux doyens allemands. Ils ont demandé qu'on leur lais- sât [du temps] pour y penser et répondre. » — « Mardi 29 août. Les doyens du Pays romand ont accepté l'ordonnance relative au sacrement... Us la montreront à leurs collègues, et, pour le cas où quelques-uns de ceux-ci ne promettraient pas de s'y conformer, ils [ont reçu l'ordre de] les envoyer ici. » — « Aucun prédicant welche ne doit être examiné ici, à l'avenir, sans qu'il ait « tesmoignaige de vie et doctrine » délivré par les doyens. » — « Aux doyens 6 écus à partager selon les circonstances de chacun d'eux. » — « Les prédicants icelches ont demandé à prendre copie, chez Viret, [des Actes] de la Dispute de Lausanne. Écrire à Viret. » (Trad. de l'ail.) ^ Les Actes de la Dispute de Berne de 1528 n'avaient été publiés qu'en allemand. 1542 JEAN CALVIN A GUILLAUME FAREL, A METZ. 115 pour selonn nostre advis se sçavoir régler et conduisre, — avons considéré que cella icy sans grosses costes ^ ne se peult faire. Et sur ce [avons] advisé, puis que en la disputation de Lausanne ^ mesme matière a estée-' débatue conformément à nostre Disputation, et que vous avés icelles actes rière vous en escript, est nostre vouloir et commandement que aux dicts doyens que les demanderons, donnés copie ^ de transcripre et prendre transumpt ^ de la d. matière, assavoir concernant le Sacrament. Datum xix [1. xxix ''] augusti, Anno, etc., xlii. (Suscription :) A honorable, très expert, nostre chier et bien- aymé Maistre Pierre Viret, ministre de la parolle Nostre Seigneur, à Lausanne. 1133 JEAN CALVIN à Guillaume Farel, à Metz. De Genève, 30 août 1542. Autogr. Bibl. PubL.de Genève. Vol. n° 106. Calv. 0pp. XI, 434. S. Dominus ubicunque sis, te salvum ac incolumem diu eccle- siœ suœ conservet, frater mihi charissirae. Si Metim ingressus es, quod speramus ', ostium istuc evangelio suo aperiat, teque spiritu sapientiœ, prudentise, moderationis, zeli, fortitudinis * Frais, dépenses. * La Dispute de Lausanne (octobre 1536) avait eu lieu en français. Une copie manuscrite des Actes de cette Dispute existe encore à la Biblio- thèque de Berne. Ruchat et le Chroniqueur de Louis VuUiemin en donnent le résumé. Voyez aussi l'opuscule intitulé : La Dispute de Lausanne de 1536, par Charles Subilia. Lausanne, G. Bridel, 1885, 147 pp. 8°. ^ C'est-à-dire, permission, facilité. ® Copie intégrale. ' Voyez la note 1. ^ Farel ayant quitté Neuchâtel avant le 10 août (N" 1149, n. 12), il semblait qu'il dût être arrivé à Metz vers le 19. Mais aucun témoignage historique n'y constate sa présence avant le dimanche 3 septembre (N" 1157, n. 2). H employa, sans doute, quelques jours à concerter ses mesures avec les pasteurs strasbourgeois et avec les partisans de l'Évangile dans le pays messin. 116 JEAN CALVIN A GUILLAUME FAREL, A METZ. 1542 impleat, ut omni ex parte ad opus tam difficile et arduum sis instructus! Video enim quoi ac quàm ])ericidosèe certaminum species tihi immineant, qiise singidare Dei auxilmm reqiiimnt. Verùm iieque ipse rudis es aut imperitus, ut vel magnis peri- culis terrearis : neque virtus Christi, quae mirabiliter semper tibi adfuit, est imminuta. Nos liîc anxii admodum expectamus, quem tibi successum dederit. Scis enim hodie maxime regnare illud stultorum judicium : ut ab eventu facta consiliaque omnia aestimentur. Interea mirum quas querélas spargat hic passim Jacohus Morgiensis ^ : te eurrere, cmn ipse vocatus esset ^ : sihi gravem injuriam factam esse. Te invitis inis omnibus qui istic sunt, advolasse. Nosti hominis aXaÇoyeiav : quam utinam in tem- pore cohibuisses. Nunc ita per etatem invaluit, ut sit morbus incurabilis. Nunquam tamen sic palàm insaniit ut nunc. Quan- qwam fratres Metenses partim in cidpa sunt, qui ad eum solum confugerimt, quasi ad sacram anchoram* : cum alios haberent et notiores et paulô aptiores. Sed istœ nugse nihil te impediant. Neque verô iis tibi molestus fuissem, nisi quia verebar, ne aliunde rumor ad te manaret. Itaque malui prseoccupare. Ul3i primiim certior aliquis nuncius allatus fuerit, copiosiîis de statu nostro tibi scribam. Vale, optime et integerrime frater. Saluta mnicos onines^, quibus precor et consilium et animum dari a Domino, ut virtute spiritus ejus fulti nihil reformident. Iterum vale. Genevse, peneult.[ima] Aug.[ustij 1542. JOAN. CaLYINUS tUUS. (Inscriptio :) Egregio Christi servo G. Farello, fratri mihi chariss., ubicunque erit ^. ^"* Jacques le Coq, pasteur à Marges. Nous croyons qu'on peut l'identi- fier avec le Jacohus qui prêchait, quelques mois auparavant, dans l'église évangélique de Metz (N" 1123, renv. de n. 1). * L'appel que les Évangéliques messins avaient précédemment adressé à Jacques le Coq est donc une chose avérée. ' Le nom de Calvin devait être cher à l'église de Metz, pour laquelle il avait montré tant de sollicitude pendant son ministère à Strasbourg. * Farel a écrit sur l'adresse : « 30 Aug. 1542. » 1542 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. 117 1154' JEAN CALVIN à Pierre Viret, à Lausanne. (De Genève, premiers jours de septembre 1542 '.) Autogr. Bibl. Piibl. de Genève. Vol. ir 106. Calv. Opp. XI, 433. S. Adlmc expecto qnicl Bernœ adum sit, quid didum sit deca- nis, quid 7'esponderint, quid ohtinuerint^. Ubi primùm certus aliquis nuncius ad nos venerit, sententiam meam pleniùs vobii exponam. Nunc formulam mitto ex qua poteritis excerpere quod placuerit, expungere quod displicuerit ^ Quanquam Dominus fortessis aliquid melius dabit, ut neque corrigere neque sequi aliquid de meo necesse sit \ Piidet me ac miseret nostrî, Virete, quod in odium vel favo- rein homimim veritas Dei ohruitur. Hoc ideo dico, quia sic loqui- tur Gurinus ^ ac si Erasmi ^ causa optima foret, alii nihil nisi mendacium loquantur. Mihi videre videor, quantum isti rumo- res praejudicii contra sanam doctrinam afferant. Itaque ut con- scientise meae satisfaciam, statui non dissimulanter i)rofiteri quid sentiam. Quid autem excusatione opus est? Neminem in hac ecdesia'' novi qui mysterium hoc^ vel mediocriter intelligat Nunc malè me habet, cum in errore non modo foventur, sed etiam confirmantur, ut fiant prorsùs insanabiles. Hoc iterum ^ Voyez la note 2. ^ A Lausanne, on ne pouvait apprendre que le 30 ou le 31 août ce qui s'était passé à Berne le lundi 28, jour de la comparution des doyens (N" 1152, note 1). ^ Cette formule ne s'est pas retrouvée. * Il y a, au-dessous, une grande place blanche, où Calvin se proposait peut-être d'écrire la formule dont il annonçait l'envoi. ^ Pierre Gurin (N" 1143, note 6). ® Érasme Bitter, l'adversaire de Simon Sultzer, de Pierre Kuntz et de Béat Gering (N" 1147, n, 2). ^ L'église de Genève. * La doctrine de la sainte Cène. 118 C. s. CURIONE A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1542 ideo dico, ut si quid mihi credis, nostris hac in parte non ni- miiim indulgeas. Unum sentimus. Unum igitur loquamur. (Inscriptio :) Fideli servo Jesu Christi Petro Vireto, Lausa- nen. ecclesiœ pastori. Lausanae ^ 1155 c. s. cmuoNE ^ à Jean Calvin, à Genève. De Lausanne, 7 septembre 1542. Autographe, Bibl. de Gotha. Calv. 0pp. XI, 435. CcELius Secundus Curio Joanni Calvino S. P. D. per Christum Jesum. Cum redditae à te literae essent Vireto, pi-opterea quôd nul- lam in his de me mentionem faceres, gravioribus te occupatum rébus esse putavi, quàni ut mei posses meminisse. Quare cum ut tuse nostrî mémorise, tum pietati erga te mese consulerem, nuncium idoneum nactus ad te hasce literas statim exaravi. ® La suscription est d'une autre main. * Celw Secundo Curione, l'un des plus intéressants parmi les huma- nistes italiens qui embrassèrent la doctrine évangélique, naquit le V mai 1503 dans un bourg du Piémont. L'espace nous manque pour raconter les événements de sa vie antérieurs à l'année 1542. — Sa jeunesse, qui s'écoula à Turin, sa conversion opérée par la lecture des ouvrages de Mélanchthon, de Zwingli et de Luther, les persécutions dont il fut l'objet et sa présence d'esprit admirable au milieu des dangers, sont retracées avec de très amples détails dans les ouvrages suivants : Stupani Oratio de C. S. Curione : apud Schelhorn. Amœnitates litterar., t. XTV. — Teissier. Éloges des hommes savants, II, 338. — Nicéron, o. c, t. XXI. — Athense Rauricse, p. 284-91. — Maccree. La Réf. eu Italie. Genève, 1834, passim. — Jules Bonnet. Récits du seizième siècle, 2""= éd. 1875, p. 241-312. — Merle d'Aubigné, 0. c. IV, 578-95. Après avoir enseigné les belles-lettres à l'université de Parie, et séjourné à Venise et à Ferrare, il fut informé à Liicques, au mois de juin 1542, que le tribunal du St-Offîce venait d'ordonner aux magistrats lucquois de le saisir et de l'envoyer à Rome. A cette nouvelle, il n'hésita plus à se ré- fugier en Suisse (Voyez le N" 1146, renv. de n. 4-9). 1542 C. S. CURIONE A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 119 Credo te ex Vireti literis inteUexisse, qiiid de rehits nostris octiim sit : nec quicquam scilicet nisi illud magimin quidem et prœci- piium est (quod facile credam) nos cunctis ministroriim suffra- giis esse comprohatos ^ Cœterùm cum i)rœto7- ^ ad quem me habere literas a Berna- tïbus non ignoras, nondum redierit, quid nobis agondum prse- ' terea sit, non facile perspicimus. Adest autumnus, et quidem satis adultus, et mox, ut ait Horatius, bruma recurrit iners. Mihi verô et Alpes et Apennini jtiga bis ante liiemem siiperanda forent : quod ni fecero, incommoda gravissima consequentiir. Nam neqne ecclesiee Dei inservire neqiie familiœ ciiram habere idlam p)otwo. Atque interea omnes'' fratribus oneri esse coge- mur. Quod quàm invitus faciam, testis est cum mea ipsius con- scientia et pudor ingenuus quidam meus, tum Deus quem spi- ritu meo atque animo colo. His ego, Calvine optime, distringor angitstiis, ciaibus aliud mdlum video remediam, nisi id Bernam cumfratrum literis^ eam, et illic de i'ernm meariim summa cum Principibns agam. Quos si Dominus nobis propitios dederit, in Italiam evolabo, ut inde uxorem carissimam unà cum didcissimis liberis adducam. Sin nihil erit quo exilium nostrum solari pos- simus, Domini in manus spiritum commendabo meum, non ali- ter ac David fecit cum a Saulo interceptus et circumventus nul- lam evadendi viam inveniret. Tu intérim, optime frater, orabis patrem ut nobis in tantis difficultatibus adesse velit, qu6 illius bonitatem apud omnes deprœdicare possimus. Si quid in Italiam scribere cupis, puta ad Benatam Francise, principem optimam, seu ad Franciscum Richardotum ^ , homi- nem doctissimum tuique amantissimum, aut alium, fasciculum bue ad Viretum mittes. Hîc enim futuri sumus usque ad Idus Septembris ad summum. Sed tamen curabis ut vel ante Idus « 2 II veut dire, sans doute, que les ministres de la Classe de Lausanne, après s'être enquis de sa doctrine et de son érudition, Tavaieut accueilli comme un frère en la foi. ' Le bailli de Lausanne, Antoine Tillier. * C'est-à-dire, moi ici, et ma famille à Lucques. * Le testimonhon ou lettre de recommandation des pasteurs et profes- seurs de Lausanne qui était adressée à ]\EVL de Berne (Cf. N" 1152, n. 1). * Sur Renée, duchesse de Ferrare, et sur son aumônier François Ri- chardot, voyez le N" 1058 (VH, 307-320). 120 C. s. CURIONE A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1542 ipsas nobis reddantur ^ Praeterea Turca noster ^ ut scias, est Basïleœ, ut ex literis ipsius hodie et hoc nuncio ^ accepi. lUuc enim a Tigurinis fratrihus missus cum literis commendatitiis est, jam sunt multi dies, et tamen nondum ejus necessitatibus prospectum, Quapropter rogo ut ad Bucerum scribas, ut illi faveat, et portionem aliquam ojus pecunise quam eo nomine ex Italia anno superiore accepit '°, ad illum transmittat. Nam scio illum egere. Id si feceris, erit mihi mirum in modum gratum. Si ad ipsum Georgium '• literas dare placeat, mittes ad Opori- nnm^^. Is enim ubi Georgms diwçvterit novit. Vale per Jesum Christum, et ecclesiam domesticam meo nomine saluta. Lau- sannse, 7 Idus Septembris 1542. finscriptio :) D. Joanni Calvino, Genevensis ecclesise integer- rimo pastori et fratri in Christo ornatissimo. Genevae. ' Au lieu de rester à Lausanne jusqu'au 13 septembre, Curione partit pour Berne le 7. Nous l'inférons, du moins, de ces passages du Manuel bernois : « Samedi 9 septembre. Conseil des Bourgeois. Cœlius Secundus est admis comme recteur {Régent) de l'École de Lausanne. Sa pension est fixée : 400 florins, 2 chars de vin, 3 muids de blé. [On lui accorde] un lo- gement, 20 écus pour les frais de voyage de sa famille, un louffer (courrier, messager d'État) jusqu'à Zurich, une lettre de recommandation adressée à Coire. [Écrire] au bailli de Lausanne qu'il prépare des bois de lit, des sièges, des tables, etc. Mes Seigneurs enverront là-bas la literie ; le bailli lui-même doit acheter le reste du mobilier. » (Trad. de l'ail.) * Nous supposons que Turca était le nom de guerre d'un personnage arrivé d'Italie avec Curione (N° 1146, renv. de n. 9). ® Le porteur de la présente lettre. " Cet argent, destiné à secourir les réfugiés pour la religion, venait sans doute de la duchesse Renée. " Personnage inconnu. ^^ Jean Oporin, imprimeur à Bâle. 1542 JEAN CALVIN A PIKRRE VIRET, A LAUSANNE. 12t 1156 JEAN CALVIN à PieiTe Viret, à Lausanne. De Genève, il septembre 1542. Autogr. Bibl. de Gotha. Copie contempor. Bibl. Publ. de Genève. \'ol. n" 111 a. Impr. en partie dans les Calv. Epp. et Resp. 1575, p. 39. Bretschneider. Calvini... Literae, p. 7. Calv. 0pp. XI, 436. S. Tertio die, ex quo tibi scripseram, venit ad me Jacohiis ', Decamis Gaiensis, ac qiiid Bernœ actum esset ^ hreviter expo- sait. Mihi verô, ut simpliciter tibi quod sentio fatear, summo- pere omnia displicent. De senatusconsulto ^ dicam postea. Verùm decauos quis co'égit responsum ïllud dare, quo prsejudicium col- legis suis omnibus afferrent^?'Utinam vel abfuisset Zehedieus, vel aliud cor almdque consilium ad hanc causam attulisset"\f Hoc ideo dico, quia Jacohus mihi narravit, ejus culpa factum esse, ut decani sic praecipitaverint. Video quid sit. Gui religio non est, periculi metu, per omnes sanctos dejerare ^ is deinde paucorum hominum gratiœ hoc vel illud concedere non dubitat : quia obnoxius, ut est, sibi videtur. Respondeant pro se decani'^ quidquid volent : mihi tamen suam hanc facilitatem nunquam probabunt. Quantum ad summam ipsam spectat, ut tibi penitùs assentiar, ^ Jacques Camerle, doyen de la Classe de Gex. Il pouvait être arrivé de Berne le 2 ou le 3 septembre. — Bèze a remplacé Jacohus par N., et sup- primé les deux mots suivants. Les altérations que le texte original a subies dans l'imprimé étant nombreuses, nous n'en relèverons qu'une partie. ^ BerncB est omis par Bèze. Il s'agit toujours de la comparution des doyens welches à Berne, le 28 et le 29 août (N" 1152, n. 1). * Dans le texte imprimé, edicto. C'est le mandement du 15 août (N" 1147) qui est visé ici. * Tous les doyens des Classes romandes avaient souscrit la formule de Pierre Kvmtz. Elle est reproduite tout au long dans le N" 1147, pp. 98-99. ^ Voyez la note 6 du N° 1150. Au lieu de Zebedœus, Bèze a mis une N. ' Est-ce une allusion à l'« amende honorable » qn'' André Zéhédée aurait faite à Fribourg, selon Pierrefleur (N" 1127, n. 21)? '' Dans l'imprimé, alii. 122 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. 1542 conscientia mea non patitur. Senatusconsultum * tolerahile esse censés ^ ac tuto à vobis posse 7'edpi. Expendamus ergo id quod continet. Prindpio approbat Conzeni ^^ formulam. At qualis ïlla est, ohsec7'o7 Tu Buceri ohsciwitatem vitupéras, et mérita. At nihil est in Bucero adeb perplexum, ohsmirum, Jlexiloquum, atque, ut sic loqiiar, tortuosum. Exceptio tamen additur, ut tam liœc confessio " quàm catechismus '^ locum habeant, si secundùm dis- putationem Bernse Jiahitam '^ explicentur. Quô romittimur? Hoc ergo à vobis quœritur, ut spondeatis vos nunquam discessuros à sententia vobis incognita. Deinde quid putas illic fuisse dispu- tatum, nisi Christum non esse inclusum in pane ' * ? Id autem Sencdus^' perinde accipit, ac si nihil aliud foret quàm sigmim. Quidquid sit, non ausim credere, mysterimn Cœnae illic fuisse bene ac rite explicatum. At confessio Basileensis adjungitur. Equidem non nego quin istud multum sit : sed mihi non suffi- cit, praesertim ubi omnia iterum ad Disputationem illam etfor- midam quse in Cœnee administratione 7'ecitari solet '*, exiguntur, Atque, ut hoc unum mali ûi, persuaderi nequeo, Diacosios^', qui sententiam hanc tideï'unt, sanam de hac re sententiam tenere. ® Edictum nemj)e, dans le texte publié par Bèze. ® Il s'agit ici d'une lettre de Viret qui est perdue. *° Ce nom, comme tous les autres noms propres, est masqué par une N. dans l'imprimé. " La Confession de foi de Bâle (N* 1147, note 7). 1* Le catéchisme de Gaspard Megander (N" 1147, n. 15-16, 17-18). Il fut réimprimé à Genève, sous ce titre : « Exposition chrestienne dés dix comniandemens, dés articles de la Foy, de l'oraison de nostre Seigneur, reiglée et modérée selon la capacité et entendement des enfans, avec l'expli- cation des sacrements, escrite en forme de dialogue latin, et de latin eu françoys : nouuellement et fidèlement revue. (S. 1.) 1540, » 40 feuillets petit in-S" : le verso du dernier porte la marque de l'imprimeur Jehan Girard (Voy. le Catalogue de la Bibl. de feu M. le professeur Jacques Adert. Paris, 1887, 2°" Partie, p. 14). *^ Bèze a supprimé ces quatre derniers mots et les a remplacés par certo modo. " Ruchat, I, 417-439, résume les discussions relatives à la sainte Cène qui eurent lieu, du 14 au 19 janvier 1528, pendant la Dispute de Berne. Calvin aurait-il fait faire pour lui-même une traduction de ces discours, qui occupent plus de 150 pages des Actes originaux ? *^ Dans le texte de Bèze, N. " N" 1147, renvoi de note 19. " Le Conseil des Deux-Cents (ou des Bourgeois) de la ville de Berne. 1342 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. 123 Jam ejus erit iîiterpretari, cujus fuit prominciare. lia i^erjurii alligatus judicahitur qui seaùs docuerit quàm i^m jndices asse- qiiantur. Neque hac sola in parte erit pcriculum. Votant onim ne de ullo novo ritu aut novis ceremoniis/verba posthac fiant. Quis autem nescit, eos et excommuiiicationem, Qtfrequentiorem Cœnee nsuni, et multa alia hoc nomine comprehendereV quœ nos desi- deramus, ac restituta cupimus. Tacendum tamen erit. Cum ita scientes ac volentes laqjieum robis induitis, cogitate non finem ccdamitcdishîc fore, sed initium. Domimis enim ves- tram mollitiem severiore cdiquo fiageUo coniget, si tiegligitis oc- ciirrere, cum palàm jaciuntur fundamenta peft'niciosse tyranni- dis. At quid faceret magistrat us '" V inquis. Nondum dico quid magistratus peccaverit in ipso ordine agendi : tantùni demon- stro, quàm non sit tutum vos astringere, nisi magna cautione adhihita. Quod ad rationem modumque agendi pertinet, agnosco quod dicis, majorem yartem culpée in ministrts liserere. Horreo tamen cum lego senatusconsidtum : tanta iïlic etfe^^ocia et super- bia se ostendit. Sentcntiam suam vocat definitivnm âpecrzcv, cui contradicere non liceat. Promulgant, non ut libertas sit minis- tris respondendi, sed ut sequantur, teneant, observent quod Dominis placuit ^^ Agnosco etiam quod postea commémoras, Conzenum justas pœnas dare suse vel ambitionis vel maligmtatis : quôd in tam mi- seram servitutem cogitur, quia pati non potuerit fratres secum esse liberos. Sed nos simul plectimiir, imo in totam ecclesiam pœna hœc redundat. Nam hoc exemplo edito, posthac necesse erit doctrinam nostram non modo 2)otestati, sed tiutui paucorum Jwmi- num, et quidem indoctorum ^°, subjectam esse : ut loqnendum sit mit tacendum, simul atque digito signum dederint. Neque tamen expedire censebam, ut fratres hac de re in certamen descende- rent cum Senatu ^\ Sed videbantur mihi habei-c honestum prœ- textum declinandi, si cum excusatione civili et modesta confes- sionem suam offerrent. Atqui non postulatur ab illis confessio, inquis. Ego verô ideo dandam fuisse puto ^^ De sci'iptis Zuinglii sic seutire ut sentis tibi permitto. Neque ^^ Texte de Bèze : Princeps. " Voyez la fin du N" 1147, p. 102. ^'^ Texte de Bèze : unius etiam hominis et quidem imperiti. ^' Ces deux derniers mots sont absents du texte imprimé. 124 JEAN CA.LVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. 1542 enim omnia legi. Et fortassis siib Jinem vitse retractavit ac cor- rexit in meliùs quse temere initio exciderant. Sed in scriptis priorïbus memini quàm profana sit de sacramentis doctrina. Qiiod dixeram, « neminem nostrorum habere plenam mysterii hujus intelligentiam ", » id de plèbe urhis Imjus dictum acci- pias velim. Atque id me tantùni voluisso, facile ex literis pers- picies, si relegas. Neque verô me hoc dixisse pœnitet. Nam ut tu, dum eorum temeritatem ac confidentiam deridere vis, soles dicere « omnes esse magistros, » sic seriô asserere audeo, nemi- nem esse ex illis bonum disci])ulum in hac parte. Si mentior aut erro, unum mihi nomina qui probe loqui de Cœna possit. Sed jam nimis multa. Scio enim nos aut nihil, aut perparum dissen- tire. Sed voluisti, malum quod tu ipse agnoscis extenuando, solatii aliquid mihi dare, ne me prseter modum affligeret. Literse Farelli et fratris ^^ jam mihi allatae erant ante dies quatuor. Putabam autem ad te pervenisse, quoniam eas retule- rat Petrus Cossoniensis ^°. Nunc audi Sebastiani ^^ nostri deli- tias, qiise hilem tibi simul ac risum moveant. Nudiustertius ad me venit : pet'iit an non mihi placeret suam Novi Testamenti translationem edi. Respondi, opus habere multis correctionibus. Causam rogavit. Ostendi ex paucis illis capitibus, quse mihi in spécimen Jam pridem dederat. Excepit se fuisse in reliquis dili- gentiorem. Deinde iterum rogavit quid mihi placeret. Respondi me nolle impedire quo minus imprimeretur : paratum tamen esse ad fidem solvendam quam dederam Joanni Girardo ^^ : nempe ut inspicerem, ac corrigerem si quid corrigendum foret. Recusavit hanc conditionem : obtulit tamen se venturum ac mihi lecturum, si certam horam condicerem. Negavi me hoc facturum, si centum coronatos daret, ut me ad certas horas adstringerem, deinde ut litigarem interdum duas horas super ^^ Bèze a supprimé tout ce qui suit, et n'a conservé que la salutation : Vaîe, etc. 2* Fin du N" 1154. ^* On verra plus loin que Guillaume Farel était parti pour Metz avec son frère Claude. Leur lettre ici mentionnée est perdue. ^* C'était probablement Pierre Masuyer, appelé ailleurs Petrus Cosso- niacensis, pasteur à Cossonay (VU, 287, n. 1). ** Sébastien Châteillon. •' Imprimeur à Genève. Il a été mentionné fréquemment dans les t. V, VI, VII. 1542 MARTIN BUCER A GUILLAUME FAREL [a METZJ. 125 imo verbulo. Sic à me discossit, tristis, ut apparebat ^^ Et ta- men, td scias qiiàm Jidelis sit interpt-es, dum multa vult novare, plurima corrupit. Proferam lociim unum. \Jh\ habetur : Lespe- rit de Dieu, qui habite en nous, mutfCvit : Hante en nous, cum hanter- non habitaro, sod frequontare, GalUs significet. Unus ille tam puerilis lapsus posset libro infamiam inurore. Ego tamen taies ineptias tacitus devoro. Vale, mi frater. Dominus te semper conservet ac dirigat. Saluta omnes fratres : quibus tamen non communicabis omnia. Genevœ 3. eidus Septemb. 1542. JOAN. CaLVINUS tUUS. (Inscriptio :) Petro Vireto, Lausanensis ecclesiœ pastori fide- liss., amico et fratri singulariter dilecto. 1157 MARTIN BUCER à Guillaume Farel [à Metz]. De Strasbourg, 13 septembre 1542. Inédite. Autographe. Bibliothèque des pasteurs de Neuchâtel. S. D. in Domino, mi Farelle colende et charissime. Quid aliud quàm ut precemur Dominum, ut tibi consilium, aliis robur lar- giatur, faciamus hac tempestate? Nostris^ oninino videtur, per- gendimi vohis fuisse, aut omnino qidescendum, donec legati redi- issent^. Idem nos existimamus. Qui ecclesiam Hierosolymita- nam, collatam adversariis suis, multo quàm sit nostra minorem, ** Le sentiment de sa supériorité intellectuelle fut trop souvent un piège pour Calvin : elle ne le prédisposait pas à la douceur et à la patience en- vers un homme qui lui faisait perdre son temps, et qui l'avait déjà fatigué par ses querelles de famille (N" 1149, renv. de n. 2-5). Le Réformateur disait, le 26 mars 1544 : « Scio hoc illi [scil. Sebastiano] esse persuasum : vie cupere eminere. Jurene an injuria hoc de me sentiat, Domini esto judi- cium. Mihi certè ego non videor ullam occasionem dédisse. Sed mihi cau- sam prsehuit cur illum et ambitiosum et contentiosum judicare debeam. Sed doctrinam respicio et animum alioqui non malum. » ^ Nostri, dans la présente lettre, désigne les magistrats de Strasbourg. * Sur l'activité de Farel à Mets, on a trois documents de première 126 MARTIN BUCER A GUILLAUME FAREL [A METZ]. 1542 teri'ibilem tamen adversariis suis fccit, is indubie et à vobis vim civium iratorum cohibuisset ^ Sed Dominus novit quid sit me- lius. Tii tacendi magnam caiisam Imbuisti, quando id etiam main : la présente lettre, celle de Bucer du 6 octobre et les Chroniques messines, où nous lisons, p. 861, le paragraphe suivant : « Le troisiesme jour du mois de septembre 1542, ung docteur nommé Guillaume Farel, estant en la cité, fut persuadé d'aulcuns bourgeois... pour prescher le sainct Évangile de Dieu. Le dit docteur vint en la cime- tière des Jaicoppins et monta en la chaire pour prescher, et y avoit beau- coup de gens qui assistoient à sa prédication. Voicy venir, cependant qu'il preschoit, deux moines des d. Jaicoppins, et luy dirent qu'il descendist de la chaire... Tantost s'esmeurent aulcuns des bourgeois et vinrent au devant des dits moines, disant qu'ilz... se retiraissent en leur cloistre, ou aultre- ment ilz ne feroient pas bien. Ce voyant, les d. moines se sont retirez, et eulx allant à l'église se prindrent à sonner les cloches de toutte leur puis- sance, pour empescher la parolle de Dieu. Ce pendant que le d. docteur persévéroit en sa prédication, vindrent trois sergens de part messeigneurs de Justice, disant qu'il cessast de prescher... Le d. prédicant respondit qu'il ne cesseroit point à annoncer la parolle de Dieu, plus tost à mettre sa vie. Les d. sergens s'en allèrent et le d. docteur acheva sa prédication, et fut le peuple fort bien édifié de son sermon, disant qu'il avoit bien pres- ché et catholicquement. Ce voyant, le lendemain, qui estoit le lundi, les d. frères Jaicoppins firent abaittre la chaire qui estoit de pierre anticque... et ne sceurent ti'ouver aultre vengeance. » Bucer nous apprend (lettre du 6 octobre) que, « le lendemain » [du 3 septembre], trois mille personnes attendaient pour écouter la prédication de Farel; mais que les principaux Evangéliques et le maître-échevin ob- tinrent de lui qu'il s'abstiendrait de prêcher en public {ut quiesceret), jus- qu'au moment où la prédication pourrait avoir lieu sans exciter des troubles; et que, le même jour, le Réformateur comparut devant le Conseil des XTTT, auxquels il répondit avec fermeté. « Intérim [continue Bucer] quievit Farellus... expectans legationem quam Evangelici... miserant ad nostros... » Citons encore le § 411 des Extraits de Paul Ferry : « 1542, septembre. Lettre des principaux de la Religion au sénat de Strasbourg, où se void Testât de ceste affaire à Mets en septembre 1542, et que ces principaux avoient prié M. Farel de ne prescher point le lundi/ 8 [1. 4] septembre, de peur de tumulte, et la promesse du maistre-eschevin au peuple assemblé, pour le renvoyer doucement. Et que le magistrat passionné vouloit appeler un prince voisin pour les opprimer... » (Communication de M. H. Burtin, bibliothécaire de Metz.) La présente lettre de Bucer du 13 septembre correspond exactement à l'état de choses créé à Metz par les événements du 3 et du 4. Mais cette lettre ne se comprendrait plus, si l'on admettait l'assertion du P. Meurisse (o. c, p. 43), qui affirme que « Farel fit son entrée dans la ville de 3Ietz lo42 MARTIN BUCER A GUILLAUME FAREL [a METZ]. 127 Consul jussit '*, in quo solo aliqiiid potesiatis piOÂicee vohis reli- qimmfuit. Ad Considem fortiùs agere oportuit^ Tu, an deboas, potestatis jussu contempto, pergore, an minus, id scis totum pendere à directione spiritus sancti,'' quem oremus ut tibi et cœteris fratribus nostris adsit. Scribiint nostri (defuerunt enim qui nunc legati mitti potuis- sent) ad VII viros ^ ad Considem et fratrem Imjus Rohertimi. Ad liés duos, ut constanter agant in causa Domini, nec Immano se nietu detei'reri ah eo patiantar, qiiin adsint piis, nt Verho Domini frui possint et Sacramentis, in uno saltem templo \ Al[ljegant exempla Principatuum magnorum et Civitatum ^ le 3 de septembre » et qu'il prêcha en public « le Dimanche suivant » [10 septembre]. On aboutirait alors à la conclusion absurde que voici : Deux ou trois jours après les événements précités, et sans attendre des rapports complets sur ce qui se passait à trente-trois lieues de leur ville, les magistrats et les pasteurs de Strasbourg se seraient hâtés d'écrire à 3fetz et de prodiguer, un peu à la légère, des exhortations aux deux partis. * C'était aussi la conviction de Fareî. On lit, dans la préface de son traité intitulé : « Forme d'oraison pour demander à Dieu la saincte prédi- cation de l'ÉvangUe... Genève, J. Girard, 1545, » traité qu'il composa pour les Messins : « II est vray (comme j'ay dit à ceux qui pensoyent parler bien sagement, et avoir un conseil tant sage pour conduire Dieu et les hommes...) qu'il estait nécessaire, en l'œuvre de Dieu, regarder Dieu seulement et ce qu'il commande, et ne falloit aucunement regarder l'effort de Satan... Et davantage ay dit que, s'il y avoit personne qui deust craindre, je le devoye faire, pourtant que tout le danger estoit sur moy. » (Crespin, o. c, 1582, fol. 153 a.) *"^ Le consul (maître-échevin) de l'année 1542, Gaspard de Heu, sei- gneur de Buy, homme de haute et ancienne noblesse, était partisan de l'Évangile. Farel écrivait, le 11 janvier 1545, aux Évangéliques de Metz : « En toute humilité vous avez donné de telles supplications, que vos Sei- gneurs disoyent qu'elles estoyent bonnes et saintes et dignes d'estre receues : adjoustans cela, mais que le cœur fust selon les requestes... Et combien de fois en avez-vous instamment, et au nom de Jésus, requis le maistre- Esche- vin : que comme chef de la ville, il vous octroyast la ParoUe ! Et luy qui... avoit grand désir que l'Évangile fust presché, quelles remonstrances a-t-il faites aux autres Seigneurs ! » (Traité précité.) — Néanmoins, Gaspard de Heu se conduisit comme l'un des « prudents de ce siècle. » C'est pour- quoi Bucer dit ici qu'il aurait fallu lui parler plus énergiquement. ^ « Les VII de la guerre, » comme on les appelait, faisaient partie du Conseil des XUI Jurés de Metz. ' Les Évangéliques messins n'obtinrent cette faveur que le 21. mai 1543. ^ Les Villes impériales, qui se gouvernaient elles-mêmes. 128 MARTIN BUCER A GUILLAUME FAREL [a METZ]. 1542 et ubi admisso Verbo tranquillitas retenta est, et ubi repulso res motae sunt. Admonent periculi ab intestine dissidio et ab externis adversariis, unde rospublica etiam de libertate tam diuturna et singulari periclitari queat ^ Hortantur ut a Domino pendeant. Septemviris scribunt, se audisse aliquid perturbationis istic esse, propterea quôd quidam civium Evangelium et Sacramenta Christi pétant puriùs sibi administrait : id ipsis forsan ideo difficile vidci'i admissu, quôd periculosam inde metuant nova- tionem. Se autem non dubitare quin futurum sit, ut periculosae res moveantur '", si pergant evangelion Christi suis prohibere, et tranquillentur, si illud admittant. Oft'ondi enim Dominum et bonorum animos irritari Evangelii prohibitione, placari permis- sione. Allegant exempla utriusque eventus. Causam scribendi inde sumunt, quôd sit vêtus amicitia inter has respublicas, et utraque alterius commoda promovere et incommoda arcere cu- piat. Omnia quse possunt amicè scribunt. Graviter tamen admo- nent et hortantur. Oremus Christum, ut ipse causœ suse adsit. Tii hono animo esto, nec dnbmm enim quin mpias te immo- lare pro populo Dei, et tantùm laborare de certa cognitione jus- sîis divini. Christus Dominus, qui hoc studium dédit, dabit etiam rogatus, ut aliquod operse praecium facias. Non pudefaciet te pro suo regno zelantem. Precibus nostris debetur, quôd non egit adhuc in tuo ministerio magnificentiùs. Sed prœvalebit misericordia ejus, ut fructum adferas, et fructus is maneat. Hic te et sanctos omnes istic corroboret, regat et gloria sua omet ! Argent. 13 Septemb. 1542. Salutem et successum pii conatus tui precantur tibi omnes symmystœ nostri. M. BUCERUS tuus. (Inscriptio :) Fideli et forti servo Christi Gu[lielmoJ Farello, suo [in Domino] unicè colendo et fratri charissimo *'. ^ Allusion aux visées du roi de France sur la ville de Metz. *" Ce mot a remplacé contingant. " Farel a écrit sur l'adresse : « D. Bucerus. » 1542 SIMON SULTZER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. Ii29 1158 , SIMON srLTZER à Jeaii Calvin, à (lenèvc. De Berne. 1(3 septembre 1542. Aiito,2:r. P.ibl. Publ. d»' (IcikVo. Vol. n" 112. ("alv. Of)]). XI. 440. Salve, mi ("alviiic fratcr. Literas Jiodie accejnmus à confrairi- hns Hostiifi Classis Neoconiensis scripias ad se a Farello nostro ', iioii IsiiK'l siiigulari aiiiini voliiptatc, (luippc quihns lyrosperum iter ilU Meias contigisse cognovimus, nimii-iiiii n])tiiiiis ausi)iciis, quae [D.] et ad siii iiominis profectum poteiiîi iiiaiiu dirigot. Niliilo V(^r5 iiiiiiùs oblectavit au^uy^oa^fjtôvojv saiictorum corda- torumque saiicta o-uy./3cu/ta, quorum opora atcjue j)ret'ibus cer- tum est plurimùm adjutum iri hune fortem iiostrum infrac- tumque Cliristi mUitem, m tain arduo i)ra^sertini opère. Sic enim necessarium est ut commuui circumspf^ctioue, ceu oculis uiidi- quaque (.sic) intentis, res taiitie peragautur, et cum primis cœ- leste advocetur i)ra^sidium. Certuui euim est veteratorein Satha- uam omnibus macbinis adnisurum, ut vel surgens impediat iedilicium V(>1 jam extructum dejiciat, maxime cum tanta sup- petat instrumentoi'um atque satellitum copia. Verùni sic ut cœ])it agenti neque o])e neque sapi(>ntia sua deerit cœlestis Architec- tus, ])erticietque quod misericorditer ca?i)it. Sic etenim et de Catliolica ecclesiarum structura atque restitutione persuadeinus no])is. quamlibet iniqua rerum facie, fore scilicet ut convulsas sanet et redintegret. Xeque enini est a])])reviata manus Domini, iie(|ue in totum abjecit viscera niisc^ricordia^suîie. Quare non al)s re ingentem ex hoc nuncin volu|)tatem traximus, (pue nos in jxTturbatione et ])ul)li('a et ])i'ivata jucundissimè i-ecreat l't reti- cit, ceu in magna tenipestate ettulgens ex pai-te serenitas. I>abi- musque operam ut pieiitis^iinos conatus cuni (^cclesia nostra juvenuis oratione sedula. ^ Il iniportcrait i\v i-ctioiiviT cette lettre udressée à la Classe de Xeucliâ- tel. Elle fut écrite (coiiiine on le voit) bientôt ni)rès l'arrivée de Fard à Metz (Cf. N" 1150, renv. de ii. 24). T. VIII. 9 130 SIMON SULTZER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. lo42 Accedit verô hiiic nuncio aliud quidpiain non j)rorsùs inaus- picatum : nompe nararcJium Turcée vi tempestaiis cuni mogna hominimi naviumque midtitudine ojypi'essnm, cum -npà; au/zf/a- yioc'j Gain contenderet -. Itaque falsum ea spe regem non medio- criter ])orturbari. Sod et Venetos Turcœ negavisso transitum per siiani ditioneni, quod plerique mirantur. Famani autem liane j)ro})at transmissum ex Oemia in Hispanias italicum sub- sidium a Marchione Guaiasco ^ quod facile prohibituri Tnrae fiierant, nisi fato ali(iuo jjrofligati tntuni pi-a^l)ere transitum liberunique cogerentur. Interea fertur de Gallo queri Turcicam legatioiiem, quod minîis sanctè initis stet pactis, et nisi prsestet pollicita, nescio quse, prœdicere bellum ex Pannoniis adversùs ipsum translatum iri. Sic forte constituit Dominus impiorum syncretismum ' dissipare tandem. Accipimus varia, imô horrenda, de cojnarum regicoion in Ger- mania infer'wre successibus et x>opulationihus per Flandriam exercitis ~\ Manus est germanorum mUitum a Geldrio '^ coacta, quse et Loranium improvisa caepit irruptione, studiososque cir- citer quingentos, solos ausos captis armis resistere interemit, per cfetera verô et hanc et reliquas urbes reliquit, nulli ' cons- tituto prsesidio, versus Pyremeos montes pro])erans *, reliquo illic jungenda exercitui, qui versus Hispaniam tendit, ubi Impe- rator belli molem excipere constituit ". In Pannoniis nihil, ut audio, perticitur. Dominum laudamus quôd nulla dum clades sit accepta'". Protestantes fecerunt quod in se erat, et faciunt * '■' * L'amiral turc envoyé par Soliman était le famoux Barherousse. Il ne fit sa jonction avec la flotte de François I qu'en 1543 (Voy. de Ham- mer. Hist. de l'empire ottoman, V, 350, 351). L'alliance entre ces deux monarques datait de 1534 (III, 250, n. 3; 251, n. 5), et elle persistait, au grand scandale d'une partie de la Chrétienté. ^ Le marquis Alphonse du Guast, gouverneur du Milanais pour l'Em- pereur (\TI, 201, 204). * N" 1137, notes. ' Guillaume, duc de Clèves et de Gueldre. ' Dans l'édition de Brunswick : nullo. t-9 Prançois I faisait investir Perpignu)/ par une armée de quarante mille hommes: mais la défense fut très vigourfuse. A)i(lré Doria y avait envoyé par mer tout ce que l'Empereur avait sauvé d"artiLlerie de son expé- dition d'Alger, et le duc d'Albe commandait dans la ville (H. Martin, YIII, 281, 282). i5l2 SlMOiN SULTZER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 131 ('tiaiiiiiuin, scd iiiliil proliciiiiit soli et i-('li(iii(ii-iiiii auxilio aut coniinoatu ])Otiùs atciiic Ix'lli ikm-vo. pcccmiia. destituti ". (^uaro aut iiuhicia' suscipicntuf. vcroor lualè taiista', aut de nova cxpc- ditiono lei'iscjue exactionc i)i'()vid(>n(lui{i, (|uani et uioliri tVruntur. Nos quidcni quietem nimc agimus lui-, sed vereor mule pax ut firma duraturaque store Jiac in ecclesia possit , eo durante homine qui ussertionem sacri munsterii cmn suis pmiïbus ])rohare non ridefxr'^ : quam tamon nos nbmittoro noquo possuuuis m'cpio debemus : coiistaiiter, quaiitùiu in nol)is est, advi^ilaturi uti niinistcrii aguoscatur autoritas. s//nihoIorum usus sacer augus- tusque habeatur, et catholica ccclcsiaruni provehatur ac coiitir- metur consensio : qua in ve Christus faxit Doniinus, ne quid vol per ignaviam vcl iucogitantiam comniittamus nostrœ (sic) indi- gnuni functioui i)u])li(u'(iuo ivditicationi obfuturuni. Pestis in agro nostro germanico recrudescit , quœ et a])suini)sit nobis aliquot exiniia organa. ut in cojjiosa messe operariorum dej)lo- remus penuriam. Sed et liaec Domini nianus est ad pœnitentiam vocautis. Dominus Jésus te servet, et nos ama, amantissinie Calvine. Literis tuis obsecro sa?p(^ nn' interpella, excita, nione. Saluta fratres et cooperarios in Domino. Salvum te cu])iunt D. I). Contzen., Beat., G^-yw., Te^rtWîowM^s'^ jam ducta uxore et locuplete et honesta sponsus. Bene vale. Seripsi Bernie. Ifi Sep- temb. Ainio 1042. T. SlLTZERUS. (Inscriptio :) Eximio Christi servo Domino Joanni Calvino, viro doctissimo, amieo et patrono suo. '" Cette phrase se teriiiine dans l'oripinal par les mots suivants, que Sultzer a biffés : « sub duce tam et imjirnvido et infelici Ferdh/ando. • " Ranke, o. c. IV, 239-243, donne maints détails sur l'imprévoyance et le désordre qui i)aralysèrent l'armée impériale chargée de résister aux Turcs en Hongrie. ''■' Allusion au pasteur Erasme Biffer. '^ Beatus Geritiy, Thomas Gryn(cus et le Jeune professeur Bernard Tillmann (\T1, 286, n. 13-U). 132 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. 1342 1159 JEAN CALMX à Piei'pe Viret, à Lausanne, De Genève (entre le 1:2 et le 19 septembre 1542.) Autogr. Bibl. Publ. de Genève. Vol. n" 106. Calv. Oi)]). XL 442. Petis ut tuœ prolixitati igiioscam '. Ego igitiir ne similem veniam petere abs te cogar, non modo lirevis ero, sed abscissus etiani. De Zehedœo non est facile consiliuni, quia parùm proderit consultari quod exequi simul nequeRs. Dujflicavitculpam stidiee suœ profecHoins et i)rofa)ii jiirisJKrandi, non correxit-. Li^tinam istis docunientis nionitus aliquando discat non ita sibi indulgere. Si tibi connnodum esset hue usque conimeare, sermone forte plus quàni literis efficeremus. Hoc ])artim dico quia Clcmdius Fraitcus ' ad suas nuptias vult te accersere, quas altero ab liinc Dominico die celel)rabit. Sed altiùs specto : ut scilicet paululùm te nobiscum reticias ex illis niolestiis, quœ te excruciant \ et simul inter nos conferamus. De successore '"" etiam heesito. Nemo ^ Allusion à une lettre perdup. - André Zébédée avait, sans doute, entrepi'is de justifior, devant les j^as- teurs de la Classe d'Yverdon, son adhésion à la formule de Fierre Kunîz (X" 1150, n. 6). * Sur Claude Frcoïc, voyez la note 7 du X° 11^3. ■* Dans sa lutte incessante contre les vices et les désordres, Viref n "était soutenu ni ]»ar les magistrats lausannois, ni par son collègue Béat Comte, qui se montrait peu soucieux de conserver l'estime jjublique. ° Le successeur de quiV — de Zébédée, ex-pasteur de la ville d'Orbe? — Fribourg Favait suspendu de ses fonctions, le 5 juin ÇS" 1127, n.22), mais Berne lui avait aussitôt substitué Thomas Malingre, que Zébédée dut remplacer à Yrerdui/. Il faut donc chercher ailleurs le jioste (|ui allait deve- nir vacant. Nous avons lieu de croire que \'iref, dans la lettre à laquelle Calcin répond, déplorait la conduite légère de son collègue Béat Comte, qui venait de provoquer, à Lausanne, des commentaires défavorables. Le Consistoire lausannois s'était occupé de lui. et la fiasse de Lausanne devait prochaine- ment examiner s'il était encore digne d'exercer le ministère de la parole de Dieu (Voyez la lettre de Calvin écrite vers le S décembre, et celle du 19 janvier 15-13). loi2 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET. A LAUSANNE. 133 enim idonens erit, nisi bene exercitatiis. 'rnlciu non lialx'inns luC ad mannni. Si Cel in s Whir potiiis adjicci-ct aninuiiu " qiiàni ad sclidlarnni pra't'ccturani ". non (lis|)ljc('rct. yV/'^p/vM^Mcrô suffici nescio an cxjx'diat \ Utia illa me c/irti ai/fj/f (te torqnet, tte si diuiihs differamus, inquietîtsille S2)iritfis'' tat/qiKnn in ntcnam possession e)n iniiniput. <,)uid si ad Natalcni istnc ant Nihiffiis '° aut alius (juis])iani conccdei'êt : ot interea dispicorenius d(> ccrtiore rationo V Hoc dico (juia niliil nn'liu^ occnrrit. At(in('. nt fatcar. cnni d(^ to et volns omnibus cogito. fei-jà exaninioi*. Ohsccro tanien, qiioad i)Ossiim, ut sine literis aut ali(|ua status tui signi- ficationo neniin(nn liuc venire sinas. De Iniberto " ita ut scripsi '^ inihi narratuni fuerat '■* : iniô etiani nrhe aufugissr» '* et se aut lu Germat/iam aut alio procul coutulisse : sed non niemini authoris. Tumetsi iUnni Sfdvuni cupio, moriamnr iamcii, et ipse et nos omnes, quàm nt taie crudelitatis exemplum^'^ et nostro secido demus et ad posteros relinq^icnmts. Vale. tVater integer- rime et niilii in Domino charissime. Saluta omnes amanter, Celium, Imhertnm, Bihittnm et familiam tuam. Iterum vale. JOANNKS CaLVLNLS tUUS. Scripsi turbato animo. et tunudtuariè ac festinanter, (Inscriptio :) Petro Mreto jjastori Lausancnsis ecclesiae tideliss., fratri et amico chariss, " Celio Curicme parlait donc le français. i)uis(iii"il est ici ])roposé comme candidat ]i(iur une charge de prédicateur à Lausanne. '' Ï\DI. de Berne voulaient confier à Curione les fonctions de ])rinci]ial {luâimarjixter) du Collège de Lausanne (xchola inferior. ])ar o])])()sition à la Haute-Ecole, qu'on ne tarda pas à décorer du nom d'académie), et il devait s'occuper spécialement des XII écoliers-pensionnaires de LL. EE. (Cf. les X"* 1155, n. 7, 1100. n. 7). * Hugues Turtaz, pasteur à Meyriez. près de :\Iorat, était natif de la ville d'Orbe et parent de la femme de Viref. ^ Dans cet « esprit in-ouillon » on reconnaît Zébédée. ^' Ce personnage était peut-être Hippohjle liehit nu liihil. qui tigure, avec ses frères, dans le Registre du Consistoire de (icn^vc. ;iu Hl a^ût 1Ô13 (Calv. Oj)p. XXI, .SU)). ^' Probablement Imbert Faccokl, ])rofessi'ur d'iicbrcu à Lausanne. Ndyez les Indices des tomes IV-\'n. '^ Encore une lettre |ierilue. " La phrase suivante jusrprà contulisse est écrite à la marge. 134 PIERRE VIRET A JEAN CALVIN, A GENÈVE. lo'l2 1160 PIERRE ^iRET à Jean Gal\ in, à Genève. De Lausanne, 19 septembre 1542. Autogr. Bil)l. Publ. de Genève. Vol. ii" 111^ Calv. 0pp. XI, 443. S. De decano7imi res'ponso et formula Conzeni, tecum sentio plané, de qua re fortasse aliàs faniiliariùs colloqucniiur. Voluissem decanos sectdos nostrum consil'mm. Zehedcvum non ])otui conve- nire priusquam classem ' convocaret, necduni inilii visiis est postqnain Berna rediit ^ quamvis literis à me seriô et instan- tissimè vocatus. Aliàs, ecclesiœ cum alligatior esset ^ ob levis- simas quasque causas ciirsitabat : nunc penè solutus \ vix evocari ad res adniodum necessarias potest. Noliiit scholasticam conditioneni admittere, sed quas ob causas, nonduni liabeo satis compertum : quod tamen non puto sine nuinine factuni. Nani ex quo bine abiit Crelius"% cum literis nostris comnicndatitiis, quibus bominein coininenda])amus ut dignus videbatur, accepit 'prœfedus literas à Senatu, quibus monetur admissum esse Cœ- lium ad banc conditioiiem '', ut ei domum adornet ^ et collegium 14-is (^(. passade rosto obscur. On ne sait pas si Imherf s'était enfui de Lausanne pour éviter la peste, qui commençait à y faire des victimes. La « cruauté » dont on l'accusait aurait-elle consisté à abandonner sans res- sources sa femme et ses enfiints? Quoi qu'il en soit, Calri)i continua à le faire saluer dans les lettres qu'il adressait à ses amis de Lausanne. ' Sous-entendu IrerrlHuensem. * André Zéhédée pouvait être de retour de Berne depuis le iJl août ou le 1" septembre. * C'est-à-dire, avant le 5 juin 1542 (N° précédent, n. 5). * Parce qu'il n'était plus le pasteur des Évangéliques d'Orbe. * Celio Curio)u écrivait à Calvin, le 7 septembre, qu'il repartirait le 1.3 pour l'Italie. Mais il s'était déjà mis en route, le 7, pour Berne, Zurich et le caiitoii des Grisons. ® Voyez la note 7 du N" ILoO. ' Maison que Celio Curione devait habiter avec les XII écoliers-])en- sionnaires de MM.de Berne (t. VI, p. 340-.S 48). Voyez aussi l'opuscule de M. le i)rofesscur Henri Vuilleumier intitulé : « Les douze escholiers de loi2 PIERRE VIRET A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 135 instruat ea qua opus est suppollcctilc Additur i)ra'toi'ea <'i a Seiiatu decrctuiii salariuiii 400. Ho.[ronoi'iiiii |, inodioi-inn tritici 3. viiii ciirriiiun 12. aiit H. Puto et i)0cuiiias ad iiiiix'nsas osse additas, ut coiiiuiodiùs Imc fanilUiim traiisfcrret. Prius(]naiu niilii tua' litene* redderentur, jaui à uohis disc(>ssei'at, quo fac- tum est ut tuas (>i rcddore non licuorit, quas rosignavi et asscr- vavi. Quod autcm vororis ne se coniiiiittat periculiset ])ra'judiciis, id ultro fac'turus est quod consulis. Non enim dccrevit Fena- riam pra^teriro ^ Sed de his jam satis. Ucdeo ad tuas literas et setiai nsconsultum '". Ut ingénue t'atear apud te quod sentio, est quod desidereni in hoc negocio, nec dis- siniulavi. I)i ea eram sententia ut clarihs eloqueremur quod sen- timus, occurreremus periculis etpriejudiciis quee tu colligis : sed cdiis " visum est, ipsis Uteris '^ ha'c omnia satis caveri et nostris occiirri querelis. Non putaham esse in certamen descendendum, sed minits tamen connivendum. Sed si nostri hac in j)ai'te luere faciliores, ne ])utes ab aliis^-^ hanc |)ensari facilitatem majore cura. Video et audio aliis meliùs esse satisfadum, nec consti- tuisse aliud quidpiam esse respondendum. Ad ])rjefixani diem Aîbonam^* nie contuli, sed aliarum duaruni classium '^ nemo adfuit, Causatur adversam tempestatem Pariatus '^ Quid Mossiours. Lausanne, 1886, » in-12. — Ernest Chavannes. Extraits des Manuanx du Conseil de Lausanne, II, l.SO. * La lettre de Calvin du 11 septembre à laquelle ré})ond Viret. ® C'est à Fernar (jue sa famille devait le rejoindre, après avoir (juitté Lucques sans espoir de retour. '* Les nouveaux éditeurs de Calvin disent, p. 444, note 4. à ])ropos de ce décret : « die 22 Augusti factum, non 15, ut Simlerus habet. » Nous avons vu, au contraire (V 1147-1148), que la date donnée par Simler est exacte. *^ C'est-à-dire : ses collègues de la Classe de Lausanne. '^ Le mandement du 15 août, adressé aux six Classes du Pays romand (X" 1147). ^* Viret désigne ici les autres Classes, dont la décision tut, (}u"il n'y avait rien à répondre au mandement de LL. EE. '* Dans la ville à''Auhonne, située à 4 lieues 0. de Lausanne, devaient se réunir les deux Classes indiquées ])lus bas, et celle de Mortes. " Les Classes de Thonon et de Gex, comme on le voit ])ar les deux phrases suivantes. '^ Selon Gérard Pariât, doyen de la Classe de Tlionon, le mauvais temps avait empêché ses collègues de traverser le lac. 136 PIERRE TIRET A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1342 Oaierises^' inipcdivcrit, me latet. I)al)0 operam ut uosiris ad Seuaium literis respoiidcatur qiiàm fiori potorit mitissimè, sed ita ut non penitùs malè consulatur nostrœ libcrtati '^ Colligis multa incommoda, qa^e tametsi satis apertè inde con- seq^ii videantur, non arhitror tamen eb sj)ectare auiores ' '\ Toti eb rajiiui/tnr ni papismuni et hdlieranismum excludant : qnam causam ita agunt, 7(t prseclude?'e viam ad omnem disciplinam ecclesiasticam videantur, ipianivis certô sciam i)lurimos osse ex eoruin numéro, qui non postremas partes in bac contre versia tenuerunt, qui secîis sentiant. Nam quura de aliis quibusdam riti- bus, ac praesertim excommunicatione, nibil actum sit in Disjjuta- tione ^^ ne putes eos tam latè voluisse suum edictum extendere, neque niiniis pênes nos ejus interi)retationeni quàm ipsos au- tores futuram arbitror. Qubd si tyrannidem exercere velint, poterunt etiam sine idlo suo edicto : sed video aliter affectos, quamvis nos non opoîieat nimis esse securos et posteritatis négli- gentes. Porrô, quod scribis « nos ignota approbare, » verum sanè esset si Bern[ens^s^^ tantùm disputatio jjroponeretur, sed huic Lausannensem annectunt, in qua quid actum sit. tu testis es-'. Tametsi non omnia ad unguem ex])ressa sint. nibil tamen obsti- terit quo minus clarior et fusior doctrina tradi possit, modo ea adhibeatur cautio, ne quid durius excidat. Qui infensiores bostes visi sunt in bac causa et acriores receptœ opinionis ])ropugna- tores, non otïenduntur tua ([uam ])rotiteris in Institutionihus sententia", nec aliis forte, si te tuorum verljorum audirent inter- prètent Multa in nobis sitasunt. si modo prudentes simus dispen- satores. Faciam ut exemplaria videas nostrarum literarum - '. " Gaienses, ceux du Pays de Gex, près de Geuève. Yiret avait d'abord écrit lacob., qu'il a effacé : c'était le prénom de Cainerle, doyen de la Classe de Gex. ^^ La Classe de Lausanne cliargea, en effet. Fun de ses membres de com- poser une réponse au mandement de MM. de Berne (Voyez la note 2.S). '^ Le juçrement que Viref porte ici sur les dispositions du gouvernement bernois, jjouvait, en 1542, pai-aitre équitable. Mais la crise ecclésiastique de 1558 donna raison à la clairvoyance de Calrhi. ^^ La Dispute de Berne de 1528. 2' Voyez, sur la présence de Ctilrlu à la Dispute de Lausanne (octobre 15.SG), le t. IV, p. 88, note 11. ^'^ Dans la seconde édition de rinslituiinn chrétienne (Argentorati, 1539), Calvin traite de l'excommunication dans le chap. IV, ji. 145, 146. loiâ JEAN CALVIN A PIEHRK VIRET. A LAUSANNE. 137 Caetorùm. de Scbastkmo ^'* ncscio qiiid scrili.nii. iiisi (luod à ini' aiidivisti. Doleo tibi tantum esse niolostiai-inii. Xegelins ^' Bei'ncnn rediens mxJtis apud mp commendavit humaniUdem et civïliMem Genevathnn : iiui vid('tui'.^iuilii et iii te et civitatcm non nialè atfoctus. Ego. quoad ojus ticri liotuit. conatiis suni liane oi ojjinioncm augero et confirniare. Hic ta])ollarins tibi notus refoirt qum de Farello audivit Xeocomi. Saiuta onincs nico noniino. Nnstri to salutant. Valc Lausanna\ V.) So|)t. 1")4'2. Tuiis P. VlHKTUS. (Inscriptio :) Pietato ot oruditiono ornatiss. Joanni Calvino, Verbi ministro fidcliss. Genevse. IIOI JEAN CALVIN à Pierre Viret, à Lausanne. De Genève, 25 septembre 1512. Copie contemjjor. P>ibl. Publ. de Genève. Vol. n" 190. Calv. Oi)]). XI, 445. Hic f rater, sicnt nosti. {•oinniendatitias niilii attnlit a Mat- tJi^'o ' quas tibi remitto. ut videas quidnani à me |)('tat. Id ciiini nieliùs fore censui qnàni verbis mois id refci-rc. Niiuc si (|ua erit ratio ipsuni adjuvandi, rogatuni te vdini ut oix^ram ei tuani imix'udas. Quanidiu (niini hic a|)ud nos fuit, seuipcr ^' Au jugement de Caîrin (S" IIG.S, renv. de ii. 4), cette réponse était « courageuse et assez énergique. » ^^ Sébastien ChâteiUon. ^* Selon les nouveaux éditeurs de Calvin, ji. 44.5, note 11. c'était « Sébas- tien Nœgueli, bailli de Lausanne. .. Il l'avait été jusqu'en 1.541 ; mais en 1.542, cette charge était remplie par Antoine TiUier. ^ Nous sommes disj)Osé à croire que ce Mutthœus était « Tanii com- mun •> de Calvin et de Sultzer (Voy. la lettre de celui-ci datée du .31 jan- vier 154.S), et qu'à l'aide de futurs indices il pourrait être identifié avec Matthieu Blancli, élu régent de l'école de Xyon. le lit octobre 1536 (IV, 92). 138 SIMON SLLTZER A JKAN CALVLN, A GENÈVE. loi2 optima signa dare mihi visus est recti ac simi)li(;is animi : quod snmmum est ac prfecipiiiini. Doindo, quantum i)otui observare, si ad nnmus aliquod adliil)itus fiierit, sedulô ac diligont(n- in eo Yorsabitur. Postremô, ntciinquo non sit doctissimus, tamen purœ doctrine studiosus a])i)arot. Hoc ])i'8etorea mo movet, quôd non parîun rcf(»ret, ouni qni locuni obtinobit ad quem adspirat, tibi esse obstrictum, et esse non niahini. Matthœus autem, ut vides, vehementer laborat, nec cessaljit pro sua parte, donec aliquid efficiat. Nunc si suffragationeni tuani addas, uterque tibi fiet conjunctior. Faciès igitur quod iidei officiique tui esse statues. Vale. Hodie literas per Nicolaum'^ scribam. 1542. 2.5 Septem- bris. Jo. Calvinus tuus. (InscripHo :) Petro Vireto, Lausannensis ecclesiœ pastori, fratri mihi cliarissimo. 1162 SIMON SULTZER à Jean Calvin, à Genève. De Berne, 4 octobre 154:2. Copie moderne '. Bibl. nationale. Coll. du Puy, t. 102. Calv. (3pp. XI, 452. Salve, mi amantissime et observande frater. Non injuria mi- raris in tam grœvi ecclesiœ nostrœ tempestate, qua nuper tantùm non semel est obruta, tam ])erti)iax nostrimi sileutium, quij)pe qui nec instans periculum nec invalescens certamen, nec deniquè totius hujus ti'agœdia3 historiam perscripserimus amico, qui nimirum et consiliis et consolatione adesse nobis in tanta neces- sitate i)oterat. Verhm mirari desines, in ipsa saltem adione niJiil [te] literarum accepisse, si intelligas quoi res siniul nos * Probiibloment Nicolas Le Ferf (VIT, 16), beau -père d'Antoine Calvin. * Ecrite au siècle passé et très imparfaite. Nous en avons corrigé quel- ques fautes, sans les signaler. loi2 SIMON SLLTZER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 139 omnes occuparint , (nii])|)(' (|iii vcliit in altissinia pacc ameutes niliil iiialonnii non solinn cxpcctahatm- (sic), veriini ih' \)vy sonininm quidcni i)r. cit. p. 165, cette crise fut ])rovoquée par Pierre Knntz, qu'on accusait, à Zurich, d'avoir répandu secrètement des écrits contre la doctrine zwinglienne de la sainte Cène (Voy. Fiislin, o. c, p. 210). liitter attaqua Pierre Kuntz à ])ropos d'un sermon sur la charité, dans lequel celui-ci avait soutenu qu'elle interdisait à une église particulière de se séparer des autres. Kuntz faisait sans doute allusion aux attaques de liitter, quand il disait, le lundi 31 juillet, devant le Petit Conseil : « On a entendu comme j'ai été hlessé, hier, jiar des railleries eni]inisonnées. » (Trad. de l'ail. Manuel du d. jour). * Voyez le X" 1147, note 10. ^'^ C'était une copie de ronloiinance du 3 août, qui. sur quelques ])oints, disait le contraire de celle du 2 (N" 1147, n. 13. 15-1(!). 140 SIMON Sl'LTZKR A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1342 110 tiim qiiidom coiniiiunicari ciiiii aliis negotium liorot intogriim nobis, iiisi quôd ego, iioscio qiiid pneseiitiens, pi'oi)riiim meis sumiitibus tabollo])]ioriim ad 1). Mycon.[rum*] iiiisi : à (jun vciioii- tiiiain coiisolatioïK'iii taiitùm accepimus. Iiitolligitis ^ igitiir, mi Calviiio, te niilla iiegligontia iicque obliviono tui esso ])r?etoritiim. Scd quôd no catastroplion qiiidom tragœdiœ perscripsorim, iiidc factum ost quôd ot nollom to iiimirum ejus historiœ dy.poxax-i lassatuni douuô fatigare, et quôd Yiretum, qui jjostremo eventui interfuerat^", ipsum enar- ' Nous résumons lo second tiers du procès-verbal du 15 août : Les quatre prédicaots ont encore présenté leur requête d'hier (Cf. p. 100 au bas). Cependant SuHser et Schrnid se sont engagés à expliquer les mots [obscurs] qui causent du mécontentement. Là-dessus on décide : Primo, que [le secrétaire] Nicolas ZurKiiideu n'a point failli en n'écrivant [pour les mi- nistres?] que l'ordonnance qui a été en premier lieu adoptée par le Petit Con- seil et ensuite par celui des Bourgeois, mais qu'il est entièrement justifié de cela. Quant à cette observation des quatre ])rédicants, qu'on leur a donné par écrit une autre réponse que celle qui leur a été faite oralement par M. VAvoyei-, — mes Seigneurs éprouvent un grand déplaisir de ce que les prédicants allèguent si souvent que mes Seigneurs veulent leur « inter- dire » la Parole de Dieu.... Cela n'est pas. Mais puisqu'ils demandent qu'on Jes laisse entièrement au bénéfice de la première ordonnance, et que la Confession [de Bâle~\ soit conservée, et que le dernier Catéchisme ne soit pas changé..., mes Seigneurs veulent bien qu'ils prêchent en toute liberté la Parole de Dieu, et qu'ils se servent de la Confession et du [der- nier] Catéchisme. Toutefois, à cause qu'il s'y trouve des mots obscurs et inusités ici... (Voyez, pour la suite, le N" 1147, p. 101, dès la 2""^ ligne). Et, après leur avoir fait cette concession, le Conseil leur adressa les exhor- tations que nous avons mentionnées plus haut (p. 102-103, note 24). Si nous avons bien compris ce procès-verbal du 15 août, Pierre Kuntz et ses trois collègues auraient finalement obtenu gain de cause, relativement à la Confession de Bâle : ce qui expliquerait leur soumission (X" 1147, n. 24). * Osicaîd Myconius, autistes de l'Église de Bâle. Melchior Kirchhofer (Biogra])hie de Myconius. Zurich, 1813, ji. 340) dit que les pasteurs bernois s'adressèrent aussi à Théodore Brand, chef des tribus de Bâle ; que Mifconius recommanda la modération à ses collègues de Berne, et qu'il leur écrivit que la chaire sainte n'était pas faite pour la polémique. ^ Une phrase précédente : Non injuria miraris, etc., fait allusion à une lettre réccute de Calvin. Intelligitis semblerait annoncer qu'il avait parlé aussi au nom de Viret. '<* Viret était parti ])our Xeuchâtel le 9 août (X" 1144). Il put arriver à Berne le 12 ou le 13 : mais le Manuel du Conseil ne dit rien de lui. 1342 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A I.AISAN.NE. 141 rcdiintm sii///iil(i coiijicieham. ^\'I•ùlll >^i (|iii(l est oa in j)ai"t(' ])arùm officiosa cessatioiic ix'ccatiiin à me |»i-a'stitiiiii. ciiiiio g'ra- tiam milii ticri. Qiii(l(|iiid ciiiiii (lciii(c|)s coiitigcrit, faxo (iiuim l)riinîiiii iiitclli.uas. ([iii nos et coiisilii) et |)i-i'cil)iis juvarc pliiri- iiiùin potes. Nain )ios quidem pucem Ecdesue coi/stai/tc)», nf 02)tare 2)ossiiïn[ns\, ita sperare non 2)ossu))i\hs\, qnamlo novimus nndeqxaqtie dodruue syncmiori nohisqite paratas insidius, neque liomit/em isf/iui " qiioad vivit coi/quiescere posse. Sic est justuni judicinm Doniini in noshisrationiljns nos (ut scribitis '-) ])robantis et lininiliantis. vScd ])('rd('t idem (jui loqnuntnr nicn- dacium. et vir linguosus non dirigctnr in terra et ineidct in foveani (luani fecit. Donet inodô nobis Cliristns ut constanter libereque stare in veritate' ' atque certare j)ossinius. patienterque omnes Satana? insiiltus sustinere citra aniarulentite rationein ''; liis enim solis arinis liostis vincitur. Causam hanc Cliristi esse et ecclesiarum novimus : (luô niagis advigilare i)ar est, ne (juid l)er incogitantiain et nobis et niinisterio indigiiuni comniitta- mus. Oi)to rerum tuaruni ecclesiaeque statum istic signilïices. Yale. mi fratcr observande, et nos ama. Pluribus in prascntia- rum non lie<'l)at. Scri])si 4=' Octobris 1542. T. Slltzerls 1 J r)3 JEAX CAL^ix à Pierre Viret. à Lausanne. De- Genève (5 octobre ? 1542.J Copie contem])or. Bibl. Publ. d" (ienève. Vol. n' 1]] ii. Calv. ()p|t. XI. 446. Soins le(je\ Qno die tilii pci- Xicohuim scripîurus ci-am '-' D.'iiis réclitioii (le Brunswick, scrihifur. ** Ibidem : pro verifnte. ^* Ibidem : stationem (V). ' Ces deux mots sont écrits à la maru-e. - Voyez la tin de la lettre de Calvin du 25 se])tend)re, 142 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. lol2 aliud negocium intorvonit : quo factum est ut non pi-œstitoi-im quod rec(^poram. Nunc cum nuncinin ad te qua'rerem, hic frater cominodùm niilii oblatus est, nisi quôd rogabat ut statim resj)on- derem. Verùni cum excusareni me non tam citô posse, quoniam instaret hora consistorii '\ non difficulté!- niihi totum diem con- cessit. Quia autem ne sic quidem niultum teinporis mihi restât, singula de quibus tecum agere institui breviter perstringam. Literie ad Senatum \, quando aliud remedium, quod mihi videbatur nielius, subhitum est, vehemenier placent. Siint enini satis viriles et animosœ. Deinde viam prœcludunt malis ac tyran- nids exemplis. Erasmum ^ judico nimis molliter tracta^-i, prœ- sertim cum alii'^ duriùs castigentur, (jui et meliorem causam habuerunt, nisi fallor, et minîis in agendo peccarunt. Neque tamen hoc ideo dico, quia velim vos illis adulari ; sed videndum vobis est ne, duni i)lures meritô reprehenditis, videamini in simili causa uni parcere. Utcunque sit, res tamen meliùs habet quàm sperare ausus fuissem. Faxit Dominus ut litera' restrœ bene ab hominibus exaudiantur '. De bonis ecclesiasticis nihil ferè hal)eo prœter auditum \ Di- " Le Consistoire se réunissait ordinairement le jeudi. Le Registre de ce corjis ne mentionnant point de séance au jeudi 28 septembre, on peut en conclure que Calvin parle ici de celle du jeudi 5 octobre. "• C'est la lettre que la Classe de Lausanne se proposait d'adresser à MM. de Berne, en réponse à leur mandement du l.ô août. * Le pasteur bernois Erasme Biiter. * Ceux des collègues de Ritter qui étaient partisans de la doctrine de Bucer sur la sainte Cène. ^ Cette lettre que la Classe de Lausanne se proposait d'adresser au Conseil de Berne n'a pas été conservée. Il paraît que la Classe différa d'abord de l'envoyer, puis résolut d'en faire remanier le texte, en y ajou- tant des représentations sur la vente des biens ecclésiastiques (Voy. la lettre du 1" novembre suivant). * Dans sa lettre du 19 septembre, Viret ne disait rien de la vente des biens d'Église; mais, quelques jours plus tard, il demanda l'avis de Calvin sur cette question, qui venait de prendre une importance toute nouvelle. Après leur conquête du Pays romand, MM. de Berne avaient mis la main sur les biens ecclésiastiques, et ils en avaient d'abord disposé avec justice et prudence. Ils en donnèrent une partie aux villes et aux commu- nautés pour les écoles et les établissements de bienfoisance ; une autre partie fut consacrée ta l'entretien des ministres et à la fondation de l'aca- démie de Lausanne. Quelques biens, il est vrai, furent vendus à des particuliers (Voyez Ruchat, IV, 395-405). Mais, en 1542, tout le reste, et 1542 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. I 43 cam igitiir primùni quid andierim, deinde quid sentiam. Pro- scripsei'unt quidquid ci-at eensuuiii ac l'cdituum se vciulitiiros hac loge, ut pars ad inaimiii imiiK^rarotur, <'x roliciua suinina conficorotur anima ponsio. Addiiiit ''(»xcoj)tion(>iH. ne diutius asserant ac tucaiitiir possossioneiu (>m])toril)us donec |)rovinciam obtinebunt ^ Hac conditione omit Petrus Vendelius '" i)rioratum millo quingontis coroiiatis ; alii vitos, alii agros, alii domos. lam quid sentire 2)0ssim, ipse per te covjicies. Vides (diet/atioiiem fieri, Ecdesiam relbiqui nudam, ut mugistratus dei quasi de suo quantum lihuerit^\- qubd si officia sno non satisfaciat, possit eam ipsam jwrtionem quant distrihuet imimtare '^ et de ea aufe- renda minari. Vobis autom quid facioiiduni sit non est facile oxplicaro, prœsertim cum i)auci sint qui so niagno animo invidiie objicero audoant, j)luros connivondo malint i)artos suas doserere, atquo ita retinero hominum gratiam, quàm constanter ac for- il était considérable, fut adjugé au trésor public. La première mention de cette vente générale se trouve dans le Manuel du Conseil au 31 juillet 1542. L'avoyer Nœgueli et le trésorier Augshurger furent députés ad hoc. Ils reçurent leurs instructions le 4 octobre. «Au mois d'octobre (dit Pierrefleur, p. 216), furent envoyés de Berne certains commis et ambassadeurs ayant charge de vendre tous bénéiîces, comme priorez, cures, chapelles, terres, vignes, prez et autres possessions estans du bien des églises, quels qu'ils fussent, réservez les diesmes et censés, qu'ils retenoyent à eux, au plus offrant et dernier enchérissant. » Le grand nombre des domaines mis en vente à la fois devait éveiller les inquiétudes de nos Réformateurs. ^ Cette réserve était de rigueur. Nous lisons dans un extrait des Registres du Conseil de Genève : « Le 25 août 1542, le roy des Romains [Ferd/iiand] demande que MM. de Berne ayent à restituer la Savoye à son Prince : ce qu'ils n'ont voulu faire. » Et, au 28 : <■ Sur le déjjart (la décision des arbitres) de Bâle, que M]NL de Berne ne veulent pas tenir à cause des deux articles [en litige], a été arrêté que l'on prenne patience pendant qu'ils tiendronf le paï.f, et non autrement. » (Voy. A. Roget, o. c. Il, 92). '" Pierre Wandel. membre du Petit Conseil de Genève, depuis 1540, et ancien capitaine général (III, .876 ; Y, 27. — A. Roget, o. c. I, 28, .88). ^^ Calvin avait déjà qualifié, devant le Conseil de Genève, l'aliénation des biens d'Église (N" 1141). '* Impuiare est très lisible dans la cojtie de Jonvilliers. Il suffit de suppléer le mot sibi, que l'écrivain aura omis dans la hâte de la com])0- sition, et l'on obtiendra un sens naturel. On a proposé la variante ompu- tare ; mais ce verbe, suivi de el de ea auferenda minari. aurait formé, ce nous semble, un pléonasme. 144 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. 1542 titer loquondo incurrcrc in oftonsioneni. In hoc autcm negocio niliil agitiir sine consensu. Ergo frustra aliquid inchoare stii- deas, nisi omnes haboas tibi conjunctos. Hoc tamen certè à nobis praestandum est, ne aut verl)is aut uUa alia signiticatione rem non bonam ap])ro])einus. Gaudeo quôd nuper me non frustra fatigaverim scribendo in Italium, quando litenie mete in temjjore venire non poterant ' '. Hahemus hic quoque alterum Italum, homhtem senem, et ipso aspectu reverendum. Fidt apïid suos marpue (Ufflioritafis^*. Hîc vivit suniptu suo. Si poterit linguam discere, erit aliquando summopere, ut spero, utilis. " Ses lettres seraient parvenues à Lausanne après le départ de Curione pour V Italie (X" 1155, n. 7). " C'était le célèbre prédicateur Bernardino Ochino, appelé parfois eu latiu Ocellus. Né à Sienne (1487), il s'affilia de bonue heure aux Francis- cains de l'Observance, puis aux Capucins (1534), parce qu'il trouvait leur règle plus sévère. Ils le nommèrent vicaire général en 1538 et en 1541. A cette dernière époque, l'étude approfondie de la Bible l'avait pénétré des doctrines évangéliques, et il en était venu à i)roclamer ouvertement la justification par la foi, mais sans attaquer les abus et les erreurs de l'Église romaine. Toutes les villes où il prêchait étaient ravies de son 'éloquence. A Moâène, eu 1540, on commença à suspecter son orthodoxie. Ajant été envoyé à Venise pour y prêcher iiendant le carême de 1542, il fut surveillé de très près, sur l'ordre du pape, et bientôt dénoncé. Bullinger, énumérant les réfugiés italiens qui s'arrêtèrent à Zurich (août-septembre) parle A^ Ochino en ces termes : « D. Bernardinus Senensis, vir insignis sanctimonia et eruditione, venerandus senex et canus, procera? statura^ et miram prse se fereus majestatem.... Mansit apud nos per biduum, de rébus religionis nobiscum coUocutus. Brevia nobis apostolica complura exhibebat, quae à pontifice Paulo acceperat, jubente illum primo Januensihus [scil. Genue>isihus], dein Florentinis, inde Venetis ])ra^dicare. Ubi autem sensisset ipsum Christum ])rs'dicare, misso brevi apostolico Momain ipsum evocat : abit vir fortis, sed Florentim pi'ohibetur et in Germaniam able- gatur à plis, perhibentibus Romce paratum \\)û certum exitium. Abiitergo Genevani tandem, ibi suis sumptibus victurus, propter Ifalire confinium. Curât autem plurimos ibi sermones Italica lingua scriptos imprimi et inde transportari in Italiain.... Habet autem non immérité maximam apud Italos omnes authoritatem : imù i])sum jirojiè ])r(i divo exosculantur. » (Lettre du 19 déc. 1542 à Vadian. Autogr. Bibl. de St-Gall. Mscriptœ Epp. V, IGO. — Voyez aussi Calvini 0pp. XI, 479, 480. — Aonii Palearii 0])era. lîecensuit Hallbauer. len*, 1728, p. 102, 103, 294. — Th. Maccree. La Réf. en Italie, trad. de l'anglais, 1834, passim. — L'ouvrage capital est crhii du I)-^ Karl Benrath. intitulé : Bernardino Ochino von Siciia. Leii)/.ig, 1875, xn et 383 pp. 8".) 1542 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. 145 Joannes hïbUopola '", nupor istac re versus, mocum de Zebe- dieo locutus est. Dicebat paratiim esse himc [1. hue ?] venirc, si locus foret. Nihil aliud respondi nisi me tibi scrij)turiiiii. Quid autem scribani non ha])eo, quia facuftate, ut sois, destituiniur. Et tu meliùs colligcre potes, quàm multa nos impediant, quàm ego scriptis complecti. Est aliud quod me véhémente?' excruciat. Ctim imtare^n com- positam esse litem cimi Bernatibus, ecce derepente omnia ahrnpta. Jam decretum erat a Diacosiis, reniittendum esse Bernatihus quod petierant '". Restabant coniitia '^ de quii)us habendis cum Senatus tractaret, Ameda'us noster**^ dixit : se retractare quod censuerat. Deinde magnificis verbis disseruit quàm turpis foret illa cessio. Nonnulli eum secuti sunt. Eô ventum est ut Sexa- ginta, postea Ducenti vocarentur'^ Cum Ducentis res esset proposita, ecce Paguetius ^°, quasi unicus Athlas rei])ublicœ, acerbis conviciis in eos invehi qui sponte urbem tam prieclaro jure spoliarent. E5 autem usque contentione raptus est, ut Senatui forum lignarium minaretur, ubi decollari soient prodi- tores. Tuinultus gravis excitatus. Tandem in ejus sententiam discessum est, nisi quôd jussus est flexis genibus suppliciter veniam a Senatu potere. Hoc verô totmn, ut scias, ex Macrini prodiit officina -', qui videtur mihi destinato consilio hoc captare, ut diiée civitates p>erpetud inter se dissideant ". Nunc, si posses per tuam commoditatem, hue te mox conferre, valde mihi gratum foret. Nam etsi remedio nullus erit locus, '= L'imprinieur-libraire Jean Girard était de retour d'une foire, peut- être de celle de Francfort, close le 22 septembre. 16 Voyez la fin de la note 9, et A. Roget. o. c. II, 92. " Le Conseil général. ** Voyez sur Amied ou Ami Perrin, l'Index du t. III. Ce fut dans la séance du Petit Conseil du 25 septembre qu'il déclara avoir changé d'opinion. '® Le Conseil des Soixante s'assembla le mardi 26 septembre, et le Conseil des Deux-Cents le lendemain (Roget, II, 94). ^° Dans la copie on peut lire Pagnetius ou Paguetius. Le nom exact est Paquet (François), gendre de l'ancien syndic Jean Bâtard (Cf. Galiffe, 0. c. I, 309). Il fut plus tard interprète au service du roi de France. 21-22 u,^ agent secret de Fi'ançois I ou de Charles III, duc de Savoie, aurait-il agi autrement que Laurent Maigret, surnommé le Magnifique? Ce réfugié finançais avait rendu jadis quelques services aux Genevois, qui l'en récompensèrent avec libéralité (Voyez l'Index du t. III; t. IV, p. 24; V, 220). T. VIII. 10 146 . MARTIN BUCER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1542 hoc tamen me et te juvabit, quôd hanc calamitatem inter nos deplorabimus. Verùm ne dubita : multùm proderit tuus adven- tus, modo Lunae ^" hue te sistas. Causam tamen cave abs te quispiam intelligat. Nam jurejurando polliciti sunt silentium, quotquot aderant ^* : itaque non sine periculo foret. Fructum tuœ profectionis coràm audies atque, ut spero, senties. Vale, mi frater. Dominus te conservet, atque hue incolumem celeriter adducat ! Saluta fratres omnes et tuam familiam meo et uxoris nomine. Genevae ^~\ JOANNES CaLVINUS tUUS. 1164 MAKTiN BUCER à Jean Calvin, à Genève. De Strasbourg, 6 octobre 1542. Calvini Epistolse et Resp. 1575, p. 365. Calv. 0pp. XI, 449. De motu illo ' idem omnino quod tu suaseram, quanqiiam non tam plané scripseram. Circumstantias causas quas tu mod6 mihi exposuisti, ignoravi : ideo eam nunc petendam dilationem opta- veram, dum remisisset sese illa animorum concitatio tam impie excitata, et recepissent sese fratres ad defensionem veritatis gra- vem et claram. Hujus capita prima fuissent, dispiitationem ^ nihil quàm crassam illam prsesentiam daninare, et necessario fatendum veram percipi in E?atur malorum affectuuiu patronus, et caput factionis. Literx meœ, ut muic queritur N. ^, non sunt ipsis allatœ. Consilium à me petit. Scriham igitur illi de synceritate actionis, de necessitate communionis, de pia cautione, ne quid admisccatur ad causam Christi, de explicatione clara et ex Scripturis ipsis manifeste deprompta, qualis tua est '*, quant ne inferi quidem ca- lumniari queant. Denique de probis patronis, qui et Christi verè sint, et nostri tantùm propter Christum, Illa tam execror de imaginibus, de adservatione symbolorum % ut libenter fingerem mihi conficta esse per calumniam. Nam vitiosa haec sunt, et submovenda, ubi remanserunt. De infirmorum commimicatione motum aliquid audieram, et non improbabam ^ Tu vero pie et necessario facis quodfacis : etiam in infirmis et vitiosis fratrihus defendenda est causa Cliristi. Sed simul danda opéra, ut infirmi aliquando roborentur, et vitiosi corrigantur. At dum ita partim ipsi fugimus, partim Satanae prodimus pias Synodos \ quid nobis polliceamur ? Christus caput esse vult omnium membro- rum suorum, et agere per universa non per singula. Exhilarasti me, fada spe plense inter Bernâtes et vestram Rem- puhlicam conciliationis **. Quanquam si non confraJiatur et eccle- ^ Le nom supprimé était probablement celui de Sulizer. * L'explication donnée par Calvin dans son Traité de la Cène du Seigneur, publié en 1540. ^ C'est-à-dire qu'on accusait faussement Bucer d'avoir conservé dans le culte ces rites luthériens. ® Berne s'opposait absolument à ce que la Sainte Cène fût administrée aux m.alades. Le 6 juin 1542, Jean-Henri Meyer, pasteur de Baetterkinden, village bernois, est cité devant le Conseil, parce qu'il a dit dans ses sermons, qu'on devrait pouvoir donner la cène aux malades, et que le viaticum dont parlent les Pères est très consolant. On lui ordonne de s'abstenir entière- ment de pareilles innovations, qui sont contraires à la Dispute [de 1528], à la Confession et à la Réformation de mos Seigneurs (Manuel du dit jour). ^ Le gouvernement bernois ne voulait plus de synodes réunissant tous les pasteurs d'un même pays. Nous verrons bientôt ceux de la Classe de Lausanne demander le rétablissement de cette institution (N" 1174, n. 11). * Cet espoir de Calvin avait été récemment déçu (N" 1163, renv. de n. 16-21). 148 MARTIN BUCER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1542 siarum societas, et resfituatur unà res ecclesiasticas tractandi facilitas, nihil prsestahis via conciUationis. Videmus quotidie, ut Dominus eos qui ipsius nomen jactant, conjungi non in se non patiatur. Instabis igitur, et instabo ego tecum, ut causam Christi fratres quàm simplicissimè, et totam, et ex verbo Dei ipso, et Gvix^d-/oi-ç pure Cliristianis ^igoni.Per ministermm restitid omnia necesse est : ergo inmisterium ipsum priiis ®. Id verô non fiet, nfsi conspirantibus et communiter agentibus quotquot inter se communicare poterunt. Meti Farellus imam duntaxat concionem habuit '", quod sciam, et in cœmeterio Dominicanoriim : qui cum aliud non possent, strepitu campanae suae verbum Domini populo avertere conati sunt. Sed Farellus noster voce intenta usque ad summam raucedinem, campanae sonitum vicit. Postridie tria milita ade- rant audituri: sed prœciimi inter eos qui Evangelitim petunt, et ipse Consul ^\ a Farello impetrarunt ut quiesceret dum rem eb deducerent, ut sine metu motus civilis concio haberi p>osset : quod hrevi fore pollicehantur. Vocatus Farellus eodem die ad summum consilium, et rogatus qiio juhente jjrœdicasset, et quo petente, respondit : « Christo jtihente et petentihus me^nhris. » Née tamen voluit quenquam nominatim indicare. Et satis gra- viter ac piè coram illis de suo munere et prœdicatione Evangelii disseruit, eosque officii sui admonuit. Dtim vero illi deliherarent quid de eo statuèrent, fratres deduxerimt eum domum : et inipo- situm equo qui magnitudine et habitu non absimilis esse Farello videbatur, simularunt se fratres quidam educere Farellum. Intérim quievit Farellus ^^, expectans legationem quam Evan- gelii [?. Evangelici] initia, statim cum ipse Metim venisset, miserant ad nostros, qui à nostris auxilium et ah universo fœ- dere pelèrent '^ Visum enimfuit ut legati ex nostris Electorem ^ Plusieurs gouvernements de la Suisse réformée n'admettaient pas les idées de Bucer, de Calvin et de Viret sur l'autorité et les privilèges du ministère évangélique. '<• Le dimanche 3 septembre (N" 1157, note 2). " Le maître-échevin Gaspard de Heu. *^ Cela signifie que, pendant le reste du mois de septembre, Farel ne prêcha plus en public. Le P. Meurisse, op. cit., p. 44, dit la même chose, à sa manière : « Farel se retiroit tousjours cependant, beuvoit, raangeoit, dormoit, catéchisoit et dogmatisoit chez Gasjiard Gamaut. » I 1542 MARTIN BUCER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 149 Sax.[oHiag] et Landgravium adirent, et ah illis recipi iufœdus Hostruni Rempnhlicam Meteusem, in saniore illa sin parte quas Evangelium petit, postularent . Id factiim est. Landgravius causain comprobavit ot ad Electorem statim rotiilit'* : intorim tainon, quia res moram non ferobat, decrevit legationem mit- tendani ad Metenses, noniine communis fœderis, qiiœ i)Ostularct ab adversariis, ut nostris ununi templiim, et lïberam coucionem et Sacramentorum administrationem concédèrent. Dodit ipse Legatum unum, alteruni Francfordienses, tertius noster''' erat. Hi in mandatis habent, niliil non tontaro àb adversariis, ut im- l)etrent quod petitum missi sunt. Eo etiam adjuncto, fœdus nostrum non posse déesse fratribus tam sancta et pia petentibus. Idque interesse totius Romani Iini)erii. Mde ut audeamus. Spes itaque est, etiamsi adversarii quod petitur ultro non concédant, ut tamen quieturi sint, si nostri liac legatione aniniati per se FareUum concionarffecerint '®. Satan in eo quoque niultùm la- boravit, ut si Evangelium non posset omnino, tamen ex parte averteret huic poi)ulo, aliquo pro Farello obtruso, qui non £ihy.pivMç, ovdè i^eçûç ^\ Obstitimus huic Satanœ quoad licuit. Cras spero aut hodie, reverso I). Jacobo '% audiemus quid dede- rit Dominus. " Selon Seckendorf (livre III, p. 399 a), ce fut au mois de novembre que les Évangéliques de Metz envoyèrent leurs députés, Jean Niedbrucker et Jean Carquien, pour demander aux confédérés de Smalkalden de les recevoir dans leur alliance. " L. Ranke (o. c, 4" édition, IV, 235) mentionne la lettre que le land- grave Philippe adressa, le 17 octobre (Dienstag nach Galli) 1542, à l'électeur de Saxe, en faveur des Évangéliques de Metz ; mais il ne dit rien de celle dont parle ici Bucer. On sait d'ailleurs par Seckendorf, loc. cit., que Luther et Mélanchthon déconseillèrent à l'Électeur d'intervenir dans les affaires de Metz. (Luthers Briefe, éd. de Wette, V, 508.) '^ Nous ignorons si les députés envoyés par le Landgrave et la ville de Francfort étaient les mêmes que ceux mentionnés par Seckendorf à propos des négociations du mois de mars 1543, c'est-à-dire, le comte Théodoric de Manderscheyd et Pierre Sttirm. Le « troisième député » était le conseiller strasbourgeois Jacob Sturm de Sturmeck (V, 402, n. 12, 13). *® Bucer dit, plus loin, que si l'ambassade des Protestants avait tardé d'une semaine, les Évangéliques messins auraient tenté de conquérir par eux-mêmes la liberté de la prédication. " Aucun historien n'indique le nom de ce prédicateur qui ne prêchait • ni purement ni avec zèle. » 150 MARTIN BUCER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1542 Multus illic popiilus Christum admodum sitit. Consul cum fratre R. '^ fortissimè agit. Moram hanc Farellus lœgerrimè tnlit, nec immérité. Nam peste illic multi quotidie tolluntur, qui gravissimè queruntur, se sine consolatione certa Evangelii et Sacrmnentorum hinc ahripi. Si distulisset legatio unam tantùm septimanam, indubie rursus aliquid au si fuissent. Habes sum- mam ferè omnium quœ Meti hactenus in hac causa acciderunt, Bruno ^" admodum constanter egit, quanquam ad id opus ha- buerit multis cohortationibus. Bene vale. Uxorem et fratres diligenter atque officiosè saluta. Sed quàm mihi dolet illud de ignorata disciplina, de factiosa agendi ratione, de neglectu Synodorum, de offensione sive retenta, sive affectata. Sed tu, meum cor, meus animus, semper tuo, imô Christi bono, omnia omnium mala vinces, quoad licuerit. D. Jésus te servet ! Vale, Argentorati, \i. Octobr. m. d. xlh^'. D. Jacohus heri vesperi venit, sed proli dolor, nihiî boni attulit. Adversarii in uî'he dominantur. Nostri, cum legatio ad- veniret, non aderant ^^ Legationem itaque itrhe excluserunt, et nec equos eorum Jiospitio accijyere voluerunt. Vix tandem impe- tratum est, ut très mitterent adversarii ex urhe qui Legatos audirent. Auditis, mdlum resjwnsum dederunt, causati Senatuni totum cogi non posse, propter pestem, quae uno die 50 absumit^^ ** Jacob Sturm. Après l'accueil fait à l'ambassade, à la fin de septembre (renv. de 22-23), il n'avait plus qu'à retourner à Strasbourg, 19 Bohert de Heu (N" 1157, renv, de n. 4-6), ^** Jean Brunon Niedbrucker, appelé aussi Jean de Metz (VII, 191, 196). 2* Dans l'imprimé : 1541, ce qui est une erreur évidente, 22-23 geiQu Meurisse, o. c, pp. 44, 45, 50-52, « le duc de Witemberg, le Landgraff de Hess et les villes de Strasbourg et de Francfort, sous couleur de pacifier les différents meus entre ceux de Metz et le comte de Furstemberg.... envoyèrent des députez à Metz : au devant desquels ceux de leur foction estant allez, ils arrivèrent tous ensemble aux portes de la Ville, le 28 de Septembre 1542. Les députés s'estant arrestez au Jardin et en la maison appelée Briba, proche de la Porte des Allemands,.... leurs gens... se présentèrent à la même porte... et à celle du Pont Reymond, où l'on les arresta, attendant la permission des Treizes. Sur quoy Gaspard de Heu... estant arrivé, les fit entrer de son authorité particulière, contre le gré des Treizes et des Bourgeois.... « Le lendemain, Samedy 30 Sei)tembre, l'on députa quelques-uns des Treizes et du Conseil vers les envoyés des Princes et des Villes d'Allemagne... pour ouyr leurs propositions. Toutes leurs harangues..,, ne tendoient à autre 1542 GUILLAUME DE FURSTEMBERG AU CONSEIL DE METZ. 151 Jiirarimt omnino se extrema 2)otihs passuros, qnàm quod nos petitmts, id est, Regmim Chinsti admissuros^''. Consul volébat admittere concionem. Frater repugnavit et retraxit eiim. Si neque eum pro se adeant cives pii,/est iterum et hîc misera Christi ecclesia. Nostri sine cruce Christum quœrunt. Adversarii propter Antichristum mille cruces subeunt. Oremus, supplice- mus, flagitemus opem Domiiii. TUUS tOtUS BUCERUS. 4165 GUILLAUME DE FURSTEMBERG au Conseîl de Metz. (De Gorze?)8 octobre 1542. Le P. Meurisse. Hist. de la naissance de l'hérésie dans la ville de Metz. Metz, 1670, in-8°, p. 61. Fermes d'honneur, honnorables, chières, singulières, Nous avons entendu par nostre serviteur, que puis n'aguères avons envoyé vei"s vous, touchant l'arrogance, mespris, contempt et injures à nous advenues en vostre Cité', ce que luy avez baillé pour réponse. Et ne pouvons estimer que ce soit seulement la coulpe des cinq personnages, desquels l'un est mort, et les autres quatre détenus en vos prisons, ou que quand ors vous puniriez iceux, que par ce nous soit satis-faict : car selon ce chose qu'à obtenir le libre exercice de la religion de Luther dans la ville de Metz.... A quoy ceux de Metz ne voulurent pourtant jamais consentir, s'excusans tousjours avec belles paroUes, en leur donnant, dit l'histoire, tm gratieux refus. « Nonobstant cela, Gaspard de Heu et tous ceux de la faction luthé- rienne.... passèrent jusques à un tel point d'impudence que, le second jour du mois d'Octobre, ils s'assemblèrent du grand matin en l'église de S. Pierre aux Images, où Farel les devoit aller prescher. De quoy les Treizes... ayans eu avis, allèrent aussitost dissiper cette assemblée..., et tes- moignèrent tant de vigueur en cette rencontre... que les Luthériens furent contraints de prendre de nouveaux conseils. Alors donc Gaspard de Heu dit à tous ceux de sa faction qu'ils l'allasseut attendre hors de la Porte Ser- penoise..., et aussitost montant à cheval, il alla prendre Farel chez Gas])ard 152 GUILLAUME DE FDRSTGMBERG AU CONSEIL DE METZ. lo42 qu'avons vescu par cy-devant, et nous [sommes] démonstré en- vers vous et vostre commune Cité, nous ne pouvons penser qu'à tel affaire à nous advenue contre équité et raison, nous ayons donné aucune cause : ains convient que l'ayons tenu entière- ment à ce que ce jeu nous ait esté dressé à cause de la Religion, veu que présentement nous voyons publiquement ce que vous entreprenez à l'encontre de vos bourgeois qui adhèrent à la parolle Divine, et qui seulement la voudraient ouyr prescher et annoncer, non ayant regard que en autres choses ils se présen- tent en toute obéissance ; et aussi que entreprenez de les des- chasser et bannir hors de vostre Cité^. Et si par telles vos Gatnaut, lequel il fit aussi monter à cheval, et s'en allèrent ainsi bien escortés... à Montigny, faisant entendre, en sortant, à ceux qui estoient là présents, que Montigny et leurs personnes estoient sous la protection des Protestants d' Allemagne... » On voit que Bucer ignorait encore, le 6 octobre, ce qui s'était passé à Metz quatre jours auparavant. ^* On sait qu'en sortant de la ville, le 2 octobre, Farel prononça les paroles suivantes : « Vous ne voulés point recevoir Jésus-Christ ; mais je vous di qu'il viendra une nation qui vous déjettera de vostre authorité, et ne serés maistres ni de vos maisons ni de vos biens » (Bèze. Hist. eccl, m, 433). * Allusion à l'émeute que l'arrivée du comte Guillaume à Mets avait suscitée, le 9 juillet (N" 1137, n. 9j. * On lit dans l'ouvrage du P. Meurisse, p. 56 : « Le Clergé et les Catho- liques n'avoient point manqué de se pourvoir... par devers l'Empereur, duquel ils avoient receu... mandement exprès que nuls de la ville de Metz n'adhérassent à aucunes nouvelles doctrines, jusques à [ce] que provision y auroit esté mise,... et que l'on eust ce pendant à punir les rebelles. Et ce mandement avoit esté suivy d'une belle Ordonnance des Treizes portant la mesme deffense... et mesme... de n'assister à sermon d'aucun Prédica- teur... s'il n'avoit sa mission de l'Evesque,... sous peine de bannissement. Et cette Ordonnance avoit esté publiée et aifichée par tous les quarrefours de la Ville au mesme temps que Farel en fut mis hors... Ceux qui estoient plus notoirement connus alors pour Luthériens ... furent mandez... par ceux de la Justice, incontinent après la sortie de Farel. Il leur fut en- joint... de quitter leurs nouvelles opinions et d'obéir ponctuellement au mandement de l' Empereur et aux ordonnances de la Ville. • Meurisse dit ensuite qu'on exigea d'eux un serment, qu'ils le violèrent, « à deux jours de là » et furent bannis. « Les procédures qu'on fit contre eux durèrent six ou sept semaines. » Ils sortirent de la ville, les uns le 16, les autres le 20 janvier 1543. Voici leurs noms d'après Ferry, § 413, dont M. Henri Burtin a bien voulu nous envoyer une copie : io42 GUILLAUME DE FURSTEMBERG AU CONSEIL DE METZ. 153 entroprises vous procédoz contre autres vos bourgeois, nous avons bien par ce à comprendre et véritablement à estimer, que par cette voye vous nous avez aussi voulu aj)prendre de éviter vostre Cité, et entrepris de nou!^ charger, comme si par trahison nous eussions voulu mettre la Cité en autruy main : ce que toutefois oncques nous ne pensasmes, et ne sommes pas de telle race que l'on doive estimer telle chose de nous. Et à cette occasion requiert la nécessité de nostre honneur, veu que le bruit de ce est par tout divulgué, que nous ayons le conseil de nos seigneurs et amys sur ce, comment nous pourrons soustenir et deffendre nostre honneur, de sorte qu'un chacun puisse voir que tort nous est fait. Mais si vous désistiez envers vos bourgeois de punition, bannissement et autres procédures, et que ne leur deffendissiez la prédication de la parolte Divine, et que fussions de ce advertis, nous pourrions plutost conjecturer, et estre induicts à ce que l'affaire advenue contre nous a esté faite sans malengin ' : ce que nous ne vous avons voulu celer par cette, donnée le huitième d'Octobre l'an 1542 \ '^ Voyez, sur Juîius Camillus, le t. III, p. 312, note 25. Jean Sturm écrivait de Paris à Bucer, vers le milieu d'octobre 1533 : « Julius Camillus, qui jam per annos jtrojie quadraginta ).a5w(> i^icoae, vir recon- dita eruditioue, mirabili pietate, ex Ilalia a lù'ge magnis promissis et prsemiis vocatus, te voluit per me suo nomine officiosissimè salutari... » (Gérard Roussel par G. Schmidt, p. 219). Sturm ignorait que ce personnage était un habile charlatan, (hjraldus l'a (jualitié sans ménagement dans son dialogue II, de l'oëtis (Freytag, o. c. III, 132), et Gaillard (Hist. de François I, 1819, IV, 157) résume en ces termes la lettre d'Alciat du 3 septembre 1530 : « Jules- Cnmille assura le roi qu'en un mois, avec une leçon d'une heure ])ar jour, il le mettroit en état de parler grec comme Démosthène, latin comme Cicéron, et de faire des vers dans l'une et dans l'autre langue comme Homère et Virgile.... Il demandoit ])our récomjx'nse deux mille écus de rente en bénéfices.... i.e roi le renvoya aussitôt après la seconde leçon avec une gratilicatioii de six cents écus. » 166 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. 1342 tuis literis. Ego verô abs te peto, ut mihi ignoscas. Scis enim Imjus (iiuestionis tractatioiiem esse ejusmodi, quae tempus, ociiim. auimi qiiietem, ac diligentiam non parvam requirat. Cum Ratisponse essemus, commodavi nieam operam Bucero in his colligendis quae inter acta comitiorum edidit '^ Sed quia obiter duntaxat illic quaestio ista attingitur, quod illic scriptum est vobis ad prsesentem actionem^* non suflficeret. Aliquantulum taraen sumi poterit. MiJd autem hifariam videtur distribnenda causa: Primmn, ut dicatis liane alienationeni miiltis gravihus offendicidis causam fore. Deinde, ut demonstretis esse iUicitam. Ojfendicnla sunt in promptu. Quôd Pajnstœ passim Evange- lium inde infamant. Idque facere cœperunt quo tempore non habebant tani speciosum prœtextum. Antehac igitur calumniis usos fuisse : nunc justam accusandi rationem habituros, cum de direptione l)onoi'um Ecclesia? loquentur. Deinde, quôdj;/e&5in tota ])rovincia, quia palàm non audet, in angulis omni])us de eo conqueritur. Ministri autem nihil ha])ent quod respondeant '\ Nam cum adversùs Papae et totius sacerdotii pai)istici sacrilegia clamitaverint, qua fronte defenderent venditionem qua? Eccle- siani i)rorsîis S])oliet, ac nudam relinquat, cum fructuum abusum non tulerint V Tertio, quôd aliis Principilais dent pessimum exemi)lum. Illos enim plus satis cupidos esse, ut non aliunde occasionem habeant. Nunc si in bac parte peccent, partem culpa? dimidiam i)enes eos fore qui illis praeierint. Quarto, eos nescire neque ba])ere in sua manu, quales futuri m\i ])osteri. Fieri posse ut, cum nibil Ecclesiœ reliquum fuerit, ea occasione relinquatur déserta et solitaria. '^ Voyez, sur cet ouvrago de Bueer, notre t. VII, p. 217, note 3. Dans l'édition allemande qui fut achevée d'imprimer chez "W. Rihel le 17 déc. 1541 (262 ff. petit in-4"), il est traité des hiens ecclésiastiques aux ff. 114- 116, - — passage à comparer avec le t. V, p. 250, 251. '* Question très actuelle pour la Classe de Lausanne; car elle devait s'en occuper le 1" novembre. Calvin était donc obligé, s'il voulait lui faire parvenir son mémoire en temps utile, de l'envoyer à Viret pour le dimanche 29 octobre, au plus tard. Il fallait bien laisser deux jours au doyen de la Classe, François Martoret, pasteur à Verei/, pour rédiger le projet de requête à MM. de Berne (N" 1174). Aussi fixons-nous la date de la présente lettre entre le 25 et le 28. '^■"^ Les arguments indiqués ici par Calvin se retrouvent dans la requête de h\ Classe de Lausanne, mais présentés avec beaucoup de ménagements. 1542 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. 167 Quantum ad illud secimdum caput pertinot, teiies illiid argu- mentum in quo prœcijjuus cardo vertitur : Non esse magistridiis quod Christo et Ecdesue semel fuerit consecratum. At(iue hîc commenioranda erit lex illa, et ratio-Vetiis : (jiialitor dispcnsari Inuc bona oporteat. Erit igitnr in eo insistcndum : Ecclesise fuisse dodicatum quod ini])ii ventres occupaverant. Constare satis, quis sit legitimus usus bonorum Ecclesiae'^ Eum nunc sequendum esse. Alienationem anatliemate non cai-er(» et nialc- dictione : quia sacrum profanet. Interea tollenda erit omnis suspicio, ne vos atïectare hîc ali- quid putent. Demonstrandum tamen erit, illam esse optimam reformationis regulam quam Josias rex pr»scripsit : ut niagis- tratus inspectionem habeat : Diaconi administrent. Poteritis tamen testari vos contentos esse, ut magistratus plénum jus ad- ministrationis habeat : modo tideliter dispenset annuos reditus, et nihil ex fundo depereat ''. Vides quàm confuse et tumultuariè pauca ista percurrerim. Verùm excusatione non utar : apud te prgesertim, qui scis neque negligentia neque temeritate me, in tanta causa, eflfutire quod primùm in buccam venerit, sed necessitate coactum pra?cipitare quod libenter elaborarem, si plus esset ocii. Vale, optime et mihi chariss. frater. De propin(}uo Corderii videbimus. Fratres te salutant : iixor mea et tota domus. Iterum vale. Dominus te et alios bonos conservet. Gmideo plurimùm te in illam domum demigrasse. Quod nisi factnm esset, conviciis te istinc, uhi eras, eximlissem^^. Vale. Dominus te consilio s])iritus sui semper regat, et te virtute sua j)rotegat ex alto ! JOANNES CaLVINUS tUUS. Vix scio quid scripserim, ita caligant oculi. '^ C'est ce que la Classe n'osa pas demander à des maîtres aussi oml)ra- geux que les seigneurs de Berne. '* Le logement de Pierre Viref se composait de deux ou trois cellules, dans la partie orientale de l'ancien couvent de St.-François. Il paraît que des difficultés imprévues surgirent, quand il crut pouvoir s'établir, en 1542, dans le logement plus commode qu'on lui avait promis. Ce fut seulement le 9 août 1544 qu'il écrivit à Calvin : « Migro in .^^des de quihus hactenus tamdiu certatum est. » Nous avons lieu de croire qu'il voulait parler de lu belle maison située au dessous de la cathédrale, et qui avait appartenu jadis au chanoine Benoit de Pontareuse, maison dans laquelle les magis- 168 M\RTIN BLCER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1542 il72 MARTIN BUCER à Jean Calvin, à Genève. De Strasbourg, 28 octobre 1542. Calvini Epistolœ et Resp. 1575, p. 42. Calv. 0pp. XI. 45fi. Gratiam et pacem ! Qnàm infœlicHer sihi consuluerhit 2Ie- tenses, cum regnum Christi, non nisi certi de brachio carnis admittere vobierunt ', in dies gravioribus calamitatibus i)atetit^ Dominns corrigat quod à nobis peccatum est, et excitet regnum suum suo brachio ! Colonia moliebatur aliquid pro Christo ^ : id vereor ut nunc bello quod Brahauti intulerunt Juliacensi ^ etiam dififeratur. Xoster quoque nioHri cœpit aliquid ; sed adver- sarii, dum non valet id advertere, extrahunt etiam tempus quantum possunt \ Utinam sentiremus et bona et mala nostra, et conspirantes rite in Domino, veris supplicationibus incum))e- remus ! Pœnitentia vera, etiam apud evangeUcissimos, ignoratur. Christus nos excitet et suo spiritu impleat ! Res nostrœ hîc habent, ut soient, satis languide pro donis trats lausauuois avaient installé le premier-pasteur Pierre Caroli (novembre 1536). Cette habitation solidement construite, spacieuse, haute de deux ou trois étages, flanquée de quatre tourelles rondes et élancées, était pourvue d'un beau jardin, qui faisait l'orgueil de l'ex-docteur de Sorbonne (IV, 109, 291). Elle a été visitée maintes fois par Calvhi et habitée par Viref et par tous les premiers-pasteurs de Lausanne jusqu'à M. le doyen J.-Pierre-Louis Ricou. Après lui, dès 1839, la maison fut occupée par l'École supérieure des jeunes filles, dont Alexandre Vinet présidait le Comité-directeur. Cette École succédait à celle que M™* Anne-Marie de Molin-Huber avait fondée en 1837. A notre époque, où les anciens souvenirs pèsent si peu dans la balance des intérêts, le vénérable édifice n'a pas semblé digne d'être conservé. Sa destruction est déjà décidée. ' A comparer avec le N° 1173, note 5, et le X° 1183. renvois de note 14-15. * C'est une allusion à l'ordonnance de l'Empereur récemment publiée à Metz et aux procès qui en étaient résultés (S" 1165, n. 2, 4). » '' * Yovez le X" 1167, notes i et 8. loi2 MARTIN BUCER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 169 iiobis collatis : orato i)ro iiol»is ut iiiagis iiiardpscamus. Ludus Uteratius non incommodé liabet. Advenit ex Italia \\v (luidam Gr£eeè, Hebraicè et Latine admoduni doctus, ot in Scripturis fœliciter versatus. annos natus quadrAginta quatuor, gravis mo- ribus et judicio acri : Petro Martyri nomen est •"'. Prtefuit Cano- * Guillaume, duc de Clères, devenu ennemi de l'Empereur ])ar son alliance avec François I. ^ Pierre Martyr Vermigli (1500-1562). Né à Plorence d'une famille dis- tinguée, il s'affilia, très jeune encore, aux chanoines réguliers de St. Au- gustin, à Fiesole, qui l'envoyèrent étudier dans les universités d'Italie, et, après son retour, le choisirent comme leur prédicateur ])nblic. Il fut suc- cessivement élu abbé de Spolète et prévôt du collège de 8t.-Pierre ad Aram dans la ville de Naples (15.80). C'est là que l'étude attentive de la Bible et la lecture des livres de Zwingli, de Luther, de Bucer, etc., très répandus alors en Italie, ébranlèrent ses anciennes croyances. Écarté momentané- ment de la chaire, il n'en fut ])as moins élu visiteur général de son Ordre, puis nommé prieur du couvent de St.-Fridiano à Lucques. Ses leçons aux jeunes religieux et ses prédications produisirent dans cette ville une pro- fonde impression. Mais les Augustins, irrités des réformes qu'il leur impo- sait, intriguèrent contre lui et le tirent citer à Gênes devant une assem- blée de l'Ordre. Averti du piège qui lui était préparé, Pierre Martyr se retira à Pise, d'où il envoya sa démission aux conventuels de St.-Fridiano. Il se rendit ensuite à Florence et y rencontra Ochino, qu'il suivit de très près dans sa fuite. Ayant reçu à Zurich l'invitation de se rendre à Stras- bourg, il arriva le 17 octobre 1542 chez Bucer, qui le lit élire professeur de théologie. Il adressa, le 25 décembre suivant, à l'église réformée de Lucques une lettre dans laquelle- il justifiait sa sortie de l'î^glise romaine, et exhortait ses anciens auditeurs à persévérer dans la doctrine évangé- lique. « Pierre Martyr possédait à un haut degré les heureuses qualités qui distinguent ses compatriotes, sans avoir les défauts qu'on leur a repro- chés.... Sa piété et son savoir étaient relevés par sa modestie, par sa candeur, par l'affabilité de ses manières. Ses adversaires eux-mêmes ren- dirent hommage à ses talents ; et, plus tard, dans l'Église réformée, on s'accorda généralement à mettre ses ouvrages en première ligne après ceux de Calvin, sous le rapport de la sagesse et de la clarté » (Voyez Josias Simler. Oratio de vita et obitu P. M. Yermilii. Tiguri, 1568. — J.-J. Hot- tinger, III, 756. — Ruchat, Y, 191-198. — Maccree, o. c. p. 130-35, 138- 40, 213, 219-23, 427. — C. Schmidt. Peter Martyr Vermigli. Elberfeld, 1858). ' Paolo Lacisio, de Vérone, qui fut élu professeur de grec à Strasbourg. Les deux étudiants étaient Theodosio Trebelliario et Julio l'erenfiano. « Chacun sait (dit Simler, o. e.) que celui-ci resta fidèlement et constam- ment attaché à P. Martyr jusqu'à sa mort. » 170 • JEAN STURM A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1542 nicis regulari])iis Lucœ : adduxit très, unum Grœcè doctissimum, reliquos duos jiivenos studiosos \ Hîc laboravimiis jam no in tantis ecelosise nostrœ opibus hi osuriant. Respice nos, Domine Jesu ! Hic te sei'vet et tuos, et habete nostram ecclesiam, ut soletis, in vestris precibus commendatani. Yalc Argent. 28 Oc- tob. 1542. M. BUCERUS. 1173 JEAN STUEM à Jean Calvin, à Genève. De Strasbourg, 29 octobre (1542). Autographe. Bibl. de Gotha. Calv. 0pp. XI, 460, S. P. Petrus, co7icionator noster ', valde angitur de ea pecunia quani ti])i débet : cui)it enim veliementer til)i persolvere. Cer- tum debitum est, cuni metuit debitor, et cupit, et cogitât. Pro- misi me intercessuruni. Rogo ut adhuc aliquantulum temporis impetret : id quod te puto permissurum. Audio enim res tuas in bono esse statu, id quod, ut debeo, gaudeo. Quôd uxo7- tua convaluerit, lœtor : quôd filiolum vivum non habes ^ tametsi doleo, tamen est aliquid quôd te virum esse declararis, et expectes alterum partum : quod mihi negatum hucusque fuit, tibi gratulor. Videor mihi xklero parviduni Calvinum in œdibus tuis : quas tametsi non vidi, tamen formam earum animo com- plexus suni, ut etiam filioli. Uxorem meis verbis s.[alutaj dili- genter, ' Stunn, qui était membre du Conseil de l'église française de Strasbourg (VI, 398), pouvait à double titre appeler noster le prédicateur de cette église, Pierre Brulli (VII, 196). Les fonctions de Calvin, comme profes- seur, avaient été confiées, au commencement de l'année 1542, à Pierre Boquin ou Bouquin, natif de la Saintonge, ancien prieur des Carmes de Bourges (Voy. J.-J. Hottinger, o. c. III, 749. — Rôhrich, o. c. Il, 69. — Haag. France prot. Il, 400). ^ Le fils de Calvin était mort vers la fin du mois de juillet, peu de jours après sa naissance. 1542 LA CLASSE DE LAUSANNE AU CONSEIL 1>K REIINE. 171 Res religioms apud Mediomatrices indinata est, ut cor/nosces, ut opinor, ex literis Farelli l Plus sœpo iu liac [vita] * jji-olicitiir agondo quàui sapiciulo \ Dcus aclsit ei ecclesicL' ! liene valo, mi Calville. Argcut. 29 Octob. (1542). ^ Tui studiosiss. J. Sturm. (Ii)scriptk):j ()j)tiiiio et doctissimo viro I). Joauni ("alviuo: priniario lidelissimoquc Genevensis ecclesiœ doctori. 1174 LA CLASSE DE LAUSANNE 811 Conseil de lieme \ De Vevey, 1" novembre 1542. Inédite. Minute orig -. C oininuniquée i)ai' M. le colonel Henri Tronchiu. Magnitici Principes, Intelleximus cum ex Decanis qui à vobis istiic accersiti fuere, tum ex literis quas dignati estis eis ad nos dare, quœ declaratio- * Cette allusion aux deux lettres de Farel des 22 et 28 octobre, qui ve- naient d'arriver à Strasbourg, confirme la date que leur donneut Olivier Perrot et Paul Ferry (N"^ 1168, 11G9). ■* Sturm voulait d'abord écrire in hae humana vita (ou palœstra), puis il a biffé humctna et laissé subsister i^i hac. * L'écrivain exprime le même avis que Bucer (X" 1172) : Au lieu d'agir, les Evangéliques de Metz ont jugé qu'il était plus prudent, plus sage, de temporiser encore jusqu'au jour où les jirinces protestants s'engageraient à soutenir effectivement leur cause. * Puchat (V, 220) et Hundeshagen, qui le traduit (o. c. p. 175), ont commis quelques erreurs, parce que n'ayant pas connu le texte do cette pièce, ils ont cru pouvoir en indiquer le contenu d'après la réponse des Bernois du 12 février 1543. Ainsi Rucliat affirme qno « ht Classe de Lnu- « saune s'étant assemblée le 1" novembre, dressa un jirojet de divers rè- « glements pour pousser plus loin la réformation... ; que, dans ce projet « les ministres de la dite Classe imj)rouvaient en termes fort vifs la vente « que leurs Seigneurs faisaient des biens ecclésiastiiiucs. traitant de sacri- « lèges et de Judas les détenteurs de ces sortes de biens. Ils demandaient « encore l'établissement de In discipline ecclésiastique, voulant remettie 172 L.\ CLASSE DE LAUSANNE AU CONSEIL DE BERNE. lo42 nem extremœ vestrsesententiœ complecimiiur, quid animi habeatis ad ea quœ in illis fradantur ^ Unde nostri officii esse judica- vimus, iiiagnificentiœ vestne, quantum oa adtinet, rescribere * quod pro iiostra virili i)utaremiis vol)is gratissimum fore : nulla tameii ratioue derogando muneri quod Deus nobis credidit. et quod ab eo commissum agnoscimus, non autera ab honiinilnis, neque aliquatenus repugnando nostris conscientiis et officio. Xi nobis jam satis persuasnm esset, quàm benevolo animo et qiianto zelo accensi sitis erga eccJesiam Dei, ut eam in sua liber- tate conservetis. et ministros Christi in ea dignitate qua Pasto- rum et Ministrorum Evangelicorum Princeps eos constituit. ut et vestris postremis literis ^ ampliùs testificati estis, potiùs quàm eam dura tyrannide opprimere, ansam ac occasionem ha- beremus vos admonendi, non esse Principum qui in Iwc sœcido agunt, qiiamlibetpotentiummitmijiisciinque conditionis,x>rsescri- bere sola sua auctoritate Ministris, quie docere debeant, neque Ecclesix quœ credere debeat et sequi, sed soli Deo pei' suam Eccïesiam juxta verbiim ejus convocatam, atque ordinem ab eodem constitutum. Nam qiiemadmodum Ministrorum tantùm non est Eccïesiam regere ac de doctrina ejus decernere pro suo nutu, quia debent potiùs ecclesiastico judicio subdi, in quo Ma- gistratus etiam complectitur : ita si Magistratus itidem sua auctoritate, citra Pastores et Ministros eosque quibus prfecipuum « l'Église sur le pied du premier siècle, V excommunication , l'autorité de « l'Eglise, V imposition des mains, l'emploi des diacres, etc. » On verra, au contraire, que la susdite requête présentait convenablement quelques observations au sujet du manifeste bernois du 15 août et de la vei)te des biens d'Église ; qu'elle ne réclamait ni l'imposition des mains, ni l'excommunication, ni la discipline ecclésiastique, mais seulement l'application des règlements confirmés par les Bernois eux-mêmes ; et que; si elle atïirmait l'autorité du ministère évangélique, elle ne demandait, sur ce dernier point, aucune innovation (Voy. la note 12). ■'' Elle nous paraît de la main de François Martoret, doyen de la Classe, et elle porte de nombreuses ratures faites par lui-même. * Allusion aux lettres de MM. de Berne du 15 et du 16 août (N"" 1147, 1148). * Après rescribere, on lit les mots suivants, qui sont biffés : (luàm fieri posset gratissimè. ^ Nous n'avons rencontré aucune lettn' de ]\[]\I. de Berne adressée aux pasteurs du Pays romand entre le 29 août et le l" novembre. Il s'agit pro- bablement ici du manifeste du 15 août. 1542 LA CLASSE DE LAUSANNE AU CONSEIL DE BEUNK. M'.i omis et cura animaniiii ac Ecclesiaî siint concivdita. decernere vellet quod illi risum essef, deinde id ohsorrdudum jyrœcipere, alioqui Ministerium'deponere'^', id noii rsset tyratniklem papis- ticam profligare, verîn)i UUim ))iiif(i/e et à falsis piastorihus ad altos tyrannos traducere. Xovinw non i)ossiinius vos Inijus jure accusai'O (taint^tsi non vocatis Ministris ' constitueritis quod iiobis raandatis : quod tamen videri posset factuni pi-îetor ordi- nem Ecclesiasticuni qui omnibus s^eculis in occlcsia Dci ol)s(>r- vatus est, quamdiu luec ali(iuani Ecclesiie sijecicni rctulit), expensis causis ac rationibus (]u;e vos ad id im])n]erunt, (iuod(}U(^ uiininiè statueretis nobis autcrro jjurè docondi lilx'i-tatoni ea qute sacris litoris comi)rehenduntur. Itaqup vobis respondonius, nos haudquaqnam recnsure coiuli- tionem qnam nohis ohfidisfis, nec quempiam nostrnm esse qui aliter docuerii, et qui docere decreverit qiwd no» sif ad Ecdesise œdificationem. Minime intelligentes quôd bac ratione velitis adsti'ingere spiritum Doniini. quominus semper liceat ei cui Dominus quicquam revelarit. id Ecdesise ])roponei'e; sed ea lege, ut nidÏHS audeat noram aliquod dogma Ecdesiœ ohtrndere dira ejusdem judicimn et consensmn ^ Ac veluti, Magnifici Principes, ad id adstringi volumus, vos etiam oramus, quando- quidem offendicula et tur])îe à vestns Ministris emanarunt ^ ut nicbilo magis liceat eis (julcquam innovare in vestra ecclesia, non observato decenter ordine, cui et nosmet subjicimus, ad tuendam mutuam inter nos et illos et in tota ecclesia Christi pacem et concordiam, sine qua ha^c esse non potest Ecclesia, et ad occurrendum tumulti])us. scandalis et gravissimis malis quae Inde enasci possent. Et ut faciliùs nos ipsos contineamus in consensu doctrinie Evang(^lica? et in syncera pace et amicitia mutua, dignetur vestra magnificentia nohis concedere qnotannis ® Cette menace existe, en etfet, dans le manifeste ])rémeiitioiiiié (page 101, lignes 15-17). ' Le 16 août, MM. de Berne avaient convoqué pour le 27 du même mois les doyens des Classes romandes, mais en leur laissant seulement six ou sept jours pour consulter les ministres de leur ressort. ® Cette loi existait déjà au mois d'octobre ou de novembre 1536 (IV, 188, reuv. de n. .5). ® Les Bernois avouaient dans leur manifeste du 15 août (|ii(' les troubles ecclésiastiques avaient commencé à Berne même, i)aniii Icins ministres. 174 LA CLASSE DE LAUSANNE AU COiNSEIL DE BERNE. 1542 mit secundo quoque muio, prseter aniiua capitula, vel illoruin loco, Synodos aliquas generales^^ , ut oJhn habebamus, et qiiemad- modum pollicemini in statutis vestns synodalibus, typis ex- cusis " : in quibus de doctrina inquiratiir ac eadem tractetur non perfnnctoriè atque obiter, ut ferè lit ; sed cum omni dili- gontia ac timoré Dei, consyderantes niala ac scandala qua? in Ecclosiam irruerunt, quôd privati sinius liujusceniodi disci- plina '^ quodque neglecti sint cœtus ac concilia doctrine Chris- tiania. Insuper, Venerandi Domini, supplices oramus ex animo, ut relitis in melioreni parteni i)iterpretari quod vobis scrihimus de venditiotfe honorum Ecclesue cpuœ hoc tempore fit in ditione recens parta '^ cnjus vos Deus constituit Principes, protectores et patres ad instaurandam et conservandani Ecclesiam suam. et quicquid illius est, atque illani integram conservare, ne dissi- petur ac ruât prorsùs per falsos pastores ac tyrannos tani cor- porum quàm animaruni. Quod de hac re vobis scribimus non bine émanât quôd erga vos malè simus aftecti, aut quôd vana quapiam moveamur curiositate in iis quorum nosti-a nichil om- nino refert. Si res nichil prorsùs conscientias nostras remorderet, *" Martoret avait d'abord écrit : synodum ah'quam generalem. " Les pétitionnaires entendent les Actes du synode de Berne, tenu du 9 au 14 janvier 1.532 (t. H, p. 395). Imprimés d"abord à Bâle en allemand, jjuis bientôt après en latin, ils ont paru de nouveau à Berne par les soins du professeur Christophe Luthard, qui les a placés à la fin de son livre intitulé : « Disputationis Bernensis.... explicatio, 1660, » in-fol. On les trouve eu français dans l'ouvrage de Ruchat, t. III, pp. 438-527. >DI. de Berne leur avaient donné force de lois par un édit du 14 janvier 1532, édit qui ordonnait de les lire « dans les synodes suivants, qui se tiendront annuellement au 1" mai ou environ. » ^- De toute la lettre c'est la seule phrase où figure le mot disciplina, et encore s'agit-il ici de la discipline que prescrivaient les règlements syno- daux de 1532. De l'excommunication et de l'emploi des diacres, pas un mot. On ne pourrait du reste supposer que la Classe de Lausanne modifia la rédaction de Martoret, soit en lui donnant un ton plus agressif, soit en y ajoutant d'autres réclamations. (Voyez, dans la lettre de Calvin à Yiret écrite vers le 8 décembre, la note 11, relative au paragraphe commençant j)ar ces mots : « Literœ [vestrœ] summa moderatione scriptae sunt. ») is-u >i 17 Voyez, sur la vente des biens ecclésiastiques, les deux lettres de Calvin, V^ 1163, renvoi de note 8, et 1171, 3""' alinéa. — Ruchat, TV, 531-36. 1542 LA CLASSE DE LAUSANNE AU CONSEIL DE KEllNE. 175 faciliùs ac securiùs tacoremus ac dissinmlaremus, quàm (liccrc- iiius ici ad qiiod vei-itas nos inipcllit. Nain si liabeamiir Mutistri Jesu CJirisfi, ut snnius. (»t opinaniur nos à vobis talcs judicari. tndl((s inficiari possit qimi ea nos aliqha ratioiie adtineant, quo- rum omnibus ssecuUs Aposioli et veri Pastores ac Ministri Evan- (jelici curam gesserc^* : nisi qiiis negare vclit ant illos aiit nos non esse Jesu Christi ministres. Et quando nicliil aliud nos moveret qukm jusjftrandum qnod ijesirœ dominationi lynestitimus ^^ , non ])Ossonius tamen jun; tacere, quin vos coninionefaceronius coruni (pue honoroni vos- truni et utilitateni concernunt, jjra'sertini ubi lionor Dei Icdi potcst aut imniinui, — ni nicritô judicari velimus ac haberi pro adulatoribus, porjuris ac proditoribus Doi et Ecclesias suae ac vestnie Magniticentiie, qui ejus estis servi ac ministri. Jam verô satis comjjertum est ex hujusmodi venditione ac aUenatione hono- rum et possessionum Ecclesiasticat'iim, et earumdem administra- tione, magna ac horrenda scandcda esse exorta, non solmn in hac regione, verimi etinm per universum orbem ubi Chiistus nomi- natur, ut nesciamus quorsum sit nobis potiùs inclinandum '", quidipie respondere valeamus querelis, accusationibus et oly'ec- tionibus quas nobis quotidie et boni et mali intentant, neque qua ratione possimus rem excusare coram Deo et hominilnis. Eramus jam antea admodum im])editi (piî res])onderemus ({ue- rimoniis quœ de abusu qui in administratione et dispensatione eorundem committebatur, subinde tiebant : quo fit ut vobis cogitandum relinquamus quid atferre queamus, cum jam videan- tur prorsùs vendi ac distrahi in potestatem alienam ''. QmuI de vobis, qui luec agiiis, et nobis, qui tacemus, opinari possint fum boni tum mali; quidque possit promovere nostra predicatio, quw jam apud complures habebatur ludibrio, qui nunc oblatamJujbe- bunt occasionem quam venabantur longe commodiorem ad ca- lumniandum ac detrectandum vestris exceUentiis ac nostro mi- iiÀsterio, quàm unquam antea ? Non ambigimus (piin id sano consilio ac deliberatione matura tentetis, quodque non sine ratione ad id consilii inducti sitis, '^ Ou trouvcni dans lo t. IV, p. 411, et dans lUicliat, IV, 117, (luclqiics détails sur le sermeut yirêté à IVIM. do Beruo par les pastinirs. 16 Pi-pn^ièrc rédaction : (piorsuni sit nobis tcndcnduni. in (piani paitcni potiùs, etc. 176 LA CLASSE DE LAUSANNE AU CONSEIL DE BERNE. lo42 nequaquam praetendentes manus vestras sacrilegio fœdare, vobis adscribeiido quod Jesu Cliristi est et siiorum niembroriim '^ Intérim tamen niclnloniiiius persévérât scandalum, nec commi- nisci ])ossiimus rationem idoneain ad satisfaciendum nostris conscientiis ac caeteroruin. Nam invenire non possumus neque in divinis neque himianis legihus id Ucere eo pado quo videmus tradari in prœsentia, ni aliter instruamnr, quemadniodiim nos sumiis parati vobis fusiùs denionstrare, cum visnni erit Magnifi- centise vestrse, vel libro super hoc argumento composito '^ qui explicité continebit argumenta et rationes tam ex legibus divi- nis quàm bumanis exceri)tas : quœ tam fortes erunt, ut non dul)itemus eas facile persuasuras qui])usvis animis bonis ac Christianis quod allaturi sumus. Itaque, metuendi ac Magnitici Doniini, oramus vos per nomen Jesu Christi, cujus nomen geritis, ut diligenter expendatis quod vobis ])roponinius; nec putetis nos curare quod nostra nichil refert, si modo nos tanquam Ministros Jesu Christi habeatis. Sed cogitcde potiùs cui et vos et nos serviamus, cuiqiie erit red- denda ratio nostri officii ac administrationis, qiiid oneris nohis commissum sit, quid Jesu .Christo debeatis ac ejus Ecclesiœ, et, ejus causa, ministris ejus, ac omnibus ejusdem membris, atque in qua per])lexitate ac anxietate essetis vos, si videretis ac audi- retis quse vide[mus] ac audimus singulis horis, vobis absenti- bus ^^ tametsi vobis presentibus quidam egregiè dissimulent, utque ita ecclesiae Jesu Christi pros])iciatis, quô et vos et nos reddere rationem in conspectu magni Judicis vivorum et mor- tuorum valeamus, ac satisfacere conscientiis bonorum ac os occludere calumniatoribus, nec ullam eis ansam Evangelio Jesu Christi maledicendi ])niebere. Gratia Domini vobiscum ! Viviaci, ex nostra congregatione. 1. Novembris 1542, Vestri obsequentissimi servi ac subditi Franciscus Martor.ïus, decanus, JOHANNES TORNACENSIS, JOHANNES A GrUE, JoHANNES ReBITTUS, et Petrus Viketus, Jurati, nomine totius Classis-'. " ("était dire trôs diplomatiquement ce (jne le mémoire de Calvin 15i2 BARTALDIÈRE A d'ESPEVILLE [JEAN CALVIN, A GENÈVE]. 177 1175 ' BARTAUDIÈRE ' à (lEspeYiUc [Jean Calvin, à Genève.] De Fe^^a^e^ 4 novembre 1542. Autographe. Bil)l. Pul)l. de Genève. Vol. h" KM), ( alv. <)\)\). XI, 461. S. P. Recldita milii est epistola tua. (lua quouiaiu niilii labo- rare videbaris, ik^ i)arùm à iiobis dilig-cns scribeiido ])utarere, disait sans ambages : « Aliciiatioiicm anatlicniate non carcrc et nialcdic- tione, quia sacrum profanet. ^ '® Le livre on question fut effectivement composé (Voy. le X" 1204), mais il ne paraît pas avoir été conservé. ^" II eût été imju'udent de reproduire ces expressions de Calvin-: « Plebs in tota provincia, quia palàm non audet, in angulis omnibus de ep conqueritur » (p. IGG, lign. 21-23). ^' Jean de Tournay était pasteur à Aigle; Jean le Grus, à Montreux ; Jean JRebif ou Hibit enseignait le grec à l'académie de Lausanne. Les quatre derniers noms ont été écrits par le rédacteur de la minute. ^ De la présente lettre on peut inférer que Bartaudiere connaissait Calvin personnellement et qu'il soutenait avec lui des relations très ami- cales, cimentées par cette confiance mutuelle qui naît de la fraternité reli- gieuse. Nous désirions en savoir davantage ; mais nos recherches étaient encore sans résultat, lorsque nous eûmes le plaisir de recevoir la visite de M. Benjamin ï'illon, de Fontenay-le-Comte, savant très distingué, à la mémoire du(iuel nous payons tardivement un juste tribut de recon- naissance et de regrets. M. Fillon, auteur de ])lusieurs ouvrages relatifs au Poitou et à la Vendée, nous renseigna immédiatement au sujet de Bariau- dière en écrivant la note que voici : « Mauderc ou Prévost [sieur] de la Bertaudière, paroisse de St. Philbert-de-Pont-Charrault. près Chantonnay *, était à Ferrare en même temps que Michelle de Saulionne et Boussiron, sieur de Grand-Ry. » Après un témoignage si autorisé, l'enquête nous semblait dûment ter- minée ; mais il faut la recommencer aujourd'hui. Nous avons lu, en effet, tout récemment dans V Histoire des Martyrs (éd. de Toulouse, ISSi), t. III. p. 551) une note empruntée à l'étude de M. .Jules Bonnet sur la Disgrâce * A 8 1. eu\nron de Foiitenav-le-Coiiite (Vfudée). Il y a une autre Bertaudière, située dans la commune de Moraud, canton Ghiiteau-Eenault (Imiro-eti-Eoire). T. VIII. 12 178 BARTAUDIÈRE A d'eSPEVILLE [jEAN CALVIN, A GENÈVE]. 1342 oporoprctium judicavi, ut per me certior fieres, qiiicqiiid à te proficiscitur tam liîc esse gratum quàm quod gratissimum. De- ledamw enim cum recordatione tni, tiim maxime tuis literis, ut rnJiil duhUandum tïbi sit, Jiabere te neminem cui quàm nobis sint JiA'c officia tua cariora. Sed tamen tu quia haud saepe for- tassis liabes cui ad nos epistolam rectè dare possis, et es nego- ciissempei- pluriniis impeditus, nolumus hacliterarumanibitione tuai'um, officium tuum conturbare. Te niliilominus etiam atque etiam rogo (quod facere tuo commodo possis) ne justam occa- sionem ullam scribendi j)r?eterniittas. Cœlms ày-lniç'jiç periclitatus ^ singulari tandem Dei beneficio servatus, ad vos provinciam ohiturus jam redit * : cui ne quid deesset, quominus et honestè, et commode se reciperet, operam pro nostra facultate dedimus. D. rero Ben^'. [l. Bernardin i'] nobis hitegritas ex multo jam tempore, et usa famiUari pers- peda ac probe judicata est. De quo tamen varius est hîc hominum sermo. Hoc, quicqaid est, multoriim solicitât animos. MiJii antem non fit verisimïle, hominem gravem, et eum senem, adductum potiùs esse desperatione rerum omnium, quàm cogitato consilio, ut profectionem * in tanta hominum admiratione ac vulgi ru- more medituretur. de 31. et de M"' de Pons (Bulletin du Prot. franc., année 1880, p. 6), où nous apprenons que l'aumônier de la duchesse de Ferrare, François Bi- chardot, était « sieur de la Bartaudière. » Mais malgré l'autorité du savant biographe de Benée de France, nous ne pouvons admettre que Bartau- dière (ou la Bertaudière * ) et François Bichardot soient une seule et même personne (Voyez la note 17). * La date porte Bono.[niœ], c'est-à-dire Bologne. Cette ville renfermait déjà des « fauteurs de Luther, » comme l'indique l'opuscule intitulé : <■ Apologia I Fratris loannis Ma | rite Verrati Ferrariensis C'armelitsp, | Ad Illustrissimum, & inuictiss. Princi | pem Herculem eccellentissi- | mum Fer- rariae | ducem. ] M.D.XXXVin. » 39 ff. petit in-8°. A la fin : « Bononise per Vincentium Bonardum Parmensem, & Marcum Antonium Carpen. Anno salutis. M. I). XXXVIII. Mense Octobris. » Mais tout annonce néan- moins que La Bertaudière a écrit sa lettre à Ferrare même, et au milieu de l'entourage de la duchesse Renée. * Voir le X" 1177, note 2. * Curione était reparti de Ferrare le 24 octobre (X" 1170). ^■^ Bernardino Ochino (X" 11G3, note 14). * Ce changement de forme du nom primitif n'a rien de sm-preuant. 1512 BAhTAlDIÈRE A d'f.SPEVILLE [jKAN CALVIN. A GENÈVF,|. 179 A'ii-iuu liuiic boiiuiii, (lui à vobis ad nos est ])r()l'('ctus, imiltis nomiiiibus, sed tua etiam cominondationc, inij)i'iiiiis aiitcm (|iiia frater csf, comploxi suiniis. Quciu non taiitùni juvare. scd rébus omnilnis ornare cupiebamus. At nulla id ratioiic pci-tici potuit. cujus hue ipse se causa contulerat : (piod facile judicabit, cuicunque woisd p7iHci.\pis\ tiosine ** rationes erunt : nequo vero id ex re honiinis esse potuisset. Quod ipsi (^tiani iiullo monitore judicare ixihk licebat. Hujus itaiiuc rci inipetmnda^, quia nulla aut expcdita aut tuta ratio potuit liaberi, conatuni Anihrosins ^ et ego nostnini onniem in hoc nioditati sumus, ut honesto aliquo dono aliquantulùni auctus, ad vos rediret. Sed neque fuit luec honiinis calamiiosi et fortiinis omnibus ejecti,juvandi satis ex- iwompta ratio. Rogas (luamobrem V Tanta est homimmi hoc de causa lahorautium co])ia, quorum onmis hue inopia et calamitas commeare solet, ut mirer siepenumero principis liheralitatem non, fatigari. Hujus autem rei testimoniuni in Ca^Jio erit illustre'", Rogantibus itaque nobis, et obnixè pro honiine postulantibus, (( sui sibi tandem habendani rationem » respondit ; « imi)areni se tam multis sunitibus, vixque excessisse biduum cuni uni x ", alteri xx numerarentur. w p]t id certè verum. Huic igitur con- fecimus quantum maxime licuit, et id quidem quo est à nobis aninio datum, eo ab ipso, qua est facilitate. est accej)tum. Cœte- rùm, si qui isthic erunt valdè inopes, effice ])otiùs ut nos per literas certiores faciant, quàm ut tantis cum incommodis hue ' Nous doutons fort qu'on puisse identifier ce personnage avec Jeun Bérauld, qui arrivait d'Italie à Tirano, le 8 novembre, et de là se rendait à Berne (N" 1177). * Benée de France, duchesse de Ferrare. ^ Peut-être Ambroys de Chareigne, l'un des clercs de chajielle de la duchesse Renée (Voy. 0. Douen. Clément Marot, I, 172). Il devait être sous les ordres de l'aumônier Bichardot. C'est un indice qifoii iiivdijucra peut-être pour attribuer à celui-ci la présente lettre ; mais plusieurs consi- dérations militent en faveur de la thèse contraire (Voyez n. 17). '" C'était grâce à la générosité de Benée que S. Celio Curiane avait \m faire face aux dépenses de ses deux voyages précédents. Le troisième devait être plus coûteux encore, puisque sa femme et trois de ses enfants étaient partis de Lucques pour le suivre jusqu'à Lausanne ÇS" 1170, renv. de n. 2). '' Il faut sous-entendre scuta. Avant le cliiffre romain x, l'écrivain a biffé le mot decem. 180 BARTAUDIÈRE A d'eSPEVILLE [jEAN CALVIN, A GENÈYe], 1542 l)i'oi)('r('nt. Nos quantum studio, otiicio ac opéra pra^stari possit, tuis literis moniti statim perficiomus. Tq 2)riitc.[e2)s], I). Pont. [a nus] '-, niaritus Sinapins et uxor '^ qu8e gestat uterum, Amhr.\osiHs], idem tuus idem meus, caeteri- que omu(>s officiosè resalutaut. Rogantque sui ut memineris ev -■?i rojo-c-j/.vî, maxime verô Prin.lcejjs] et Pon'^'^ '% qua? Bar^. '\ ut suo uomine ac I). Mar/r'^ "^ salutem dicas, te obsecrant : quod et nos facimus. Ab humore melancliolico molesté D. Pont^<^ saepius œgrotat, cujus morbi depellendi in Cbristospes omnis est. Tu et qui tecum sunt boni viri Patrem orate i)ro ea. Vale, frater in Christo dilecte. Bono.[nire] pridie non. Novemb. 1542. Tuus modis omnibus fr. Bartaudiere ''. (lifscrijyfio :) A Monsieur Monsieur d'Espeville. *'^ Antoine de Pons, comte de Marennes, barou d'Oléron et chevalier d'honneur de la duchesse de Ferrare (Voy. Haag. France jH'ot., YTÏL, 287). ^' Jean Sinapius et sa femme, née Françoise Boussiron de Grand-Ru (Voy. les Indices des tomes IV- VII, et Doueii, o. c, I, 171, 173, 174). " Lisez Pontana (Madame de Pons). Anne, fille aînée de Jean Parthe- nay-Larchevêque, seigneur de Soubise, et de Michelle de Saubonne, avait épousé en 1533 Antoine de Pons (Voyez notre t. \TI, p. 508. — Haag, o. c. ■\% 339, 340. — Le Bulletin cité, t. XXI, p. 163, 164 ; XXXIX, 169, 170, 301. — Douen, o. c. I, 172, 176-178. — Œuvres de Clément Marot, éd. Guiffrey, II, 212, 213). 1^ Baro, au lieu de Ber», abréviation de Bernardino (Ochino), serait ime erreur de plume. Mais si l'écrivain a voulu abréger le mot Bartholo- mœo, nous ne saurions dire quelle est la personne visée. Serait-ce le troi- sième prédicateur de l'église italienne de Genève (N'ini, renv. de n.lO) ? *® Ce mot ne peut représenter un prénom quelconque. Désignerait-il Lauirent Maigret, le Magnifique, ce Français réfugié et pensionné à Genève ? '^ Il est possible que M. Jules Bonnet, en lisant cette signature, ait pris fr. (frater) pour l'abréviation de franciscus. De là à supposer que François Bartaudiere était le nom nobiliaire de Bichnrdot, il n'y avait ])as loin. La Biographie universelle de Michaud dit, il est vrai, que ce dernier ai)i)artenait à une famiUe noble de la Franche-Comté ; mais dans toute cette i)rovince on ne trouvera pas un village, pas un hameau, pas même une grange qui s'appelle la Bertaudière. Gilbert Cousin, de Noze- roy, compatriote, client et ami de François Richardot et de son frère Pierre, parle d'eux plus d'une fois avec grand éloge, dans la Descriptio de sa province natale (hnjjrimée entre 1550 et 1554), mais sans leur donner 1111 titre iiol)ili;ure ; et cependant il accorde cette gracieuseté à beaucoup d'autres Fraiics-( '(iintois. Les Papiers d'État de Granvelle, Gollut (Mémoires 1S42 LES l'HlNCES PROTESTANTS AU DUC DE LORRAINE. 181 1176. LES PRINCES PROTESTANTS au Dnc (Ic Lorraiiic. (Du Will.einluM't>) 7 novembre \~)ï± Melantlîonis Epistolœ', od. Rretschiioidci-, IV, Sii-J. S. I). Illiisti'issiiiio Priiicops et consaiiguiiicc dilcctc! Etsi non ignoranms, apnd exteras nationcs intorduni de nobis jndicari diiriùs, propterea qnôd iis qni Ecclesiasticos abusus pio hist. do la Répub. séquauoise. Dôlc, 1592), Aul)ert le Mire (I)ii)lomatiim belgicorum coUoctio, éd. 2da, Bruxcllis, 1723-4S, II, 10G6, 135fi ; III, 466), Valère André (Bihlioth. Belgica, p. 239) gardent également le silence sur la seigneurie de l'aumônier de Ferrare et sur la noblesse de son neveu. « Rien de jilus sévère (dit M. Jules Bonnet) que le jugement de Calvin sur Richardot, et rien de plus vif que le portrait qu'il en a tracé... * Cu- rione qui ne fit que traverser la cour de Ferrare en 1542, et qui foit l'éloge de Richardot dans une lettre à Calvin [7 septembre, même année], le connaissait-il mieux que ce dernier qui dejjuis longtemps avait percé à jour son astuce? » Et i)lus loin, à propos des manières doucereuses dont Richardot, devenu évêque d'Arras, usait envers les prisonniers évangé- liques **, — M. Bonnet ajoute : « On voit que l'ancien chapelain de lienée, devenu persécuteur de ceux dont il avait autrefois paru i)artager la croyance, n'avait rien perdu des « fassons blandissantes '> qu'il déployait à la cour de Ferrare. Elles purent tromper Curione, mais Calriii n'en fut jamais dupe » (Bulletin cité, année 1887, p. 39-41). Et ce serait à Bkhardot que le Réformateur aurait recommandé « le frère » qui allait chercher une place à la cour de Ferrare ? Et, au lieu de réclamer pour celui-ci les bons offices de ses vrais amis, Jean Sma})ius, M. et M™" de Pons, etc., il se serait adressé au personnage (pril estimait le moins? La judiciaire si ])éiiétiante de M. J. Bonnet ne s'est-elle jjas abusée en cette occasion ? On remarquera que le corresi)ondant de Calvin s'exjiriiiie avec une fran- chise, une cordialité de ton et une familiarité de style qui font trouver très naturels ces mots : « Tuns modis omnibus frater, » qui j)récèdent la signature. Tout hyjiocrite qu'il était. Bichardot aurait-il osé se qualifier ainsi ? * Vovez sa lettre à Rouée de France, oct. on nov. 1541, VII, 311. ** Histoire des Martyrs, année 1568, éd. cit., t. III, p. 551 et suiv. 182 LES PRINCES PROTESTANTS AU DUC DE LORRAINE. 1542 studio et voris rationibus taxanint, non adversati sumus, tamen cum sciamus, D.[ominationem] T.[uam] singulari i)riidentia et gravitate pra?ditam esse, arbitramur eain de nobis quidem jiidi- cium adhuc suspendere, donec lue controversine aliquando légi- tima ratione audiantur et cognoscantur, praesertim cum mani- festum sit, multos esse veteres morbos Ecclesiœ, de quibus necesse est tandem pios gubernatores populi Christiani delibe- rare. Yerè enim hoc aiiirniare possumus, nos ex animo semper optasse, ut piè cognitis rébus gloria Dei illustraretuv, saluti hominum consuleretur, et communis concordia et Ecclesiœ pax conservaretur. Nam cum hsec professio no])is ingentia pericula, labores, sumptus adferat, non est existimandum, nos privata cupiditate buic negotio favere. Non enim ob alias causas abusus corrigi pennisimus, nisi propter gloriam Dei et Ecclesiae salu- tein. Quare cum cognitionem Ecclesiœ semper flagitaverimus, nequaquam accusari possumus tanquam sejuncti ab Ecclesia. Et omnes sapientes Principes ubique oramus, ne quid de nobis secùs statuant sine cognitione quœ decet Dei ecclesiam. Haec petitio cum sit a^quissima, impetvabimus a D. T., ne gravatim has nostras literas accipiat, quas de tranquilUtate civi- tatis Metensis scribendas esse duximus. Cum enim nuper eb legatos nostros misissemus^, nullius privatae utilitatis causa, sed tantùm ut cives ad concordiam hortaremur, et viam ostendere- mus piam et salularem, intelleximus, quosdam iinmicos iis qui dodrinam imriorem exiMuni, moliri ut ad sua odia adjuugant D. T., et anxilio D. T. perterrefaciant mit opprimant Jiouestos liomiues, t/ohiJes et pleleios, qui et siuit tranquiUi et fidèles in omnibus ciriUhus qfficiis prsestandis, nec aliud petunt, nisi tit haheant in aliquihus ecdesiis dodrinam puram et usum sacra- mentor um sincerum. Scimus autem, D. T. naturœ bonitate et voluntate al) injusta asperitate abhorrere. Sed tamen calum- ' Mélaïu'lithon écrivait à Joacli. Camerariiis, le 18 novembre 1542 : « Mitto... aliam nostram Epistolam ad Lofharingum nomine Principum scriptam. » La présente lettre avait déjà ])ara dans l'édition princeps de la Vita Melanchthonis composée par Camerarius, et elle a été réimprimée ])ar Strn'hel. o. c. p. 448, et par Hummel en 1778. Au lieu du titre houo- riti(iue i). T. donné ici au duc Antoine (h Lorraine, le texte de Strœbel porte : Claritudo Vestra, et celui de Hummel Caritas Vestra. 2 Allusion à l'ambassade protestante qui était arrivée à 3Ietz le 28 sep- tembre 1542 (N" un t. notes 22-23). 1542 LES PRINCES PROTESTANTS AU DUC DE LORRAINE. 183 niosis dolatioiiibus interduiii ojitiiiii et iiiitissimi ^ubcnuitores inconduiitur, ut non suîo niodn-ationi sed alicnis affcctiljiis morem gérant, Fromiitunt cives Metenses ])ro quihiis scrihimus, se in omnibus cirilibi(S ojficiis omnia ohedienter faduros, se mdhi in re paci communi defutiiros; finitiim suas ecclesias rectè constitîii volunf. Id si inipediotur, priniùm gloria Dei hi'ditiir, deindc niulta aniniarum et civitatis ])ericiila sequuntur. Postquam sjjarsa est aliqua Evangelii lux, multos ahusus, jam inieïïigit iwpulus. Hos si cogitur ohservare contra conscien- tiam, excutitur eis vera invocatio Dei. Nam cum perturbatio hseret in conscientia. quae deponi non potest, fugit mens, non invocat Denni. Quid est autem tristius et detestabilius, quàm impedire verani invotationem Dei? Accidit etiam interdum, ut in tali perturbatione animorum concipiantur vel ab erronihus audiantur faisan opiniones, ubi desunt boni concionatores, qui publiée doceant. Nocent autem pravai opiniones et animal)us et paci publicne. È contra XQvbjna et salutaris doctrina etiam pacem civitatum munit. Constat enim doctrinam de omnibus civilïbus officiis in hac ipsa hœe Evangelii magis illustratam esse quàm antea miqiiam. Et quanquam ojjtandum est, omnes vera invoca- tione et piis moribus Deum colère, tamen là qui doctrinam puriorem expetunt, non surit hnpedituri ceremonias cœteroriim qui seciis sentiunt'\ Yicissim œquum est, non labefactari con- scientias horum qui abusiis intelligunt et vitare cupiunt. jRoga- mus igitur D. T. et amanter et diligenter, ne se incitari sinat contra partem civitatis quœ ecclesias rectè constitui cupit, nec adjuvet iracundiam eorum qui civilem sanguinem haurire cupiunt. Nam liœc causa, qualiscunque videtur, certè non potest nec débet promiscuis et mutuis civium ciTedi])us dijudicari. Nec verô dubitamus quin D. T., pro sua virtute digna i)rincipe bono, maxime detestetur civilem crudelitatem, et velit vicinamcivita- tem tranquillam esse. Sic autem retineri tranquiUitas potest, si neutru pars alteram vi impediat*. Hiec niutua modei'atio maximeque civilis multis civitatibus in Germania salutaris fuit, in quibus pauliatinu veritate elariùs illucescente, et dissensio *■* C'était là un engagement i>ris au nom des Évangéliques de Metz. Mais les Princes entendaient bien que les Catholiques de cette ville prissent un engagement tout semblable. 184 CELIO SECONDO CURIONE AU CONSEIL DE BERNE. 1542 mitigata est, et sanatœ sunt volimtates. Iii his locis si violenta çoiisilia initio teiitata esseiit, oinnia funditus periissent. Semper enim in civiuni dissensionil)us magis salutai'ia fuerunt mitia consilia quàni violenta. Quare D. T. pro sua bonitate ac sajnentia annitatur, ut tali moderatione consulatur saluti civitatis Metensis. HiPC ut scriberemus ad D, T. non privato aiïectu, sed honestissimis et publicis causis adducti sumus, ut honesti et innocentes homines, quorum niulti propter virtutes et facultates patri» magno prsesidio atque ornamento sunt, et vero timoré Del moventur ad quserendam de Christo Salvatore puram doc- trinani, sint in tuto. Taies Principum benevolentia tuendi sunt. Ideo rogamus, ut lias nostras literas D. T. in optimam partem accipiat, nosque nostra oiiicia D. T. summa cum benevolentia deferimus. Bene et féliciter valeat D. T. Datte 7. Novemb. anno 1542. 1477 CELIO SECOXDO cuEiox^E ail Goiiseil de Berne. De Tirano, 8 novembre 1545. Inédite. Autographe. Archives de Berne. Cum bac iter faceret Jo. Beraldus, vir et eruditione et cliris- tiana religione pmestantissimus', committere nolui, quin vos de mea fide et constantia his paucis certiores facerem. Qubd autem * Nicolas Béraidd, d'Orléans, l'ancien précepteur de Gaspard de Coli- gny, n'avait qu'un seul fils, nommé François, lequel visita l'Italie et fut professeur, comme son père (I, 83, 248 ; IIl, 195, 19G, 220, 221. — France prot., éd. Bordier, II, 302). Nous ignorons les antécédents de Joannes Beraldus. Sur l'un des vo- lumes de la Bible hébraïque de Robert Estienne (Luteti;?, 1544-1540, in-l(3), nous avons lu, au milieu de plusieurs noms d'étudiants vaudois, la signature suivante, écrite en fins caractères du XVP siècle : « Jo. Beraldus Turonensis. » Mais rien ne prouve que ce volume ait appartenu au voya- geur qui était arrivé d'Italie à Tirano, le 8 novembre 1542. — Du Verdier, éd. Rigoley, YI, 120, mentionne un Joannes Beraudus qui publia : « Tractatus singuiaris de Injuriis, etc., Tholos*, Anton, le Blanc, 1524, » iu-4". 1512 CBLIO SEGONDO CUHIONK AU CONSEiT. DE BEHNK. 185 Honjam nnnc (qjud vos si»i, ciiiii alia milita, tiiiii maxime //o.s- tiiim iusidia', quas jx'ssim mild dispositas reperi-, vetuerant Tandom acccrsita ad mo iixore mea unà ciim liboris, son jjotiùs jiissa mo soqui, Tirat/nm xom (oi)i(liim ost Rethorum, Berna distans itinoro soptoni diornni). nl)i oam j)nestolor. Nam nnà cnni ea me hncnsqno ]jroticisci poricnlosissimnm orat. Ubi illa hnc appnlerit, statim ad vos proficiscomnr, ot coràni intolligotis, qnanta otiam nnnc pro Christi nomino j)assi simns. Valeto por Christum, viri princii)os. Tirani Vallis Tolinii-', die 8. Novem- bris 1542. Ilinstr. I).[ominationibnsJ V.[ostnsJ fidelissimns CoELius Secundus C. (Inscriptlo :) Ad lllnstrissinuim ot fortissimnm Sonatuni lîor- nenscm. In manu 1). Kodnlti CJrantbi'ier*. ^ Curione avait d'abord résolu de ne pas dépasser Ferrare (S" 1160, renv. de n. 9). Mais il s'avança beaufouj) i)lus loin ot attendit sa famille à Pescia, à 3 1. de Lucques. Il était à table dans une auberge, lorsque plu- sieurs suppôts de l'Inquisition vinrent pour l'arrêter. « Leur capitaine (nommé en italien harlsello) se montra tout à coup dans la chambre et ordonna à Curione de le suivre. Celui-ci, persuadé que cette fois la fuite était imj)0ssil)le, se lève pour se rendn», tenant à la main, sans y prendre garde, le couteau dont il se servait pour découper. Le bariselîo, voyant s'ap- procher de lui un homme d'une taille athlétique et armé d'un large cou- teau... se réfugie dans un coin de la cliainlire. Curione sort avec assurance, passe au milieu des gens armés qui attendaient à la ])orte, prend ^on cheval dans l'écurie et se sauve sans accident » (ilaccree, o. c. p. 224. — Stupani Oratio de C. S. Curione. Schelhornius. Amœnitates literar. XIV, 344). s Tirana, ville de la Valteline, sur le cours supérieur de iWdda. Cette vallée était sujette des Grisons (Blucfi), qui l'avaient coïKiuise sur h' duché de :\Iilan en 1.512. * Le conseiller et banneret Jean Rodolphe de Graffenried. Curione avait en l'occasion de l'entretenir à Berne au mois d'août nu de srptnnlire. 186 JEAN CALVIN A HENRI BULLINGER, A ZURICH. 1342 4178 JEAN CAL\TN à Heiiii Bullino^er, à Zurich. De Genève, 8 novembre 1542. Autogi-apho. Bibl. de Gotha. Bretschneidor. Jo. Calvini alioriimque literse, 1835, p. 12. Calvini 0pp. XI, 463. Cum hic, qui literas meas tibi rcddidit, commondationem à me peteret, non dubitabam quin dignus esset' : quando habebat testimonium à piis et certse fidei hominibus suœ gentis, qui hîc nobiscum sunt. Sed hoc me malè habebat quôd. inter istas occu- pationes, quibus uunc constringor, breviùs tibi scribere cogar post tantum temporis intervalhim. Quae tamcn tua est huma- nitas, mihi, ut spero, non difficulté!' dabis veuiam, ac locum huic meœ excusationi concèdes : praesertim cum certô conjicere possis me non inanem praetextum quaerere. neque negligentia facere quôd non diligentiùs ac copiosiîis scribam. Satis enim tibi persuasum esse puto, quanti te faciam, quantopere te colam, quàm denique ex animo te amem. Qiiod autem tam dix tacui, ideo factmn est, quôd cum hue remigrassem, sic per aliquot menses ohrutus fui in restiiuendis rehus penitùs dissipatis et collcqms, ut alio convertere animum non liceret^. Postea, cum mihi viderer occasionem praeteriisse. difîerre malui donec nova alla se oflferret. Nunc, dum scribendi causa est, cup(n-eni tempus quoque et ocium mihi dari. Sed aliàs. spero. dalùtur et ego libenter utar. Mors Leonis nostri, ut meritô ])onis omnibus fuit luctuosa, ita me vehementer afflixit. Nam et privatim singularem amoris affectum mihi semper ostendit^ et dum reputo quantam in hujus viri morte jacturam fecerit ecclesia, non possum non gra- viter commoveri. Superior annus nohis plus satis fuit funestus. * La suite nous a])prend que c'était un jouno Italien. ' A comparer avec le commencement du N" 1090 (VII, 408). * Voyez le N° 114fi, notes 2-3, et les lettres de Léon Jiide à Calvin, N°' 855 (Yl, 194) et 51î9a (^TI, 488). lo42 JEAN CALVIN A HKNRI BULLINGER, A ZURICH. 187 Nam et Ch-ynœam et Capitonem et multos alios insignes ciras nnù cum Leone nobis abstulit*. Quo mugis danda est nohis opéra, ut nonim semen excitemus, ne Ecclesia destituta maneat-'. Qiia in re cum senatus vester (^gn>giam oi)(>rain iiavare ab iiiitio non (Icstitcrit, aiidio cum novam adliuc accessionom nupcr fecisse^ Hac siw fratrein Ininc mittendum ad vos eensuimus. Nam et perquam tenues Jiahemvs scholas, et facultates ^rarii siint angustœ. Ncquc nostros liac in parte iiiniis urgcrc audco : quoniam video satis solutum animuni ipsos habere, sed manus ligatas. Non tamen bunc temere vol)is commendo. ^MwBernar- dinus Senensis, vir j)r;i'clarus, et alii duo', ([ui ix'rspectos habent ejus mores, niihi seriô testât! sunt, optimum essejuve- nem et in quem senatus vestri l)enignitas conleratur'. Peto * Simon Grijnœus était mort lo 1" août 1541, W. Capiton, le 4 no- vembre suivant, et Léon Jude le 19 juin 1542. Calvin ignorait encore la mort de Jean Zviclc, pasteur de Constance, décédé à Ulm le 2.3 octobre. ® En 1538, Bi(Ui)/(jer aitpelait Tattention du Conseil de Zurich sur le recrutement du clergé. Il disait que si l'on n'y pourvoyait à temps, on n'au- rait pas les cent-quarante personnes nécessaires ])our icniplir les emplois ecclésiastiques du canton, soit dans les églises, soit dans l'Académie et le collège (.J.-J. Hottinger, III, 72S, 729. — Paichat. Y, 102, 103). " Allusion au décret des magistrats zuricois du 29 juin 1538 qui con- cernait l'agi-andissement du séminaire. BuUinger en i)arle comme il suit dans sa lettre à Myconius du 30 octobre, même année : « Senatus noster ppdes illas amplissimas et ])ulchérrimas Abbatissfp studiosis suis sfipenda- riis, inhabitandas concredidit. Adhibitus est illis psedagogus Ehellicanus, homo doctus et diligens.... Amanus Koclili istis omnibus victum sujjpe- ditat et œconomum agit. Studimi nihil negotii nisi cum literis liabnit. Et ita sanè videtur pulchre consultum studiis ac studiosis » (Autogr. Arch. de Zuricb). Et, le 8 novembre 1538, Jo. Hhellicayius écrivait de Zurich à Ébrard de Rumlaugen : « Literarum studia miré i)romoventur. Ex (juo enim hue veni, studiosorum collegium in aula abbatissana institutum est : in quo nunc 14 adulescentes, prseter eos (jui adhuc ex Canonicorum supe- rioris monasterii stipendio aluntur, ex monasticis bonis liberalissimè edu- cantxir, et in dies plures ex civium Tif/xriiwnnn liherdlifnte accediinf. Quibus ego moderator et institutor sum adjunctus » (Autogr. Arch. ecdés. de Berne). ^ Bernardino Ochino et, peut-être, les deux autres prédicateurs de l'église italienne de Genève. * Calvin espérait sans doute que l'Italien recommandé serait admis dans le séminaire du Frauniiinster (n. 6). Mais il j)arait que, dans le principe, ce « Collegium alumnorum » était destiné uniquement à des Zuricois (Voy. .J.-.T. Wirz, Historische Darstellung der urkundlichen Verordnungen 188 JEAN OPORIN A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1542 igitiir abs te ut eura mea causa suscijjias, et autlioritate tua apud seuatum juves. Neque te unuiii duutaxat hac de re oratum velim, sed alios quoque fratres meos venerandos, quibus sahitem ex me dices. Dominus Jésus vos omnes s])iritu suo seinper regat, suaquo doua iu vobis coufirniet atque augeat! Geiievœ 6. eidus Novembr. 1542. JOANNES CaLVINUS tUUS. (Inscriptio :) Prœclaro Christi ministro D, Heuricho Bulliu- gero, Tigurinœ ecclesise pastori fideliss., fratri mihi observaudo et amico iutegerrimo. 1179 JEAN OPORIN ^ à Jean Calvin, cà Genève. De Bâle, 10 novembre 1542. Autographe. Bibliothèque de Gotha. Calvini Opéra, XI, 464. S. Prolixe scribere ad te cuperem, lit casuni tïbi meum recen- sereni, qui nupermihi accidit satis indigniis : sed quia uon vacat, brevi summa tantùm capita velut in amici charissinii siuum collecta dei)onam. Hortatn Philippi Melmichthonis et LîitJieri, ego lihrum legis mahomedicee ex arabica lingua ante 400 annos in latinam translatum, et ab illis ad me missam, pra'lo conimi- seram^, et uiagistratu uostro de eo ipso certiore facto, an in eo welcho dif Gesch. des Kirclien- iind Schulwesens in Zurich... betreften. Zurich, 1793, I, 374, 375). ^ Voyez, sur Jean Oporiri, professeur et imprimeur à Bâle, le t. IV, p. 20fi, et les Indices des t. IV-VII. '■* Cet ouvrage parut l'année suivante à Bâle, sans nom de lieu. Il est intitulé : « Machumetis Saracenorum Principis eiusque Successorum vitte, doctrina, ac ipse Alcoran, quo velut authentico legum divinarum codice, Agareni et Turca^, aliique Christo adversantes populi reguntur.... His adiuncta^ sunt confutationes nuiltorum, et quidem ])robatiss. Autorum, Arabum, Graecorum et Latinorum, unà cum doctiss. viri Philippi Melanch- tlioiiis ])riemonitioue, opéra et studio Theodori Bibliandri. 1543, » 3 tomes en un vol. in-folio (Voy. Melanthonis E])p. éd. Bretschneider, V, 10-13. — IS'lâ JEAN OPORIiy A JEAN CALVIN, A GENKVE. 1H9 niilii pci'ti'ci'c liccrct. et iiiliil obstarc dixit. i(l(iii(' ita diini alisol- verctur lilxM'. Curavcram aiitcni (>tiaiii adjici coiifiitatioiics ejusdem legis, non latinas solîini. s(Ml^(^t (Ineconini et Ai-abnni in latinani linsuani translatas, unà cuni liistoria rcriini Tui'ci- caruni à nongontis annis usqnc ad nosti'a tcnii)ora. Intérim igi- tur invklia quomiiidam, mihi ex contentione illa gradidim-^ adJiKC malè rolei/f/ii)», persi(<(.s/is sciKifns, niliil ])('stil(Mitius ac ignominiosius fnturum qnàni si lilx'r illc jmblicari pci-niittc- retui'. niUii lïbros omt/es ademif et nie 'prH'ter omne niprif/ini in carcerem cotijecit. Adluic igitur lil)ros illi apnd se deti lient, et ego sorte mea unà cum usura careo \ Haec res ita me confecit liacteiins. iit (luid faeiam, qnô me vertam. jilanè nesciam. lnsum])si in librum hune (^xciidendum amiiliùs quàiii 400 Hoi-enos, et jam niliilo seciîis reddere illis o])ortet (juilms ego tidem meam ob.strinxi. Nemo est (jui ob indigniim easum illum salt(nn longiiis diiïcrre creditum vclit. Et qui lilienter mihi adessent liac in rc nt sunt optimi (iuiqn(^ hîc, ii facultatibus destituuntur. Si solhni (oiticinii (diquew iios- sem qui 100 coronatos inihi ad (mni spafiu)!/ creder et, facile me extricarem. Nam brevi me sjiero iirivilegium Caesareum habitu- rum ad Alcorani iïïius venditionem liberam^ Tum, sjiero. mox me recolligam. Et in hoc jam versatur rei cardo ut. (luàm pri- mùm privih^gium ilhid nactns fuero, libri vendendi jiotestas etiam à magistratu nostro mihi tiat. Hîc ego tuum consilium imploro, mi I). Calvin(% si ullo jiacto jiotes, yiani mihi ali(iuam uti excogites ne prorsiis iiereundum milii sit. Non defuerunt Freytag. Anal. litt. p. 120). La préface de Bihliaudor est datée : « P]x Tiguro, XX die Jamiarii aiuio MDXLIIT. » — Luther doit avoir eoiitrihué à la comjiositioii de Touvrage; car on lit dans sa lettre du 20 mars 1.542 à Jacob Probst, pasteur à Brème : « Versor jam in transferendo lihro (jui vocatur Confufatio Alcorani Mahumetis. » (Luthers Hiiefe, éd. de Wctte, V, 452). * Voyez le t. VII, ]). 234, note 1. — Melehior Kircliliofer. Oswaid INIy- conius. Ziiricb, isi;;, p. .S10-.-J27. * On peut consulter, sur les détails de cette ,it1aire, Mcldiior Kircliliofer, 0. c, p. 351-353. — Cari Pestalozzi. Heinricb BuUinger. Kll)erfeld, 1858, p. 311. _ Mclaiitbonis Ep]». G décendi. 1542, 21 febr. 15 1;-!. Kd. cit. IV. 910, V, 45. ^ Il obtint, ])our la l" édition, le pririlègc de J'KinjicrrMir. La seconde parut (à Bâle) en 1550. 190 PIERRE TOLSSAIN A MATTHIAS ERR, A RIQUENVIR. lo42 hacteiuis apud nos qui ultro etiam pcciiniam suam mihi inutuo daiidam ofiferrent, ssepe etiam non egenti. Jani ])Ostquam semel infortunio mulctatiis sum, nemo est amicus alius. et necesse est hal)eam amicos longiùs dissitos implorare. Neque verô à te aliud peto, quàm si forte aliquem nosses qui carere tantula pecuniola ad brève tempus posset, ab eo mihi opem illam implorares. Res- tituerem autem bona fide, cum fœnore etiam, nempe sex coro- natorum in centum, aut etiam ampliùs, ])ro spatio annuo^ Faciès me super hac re certiorem cum erit commodum, ac me tibi commendatum habebis, veterem scilicet amicum, et cujus servati te non facile, ut spero, pœniteliit. Yale, mi D. Calvine, et hune quoque Clmidium, qui hasce tibi literas atfert, si qua in re citra molestiam aut incommodum tuum juvare potes, meo nomine commendatum habe. Basileae, 10. Novembris 1542. Jo. Oporinus, tuus ex animo. ut nosti. (Inscriptio :) D. Joanni Calvino ecclesiastae Genevensi, amico longé charissimo suo. Genevae. 1180 PIERRE TOUSSAIN à MatUilas Erb, à Riqnewir *. De Monlbéliard, 20 novembre 1542. Inédite. Autographe. Arch. de Téglise de Bâle. S. Recepi nuper literas tuas, frater in Christo Jesu chare et observando. quibus tu me piè et amanter niones, ne ecdesiam * Oporin, ])lus soucieux d'illustrer son art que de faire fortune, se lais- sait parfois imposer par les usuriers Tintérêt du 20 et même du 30 pour cent. Il mourut presque ruiné, en 1568. (Voy. Athenpe Rauricfe, 1778, p. 3.52). * Mafthias Erb (1494-1571) né à Ettlinpen, dans le margraviat de Bade, avait fait ses études à Berne. Il prêcha d'abord l'Évangile à Rap- Iiolschweil en Alsace, puis il fut élu (15.31) aumônier de l'armée bernoise envoyée contre les cantons catholiques. On le retrouve ensuite prédicateur dans le pays de Bade, où il dirigea une école à Gengenbach (1536-38). C'est loi2 CELIO SECUNDO CURIONE AU CONSEIL DE HERNE. 191 meani /(wilè deserani : de qiia 1*0 scribo in ])ra's('iitia Illustri Principi nostro D. Comiti Georgio. Et qiiaïKiuani vci-uiii sit. me quantumvis abjectuiii hominitioïK'm ////ô- vocari, taiiicii iiiliil siim factunis sine Doiiiinorum Principuiii mooruiii et ecclesia- riim consilio. ^'ale in Doniino, nani non vacat niinc milii ut te plui'ibus obtundani. Saluta niibi diligenter fratres. Mombelgardi, 20 Novembris 1542. TUUS P. TOSSANUS. (Inscriptio :) D. Matthiae Erbio, ecclesiastne Riclienvillcnsi. fratri sno charissinio. Richenvilla'. 4181 CELIO SECUNDO CURIONE RU Gonsell de Berne. (Berne, 27 novembre 1542 ^) Inédite. Autographe. Archives de Berne. Illustrissinii Domini. Yenit Cœlius Secundus, quem superioribus mensibus collegio duodecim^ Lausannœ ])vwiedstK. Etunà secum adduxit uxoreni et très filios parvulos^ : reliquos quatuor non potuit adducere pi'opter hiemis asperitatem. nam nimis teneri sunt. Reljquit autem eos apud bonos viros, sperans se anno proximo comnio- diîis eos, Deo volonté, recepturum. do là qiril fut a])pelé, par le comte Georges de Wurtemberg, au j)astorat de Bekhemreijer (Riquewir). Cette ville, située à 3 1. à l'O. de Colinar, était le chef-lieu des seigneuries que le comte Georges possédait en Alsace, et dans lesquelles on com])tait douze églises réformées. Matthias Erh, nommé intendant de ces églises, leur voua tous ses soins jusqu'en 1562. et il affermit au milieu d'elles l'œuvre commencée j)ar son prédécesseur, Érasme Fabridus (M, 190, n. 6). — Voy. J.-J. Hottinger III, 59G, 698. — Rôhrich. o. c. II, 227-29. — France prot. éd. II. F.urdii'r, VI, 35. 2 C'est-à-dire à Metz (N° 1183, renv. de note 16.) * Voyez les notes 6. 7-8. * Sons-entendu sckolasticurum (N" 1100, not<' 7). ' Leur âge et leurs noms sont indiqués dans le N" 117(i, note 2. 192 CELIO SECUNDO CLRIONE AU CONSEIL DE BERNE. 1S42 Dirit se à Luca Imc iisque se 45 dies consuinpsisse*, tum l)roi)ter assiduas liostiuin insidias, qiias vix evadere potuit, tum quia in itinere egrotare cœpit uuus filioruui suorum : qui etiam nuuc egrotat, neque solus sed alter quoque. Ideo omnem pecu- uiam quam vestro et aliorum bonoruni beneficio acceperat, jam duduni expendisse : neque se hucusque pervenire jjotuisse, ni I). Hei[n]ricus Bulingerus priniinn juvisset% doinde D. Prœ- fedus Canipii regii^, cujus impensis Bernmv usque advecti fuimus. Igitur cum nihil ex j;(y^«ci'udelitate sumpsit, prseter corpora, quse ut vol)is vestrisque ecclesiis inservirent, Doniinus reserva- vit : petit à vobis alifiuod sul)sidiuni prœter stipendiuni decre- tuni, quo possit sibi libros comparare, et novam. amissa vetere, bibliothecam instruere : quod vestra solita ])enignitate fieri rogat. * La femme et les trois fils aînés de Cuhone avaient quitté Lucques vers le 11 octobre, peu de jours après que lui-même eut été contraint de s'enfuir de Pescin (N° 1177, n. 2). Ils le rejoignirent à Ferrare, d'où Cu- rione j^artit seul pour la Valteline, le 24 octobre. Les cinq émigrants se retrouvèrent enfin à Tirana, après le 8 novembre. Echappés à la griffe de l'Liquisition, ils avaient encore bien des difficultés à vaincre. Guillelmus Gratarolns, médecin de Bergame, qui se réfugia à Bâle en 1549, écrivait plus tard : « Per Bheticas Alpes peregrinari non solùm arduum, sed ob rerum multarum penuriam interdum valdè incommodum. Aliquando panem non inveni, interdum nihil fœni aut ])alearum pro equo : bene tamen nu- merare oportet : sed hoc nuuc ubique ferè commune. » Voici son itinéraire, qui fut sans doute celui de Curione : Tirano, Poschiavo, le col du Beriiina, Pontresina, Samaden, Ponte, l'Albula, la vallée de Bergun, Lenz, Parpan et Coire. Si nos Lucquois arrivèrent à Waîlenstadf le mardi 14 novembre, ils purent, le lendemain matin, utiliser les bateaux qui allaient, par le lac de Wallenstadt et la Linth, au marché du vendredi à Zurich, et atteindre cette dernière ville le 16 au soir. ^ Curione et sa fomille se reposèrent jjcndant deux ou trois jours dans la maison de BuUi)i(jer. Celui-ci et Gaspard Megander les recommandè- rent à Lux Lôwenspruug, bailli de Kônigsfeld, par une lettre datée du lundi 20 novembre (Ms. orig. Arch. de Berne). ^ Kônigsfeld, près de Brugg (Argovie). La lettre où Lowensprmig informe li's magistrats bernois des mesures (ju'il a prises eu fîiveur de Curione, est datée du 22 "novembre (Ms. orig. Arch. bernoises). Comme il y a 17 ^ji lieues entre Kcinigsfeld et Berne, nos voyageurs durent arriver dans cette ville le samedi 25. 1542 CELIO SECUNDO CURIONE AU CONSEIL DE BERNE. 193 Postremô ut Lausannam usquo illos adducore V(^stra IxMiigni- tate curctis : quod ut commodiùs fiât, uno equo qui cistas pue- roruni voliat opus erit, et equi promto ductorc^ De liis autem quae ad stipendium spectant, et ad œdos ins- truendas aliqua suppollectile, jam i)Utat pcr vos esse pro- spectum^ Vos itaquo ' ut Deus pater per Jesum Christum servet et ves- trum Iinperiuiii, rogat Cqelius'". ^■^ La présente requête fut coninuiniquée le 27 novembre au Conseil de Berne, qui prit les décisions suivantes : « Écrire à l'intendant de Kônigs- feld que mes Seigneurs sont contents de ses procédés envers Cœlius. Remer- cier Zurich de ce que nul hôtelier n'a rançonné Cœlius, et Bullhxjer de ce qu'il a pourvu à sa dépense jusqu'à Kônigsfeld. Remettre ici à Cœlius 10 écus et payer le valet [qui l'accompagnera]. Écrire au bailli de Lausanne qu'il achète maintenant, jusqu'à la somme de 20 écus, les livres dont Cœlius a besoin; qu'il laisse courir sa pension à partir du jour où il a été élu [N° 1155, n. 7] et qu'il lui procure un logis jusqu'à ce que sa maison soit meublée. » (Manuel du dit jour. Trad. de l'ail.) ^ Par inadvertance, itatque. ^° La requête est écrite sur un feuillet détaché d'une lettre reçue d'Italie. On lit au verso : « Al molto dotto et escellente M. Second© Curione, da maggior fratello di Conti, nostro honorando » — puis un c minuscule, dont l'extrémité supérieure se prolonge par un trait horizontal, que termine un c plus gi'and. Ce pourrait être l'abréviation de cofifrate ou de confratello. Curione et les siens ne parvinrent probablement que le .30 au terme de leur fatigant voyage de plus de deux cents lieues (environ 110 de Lucques à Tirano, 50 de Tirano à Zurich, 41 de Zurich à Lausanne*.) Nous relevons les passages suivants dans la lettre de l'humaniste italien à Bullinger du 10 décembre : « Meministi, credo, cum essemus apud te, me tibl narrasse de quodara Amico, qui fratrem suum Tigurum mittere vellet, cum discendse germanicae linguse, tum aliarum bonarum reruni gratia.... Igitur rogo ut aliquem seligere [velis] l)onum et doctum virum, deinde etiam mercatorem aut negotiorum plénum, apud quem is adoles- cens agat.... Quod ubi feceris, meo nomine, si placet^ ad T). Martinum a Pergula, jurisconsultum, Tiranum literas mittas, quse de toto eo negotio eum certiorem faciant.... C?eterùm, ad Camilum [Benafnm ?] quoque, cujus tibi literas red[d]idi, rescribere eadem opéra aliquid poteris. His {sic) enim Tirani agit... * Les ambassadeurs du duc Hercule d'Esté, lesquels faisaient en moyenne .50 kilo- mètres par jour, employèrent treize jours, en février 1537, pour aller de Ferrare à Zurich par les Alpes grisonnes. (Voy. Bartolommeo Fontana. Renata di Francia. Roma, 1889, p. 330, 332.) T. VIII. 13 194 PIERRE VIRET A GUILLAUME FAREL, A METZ. 1542 1182 PIERRE \TRET à GuUlaume Farel, à Metz. De Lausanne, 27 novembre 1542. Inédite. Autographe. Collection de M. H. Lutteroth. Bibliothèque de la Soc. de THistoire du Protestantisme français*. S. Ex tnis ad Calvinum literis^, criices quibus istJiic cruciaris (tbîindè intellexi, charissime frater, quarum et nos partem eam quam possumus, subimus, sed ita ut mœror noster nihil tua taedia levare possit, nec ullam sentias ex nostra opéra opem, quae tibi solatio esse possit : quam utinam tam tibi et Christi ecclesiae referre nobis esset concessum, quàm id ex animo cupi- mus. At tametsi cum horrendis monstris te conflictari audiamus, ac nobis minime liceat tibi suppetias ferre decertanti, nisi votis et precibus, haudquaquam tamen diffidimus quin et preces Ecclesiae exauditurus sit Dominus, quamvis remissiores et fri- gidiores quàm negociorum gravitas et pericula forte requirant. Non possum mihi non poUiceri lœtiora, quicquid Satan furat in te; sed quô impotentioris irse se ista sua truculentia esse tes- tatur, eô erigor in spem successus melioris. Nisi sentiret ac expe- Vale, per Christum Jesiim, et iiostro nomine eximios doctores Pellica- num, Megandrum, Bihliandrum, Gualterum et reliquos salvere jubebis. Uxorem tuam officii et caritatis plenam, meo et uxoris meîe nomine, offi- ciosè diligenterqne, adde etiam amanter, salutabis : liberos dulcissimos, de sua erga nostros suavitate, gratia et officiis amabis. Ego me ipsum tibi et tuis dedo, qui quicquid sum debeo. Salutaut vos fratres et ministri qui nobiscum sunt : praecipuè Viretus et Cornes. Lausannse, quarto Idus decem- bris. 1542. » (Autog. Arch. de Zurich.) ^ Nous présentons nos vifs remerciements à M. le pasteur N. Weiss, qui a bien voulu copier pour nous cette intéressante lettre. On ne la connais- sait que par ce résumé, qu'on doit à Olivier Perrot : « Le 27 nov. 1542, Viret écrivit à Farel, qui estoit à Metz. Il le fortifie contre les divers Assauts qu'il avoit à soutenir. » (La Vie de Guill. Farel. Bibl. des pasteurs de Neuchâtel.) * La lettre de Farel à Calvin écrite de 3Iantigny le 22 octobre (N° 1168), dont on ne possède que l'analyse, faite par Olivier Perrot. loiâ PIERRE VIRET A GUILLALME FAREL, A METZ. 195 riretiir re ipsa suo rogno ruinam impendcro, eanuiuc jam adosse in foribus, nisi metuerct se penitùs isthinc exigi, iieutiquam tanta iiiclementia in pietatis stndiosos desseviret. Sed brevi ipsum Dominas conteret sub pedibus tuis, et fortunabit pios tuos conatus, atque eô te potentiùs corroborabit, quô magis des- titueris omni humano auxilio et consilio, exi)erierisque tandem, non in Paulo solùm, sed in te qnoqiie ac omnibus synceris Christi ministris, locum habere ilhid sui)remi patris responsum blandum et consolationis plénum : Yirtus in infirmitate perfici- tur, ut possis aliquando cum eodem apostolo exclamare : Omnia possum in eo qui me corroborât. Sed quid istis meis monitis opus est tibi veterano Christi militi, qui non tantùm tôt teneas Scripturarum exempla, quibus armari ac confirmari possis adversîis omnes hostium insidias et assultus, sed etiani re ipsa ac ipsis etiam manibus contrectaris singularem Dei opem in rébus deploratissimis. Idem ille Dominus qui liactemis vindica- vit ex omnibus hostium insidiis, calumniis et 'periculis non tunm sed suum sacrosanctum ministerium, tanto te minus deseret quanta projnùs accesseris ad metam preedari istius cursus in cujus te constituit currimdo. Magis utique metuerem, si tyrunculus aliquis et rerum impe- ritus mei similis, ad tam grave et periculosum certamen vocatus esset, sed mihi ])ersuadere non possum frustra te isthuc a Domino accersitum, de cujus vocatione non magis dubito quàm earum [1. eis] quas nobis scripturis sacris spiritus sanctus obsi- gnavit. Non fuit vanum hactenus tuum ministerium, nec tibi ul- lus laborpenitùs cessit irritus et inutilis. Cogita ergo eum sem- per Christi spiritum in te agere, qui te hactenus egit. Considéra non semper Paulo, prophetis et apostolis in ipsis primordiis omnia successisse ex animi sententia : eoruni tamen conatus nunquam frustra cecidisse. Eadem nobis cum ipsis est causa. Hîc sœpe angi cogor, dnm aniniadverto me tôt ac tantis circum- septum malis et incommodis, dum nullu mihi affulget spes fruc- tus uherioris. Est tamen nobis in nostra statione persistendum, sive in acie, sive in opipugnatione, sive in pnesidio manendum sit, tantisper dum aliô evocet imperator, tubaque signum cer- tiss.[imum] dederit. Nohis plus est negocii ad retinendum et augendum parta, quàm fue?it in quœrendo. Sed quid agasV Si verum est vulgô cadatum [1. calcatum] proverbium : Semi)er 196 PIERRE VIREX A GUILLAUME FAREL, A METZ. 1342 féliciter cadunt Jovis lapilli ^ qiiid de vero nostro Jove et seterno felicissimoque Jeliova nobis pollicebimur? Praestat, crcde mihi, hujusmodi criicibus graviss.[imè] premi cum qualicunque Evangelii profectu, in taiita populi Christiani aviditate, quàm preciosum Evangelii margaritum in alta hac pace porcis et canibns conspurcandum objici, ut ferè fit apud plurimos qui se falsô jactant evangelicos, quibus nullos habet Evangelium hos- tes infensiores. Scio quibus in periculis verseris, sed aderit Dominus prœsentiss.[imus] cujus favore futurum spero ut brevi audiamus laetiora. A^os lâc undiqKe menses jam aliqiwt sœva pestïlentise lues obsidet'*, quse nohisjani diacomim"" ahsunqmt. Parati sumus ad quidvis, freti divina [ejus] bonitate, qui nobis utetur in suam gloriam, à quo solo pendemus. Torquet me suivra modmn 7tos- tronim Jiominum crudelitas in sua ipsorum viscera^, ac mnltd magis qudd penitks ohsurdîdsse et ccdhim obduxisse videntur ad omnes propheticas monitiones, quo fit ut non sperem manum Domini remittendam, sed aggravandam multô magis donec nostris docti malis ex animo resipuerimus. Sed quid tibi moles- tias molestiis accumulo? Id non facerem nisi mihi explorata esset sancti istius tui pectoris constantia, et mihi suave in sinum tuum deponere aestus animi mei, ut paria faciamus, mutuum ' oremus et consolemur nos ipsos. Saluta mihi fratres qui isthic sunt. Tota mea familia te j)lu- rimùm salvere jubet et pii fratres quibus tu et tuum ministe- rium vita charius est. Valde me recréât quôd Genevensis ecclesia féliciter habet et Calvimis certè valet, qui tua causa valdè anxius est^ Cœteriim quod a^idivisti Umm ministerimn traduci^, nihil movearis. Boni viri omnes satis persuasi sunt quis sis. Jacobiis Oallus scribit ad te, nisi fallor, et respondet tuis literis. Vale, frater charissime, cum i)iis omnibus. Lau- sannae. 27. Novemb. 1542. Tuus si suus est Petrus Viretus. (Inscriptio :) Suo Guilielmo Farello, Yerbi ministro fideliss. <'t fratri quàm chariss. Métis ". ^ La forme classique de ce proverbe porte taxilli. * Voyez la lettre de Yiret à Farel du 19 mai 1543. 1542 JEAN FATHON A CHRISTOPHE FABRI, A THONON. 197 1183 ' JEAN FATHON ^ à Christophe Fabri, à Thonoii. De Colombier, 28 novembre 1542. Inédite. Autographe. Bibliothèque des pasteurs de Neuchâtel. S. Par Jésuchrist, nostre seul rédempteur et unique sauveur. Très chier frère, sur ce 19. de novembre j'ay receu voz dernières lettres, despuis lesquelles receues ne c'est offert aulcung moyen à nous pour vous rescripre, jusques à présent, avec ce que atten- dions quelques bonnes nouvelles, pour d'icelles vous faire partici- pation, ainsi que avés de bonne coustume de ne nous frustrer des vostres. Le bon Dieu nous en envoyé selon son bon plaisir des consolables, pour l'exaltation de son sainct évangile, brisant de jour en jour la teste et force de l'autheur et père de mensonge, homicide et de toute tyrennie, lequel par tant de moyen, est après incessemment pour dissijjper et destruire ce petit troppeaul, auquel il a plus au père des miséricordes donner son royaulme, par Jésus qui en est la droite porte. Puis que le Seigneui- nous a faict celle grâce de nous avoir donné entendre les propres armures, i)ar les saincts apostres Pierre et Paul, pour obvier à toutes ses ambuches et machinations, et n'estre assaillys indé- pourveuz par iceluy, nous fault armer d'icelles et ne les négligei*, nous admonestant que n'avons la luicte contre le sang et la chair, mais contre les principaultez, contre les puissances, et contre les ^ Vital Boherti ? ® Allusion aux mesures draconiennes que le Conseil de Lausanne avait prises, pour isoler pendant plusieurs mois les maisons atteintes par la peste. ^ Voyez la lettre de Calvin du 15 décembre (N" 1188, renv. de n. 7). ^ Jacobus Gallus, pasteur à Morges, accusait Farel de l'avoir supplanté à Metz, où il avait prêché lui-même pendant quelque temps (N" 1187, l'env. de n. 4, 5). ^ Le manuscrit porte cette note de la main de Paul Ferry : « 27 nov. 1542, envoyé de Neufchastel en nov. (?) 1643. » ^ Voyez, sur Jean Fathon, pasteur à Colombier, le t. II, p. 472 et le t. VII, p. 141-43. 198 JEAN FATHON A CHRISTOPHE FABRI, A THONON. 1542 recteurs du monde des ténèbres de ce siècle, contre les maligni- tez spirituelles es lieux célestes. Noz ennemys sont grandz, puissantz et cauteleux ; mais nostre grand amy Jésus desjà les a vaincuz et surmontés pour nous : la victoire duquel, jouxte sa promesse, est la nostre, et ce néaul- moings que nostre grand capitaine est puissant tout seul pour avoir obtenu le champ en victoyre, sil veult-il que tout ses soul- dars et amys monstrent bon corps en sa bataille, comme sy ung cliescung particulierment debvoit tout gaingner. Non-seulement il nous sinifie les armures, mais quant et quant - les nous veult donner en main, voyre les conduyre luy-mesme, quant il dit : « Ce ne sera pas vous qui parlera, mais l'esperit de vostre père céleste qui parlera en vous. » La promesse de celuy qui est véri- table est faicte à nous. Si nous demandons, il nous sera donné; si nous cerchons, etc. Je vous bailleray bouche et sagesse, etc. Si bien les promesses ne nous estoient tant claires et manifestes, si debvrions-nous estre assés confirmez en la practique de ceste chevalerie et chrestienne bataille, de sorte qui ne nous doibt estre plus question de chancelier, ny d'estre esbranlez pour quelque tentation qu'advienne. Or nous nous debvons tousjours beaucop plus fier et appuer sus la promesse que en mille [1. nulle?] prac- tique. Combien, mon chier frère, que congnoys assés vostre noble cueur en l'œuvre du Seigneur, ce néaulmoing le mot « es- branlé, » en vostre lettre, m'a occasionné de vous atédier ^ de mes tant longs propos, et l'ancienne amitié et chrestienne familiarité d'entre nous, laquelle je prie au Seigneur nous augmenter. Qu'est pour entrer en Responce de vostre lettre, qui sera plus briefve que le jjréambule, si je ne me oblie. Quant an tumulte et vostre grande fascherie ^, nous desplaît grandement : soyez advertir que n'en avons pas eu guère moings dernièrement, M" Thomas, Hénard^ et moy^pour ce qu'avons estes continuellement avec nostre frère Thomas ^, de Cortaïllodz, et avec sa femme jusques à leur trespas. Et nous, ignorans qui fust [1. que ce fût] de peste, avons estes chargés l'avoir bien sceii : ^ C'est-à-dire, en môme temps. ^ Ennuyer. * Nous n'avons pas de renseignements sur ce qui s'était passé à Thonon. ^ Thomas Barharin, pasteur à Boudri, et Eynard Pichon ? * Thomas de la Planche ou Thomas Cimier ? lo42 JEAN FATHON A CHRISTOPHE FABRl, A THONON. 199 dont ne dehvions 'permectre que les bonnes gentz Hz entrassent. Despuis sont mortz six ou sept personnes au dict villaige de peste, et encoure de présent aulcungs la portent. Le Seigneur en disposera pour sa sapience et bonne volunté. Dcsjà le i)euple commence à estre persuadé de nostre innocence, et désirent les dicts de Cortaïllodz estre pourveu de ministre. Si le frère Énard ' arrivoit de son pays par delà, vous prie bien que solicitez de s'en venir au plus court j)ar deçà. Car nous craingnons que ceulx qui debvroient cercher pourvéance à l'église, ne nous don- nent tout l'empcscliement qui pourront, i)our rompre tout ordre d'église, et cela par belle practique de ceulx que bien congnoissez **. Le paovre peuple du tout se fie bien à nous pour les pourveoir de fidelle serviteur de Dieu ; mais vous sçavés comme facillement, par belles promesses ou menasses, il se laisse courrompre. Par voz bonnes prières et conseil vous prions nous y as[sjister. Je pjcirlay dernièrement à lions" ^ de vostre tmmdte, auquel lys vous recom- mandations, que luy furent aggréables ; yl ne fut pas trop esha- liysde vostre assaulx, congnoissant bien cexoeupile, que si aulcu- nement a changé de peau, non pas de nature. Mais puis que tous noz cheveulx sont nombres, desquelx n'en tombera pas ung sans la bonne volunté de nostre i)ère, nous fault en confiance, vertu et vérité, poursuyvre nostre ministère. Nostre frère Jaque de Morge'^^ a esté grandement blasmé à Sertie, qui refusoit visiter les pestiféreux, ou de crainte de soy, ou pour rapi)ét{t d'auleungs délicatz, dont l'on na esté" marrys ^ Eynard Pichon était allé visiter sa mère dans le Dauphiné. ■ ® Allusion à Georges de Bive, gouverneur du Comté (A comparer avec le t. ^11, 1). 329, lig. 2-4). ® J.-J. de Watterille, avoyer de Berne et seigneur de Colombier. Ayant, dans sa première jeunesse, servi Charles m, il devait savoir que les Clia- blaisiens avaient la réputation d'être difficultueux et processifs. M. Victor de St.-Genis (Hist. de la Savoie. Chambéry, 1868-69, 3 vol.) raconte qu'un de leurs princes disait d'eux : « S'il pleuvait des ducats, ils se plaindraient de ce que le bon Dieu casse leurs tuiles. » ^° Jacques le Coq, dont Calvin ré])rouva énergiquement la conduite (N" 1187, renv. de n. 4-6). ^' Il aurait dû écrire : ce dont l'on a esté marri, etc. ^^ Le 2 octobre, il s'était retiré au village de Montigny (N" 1164, fin des n. 22-23). Bucer souhaitait vivement, le 11 octobre (N" 1166, renv. dr n. 4, 6, 10), que Farel pût de nouveau prêcher dans la ville. Celui-ci ne le désirait pas moins ; mais le résumé de ses lettres du 22 et du 23 octobre 200 JEAN FATHON A CHRISTOPHE FABRI, A THONON. 1542 contre liiy, et entendent les dicts seigneurs que les ministres ne s'espargnent nullement de visiter les pestiféreux, que d'aultant que les maladies sont plus mortelles, plus est requis que les ministres exercent là leurs office à les consoler, et en crie ou tem- peste qui vouldra, évitant toutesfoys confusion et désordre, et le scandalle des infirmes : plusieurs aultres propos de ceste matière tenuz avec mon dict seigneur, que pour le présent ne vous res- crips. Quant à aultres nouvelles de par deçà, nous avons entendu que M" Guillaume est rentré dedans la ville de Metz^-, et ne fut qu'il a batizé ung enfant, où tous ceulx desirans la Parolle en la ville s'estoient subsignez de ne rien innover pour le présent, fors que de ouyr la prédication, yl eust beaucop plus faict de fruict ; mais ce baptesme a causé marveilleux tumulte, et grand blasme aux subsignez, d'avoir faulcez promesse'-'. Dieu y veuille asister par sa miséricorde, ce que nous espérons qui fera en briefz, et usera des moyens qui congnoit estre à cela propre. Nous avons estes advertys que les seigneurs protestans, tant princes que toutes Zes Riches villes^'', font très bon debvoir pour leur asister '\ Les dicts subsignés de Metz ont dernièrement envoyer querre M*" Pierre Toussainct pour se riterer [1. retirer] devers eux, qu'est ung très bon signe que Dieu veult faire miséricorde à celle ])aovre Cité; mais le dict M'' Pierre n'a peu avoir son congé du Prince de Montbïlliard^^ . Nous envoyons ceste sepmaine pré- prouve qu'à cette date il n'avait pas encore réussi à rentrer à Metz. En tout cas, la nouvelle donnée ici par Fathon concerne un fait qui avait dû être annoncé aux Neuchâtelois vers le milieu de novembre au plus tard. Selon Meurisse, p. 56, « Farel demeura à Montigny jusques au mois de Décembre. » Et il ajoute que » ses supposts » continuant de l'aller ouïr, et de trouver « les portes fermées » à leur retour dans la Ville, « ce Prophète fut contraint enfin, pour mesnager le repos de ses sectateurs, de desnicher de là et d'aller porter ses révélations plus loing, » c'est-à-dire, à Gorze, où Meurisse assure (p. 66) qu'il se trouvait le jour de Noël 1542. D'après Fathon, au contraire, Farel rentra à Metz vers le 15 novembre, et il y demeura jusqu'au milieu de janvier 1543 (N° 1199, n. 8). " Cette « i)romesse » avait-elle été « signée » dans les premiers jours d'octobre, lorsque ceux des Évangéliques cités devant le Conseil de Metz prêtèrent « le serment » dont parle Meurisse (Voy, N° 1165, n. 2)? " Les villes impériales, dont le nom allemand, Reichsstâdte, est à demi francisé. '* Voyez leur lettre du 7 novembre au duc de Lorraine (N° 1176). lolâ JEAN FATHON A CHRISTOPHE FARRI, A THONON. 201 sente'^ ung frère devers M*" Guillaione, \)0\\y luy faire compaignic, ce pendent que le sire Clande^^ viendra faire ung tour par deç^à^ qui est très neccessaire. Le dict frère^passera par Berne, et s'en ira i)ai' Strausburg, pour aller plus seurement et pour trouver quelque compaignie. Si avyés quelques choses à rescripre au dict nostre frère M* Guillaume, et avyés moyen bien tost faire tenir voz lettres à Symou Soltzer^^, vous y regarderas en déligence. Nostre frère M^ Mechiel Dodtatus ^^ a son congé de Moidhil- liard, et c'est desja retiré avec son ménaige aux Verrières^^ : de quoy sûmes grandement fascliés, non de sa personne, mais de son afliction, car nous le tenons pour ung fidèle serviteur de Dieu. Et ung aidtre, qui s'en est retiré icy sans congé^^. Nous avons envoyez Gasimr, le frère de F««I^rai;ers ^^jusques au dict Mont- hiUiard, pour entendi'e toutes choses, car nous n'avons délibérés les permettre prescher en noz églises de par deçà, que ne sçai- chions les causes pour quoy ilz ont laissez les leurs ^\ Satan s'es- force par tout tant qui peult d'empescher l'œuvre du Seigncui*, et souventfoys par noz oultrecuidances, d'aultres foys par négli- geances, luy donnons bien matière d'avancer son règne. Au surplus, voz parentz se portent bien. André c'est retiré à Boide^'^ et n'est plus avec M" Thomas^^, à cause que les femmes ^® Lettre de Toussain du 20 novembre. ^^ Fathon écrivait cela le mardi 28 novembre. ^* Claude Farel, qui s'était rendu à Melz en même temps que son frère Guillaume. ^^ Sultzer, pasteur à Berne. ^° Spécimen du peu d'importance qu'on attachait à l'orthographe des noms propres. Il s'agit ici de Michel Doht, en latin Duhitatus, ex-pasteur d'Exincourt et d'Audincourt (VI, 204, n. 1; 212, n. 4. — N" 1131, n. 10-11). ^^ Village situé à l'extrémité sud-ouest du Val de Travers, et non loin de la frontière franc-comtoise. *^ Jean Courtois (Cortcsius) mentionné plus d'une fois dans les lettres subséquentes. ** Gaspard Carmel, pasteur à Motiers, dans le Val de Travers. ^* A comparer avec le t. ^^I, p. 461, note 5. 25-26 j^qIç^ village situé près de l'entrée orientale du Val de Travers. An- dré ***, qui avait épousé la sœur de la femme de Fabri, était sans doute pa- rent par alliance de Thomas Barbarin. Celui-ci, pasteur à Boudri, avait d'abord habité Bôle, à l'exemple de Christoplie Fabri, son prédécesseur (X" 1110, n. 11), mais il parait qu'il avait depuis peu changé de domicile. 202 THOMAS MALINGRE A CLÉMENT MAROT, A GENÈVE. 1542 ne se pouvoient accorder, et s'en est aller en bonne paix et accord de toutes parties. Au plus court vous envoyera le mouUe qui vous a promis, et vous saluent tous grandement, aussi tous ceulx de Boidle, nommément Pierre Pectavel et tout son mesnaige, M* Thomas, sa femme. Mon cousin, sa femme et la mienne vous saluent très affectueusement, sans point oblier nostre très cliière seur vostre femme avec Daniel -\ Saluez en noz noms tous les frères. Tous les frères vous saluent. De Columbier, ce 28 de novembre 1542. Vostre entier frère Jehan Fathon. (Siiscription : ) A Maistre Christofle Libertet, ministre du S. Évangile en l'église de Thonon, mon très chier et singulier amy. 1484 THOMAS MALINGRE ^ à Clément Marot, à Genève. D'Yverdon, 2 décembre 1542. Imprimée. Basle, 1546 ^ Réimpression de Harlem, 1868. (Extraits) M. Malingre eu Jésus-Christ salue Clément Marot, Poète de value, Esleu de Dieu, afin que soit rymé Tout son Psaultier, par Poète estimé. ^■^ Voyez, sur Daniel, le N" 1124, note 15. ^ Voyez, sur Thomas Malingre, pasteur à Yverdon depuis le mois de février 1536, notre t. IV, p. 46, 90, 92, et les Indices des t. V, VI, Vil. Selon A. Crottet (Hist. de la ville d'Yverdon, p. 277, 278), son père, noble Jean Malingre, était seigneur de Mornellyer en Normandie. M. Théophile Dufour (Notice bibliogr. p. 49) a corrigé cette erreur. Il s'agit de Morvil- lers-Saint-Saturnin, village du département de la Somme, situé à une ou deux lieues d'Aumale, sur les limites de la Picardie et de la Normandie. Les collections publiques des lettres des Réformateurs ne renferment aucun manuscrit de Th. 3Iali.ngre, et la pièce dont nous reproduisons des extraits a été réimprimée à quatre-vingt-dix exemplaires seulement. Voyez, sur ses autres ouvrages, 0. Douen, o. c. I, 392. — Th. Dufour, o. c, p. 48- 52, 108, 110-114. — Philippe Godet. Hist. litt. de la Suisse française. Neuchâtel, Paris, 1890, p. 63-70. 1342 THOMAS MALINGRE A CLÉMENT MAROT, A GENEVE. 203 Long temps y a, Poète de hault pris, Qu'amour m'avoit de te rescrire espris, Et embrazé le cœur d'ardant soucy, Pour te mander des nouvelles/d'ioy. Mais ce villain Dangier, comblé do rage, D'icy en France empeschoit le passage. Et ne laissoit passer, ne rapasser Nul de noz gens, qu'il ne fît trespasser. Ou qu'il ne mist en péril de leur vie. Or maintenant, puis que malgré envie, Dieu a chassé Dangier de sa caverne. Par le moyen des haultz Princes de Berne, Princes puissans et Princes chrestiens, Nous te pourrons aller veoir et les tiens. Lors saurons-nous nouvelles de ta Muse, Et pourquoy c'est qu'à Genève t'amuse : Aussi pourquoy icy es revenu, Veu qu'au pays n'avois nul revenu. Dy donc. Poète éloquent et disert, Pourquoy tu viens en ce pauvre désert? Désert, je dy selon droicte raison, Si à la France on fait comparaison. Tu ne viens pas pour y vivre en délices. Mais pour mourir journellement aux vices: Car qui vouldroit en plaisirs mondains vivre, Devroit la Court plus que Savoy e^ suyvre : Dont clairement à tous aftermer j'ose. Que tu viens cy pour plus bien grande chose: Nous supposons qu'en substituant à son prénom ordinaire, l'initiale de Matthieu, l'auteur de la présente Éjjître a voulu rapj)eler qu'il avait signé d'autres pièces sous la forme Maithœus Grametinus, anagramme de son vrai nom (III, 257, 289, 290, 423). On retrouve la plupart des lettres de cet anagramme dans la devise de ^lalingre : « Malos vitate gressus. » (Communication obligeante de M. Ch. du Mont). * M. Adolphe Gaiffe possède l'unique exemplaire connu de l'édition de 1546. Voici le titre complet : <■ L'Epistre de M. Malingre, enuoyee a Clé- ment Marot : en laquelle est demandée la cause de son département de France. Auec La responce dudit ]\Iarot. Icy trouuerez vue louenge de France et des Bernoys, auec vn noble rolle d'aucuns Francoys habitans en Sauoye, et deux Epitaphes de Clément Marot. Nouuellement imprimé a Basle, par laq. Estauge, ce 20. d'Octobre, 1546. » ' Nous avons déjà dit qu'on appelait jjrey.v de Savoie toute la Suisse romande. 204 THOMAS MAXINGRE A CLÉMENT MAROT, A GENÈVE. 1342 C'est assavoir pour délaisser erreur, Et pour aymer et servir Dieu de cœur, Et ton prochain, par charité non fainte. Comme il requiert et veult en sa loy sainte. Tant seulement il reste que tu face L'œuvre de Dieu comme devant sa face, En te gardant de cacher le talent. Ainsi que fit le servant non chalant. Despèche-toy, ô Poète royal. De besongner comme servant loyal. Et d'achever le Psaultier Davidique, L'œuvre sera chef-d'œuvre poétique: Parfais-le donc, ainsi que l'attendons. Car au Psaultier, à Dieu nous demandons De noz péchez avoir pleine indulgence, Et racontons de Dieu la grand clémence, Ou de ses biens luy rendons grâces aimes : Et tout cela est contenu aux Psalmes. En les chantant, nous nous esmerveillons Des faitz de Dieu : et aussi réveillons L'affection, par dévotion sainte. Que par avant en nous estoit estainte. Telle chanson aussi nous reconforte, Et nous soustient les cœurs par la foy forte, En attendant que Dieu nous aidera. Par Jésus-Christ, qui pour nous plaidera. Fais-nous ouyr, Marot, ta douce lire Parmy ces mon[t]s, Charité le commande : Les lieux secretz Calliope demande. Souvienne-toy en ton affection. Que tu n'es pas sans consolation. Si ta foy est de ferme espoir tissue : Car en ces maulx Dieu donne bonne issue. Et ne laissa les siens oncques tenter De plus de maulx qui ne peuvent porter. Si maintenant nous sommes affligez Un peu de tem])s par tormens infligez, (Comme l'a dit saint Pierre en un mot tel) Nous attendons l'héritage immortel. Prends donc en gré, et ne sois esperdu, Qui avec soy a Dieu, n'a rien perdu. Mieulx vault un peu d'avoir avec Justice, Qu'un revenu bien grand en Injustice. Et si en France avois lieux spacieux, Où que tu sois ton âme aura les cieux. 1542 THOMAS MALINGRE A CLÉMENT MAROT, A GENÈVE. 205 Avec Jésus : si comme luy endure. Patiamment seufFre adversité dure, Car Dieu ne t'a destitué d'amis En ces désertz, qui jà t'avoit transmis Tes précurseurs, Noble Laurens 3Ieigret^, Qui ne prend pas son exil à regret. Mais est tousjours et sera Magnifique. Tu as Robert, homme scientifique, Noble et puissant seigneur de Frenneville Et de la Chaulr, docte en la Loy civile, Qui pour Jésus a France abandonné, Et de ses biens aux pauvres gens donné. Tu as aussi le bon docteur Moratul, Qui est pour Christ de jour en jour mourant. Homme accomply en la Théologie, En médecine et en Astrologie, Et plus subtil que ces Sophist[e]reaux, S'il fault parler des Sept ars libéraux. Ferme et constant comme le fort rocher. Et l'homme à qui on ne peult reprocher Rien en sa vie ou doctrine admirable. Tu as Calvin, prescheur très amiable. Consolateur des pauvres consciences. Homme qui sait de toutes les sciences, Plus cordial que buglosse ou endive. Et qui a grâce autant qu'homme qui vive. Tu as Marcourt, saige prédicateur, D'honneur divin très ferme zélateur, Ministre tel que saint Paul nous descrit, Lequel nous a plusieurs livres escrit. Tu as Bichard du Bois, qui sait les langues Entièrement, dont fait belles harengues, Soy combattant à l'infernalle lerne. Par les sermons qu'il fait dedans Payerne. A Yvonant, maistra Pierre Monder, Dès ses premiers ans nourry au mont cler De Parnasus, avecque les neuf Muses, Et qui a veu de Neptunus les ruses. Dedans Vivey^, tu as Vincent Pennant, ■ Pour l'Évangile incessamment peinnant. ■* Laurent Meigret et plusieurs des personnages nommés ci-ai)rès figurent déjà dans le texte ou dans les notes des volumes précédents de la Correspondance. ' Il y a ici une faute d'impression dans le texte original : Vincy, au lieu de Viuey (Vevey). Voyez notre t. VI, p. 396, et le t. IV, j). 287, 452. 206 THOMAS MALINGRE A CLÉMENT MAROT, A GENÈVE. 1S42 A Neufchastel (puisqu'il fault que je parle) Est Chapponeau, la précieuse perle Que Christ donna à Bourges, ville exquise, Pour décorer par tout sa bien acquise. Tu as Matthieu^, prédicant de Luttry, De son salut songneux, et de l'autruy. Tu as aussi nostre amy Jehan le Conte, Qui l'Evangile à toutes gens raconte, Et luy estant prescheur dedans Gransoii, De ses sermons en France on ouist le son ''. Tu as Baîhus, qui n'est bègue à parler, Ny paresseux, quand pour Christ fouit aller. A Couldrefin, as nolile Gabriel^, Plus gracieux et plus doux que miel. En sa doctrine et sa vie homme ouvert : Et à 3£anstiers, maistre Estienne le Vert. Tu as Moiichy^, de la noble maison De Senarpont, fidelle en la moisson De Jésus-Christ. Tu as de la 3ïarlière^°, De bon conseil et de doctrine entière. ® Matthieu de la Croix, en latin Crudatus (TV, 93). ^ Une collection de ses Sermons fut peu favorablement accueillie des magistrats de Genève. On lit, en effet, dans le Registre du Conseil, au 17 octobre 15-12 : <■ Le prédicant de Gransson a prier de permestre à Jehan Michel d'imprimer ung livre nommé Les 52 dymenches. Sur quoy résoluz, pource qu'il n'est pas de grande édiffication, que le dit livre luy soyt restitué. » Voyez Th. Dufour, o. c, p. 89. Pour distinguer son ouvrage de celui de Jae. Faher Stapulensis qui porte un titre analogue, Jean Le Comte de la Croix avait intitulé le sien comme il suit : « Les Démégories, du Comte d'Estaples, sur tous les Di- manches de l'an, les Sacremens, le Mariage et les Trépassés. » Ce livre (dit Ruchat, in, 134; 1" édition, IV, 228) était « fort étendu et écrit de sa main. » Plus tard, il le dédia à MM. de Fribourg et de Berne par une longue épître datée du 31 juillet 1549. ^ Gabriel de Senarpont (VI, 211). La seigneurie de Senarpont, située à 12 1. à l'O. d'Amiens, a donné son nom à une branche de l'ancienne famille de Monchy (Voy. Moréry, art. Monchy). ^ En latin Monchius. Deux membres de cette famille ont été pasteurs dans le Pays de Vaud : Michel de Monchy, à la fin du seizième siècle, et Abram au dix-septième. •° Maître Antoine de la Marlière, de Noyon, à qui fut accordée, « le lundy 4. de May, l'an 1534, » la chapelle de la Gésine, que Maître Jean Caldn venait de résigner (Voyez Jacques Le Vasseur. Annales de l'église cathédrale de Noyon. Paris, 1633, p. 1161. — Jacques Desmay. Remarques sur la vie et les mœurs de J. Calvin. Rouen, 1686, p. 48. — Charles Dre- lincourt. La Défense de Calvin. Genève, 1667, p. 171. — Abel Lefranc. La 1342 THOMAS MALINGRE A CLÉMENT MAROT, A GENÈVE. 207 Puis Clérembault Arnoul, natif de Biais, Dont les parens do long temps bien congnois, Qui a laissé ses biens et ses amys Pour l'Évangile, où son cœur ^ivoit mis. Et maistre JeJuin Ménard^^, enfant de Tours, Qui pour Jésus a souffert main[t]s destours. Tu as aussi maistre Claude Véron '^, Lequel pour Christ se bat contre Achéron. î'aut-il laisser Estienne la Fontaine", D'honnesteté et de doulceur fontaine? Certes nenny. Henry^*, ne Champereau, Ne ton amy singulier Trépereau **, Qui ont souffert pour l'Évangile encombre. Tant en y a, que je ne say le nombre, Avec lesquelz te pourras consoler, Et de la loy de Christ paistre et sauler. Tu n'es pas donc de soulas desvestu. Quand avec toy as gens grands en vertu, jeunesse de Calvin. Paris, 1888, p. 201). Drelincourt ajoute, p. 172 : « An- toine de la 3Iarlicre est l'un de cens qui suivit Calvin à Genève. » ^* En 1543, Jean Ménard habitait Lausanne et recevait une pension du gouvernement bernois. Il avait publié l'opuscule intitulé : <■ Epistre Chrestienne, aux Frères Mineurs, de lordre de S. Françoys. En laquelle est briefuement... exposée la règle des dictz frères, par quelcun iadis de leur estât : maintenant de lesuchrist. (Genève, Jean Michel) 1540, » petit in-8"', caract. goth. — La seconde édition, mêmes caractères et même format, porte un prologue daté du 15 juin 1542 (Voy. Th. Dufour, o. c, p. 176, 177). On est surpris de ce que Malingre ne mentionne pas son confrère en poésie, Eustorg de Beaulieu, qui lui dédia quelques vers latins (VI, 286- 289). '^ Claude Véron, natif (croyons-nous) des environs de Sens, fut plus tard pasteur dans le bailliage de Ternier. '* Un Estienne de la Fontaine, pensionnaire de MM. de Berne, à Lau- sanne (1544-1545), paraît avoir exercé des fonctions ecclésiastiques dans le Pays de Vaud. On n'a pas d'indices suffisants pour l'identifier avec le frère à^ Antoine de la Fontaine (\'T[, 4-7), ou avec Estienne de BruVeres dit la Fontaine, avocat, qui évangélisait en 1559 la petite église de Gien, près d'Orléans (Bèze, o. c. I, 163, 164). — La signature latine de celui-ci était : S.\t:ephanus'\ Brulerius Fontanus. On le retrouve pasteur à Russin, près de Genève, de 1588 à 1597, sous le nom à'Estienne Brulen [1. Bru- lère] dit de la Fontaine (Voyez J.-A. Archinard. Genève ecclésiastique, 1861, p. 25). " Henri de la Mare (N" 1149, note 8). *^ Voyez, sur Amé ou Ednie Chatnjjereau, l'Index du t. Vil, et, sur Louis Treppereau, les pp. 79, n. 5; 83, 84; p. 106, renv. de n. 11. 208 THOMAS MALINGRE A CLÉMENT MAROT, A GENÈVE. 1542 Qui comme toy pour Jésus-Christ endurent, Et qui iionneurs et biens en la France eurent, Desquelz l'exemple orendroit ** t'est offert, En tant qu'ilz ont pour vérité souffert. Or maintenant prens consolation Avecques nous en ceste aifliction, Et bien te garde à France avoir regret, Car s'il y a du bien, il est aigret, Fort^' à garder, et plein de grand constance. En la Court n'est aussi nulle constance. Mais flatterie, envie et trahison. D'y retourner donc n'auras achoison ^^ Ains rendras grâce à Dieu, qu'en es sorty. Et que d'un tel pays t'a assorty, Où tu pourras finer ta pouvre vie En Jésus-Christ, où est joye assovye, Que Dieu nous a donné pour tout guerdon'^ : Auquel sois-tu ^°. Escrit à Yverdon, L'an mil cinq cens avec quarante et deux, Le second jour de Décembre froideux^^ ^^ Orendroit signifie maintenant. *^ Difficile à garder. ^^ Occasion, opportunité. 1^ Loyer, récompense. 2" On s'abordait, on se quittait en disant : A Dieu soyez ! Cette locution est encore usitée dans certains pays protestants. ^^ On trouve à la fin de l'Épistre les deux pièces suivantes : CLÉMENT MAEOT à M. Malingre. L'Épistre et l'Épigramme M'ont pieu en les lisant. Et sont pleins de la flamme D'Apollo clair luysant. De responce vous faire Fault que vous me quittés. Pour celuy mesme affaire Dont me sollicités. De Genève, le 6. de Janvier, 1543. DIZAIN DE CL. MAROT, envoyé au dit Malingre, demeurant à Yverdon. Je ne suis pas tout seul qui s'esmerveille De ton savoir, bonté, croix et constance, Et des Sermons où grandement traveille : Mais aussi font les plus sages de France. 1542 SIMON SULTZER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 209 1185 ' SIMON SULTZER à Jean Calvin, à Genève. De Berne, 5 décembre 1542. Autographe. Bibl. Publ. de Genève. Vol. n" 112. Calv. 0pp. XI, 469. S. Sei'iùs postremis illis tiiis respondeo, tum quôd interea vix nnqnam firma iiiihi valetudo fuerit, qute dypvKvicf. partim, par- tim i)itiiit* destillationibus sic jam diu perturbatiir, ut omnibus l'erè functionibus inidoneus reddar. Sic exercet probatquc me Dominus non uno afflictionis génère. Eum precor ut parcat et gratiam largiatur, qui solus novit liœc amara uberiore consola- tionis suœ dulcedine temperare. Quod potissimum in actione nos- tra desideras, contra èn^y.y(,iybv ' nostram Synodi yosinlationem, agnosco animum senteutiamque tnam, qua meritissimo ecclesias- ticas coïitroversias ad legitimum etiam tribunal vocaii velis, coranique synodis decidi de causis religionis, ut quarumjam inde à nascente Ecdesia semper fuerit sacrosancta inter credentes autoritas. Atque ea tantùm abest ut à nobis vel spreta vel negleda sit, ut jam inde sub tragœdias liujus inicium, niliil nobis gravius acerbiusque acciderit, quàni quôd ceu obforfo collo ad disceptan- dum coram civili tantiwi, judice ^ jyertraheremur. Ubi cum nos Et à bou droit, c;ir tu es rcx[c]elleuce Et le premier des Jacobins de Bloys, Qui tous estatz à Jésus assemblois Par tes sermons et ta vie angélique : En quoy faisant, à saint Paul res[s]eml)lois Cent mille fois plus qu'à saint Dominique. De Genève, ce 5. de May, 1546 [1. 1543]. 1-4 et 9 Érasme Biffer. ^ Nous avons vu Calinn et la Classe de Lausanne se plaindre (N" 1156, renv. de n. 8-20; 1174, renv. de n. 5-6) de ce que les autorités politiques de Berne prétendaient décider, à elles seules, des questions de doctrine, sans demander le jiréavis des pasteurs. T. VIII. 14 210 SIMON SULTZER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1542 primîim ex Scripturaî aiitoritate, ut par esset, justo vel symmis- tariim nostroriim cœtu, vel extcroruin et Antistitum ^ conventu responsuros profiteremur, ut cleliberandi saltem cum iis facul- tatem concedi postulareraus, adeô non obtinuimus, ut etiam in suspicionem pertracti simus pravfe cujusdam tergiversationis et factiosae propemodum rationis agendi : maxime cum ille * tam se ad explicandam suam mentem coram ipsis promptum i)aratumque ostenderet, ipsosque diacosios'" ad definiendum constituendumque urgeret, mirando astu, quse ad Disputationis habita? jam pridem'^ incolumitatem pertinerent, ut facile jam tum perspiceremus in- fructuosum tum de provocatione conatum fore. Itaque et capienda ea consilia erant quae sors, ceu in arena luctantibus, offerebat, quae sic tamen moderatus est choragus hujus fa])ul9e, ut si non qualem vellemus, saltem opinione meliorem catastrophen ^ vide- rimus. In ratione docendi, quod moues, studiosè ohservamus, ne quid ex pontificia ahominatione redolere videatur, eamque ut decet semper etiam detestamur. Nequefornmlas, sic me Christus amet, ;piarimi aurium offensivas, aillas unquam induximus, nisi often- sivae sunt quibus et Scriptura utitur, sineque quibus ministerii ratio et nequit cognosci satis, aut nisi tum censendi sumus nescio quem vel papismum vel Lutherismum inferre, cum primùm [os- tendimus] quid in Cœna Christus atque Baptismo prsestet, donet, exhibeat cum symbolis, perque sacrum ministerium animadver- tendum monemus, ceu totius sacrse actionis basim, quàni ea deinde quae per nos fiunt consequuntur, etc. Item cum de voca- tione, clavium imt, utriusque potestatis discrimine disserimus ^ * Le mot Autistes désigne le 2^i"ésident du clergé d'un canton ou le doyen d'un district ecclésiastique. Sultzer et Pierre Kuntz auraient voulu pou- voir délibérer avec leurs collègues, ou soumettre leur diiTérend aux doyens, soit du pays de Berne, soit des autres villes réformées, réunis en assemblée synodale. Ils ne l'obtinrent pas. Les mesures i)récipitées de MM. de Berne, au mois d'août (N"' 1147, 1148) ne permirent pas non plus aux doyens des Classes romandes de se concerter avec leurs collègues. * Le Conseil des Deux-Cents de la ville de Berne. ® La dispute de religion tenue à Berne en 1528. ^ Allusion au manifeste du 15 août (N" 1147). A comparer avec le N" ll(i2, tin de la note 7. '^ ^ De ces trois points le dernier seulement avait été l'objet des observa- tions de la Classe de Lausanne (lettre du 1" novemb. N" 1174, n. 1). Mais 1542 SIMON SULTZER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 21 1 ils Hunii-Miu reUgioHÏs capitib/is qiue tenere iii EcdcsUt necessu- riwuest, q^tœquej)lanèferripoterant, etiuiii à quaiidibet tetieris aurïbus, nisijam lyridem noster illej plusquàm tragicis culani- niis gravasset conmiurmn cmisam/^", mtplevissetqiie ecclesiam, suspicionïbus. Utinam verô te liaboiv oniniiiiii anteactariiiii coii- cionuin et actionuni i)ossemus liabere judicoiii : cernas nos indig- nissiniè vel ignoratae disciplinée vel oftensionis atfectatje i)er ora etiani fratnim tradnci. Qiiid ((uôd eoruni etiani insinmlanuii*, qiue ne per somniuni (luideni nn(iiiam cogitavinius, ut putasym- boloruni adservatione, iniaginibusque, im])udenti et liostibus etiam nostris cognitissima vanitate. In ipsa sanè concertationis dy.ix.f,, fateor plusculùm nonnunquani affectibus indultum esse etiam à nobis, maxime Contzeno, qui natura quum sit vehemen- tior, etiam atrocitate rei portentosaque vafricie ad calumniam omnia detorquendi permotus, modestiœ limites semet esse trans- gressum fatetur. Verùni purgationom nostvam cognosces exac- tiùs ex ea responsione quam propediem frafrlhus nostris Lan- sannensïbus transmittemus" ad amicam planeque fraternam ipsorum expostulationem^-. Modo citra recentem aliquem tumul- tum liceat consistere. Neque enim dubitamus jani i)ridem para- tum insidiosè catlialogum, minus ex Disputationis seu [1. sedV] potiùs adversarii dictorum sententia, quô mox exagitenmr denuô. Utinam sim vanus augur. Serio agit noster ille sriis concionïbus, non soJhin ut virtus nulla trihuatur symholis, nisi qualem in memorialibus aut reprse- sentatione scenica agnoscimus, quantamque humanae rationis preliendunt tenebrœ, verùm etiam lU magistratui plenani in rei- puMicœ atque religionis administrationejiirisdictionem adstruat: ministerio vero ecdesiastico niJiil nisi docendi profitendiq^ue potes- tatem concédât. Idque tanta blandiloquentia, ut non possit in hoc quidem tam ambicioso theatro amplissimnm et assensiim et ad- plausum [non] consequi : ubi nos ex[s]il)iiat()s ii-i cei-tnm est, il paraît que les ministres de la ville de Berne, dans leurs sermons, trai- taient librement de la voeation des ])asteurs, de l'usage des clefs (c. à d. de l'excommunication) et de l'incnnipétenee des magistrats dans les questions doctrinales. ^" Le mot communem semble annoncer que SuUser, Kuntz et leurs adhérents, à Berne, étaient d'accord, au fond, avec Calvin. ""''^ Ces deux pièces n'ont jias été conservées. 212 LES ÉVANGÉLIQUES VÉiMTIENS AUX PASTEURS DE GENÈVE. 1342 simul ac vel tectim etiam occlesiae Christi œconomiam et sacro- sancti ministerii è^ovaiav explicare caeperimus. Moderationo igi- tur singiilari et animis etiam opiis est, et ciim ])i'imis doctore spiritu, qui sic moderetur regatqiie ora atque consilia nostra, ut neque verum dissimuletur, neque publica subvertatur sedificatio ulla nostra incogitantia aut imi)ortunitate. Quam ad rem tu, quœso, mi frater, nos et oratione et consiliis 2^^'o more juvare perge, et suavissimis tuis literis me, tantîim non et corporis imbecillitate et hisce tôt molestissimarum œrumnarum tsediis fatiscentem, semper refice et recréa. Valdè gaudeo cum te Phi- lippo^^ inter amicos etiam primos video numerari. Dominus Jésus te conservet nobis suœque ecclesiag. Bernse, 5. decemb. Anno 42. T. SULTZER. Salutant te amanter Contz.[emis\, Beai.\iis\, Oryn.\œus\, Tela- mo7i.\ius\. (Inscriptio :) Viro doctissimo, ])ientissimoque D. Joanni Cal- vino, Genevensis ecclesiœ Antistiti, prœceptori et amico synce- riss. suo. 1186 LES ÉVANGÉLIQUES VÉNITIENS aux Pasteurs de Genève ^ De Venise, 6 décembre 1542. Manuscrit original. Bibl. de Gotha. Calv. 0pp. XI, 472. Gratia Dei vobis et pax per Jesum Christum Dominum nos- trum ! Non ignoramus, fratres, quàni toti in hoc die noctuque incu- '* Méîanchthon. * Cette lettre fut probablement composée par Baïdassare (ou Balthasar) Altieri, natif d'Albona, petite ville de l'Istrie. Il était devenu, à Venise, l'agent des princes protestants d'Allemagne, après avoir rempli les fonc- tions de secrétaire de l'ambassade anglaise. Ce fut lui qui signa la lettre 1542 LES ÉVANGÉLIQUES VÉNlTIEiNS AUX PASTEURS DE GENÈVE. 213 biieritis. ut nos à vc^toris ignorantia' soiinio (>xdtaretis, ac pci* vos Cliristi rogiio iiobis patcfacto Aiiticlii-istiis qiiO(iiic sic diu ignotiis tandem prodin't in Inccni. De (|ua i-c cnni Dco et pati-i immortales gratias sempor ogorinids, nunc niultô niagis. (piia quotidieapud nos utriusque cognitioincrebrescit augetur(iu(' non mediocriter, licet diverso reriim eventii. Nam ejus qui nos acqui- sivit sanguine suo, snninia fit accessio : alterius ver(\ ([ui vult nos perdere inimanitato sua. multa ubique cernitur diniinutio, ita ut sperare possinius, brevi ea nos cajjtivitate, qua acerbis- simè preminiur. red('ni])tos [1. redemptunij iri, i)rîiesertim quôd videmus studiuni vestrum nol)is in ea re non defuturuni, ni- hilquc prs'terniitti à vobis in quo juvare possitis electos Dei, qui modo pro noniine ejus sic crudeliter affliguntur ^ Audivimus enim qnàni arderiU charifate exceperitis fratres nostros trans- fugas, quant etiam mine henignè irudetis, q/ià»!, communem eorum casum, siciiti est, coni miser escendo feceritis, sentientes id in vobis quod et in Christo Jesu, qui nostrî commiseratione ini- pulsus, lignum crucis ascendit, ut perpetuô viveremus, — quàm piè eos nunc adhortemini, erigatis, consolemini, ut Ijono sint animo, promittentes omnia ha^c sibi fiei'i ad saluteni, ita ut ii sic à vobis animati refectique plus voluptatis accipiant quàm mœroris ex jactura rerum sibi charissimarum, quas propter Evangelium omnino fuerant relicturi, non seciis ac si ex magna tempestate ei-o{)ti, in aliquem portum sese recepissent, ubi pra-- teritae calamitatis immemores securè ac féliciter vivant. Sic enim consuevit Dominus cum suis agere, ut priîis corrigat quos amat, quassatos restituât, oppressos erigat, moribundos suscitet ac vivificet, ut discamus per lui^c, sub magna paupertate divi- tias, sub ingenti miseria summam felicitatem, sub altis doloribus lœtitiam latere vel incredibilem, niliilque nobis déesse ubi Deus aff'uerit : qui cum filium suum nobis donarit, annou rdiqua que les Évangéliques de Vicence et de Trévise adressèrent à Luther, le 26 novembre 1542, lettre imprimée dans l'ouvrage de Seckendorf, III, 401. Liiiher leur écrivit en 1543 et 1544 (Ibidem, III, 402, 403). - Voyez, sur les progrès de la Kéforme dans le territoire de Venise, Seckendorf, III, 578. — Maccree, o. c, p. 100-112. — Gerdesius. Italia reformata. — Luthers Briefe, éd. de Wette, HI, 289, \, 564. 565, 695. — Les deux lettres de Mélancbtbon de 1539 et 1547 an sénat de Venise. Mel. Epp. éd. Bretscbneider, III, 745, VI, 761. 214 LES ÉVANGÉLIQUES VÉNITIENS ALX PASTEURS DE GENÈVE. lo42 omiiia, cœlum et terrain etiam cum illo rectè dicitur communi- casse, potissimùm cum is apud patrem serapiternus pro nobis interpellator existât? Tantum abest ut vereamur, ea nobis firmi- ter concessa vel aliquando defutura. Tenemur itaque vobis duplici jure, cum quia jam pridem provocastis nos verbo veritatis ad salutem, ut evangelium gloriae Cliristi reciperemus, tum etiam quôd opère complevistis fidei vestrae sinceritatem ac dilectionem, ita ut facti sitis forma quîedam qua scire possimus, non tam quid credendum. quàm quid cum caeteris omnibus posthac sit nobis agendum. Pro qua re agimus Deo gratias sempiternas, quôd dederit nobis homines sic eruditos tamque pios, qui po- tentes sint ac semper parati, nedum sana doctrina nos instituere hortarique. et qui illam oppugnarint facile convincere, sed etiam charitatis promptitudine ac summœ benignitatisministerioliber- rimè uti erga sanctos Dei, qui contumeliam patiuntur propter Cliristum. Id quod cum vinculum perfectionis dicatur esse, eo quôd homines verè jungat eosdemque perpetuô tueatur atque unanimes servet. non est mirum vos à nobis idcirco tam miriticè diligi. unicè observari et ardenter amari, tamque vestrî jam nos studiosos factos esse, Ita Deus faxit ut etiam facto id testari pos- simus, quàm libentissimè traderemus animas nostras pro vobis. At vos, quos Dominus posuit ad custodiam super gregem suum. advigilate intérim et arcete lupos qui ubique hîc immi- nent, ne sic libéré crassentur [1. grassentur] ac omnimo dévorent oves ejus, simulque expendite quanto adjumento quantoque usui futuri estis, si volueritis, quandoquidem egregiè cœpistis, glorise Christi propagande, quam apud nos ita promotam videmus, ut omnino spcrandum sit, ap])robante Cliristo, vobis quoque, qui nobiscum socii estis ejusdemque fœderis consortes, in ea re ju- vantibus. in veterem illam libertatem atque dignitatem vindica- tam esse ac propè restitutam. Valete in Domino, quem pro vobis rogate, sicuti pro vobis agimus non inviti. Fratres, tam qui à vobis sunt humaniter recepti, quàm qui istliic piè vivunt in Christo, eos maxime qui laborant in \'erbo et doctrina, nostrî omnium nomine etiam atque etiam salutate. Datte Venetiis vm. Idus dccembris m. d. xlh. UiMVERSI FRATRES ECCLESLE VeNETIARUM, YiCENTiiE, Tervish, vobis deditissimi. 1542 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. 215 (Inscnjytio :) Sanctis Doi qui sunt occlosiae Gebcnna} membris ac luinistris Doniini. fidclissimis fratribus nostris coleiulis in Christo et peramaiidis. 1187 JEANCALATN à PieiTe Viret, à Lausanne. De Genève (vers le 8 décembre ^ 1542). Copie contemj)or. Bibl. Piibl. de Genève. Vol. n° IIP. Calvini Epistolae et Responsa, 1575, p. 369, Calv. Op. Brunsv. XL 46G. Non peto ut ignoseas si breviùs et perturbatiùs tibi scribani, quàm res postularet. Habes enim nieam excusationem, quam tibi sufficere confido. Respondebo tamen ad singula epistolae tiiae ^ capita paucis verbis. De FareUo id ipsiim niihi nimciaverat Tossanus quod scribis ^ Itaque jam quietiore sum animo. Quod autem de profecHone cogitabam, non aliô spectabat, nisi ut in Gerniania causam promoverem, et Meiensihus ipsis adderem animum, ne in bona causa adeô timidos se ostenderent. Sed nunc expectabimus quid illis Dominus dederit. De Jacobo ^ mihi non placet quod tam molUter acce-ptum dimi- seris. Nam si nolebas causam tuam facere, cur non sim])liciùs objiciebas eum nimis impudenter facere, quôd rem ita contesta- tam negaret. imi)levisse enim totam viciniam suisquerimoniis^? Cum ]j1us quingentis testibus convinci queat, audetne adliuc tergiversari ? Tu autem tua dissimulatione videris mihi auda- ciorem posthac reddidisse ad negandum. Ego verô statueram, nisi memoria excidisset, literis "^ adscribcre : « Legas, Jacobe, et ^ La date est déterminée par les notes 3, 17, 18, 26-27. ^ Lettre perdue. Viret l'avait écrite aj)rès le retour de C. S. Curione à Lausanne, dans les premiers jours de décembre. * C'est-à-dire, la rentrée de Giiill. Farel à Metz. Viret avait pu l'aj)- prendre par la lettre de Fathon à Fabri du 28 novembre, lettre qu'il expédia, sans doute, à Thonon par les bateaux du samedi 2 décembre. *"* Jacques le Coq (N" 1183, renv. de n. 10-11). Il se plaignait de ce que Farel avait pris sa place à Metz. 216 JEAN CALVIN A PIERRE VIREX, A LAUSANNE. 1542 si quem habes humanitatis sensiim, fleas. » Si caiisam ex me quœsiisset, miiltô asperiùs exposuissem qiiàm Farellus. Sic trac- tandi sunt isti dld^ovsq. De Neocomensïbus patienter fero, qiiôd nuncio \ ut hue usque meis saltem sumptibus veniret, uon man- darunt. Sed jampridem novi ut sapiant. Negocium verô ■Kay.oloynzoi) * sic tractari oportuit. Nisi quôd vestram constantiam in ])ostremo actu nunc desidero. Ego si vestro loco essem, ac vellem summa lenitate cum eo agere, sic rationes meas instituèrent Causam totam haberem instructam, ac si Judici vellem demonstrare, unde pronunciaret. Darem posteaoptionein,mal[r]etne niissionem hoc praetextu petere, quôd Doniinus multis de causis eum à ministerio excluderet : an cum fratrum prsejudicio Bernam ablegari : hoc est, omnibus senten- tiis damnari. Atque habito ejus responso, urgerem ad tideni praestandam. Sicubi deflecteret, tune palàm in apertum canipum eum retraherem. Neque enim œquum est, ut totius ecclesise de- decorc unius hominis, non dico qualis, existimatio redimatur. Non est autem cur hanc conditionem recuset : a Dominus non patitur me ampliùs hoc ministerio fungi, » Impedimenta autem non exprimat : sed ita dissimulet, aut silentio transmittat, ne qua suspitio in ecclesiam derivetur, sed in ejus famïlia potiùs resideat tota ". Quod autem periculmn vohis denunciant Sulzeri literœ,fore ut Senatus vos ad reddendam rationem vocet '", id mea sententia vohis oiitandum est. Literse summa moderatione scriptœ sunt^K ^ La lettre où Farel lui reprochait sévèrement ses injustes récrimi- nations. ^ Le messager qui était venu annoncer à Viret et au pasteur de Morges, que les ministres neuchâtelois enverraient un frère à Metz enti-e le 28 novembre et le 3 décembre (N" 1188, renv. de n. 1). * Le personnage « décrié » était Béat Comte (X" 1159, note 5), contre lequel la Classe de Lausanne avait porté plainte au Consistoire de Berne (Cf. la lettre du 19 janvier 1543). ® Le texte publié par Bèze finit ici. " La lettre de Sultser qui annonçait au doyen et aux jurés de la Classe de Lausanne qu'ils seraient cités à Berne, n'existe plus. Elle leur fut probablement remise par Curione, qui était parti de Berne entre le 27 et le 30 novembre. '^ Allusion évidente à la requête datée de Vevey, 1" novembre 1542 (.V 1174). 1542 JE.VN CALVIN A PIERRE VIREX, A LAUSANNE. 217 Ccmsonimis hona.Qubdsi illuc ventumfuerit, prima hœc dejhisio vohis ad manum erit : « Kon ijotuimus tacere. Quibus autem iiieliùs exponoromus hanc quorimoiiiam, quàiii vobis ? Connivere crat déesse officio nostro, et prodere veritatem. Si quis cxces- sisse modum insiniulet, literae ipsa3 aiit ])ro nol)is, aiit contra nos jiidiccnt '-. » Ohjicient alios^'^ communicare sacrilegiis qitœ àvohisreprehenduntur. Vestrum erit illos libero orc danniare, imô totam asperitatem stringere in ij)sos, qui cuni prœlucere bono exemple aliis debeant, excitent hœc offendicula '''. De socero fratris mei '% constanter affirmaro potes, onines mentiri qui talem rumorem spargant. Einisset foi-san, si i)ro- bassem. Sed cum à me consilium peteret, idque antequam cele- bratœ forent nuptiœ '", respondi quod sentiebam. Respondit, se ^^ Si la requête précitée avait demandé l'établissement de l'excommuni- cation, etc. (comme Rucliat l'affirme, V, 220), Calvin se serait bien gardé d'omettre les réponses qu'on pourrait opposer aux ol)jections des magistrats bernois. " Sous-entendu niinistros. *■* Ce reproche vise spécialement Gérard Pariât, doyen de la Classe de Thonon, et Saunier, pasteur à Perroy et à RoUe. On lit, en effet, dans le Registre des amodiations, écrit par le commissaire bernois Jean Landoz : « Les... commis [de MM. de Berne] ont iufeudé [1. inféodé] et donné en fiedz noble, soubz ung seul et unique hommage, à Noble Anthoine Sonyer, à présent prédicant à Perruys (Perroy), à sçavoir tout le mas et héritaige de Bossey *, à nos d. Seigneurs à cause de leur maison de Boulmont ap- partenant, soit icelluy en maison, granges, trueil et tous autres édifices, en terres cultivées et non-cultivées, champs, jjrclz, vignes, vergiers, bois, raspes...., pour le pris et somme de 750 escuz d'or au soleil Uatlim à Nyon, le 27 Octobre 1542 » (Arch. du C. de Vaud). *^ Le beau-père à\4.titoine Calvin se nommait Nicolas le Fer ou le Fert. On prétendait faussement que celui-ci avait acheté des biens d'Église. '** Jean Calvin apprit, vers le commencement d'octobre seulement, que MM. de Berne faisaient publier la vente générale de leurs biens d'Église (N" 1163, renv. de n. 8), et, comme il le rappelle ici, cette nouvelle lui par- vint avant le mariage de son frère Antoine avec Anne, fille de Nicolas le Fert. On a donc lieu de croire que c'était de leur noce qu'il parlait, dans la dernière semaine d'octobre, en disant : « cum adhuc essem in nuptiarum reliquiis occupatus » (N° 1171, renv. de n. 4). *" Le hameau de Bossey, »'ûné à 2 1. S.-O. do la ville de Nyon, fait aujourd'hui partie de la commune de Bogis. Bonmont est situé à 2 lieues N.-O. de Nj'on, au pied de la Dôle et du mont Jura. 218 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. 1542 pecuniain prorsùs in Ehodanum malle projicere, quàm adversùs meum coiisiliiim collocare. Ab oo tempore, non modo nullam fecit mentionem, sed ne in mentem quidem illi venit. Quôd te pro Sonerio rogasse aiunt, id non aliunde quàm ab eo profectum suspicor. Te enim proferre solet, dum exciisatione utitur. Quem- admodum niiper apud Genistonmn, postea apud me '' quoque : « An si malum esset, dicebat, pro me intercessissent FareUns et Viretns? » Ego verô respondi continuô, vos non potuisse id fa- cere sine maxima perfidia, cum aliter coram Deo uterque senti- ret. Sed nullo modo persuaderi mihi posse. Nunc speciosam ex- cusationem scilicet obtenduut : « Non fuisse se empturos, nisi prostitissent. » Ergo scortator qui publicum lu])anar ingreditur, quid peccat? Prostant enim scorta. Atqui Sonerms, ut scias, non tam verecundus est, ut ad ejusmodi subterfugia se recipiat. Nam sine ullo pudore dicit, « eos bene et piè fecisse qui pro- scripserunt : et se fuisse in Deum peccaturum nisi emisset. » Et nos tam crassam hypocrisin in nostris palpamus, qui tam acres nuper eramus in Papistas ! Itali te plurimùm salutant, qui Celio mecum ex animo pluri- mùm gratulantur, quôd et salvus ad nos redierit, et uxorem ad- duxerit cum parte sobolis '^ Marotmm cum videro, salutaho tuis verhis^^. Hœc causa adventus : quôd cum ex aida domum se conferret ^"^ audierit decretum fuisse à curia Parisiensi, lit captusilluc quàm pnmùm adduceretur. Flexit iter aliô, ut dili- gentiùs inquireret ^'. Re bene comperta, hue rectà concessit ". Nunc penitùs habere in animo se dicit, liîc manere. ^^ Saunier se trouvait à Genève le 5 décembre. Il était venu réclamer le paiement de 65 florins, 2 sols, qui lui étaient dus pour des réparations qu'il avait faites jadis au Collège de Rive (Reg. du Conseil du 5 déc. 1542). " La présente lettre n'a donc pu être écrite que quelques jours après l'arrivée de Curione et de sa famille à Lausanne (N" 1181, n. 6). ^® De cette phrase on pourrait inférer que Viret avait connu Clément Marot, entre 1526 et 1529, époque où il étudiait lui-même à l'université de Paris. ^^ Au mois d'octobre 1542, François I et la cour voyageaient dans le midi de la France. Le 3, il coucha à Monpellier ; le 17, il se rendit de Mon- pellier à Béziers ; le 21, de Béziers à Toulouse, où il ne coucha qu'une nuit. De Toulouse (suivant Le Ferron, cité par Génin, o. c. I, 381) il alla voir sa sœur Marguerite à Nérnc. Au commencement de novembre, il partit de Narbonne pour Angoulème (Guiffrey. Chronique de François I, loiâ JEAN CALVLN A PIERRK VIRET, A LAUSANNE. 219 Quod me Payuetii " rogatu, hortaris ad nostros extimulandos : iitinam ipse tam bouo animo, ac tain prudonter observarot quod peccatur, qiiàm ego fideliter cuperein in nioas partes insistere. Sed cinn stiilta ambitione niinc ineptiat, nunc insaniat, nequo me socium habebit, neqiie miiiistrum. Scis cur malè omnia ha- here piitet ? Quia non dominatur. At si pênes me sit eligendi po- testas, ne infimum quidem locum illi daturus sim. Nuper suis cursitationibus etïecerat, ut duo aut trespretoi-eni^'* se facturos promitterent soceriim ^^ Quô res ])rocederet,.vulgabat rumorem, quasi de re jam confecta. Atqui in Ducentis très fuerunt duntaxat, ex quibus ipse unus erat, qui eumnominarint. In plèbe nullum d(^ eo verbum. Postea de novitate electionis co)/quest?cs est. Aliquid enim ex veteri ritu nmtaium faerat ^^ : sed antè lege iwomnlfjata et recepta^'. Quid plura? Homo est turbulentus, ut nosti, cui p. 396). Marot aurait choisi ce moment-là pour aller à Cnhors, visiter sa femme, sa fille et ses deux fils, dont l'un était encore à la mamelle. *' Selon M. 0. Douen, « Marot n'avait quitté la cour que lorsqu'il s'était vu menacé par la publication de plusieurs écrits ordonnant la pour- suite des hérétiques, notamment celui du 30 août 1542, plus pressant que les précédents, [X" 11-49, n. 18], et il ne s'enfuit .à l'étranger que sur la nouvelle que le parlement de Paris avait lancé contre lui un mandat d'ar- rêt. Cependant on ne trouve trace de sa présence à Genève qu'à la fin de novembre : où alla-t-il dans l'intervalle ? Les relations d'amitié qu'il avait nouées avec de nombreux Savoyards, nommés dans VEpistre à ung sien amy, écrite à Genève en 1543, attestent qu'il avait fait un séjour d'au moins quelques mois en Savoie, et la supplique adressée par lui A M. Peî- lisson, lorésident de Savoie, nous donne la date de ce séjour, antérieur à celui de Genève » (Op. cit. I, 389, 297, 298). — Nous croyons qu'on ne pourrait se prononcer sur ce premier séjour de Murof en Savoie, que si l'on connaissait la date du « mandat d'arrêt. » ^^ Marot avait dû arriver à Genève vers le milieu de novembre, puisque son ancien ami Thomas Malingre eut encore le temps de composer avant le 2 décembre VÉp'itre qu'il lui adressa et dont nous avons donné quelques extraits. 2' Voyez, sur François Paquet, le X" 1163, n. 20. 24-23 Pretorem désigne le lieutenant de la Justice (procureur général), et socerum, l'ancien syndic Jean Balard (VII, 415), qui avait été Lieute- nant en 1532. Sa fille cadette, Louise, avait épousé François Paquet (Cf. Galiffe. Notices généal. I, 309). 26-27 L'élection du Lieutenant, à Genève, avait ordinairement lieu le premier dimanche de novembre, parfois après la St. Martin. Le lundi 4 dé- cembre 1542, le Conseil décida que, contre la coutume, on mettrait deux lieutenants en élection, pour en élire un : de même pour les syndics. 220 JEAN CALVIiN A GUILLAUME FAREL, A METZ. 1542 morem gerere, iiisi omnia turbando, nequeara. Alium igitur quaerat. Bene vale, frater charissime, cum tua familia et fratribus ^^ Nostri te salutant, praîsertim Oenistonms, cui nata erat septimo mense filiola, quae tertio die migravit ad Dominum. Puerpera graviter laboravit, sed niinc evasit periciilum et satis alacriter se habet. Uxor mea te plurimiim salutat. Dominus omnes vos conservet ! Vale iteriim. Genevse. JOANNES CaLVIINUS tuUS. 1188 JEAN CAL\TN à Guillaume Farel, à Metz, De Genève, 15 décembre (1542). Autogr. Bibl, de Gotha. Bretschneider. Calvini Litera3, p. 14. Calv. 0pp. XI, 474. Niiper ciiiii niincium ad te missiiri essent Neocomenses, Yi- reto et Jacobo Oallo indicarunt \ Ego aiitem illis non visus sum dignus, cujus rationem haberent. Quanquam illis facile ignosco, vel ob banc caiisam quœ nunc me cogit brevitatis veniam abs te petere. Distrahor enim, ut nosti : in corrigendo Novo Tesfamento sum occiqmtus -, et Alberto Pighio respondeo, qui magnum in nos librum edidit '\ in quo me nominatim provocat ac sibi petit ^^ C'est la seule phrase de la salutation que Bèze ait reproduite dans le texte imprimé. * « Nous envoyons, ceste semaine présente, un frère devers maître Guillaume, » écrivait Fathon à Fabri, le mardi 28 novembre. * Une édition revisée du Nouveau-Testament (traduction d'Olivétan) avait paru à Genève en 1538, petit in-S" (Voy. Th. Dufour. Notice, p. 149-152). ' Albert Pigghe (en latin Pighius), né vers 1490 à Kempen, dans l'Over-Yssel, était prévôt de St.-Jean à Utrecht. Il mourut dans cette ville le 26 décembre 1542. Les théologiens catholiques disent de lui qu'il fut l'un des éloquents antagonistes de Bucer et de Calvin. Voici les titres de ses trois principaux ouvrages : Ratio componeiidorum dissidiorum et sar- ciendae in Religione concordise. Colonise, 1542, in-4°. — Controversiarum lol2 JEAN CALVIN A GUILLAUME FAREL, A METZ. 221 aiitagoiiistam. Cupio auteiu cfficere, ut pi-oxiinis iiuudiiiis cxcat rospoiisio". Ha'c ij^sa causa est cur fratrib us ■^ nihil scribaiii. quaiiquam tutô supersedere jjossuin, ijbi tu ades ^ Exhortatio- nem tamoii aliquam à nio habuisseiit, nisi ()))star(^t quod dico. Salutabis omues meo iiomine diligeiiter. De rel)us nostris et ur- bis statu réfèrent hi duo f mires. Omnes pii aniantissiinè te sa- lutant. Literas tuas, quibus nobis expouas ut res istic habeant, dudum in itinere esse confido. I)et Dominus ut nos prorsùs exhilarent ! Vix credas, quantum me illae tuse prolixae ■ consternarint : adeô ut parùm abfuerit, quin occupationilius (^t negociis omnil)us jn-o- jectis, statim iter arri])uerim \ Bernardinns noster tSenensis ^ inter alios te salutat, vir inagnus omnil)us niodis. Hic frater '" vir est pins et integer, queni tibi commendatum esse cupio. Do- minus te et omnes suos istic conservet, ac multiplicet semen suuin! Genevse, 15. Decemb. (1542) '\ JOANNES CaLVINUS tUUS. (Inscriptio :) Fidelissimo servo Cbristi, Guillelmo Farello, fratri et coUegœ meo chariss. prsecipuarum in Comitiis Ratisponensibus tractatarum, et quibus uunc po- tissimùm exagitatur Christi fides et religio, diligens et luculenta explicatio. Colonise, 1542, in-folio. — De libero hominis arbitrio et divina gratia libri X. adversùs Luthorum, Çalviuuni et alios. Colonia^, 1542, in-folio. (Voyez Gesneri Bibl. univ. 1545, f. 20. — Yalère André. Bibl. belgica, p. 38-40. — Paquot. Mémoires ])our servir à l'Hist. litt. des Pays-Bas, éd. in-8", t. n, pp. 175-187. ^ Bayle. Dict. Crit. article Pighius, qui repro- duit les passages où Calvin accuse son adversaire de lui avoir volé des pages entières de V Institution). ■* La prochaine foire de Francfort devait se tenir du 1" au 20 mars 1543. Il fallait donc que les livres qu'on y enverrait de Genève fussent prêts au milieu de février. Vers le milieu de décembre 1542, Calvin écri- vait, en eifet, au commencement de sa Responsio à Pighius : « Est... alla causa, ut nihil dissimulera, quœ me brevem esse cogit. Constringor enim temporis augustiis, quando mihi ihx duo menses usque ad nundinas Francfordienses restant, quibus statui, si fieri poterit, hanc responsionem edere. Atque utinam dimidium ejus temporis vacuum mihi prorsùs et liberum ad scribendum relinqueretur » (Calvini Opuscula, 1552, in-fol. p. 221). ® Scil. Iletensibus. ^ Calvin avait sans doute appris, par Toussain, que Farel était rentré dans la ville de Metz (N" 1187, renv. de n. 3). 222 LE CONSEIL DE BERNE AU PRÉSIDENT DE CHA.MBÉRT. 1542 1J89 LE CONSEIL DE BEEXE ail Président de Chambéry \ De Berne, 15 décembre 1542. Inédite. Minute originale. Arch. de Berne. Noble, magnifficque, très expert seigneur et singulier amy! Les Syndicques et Conseil de Genève, nous combourgeois, nous ont fait affectueux plainctif des molestations, querelles et invasions que Michiel Œliet, à cause de ses frivolles demandes ^ journellement ne cesse de adtenter sus les corps et biens des ' Allusion à la lettre de Farel du 22 octobre (X°1168). ^ Scil. in Germaniam (Voir le X" précédent, tiu du premier §). ® Bernardino Ochino, de Sienne. ^*' Celui des « deux frères » mentionné plus haut qui était le porteur de la présente lettre. " Bretschneider s'est trompé en lisant « 15. Octob. » Le millésime n'existe pas dans l'original. ^ Eeymond Pellisson (V, 201. 202), président du conseil souverain de Savoie, pour le roi de France. ^ Michel Guillet, natif de Thonon et ancien membre du Petit Conseil de Genève, avait embrassé, après 1530, la cause des Peneysans, ennemis de cette ville, et il était devenu le chef du parti épiscopal. Aussi les Ber- nois confisquèrent-ils, en 1536, sa maison de Thonon (IV, 211) et sa sei- gneurie de Monthoux, situées sur les terres du duc de Savoie. Michel Guillet essaya de recouvrer une partie de ses biens par l'intermédiaire de son frère Jean, qui était bourgeois de Fribourg. Celui-ci se présenta le 17 janvier 1541 devant les députés de Berne, qui avaient une conférence à la Singine, et il leur demanda la restitution de ce qu'il possédait jadis à Thonon et aux Alinges et de la moitié des revenus de Monthoux, moitié qu'il disait tenir de son frère Michel. Les députés lui dirent : Apportez vos titres, on les examinera. Il revint, lors d'une autre conférence, le 16 février, et les Bernois lui répondirent : Quand ces biens ont été confis- qués, ce n'est pas vous qui les possédiez, mais votre frère Michel, notre ennemi déclaré. Le notaire Jean Eegis qui a écrit la lettre de donation [des revenus] de Monthoux, est en prison à Chambéry, et l'on dit qu'il a fabriqué une fausse lettre (Voy. les Eecès des diètes, vol. de 1541 à 1548, pp. 9, 14. — Bonivard. Chroniques, éd. Eevilliod, H, 409). Quelles « frivoles demandes » Michel Guillet pouvait-il adresser aux 1542 BENOIT TEXTOR A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 223 dits de Genève, gisants et venants rière vostrc gouvernance, avecquo hom])les blasphesmes et parolles oultraigieuses contre nostre loy, fondée en la saincte j)arojle de nostre Rédempteur Jésu-Christ. De quoy somes très dolants. Et ne croyons que telles façons de faire soient de vostre ijorniission, auquel avons ferme confiance que ne les conii)orterés, veliu la Vjonne aniityé et voysinance qu'est entre le Roy et nous et nous alliés. \'ous priants doncque que vostre bon plaisir soit d'y mectre quelque bon ordre et empeschement, en telles et sy cauteleuses entre- prinses du d. G-ïliet, et non permectre que ung sy légier person- naige, qu'est assés cogneu par ses praticques, soit cause de (Quelque inconv[énjient, qu'il pourroit esmouvoir par ses procé- dures : comme de ce et toutes aultres choses faisantes à l'édifi- cation et adcroissement de Iwnne amour et voysinance, nous confions parfaictement en vostre bonne discrétion, laquelle le Créateur face prospérer. Datum 15 Decembris 1542. L'Advoyer ET Conseil de Berne. 1190 BENOIT TEXTOR ^ à Jeaii Calvin, à Genève. De Mâcon, 19 décembre 1542. Autographe. Bibl. de Gotha. Calv. 0pp. XI, 475. Quandoquidem. ut certus sum, ex necessitate tôt tantaque négocia te assiduô urgent et obsei)iunt, Calvine animo meo opta- Genevois ? Ils l'avaient solennellement condamné à mort, le 13 juillet 1535, avec ses trente-six « complices » du château de Peney. * Benoit Textor (1509-1560) né à Pont-de-Yaux en Bresse, fit ses pre- mières études dans sa ville natale; il les continua à Mâcon et à l'université de Paris. Jacques du Bois (Sylvius), l'un de ses professeurs dans la Faculté de médecine, ayant remarqué son goût pour la botanique, lui persuada de publier une classification des plantes médicinales décrites par Dioscoride. L'ouvrage parut sous le titre suivant : « Stirpium ditferentise ex Diosco- ride secundum locos communes, ojjus ad ipsarum plantarum cognitionem admodum conducibile. Authore Benedicto Textore Segusiano [I. Segu- siavo]. Parisiis, apud Simonem Colinseum, 1534, >> in-16. La préface est datée : « Lutetise, ex sedibus loannis Tagautii doctoris Medici doctiss. Ad Idus lunias. Anno m. d. xxxini. » Ce travail d'un jeune homme fut très ap- 224 BENOIT TEXTOR A JEAN CALVIN, A GENÈVE. lo42 tissime, Cîcmdius hic noster ^ commode literarum tuariim vice fuit mihi, à qiio non potiii non citra ingens gaudium, audire de rerum vestramm statu in diesfavore Doniini fœliciùs proceden- tium, de profectu Evangelii, Jidei ac religionis augmento, prse- terea de tua valetudine ^ negotio dominico adeb necessaria, solito longe p)PV hujus gtrdiaM firmioî'e : cuijure sese adjimxit nuper vir tantus ^ quem haiid diibiè Dominus ipse pro sua benignitate tibi suteque ecclesise prospexit in magnum tuum solatium, adju- mentum, et ecclesiœ utilitatom suffectum. Et ipse in hoc non ita pridem (si meministi) fui tibi veluti prognostes per meam ad te epistolam, cum adhuc agerem apud Neocomwn ^ Siquidem tune, Vireto nosti'o istinc discedente^ ardenter cupiebam in illius locum tibi ferre suppetias quempiam hujusmodi, tanta sarcina degravato, Dominus taies multos, qualem vos nactos esse audivi, suscitet, quos longsevos et integros roboret suo gregi lideliter pascendo ! Alii verô, nempe ventres pigri, rapaces lupi, ejician- tur, prolligentur, proscribantur, pudefiant, nisi eos pœniteat. Cceterùm permolestum est mihi qubd tfxor tua tam crebro cegrotei. Si visiim esset Domino ut nostra industria piristhise red- deretur sanitati, nolim uUo modo parci mihi, vel ob longissimi etiam itineris laborem, vel sumptum immodicum '' et jacturam précié. Il en parut une 2°" édition à Venise eu 1537, et, dix-huit ans plus tard, le célèbre naturaliste C. Gesner le faisait réimprimer avec cet éloge : « B. Textor... medicus eruditus... libellum de stirpium differentiis.... utili et pulcherrima methodo digessit » (Voy. Hieronymi Tragi de Stirpium, maxime earum quse in Germania nostra nascuntur, usitatis nomenclaturis... Argentinse, W. Rihelius, 1552, in-i", cum figuris). Devenu docteur en médecine, Textor s'établit à Mâcon, et il épousa vers 1536 Jeanne de Quincy. Des cures « heureuses » le firent connaître au loin, et c'est ainsi qu'on peut s'expliquer sa présence, en 1542, à Neu- chàtel, où on l'avait probablement appelé en 1541, au plus fort de la peste. Deux lettres (juillet-août 1542, N°^ 1140, 1145) ont mentionné son retour dans la Bresse et à Mâcon. ^ Qui ne reconnaîtrait ici l'ancien ami de Textor, Claude de Sachins, qui désirait si vivement, en août 1542, faire la connaissance personnelle de Calvin Çs" 1145, n. 1-4) ? ' L'édition de Brunswick a omis les mots qui suivent raierotitait, sans doute, ])0ur aller visiter sa terre de Blandé (ou Blanâ(y) en Normandie. * C'étaient les libres-penseurs ou esprits-forts de ce temi)s-là. Ils sont visés, croyons-nous, dans plus d'un paragraphe du livre intitulé : « Contre la secte phantastique et furieuse des Libertins. Qui se nomment spirituelz. Par I. Calvin. A Genève, par lehan Girard. 1545. » 243 pp. i)etit in-8". 230 ANTOINE FUMÉE A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1342 illius opinioiiis odorcm mihi redoleront, quse illi tanqiiam sales lepidis sermonïbus aspergimt, et obscurum aliquem ex illis lalltis^ ciim magna Dei mei liducia, de ea seiitentia libéré mecum ex promisso disputantem convenire contigit, ea quse modo potissimwn teneo argumenta descrïbam.. Primùni quidem Novi Testamenti fidem ahrogant : eum qui illud conscripserit aut ejus aiithorem summè eruditiim, inge- niosissimum, prudentissimum, sagacissimum ac pœnè divinum, ut Platonem, sic agnoscunt, ^ebv ôè ehy.i ovâauMç, nec ulla ratione id fieri posse contendunt. Idque eos maxime movet, ut inquit ille, qubd Socrates, Plato aliique permidti philosophi di- vina jÀeraqiie ac etiam divhnora Evangelio sc^ipseriint, qin tamen dit non siint existimati. Veteris Instmmenti locos in nos- tram adductos sententiam dépravant, et si quihus urgentur, pro- tinus hystoriee fidem ahrogant, cumque illorum in refellendis tam sacratissimis Scripturis nimia impudentia arguitur, « Hui ! tam sanctse, inquiunt, scripturœ, quaî tôt impudicis verbis et cantionibus refertae in Canti.[co^ Canticorum passim deprehen- duntur. » Neque recipiunt illius linguse tropum explicatum do Deo, ecclesiam suam tanquam amicam amplectente. Preterea, cum defilio Dei aliquid audiunt, de eo dictum interpretantur qui probe sapientiam illam divinam sectatur, quemadmoduni aliquo in loco script um est : Mons Dei, nions pinguis, et spiritus Dei, id est, ingens, et digitus Dei, et cetera que [1. quœ] para- phrasi hebraica dicuntur : et hanc nostram oâpeaiv inventionem esse tanquam poëtarum, qui célèbres et eximios viros Deos pro])- ter virtutem effinxerunt. Cum verô hoc argumento impeUuntur, nullo in homine usquam taies vh-tutes apparuisse, tam insignes, tam divinas, atque certè Dei ipsiiis proprias, neque in factis eas tantùm consistere (quia protinus negari possent), sed et in sen- tentiis, quœ si quid usquam in Platone aut Socrate boni repe- ritur, id omne certè comi)lectuntur, ac preterea puram illam ac defecatam Dei veri mentem, quantam illi (quia tantùm homines erant) assequi non potuere, ex[h]ibent, omnibusque viris a Deo ipso preparatis certara ac renudatam commonstrant, — tum illi iwimùm illius facta inficias ire non duhitant, deinde sententias et axiomata viri eruditi esse non negant, sed eas esse simpUces ® Il veut (lire : riin de ces l'ieliards et bons vivants. loiâ ANTOINE FUMÉE A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 231 et infimas, nullo demonstrationis genei-e exjMlitdS, niJiil de- nique liahenies quod non cuiqiie inediooiter erudito contrihun sit et exj)loratum. Scio s Rutom liomi nés Jwjimnodi vix 7'ationihiis convinci posse : itasimt apud me deplhrati. Multis oiiini ac vaiùis disciplinis imbiiti, nostrumciuo sonsum pulchiv callentos, tau- quam qui aliquaudo à nobis desciverunt, oiuni vallo ac sej)!- mento domonstrationum se munierunt, et adversùm nos ita obstinatè sesc obtinnarunt, ut vix unquam oos inde avelli sporem, in illorum caput ab apostolo dictum esse putans : « Nani. inquit, tieri non potest ut qui somel fuerint illuniinati. gustavo- rintquc donuni cœlesto, et participes fuerint facti spiritus sancti. gustaverintque bonuni Dei verbum ac virtutes futuri seculi, si prolabantur, denuô renoventur per penitentiam. » Id sohuu jjrestare jiossKmiis quod maxime illos mordent et excruciet, si vitam integram et xmrmn in lege Domini constanter degamus : quod ut prosperet in nobis Dominus Jésus Cliristus otiam atque etiam oro, et tu nobiscum oral)is. Quia verô de illis actum est, ipsos omittamns censeo, aliisque in dies nascentihus recentihus ingeniis occitrramîis, ne sciîicet in grassatorum illorum manus incidant ac protinus conficiantur. Hîc apud nos viros bonos et fidèles aliquot esse ad hanc rem attentiores tibi assero, et certè in officio pro se sedulè quisque facit. Sed Jam ingenti eorum hominmn muUitudine tantùm non oppriminiur, ita ut nunc taam tuorumque similium opérant Me surnmopere desiderenms. Tuuni erit munus non miniis necessa- rinm quàm utile, si nonmdla in hanc sententiam collegeris, ut scripsisti, et ea eleganter, ut probe nosti, descripseris, quihus ferocia crescentium ingénia' ah illa patenti via deflecti possint, ac prudenter eam inire viam edoceantur quam primus stravit JESUS, atque in eam usque tanquam manu adducantur. Quod ut faustum fœlixque sit Deum Opt. Max. queso et tilium cjus JESUM CHRISTUM oro. Cseterùm, quod ad commîmes res nostras attinet, nescio quid reetè scribam : tanto sunt in errore et lapsii, ut in hrevi ?-uinam '' L'écrivain semble uvoir omis un mot : sophistarum, peut-être. Cres- centitim indiquerait la i)roj)agation rapide de la secte. Dans le livre men- tionné plus haut (n. 5), Calvin dit, j). 31 : Elle a « tant pullulé, que c'est quasi une contagion publique. » 232 ANTOINE FUMÉE A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1542 miditentur ^ Tôt impendent nobis imdique calamitates et plagse, ut non dubitem nos diu Jioc statu non consistere posse. Idque dudiim mihi presagit animiis. Hoc Deus avertat, in cujus manu ac potestate nostra omnia sunt sita! Vale et me commendatum habe. Tuus quom nosti Capnius. Post lias ad te scriptas litteras, dum illas amico meo communi- carem, cui et tuas quondam legendas dederam, m quœ maxime à me exigeres prœtermisisse sum admonitus, teque maxime desiderare ut illorum Jwmimim mottes, habitus et couver sationes in rep-lnblical nostra tibi deliniaram [1. delinearem]. Quod mihi longé facilius erit, quàm id quod suprà conabar. Primùm qui- dem sunt ejusmodi homines lauti, nitidi, obesi, ft-oclBocxol, nihil voluptatum omnium quse terra marique conquiri possunt, non affectantes : potant egregiè, mensas Siceliis illis lautiores ponunt, denique diffluunt undique voluptatibus, sicque agunt omnia tanquam postrema nullamque posthac rationem admit- tentia, et si quando doloribus morborum anguntur, tum maxime voluptatum agmina sibi asciscunt, quibus dolores illos inferiores reddant ac tandem in voluptate provoluti vincant. Et si quando illis bene cessit, egregia illa facta et hanc inventam artem pre- dicant : sic pulchre dolores, morbos, anxietates et cetera hujus- modi depelli posse admonent. Intérim omnium metum et reli- gionem deponi jubentes, palamque et intrépide hœc dictitant, eam licentiam projectamque audaciam luxuriosœ vitœ legibus nostris non coërceri prospicientes. Inter hsec sunt elati admodum, contumaces, et veloces eorum pedes ad effundendum sanguinem, ita ut quotidie sublatam illam potestatem vitae et necis in servos nostros déplorent et conque- rantur. Dicunt non magni interesse totius reii).[ublicae] si quis in negotio fratrem circumvenerit, preterea et eum qui gloriam ox animis liominum sustulerit, alas virtuti precidisse, legemque nostram multis preclaris et bene natis ingeniis ea de causa ob- stitisse, multosque tandem degenerare coëgisse. Sic nos tanquam dégénères, zomeivovg xai dfj-nu.o-jq despicientes, uxores suas quàm ® Allusion à la situation périlleuse des Évangéliques français (N" 1149, n. 18, 20). 1542 ANTOINE FUMÉE A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 233 possunt arctissimis suporstitioiiibus inibimiit, oo jure et vinculo eas retinori et devinciri posso judicant(^s, suaiii intérim luxu- riam in alias passini exercentes. Quidqnid a privcipe etiani nephandissinmm sancitum sit, retineri volunt oh[stinatè\. Luthe- ranos interfici debere censent, sihi intérim pidchre caventes [in sermonibus], evrpaûîlia-j n])i(iue exercentes, aim religiosis de religione pulcJire disserentes, ciim doctis eruditè, cuni superstitio- sis siiperstitiosè, denique ita versipelles et r.avovpyoi, ut (dj incautis non facile intercipiantur, neqno tanien conij)arandis plausoribns et asseclis intei'ini defatigantnr, novitiis quibusdam et incautis insnsitrrantes, Deuni optimum Iwminem non creavisse ut tandem perpetuo supplicio daret : id de I)eo existimare inipiuni esse persuadentes, perpetiinmque illuni ignem miris sconiniati- bus irridentes, contendentes passim religionem nostram nihil prêter verba liabere, eam neniinem nsqiiam assecutnm, nec potuisse asseqtii, trit/um illud in ore habentes : vivere, bibere et léetari, snnimeque non (fCkbao^^ci alla r^tXoÇojot, hodieque majores nostrie familite his perstrepunt, nec nos verentnr, qnos norunt et leges timere et i)Otestatibiis odiosos esse. Addam quod prete- rea illi non dissimnlant, de Mose sentientes, prudentissimum illnm ducem et praefectum rei militaris extitisse, qnem cnm Deo, tanquam Numa cum sua Egeria, collocutum ainnt. Hec sunt quse breviter [de] illorum moribus perstrinxi, qui- bus eos tan(iuam leonem ex nnguibns dignoscere ])oteris. Q^iœ, omnia si pulchre depinxeris, illos, mihi crede, mordebis et pun- ges acerrimè. Yale iterum et reseribe, si quid in tantis occupa- tionibus ocii aliquando nactus eris''. (Suscription :) A Monsieur Monsieur Dépeville. A Mons"" Mons"" Despeville, Seigneur (rA])remont'°. ^ La date approximative paraît devoir être fixée entre le mois d'octobre 1542 (il. 4) et le mois de mars 1543 (Voyez la lettre de Fumée à f'alvin placée à la tin d'avril 1543). *" Dans l'édition de Brunswick « seigneur dapant. » Les éditeurs n'ont pas remarqué que les dernières lettres de ce mot sont surmontées d'un long trait horizontal, qui serait superflu s'il fallait lire dapanf. D'ailleurs uipant est un nom imaginaire, tandis qu'il existe en Picardie deux loca- lités, Eppeville et Aprenionf, qui étaient qualifiées de seigneuries au temps de Calvin. 234 NICOLAS [d'adxerre] et j. bonivoye au conseil de berne. 1542 1192 NICOLAS [D'AUXERRE] et J. BONIVOYE au Gonseil de Berne \ (De Vullierens, 1542 ou 1543 \) Inédite. Minute originale ^ Mscrit de notre collection. Très niagnificques et très redoubtés Seigneurs et Princes, Humblement se présentent par devant vostres excellences Nicolas [d' Aiixerre] et Jehan Bonivoye, lesquelz, de vostre louable prudence et bénignité, sont ministres, à sçavoir : le dit Nicolas à Ligneroles * et le dit Bonivoye à Villeren. Et vous ex- posent que, au commencement qu'ilz ont eu charge du minis- tère, chascung en son lieu, ne congnoissans point les meurs et manières du peuple, ont vrayement tasché les gaigner au Sei- gneur, mais par aultre moyen et faceon que le dit i)euple n(> porte : tellement que les dits ministres congnoissent, par expérience, ceste faulte empescher que le peuple ne soit tant édifié comme il est bien requis ^ Et voyent que, pour le bien ' Voyez, sur Jean Bonicoye aliàs de Brilly, le t. Vil, p. 3G-38. Nicolas d'Auxerre figure pour la première fois daus la correspondance des Réformateurs. Nous ne savons pas si d'Auxerre était son nom de famille, ou s'il l'avait reçu comme natif de la ville d'Auxerre (département de l'Yonne). ^ Voyez la lettre suivante, note 1. ^ Nous l'avons complétée, dans quelques passages, au moyen de deux autres rédactions qui sont aussi de la main de Bonivoye. * Village situé au pied du Jura, à 1 7^ 1- N.-O. de la ville d'Orbe. ^ Plusieurs des ministres venus de France durent éprouver des difficultés pareilles. Le peuple des campagnes était très ignorant, parce que les villes seules avaient des écoles, et il ne pouvait comprendre que des sermons très simples. Encore n'est-il pas certain que le français littéraire y fût com- ])ris partout. Un ancien pasteur nous a raconté, qu'au début de son ministère dans une paroisse reculée du canton de Vaud, il dut souvent s'exprimer en patois pour être compris de ses catéchumènes. Un autre pasteur écrivait en 1789 : « Il n'y a pas quatre-viugts ans, que dans les meilleures maisons du Pays de Vaud on ne parlait presque que X>atois : il était nécessaire de s'en servir, soit avec ses domestiques, soit 1 o42 JEAN BONIVOYK ET NICOLAS D'AIXEIUIE A 1'. Kl NTZ, A BERNE. 235 de l'église, seroit troj) plus convenable de faire permutation, congnoissans qu'ilz n'ont aulcun moyen d'y subvenir que de vous (>xposer leur cause. En laquelle ne diMuandent n(> pré- tendent sinon que chascung, selon son petit pouvoir, serve plus facilement au i)rofit de l'église et honneui- de vostre sainct(> République. A ceste cause, les dictz ministres en toute révérence suj)j)lient les vostres Illustres et magnifiques Seigneuries, que vostre bon playsir soyt ce concéder et octroyer, quo le dict Ni- colas aye charge du ministère à YUleren, et le dict Bonivoye à LigneroUes ^ Et prient voz Seigneuries vouloir avoir agréable la requeste de voz humbles serviteurs. Lesquelz de bon cœur prient le souverain Seigneur avoir en sa gard(> l(>s vostres exc(»l- lenc(>s et magniticences, et les maint(Miir en tout(> bonne j)ros- périté. 1192bis [JEAN BONIVOYE et NICOLAS D'AUXERRE] à P. Kuntz, à Berne. (De Vullierens, 1542 ou 1543 \) Inédite. Minute originale. Mscrit d(> notr(> collection. ....Praedicata humanitas [tuaj bonam spem facit... ut solito avec les gens de la campagne; il mettait plus d'égalité, pins de cordialité dans le commerce de la vie, et plusieurs termes de l'agriculteur et dn berger n'avaient et n'ont encore aucun vrai synonyme en fnoiçais » (Phi- lippe Bridel. Course de Bàle à Bienne ])ar les vallées dn Jura. Râle, 17SI», p. 118). ** Bonivoye n'obtint pas ce qu'il désirait. Il fut élu, en 1.541, jjasteur du village de Lonay, situé à '/* de lieue X.-E. de la ville de Morges. Nicolas d'Auxerre vint preiulre sa place à Vullierens, et, suivant une liabitude que nous avons mentionnée (VI, 101, n. 102 ; VU., 288, n. 1), on rai)i)eia dès lors « maître Nicolas de Vullierens » (Voy. les Mémoires de Pierre- fleur, p. 383). Ce pasteur, dont Calvin, Farel et Viret ne parlent presque jamais dans ce qui nous reste de leur correspondance, devait être un homme de mérite. Ce qui le montre bien, c'est qu'on le jugea digne, en 1,557, d'aller servir l'église de Paris. Le i septembre, même année, il y présidait, rue St.-Jacques, l'assemblée protestante qui fut assaillie jiar la ijoimlace. à l'instigation des prêtres. 236 JEAN CALVIN A MICHEL [vAROD], A GENÈVE. 1542 moro tua munilicciitia ac liberalitato iitamur apud magnificos Principes, ut sicut tuis auspiciis concredita fuit uobis provincia pi'omendi Evangelii, iisdem pariter, tuo ipsius beneficio commo- ditatem nanciscaniur illud fructuosiùs offerendi. A principia namquo, dum pro viribus adniteremur plebem nostram lucrifa- cere Christo, — quôd ignota nobis esset natura et ingenium populi, — non quem maxime decebat modum adhibuimus : quod certè plurimîim nos angit ot cruciat, atquo id non injuria, quando quidem nos in mala ducit séria, ita ut videamus nullam spem instaurationis nobis superesse prseterquam in te uno, cujus subsidium tanquam supremum jugiter oranius. Tu igitur, pro tua admirabili t'acundia, et lue iui ohserrantissimis patrocineris, eorumque partes apud lllustrissimos Principes suscipere velis, qno ego, qui ViUerani omis mitnsterii sustineo, eo fungar Ligne- roUs, et Nicolao, qui nunc Lignerolis agit, Viïlerennensis eccle- sie moderatio deniancletur. Hoc è tua benigna prudentia (quam sciunt abundè perspicere quicquid sit in rem Ecclesie) exorent {sic), qui tua opéra summo cum emolumento sunt usi. Et pro- fectô sic confidimus in Domino fore ut nunquam te ejusmodi in favore peniteat. Yale, observandissinie Conschene, et hanc effla- gitatricem postulationem aequi bonique consulas precor. Deus Opt. Max. tua sancta studia tueatur et provehat ! 1192ter JEAN CALVIN à Micliel [Varod *] à Genève. (Genève, 1542 ou 1543 \) Autogr. Arch. de Genève. J. Bonnet, o. c. I, 67. Calv. 0pp. XI, 482. Seigneur Michel, ce paovre homme est si fort maléficié en son corps, que c'est pitié, et mesmes horreur de le veoir. Il dict que * Le millésime est déterminé approximativement par ces deux faits : Bonivoye était encore pasteur à VuUiereus en 1541, et Pierre Kuntz, selon une note de Christophorus Piperinus, mourut à Berne, le 11 février 1544, 1343 PIERRK TOLSSAIN A MATTHIAS ERB, A RIQLEWIR. 237 cela ne luy est pas venu de paillardise. Pourcc qu<' c'est chose pitoiablf. il vous jjjaira de regarder s'il y auroit moien de le secourir : aftiii qu'il uf pourrisse. Je le vous recommande d'aul- tant plus hardimuiit. que je pense qu'd soit de la villf. Car s'il estoit estrangior. j'aviseroye d<' mov-mesme d'y jirovioii- ru quelque sorte : affiu df uf donner point occasion df crier, comme on faict. Mais puis qu'il est d'icy, j'en faiz moins df difficulté. Vostre frère et bon amy Jehan Calvin. 1193 PIERRE TOUSSADs à Matthias Eib. à Riquewir. De Montbéiiard. l'"' janvier ri543j. Inédite. Autographe. Arcliives occlés. de Bâle. S. Respondi nuijer' ad ejjistolam tuam. frater in Doniiuo chare et observande, et obsecro te per Christum Jesum et tuam pietatem, ne meum in te animiim éestimes ex offieio Uterarum : nam amare semper vacat, scribere Sciepe non vacat. Et firmiore vinculo conjunxit nos Dominus, quàm ut chartaceis machinis simus retinendi. Quse ad te scribo. quôd nuper Illustris Princeps et Dominus noster clementissimus Georgius Cornes, Sifjismundo nostro - scripserit. mirari se qui fiât ut tam rar5 ad te scribam'' : quod si ullo contemptu fit. contemnat me Dominus Deus : sed sum natura. ad scribendum prsesertini. tardus et segnis. Id quod oro boni consulas tibique persuadeas. me te ac tuos symmystas ^"- M. l'archiviste Sord^t a écrit cette note sur la lettre autographe : « Adressée, je crois, à Michel Varod, procureur de l'hôpital en 1542. • ^ Lettre du 20 novembre 1.542. * Sigismond Stier, chancelier du comté de Montbéiiard. ' Ce détail tixe l'année. Le comte Georges de Wurtemberg avait quitté Montbéiiard en juillet 1542, lorsque son neveu Ulric vint s'y établir, et il s'était retiré à Eiq^ueicir, au milieu de ses domaines de l'Alsjice. Écrivant de Riquewir à son ancien chancelier, il pouvait bien, en 1543, se plaindre du silence de Toussai» : mais en janvier 1542 le même reproche eût été impossible. 238 BERÎVE AU DOYEN ET AUX JURÉS DE LA CLASSE DE LAUSANNE. 1543 omnes amore summo ac veneratione prosequi. Vale in Domino. Mombelgardi, Calendis Januarii (1548). Tuus ex animo P. Tossanus. (Inscriptio :) Fidelissimo ecclesiœ Richenvillensis pastori Matthias Erbio, fratri suo unicè charo et observando. 1194 LE CONSEIL DE BERNE au doven et aux jurés de la Classe de Lausanne. De Berne, 2 janvier 1543. Inédite. Minnto originale. Arch. de Berne. L'Advoyer et Conseil de Berne, nostre salutation. Honorables, sçavants, chiers et bien-aimés ! Nous avons, ces jours passés, receu les lettres que nous avés escriptes de la congrégation de Vivey du premier jour de no- vembre dernier passé ', et le contenuz d'icelles bien entenduz. Sur lesquelles avons advisé de vous tenir quelques propos et faire response. Dont est nostre vouloir que vous ayés à [vous] transjjourter ver nous, que soyés icy Dimenche quatorziesme jour de ce présent moys, au soir ^ En ce ne faicte faulte. Datum, n» Januarii 1543. fSuscription :) Aux honorables, sçavants, nous chiers et bien- aymés, maistres Françoys -, Doyen, Pierre Viret, Johan de Tornay, Johan le Grue et Jehan Rebit \ Jurés de la Classe de Lausanne. ^ MM. de Berne avaient reçu, en outre, « le livre » mentionné par la Classe de Lausanne dans cette même lettre du 1" novembre (Cf. p. 176, renv. de n. 19), et une dénonciation A''Antoine Marcourt, qui accusait Viret de s'être exprimé grossièrement, dans l'assemblée de Veveij, sur le compte de LL. EE. '^ Manuel de Berne du samedi 30 décembre 1542 : « Relativement au blâme que les prédicants de Lausanne ont formulé sur l'affaire des biens d'Église, le Conseil entend la lecture des rapports secrets sur le mémoire 1543 BÉAT COiMTE A RODOLPHE GUALTHER, A ZURICH. 239 1195 ^ BÉAT COMTE à Rodolphe Giialther, à Zurich. De Lausanne, 5 janvier 1543. Inédito. Autogr. Bibl. de Zuricli. Copie comiimiiiquée par M. le pasteur A. Berniis. G-ratulor tïbi sanctum istiid ac veHerahile conjugium -, Ro- dolphe siiavissinie, Deumque Opt. Max. rogo, ut in eo pulclira te proie parentem faciat, atque etiam longos et jucundos annos cum tam honesta et modis omnibus laudanda uxore exigere. Ceterîim valde cupio abs te certior fieri de statu ecclesiœ vestrœ, quœ sanè uiilii in paucis est observanda et sacrosancta, Jésus Christus velit eaui nobis diu conservare! Deinde abs te scire cupio, si qidd viovorum lïbrorum istic sub prœlis habeatur. Et quoniani intellexi saari Biblia typis excudi ^ mitto ad te epi- présenté par Viret au colloque de Vevey, mémoire dans lequel l'avo3er [J.-J. dé\ Watteville est blâmé nomiuativement comme acheteur de biens d'Eglise. Sur quoi, Watteville — après avoir })roduit un billet qui l'accuse de retenir un cens de vin et un cens de blé de la cure de Ponterouse, — dit que le blâme de Vevey provient, à son avis, des susdits cens, et il demande que mes Seigneurs lui indiquent le nom de la. personne qui -leur a communiqué ce billet ; car il veut se défendre par la voie du droit. « On lui assure que mes Seigneurs le tiennent pour excusé. Le billet en question, relatif aux biens de la cure de Ponterouse, n'a pas été interprété à son désavantage, mais [il a été écrit] seulement afin de constater les revenus de la d. cure et de s'entendre plus facilement avec lui sur la garantie que mes Seigneurs ont été tenus de lui donner, pour quelques cens qu'il a achetés [en 1532] des chanoines de Lausanne. » (Trad. de Tall.) Voy. les Additions. Le procès-verbal ajoute immédiatement après : « Citer ici, pour le 14"" jour à partir de demain, Viret um et reliquos sati/ricos stoicos. » * François Martoret du Eirier, pasteur à Vevey. * Jean de Tournay, jjasteur à Aigle. Jean le Grus, pasteur à Montreux. Jean Rebit ou Mibit, professeur de grec à l'académie. ' Le mariage de Bodolphe Gualther avec Eegula, fille d'Ulric Zwingli, avait été célébré en juillet 1541 (VII, 207, n. 26). 240 SIMON SULTZER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1543 (/ranima de verbo Dei querendo ^ Audio aliquid esse à te car- mine sci'iptum ^ : quod si verum est, non gravaberis ad me mittere, siquidem eo scriptorum génère valde soleo delectari : quo fiet ut tu à nobis versus aliquos sis postea adcepturus. Vale. Laus. nonis Januar. 1543. D. Heynrichum Btdlingerum plurimiim salvere cupio. Tuus ex animo B. Comes Donzarensis. (Inscriptio :) D. Rodol. Galthero, viro mihi in paucis charo. Tiguri. 1196 SIMON SULTZER à Jean Calvin, à Genève. De Berne, 8 janvier 1543. Autographe. Bibl. Publ. de Genève, Vol. n" 112. Calv. Op]). XI, 495. S. Utinam sit integruni tibi, Calvine frater, crebriùs quàm soles, ad me scribere : esset unde novam subinde voluptatem ac recreationem caperem, neque eam prorstis sine meo ecclesiaeque nostrœ emolumento, quippe qui tuis me consiliis ac monitionihus erigi atque juvari sentio. Sed enim quia id minus tibi licet, propter peculiarem quandam eamque maxime seriam adque communem ecclesiam spectantem occu])ationem, qua te inpras- sentiarum audio admodum distringi ', moderatiùs literarum tuaruni desiderium fero, ut quod publico bono compensatum iri nihil anibigo. Dominus Jésus pios tuos conatus dignetur pro- ^ La Bible traduite en latin par les pasteurs et professeurs de Zurich parut eu 1543. ' Cet epigramma de Beatus Cornes arriva trop tard pour être inséré dans les pièces liminaires de la Bible précitée. * Gualther avait composé quelques vers latins pour l'un des ouvrages de BuUinger, son bienfaiteur (Schola Tigurinorum Carolina. Tiguri, 1664, j). 115). Cf. aussi E. Camillo Rudolphi, o. c, p. 34. ' Allusion à l'écrit que préparait Calvin contre Albert Pighius. loi3 SIMON SULTZER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. :24 1 veliere! Ac intérim cœptam scribendi sodiilitatcm non intcrniit- tam ego. qu5d et semper tantum esse temporis à negociis vacui esse credam, ut vacet perlegere amici/'pistolaui, et boni te cou- sultiirum quod ab liomine tui stiidiosissimo proficiseatur. Porrô aliud non est ad manum quod inprîesentiarum signiti- cem, quàm de communi temporuni statu. Accepisti, arbitror, de clade Pannonica et satis turpi nostroriim discessît, qui perfidiani JJngaroruni causati, paucorum hominum culpa et scelere com- moti, animos suos à gente tota tanquani in universuni perfida abalienarunt, cum intérim tamen constare videam, ])aucos et l)riniarios quidem quosdam proditionis reos fuisse, et ejus scele- ris consciam non fuisse multitudinem '. Verùni miserrimo casu factum est, ut nostri non Turcani, (jui minimum nocuit, sed cœlum ipsum et Danubium et elementa omnia irata habuerint, ampliusque equitum et peditum viginti quinque millium amise- nint, peste, famé, frigore, morbisventriset cai)itis a]>sumptoi'um. Utinam tam verum non sit quàm creditur Horatianum ilhid : Quicquid délirant reges, plectuntur Achivi. Sed ira? iJei debe- mus quôd et hœc patimur, qua? nunquam non commeremur, et l)assuri détériora sumus, nisi et qui prîesunt religionis profes- sioni sanctiore exemplo pr?eeant, et populus pœnitentiae saccum indutus ad se percutientem convertatur, veraque sui abnegatione justo furori ejus placando insistât. Norimljergam venit rex Ferdincmdus ^ (ut fertur) cum uxore et liberis aliquot. et in hoc totus est ut Ordinil)us p(>rsuasis nova paret suljsidia et sumi)tus novis exactionibus resarciat, hélium Pannonicum quantis potest viribns redintegraturus. Cui instituto fœliciter ut succédât precamur Dominum. Equid(>m * Yoypz, sur les opérations de l'armée impériale en Hongrie, pendant la seconde moitié de l'année 1542, le X" 1158, n. 11. Selon de Hamnier (o. c. V, 359, 360), cette armée, forte de près de quatre-vingt mille hommes, leva le siège de Pesth au bout de sept jours, « s'avouant vaincue par les huit mille soldats qui formaient la garnison turque de cette ville. » Le susdit auteur n'attribue nullement ce résultat à la trahison des chefs hon- grois ou du capitaine de Stvrie Jean Ungnud, mais à une mésintelligence survenue entre les Allemands et les Italiens, et au manque de concert entre tant de chefs et le commandant général, Joachim de Brandebourg. * Le roi Ferdinand n'arriva que le 17 janvier 1543 à Xuremherg, pour y ouvrir, le 31 du même mois, la dicte des États de l'Empire (Sleidau, II, 296). T. VIII. 16 24:2 SIMOxN SULTZER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1543 quod ex anteaetarum rerum casibus et prœsentium miseriarum statu colligitur, vix in spem venimus iilliim bellum a Germanis advei'sùs Tiircam pros])erè adniocliini vel iiistitui, vel suscipi, vel geri posse, nisi demiim unanimi ])rincipum omnium et ma- gistratuum consensu conatuque omni à parte, nec parvis copiis, nec segnibus imperatoribus. Tyranmis ille longé omnium belli- cosissimus petatur, belli sumijtibus non unum in annum, sed admodum plures su])putatis : quod si non fit, non est ut ullam nobis gloi'iosam victoriam polliceamur, sapientum quidem judi- cio, nisi miraculosè ceu à machina adfulgeat cœleste prœsidium. Sed de lis satis. Certum est pontificem Pmdum concilium suum nuper exor- sum esse Tridenti, duobus Cardinalibus illô ablegatis, quorum alter Calaber est, alter Anglus \ Erat et Contarenus eô venturus Pa2Jée decreto, sed veneno, ut fertur, de medio sublatus est ■'. Advolarunt episcopi italici decem, et e Germania abbates quidam nescio qui. Pontifex ipse Bononise est, ex Csesareis Dn, Gfrin- vella tibi notus, nescio quid de pace acturus inter Csesarem et Gallum. Sunt qui putent et ipsum Csesarem ad comitia ventu- rum Carolum, sed falli videntur. Aut enim non attinget ille unquam Germaniam mortuus : aut si superest, et aura mortali etiamnum vescitur ad menseni Aprilem primum aut Junium Genuam adpellet", hostem Ttircam alicunde invasurus. Intérim omnia classicum sonant. Ehscti hnmontani ad duoruni millium numerumselecti, militatum abiere ad Marchionem de la Qiiasta', * Par une bulle datée du 22 mai 1542 et publiée le 29 juiu, le pape Paul JZJ avait convoqué le Concile à Trente pour le 1" novembre suivant. Vers le milieu d'octobre, il en élut pour présidents les cardinaux Parisi, Morone et Pool, qui arrivèrent à Trente le 21 ou le 22 novembre (Sleidan, II, 271, 289. — Paolo Sarpi. Hist. du concile de Trente. Basle, 1738, I, 181-187). ^ Le cardinal Contarini était mort à Bologne, le 24 août 1542 (Seckeu- dorf, III, 385). Ou l'accusait de ne pas s'être opposé assez énergiquement aux Luthériens, dit Sleidan, II, 280. Et il ajoute : « Qui familiariter illum noverunt, de justificatione hoiniuis rectè sensisse dicunt. Fuit vir cum- primis doctus. » ^ Venant d'Espagne avec une flotte, il débarqua à Gênes au mois de mai 1543 (Sleidan, II, 313). ^ Le marquis Alphonse ciel Guast {del Vasto), gouverneur du Milanais Ijour l'Empereur. i'à'i-i SIMON SLLTZER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 243 gubcnuUori {^ic} apiid I //subies Cmsiu-vum, qui et apud Ualla/ii, m agro Pedeinoz/fano, cohortes habciit miniinùin duus. Eam i-oiu aegorrimè foruiit i-clitiiii Pagi immontani Helreticorum, lioc i])- siiiu (piod rcs habet i)i'a»sagieiitos, ut diiiii contrariis doiiiiiiis niilitia sumiuititur, simiil et fides iiostra dignitasque collabc- tactetur, (>t iiosiuetipsos in mutua viscera hostilibus coiisiliis, magna concordiae etiani domesticae clade, vénales faeti coneite- miis : Proinde et ab iis ad illos graviter scriptum, liabitis ea de re Luce^'nœ comitiis et alibi, adliibitaque ration(\ qua suos revo- care et in tantis reruni tur])is et niotibus retinerc |)()ssiiit. At vereuiur ne in diversuni rapiat violenter j)(^etora an ri sacra famés. Cîeterùm, de expostidatioiie frotrum Lausannenshun erga /los^, scripseram nuper animo ])lacido acceptam à nobis. neque moverat quamlibet acris r.aop-naix, ac proinde responsum pa- ratnm per me fnerat, qno et nostri in se animi plenani testifica- tionem et innocentise liac quidem in parte fuerant agnituri. Verùni ne procederet institutnm, t'ecit commnnicata eo/m/idem fratrum ad Eras.[mum] ^ ejnstola, qna certè prœter nostram expectationem sic leniter, adeoque blandè etiam cnm eo homine agunt, ut non obscure deprehenderimus, liaud eodem jndicio hanc causani ab ipsis expensam atque tractatam esse. Nam cîtm obiter ta/itùm et civïliter accusent neglectœ communicationis cnm fratribiis, ajyertè per vos excitatum istud ineendiam fatentur , cui restinguendo ïlle modum non satis commodum observarit, licet de proposito minime seditioso niliil ambigant'°. lta(ine; ut * A notre avis, expostulatio fait allusion à une lettre de reproches, adressée par la Classe de Lausanne aux ministres de la ville de Berne. Les nouveaux éditeurs de Calvin (XI, 497) disent en note : de disciplina et bonis ecclesiasticis {Ruchat, V, 220. Hmideshagen, 175), c'est-à-dire qu'ils entendent, par expostulatio, la requête du 1" novembre 1542 adressée à MM. de Berne (N» 1174). Cette interprétation ne résiste pas à l'examen. Si elle était fondée, Simon Sultzer aurait-il dit, parlant de ses collègues et de lui-même : « Nous avons reçu vos représentations p/rtC2cîo animo. J'avais préparé une réponse pour «oif^ç justifier ? » — La phrase suivante annonce évidemment que la susdite expostulatio visait la manière d'agir des ministn^s de Berne jK'ndant la dernière crise ecclésiastique, et non les actes du gouvernement bernois. ^ Cette lettre des ministres de Lausanne à Érasme Bitte/- nous est inconnue. 244 SIMON SULTZER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1543 voruin fatoar, mi frater, ad rein inexijoctatam nonnihil obstupui, metuquo nonniillo perciilsus siim, non tam qiiôd liis videam illum nostrum animatum esse potiùs ad certamina minime frii- gifera quibus natus est, quin laterc hune tam acerha in nosfra- trum invectio nequeat, non magis quàm nos quae ad illum scripta sunt, — quàm quod animorum disjunctionem prospiciam, nisi Dominus ploiiè abnegatos animos concesserit. Sois ipse quô ei'umpat, in tanta teneritudine, semel insidens animis suspicio : quae certè uasci cepit, cimi qperta significatione déclarent, se in nos tantûm effundere stomachum et esse diserti voluisse : maxime qui non duhiteut erna antagonistam nos reos proriunciare, auto- resque linjus tam atrocis tragœdise^K Adde quod audiam D. Con- tzenum a Vireto coram fratribus traductum per contentionem, neque mihi etiam parsuin. Qua])roi)ter ea in re tota nonnihil jH'udentise et œquanimitatis in Vireto nostro desidero, ut non dicam candoris etiam : quem miror sic vanis delationibus per- moveri potuisse, ut aniicos de se prasclarè et loquentes et sen- tientes proscindere instituât, qui si calumniis digni essent maxime, indignus tamen ille erat qui locum lis faceret. Itaque (]uod unum ini)raBsontiai'uin ego possum etïicere studeo, ne quam alienationem mentis admittat quisquam nostrûm, dum coràm audiatur '^ Id quod his diebus futurum arbitror '^ Scan- 10-11 ]Njous avons vu Calvin reprocher aux ministres de Lausanne (N° 1163, renv. de n. 5-6) d'avoir écrit à MM. de Berne une lettre où ils égalisaient les torts de Kuntz, de Stiltzer, et ceux A''Erasme Bitter, leur adversaire. Ici les reproches que Siiltzer adresse aux ministres lausannois sont plus graves encore : il se plaint en sou nom et au nom de Kuntz et de Béat Gering, de ce que « les frères de Lausanne » leur donnent tous les t(?rts. 12 ei 14 Çg yQg^ aurait pu être accompli une semaine plus tard, si Pierre Kuntz avait été aussi bien disposé que Simon Sultzer (voy. la note 13). *^ Viret et quatre de ses collègues, cités à Berne pour le 14 janvier (N" 1194), furent appelés le 16 devant le Conseil. « Viret et les autres .satiriques (dit le procès-verbal de ce jour) comparaissent, à cause de leur missive concernant la vente des biens d'Église, et on leur fait là-dessus des représentations. Ils demandejit un délai, parce qu'ils désirent donner leur réponse par écrit. Idque permissum est. » — « 17 Januarii. Viretus et socii ejus ont demandé, selon leur requête d'iiicr, un Si/noâe f/n/éral, où la question des biens d'Église et celle de la doctrine seront approfondies dans tous leurs détails. Lecture est faite de leur réponse, mise par écrit. Là-dessus, on décide de Irur dire, que mes Seigneurs rendent justice lo'i3 SIMON SULTZER A .IKAN CALVIN. A GENKVK. 245 daloriim eiiim atqiu^ conliictiuuii plus satis ost liodic Kciuidciii, qiiod me attiiiot, no», commiitum, arbitrer, ut (ilicitinH. ah ipso animiim iiiiisquam hdeUigai, qui honymem, j)r()|)ter [)riieclaras ingenii dotes et iiidefessuni i)rovehendi Cliristi regni studiuin, odisse non possum, etiamsi graviter Lvdat. 8cd et de liis ])rox.[inièj pliira, ciim coràm forte auspicatiùs iiiter nos egerimus '\ Bene vale, mi frater. Bernœ 8. Jainiar. Anno 43. Salutat te Dn. Contzenus, queni volo conjunctissiminii persiia- deas tibi, item Beatus noster. Neiitri de te quicquam siiiistri in ment(Mn venit, ntcnn(iue a Yireto oftensi sint. T. SULTZERUS. (Inscriptio :J \'iro i)riestantiss. Dn. Joanni Calvino, Antistiti Genevensis ecclesiœ, amico et fratri suo conjunctiss. à leur premier article [de la teneur suivante] : Concilier les ministres qui ont des opinions contraires, les préserver des troubles et des innovations... Quant aux biens d'Église, mes Seigneurs n'ont agi que pour l'utilité publique et atin d'alléger les charges du pays. Les plaintes des ministres ne sont pas fondées. Plus tard, mes Seigneurs leur diront les causes qui rendent impossible l'obtention de leur demande. » « Jeudi 18 janvier. On a entendu les lettres de Viret et de ses collègues aux ministres d'ici, lettres dont Cimcenus se plaint vivement et avec beau- coup de bon sens. A senatu adprobavit literas. Elles sont transcrites. « Vtret est invité à produire l'écrit qu'il a lu dans le colloque [de Vevey\ Il s'explique, et il dit qu'il n'a rien composé que la lettre envoyée ici, et qu'il a conféré avec les frères en vertu de son office. Il n'a jamais injurié mes Seigneurs, mais il a toujours dit : « Nous avons de bons Seigneurs, qui se laissent contenter avec des raisons, ne credatur delaforihus. » Il a mis en lumière sa vie, qui s'est écoulée in summa tranquillitate, absquc obtrectatione; in negotiis vocationis se liberum esse, non seditiosum ; no]i inhiare bonis ecclesiasticis. Delatores, imjjatientes admonitionis, ista nioiiri, prpetcxentes bonorem magistratus, animo rabida ferocia ulciscendi cupido : homines ignavi et mate vitae, aliis imputantes quod ipsi faciunt. Se ])ri- vatiiii ni! majus aliis adtentasse... Ses collègues ont composé, avec lui, un traité sur la question des biens d'Église, non pour le ])ublier, mais pour l'offrir à mes Seigneurs, comme ils le feront encore, s'ils en sont requis. » (Voyez la suite à la fin du X" 12()0.J 246 JEAN CALVLN A OSWALD xMYCOMUS, A BALE. 1543 1197 JEAX CAL^TX à Oswald Myconius. à Bàle. De Genève. 1^ janvier 1543. Copie ancienue. Collect. Hottiiiger. Bibl. de Zurich. Cal. 0])p. XI, 499. S. Hic juvenis pro\nnqims est ministri cujiisdam quocummihi magna est familiaritas. Is me veliemeiiter per amicitiam nos- tram rogavit, ut lias tibi scriberem, quibus tibi commendarem suum propinquum in causa honesta. Focit in literis médiocres progressus, et quia videtur non ineptus esse ad majorem pro- fectum, si pergat, cupit eum frater ille noster ulteiitis promo- vere. Sed quia nec ipse admodum dives est, et puer magis adhuc est tennis, non potcst quod optât obtinere, nisi aliunde adjutus. Ergo si patrocinio tuo adjutus jjublicam istic oleemosynam' impetrare posset, tune ad reliqua sufficeret. Habel)it enim ali- quid pecuniœ cum ad bospitium conducendum, tum ad libros comparandos. Proinde, quoad sine tua niolestia et incommodi- tate licebit, peto abs te ut eum in meam gratiam juvare velis. Nam cum bonœ sit indolis, spes est eum aliquando utilem fore ecclesiae Dei, ubi in schola vestra fuerit institutus. Bene vale, frater mihi ])luriniùm in Domino observande. Dominus te et tuos omnes conservet ! Genevse, pridie eidus Januarias 1 543. JOANNES CaLVIMjS tUUS. (Inscriptio:) Dn. Oswaldo ]\Iyconio, Basilecnsis ecclesiae fidis- simo pastoi'i, fratri mihi in Christo plurimùm observando. ^ Au moyeu du fonds légué par Érasme de Bofferdam aux étudiants pauvres, et dont Bonifuce Amerbach était l'administrateur. loi3 LE CONSISTOIRE DE BERNE A PIERRE VIRET. 247 1198 / LE CONSISTOIRE DE BERNE ^ à Pierre Yiret. Berne, 19 janvier 1543. Inédite. Manusc. orig. Communiqué par M. le colonel Troncliin. (Traduit de l'allemand.) Nous LE Juge et les assesseurs du Consistoire de Berne, fai- sons savoir par la présente lettre, que M. le doyen, les jurés et députés de la Classe de Yevey nous ont dénoncé deux frères de la dite Classe, ]\EM. les prédicants Beat us (7o»ies à Lausanne, et Fo?-- timatus^, à cause d'une alïaire scandaleuse, et parce que ceux-ci auraient été trop badins dans leurs paroles, leurs manières et leurs actes à Végardde quelques femmes et tilles : du moins c'est l'accusation portée, le bruit public et le rajqjort des personnes qui se sont plaintes d'eux tout récemment, comme cela résulte des articles concernant les fautes de chacun de ces prédicants ^ fautes qui leur ont été reprochées en particulier K Aussi ont-ils été admonestés plusieurs fois, à ce sujet, dans les colloques, par l'ordre des frères, et exhortés à s'amender. Mais ces exhorta- tions ne les ayant pas détournés de causer aux églises un cha- grin et un scandale qui s'accroissent considérablement, [les sus- ' V'oypz, sur le Consistoire de Berne, le t. II, p. 245. On lui avait adjoint, probablement dès 1529, quatre meml)res du Conseil des Bourgeois. ^ Béat Comte, médecin et ministre, a figuré dans les t. IY-V7I, et plu- sieurs fois déjà dans celui-ci. Fortunut Andronicus, précédemment pasteur à Bevaix, comté de Xeu- châtel, ensuite à Orbe, exerçait le ministère à ViUeite, entre Lutry et Cully, au bord du laede Genève (V^oyez ses lettres, N°* 359, 415, 435, et les Indices des t. DI, V, VTI). Pareil à plusieurs de ses compagnons d'œuvre, qu'une vie de combats avait élevés et maintenus pendant quelques années au-dessus de leur niveau moral, il oublia, au sein du liien-être, l'iuimilité et la vigilance qui auraient été sa sauvegarde, et resta dès lors sans défense contre l'ennemi intérieur. * Ces Articles n'ont pas été conservés. * Dans l'original : undermunds, de bouche à bouche. 248 LE CONSISTOIRE DE BERNE A PIERRE VIRET. loi3 dits doyen et jurés] ont été contraints \mv le devoir de leurs serments et offices, de se décharger de [la cause de] ces prédi- cants et d'en référer à notre Consistoire, en nous invitant à examiner sMls sont encore capables ou non. et s'il faut conti- nuer à les tolérer dans les fonctions ecclésiastiques de la prédi- cation ? Là-dessus, chacun des inculpés a présenté sa réponse et répli- que, en affirmant qu'il n'est point coupable des actes spécifiés dans les Articles composés contre eux, et qu'ils sont fâchés de ce que les propos de quelques personnes aient été colportés dans des rues entières. D'ailleurs ce sont des choses dont ils seraient incapables. Ils disent ensuite, et spécialement Beatus Cornes, qu'ils se sont déjà justifiés de quelques accusations, selon la teneur de la sentence émanée du Consistoire de Lausanne"' ; qu'ils ont toujours reçu de bon gré les avertissements et les réprimandes des frères de la Classe et qu'ils se sont observés et surveillés autant qu'il leur a été possible. En outre, les faits qui ont motivé presque la plupart des plaintes susdites sont pardonnes et tolérés ; c'est pourquoi il leur semble que ces faits ne devraient plus être produits, et qu'eux-mêmes n'auraient pas dû être sou- mis à notre enquête. Tout cela nous a été exposé en longs discours. Nous les avons bien compris et nous avons été unanimes pour porter la sentence suivante : Attendu qu'il n'y a, ni pour Beatus, ni pour Fortunatus, aucun indice d'adultère qui puisse être invoqué contre eux, mais qu'ils se sont laissés aller à quelques paroles, à quelques manières et allusions trop libres, non-conformes à la bienséance, et qui surtout ne conviennent pas à des annonciateurs de la parole divine, — quoiqu'il ne soit pas avéré comment on a parlé d'eux dans le public, — Considérant, en outre, qu'ils se sont justifiés de quelques-unes, et même de la plupart des accusations émises contre eux, Nous estimons que les accusations ne sont pas suffisantes pour qu'ils soient déposés et privés de leur office, et qu'ils [peuvent] en conséquence rester dans leur service ^ Les procès-verbaux du Consistoire de Lausanne n'existent plus. II agissait très mollement et d'une façon intermittente, au dire de Yiret (V 1237). lo43 LE COiNSISTOlRE DE BERNE A PIERRE VIREX. 2-49 ecclésiastique et le continuer, — pourvu toutefois (ju^ils s"al»s- tiennent et se déportent des paroles et actions légères qui ont causé du scandale, et (pfils mènent une vie honnête. i)ieuse, et se conduisent comme il convient et sied à d'intègres directeurs, qui doivent exhorter, réprimander et enseign(M' les autres hommes. Nous le leur avons dit à tous deux et les avons l'éjjrimandés très sérieusement. P'.nsuite nous avons hien été d'avis que, dans le cas où ils donneraient lieu à de pareils scandales et à des médisances et ne s'amenderaient i)as, nous inviterions M. le doyen et les jurés de la Classe, eu vertu de leurs serments et de leur oilice, à abolir le scandale et à nous renseigner [sur ces pré- dicants], qui, dans le cas où ils ne changei-aient pas, seraient destitués. Mais nous voulons également déclarer ici, ([ue tout ce (pii s'est passé, plaintes, dénonciations, rumeurs, révélations sur l'un et Fautre, de ci de là, personne ne les mentionnera à Tave- nir pour porter dommage, mais que tout cela doit être et rester anéanti, aboli, éteint et interprété dans le nu^illeur sens, sans (juc l'un s"en souvienne ])our le dommage d'un autre, et que tous doivent vivre en bons amis et frères, avec bienveillance réciproque, s'acquittant de leurs offices et fonctions fidèlement et sérieusement. Ils serviront ainsi Notre Seigneur et Dieu, nos gracieux Seigneurs et nous ])articulièrement. Les deux prédicants sus-mentionnés ont déclaré se soumettre sans réserve à cette sentence, dont ils sont bien satisfaits.. C'est pourquoi ils en ont demandé une copie. Et nous la leur avons délivrée sous notre sceau, en présence (ÏAidlio)ti Noïl, Juge, de Gas]}urd Wisshawen, Conseiller, de Pierre Kiuitz, de Batt Gering, prédicants, de Nicolas de WatteviUe, Marti Zidouff, Vincent Gatis et Nicolas Scliorro, du Conseil des Bourgeois de Berne, le xix janvier, l'an xd'" quarante-trois. (Suscription :) A Viret". ^ Dans l'original : Vireft., mot terminé par un trait abréviatif. Viret et quatre de ses collègues étaient à Berne depuis le 14 janvier. 230 JEAN FATHON A CHRISTOPHE FABRI. A THONON. lo43 1499 JEAN FATHON à Christophe Fabri, à Thonon. De Colombier, 26 janvier 1543. Inédite. Autographe. Bibliothèque des pasteurs de Neuchâtel. Grâce et i)aix par Jésus, nostre seule justice, rédemption et sanctification ! Très-chier frère, si ly a [1. s'il y a] chose qui me console, c'est quant j'apperçoys la persévérance de vostre charité et dilection chrestienne, envers celuy que mesme ne la mérite envers vous, et quant par voz lettres congnoys vostre déligence au sainct ministère de la parolle du Seigneur. Lequel je prie nous y vou- loir a[s]sister à tous, et qu'en fidélité nous y merchions, comme appartient à droictz serviteurs de Dieu ; que les Judas cresvent et soyent confonduz et les ypocrytes manifestez, affin que l'on sçaiche soy conduyre avec telz comme y fault. Grandement nous avés consolez de voz honnes nouvelles, qu'avés entendues, comme je puis croire sansdoubter, de Calvin, qu'elles ne soyent véritable quant à Colongne et Munster \ Quant à Mets, pour ce que n'escripvez la sus tance de ce qu'il en a peu entendre, je vous advertyray d'itne partie de ce qu'en avons pour certain entendu. Mercredi passée arrivast le sire Claude Farel de vers nostre frère M" Ouillaume, lequel nous a apporté lettres du dict nostre frère, desquelles verres la coppie en briefz ^ par lesquelles serés consolés et congnoistrés de plus en mieulx les faictz et œuvres admiral^les de nostre très miséri- cordieux Dieu, auquel est parfaicte et consommée fidélité en ses ])romesses. Or pour ce (comme sçavés) qui[lj ne peult tout par la i)lume, quant yl a gentz fidelles, il leur donne charge faire le surplus. Ains sûmes estes advertys par Claudi Fareil comme ^ C'est-à-dire, quant à l'archevêque de Cologne et à l'évêque de Munster (N» 1210, 11. 3). ^ Le mercredi 24 janvier. ' Cette lettre de Guillaume Farel est perdue. 1543 JEAN FATHON A CHRISTOPHE FABRI, A THONOIV. 251 dès le commencement toutes chosos sont allôc en la dicte ville de Mets. Desquelles ne vous veux attédier fors que des plus nec- cessaires. Premièremc^nt debvons louer le Seigneur du grand conraige et sainct vouloir qu'il a donné aux Clirestiens, et que de jour en jour leur augmente, sans ([ue i-ien se |)ei'de, mais s'enfiembe tous les jours le feu de la Farolle, et ne doubtent ])oint tous les frères de i)ar delà (pie ('"est le bon vouloir du Seigneur qui veult qu'il brusle. Je croys qu'estes advertys de, la journée d'Empire qui se tient de présent à Francfourg'' où tous les Protestans s'ylz assemblent, et ont donnez les principaidx Princes ]irotes- tans et aussi des Riches villes^ asseurence aux fidelles de Metz, s'ylz se trouvoit à ceste dicte Journée, qu'ilz seroient receuz en Vaillance de tous les Protestans'^. Pour expédier donc cela entiè- rement à la dicte assemblée i)ar tous les dicts Protestans, s'en partirent dernièrement six des principaulx seigneurs de la ville de Metz, du nombre desquelz le seigneur eschevin' en est l'ung, * Erreur. « La journée d'Empire, » à ce moment-là, ne devait pas se tenir à Francfort, mais à Nuremberg ÇS" 1200, n. 9, 12). Il fut bien question de Francfort, mais plus tard. Seckendorf dit, en effet : « Occasione horum Comitioriim [scil. Norimbergensium] fœderati Evangelici separatas cousul- tationes habuerunt, Recessu d. 28 April. Norimhergœ conscrijjto... Acta... quîedam sunt de recipiendis novis, qui se in fœdus admitti petebaiit, sociis; sed dilata ad proximum conveutum pleraque, et hic Francofurti indictus, sed gravibus ex causis ad d. 25. Jun. Siiinlcalduc baliitus est. luvitati eraut Electoris et Landgravii literis uon solùm Fœderati, sed et reliqui Evangelici, quorum intererat paeem et libertatem in rcligionis causa conservari » (Op. cit. III, 417, 418). ^ Villes impériales. ® Les Evangéliques messins se faisaient des illusions. Ils ignoraient, sans doute, que le chancelier de la Saxe électorale, Grerjorius Voulanus, écri- vant à son maître (21 nov. 1542), avait approuvé l'avis de Luther, qui revenait à ceci : que l'affaire était trop compliquée ])our (ju'il osât se pro- noncer, et qu'il fallait la recommander à Dieu. Et, au mois de déceud)i-e, Cornélius Scepperus (ou Scheffer, 1, 205), conseiller de l'Emjjereur, avait écrit au landgrave de liesse, qu'il était à craiudre que Farel, profitant des circonstances, ne voulût livrer la ville de 3£etz aux Français (Seckendorf, ni, 399). On a vu que les Princes protestants firent cependant des démarches bienveillantes en faveur des Evangéliques messins (V 11()4. à la fin; 1176). Mais rien ne prouve qu'ils leur eussent formellement promis de les recevoir dans la ligue de Smalkalden. ^ Gaspard de Heu, dont les fonctions allaient bientôt finir. 252 JEAN FATHON A CHRISTOPHE FABRI, A THONON. loi 3 tous bien en ordre et de grand cœur à la Parolle. Lesquelz accompaignast le sire Claude Fareil, de Metz à Straushourg , pour s'en venir faire ung voyage par deçà®. Et, ce pendant que lesdicfs ambassadeurs et bons seigneurs de Metz seront à la Journée, a esté veu bon que M" Chdllaume se retirast de la vïlle^; et cest retiré en une ville nommé Goge^°, ^ Claude Farel était arrivé le 24 janvier (renvoi de n. 2). Or, il fallait environ huit jours pour se rendre de Metz à Neuchâtel. On peut donc placer vers le 15 janvier son départ de Metz, qui coïncida avec celui des ambassadeurs messins pour Nuremberg, et de son frère Guillaume pour la ville de Gorze. ® C'est-à-dire, de Metz. Suivant Fathon, Farel y était rentré au mois de novembre 1542 (N" 1183, n. 12); il y serait donc resté jusqu'au milieu de janvier suivant (n. 8). ^° Fathon avait d'abord écrit Gourse. Sur des cartes du XVll""' siècle, on trouve le nom de Gage (Gorze). Cette petite ville est située à 3 1. S.-O. de Metz, et à une lieue environ à l'ouest de la Moselle. Selon le P. Meurisse, évéque de Madaure, o. c, p. 66-67, Farel, ayant « demeuré deux mois et davantage à Montigny, » se trouvait à Gorze le jour de Xoël 1542, oîi sa « première boutade... fut suivie d'un assez plai- sant succès. » Pour avoir violemment interrompu, ce jour-là, le sermon d'un Cordelier, il fut maltraité par les femmes de Gorze, « qui se ruèrent sur luy, et à belles ongles luy arrachèrent les cheveux et la barbe, et le deschiroient d'une telle furie, qu'il ne fut jamais eschappé de leurs mains, si un capitaine nommé Henry Franck, qui commandoit dans le fort en l'absence du comte Guillaume, ne fut accouru ijromptement avec ses com- pagnons. » Le même auteur dit ensuite que Farel, remis de ses blessures, « com- mença... au jour des Roys, à prescher... dans la chapelle des Apostres, qui estoit dans l'abbaye de Gorze, et continua cet exercice jusques au jour de Pasques (25 mars). » Au mois de février ou de mars (toujours selon Meurisse, p. 69, 70) il aurait été vaincu dans une dispute de religion « par un célèbre docteur de l'ordre des Cordeliers, nommé Fidelis. » Meurisse n'indiquant pas la source où il a ]iuisé ces deux récits, et son témoignage restant isolé, on ne i)eut y accorder une grande confiance. Aussi D. Ancillon, qui fut pasteur à Metz de 1653 à 1685, n'a-t-il pas hésité à soutenir (op. cit. p. 65) que le « Sieur de Madaure remplit son Livre, depuis la page 66 jusqu'à la 69, d'un conte, dont on ne voit rien dans le Journal très exact de Farel*. » Et, p. 72, il juge « fort apocriphe » la rela- tion concernant Fidelis. * Ce dernier argument nous touche peu (\'oy. îs" 1168, n. 2). Ce qui a plus de valeur, c'est le silence des Chroniques vussines sur les incidents susmentionnés. S'ils s'étaient réellements produits, ils auraient frappé l'imagination des contemporains et se seraient gravés dans leur souvenir. lol;3 JEAN FATHON A CHRISTOPIIK FABRl, A TH(i>'O.N. 253 non hliKj de Meiz (toutesfoys elle est de la juritlicioii du Conte Guillaume "), oh le dld M" Guillaume faict grand édifice. Et cela à cause des machinations, embiîches et horribles tyrennyes dressées par ceulx desquelx bien con^noissés la practique : les- quelz plains de raige et possédés de Satan ne s^aivent plus où ilz en sont, et sy ont desjà em|)loyer de leurs larrecins tant et phis, pour trouver faveui' devers h^s groz princes et ])rincesses, pour estre despeschés'^ à tout le moings de M" Guillaume. Pour lequ(4 nous est neccessaire inster à grandes ])rièr(^s envers le Seigneur. Or avons-nous certaine espérance que, incontinent que les dicts, qui sont allez à la dicte Journée seront de retour et raiwrtuns V ac[c\e])tation des dicts Seigneiirs Protestans, — sans retardement quelconque, tout s'en ira par terre^'\ au hon plaisir du Seigneur. Souvent desjà 21" Guillaume a eu le peuple tout en la main pour tout ahatre^* ; mais la sagesse et prudence des aidcungs des principal dx a tousjours retardé l'œuvre, attendans mellieur moyen et principallenient l'asistance des Protestans et la réception en leur alliance : et ce pour éviter sédition et eifusion de sang. Sy ly a quelcung qui soit envieux ou niarry de la vocation de nostre très chier frère M" Guillaume, je vous laisse penser de quel esperit ce peult estre '^ Le bon Dieu le veuille corroborer en foy et vertu i)Our parfaire Touvraige qu'il Luy a pieu commencer par luy ! Quant au ])oint de Ecclesiie bonorum alienatione, pour lequel les frères"' sont à Berne, je jjrie au Seigneur leurs donner force et vertu par son sainct esperit, de constamment sans crainte de nul homme mectre en avant le trésor entièrement de l'Évangile deu au troupeau du Seigneur, (^t que connue Estienne n'a craint le grinssement des dentz des iniques'', qu(^ i)ar telle ^1 Voyez le X° 1216, note 8. Mûncli (Gescli. fies Hausos uiid Landes Fiirstenberg, 1830, 3 vol.) et son continuateur Fickler (Karlsruhe, 1847, t. r\^°") ne disent ])as un mot des di'oits que le comte Guillaume possédait à Gorze, ni de ses relations avec les Évangéliques messins. ^'^ C'est-à-dire, déb(trrassés. ''■'* Allusion à un i)rojet de renverser les autels et de détruire les images. ^'° Ces ])aroles semblent viser Jacques le Coq, ])asteur à ^Moriics. ^® Ceux des ministres de la Classe de Lausanne qui avaient été cités à Berne pour le 14 janvier. Ils y étaient encore le 25. " Actes des Apôtres, chap. vu, v. 54. 254 JEAN FATHOIN A CHRISTOPHE FABRI, A THONON. 1543 constance et sapience de Dieu l'on persévère en tel endroit, voyre jusque à la dernière gouste du sang. Vous priant nous advertir de la procédure par les premiers venans deçà. Au surplus, voz parens^^ ce portent très bien, Dieu mercy, lesquelz ce recommandent très affectueusement à vous tous, aussi voz hons amys de Bole^K Or, quant à ce que desirez avoir les trente florins pour en avoir quelque proliit, cela m'est ung petit rude. Toutesfoys quant j'entendz bien vostre bon vouloir, et que desirez le bien de vostre femme et de voz enfans, ne faicte[s] que vostre debvoir. Sur quoy j'ay besoingné avec eux, de sorte que l'argent est prest dès aujourduy, et avons advisé que, si vous voulez fournir aultres 30 florins, comme vous estes offers, trouverons moyen les mectre sus deux hommes '^^ de bonne vigne du meix^* de Loi/s Bailloz, qui sont en gaige. Mais nous craingnons qui n'y ait plus de 60 livres dessus : pourquoy vous fauldra pour le moing fournir jusque à 40 livres. La moi- teresse^^ communément vous pourra rapporte[r] ung muys de vin. 11 vous vauldroit beaucopt mieux employer là quelques deniers, et selon Dieu en i)0urrez jouyr et la conscience sauve, que de vous mectre à piller la paovre Église, comme font ceux qui quelque jour recepvront leurs gaiges-^ ainsi qu'ilz seront estes bons dispenssateurs en la maison du Seigneur, lequel ren- dra à ung chescung selon ses œuvres. Il vous fauldra, si voullés avoir la dite pièce de vigne, venir par deçà avec ce que pourrés d'argent, ou, si d'aventur ne vous estoit possible venir, l'envoyer par gentz fidelles d'icy à quinze jours pour le plus loing, à cause que, selon la loy du pays, y fault raimbre" les vigne déans lediesmenche des bordes ^^; aul- ^* Le beau-père et la belle-mère de Fabri, leur fille Claude et son mari André ***. i« Voyez le N" 1183, notes 25-26. *° Ou deux ouvriers : locution usitée dans le comté de Xeuchâtel pour désigner une certaine mesure de terrain. ^^ Synonyme de mas, pièce de terre. ^^ Vigne dont le produit se partage par moitié entre le propriétaire et le vigneron. ^* Allusion à Gérard Pariai, à Saunier, et à deux ou trois autres ])as- teurs qui avaient acheté des biens d'Église. '■''' Mumhre, dans le Pays de Vaud, de redimere, racheter au même prix un immeuble vendu par un parent (Cf. Ph. Bridel. Glossaire du patois). 1543 .IKAN FATHON A CHRISTOIMIE FAimi, A TIIONON. 2oo ti'cniciit n'y pcult l'on outrer devant iiii,i>- an. Et qnant et quant-'', sy vous ne pouvyés venir i)ar (lec;à, ou la sour Hugo- nete^'' (ce qui seroit bien expédient quy feissiés, s'ilestoit à vous possible), fauldroyt que envoyez quietance générale tant do vous que de vostre fenini(\ Mesnie si vous venez sans amenez vostre femme, André^^ m'a donné charge vous escripre qu(> ne deussié faillir apporter concentement i)ar escript et signe'" du notaire, que pouvés quictés et faire quietance de tous les bi(Mis de GuiUmime Bailloz, tant en son nom qu(^ au vostre. Aultrement n'est délibéré délivrer les dictz 30 florins. \'ons scavés comme voz arrêtz^'-* furent faicts : selon cela vous vous condnyr(>z. De mon coustel, tenez-moy i)Our cestuy-là qui ne s'espargnera en ce que congnoistrez le moyen vous pouvoir faire service. Car le vouloir avec le debvoir y est entièrement. Quant au sire Claude Farel, que desirez de longtemps qu'il fût au ministère receu, et qu'avés entendu qu'il estoit accepté, ce vous sont estées paroles données. comm(^ les aultres, etc. Je vouldroys que telz inventeurs mensongiers se meslassent de dire vérité ou de soy taire. A ma volunté que vostre désir fût bien acomply pour la gloire du Seigneur'^''! Pour ce que j'espère en briefz vous veoir par deçà, mestray fin aux présentes, vous priant vnillez faire toute déligence que venez, sy vous est pos- sible, tous deux, affin que Ton puisse fère tout le cas en Tordre qui s'appartient : priant le Seigneur, qui nous admoneste par rAi)ostre, que toutes choses soient faictes par ordre, qui[l] nous doingt grâce à tous d'y i)rocéder en édification. La grâce duquel soit avec vous! Salué tous les frères, vostre femme nostre chière seur avec Daniel. M" Thomas, M" ÉiumP\ mon cousin, sa femme, la mienne vous saluent grandement tous. De Columbier, ce 26 de Janvier 1543. Vostre entier et parfaict amy Jehan Fathon. (Suscription :) A maistre Christofle Libertet, ministre et pas- teur de l'Église de Thonon, mon très chier et singulier amy. ^^ En Suisse, le premier dimanche du carême s'ap])elait le dimanche des hordes ou des hmndans. Le soir de ce jour-là, dans certaines contrées, on allume encoi-e de grands feux sur toutes les hauteurs. ^® Et en même temps. i2o6 SIMON SL'LTZER A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1543 1200 SBiON SULTZER à Jean Calvin, à Genève. De Berne, 31 janvier 1543. Copie moderne. Coll. du Puy, t. 102. Calv. 0pp. XI, 501. Salve, mi frater. Pro minière tuo ' amplissimas habeo gratias : id quod cum multis nominibiis aliis gratiim est mihi, tiim eo potissimîim quôd à te proficiscatur, homiiie quem in Domino amo, siispicio atque colo. Silentium nt tam studiosè piirgares per Matthœum communem amicum^ nil erat opiis, ut qui, licet literarum tuarum avidus, œqui tamen bonique hoc intermissum officium facio, quod mihi etiam publico emolumento quod ex la- boribus tuis donatur, compensari abundè mihi conjicio. Adde quôd, scribas, taceas, meum esse te, et me tuum plané mihi per- suadeam. A Gatensïbiis ^ fratrïbns iKirîmi te arnicè mqm' acceptmn doJeo, tum maxime qiibd 'plusculùm sinistré s^ispicionis subesse conjiciam * ; alioqinn enim ohviis idnis te virnm tam ad commoda ijjsorum atque Ecclesiœ totins idtro exiiositum dehuerunt am- jjlecti. Sed enim hœc humana cum sint, non debent nobis into- leranda judicari, sed christiana nobisque digna patientia et ^' Hugonette [Baillod ?'] femme de Christophe Fabri, ^^ Voyez \-A note 18. ''*' Couveutions. *** C'est un iudice que Claude Farel avait fait d'assez bonnes études. '* Thomas Barharin et Eynard Piehon. * Sultzer avait peut-être reçu, non relié, le livre de Calvin contre Pighius. Nous disons peut-être, car il est difficile de comprendre pour quelle raison ce livre serait arrivé trop tard à la foire de Francfort, si l'impression en était déjà terminée vers le 26 janvier (N"" 1228, renv. de n. 1 ; 1188, n. -1). ^ Matthieu Blanch (N" 1161, n. 1)?' ^ La copie porte par erreur Cacensibus. Or, il s"agit ici des ministres de la Classe de Gex (en latin Gaium ou Giacum, cf. IV, 39, 112). ■* Sans doute à cause de la sympathie témoignée par Calvin à Sultzer et à Kiintz, dans leur différend avec Érasme Ritter. 1543 SIMON SULTZKR A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 257 a'qiianiinitatc supcraiula. Atqne uthuim occasio offeratur ali- qnando tihi, qua jwssis cum ])rocere uuo ant aUero ex nostris Jiimiliariks et coràm agere, quô adpareat, verè ctiain aiiiiiiis consi)iraro qiios in doctrina Religioiiis niliil (liscre])are ego (jui- clem judico : ot tiiiic ad rem ', si (|uid i)ra'stare ego possim, non sine conatu sodulo affutnrus. Cnpio ciiiiu ex aninio iisconvenire in Domino quos eadeni professio, idem niinistoriiim jungit, Valetudo subindc adversa, licet niilii tcciini commnnis sit, tamon tua me magis (luàm mea sollicitum lialx't, ncqiic id una ex causa, Dominum igitur priecor, uti misericorditor utrunKiuc restituât ecclesiie, donetque ut rollaboraro ipsi cum fructu va- leamus. De Bucero anxiè inquiro, sed niliil accipio sescjui jam monse : uxor iilio eum recens nato locupletavit ''. Brunsuicettsis varia consilia nioliminaque in vindictam Protestantium archi- tectatur ' : unde sil)i potissimùm Memmwgenses ^ timent. latet- que sul) uno clypteo ingens Pontificiorimi caterva. Sed potens est Dominus inipiorum consilia dissipare : nec doi-miunt cordati et Principes et Imperii Ordines. Norinhergensia comitia ^ ob Turcani instituta, nescio quid parturiant : paritura certè niliil jiutantur quod ad incolumitatem orbis Cliristiani faciat. Gesar Concilium Tridetdi institntum '" parîim fertur adprobare. (|U(jd Pontificem sus])ectuin habeat, ceu (mm " G * Ao)/io Ihtleario, célèbre humaniste, né ù Véroli (État de rÉglise), s'appelait primitivement Antonio dalla Paglia. Pendant plus de trente années (1534-1566) il enseigna la littérature classique à Sienne, à Lucques, à Milan, et sa correspondance nous ai)])rend qu'il entr(>tenait des relations d'amitié avec les liommes les plus distingués de l'Italie. Ses convictions religieuses lui valurent à Sii'ime, vers la lin de 1542, un procès qu'il gagna à force d'éloquence, mais dans lequel il fit des aveux qui le jH'rdirent plus tard. Voyez, en j)articulier, dans l'édition de ses Œuvres (lense, 1728), p. 92, le morceau commençant par cette phrase : « Cum Gennanis me sent ire dixi.sti, » et p. 102, le passage suivant : « Nihil est me beatius, Patres Conscripti, neque enim puto christianum esse hoc tempore in lectulo mori. Parum est accusari et deduci in carcerem : virgis caedi, reste suspendi, insui in cuUeum, feris objici : ad ignem torreri nos decet, si his suppliciis Veritas in lucem est profere}ida. » Il fut arrêté à Milan (1566) et conduit à Home, où après trois anné<'S de rigoureuse captivité il snbit la mort, le 3 juillet 1570, à l'âge de soixante- dix ans. (Voyez, sur ses ouvi-ages et sur les circonstances de sa vie, Crespin, éd. de Toulouse, m, 843-849. — Le P. Nicéron, XVI, 53-65. — Morhof. Polyhistor litterarius, éd. 3», p. 281. — Bayle. Dict. — Maccree, j). 140 — 146, 332-340, 462, 463. — J, Bonnet, Aonio Paleario. Étude sur la Réf. en Italie. Paris, 1863.) Naguère on lui attribuait assez généralement le célèbre Traité des bienfaits de la mort de Christ: mais selon Ranke, Ben- rath, etc., le véritable auteur serait un moine sicilien, Benedetto de Mantova (Cf. Alfonso et Juan de Valdès, par Manuel Carrasco. Genève, 1880, j). 92- 96. — Etienne Chastel. Hist. du Christianisme, IV, 135). * N'ayant pas vu le texte ancien, qui est rempli de fautes, nous avons adopté presque toutes les corrections proposées par Sclielhorn, par Ch. F. Illgen (dans un écrit spécial ])ublié à Leipsic en 1832) et par les nouveaux éditeurs de Calvin. Nous adoptons également la date indicpiée dans l'édition de Brunswick. * Le nom de ce « serviteur de ,Iésus-Christ » nous est révélé ])ar un écrit de Paleario découvert en 1596, ])ublié à Leipsic en 1606 {Cres|)in. III, 843) et qui est intitulé : « Aonii Palearii Verulani Aciio in Poiiti- fices Homanos et eorum asseclas, ad Imperatorem l'omanum, Keges et Principes Christianse Reipublicse, summos GOcumenici Concilii pra'sides, conscripta, cum de Concilio Tridenti habendo delilieraretur ■■ {y\\. 225-438 de l'éd. de léna). S'adressant d'abord aux dépositaires de la susdite Actio, il leur dit : « Meae litterœ unae atque altene ad Helvetios et Germanos annis sujierio- ribus scriptse sine prœfatione nominis, quse spes, (judd consilinm. qui 262 [AONIO PALEARIO] a LUTHER, MELANCHTHON, BUCER, CALVIN. 1543 vel niincii multonim quàm meœ literœ (mira est enim iiiopia tabellai'ioriim lideliuin, et mereatores qui istuc ire coiisueverunt timoré perterriti sunt, quôcl omnibus locis excutiaiitur), tamen vel quia serae sigiiificationes certissimœ sunt, vel quia quod ego sentio, cupio vos scire, neque vauum neque abs re visum est, si quem invenero qui adferat, aliquid ad vos literarum dare. Ponfifex Romanus mirum in modum se parât atque expedit, ut cum primùm potest Bononiam proficiscatur \ Incredibilem dïligentiam adhihet ut onines sui instructissimi ad diem adsint. Ex omni numéro delecti sunt aliqui, quibus mandatum est, ut octavo Cal. Aprilis Tridenti sedeant, caeteri curiales sequantur. Qui non sequentur, hostium loco habebuntur. Ea de causa pu- blicae literae scrii)ta^ atque impressae typis, jussumque ut per lictores in valvis templorum afRgantur. Midti in urhem conve- nere, nt ostendant se imperata facturos. Ah his curatur diligenter ne quid desit quod in vos possit excogitari. Ipse Poniifex, qui id setatis non satis tirma est valetudine, ne nocturmim quidem teni- pus sibi ad qiiietem reUnquit. Magnam copiam considtormn hahef, quibasann ad midtani nocteni sennonem producit : interdum au- tem jurisperitos, aut usu rerum probatos, aut astutos homines, addite autem, si vultis, improbos consulit : nonnunquam sophis- tas theologos aut pliilosophos contentionis cupidissimos advocat, orat atque obsecrat, ut in communcm curam incumltant, et in hoc Concilio de niajestate Ecclesiae Romanae, deque fortunis om- nium episcoporum et summorum pontificum agi putent : nun- quam laboris et industriîe pertœsum iri, si ad disserendum contra vos sint acuti, ad dicendum uberes ac copiosi. Hos uhi aniiiii mei sensus fuerit, siguificarp potuorunt. » En prévision de sa mort, il a écrit un livre qui est un acte d'accusation contre les Papes et une confession de sa foi personnelle. Suivant les circonstances, les chefs des églises de Suisse et d'Allemagne le feront présenter au libre Concile attendu depuis si longtemps, ou bien ils continuei'ont à le garder en dépôt. L'acte d'accusation se compose de XX Articles ou Testimonia, et VAcfio proprement dite (pp. 253-438) en est le développement. * Voyez, à la fin de ce N", les paroles adressées à Calvin. ' Selon Sforza Pallavicini (Istoria del Concilio di Trento. Roma, 165fi- 57. II. 154), le pape Paid III partit le 2fi février 1543 pour Bologne, où il devait rencontrer rEm])en'ur. Mais celui-ci n'y vint pas, et ce fut seule- ment le 21 juin qu'il eut, au château de Busseto, dans le duché de Parme, une conférence avec le pape (Voyez Paolo Sarpi, I, 186, 187). lol3 [aONIO PALEARIOJ a LUTHER, MÉLANCHTHON, BUCER, CALVIN. 263 satis accensos atque incitatos vidit, convertit sese ad (tiif/eudum CoUegium suoxuni : in quod heri decem et très cooptdvit, duos p-ieterea dixit esse des^ignatos. Nolito ^jiufi-orp, quàm iiobis, qui pro C'iiristo emori possiimus, stomaclium k'œvii.^am (luidli oc est ttisi (imhitus, nisi largitio ad Concilinm corrumperidum ? Quid istiic in lucntcm veiiit V nisi ut aucui)etui' f?ratiain coruni honii- num qui pileo accepte libcrtatem vcndiderunt, ('ni])ti oa. causa ut abalionont à vobis, imô abducant à cognitione voritatis Ciesa- rem et reges, quos, credo, existiniant truncos aut lapides esse, qui I18PC neque audiant neque intclligant Episcojjum Concilio in- dicto struere lias sycopliantias, connnoliri hos dolos. Nec stuiti neque insani sumus, ut huic et asseclis ejus nos ipsos et Christi causam conimisei-inuis. Xon est, non est, mqimm. judicium com- mitteiidnni ciqnditati einscoporum, qui veliiti unum qnoddam corpus conficiunt, cujus caput est Pontifex Romarms : membra omnia capiti annexa atque alligata inserviunt : hoc si laboret, onmia fulciunt atque sustinent, quôd ejus vita sentiant, se quo- ([ue j)ei'coniniodè vivere. Ejus regnuni non est iis, ut quis forte l)utat, odiosum, quôd minimae etiam corporis partes in id adspirent. Sunt in Germania episcopi quatuor, aut ad summum quincpie, boni, integri viri, peritissimi rerum divinarimi : sunt in Helvetia très, suntfortasse in Italia duo, à quihus bona omnia possmmis expectare. Vel [1. Sed '?] quantum est, in tanta multi- tudine imperitorum et cupidorum liominum, quorum adulteria, incesta, corruptelae, sujjerbiie, dominatus, ssevitiae, cujjiditates inexplebiles, et maxima non Christiani animi indicia perspectis- sima sunt. Ego quidem non video, si Pontificis et episcoporum judicio standum sit, alias nos habituros sanctiones, quàm eus ipsas quas illi semper probaverîmt'^, ex quibus summani dignita- tem et incredibilem censum, atque adeô non modo in nos, sed in Cicsares et Reges Principesque universos summum imperium, ® On trouve un passage pivsqup identique dans le XX""' te.slinioniuni du livre do Paleario, éd. cit., j). 242 : « Cum tottantasque ahoniinationes, abusus, incommoda, offendicula, prspvaricationes invexerint pontilicps romani, col- legse et asseclse eorura, — in iis i])sis dijudicandis pontifices romani, col- legae et assecl» eorum judices esse non debent. Quis enim nesciat. si eorum judicio standum sit quilius ille stipatus sedet. quos ipse sibi adesse Jussit, tanquam membra sui corporis, tdks nos faibtturos satidiones quales ilU semper probaverunt '^ » 264 [aONIO PALEARIO] À LUTHER, MÉLANCHTHON.BUCER, CALVIN. 1543 imô verô tyrannidem iniqiiissimam sibi constituerunt. Horum commune consilium est ut \)V0 his tanquam pro aris et tbcis pugnent. Veterem, aiunt, consuetudinem conciliorum et morem antiquissimum non esse immutandum : neque Cœsarem neque Reges posse eos adstringere novis legibus. Id si detur, negant in conciliis i)otestatem suffragii aliis esse quàm sibi. Disserant, inquiunt. quantum velint. Sunt nobis opiniosi et contentiosi homines. U])i diu fuerit concertatum, episcoporum judicio stan- dum est. His rébus elati atque inflati, ita de Concilio statuunt atque decernunt, quasi de parta jam explorataque Victoria. Exis- timant enim. nos confessos [1. confossos?] praedamnatosque eorum sententiis ad judicium venire, in quo ex urbe usque quam attulerunt déclarant in vos voluntatem. Quid ergo ? dicetis. I» Concilium non est veniendwn '. Modo Turca quiescat et spes pacis in quam venimus nos non fallat ^ ! Pi'iùs tamen diligente); pro vestra sapientia, cogitare et prospi- cere dehetis, quidmali quant umv e periculi inferre 2)ossif jjotestas hsec episcoporam cornijitissimoruni , si eoriimjudicio standnm sit, quorum causa agitur. Horum bominum audaciam, impudentiam, iniquitatem Liciniie leges anticiuissimoe et sanctissimœ retun- dunt. Licinia est lex \ atque altéra ^butia, quae non modo eum qui tulerit de aliqua curatione ac potestate, sed etiam coilegas ejus, cognatos, affines excipit, ne eis ea potestas curatiove man- detur. Etenini si populo consulis, '-eniove te à suspicione tui commodi. Fac fidem, te nihil nisi populi utilitatem et fructum quserere. Hae leges, quae antiquissimas et aequissimae sunt, pe- tendae. et summa contentione a Cassure et Regibus i)rincipi- busque civitatum orandum, ut miseris perditissimisque tempori- bus in tanta corru])tione episcoporum firmissimae babeantur. Sexcenta sunt quibus cavetur et ostenditur, neminem in re sua judicare œquum esse. Qua in re imitari (ut aliàs '" ad vos est scriptum) debemus Cassianos judices ", quterentes cui bono sit. '"* Dans la première phrase, Paleario devance la réponse des Évangé- liques ; dans la seconde, il semble énoncer son idée j>ersonnelle. ^ Ici commence une citation de Cicéron (2' Harangue sur la loi agraire, chap. VIII). Elle finit, deux phrases plus loin, à fructum quœrere. On la retrouve dans les Palearii Opéra, p. 65. 10 '\ 12 Allusion à une lettre de Paleario qui est perdue. " Cassiani judices est l'équivalent de judices severi. <• Fuit quidam lo'i'S [aOMO l'ALEAlUtij A LUTHER. .MÉLA>iCHTHUi\, Bl (JEU, CALVIM. 265 Aniion vidonms (iiiam grandoiu iis institutioiiihus ixM'nniani. quos cousus, quom qiui'stuin. quù' régna ad sa'viticiii. iniinaui- tatem. luxuriam. sibi, merotricil)iis, i;oiicul)iiiis. propinquis j)os- toi'isquo ooi'uni his saiictionibiis licentiaciiio conçilioi'iiiu coui- parai'int V Lustrat/da ergo oninia animo stiut qu'ibus coitcilinm sancfiim, solenne, inteqrumAt'CorriqÉum essepossit. Nemo i)ropè dubitat. Pontificom Roinamnn et ojus asseclas at(iiie ei)iscoj)os <'o si)ii'itii adduci atciuc agi. ut ])er eoi'unimpt scntoutias firniou- tur eoruui n^gna. census et quîPstuosa', traditioues. Nihil est igitur quod dicaut. in spii-itu saneto convenire se atque congre- gari in n()niin(> Christi, (lui nihil minus jussit (luàni divitiis inhiare, et pro i)riniis cathedris, pro(iue hisce rébus suos cogi. quos ne vestitus. ne eibi quidem voluit sollicitudine teiicri : quil»us. cum eorum duo aut très convenissent. se atî'ore recej)it. Q}iid mihi et frafrihus quïbusdam, dmn in eam cogitafionem incubiiisseniKS, in mentem venerit rolo commemorare. Id. etsi non longé abest al) eo consilio quod superioril)us annis ad vos scripsi '^ eo tamen magis placet quod dignitatis autoritatisque episcoporum sunnnam rationeni habere videatur : tuni quôd ej)is('opi, si boni, si j)ii viri fuerint. diligenter nol)is colendi sunt atque observandi, tum ut eorum dignitatis ratione habita, quid- quid Principes i)etierint faciliùs assequantur, tum ut inter nos atque illos minimum irarum relinquatur. Id taie est : Si jussu Cœsaris, regum principumque. civitatum m Britanma, Gallia, GermaniUyltaHa, Hispaniis cseterisque provinciis (ina- invocant nomen Domini nostri Jesu Christi, delectus habeatur ex iis (jui rerum divinarum bene ])eriti quàm minime sus])icionis et pon- tificiœ corru])tela^ affines sunt. Prinius deh'ctus per civitatc^s sanctœ I)ei ])lebis sit : j)lebs quos deh^gerit, déférât ad j)rima- rios viros. Primarii videant. qui hi sint quos j)le])s elegerit. Duo legati. alter plebeius, alter patricius. différant ad Cxsarem et rege.s nomina electorum. Quos omnes ul)i PrincijxN jusserint convenire, sex vel septem ex singulis j)rovinciis parem omnino numerum hominum selectissimorum statuant. Pontifex deinde atque episcopi ex onmiluis ejjiscopis duodccini ('pisco])Os legaiit L. Cassius satis severus judex, qui in cognoscendis criiiiiiialibus causis illud in primis quapn^iduin osse diroliat, cui hono fiiissct, pin'irc oum do cujus morte qua;reretiir ■> (Facciolati. Totius latininatis Li'xicoii). Voy. aussi Bayle. Dict. hist., article Cassius Longinus (Lucius). 266 [AONIO PALEARIO] A LLTHER, MÉLAÎSCHTHON, BLCER, CALVIN. lo43 s])octatte vita? et sauctitatis, qui maniis imi)onant iis Icctis viris, orontqiio super eos. ut ac'cij)iaut virtuteni supervenientis sjjiri- tus. Hi tirmissinii judices omnium contentionum statuantur a PoHtifice, ab episcopis, a Césure, à regibus princij)ilnisve civita- tum : qui sul)scribant ac recipiant, sese, quidquid il judicaverint, statueriut, declaraverint, firmissimè aequè omnes accepturos, curaturosque ut pro indultitatis habeantur. Mox decreto amplis- simo facto (quo caveatur iis cpii ad conventus peragendos aut ad dicendum venerint, qui(iui sunt) Pontificis, episcoporum, Cfesaris, rogum priiici])umqu(^ civitatum uomine jussuque pro- nuneietur ut, quoniam in sancta synodo libéré agendum est, consultum sit ut libéré quisqu(\ sine metu, sine periculo, i)0ssit dicere, et ut promissi Pontifex, ejiiscopi, Cœsar et reges i)rinci- pesque civitatum se sponsores dent exsolvantque legibus omni- bus, edictis, senatusconsultis, ])œnis et censuris omnes qui aut dixerint aut scriptum dederint apud hosce lectos viros, qui in loco ad agendum i)arato cum Pontifice, episcopis, Cœsare et regibus principibusque legatisve civitatum sedeant, audituri orationes, si qucV liabelmntur, tam harum quàni illarum partium: quas postea jubeant sibi dari scriptas. Primo loco dicant vel promotores Concilii, vel qui veluti accusatores causam contro- versiœ statuant, vel petitiones adf<>rant : secundo advei-sarii respondeant. Eorum accusationibus acceptis, si qute disputanda videbuntur, apud hos itidem disputentur. Post conflictum sem- per scribi pétant cum argumenta tum resi)onsa. QucT omnia ulii lectissimi sanctissimique viri viderint et legerint, et non modo oculis sed aninio quoqu(» perlustraverint atque perpenderint, videant ne quid detrimenti Evangelium, doctrina aj)ostolorum et resi)ublica Cliristi caj)iat. Qiiam unam ob rem declarandam invocato sj)iritu sancto libéré ])ronuncient statuantque quod gloriie Christi sit bonum felixqu(^ pojjulo Christiano. Hoc consllium cogitât umqxe, quale quale ost, j nsseriint fratres ut ad vos scriherem. Si placehit, ejns vos necesse est moderntores esse atque duces. Haec enini miserrima et gravissima fortuna Italornm est, (judd neque à quibus im])lorent auxilium habeiit, ncquf» si liabeant licet, Helvetii, qui abalienato sunt animo a Ba- ttijloida ronuiHa, per legatos à rege GaUis esse sequutiiros : l'clicturos se, sive (l(>stituti, sive adjuti fiierint, ea de re publieum niommientuni lil)ens |)ost(>ris(|U(' eonim [1. suisV|. (ieniunù pii a défibre iiullo negotio iiiipetra- biiiit, si precibiis et obtestatione coiitendatur. ut queni iinpera- toreiu tôt aiiiios tidelissimè se(imiti siut. cjus ope liceat Christi caiisain iniserè oijprcssaiii sublevare. Britanniie regem, qui alieno auinio in pontificf^s roiuauos esse dicitur, sollicitare literis pos- sunt cum Helretii tum Germani, ut in liane sententiani veniat, et connnune consiliuni non sj)ei-nat. Hœc omnia tam hona, fam cxpedata, fratres, taniquo idU'ui, iniô verô necessaria Reij)ublictB Christiante, vos asseciitos video; si qmis inimicitias haheiis, Christiana pietate deponatis. Adt'er- tur enim ad nos, nec obscuro nec vario sermone, magnas conten- tiones dissensionesque esse inter vos, quibus discrepantes non in unani sententiani, sed ne in eundem loeuni possitis convenire. Hem fratres! date Jioc CJiristo nostro salteiu pro temjjore, ni unà concurratur, ne impetum snsiinere possitit udversarii. Si tottan- tosque ahiisus romaine Bahyloiihe anà rejecistis,sipro apostolicis institatis servandis defendeiidoqne Evangelio una mens est, idemqne animi vestri senstis, quid ummi avt ad summnm nlte- ram caput vos tantopere distraliit ac disjnngit f Adversarii instructissiini, potentes atqut^ unanimes in vos feruntur. Colli- gite vos per Jesum Christum, ne si illi viccriiit, euin j)Ostea vohieritis, non sit Christi resjiublica quain juvare ac tueri possitis. Defendenda suiit niulta ista qute sujierioribus aniiis pulchre illustrastis. Rejici(Midi superandique in Coneilio hostes Evangelii. Si qua interpretationis varietas in aliqiio est capite scriptorum divinorum, ne confodite vos. Umtsquisque in sao sensu [non] ahimdet. Dahit, dahit postea. Deus pater Domini nostri Jesa Christi ut in iis qiioque in quibus nu ne contentio est, idem aliquando sentiatis. Suseipit(^ intérim, defcnditi^, tuemini ea de quilius non errantem et vagani, sed staltilcm c(M*tam(|ue sententiani lial)etis. Quos animos sumpturos putatiseos liomincs qnos in Italia, Galliis atquc Hispatiiis scrijitis vestris excitas- tis, si audierint Germanos non modo non esse dissipatos (quod l)riino quoque verbo objiciunt adversarii, quôd non sit dissen- sionis Deus), sed iis Britannos atque Helvetios esse ronjunetos? Quid reges et principes V Annon putatis rationeni habituros tantarum nationum V Quae si impetrabunt ut non apud corruj)- 268 GUILLAUME FAREL AU DUC DE LORRAINE. 1543 tos, sed saiictissimos ot œqiiissimos juclices, omnes œquè sine metii, sine periculo, possint dicere, non dubitandum [est], sa- crum, solenne, integruni, incorru])tuni concilium nos liabituros. Id ut ab Imperatore, regibus, principibusque civitatum prece admoniti obtestatione petatis, si Resp. Christiana loqui posset, vos vehementer etiam atque etiam rogaret. Hoc consUium quoniam expendi desideramvs à te, a Bncero, a Mela)ichtlw)ie, a L}dhero, ohsecraimis, Calvine, per Dominuni Jesum Christum, nt ad eos singulos harum literamm exempla 2)erferri diUgentissimè cures. Ad quos si me?e literae priùs quàni ad te pervenerint. nihil erit niii'andum, si ab iis quoque eat exemplum ad te et Helvetios nostros. Misimus enim banc epis- tolam per alium tabellarium ad Bucerum : quie si ad homineni perierretur, oravimus ut exemplum mitteret ad te. Vale, boue et fidelis ministev Jesu Christi. ComnKMKlo tibi conservum nos- ti'um Berimrdinum Ocliimim. Quibuscunque eum rel)us juveris. Cliristum juveris. Yale. mi frater. 1203 GUILLAUME FAREL au Duc de LoiTaiiie. De Gorze, 11 février 1543. Imprimée. Genève, 154.S '. (Extraits) A très illustre et excellent Prince, Monsieur le Duc de Lor- raine. La grâce, paix, salut et miséricorde de Dieu, nostre bon Père, par Jésus son seul Filz, nostre Seigneur, en la vertu du sainct Esprit, vous soit donnée ! * Elle i)ort(' co titre : EPISTRE | envoyée av dvc | de Lorraine, jiar Guillau- I me Farel, Preschcur du | S. Euangile. | a geneve, | par lehan Girard. | 1.54.S. 1 Très petit in-S" de 118 pp. Selon la France protestante, ;irticle Farel, cette Éj>ître aurait été réim- primée par Crespin dans les Acten des Martyrs. Nous en doutons fort : elle est absente de Sédition très complète de Toulouse. 1543 GL'ILLAL'ME FAREL AU DlC DE LORRAINE. 269 Très illustre et excellent Prince, Ihonneur et révérence et la grande aftection que je porte à la saincte Puissance ordonné(> de Dieu, et au éminent et haut estât ai^quel Dieu vous a appelle, m'incite à prendre hardiesse, et de ne tant ci-aindre de m'adres- ser à vosti'e hautesse. pour la considération de ma jietitesse, mais plustost à penser et à tascher en toute manière, qu'on peut servir à si noble puissance comme est la vostre, en Thonneur de Dieu et le bien d'icelle.... attendu aussi que, de toute ancienneté, la no])le maison de Lorraine est louée de bénigne» facilité, et de promptitude fort humaine, i)0ur i)r(mdre tout en bonne» paît et ne rejecter ce que de bon cueur est présenté : et singulièrement vostre personne, tant noble et bénigne, de ce en a le renom par- tout-. Parquoy, espérant que mon escrit, qui, comme Dieu s(;ait, procède d'un cueur qui ne désire, après Phonneur de Dieu, rien tant que la maintenance et bien des puissances et seigneuries, sera entièrement leu et bénignement receu en bonne affection et droict jugement, au nom de Dieu l'ay entrejirins. Il soit le bon plaisir du Seigneur des seigneurs en donner bonne issue en son honneur et gloire ! Mon seigneur, je ne doubte point, que depuis que jjar la grâce de Dieu je suis pervenu auprès de vostre pays, que parolles en sont venues jusques à vostre seigneurie, et me doubte, que tout ainsi que partout oîi j'ay esté, Pon a semé de moy choses, que si elles estoyent véritables, il vaudroit troj) mieux que je ne fusse jamais nay,... aussi qu'à vostre excellence on n'ait dict sem- blables : car quasi d'une mesme sorte mes adversaires ont tasché ])artout de me rendre détestable à tous; mais Dieu, de sa grâce, a monstre la ve^rité. Premièrement, ont tasché de semer de moy,... que je tasclioye d'ahoUr tontes xyaissances et seigneuries, toute justice et police, et que je vouloye confundre tous estas, en procurant que tout fust commun et (lu'il n'y eust rien de jjropre, et qu'on ne fust su])j('ct à i)ersonne, ne tenu i-endre ne droict ^ Le duc Antonie, né le -t juin 1 ib'J, était le troisième dis de lii'ité II, duc de Lorraine, qui s'était allié aux Suisses et avait vaincu Charles-le- Téméraire à Nancy. Il fut élevé à la cour du roi Louis XII, qu'il suivit en Italie. Il succéda à son père le 10 décembre L508. Ses sujets l'aii])elaient le bon duc, et Brantôme le qualitie de « très lif)mme de bien, jtrince d'hon- neur et de conscience •> (Voyez Moréri, art. Antoine. — René de Bouille. Hist. des ducs de Guise. Paris, 1849-50, 4 vol., I, 40-41). 270 GUILLAUME FAREL AU DUC DE LORRAINE. 1543 ny obéissance, ne de payer censé, rente, dismes, tribntz, ne chose qui soit : [ce] qui seroit faire de la terre une briganderie et une confusion plus qu'infernale, si la puissance du glaive estoit abolie. Et, pour iulns me faire détestable,... Hz ont faict courir le hruyt,... quejem'emjilofjoie à destruyre du tout la saincte Église, à tirer tous hors de la Foy de nostre Seigneur, en pres- chant contre icelle et enseignant perverse doctrine, contraire à la Foy, condamnée de Dieu et de l'Église.... Jamais n'advienne, très excellent prince, que le Seigneur des seigneurs... me délaisse et m'abandonne tant, que je vienne à celle povreté d'ainsi résister à Dieu,... de vouloir abolyr les puis- sances et l'ordre et police qui est de Dieu, et tant nécessaire, que mesme les espritz (Miragez qui ont i)arlé contre icelle et qui ont volu destruyre le glaive, ont esté constraintz d'en dresser entre eux. Certainement, /«^ tasché dès le commeu.cement qu'il a pieu à mon Dieu mappeller à porter sa saincte parolle, de priser, lionnorer et magnifier ce que Dieu veut estre Jionnoré et j^risé.... Et ay monstre à ceux qui disoient estre trop chargez, et qui avec regret ])ayoient cela que la seigneurie reçoit, que ainsi que la chose estoit constituée, qti'en bonne foy Hz dévoient... toutx)ayer : rentes, censés, dismes et antres charges, et que les détenir est lar- recin Et n'y a rien en quoy je n'enseigne qu'on obéisse aux seigneurs, fors avec sainct Pierre, et (comme tous le confessent) il le faut, quand la puyssance commande une chose que Dieu défend, ou si elle défend ce que Dieu a commandé, que lors il faut plus obéir à Dieu qu'aux hommes. En toute autre chose, il faut obéir, ])riser et honnorer les seigneurs que Dieu nous donne, quelz qu'ilz soient.... Et nostre bon Dieu m'a tellement assisté par sa grâce, que là où il [s'Jest servy de moy, maintenant la puissance a son lieu sur tous, et n'y a personne qui ne responde à la justice, et qui ne soit chastiable et soul)z le glaive, qui a lieu en l'église de Dieu, non-seulement en la ])articipation des sainctz Sacremens, mais aussi pour la police, et ce qui sert à l'entreten- nement de l'Église, et si sont obeys les seigneurs, et ont et reçoyvent ph^nement ce qui vient à leur seigneurie. Parquoy, m'imposer telle calumnie, est trop évidemment contrevenii' à toute la saincte doctrine qui a esté preschée par moy, et à tout l'eftect qui s'en est ensuyvy, à parler contre toute expérience. Mais, si la cahimnie de vouloir anéantir dît tout les puissances lo43 (iUILLAlME FAREL AU DUC DK LORKAINE. 271 est gramle et plus qu'importahle, encore est trop plus (/raiide celle qu'ilz m'mvposent, c'est de destrnyre la Foy, tout ce qui est de Dieu et son honneur et service, le mespriser, et la vierge Marie et tous les Sainctz, et tout ce qui doit estre observé et gardé en rÉglise Clîrestienn(\ Sacremens et toutes ordonnances de Dieu. Mais, très nol)le Vv'\\\ç.(\pour cotignoistre et juger s'Uz disent vrag ou )>ori,je n'en veux autre juge que vous : et non- seulement vostre Seigneurie, mais tous ceux (jui ne veulent ré- sister à la manifeste vérité de Dieu, et, si l'on i)ovoit veoir la conscience, aussi le jugement de noz adversaires, tant est la chose claire et évidente. Qui est celuy qui osera dire, qu'on dés- ir uise et qu'on contrevienne à la Foy et qu'on enseigne contre icelle, en mettant en avant, proposant et enseignant ce pcvr quoy elle a esté plantée et conservée? Or, nous conf(^ssons tous que la Foy a esté plantée et fondée par la pure j)rédication d(> l'Évan- gile, et par celle mesme a esté conservée et entretenue. Puis (i[ue la Foy est par Touye de la Parolle de Dieu, laquelle est propo- sée, afin que tout homme se recongnoisse i)écheur devant Dieu et digne de mort, non point seulemcnit tem])orelle, mais éter- nelle : et [que] en détestant son péché il se retourne au Dieu vivant, en recourant à sa très grande miséricorde, luy requérant l)ardon, grâce et mercy, et ce au nom de Jésus, nostre bon Sauveur..,. ^ Qui osera dire que ceste doctrine ne soit la pure doctrine de la Foy vive, contenue en la saincte Escriture et commandée de Dieu, ayant en soy la recongnoissance du péché et le changement de vie, en la fiance de la rémission des péchez au Nom de Jésus, })0ur cheminer en vraye charité, comme les sainctz Apostres l'ont preschée par parolle et laissée i)ar leurs sainctz escriptz V — Certainement, personne ne le peut faire sans condamnei- Jésus et sans rejecter l'Esprit de Dieu, qui i)arle par ses servi- teurs, comme il a parlé par les sainctz Apostres. Certainement, qui voudra dire que j'aye autrement presché de la Foy, et autrement enseigné, il me fait grand tort : et, en condamnant ma i)rédica- tion, ])rinse des sainctes prédications de Jésus et de ses sainctz Aj)ostres, avec l'injure qu'on fait à Jésus et aux Apostres, on fait gros oultrage à tous ceux qui aujourd'huy i)resch(>nt liure- * Suit l'exposé (Ir la doctrine évungélique du salut. 272 GLILLALME FARKL AU DUC DE LORRAINE. 1543 ment rÉvangilo sur la terre, et à toutes les Églises qui, en doc- trine et es Sacremens, ont prins et faict réformation selon la pure parolle de Dieu, en ai)procliant à la primitive Église. Car en toutes icelles la docti-ine de la Foy y est ainsi prescliée. Et si je destruy la Foy, et je parle contre icelle ainsi enseignant, et Jésus et les siens et ceux qui l'ensuivent aujourd'huy ont parlé et enseigné contre icelle. Parquoy ceux qui proposent et sèment telles choses contre moy, grandement faillent... En quoy peuvent- ilz dire que j'ay mal parlé de Dieu, puis que n'ay tasché d'eu parler autrement qu'il est contenu en la saincte EscritureV en proposant son jugement sur les pécheurs qui ne sortent de leurs péchez : preschant sa bonté et miséricorde envers ceux qui, détestans péché, par Foy recourent à sa grâce et miséricorde : magnitiant sa puissance, sagesse, afin (ju'on ne cerche autre Dieu que luy. Et puis qu'il nous a appeliez à Jésus son Filz, qui est mort poui* nous unir tous en un corps, à quoy tasche toute la Parolle de nostre Dieu, et les sainctz Sacremens à ce nous in- citent, j'admoneste que tous, estans un corps, purement servent à Dieu en une mesme Foy, reigle, ordonnance, en un Évangile soubz un Dieu, un Seigneur et Piédem])teur, un Baptesme : sen- tans et disans tous une mesme chose, sans aucunes sectes, par- ties, divisions et dissentions : et que personne ne se die estre de Paul, ny d'Apollo, ny de Pierre, quelque grand Apostre que soit ou Paul ou Pierre, et encore moins d'aucun autre moindre que telz si grans et si sainctz personnages : qu'on ne prenne leurs reigles ny status, quelque apparence de sainc- teté qu'ilz ayent : mais que tous soyent simplement et ])urement à nostre Seigneur Jésus, et à luy seul s'arrestent, et ne reçoyvent autre reigle que la sienne : car elle est suffisante, parfaicte et consommée. Et faut entendre que trop plus sera grief- vement puny, qui osera entreprendre sur ce que le Filz a dict, en faisant autrement qu'il n'a commandé, voulant adjouster ou diminuer, en suyvant son beau semblant et sa bonne intention, ([ue tous ceux qui ont osé entreprendre sur la Loy donnée par le serviteur Moyse, qui contenoit, qu'on n'ensuyvît ce qui seni- bloit bon, mais qu'on se tinst à ce qu'il avoit commandé, sans décliner ny à la dextre, ny à la sénestre. sans y adjouster ny diminuer.... FA, pour inciter tous à cheminer de grand courage en la Foy 1543 GUILLAUME FARKL AU DUC DE LORRAINE. 273 (le Dieu, et à siiyvre ses sainctz Comniandemens, et pour les retirer de mal, coinbieu que j'aye i)roi)Osé les veufîeances faictes sur les iniques, comme l'Escriture les/ontient : toutesfois plus je m'arreste à magnifier les dons et grâces que Dieu a faictes aux siens, et [je] parle des sainctz serviteurs de Dieu, sans oblier celle très heureuse vierge Marie, mère de Jésus, vray Dieu et vray homme, en proposant sa simplesse et j)rudence vii-ginalle.... Tout ce qui est dict de Jésus, soit par les bergiers, ou par Syméon et autres, elle le garde et le rumine en son cueur : et singulièrement cela qui est dict de la bouche de son Filz, lequel elle recongnoit comme son Dieu, et veut et incite à faire tout ce (lu'il commande : car elle sçait bien qu'il est celuy à qui appar- tient de commander, et à qui tous doyvent obéir. Car le bien et le salut de tous vient de Jésus, et gist en Jésus : et l'honneur de la Merge est d'avoir non-seulement porté un tel Filz, mais d'avoir creu en luy. Et semblablement des sainctz A])Ostres.... Ceste grâce de Dieu es sainctz Apostres, et es autres, et comment ilz ne l'ont receue vainement, mais ])ar icelle se sont employez en l'honneur de Dieu et au bien et salut de tous, je la propose au peui)le, afin de prendre cueur et se fiei* en Dieu, tellement (jue, considérans l'yssue des sainctz personnages à qui Dieu a faict tant de grâces, tous ensuyvent leur Foy.... Sur quoy assez appert, ([uc faulsement on m'impose que je parle mal de la très saincte vierge Marie, et des sainctz et sainctes : veu que de tous j'en i)arle comme la saincte Escripture en a parlé, et comme Jésus nous monstre d'<'n j)arler, et les sainctz Apostres. A"ussi regardant bien que je ne i)roiJOS(^ aux brel)is rachetées du sang de Jésus autre que la pun^ vérité du Sauveur, i)uis qu'il faut que celuy qui parle, qu'il parle la parolle de Dieu, voire purement, sans y rien mesler. Et quant est du gouvernement et ordre de l'Eglise, et du régime qui doit estre en elle, et de la saincte administration des Sacremens, qu'ilz disent que je tasche à tout destruyre et gaster, tout est faulsement controuvé. Car tous confessent, que jamnis l'Eglise nefust mieux conduicte ng mieux gouvernée, et les Sa- cremens ne /eurent onc xjIus juirement administrez que par les sainctz Apostres, et qu'en leur temps. Car lors la Foy estoit vive, pleine et grande, et Ja charité moult ardente. Dieu sçait et congnoit mon désir, qui est que l'Eglise en son gouvernement ap- T. VIII. 18 274 GUILLAUME FAREL AU DUC DE LORRAINE. lo43 proche cm 2)lus près à la primitive Église, en pureté de doctrine, en simplicité de vie et en la saincte administration des Sacre- mens.... Si donc je travaille d'ensuyvre les droictz serviteurs de Dieu, qui ont édifié purement l'Église sur le vray fondement, qui est Jésus,... que puis-je mieux faire, au bien, ]n"ofit et hon- neur de l'Église, que dez le commencement restaurant ce qui a esté ruyné, [je] les ensuyve du plus près que Dieu nous donne de grâce ? .... Mais, pour monstrer ces calumnies tant imi)udentes, très noble Prince, il ne faut que je m'arreste tant : veu que la forme de l'administration du Baptesme et de la Cène de nostre Seignear, et comment l'on receoit le Mariage, et l'on instrtiit les enfans en la doctrine de la Foy, et de la Visitation des malades, et consola- tion des âmes lïressées de péché : et comment on procède aux Églises qui désirent ensuyvre la pureté de l'Évangile et de la primitive Église, est quasi aux mains de tous \ Et est de mer- veilles, si ceux qui parlent ainsi ne l'ont veuë et leuë. Et s'ilz l'ont veuë et leuë, c'est une grosse impudence et malignité de parler ainsi contre la vérité tant manifeste... Très excellent Prince, cehiy qui dira de télz povres calumnia- teurs ce qu'ilz taschent de m'imposer, certainement il n'aura grande peyne à le prouver estre vray... Et, quant est de la puis- sance du glayve, Hz ne peuvent nyer qu'ilz ne l'ayent mise souhz leurs pieds. Car envers ceux qui se disent de l'Église..., le glayve * De la liturgie employée par Farel on connaît trois éditions, dont voici les titres : « La Manière et Fasson quon tient.... es lieux lesquelz Dieu de sa grâce a visite. (Neuchâtel) 1533. » Très petit in-S", caract. goth. Publié de nouveau par J.-G. Baum. Strasbourg, Paris, 1859. — « Livret au quel, sans s'arrester à toutes les aultres disputes et différens, est demandée seu- lement la réformation dans la liturgie, pour pouvoir prier Dieu tous ensemble et parvenir peu à peu à une réconciliation, (s. 1. Genève) 1536, » in-16, « pièce célèbre (dit Brunet. Manuel du Libraire. Supplément, t. I, 1878, col. 481), attribuée à Farel par le Si/llabiis aliquaf .'^ynodorum et colloquiorum, 1628. » Voir aussi Placcius. Theatrum anonymorum et pseu- donymorum. Hamburgi, 1708, p. 558, n" 2195. — « Lordre et manière quon tient en administrant les sainctz sacremens ... Item, en la célébration du Mariage, et en la Visitation des malades. Auec la forme quon obserue es i)redicatioils, principallement quant aux exhortations et prières quon y faict. Es lieux lesquelz Dieu de sa grâce a visite.... Imprime par lelian Michel demourant en la place Sainct Pierre deuant la grand Eglise (Ge- nève) 1538. » Petit in-8", caract. goth. Cf. Th. Dufour, o. c. p. 107, U4, 153. 1543 GUILLAUME FAREL AU DUC DE LORRAINE. 273 n'a que vooir, et u"v a rien à commander, mais seulement à obéir : car ilz sont tous oxem])tz de la justice et puyssance du glayve,... Le Pape quicte et i-emet le serment aux subjectz, pour n'obeyr plus, et n'estre plus obligez à leur seigneur : faisant des bons et loyaux subjectz, des rebelles, desloyaux et ])ai-jures. Et ce tout évidemment contre le sainct commandement de Dieu... Et non-seulement le Paj)e ose ainsi parler et faire, comme il a faict : mais 7e l'ay ouy d'un Jacobin nommé de Borna \ Auquel, quand proj)Os estoit tenu derÉvangil(\ et ee, quand premih-ement le nouveau Testament fut im])rimé en frauçoys, où Monsieur Faljvy avoit hesongnc, et [où il] estoit dict, que l'Évangile auroit lieu au Royaume de France, et qu'on ne jjresclieroit jjIus 1(>s songes des hommes ^ — de Roma respondit : « Moy et autres « comme moy, lèverons une cruciade de gens, et ferons chasser le « Roy de son Royaume par ses subjectz propres, s'il i)ermet que a l'Évangile» soit i)resché. » Mais ce Moyne ne s'en alla sans res- l)once, telle que doit donner un qui craint Dieu, et qui est bon et loyal, et qui ayme son Prince. Si un Moyne présumoit de ainsi parler,... il est facile à conjec- turer quelle pensée il avoit en son cueur, et que peuvent penser et dire, et mesmes faire, ceux qui en Testât du Pai)c ont puis- sance de Roys, ayans gens de guerre et la main forte : veu qu'un porteur de besace osoit ainsi parler contre un Roy icy tant puis- sant, tant craint et obey. Le bon ])laisir de Dieu soit de donner à congnoistre à tous, combien ce povre estât du Pape, ainsi qu'il a régné, a porté de dommage, ruy ne et perdition- aux âmes, aux corps, aux biens et à V honneur et à tout ce que Dieu a donné aux liommes : et singulièrement à ceux du sainct edat du glayve. Car s'ilz ont tasché de ruyner tous autres estatz de la pureté de la Foy et du vray service de Dieu : singulièrf^ment ilz se sont employez envers cestuy excellent estât, sur tout tas- chans qu'il n'entendît la justification de la Foy et la vei-tu d'icelle : mais qu'il eût toute sa fianc(» aux œuvres, aux satisfac- ^ Le trop fameux Jean de Homa, l'inquisiteur des Vaudois (Voyez l'Appendice du t. MI). " Le Nouveau Testament traduit en français par Jacques le Fèvre d'EtapIes (ou Fnhri/) ])arut dès le inois de juin au mois de novembre 1528. Voj-ez, dans notre t. I, p. 133-13G, V Épistre e.vhorfafoire de le Fèvre. eu tête de sa traduction des Évangiles (8 juin L523), et la p. KiS. 276 GUILLAUME FAREL AU DUC DE LORRAINE. 1S43 tions, et autres choses, mesmes controiivées par les ministres du Pape : qui ont tasché à induire les seigneurs à toute idolâtrie, pour... persécuter et destruyre ceux qui avoient pure Foy, et qui purement en parloient : et qui. adorant Dieu en esprit et vérité,... condamnoient les inventions et songes des hommes... Le bon Dieu face, que \o sang innocent qui a esté espandu, qui demande et crie vengeance devant Dieu, ne tombe sur la teste des sei- gneurs qui, par la séduction de ceux qui... ne crient que Toile, toile, crmifige, criicifige, Font esjjandu : et que eux et leurs mai- sons n'en sentent la vengeance ! .... Si aucun, ayant pitié des povres brebis de Jésus, voyant le misérable monde tant povrement séduict et mené à perdition, tasche à retirer les j)Ovres errans des erreurs et menteries, et qu'il condamne la faulse et perverse doctrine des hommes ])arla vérité de Jésus, par la parolle et l'Évangile de salut : soubdain il faut qu'il soit prins et interrogué par les inquisiteurs de la foy : qui à leur plaisir jugent la vérité estre mensonge et erreur, et édification, scandale. Et leur e^t assez de dire : « 11 a confessé (I telle chose, et s'il le veut maintenir, il est hérétique, il faut (( qu'il soit bruslé, ses propos sentent le feu, c'est follie de plus « parler à luy, qu'avons-nous affaire de tesmoingsV Nous avons « ouy le blasphème, il est digne de mort, quïl soit crucilié. De « le reprendre devant tous et monstrer par la saincte Escriture « qu'il a mal parlé, et que tous entendent qu'il n'a fondement en « la parolle de Dieu, voyans et ouyans tout ce qu'il pourroit (( amener : il n'y a point d'ordre. Il ne faut qu'il soit ouy, car il « nous gasteroit tout et destruiroit tout : il ne faut contre telz « hérétiques disputer, iiy par raison, »y par Escriture : Hz en « ont tant et plus, il est impossible de les vaincre par la saincte (( Escriture, veu que la Bible est le livre des hérétiques : ilz ont « tousjoui's sainct Paul en la bouche, qui a ])ersécuté rÉglis(^ « paravant et aujourd'huy encore la persécute plus. » Telz sont leurs propos en leurs assemblées entre eux : et en y a eu aucuns qui ainsi en ont tousché en leurs prédications... Et ainsi se sentans débiles et destituez de la vertu de Dieu, re- courent à la puyssance du glayve : et ont là un grand Docteur irréfragable sur le corps, monsieur nostre maistre le boiirreau, (jui poui- mener les héréticjues ad metam non loqui, et qu'ilz ne j)arlent plus, leur coui)[)(' la langue' : et pour payer tous les ar- 1543 GUILLAUME FARKL AU DUC DE LORRAINE. 277 giimens (>t raisons qu'on peut amener de la saincte Esci-ipture, il a le glavve et le t'en. Et ainsi \o nouveau Dieu do t(M're (>st victorieux, et son église, qu'il a fondée sur un fondement de neige, qui ne peut i)orter le t'en de la ï'arolle de Dieu, et ses murs d(> i)ai)ier. qui ne peuvent ])orter seuleuKmt le son d(^ la bombarde évangéli(iue. ny toutes ses fumées de dét(M-minations ne peuvent arrester devant le fort vent de Dieu. {\n\ les chasse tant et plus : et ses grosses ténèbres, desquelles il se veut cou- vi'ir. ne jjeuvent subsister devant les jmyssans raiz du soleil de Justice. .... Pour certain, si plusieurs des seigneurs lisoyent la sainctc Escriture, ilz en feroyent leur proffit en l'honneur de Dieu, au bien de l'Église (^t de tous leurs subjectz... Mais les |)ovres aveugles qui ont la charge d'enseigner, comment induiront-ilz les seigneurs à lire les sainctes EscrituresV... [Ils] ont travaillé et faict tous h'urs eflfors pour empescher, que mesmes les livres du nouveau Testament ne feussent mis en langue vulgaire, et que le povre peuple affamé, qui n'a aucune i)asture, n'en peust gous- ter... Et tasclient à faire encroyre au ])Ovre peuple et aux Sei- gneurs, qu'il n'est expédient qu'on lise le texte de la saincte Escri- ture sans glose : car on en tomberoit en i)lusieurs erreurs. Par- quoy il faut qu'on regarde plus à la glose qu'au texte. .... Dieu, par sa grâce, face que les puyssances ordonnées par luy, s'arrestent à ce qu'il leur a commandé de faire : et qu(> jibis n'ensuyvent le mauvais conseil et le vouloir des povres aveugles, qui, avec eux. taschent tout mener en perdition : et qu'envray droit et équitable jugement ilz jugent, rendans à chascun selon qu'il a déservy. Ce qui ne peut estre, si les ])arties ne sont ouyes : <^t (iu(\.. pleinement les raisons d'une part et d'autre ne soient ouyes.... Parquoy, très noble Prince, au nom de Dieu.... il vous plaise assembler tous ceux qui se disent de rÉglise, et ([ui ont charge d'enseigner le j)euj)le soubz la commission du siège de Pvomme.... et ceux qui. avec eux, voudront maintenir leur estât, — et. d'autre part, tous ceux qui contredisent à Testât et aux constitu- ^ A coiii])arfr avec doux pag'PS très intéressantes : l'iiin' di- Pierre Viref (De la source et de la diftërenoe... de la vieille et nouvelle idolâtrie... Genève, lean Gérard, 1.551, p. 151-155), l'autre de (lui/ ch' lirai/, citée ])ar Henri Bordier (France prot. IV, 1086). 278 GUILLAUME FAREL AU DUC DE LORRAINE. 1543 lions du Pape : reprenans la doctrine et façon de faire quïl a introduicte es Églises, et qu'il veut estre observée : qui disent, que contre la Parolle de Dieu il procède en sa doctrine et cérémo- nies, ne faisant comme les sainctz Apostres ont faict et enseigné. Et puis que, par la grande bonté de Dieu, ces deux parties sont d'accord en la confession de la Foy es articles principaux : confes- sans une mesme chose, recongnoissans qu'ilz sont tous créez et formez à Tiinage et semblance de Dieu, et racliettez par le pré- cieux sang de Jésus : et que tous confessent qu'il faut vivre en la Foy de nostre Seigmnir Jésus, et ensuyvre sa saincte Loy et ses commandemens, et vivre selon sa Parolle, qui purement est con- tenue au vieil et nouveau Testament, qui contiennent toute vé- rité,— Que ces deux i)arties assemblées au nom de nostre Seigneur Jésus, comme bons frères et amis,... devant vostre excellence et ceux que vostre bon conseil advisera, prins de toutes particu- lières Églises, et le plus publ'/quement qui[l] se ])ourra faire, en l'éditication de tous, traictent amiablement, et en vraye cha- rité et modestie chrestienne, des différens qu'ilz ont, tant sur la doctrine que sur la vie, et du gouvernement de l'Église, et admi- nistration des sainctz Sacremens : et tout xxir la saincte Escri- ture, par laquelle bénignement remonstrent une partie à l'autre, ce en quoy elle faut : et approuve son dire, et ce qu'elle veut maintenir qu'on doit croyre et tenir : afin que ce qui est bon et purement traicté, soit receu et gardé. Et oultre, ce qui est bon et mal administré et souillé par adjoustement nuysable, ou par diminution dommageable, ou changement pernicieux, soit remis en son entier : et ce qui totalement est mauvais et contre Dieu et sa Parolle, et qui ne peut avoir lieu sans la ruyne des âmes et offense de Dieu, qu'il soit osté et n'ayt plus lieu en l'église de .... Excellent Prince, tenez-vous du tout asseuré, que si en la crainte de Dieu... vous faites une telle assemblée, en laquelle ne permettez qu'en conférant on sorte hors de la saincte Escriture, et qu'on ne se jette ny voise hors de pro|)os, vous verrez évidem- ment ceux qui disent la vérité, et tout clairement entendrez ce qu'il faut tenir et garder, et ce qu'il faut laisser et chasser... Quel bien sera-ce à vostre excellence et aux vostres, et à toute la terre que Dieu vous a donnée! Ha! noble et excellent prince, au nom de Jésus, ayés jjitié de vous et des vostres et de tous ceux qui lo43 GUILLAUME FAREL AU DUC DE LORRAINE. 279 VOUS sont coniniis et donnez en (.•liargc... connnc doniesticiuos do la Foy ot comme voz frères en nostre Seigneur. l)ai)tisez comme vous, et pour qui .Jésus est mort commue j)our vous... On a |)itié d'un chien qu'on voyt languissant... Vous auriez pitié d'un ])Ovre Turc, et encore plus d'un Chrestien, quelque estranger qu'il fust, et encore plus, s'il estoit de vostre langue et vostre voisin. Quelle pitié devez-vous avoir de voz subjectz. qui vous sont tant chère- ment recommandez et (jui vous ont en sy grosse révérence ! Il y a eu des bons Jnges et bons Roys souz la Loy donnée par Moyse... Et vous, mon Seigneur, qui estes soubz Jésus, et ([ui tenez et croyez qu'il n'y a rien plus vray (]uc rÉvangile : main- tenant que par la grâce de nostre Seigneur les jietis enfaiis je lisent, et que la saincte Escriture est tant commune où paravant si peu la lisoyent, et moins l'entendoyent : vous ([ui estes en eage meur, et de grande expérience, et avez tant de nobles seigneurs auprès de vous, ne réformerez- vous point le pais que Dieu vous a donné? en faisant que tous voz subjectz, ainsi qu'ils ont esté tous baptisez, qu'ilz tiennent ce qui est commandé en ce beau nou- veau Testament, où le sainct Baptesme est commandé V et que tout ce qui est selon la doctrine Évangélique j)ar iceux soit gardé ? Et alin que mal ne vienne ne sur vous, ne sur les vostres.,.. Le souverain Seigneur des seigneurs et Roy de tous... ))ai' son sainct Esprit conduyse tellement vostre cueur, et vous doiiit la grâce de tellement vous employer en son honneur et gloyre, et au bien et salut du peuple qu'il vous a commis, qu'après ceste mor- telle vie,... vous parveniez à la vie et à la Seigneurie éternelle, trop plus grande, sans fin et mesure, que celle qu'avez icy en ce monde. Et ce bon Dieu et Père, avec vous conserve et tienne en sa protection vostre lignée, Messieurs voz Filz^ et tous ceux qu'aymez en nostre Seigneur : vous suppliant au nom de nostre Seigneur Jésus, de prendre tout en la bonne i)art : et plus consi- dérer latiection que, pour l'amour de nostre Seigneur, ])orte à vostre noble maison, et le fondement et la source d'où sont tirez mes propos, que la manière de mon parler et de procéder envers * De son maria.iro (1515) avec Benée de Bourbon, sœur du coniK'taMc Charles de Bourbon, le duc Antoine de Lorniùie eut trois fils. Les deux aînés portaient le même prénom (François). Le cadet, Nicolas, fut pour ])eu de temps coadjulciir du cardinal .Fcaii de Lorraine. 280 LE CONSEIL DE BERNE A SES DÉPUTÉS A LAUSANNE. i5i3 une sy noble Puissance et Seigneurie comme est la vostre : à la- quelle désirant servir pour l'honneur de Jésus, afin que tout fust dressé comme il appartient en la maintenance de vérité, et i)oui' chasser menteric, voluntiers j'emj)loyeroie mon projjre sang, ne demandant que desplaisir fust faict à personne, n'en corps, ny en biens : mais que tous servent à Jésus. De Gocze (sic), ce 11. de Février. 1543. Vostre très humbl<> serviteur Guillaume Farel. 1204 LE CONSEIL DE BERNE à SCS députés à Lausanne ^ De Berne, 12 février 1543. Minute. Arch. de Berne. Ruchat, V, 221. Cal. 0])p. XI, 510. Premièrement : quant à la Discipline ecclésiastique, autrement nommée excommiuncaiion^, — que ])lusi(nirs pourparlemens et journées en ont esté tenues par mes Seigneurs et leurs adhérans qui tiennent le parti de l'Évangile, sans avoir jamais trouvé commodité de dresser telle discipline à la forme requise par les 1 Manuel de Berne du 25 janvier L543 : » M. l'Avoyer Kœgueli et le trésorier Angxburger sont envoyés à Verey, pour chapitrer (se capilulie- ren) les prédicants du Chapitre de Vevey, à cause du petit livre [sur les biens ecclésiastiques]. » Le plan détaillé des instructions données par le Conseil à ces députés se trouve à la lin du procès-verbal du dit jour. Le 12 février, on leur adjoignit, au lieu du commissaire Jean Lando, le secré- taire Nicolas Zurkinden. Le 13, les députés reçurent l'ordre de donner à la Classe de Thonon la même réponse qu'à celle de Lausanne et Vevey, mais seulement en ce qui concernait les biens d'Église (Extrait du Manuel). ^ Pour montrer à quel point ]MM. de Berne répugnaient à admettre la âhcipline ecclésiastique, il suffit de citer le paragraplie suivant du ^Manuel : 14 décembre 1542. Le doyen du Chapitre de Thunstetten a demandé à mes Seigneurs de l'autoriser à écart«r de la sainte Cène les gens de guerre. « Ansam quferentes reducendae ])ostliminio coufessionis et absolutionis, alia tum specie et colore. Senatus , dolum sentiens, explosif conatum, jubens ut more hactenus observato, in génère quisque admoneatur j)roba- tionis sui ipsius, juxta Paulum, Isoqucminisfii, qui et ijisi peccatores, caro et sanguis, in singulorum conscientias penetrarc cnnentur, de quibus solius Dei judicium pronunciare j)nssit et del)eat. » lo4;i LK CONSEIL DE BERNE A SES DÉPITÉS A LAUSANNE. 281 DÙiùstres de LaKsian/e ', poiii' ])liisi('urs raisons : dont craiiïnans ordonnoi* cliosc (luc Ton n'ait pu maintenir ni entretenir en porpétiiello exécution, leur a seni])lé (convenable le mode d'exer- cer les consistoires, |)histost que d'entrei)rendi-e ])lus rigoureuse |)unition des vices, sans icelle j)OUVoir ])Ousser avant ni mettre en effet : car trop mieux vault soy tousjonrs avancer, que des choses une fois jjrésumées reculer. Et ne semble à mes S<'i- gneurs (|ue les lyrédicans ayont occasion se plaindi-e estre exclu/ de telle administration, veu (lu'ilz assistent eux-mesmes aux consistoires avec pouvoir de dire leui' opinion imi é(iuité de conscienc(^ o\ remonstrer à mes Seigneurs les faultes, si aulcune I)ar négligence ou aultrement se feroit aux dictz consistoires : lesquelles mes Seigneurs se ])ai'otlrent de corriger et y mettre si bon ordre qu'il sera possible, sans toutesfois innover l'ordre jusques icy bien tenu et observé, afin que les yvrongn(>ries, blas- Itlièmes, orgueil, pomi)e de vestemens, paillardise, danses et aultres vices non méritans punition de mort soient tellement chastiez que bons et maulvais y prennent exemple. 2. Touchant la vocation des ministres, sont mes Seigneurs dé- libérez de n'accepter ministre nouveau quelconque, qu'il ne soit premièrement examiné i)ar les ministres du lieu et Classe en laquelle il doibt exercer son office, ainsi que, i)ar le |)assé, avec le conseil et délibération des ministres d(^ par deçà ot du Pays conquis, en tel cas a esté besongné% sans aultres cérémonies ni ^ Nous avons dit que la présente pièce ne se rapporte ])as, dans sa tota- lité (comme le prétend Rachat, V, 220-21), à la lettre des ininistn>s du 1"^ novembre 1.542 (Yoy. V 1174, n. 1, 12; 1187, n. 12). A qnoi donc se rapporte-t-elle ? — En l'absence des lettres échangées entre les jiasteurs de Berne et les pasteurs de Lausanne, et de la requête de ceux-ci du in janvier (N"~ 1196, n. 1.3: 1200, n. 14), une seule réponse nous est pos- sible. Nous croyons que les cinq ministres interrogés à Berne j)ar le Con- seil, du 16 au 25 janvier, furent entraînés, soit dans des conversations particulières, soit dans leur requête du 16 ou du 1 7, à dire toute leur j)ensée sur des questions qui ne figuraient \);\s à l'ordre du jour le 1'' novembre, savoir : la discipline ecclésiastique, la vocation des pasteurs et l'imi)ositi()ii des mains. 'Sl'SL de Berne, déjà fâcheusemiMit impressionnés par les rap- ports secrets d'Antoine Marcourt, et très irrités de Tesiirit iiidépeiulant des ministres de Lausanne, saisireut l'occasion de rembarrer d'un seul coup toutes leurs plaintes <'t prescjue tous leurs rlesirlenifa. * Le 1'' août 1542, les Conseils avaient décrété qu'un ])rédicaiit ne ])ou- vait être élu qu'en présence du Conseil des Bourgeois. Le 25 novembre 282 LE CONSEIL DE BERNK A SES DÉPUTÉS A LAUSANNE. 1343 imposition des mains, qui ii'ost chose fort nécessaire, la reste [estant] bien constituée et gardée. Car telle vocation ne peut ni doibt estre estimée contraire à l'ordre et vocation observée en la première Église, vini que les ministres sont tousjours les pre- miers qui en disent leurs avis et bon semblant. 8. Concernant les venditions des biens appelez ecclésiasticques, s'eshaJiissetd mes Seigneurs qu'en cela Von les veut calomnier"", veu les efifortz qu'ilz ont faictz d'adresser [1. de dresser] les estatz des ministres et escholes, iiospitaulx et tout cela en quoy les dictz biens se doibvent employer, compris les aulmosnes ex- traordinaires, les gaiges des officiers et aultres choses, desquelles se rend annuellement conte d'iing grand déboursement '^ : oultre lesquelles le Pays conquis est tellement hypothéqué et chargé de cens, que possible ne seroit à mes Seigneurs d'iceluy tenir, régir et protéger, sinon par le moyen des venditions qui se font : sinon qu'ilz voulsissent pour le Pays conquis dissiper et aliéner les revenuz de hnir pays ancien et siège pat(n'nel : ce qu'ilz ne sont délibérez de faire pour chose du monde, encore moins de tailler leurs anciens subjectz, qui se sont aydez à conquester le dict pays en leurs propres despens et deniers. Et s'il est ques- tion de faire tailles et impostz aux subjectz du Pays conquis, mes Seigneurs vou^ laissent juger si la niisèrf^ et paovretédu peu])le ne requiert j)lustost d'estre soulagée que tellement taillée et pressée, veu que telles tailles ne tombent que sur les paovres, si l'on veult observer à la noblesse les anciennes franchises, par lesquelles, de tous temps, icelle a esté exempte, et oultre ce par- tici])ante aux exactions et tril)utz imposez aux paovres. Et si l'on veult dire que ne l'ung ne l'aultre se doibt faire, resjjondent mes Seigneurs que, })lustost que d'acquiescer à cella, ilz ren- droient le pays en prenant les frais et missions jjour iceluy suivant, le Petit-Conseil, en élisant Claude Borreaul [Barrault?] pour être diacre à Lausanne, oixlonnait à la Classe de ce nom de n'envoyer à Berne aucun candidat sans le consentement du Bailli. * Ce n'est pas une allusion à la requête du 1" novembre 1542, mais l)ien au lirre contre la vente des biens ecclésiastiques (n. 1, renvois de n. 7, 9). * Sous le rapi)ort de la bienfoisance, le gouvernement bernois était l'un des meilleurs de ce temps-là. On peut attirmer que MM. de Berne, éco- nomes par esprit d'ordre, se montraient généreux pour toutes les infor- tunes. 1543 LE CONSEIL DE BERNE A SES DÉPUTÉS A LAUSANNE. 283 soubstonuz, [pliistostj (}ii(' do le tciiii* cii telle tonne et charge; imimrtable que iirésenteiiient il est constitué, — vous laissant penser si celaserviroit plus à r]ionneui>de Dieu et i)rotit du |)aovi-(' ])euple, et niesnienient aussy dc^s lyrédicans, que de vendre, les possessions et terres maltraitées j)ar les admodieurs. Et, pour les raisons snsdictes, disent mes Seigneurs et entendent que les prédicans du dict Chapitre de Lausanne, ardeurs du traicté composé contre la distraction des biens ecclésiasticques ', ne se deb- vroyent tellement eschaujfer, ni faire si soudain jugement, sans niieulx peser les circonstances de la matière et les raisons mou- vantes mes Seigneurs à suy vre ce conseil, ce qui les eust gai'dez de composer tel traicté. De quog, pour V advenir, mes Seigneurs veulent estre desportez et non, souffrir telles reproches et calomnies imméritées. Car si cela plus advenait, Hz g pourvoiront en telle sorte que les détracteurs n'en rapporteront ni honneur ni profit. Et, pour conclusion, se sont mes Seigneurs résoluz que le ser- ment par lequel les prédicans s obligent de tenir secretz les actes de leurs congrégations ^ ne doibge aulcuuement déroger ni estre jiréféré au serment et debvoir qu'ilz ont à mes dictz Seigneurs en choses concernant leur bi(Mi et honneur. Item, que les Bail- lifz ne soyent excluz des congrégations et colloques, afin qu'ilz oyent et congnoissent si en aulcuns lieux Ton cesse ou detiault d'exécuter les mandemens (^t ordonnances de uk^s Seigneurs, si les vices demeurent impugniz, et aultres faultes (pii requièrent émand(^ment, pour, selon leur charge, y obvier [etj tant mieulx faire hnir debvoir, se chastiant aussy eux-mesmes, quand par les ])rédicans du colhxjue en seront au besoing fraternellement ad- monestez. Par tel commun accord pourra croistre l'honneur de Dieu et Tédiffication de TÉglise : à quoy mes Seigneurs de tout leur pouvoir tendent, ne desirans chose en ce monde ])lus fort que l'advancement du royaume de Nostre Seigneur : ne pensant avoir jamais entreprins ni pensé le contraire, ou faict acte poui- lequel l'on les puisse tirer en suspicion sinistre, ni agrédir par exemples de sacrilège Judas et aultres, Jiors de propoz au traicté susmentionné^ induictz : desquelz à l'advenir chascung se gar- dera, faisant deuement son office sans insolences : (pii sera chose aggréable au Seigneur Dieu et à mes Seigneurs. ' " » Cf. lo N" lliJG, note 13, et le N" 1200, note 14. 284 SIMON SULTZER A JEAN CALVIN, A GENEVE. 1543 1203 SBiox SULTZER à Jean Calvin, à Genève. De Berne, 13 février 1543. Autogr. Bibl. Publ. do Genève. A'ol. n" 112. Calv. Opj). XI, 512. Salve, mi frater. Quisfuerit éventas negocii quod Classi Lav- sanensi cuni senatu nostro intercessit, ex Vireto induhie prolixe €ognovisti\ Nunc Me super ea re prorsùs siletnr^. Sed novo scandalo subinle agitatur ecclesia à reditu iiostri Erasmi '\ qui et pro concionibus sui est similis, et forensem controversiam sic agit, ut ea in jiarte oinnem œtatem trivisse judicari possit : adeô mirandis arti])us lit(>m in longum protrabit, qucT et pacifiée comj)oni (quod detrectavit) et finiri citiîis potuit. Intérim offen- sione borril)ili ministerium commune convellitur, necdum ad- paret ullus harum ferumnarum i)oi'tus. ut mihi etiam vita acerba fiât baec s])ectanti niala. idque eo temj)ore quo oportebat huo^vj.xdêy ])ublicis calamitatibus occurrere. Dominus mise- reatur nostrî ! Ex Germcmia niliil accipimus novi, neque a Bncero et Fareïïo etiam. Expectamus tamen novum rerum multarum nuncium per Jo. Maiorem nostrum, qui ad successionem, in locum de- functi ludimoderatoris nostri, accersitur publico tabellario urbis*. Ex eo quicquid cognovero, faxo mox scias. Frater qui » Tome IV, p. 411. — Ruchat, IV, 417. * Auciiue des lettres de Viret à Calvin u'est relative à cette affaire. * En revanche, on en parlait beaucoup à Lausanne. Berne faisait écrire, le 16 février, au bailli de cette ville : Parlez aux prédicants et aux autres; dites-leur qu'ils restent tranquilles, qu'ils laissent chacun continuer ce qui le regarde, et qu'ils ne fatiguent ]i;>is mes Seigneurs av(>c des affaires de si petite im])ortance. ' Érasme Biffer. Nous ne savons rien du procès civil qu'il aurait intenté à ses collègues. * Joannes Telonis fen ail. Erid-sherf/) gymnasiarque à Berne, y était mort le 8 janvier 1543 (Journal de Christophorus l'iperinus). La nomina- tion de son successeur est mentionnée en ces termes dans le Manuel du 1543 JEAN CALVIN A PHILII'l'E MÉLANCHTHON, A WITTKMllEHd. 285 Itds perfert oriniidtis e Skïlia est, et al)junit;i nioiuistica rcli- gioiio, iii (jua Neapoli vixit 15 aiinis, hue se coiitulit antc mcuscs (luatuor ', ul)i à iiiagistratii bciii^uè çxcoptus tornario artiticio discendo ojusdciii sumptibiis iiicubiiit : atqiu' ita scsc onmi \ ita gessit. lit tcstiinoiiiiim tidci innoc('ntiiequ('amj)lissiinuin iiicira- tiir. Ad vos autoiu exacta hyoïue se coutci-t, qu6d istic in sua ctiaui lingua rcligioucui syuccram docori audiat. ot hospites Halos ctiaiu agere, Euiu tibi coinuu^ndo, ut ([iia soles j)i('tate cœtoi'os, liuuc (|uoqu(' ])i>r('gi-inuiu l't advoiiani coinijlcctarc. Boue vale, vir ornatissiuic et fratiM* iu Domino vcnorandc Bernai, 13 Februarii Anno 1543. Cursiin. Salutat te perauiantor Contzemis nostor, cui scias Yireium plonè roconciliatuni •^, et Beatus, Gnjn\ivi(s\, Telumott. T. SULTZERUS. (Inscriptio :) Viro doctiss. Dn. Joauui Calvino, Gcnevcnsis ("CC'lesiaî aiitistiti, svmniistœ et fratri observandissimo suo. 1206 JEAN CALVIN à Philippe Mélanchlhon, à Wittemberg. De Genève, 1^^ moitié de février 1543. Dédicace de Fouvrage intitulé : « Defensio sauce et orthodoxae doctrinae de servitute (>t lil)eratione humani arbitrii, adversus caluninias Alberti Pighii Campensis. Authore Joanne Calvino, Oeneva?, p(^r Joannem Gerarduni. 1543. » Petit in-4". (\'oy(>z Paul Henry. Das Leben Johann Calvius, t. III, Beilagen, j). 203, — Calvini Opeva. Brunsviga', t. Al, |). xxiv, 230-231.) 11 jîiuvier 1543 : « Le petit Meyer (Meyerly) de Bâtterkindeii est admis l'ii qualité de j;;/vJ?C7';>fi/(Schnlmeister). •> Le cliancelier Oiron a écrit, à la suite, cette remarque : c Lutheraiius et Buceranus, coniijositus est ex duobus corruptis. » Cf. le N" 1164, note 6. Jean-Henri Meyer mourut à Berne, le 24 novembre 1546 (Journal précité). ^ Il paraît être arrivé à Berne vers le 10 octobre 1542. Dès le 19 octolire il n'est plus appelé « ce Na])olitain, » mais Vito de Sicilia, et il est entre- tenu à l'hôpital jusqu'au 10 février 1543. • Voyez la lettre de Suitzer du 8 janvier, aj)rès le renvoi de note 11. 286 JEAN CALVIN A PHILIPPE MÉLANCHTHON, A WITTEMBERG. 1S43 4207 JEAN CALVIN à Philippe MélanclUhon, à Witlemljerg. De Genève, 16 février 1543. Syllogo Ej)istolarum a Burnianno édita, II, 229. Calv. 0pp. XI, 515. Vide quàin \ngYO vontri literas tuas dederis. Eas eiiiiii vix quarto demum meuse mihi reddidit, et quidcm inulto attritu jam disruptssi ac laceras '. Hoc tamen ipsum quôd vel serô ad me pervenerint, magno in lucro posui. Nam dum eas hue atque illuc circumfert, mirum quôd non alicubi reliquerit. Ergo ut- cunque ejus negligentia singularis gaudii fructu privatus ad tf^nipus fuerim, facile tamen veniam à me impetravit, ubi eas recepi. Utinam verù, sicut dicis, ssepius nobis, saltem i)er literas colloqui liceret. Tibi quidem nihil inde accederet, mihi autem nihil foret in hoc mundo oj)tabilius quàm in literarum tuarum suavitate acquiescere. Vix credas quanta hîc uegotioram mole pi'emar atque urgear. Sed inter lias angustias dua' res sunt quœ me ijUirimimi excra- ciant : quod mihi legitimus operœ meœ fructus non constat, deinde quod ahs te iMUcisque aliis tantopere dissitus, illo quod me hnprimis juvare posset consolationis génère destituor. Verùm quando ne hoc quidem optionis nostrae esse convenit, ut locum sibi quisque arbitrio suo deligat ubi serviat Christo, in ea nobis statione manendum est quam cuique nostrûm destinavit. Hoc saltem nobis nulla regionum longinquitas eripiet, quin hac con- junctione, quamChristus sanguine sus consecratam sjiiritu quo- que suo in cordihus nostris sanxit, contenti, dum vivimus in terra sustineamur beata illa spe ad quam nos literae tuae revocant : in cœlis nos simul perpétué victuros, ubi ainore amicitiaque nostra fruemur. Caeterùm quôd in J/ucuhratiotie quam nnper edidi,ahusus sum • Cetto lottn» do Mélanchthon, écrite dans l'automuc do 1542, n'a pas été conservée. 1543 JEAN CALVIN A PHILIPPE MÉLANCHTHON, A WITTE.MHERG. 287 tno Honùiie-, hoc vcl auiori crga te iiico ignoscas, vol tuœ huina- nitati concodas j)oto. liitor militas ratioiu^s qiiihus oè addiu-tiis fui, h«ec non postrcnia fuit quôd Sadolefimi Pighius dclcgcrat tiijus noniinc suas nugas venditarot. A'oruni idoo subticui, ne milii ad coni])aration(^ni descendcrt» necesso foret. Nequo tamon hîc longa excusationc utar. cum testatus fuorini me fecisse qua3 milii ])er tuam humanitatem l)enevolentiamqu(\ quam inihi defers, licere certô confidei-em. De rehus nostris multa sunt quœ scribam,- sed hoc ipsum est quod me tacere cogit, quia nullum finem invenirem. Lahoro hîc et fatigor miruni in modum, 2)roficio mediocriier. Et tamen miran- tur omnes me tantîim 'prqficere inter tôt impedimeutd, quorum magna pars est ah ipsis miuistris l Hœc tamen mihi magna est laborum levatio, quod non tantùm hsec ecdesia, sed tota quoque vicinitas fructum aliquem sentit mese, prœsentia' '\ Adde quod nonnihil in Oalliam usque et in Italiam redundat '\ Statum vestne Germanise non sine acerlnssimo dolore audio. ■ Née leviora sunt mala quae timeo quàm qu* lugeo. Nam si v(n-um est quod narratur, Turcam majoi'il)us rursum copiis bellum instaurare, quis obstabit quoininus longé lateque pro libidine grassetur V Et quasi parum esset, turpiter dilapso exercitu, tôt impensas frustra profudisse \ tantum accepisse dedecoris, i)rîP- terea prseciijuum roboris florem ])riiniim continua ])este triennii. deinde hac postrema lue perdidisse, nunc multô graviùs ab in- testinis dissidiis laboratur. Necdum tamen tam acriter perculsi nostri Principes expergefiunt, ut dare discant Christo gloriam. Hoc tamen me nonnihil recréât, quod aiunt Coloniensem ci ixWos quosdam ad rei)urgandas ecclesias animum seriô adjecisse '. Neque enim jjarvam accessionem esse duco quôd episcopi, ex quorum ordine nullus adhuc nomen Cliristo dederit, nunc sub- ^ L'ouvrage de Calvin contre Ficjhius (N" 1206) est dédié à Mélanchtlion. Il parut vers la tin dejanvier 1543, mais trop tard, semble-t-il, pour figurer à la foire de Francfort. * A comparer avec le t. VII, j)p. 410, 411. * Calvin ne se rendait pas utile seulement j)ar ses livres. Dans toutes les questions importantes, les pasteurs du pays romand recouraient à ses conseils. * N"^ 118(3, 122G, renvoi de note 2. ^ Voyez la note 2 du N" lli)(i. ^ A comparer avec les N"^ 1107, notes 4, 6-7; 1210, renvoi de n. 3. 288 BÉAT COMTE A RODOLPHE GUALTHER, A ZURICH. lo43 lata luaiiii ])roiitori ab idolo roinano defectionem incipiant. Tantîiiii iiiinc advigilandum et enitendum est iiobis ut eorum ciirsiiiu promoveamus, ne ex dimidio Cliristo pejiis inonstrum reimscatur. Iiiterea romamis iwntifex jaiu concilii simiilacruni Tridet/fi ostentat ^ ut orheui ex])ectatione suspensum aliquan- tulùui adliuc retineat ac nioretur. Sed Deus non patietur diu- tius sibi illudi. Fallor, nisi hic annus nuiximam rerum conver- sioneni ])arturiat, qua? brevi emorgat. Sed jani niniis multa. Vale igitur, vir niodis omnibus ornatissinie niihique sempcn- in Domino œlende. Dominus te diu servet incolumem in glo- l'iam nominis sui et ecelesise suae œdificationem. Miror quid sit causœ cur tamdiu Danielem tuum domi suppressum teneas". Neque enini me lectionis ejus fructu privari tequo animo patior. D. Martin tim '" reverenter meo nomine saintes quaeso. Haljemus hîc Bernardinum Senemem, magnum (^t pi'iPclarum virum. qui suo discessu non parùm Italiam eommovit ". Is ut vobis suo nomine salutem adscriberem petiit. Vale iterum cum tua fami- lia, quam Deus semper custodiat, Genevae, 14 Calendas Martias 1548. 1208 BÉAT COMTE à Rodolphe Guallher, à Zurich. De Lausanne, 1*^'" mars 1543. Inédite. Autographe. Bibl. de Zurich. Copie communiquée par M. le pasteur Aug. Bernus. Valdè milii dolct quo abs te ne literam (juidem toto jam seculo adrcjx'i-im : idque eô fero dolentiùs (juc) ijertinaciùs ® Le pape Faul ///avait convoqué le Concile à Trettte pour le 1" no- vembre 1542. ® Le commentaire de Mélanchthon sur le prophète Daniel parut à Wittemberg et à Leipsic en 1543 (Cf. Camerarii de Vita Mel. edidit Strohe- lius, p. 552). '" Martin Luther, qui avait fait saluer Calcin au mois d'octobre 1539, et, peu de tenijjs après, s'était informé de lui très amicalement (VI, 131, 1G5). " N"'^ 1168, n. 14 : 1171, n. 8 ; 1175, renvois de note 5-6. 1543 BÉAT COMTE A RODOLPHE GlALTHER. A ZIRICII. 289 silerc porgas, otiaiiisi te litcris lucis ad scrilx'iuluiu sa'piùs pi-o- vocarim. Quanquaiu falli hîc îmssum, (>t fortassis tihi rcddita' non sunt litei'ti' iiKW. Qiiai-o tu da o])(M-ani yt primo (pioquc toiiiporc de ro})us tiiis 0!niiil)us, pr;iN<'rtim de tua valetudiue. deque stu- dioruui tuoruHi progn^ssu certioreui uic facias. idcpic ali(iua bene longa epistola. -luvcuis illc cui ad te uovissimas dedi litf- ras, uostras est et bene natus. Quaniobrem (>um ut commendatuni habeas, te iterum at(pie iteruni vchenienter rogo. D. Bidlwr/ernm si meo nomiue salvere jusseris, rein te factu- nim ai'l)itral)oi' omniuo uiilii grataui. Cui (pioque dicas veliiii, esse in GaUia doctum quendani honiincui. (pii in lioc scribat argumentum : ■( Multa (piidem et alia signa fccit Jésus in conspectu discipuloruni suoruni, quu' iu)n sunt scripta in libro hoc '. » Ex quo putat fulcii'i, ac quo jani pacto la])sus est, reedi- ficari oi'dinem antichristianum. papisticuni. Quare tu bac de rc virum illum sanctum et doctum^ admonel)is, ut non tela previsa minus feriant. Vale, plura non licet. ])0])ulo expectante me in concionem. Laus. Cal. Martiis. m. d. xliii. Tnus ex animo B. Co.mes Donzarensis. Heus, penè exciderat me lapsum una svllaba in e])igrammate quod ad te scripsi novissimè^ In caussa fuerunt INIinistri ali- quot, qui me subinde tune clamore suo turl)abant, quum scrib(n"em. Tu verô sic restitues : Cursit Pegasnm vincere oporiet eqiimn. ( Insci'iptio : ) liodol. Galthero Tigurino, viro doctissimo et mibi cliarissimo. Tiguri. A Zurich. ^ Évangilo selon St. Jean, XXI, 25. * Scil. Bullirigernm. * Voyez la lettre de B. Comte à Rod. Gualther du 5 janvier 1543. T. VIII. 19 290 CONRAD PELLICAN A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1543 1209 CONRAD PELLICAN à Jeaii Calvin, à Genève. De Zurich, 3 mars 1543. Autographe. Bibl. Piibl. de Genève. Vol. 11° 110. Cal. 0pp. XI, 517. S. Quïe de commiiiiibus cliristiane pietatis negociis scribenda suiit, piissime doctissimeqiie Calvine, Bidl'wfjerus noster ex<^- qiiitur tecum, ut ejusmodi nihil, scio, à me petas. Ego nihil aliud liabeo quàm desiderium profectus magnitici per te et tuos pas- sini fratres ampliandi in Gallias, et salutis incoluniitatisque tue, ut in agro Dominico operosè, fideliter et fœliciter promoveas ad gloi'iam Dei et animarum salutem. Accusatus est verô nohiscum, nescio de qiiïbus verhis injurio- sis, candidissimus amicus meus et xir ^m\ctu9, G uillelmii s Far el- lus, quasi dixerit nos Tigurine Eeclesie perlidos doctores et minime sinceros ac deceptores '. Id ego non credo dixisse, mira- rerque, si dixisset, qua ratione et quibus nostris demeritis provocatus dixisset. Si tu quidpiam in causa pietatis et doctrine nosti à nobis perperam ac insincerè, vel contra sanum intellec- tum Scripture scriptum vel dictum, obsecro vel me non celés, etsi velis secreto servandum, ad emendationem morum vel doc- trine. Dolerem valdè talem et tantum virnm contra nos qualibet ratione juste permotum nostra culpa, vel sua injuste, quod cTgrè crediderim. Et hœc tibi in aurem dixerim. Ulcus enini ai)ud quosdam nostrorum sujjpurascit, qui prêter meritum et falsô sic nos traduci à tanto viro credunt et dolent. Est verô quod abs te vel a Domino et fratre meo Vireto offi- cium exposco. Cu\no enim Francisci Vatahli Parisiensis edi- tiones hehraicas textus sacri consequi, si qui sunt vénales vol)iscum, in illa forma qua jam nunc habeo Esaiam, leremiam, Danielem, XII Prophetas minores : lios enim, inquam, jam ' Voyez la réponse do Calvin du l."^ avril, et la lettre de IVllican du 13 mai. 1543 l'IERRK TOUSSAIN A MATTHIAS ERH, A KIQUKWIR. 291 dictos quidem habco. Optarcm autciii residuos qiuxiuc coiiscciui, ut siiiit Salomoiiis libi tros, Pcntatciichus, P^zccliicl. lob et Psalmi, in oadom ut dixi foruui, ob jiterani majusculani i\ndi mihi seni foret gratior -. Si qui nunc taies vénales sunt vobis- cuni, haruni lator niihi adferet et |)recium à me suscipiet dignuni. Age i)er te vel aliuui ut sciaui quid mihi s])erandum. Domiuum et fratrem Viretuni cuj)io in Domino scmper cum ecclesia tecumque gaud(Mitem. Commendatos, credo, liabes til)i viros exnles Italos bonos. Et qui nobiscum > in Christo Domino nostro. Quid Métis agatur j)rorsùs ignoro. Cu])io autem ut omnia ad gloriam Dei et consolationem fidelium, Tiguri 3 Martii 1543. Tuus totus CoNRADUs Pellicanus. (Inscriptio :) Piissimo doctissimoque theologo Joli. Calvino, Ecclesiœ Gejievensis pastori sancto et fidelissimo, Amico colen- dissimo. 1210 PIERRE TOUSSAIN à Matthias Erb, à Riquewir. De Montbéliard, 4 mars 1543. Inédite. Autogr. Arch. de l'église de Bâle. S. Cancellarius noster ' nuper mihi Lugduno rç\evso-, literas tuas pietatis ac benevolentiœ erga me i)lenas reddidit : gratissi- ^ C'est la belle édition in-4" de rAiicieii-Testameiit en liéhren publiée à Paris de 1539 à 1544 par Robert Estienne (Voy. Maittaire. Steplianorum Historia. Londini, 1709, II, 19). Les théologiens zuricois s'en étaient servis pour leur traduction latine de l'A.-T., achevée d'inii)rini('r en 1513. * Leurs noms nous sont inconnus. ^ SigismoHd Stier. '^ On pourrait croire que Toussain a écrit par distraction reverso, au lieu de reversus. Mais ce dernier mot ne s'exjjliquerait pas. Le chancelier, venant de Lyon, aurait-il pu remettre à Toussain une lettre écrite de Riquewir, ville de l'Alsace V II s'agit donc, en réalité, d'un voyage de Toussain à Lyon. 292 PIERRE TOUSSAIN A MATTHIAS ERB, A RIQUEWIR. 1543 miimquc fuit quod ille inilii Principis nostri Georgii jussu iiai*- rarit, Archieinscopum Coloniensem, Mo)fasferiensemque ac Min- densem Episco]Jos Christi eimugeliiim récépissé'-^. In Galïia Jiorent literœ, miiltaqiie siint iïlic pnsedara ingénia, ac infiniti mortales verhi Dei shidiosi : iametsi paucos invenias qui, o)) tyraniiidem ac saevitiam Episcoporum, Magistrorum nostrorum* et monachorum. i)otiùsqiie Régis Christiani, Uherè confiteri audeant. Lngduni conjectus est in vincula Dolefus ille qui nol)is laiinse lingnœ Commeniarios scripsit ', qui. uuj>er eductus ut causam diceret coram Svnagoga Pharisœoruni rogatusque al) Inquisitore fidei '' (ut vocant) an crederet in Deum, respondit « se meliùs illo credere, et aliquid se prseterea credere ac scire, quod ille non crederet. )) Roganteque Inquisitore quidnam illud esset, « Ego, inquit, credo ac scio te asinum esse vt liyi)ocritani, id quod tu non credis ', » Quôd scribis, Principem nostrum Georgimn daturum semi)er operam ut D^ix Christophorus'^ i)ergat promovere negotium ^ Hermann de Wied, archevêque de Cologne, et Frcintz de Waldeck, évêque de Munster, d'Osnabruck et de Minden (Seckendorf, III, 418). L'af- firmation de Toussain était prématurée, quant au second de ces prélats. * Les mots nos maîtres désignaient ordinairement les docteurs de la Sorbonne. ^ Voyez Joseph Boulmier. Estienne Dolet. Sa vie, ses œuvres, son mar- tyre. Paris, 1857, p. 108, 110, 113-117, 146, 284. 6 jYère Matthieu Orry, élu inquisiteur de la foi par lettres-patentes du 30 mai 1536 (X. "Weiss. La chambre ardente, p. xvii). II rendit, le 2 octobre 1542, avec Estienne Faye, otficial et vicaire de l'archevêque de Lyon, une sentence par laquelle ces deux personnages déclaraient « le dit Dolet, maulvais, scandaleux, schismaticque, héi'étique, fauteur et deffenseur des hérésies et erreurs, et comme tel le délaissoient réaniment au bras séculier » (Procès d'Est. Dolet, cité par Boulmier, p. 219). ' Joly (Supplém. au Dict. de Bayle) et Boulmier, o. c. p. 220, ont publié les vers suivants d'un contemporain : « Dolet, enquis sur les poincts de la foy, Dist à Orry qui faisoit son enqueste : « Ce que tu crois, certes ! je ne le croy ; « Ce que je croy ne fut oncq en ta teste. » Orry, pensant l'avoir prins, en feit feste ; Luy demanda : « Qu'est-ce que tu crois doncq V » « Je croy, dist-il, que tu n'es qu'une beste ; 0 Et suys certain que tu ne le creus oncq. » * Le duc Christophe de Wurtemberfj, tils dTlric et neveu de Georges, I I 4. ^ I 1343 PIEllRE VIRET A GLILLAIME FAREL |a GORZe]. 293 Christi, me non |)ai-ùni exhilaras, (luandoiiuidcni midta hic simt adJiHC quse refornudione ac corredione opns haheanf, qmnn hîc eiiivis liceat quidvis inipune, multaqiK; quidcni «'dicta advcrsùs publica riagitia vnlgcntnr, sed niandatonini linjusmodi traiis- gressores non |)U]iiantur. AdlkTc pcssimo oxonijjlo fcruntnr Sacrifici, Consiliai-ii et officiarii, (pii nnnqnani audiant v('r]>uni Doi, sed palàni déclarent se ab Evangelio ali(>nos. Qiiod maluni, scio, non hîc reliqnisset nobis Cornes Georgius, si in sua manu fuisset tollere, sed cujus nunc suasu posset Dux Christophorus, natura clemens et pins, liuic nialo niederi. Ego, quoties cœnam Domini singulis annis célèbres, item an particii)aturi sese antea Ministro représentent, quô fidei siiœ rationem reddant ^ adhœc an illam aegrotis privatim administres, scire cupio, et tuam super his audire sententiam '°. Vale in Domino, frater et amice integerrime, meque Illustris Princi])is nostri Georgii clémentine semper commenda. Et boni consule liane epistolam, quam ego rajjtim ac tumultuanter ad te scri])si. quuni CaHceUurius noster signiticaret se habere ad te nuntium. Mombelgardi, 4 Martii 1548. TuilS P. TOSSANUS. (Inscript 10 :) D. Matthiie Erbio, ecclesiae Riclievillensi pastori, fratri siio et amico integerrimo, Richevillae". 1*211 PIERRE MRET à Guillaume Farel [h Gorze.] De Lausanne, 15 mars 1543. Inédite. Autographe. Dibl. des pasteurs de Neuchâtel. S. Postidabas literis quas fratri ' ad me dederas, ut te de statu avait ])ris en main (juillet 1542) le gouvcniciiiriit du ronité de Montbéliard. ^ Calvin avait institué jiarcil oxaiucn dans rétrlisc tVançaisf de Stras- l)ouriï (1540, t. VI, p. 223, 224). '*. Voyez la lettre de Toussain à Erbius du 2!» juillet 1543. " Le verso porte un billet écrit en allemand [par Stier ':'] et adressé à Matthias Erb. 294 PIERRE VIRET S. GUILLAUME FAREL [A GORZE]. 1543 nostro ac totius ecclesiœ facerem certiorem. At quô minus id preesteiii obsistimt pliirima. Primùin ipsa rerum natura de qui- bus scripturus ossem, quse eo sunt génère ut non tutô literis comniitti possint. Deind(\ si ah ovo quse contigerunt exordiar, miJd opus nascetur longius Iliade, ac vevè, quod dicitur, Ilias xax'iîv. Nam miJii agenda ac peragendafuMfahda nmUb moles- tissima ac verè TpxyiyMzâr/i, cujus adeô turbulenta fuit epitasis, ut nihil aliud milii prsesagire, ex iis quse gerebantur, jure potue- 4 rim, nisi exituni lugubrem ac verè tragicum, nisi deus, velut ànô rnç iJ.Yiyavhi, mihi repente apparuisset, qui catastrophen afferret spe mea lœtiorem ^ Sed ah hiijiis narratione luhens siqjer[se]deo, tum quod aniimis meminisse horref, htm quod sperem te à fratre ^ ciii sunt satis omnia comperta, latiùs ac tiUiùs auditu- rum. Nolo enim rem aggredi, nisi totam à cake ad caput descri- bam, quod nimis operosum esset, et hoc tempore non vacaret pcriculo, ])ra'sertim in tanta viarum difficultate, in quibus omnia intercipiuntur \ At ne frustra ac temerè te cruciem, hoc tihi persaadeas velini, Domimim mihi ac siiœ ecclesiœ mirabiliter adfuisse, ac ita eventum tempérasse, ut nos lahorum non pœni- teat : quem magis atque magis deincej)» nostros conatus fortuna- turum s})eranms, quamvis nobis vêtus liostis multis modis et hactenus à nol)is non expertis, exhibuerit ac denique exhibitu- rus sit negocium. Verùm permittamus nos totos ipsius voluntati, cujus te démen- tis commendamns, ut hrevi aliquid ahs te nuncii lietioris acci- piamus, quod i)ropediem futurum confido^ Non enim addnci X>ossum, qidn credam Domimim istius tandem ecclesiœ ^ misertii- ^ "'■ * Gauchier Farel, qui était parti pour Gorze, lorsque son frère Claude fut de retour à Neuchâtel le 24 janvier (N"^ 1199, 1201). ^ Ne pouvant entrer dans les détails sans se plaindre de MM. de Berne, Viretse restreint à une vague allusion aux tracas et aux ennuis qu'il avait endurés. Les causes de ces tracas sont connues. Il suffit de les énumérer : La requête du 1" novembre 1542 ÇS" 1174), le livre sur la vente des biens ecclésiastiques, la délation perfide d'Antoine Marcoiirt, et l'obligation, pour Viret, de comparaître, à plusieurs reprises, devant les magistrats bernois (16, 17, 18, 20, 22, 24, 25 janvier 1543). Voyez les N'" 1194, 1196, 1200. Le « dieu-niacbine » fut peut-être J.-J. de Watteville ou l'ambassade que LL. KVj. décidèrent, le 25 janvier, d'envoyer à la Classe de Lausanne. •* Plainte fréquente à cette époque. * Les événements du 25 mars donnèrent à cet espoir un cruel démenti. I 1513 PIERRE KUNTZ A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 29a nim, atqiie cô pote ntiîis suani ('xcrtui'uni ijotcntiaiii at(iii<' ^do- riani, qii5 jx'rtiiiaciùs ot iiid(Mnontiùs liostis aiitiiiuus i-cnititui-. Quis onim credat sunimuin illum j)as^oi'(>in ovcs (luas sanguine siio mercatus est, dospectui ac contemptui habituruni? Quis \ovb dnbitet ihi oves esae Christi, nhi tanin avidUate ah oninihas accurritur ad sacrosandam EvaDfielii pahulum , (luo niliil arden- tiorïbus votis expetihir? Quis (l('ni([U(' non sihi j)ersuadoat. veteratorom illum valdè ])ivmi ac pvïesagire sibi pi'oxiniuni cxi- tiuni, qui tantopore si])i nietuat et (>xtrema onmia nioliatur V At non erit à-Aovixi Victoria, alioqui i)ariini essct gloriosa, sed Christi bonoficio t'uturam si)erainus àv/xiii^ri. Tu igitur, divino trotus auxilio, niajus in dics. ut soles, robur aninio concij)e. Quôd si nondimi venerit Jiora, necdiim velit istîiic Dominus tua ojjerauti, quoà vix tamon niilii i)ersiiaderi i)atior, committe om- nia eJ7(S arhitrio et proi'ideutiie cui militas. Nostri te omnes salvere jubent, qui (^t ijjsi salvi sunt. Nam liherarit nos Domi- nns peste quse in corpora grassahatur, atque utinam ah animo- rum peste hrevi Uheref' ! Saluta meo nomine fratres onines. Lausanna?, 15. Martii. 1543, TUUS P. ViRETUS. (Inscriptio :) G. Farello, V(M'])i ministro fideliss., fratri et amico chariss. •* 4242 PIERRE KUNTZ à Jean Calvin, à Genève. De Berne, 20 mars 1543. Autographe. Bibl. Publ.de (;(>nève. Vol. n" 10!). Cal. ()i)p. XI, 518. S. Rariiis, fateor, (luàni aninioruni nostrorum exj)oscebat cha- ritas, ad te scribo, Calvine dilecte, queni mihi fratreni in Domino ® L'église de Metz. ^ Les grands adversaires de la Réformatioii à Lausanne ne désarmèrent que beaucoup plus tard. * L'indication écrite sur la 1" jiage par iiric main plus récente : « Nota du 14 May 1543 » est erronée. Olivier Perrot a reproduit cette fausse date, 296 PIERRE KLiNTZ A JEAN CALVI^, A GENÈVE. 1543 amplexor dosidorantissiiimm. Porrô, etsi olim, diim oa fortassis durarot et reruin injuria et simul fatonini passim inclemeiitia, HOHtnhil dissiliisse vider ipoterant uninn ', in hotmm tamen coope- i(da sunt lUrisque onmia, adeo lU toto mine corde gratias agmn Domino, qui nos 'pro sua. honitate reconciliare dignatus fuerit ntrinque-. Pênes me igitur nihil fuci, nec putridae simultatis liœi-et anij)iiùs, Calvine optime, quippe qui tam certani spem de tua ct>nceperim jani charitate, qua anipiexaris omnes quotquot sinceram diligunt veritatem. Ne ergo hœsites, volo, quominus constantem existimes mefratrem inveniri et amicimi integerri- mum, eum ob id maxime quôd sciam nolns in i]jsa pietatis doc- trina convenire solide, tum verô quôd tu quoque eandem verita- tem aliis passim cuj)is notam fratribus, quos pro gratia tibi a Domino in liujus ministerii sortem luculenter concredita, ad sanctam unitatem et communem ecclesiae Dei sedificationem tanto instruis ac proveliis studio : j)rimùm quô ipsi verbum Dei intelligant pure, deinde ut in ecclesia Cliristi id ipsum dispensent iideliter, et demum sacra Christi symbola tractare discant quàm augustissimè. Certus suni in-go, frater in Domino observande, id unum omnibus quideni votis jam testuare pectus tuum, ut scmel in unum coalescanms aninii sensum, idem sapia- mus in Domino. Hanc igitur cum novi te in pectore gestare mentem, non potero non me tuœ credere fidei, sjjerans fore i)roi)ediem, Cal- vine, quo ])aulô rectiùs semel formentur multa, (lu* usque in hanc horam desiderentur à nobis omnibus, Jam etenim cum meis in sumnia fatisco rerum angustia, jii'ocurante nobis eam invidia3 temi)estatem quorundam sitibunda ambitione, qui nobis plebem ferè totam impudenti nimis mendacio exacerbarunt impie*. Sed videbit Dominus et dijudicabit inter nos, quinam en tête du résumé qu'il donne de la présente lettre (Vie manuscrite de Farel), — Au verso, l'annotation ancienne : « Viretus ad Farellum ah mmo 1543 ad 1558. » C'était l'étiquette des lettres de Viret conservées à Neuchàtel dans les archives des ])asteurs. 1-^ Il suffit de coini)arer cette lettre avec le t. IV, pp. 379-384, pour s'assurer que les relations de Pierre Kuntz avec Calirin s'étaient entière- ment améliorées. Leur réconciliation datait, en réalité, du retour de Calvin en Suisse (Lettre de Sultzer du G oct. 1541, t. VII, ]). 284,285, renv. de M. 3-7; p. 28G, avant-dernier i?). ' Vu les faits mentionnés précédemment (N"' 1137, n. 2; 1147, n. 2; loi3 JEAN CALVIN A l'IERRK VIHEÏ, A LAUSANNE. 297 siiit quorum nialitia turbotur ocdosice ti'au(iuillitas. Tu val(> in Domino, boni consulons lias moas qualcscuiuiuc incptias. Salu- tant te fratros, cum|»rimis Sidzerns/ quem tibi nosti dcvinctis- simum. Benue, 20 Mai-tii anno 154o. Tuus in Domino PeTRLS CONZEiNUS. (TnscrijMo :) Clarissimo viro D. Joanni Calvino, Gcncvatum ei)iscopo vigilantissinio, t'nitri sibi in Domino observando. 1213 JEAN CA.LVIN à Pierre Viret, à Lausanne. (De Genève, 24 mars 1543.) Copie contempor'. Impr. en parti(^ dans les Calv. p]p|). 1575, p. 875. Calv. Opp. XI, 521. Mitto ad te literas Pellkaiti-, ut ipse quoque mecum cogites quorsum vergat quod scribit de Farello\ Tametsi suspieabar me sub illius nomine potiîis notari, milii tamen in mentem vene- i-at ipsum simpliciter excusare, de me tacere prorsùs. Nihil tamen facturus sum donec consilium tuum mihi exjjosueris. Nam quia de libris quos petit, niliil certi habeo, expectabo donec è nundinis redierit GulUelnms''. Antonius, ut scis, receptus est, idque sine ulla controversia \ Sic sapiunt fratres, ut nihil nK^liùs judicaverint quàm tôt flagitia silentio abolere. Fieri non i)otest, (piin Dominus ad hanc nostram socordiam vindicandam brevi 1167, reiiv. de ii. 2), il ost vraisembl.ablc qu'É'ra.ff/te jR/Z/tv ot ses adhérpiits taisaient accroire au peuple que SuUzer, Kuntz, etc., travaillaient à clian- ger la religion et à se faire adjuger une plus grande jiutorité au sein di' l'Église. ^ Elle est de la main de Charles de Jonvilliers. ■^ Lettre de Pellican du 3 mars, et réponse de Calvin du is avril. ' Bèze a supprimé de Fareîlo et tout ce qui suit jusqu'à de libris. * Guillaume du Boix, ex-associé du libraire imi)rimeur Michel du Bois (VII, 2.52, n. 3-4). ^ Il ne s'agit pas tV Antoine Froment, niais (V Ait toi ne Marcourt, que 298 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. 1543 tribunal conscendat. Mihi per MaWiieum ^ indicavit, se hortatu Sulceri redire mecum in gratiam cupere : sed qua lege ad hanc reconciliationem desconderem V CcTeterùm, si colloquiuni seinel petierit, Dominus viam aperiet. Ntiper disceptatiomm habuimus cmn Senatu : sed quœ statim fuit composita. Reuuntiaverat nohis Syndicus in Consistorio, 8enatu))i jus ejccoimmmicandi sihi retinmsse\ Continua excepi, decretnm hoc mit morte mea mit exilio sanciri oportere. Postridie vocavi fratres : ex eorum consilio postulavi a Syndicis, ut Sena- tum nobis extra ordineni darent : annuerunt, etsi non libenter. Illic longa et gravi oratione de tota re disserui : obtinui nullo negotio quod petebam. Quantum intelligo, acriter increpiti auc- tores : quos si nescias, divinarc tamen potes. Bene vale, Dominus te custodiat et semper gubernet suo sjjiritu, fratcr mihi dilec- tissime. Saluta mihi Rihittum, Lnhertmn * et reliquos \ De Bel- lomontano^^ nihil scribo, quia si ad Reginmn proficisci cogitât, hoc iter faciet. Est autem Regina i])sa Neraci^\ Neque illiiic recedet ante partum'-. Pridie Paschatis (154o'-). JOANNES CaLVINUS tUUS. MM. de Berne avaient élu, le 8 mars, pasteur à Verftoix, dans la Classe de Gex. " Matthieu Geneston ou Matthieu Blanch ? ^ En vue de la communion de Pâques. ® Jean Sihit, professeur de grec, et Imbert Paccolet, professeur d'hébreu à Lausanne. ® Bèze a supprimé le paragraphe suivant jusqu'à j:)arfMm. •» Monsieur de Beaumont (VU, 288, n. 7). '' Marguerite, reine de Navarre, résidait alors à Nérac, dans la Guyenne. *^ A propos de la lettre de Marguerite à François I que nous avons reproduite dans le t. VII, p. 389-392, et qui est, selon Génin, du mois de décembre 1541, nous en avons cité une autre (p. 390, n. 2) du 29 décembre, même année, où cette reine fait allusion à sa grossesse. Comme on ne peut guère supposer qu'elle fût dans la même position en mars 1543, il est pos- sible que le mot parfum se rapporte ici à la fiMume de Beaumont, et non à la reine Marguerite. " Les détails relatifs à Antonius et à Fellican fixent l'année. Pâques tomba sur le 25 mars en 1543. 1543 PIKURE TOUSSAIN A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 299 PIERRE TOUSSAIN à Jean Calvin, à Genève. De Montbéliard, 24 mars 1543. Autogr. Bibl. Pul)l. do (;e dubito quin sis semper facturiis quic- quid ad gloriani Doniini pertinere judieaveris. Bounaw convc- nient^ ad Episcoimm Coloi/iet/sem PliiUppus, Hedio et (dii quidam eruditi, ad Christi regnnm proi)aganduin. Hîc vivo, niultis de causis, non sine labore ac molestia '. tanK^tsi (gratia Deo) Dux Christophoriis animuni ])iilchre adjungat ad Evan- gelium. Cœtera ex hoc nuntio intelliges, Bene vale in Domino, (jui te quàm diutissimè servet cuni uxore et familia. Saluta milii dili- genter fratres omncs, nominatim autem Antotmmi\ Monbel- gardi, 24 Martii 1543. Si istuc ad te venerit aliquis ex nostris, fac euni diligentci- admoneas officii. Tuus ex animo P. Tossanus. (Ittscriptio :) A'igilantissimo ecclesise Genevensis jjastoi'i D. Joanni Calvino, IVatri suo observando. Genevœ. ^ Pierre Caroli ? - Toussain savait avec quelle sollicitudf Calvin s'était jusqu'alors occupé de l'église de Metz. 300 JEAN l'archer a GUILLAUME FAREL [A GORZEJ. 1543 121 5 JEAN L'ARCHER ^ à Guillaume Farel [à Gorze.] De la Neuveville, 27 mars 1543. Aiitogr. Bibl. des pastoiivs de Neuchâtel. Iiiipr. (ni i)artie dans Calv. ()j)i). XI, 522. JoANNES Arquerius ])io ac docto Guliehiio Farello gratiaiii et jjacem a Deo. Non oj)Us est in prœsenti, doctissime Farelle, uti vulgato illo exordio : si quid haborcMn qiiod ad te scriberem, facerem id, et |)iuril)us. Tôt enini et tant^e su])j)etunt res, ut iinde initiuni sinnam, nesciani. Tamen tental)0 pro vii-il)iis de omnibus qua? inultîim referre putavi te scire, certiorem facere. Anteqnam verô ad ])iTecipua capita accedam, te per Christum oro ne putes me prorsùs oblituni tui. projjterea quôd adhuc tibi non scripserim. Factum certè est partim negligentia, partim quôd nescivi semper eos qui ad te perventuri erant : quod si scivissem, non pra^ter- misissem quin ad te literas non dedissem. Nunc ad rem. Principio. quantum ad poimlum nostnun adtinet, non video cid simileui dicant, nisi equo effreni : nihil timet, nihil illum pudet. neque ullam jjutat se tenere legem. Cum causas tantse im- pietatis et nequiti* inquiro, cui im])utem nesdo, nisi quôd ins- tare aut adesse arbitror tempus illud maledictum quo iniquitas abundabit, charitas refrigeseet, etcpiononerit tidessujjer terram. Xam non solùm iivT, rixse et dissentiones sunt inter i)0|)ulunL veriim etiam inter eos qui eum erudiunt. Non tantùm j)Oj)ulus novitati studet, verùm ministri. Ut rationem nonnullorum tibi ■■' Dans l'édition ili- Brunswick, conveniunt. * Voyez le X" 1210, renvois de note 8-10. '" Antoine Cdlrin. ' Natif de Bordeaux. Son nom en latin est rendu par ces formes diverses : Arcuarius, Archesiu.t, Arquerius, Sngittarius. En 1541, il étîut établi flans le comté de Neuchâtel (Vil, 83, 274), ])eut-étre en (jnalité de maitrc d'école. Plusieurs pasteurs débutèrent ainsi. 1543 JEAN l'archer a Guillaume farel [a gorzeI. 301 reddam, sic habo'. Siiix'iioribiis diobus tanta fuit (iltercafio iiiter honum ilhnn viruni Tussamnu et genentm Capioiculi ^ lit vix conii)oni potuorit. Nebulo illc niin ol) iiialct'acta (lua'daiii. tiuiciis Princij)em, aiifiigissct, puriïationcs quasdaiu iiialcdictis in Tiix- samim scatentos scripsorat. Et orant ex nosti'is duabiis scUis sedontes, qui utriquc i)lacci'e studebaut; tauien l)ona jjai-s i-ccto pede inccssit. Tandem ics tota, gratia Doo, coniiiosita est. Tus- sanus enim in nuiltis cuni in(>ndac'ii argnit et convicit. (^)uan' coactus est nehulo, invitis omnibus qui jlli favcbant. culpani agnoscere et veniani deprecai'i. Hic (>st exitus hujus dissentionis, cui si interfuisses, dici non |)ot('st (luàm graviter et ini<]uo aninio tulisses. Ut eorum qu£e postremn joco dixi rationem reddam, sic accipe. Paucis ante diebus Diix yiriohergetms* iitisif _pIio suo exetitphir ordinationis ecclesiarum totius suie ditionis. ut per Comitatnni MovheUkardensew jnvnndgare faceret\ Hinc rediens Michaël Dnhitatus'^ fratribus retulit cum niagno aninii doloi-e : assevera- bat enim in illa multa indigna Cliristianis contineri ; niliilomi- nus tamen s(^ recipere velle. Id cum audivissent f mires raldè mirati sia/f, qnod ca pcdeda semper Jmhuerit cum eis onn/ia communia'', nunc i])sis insciis aliquid tentaret. Dicebat enim Micha'êl Ducem pmecipere. ut ei'igerentur statua' ("hristi, ut fièrent orationes ])ro defunctis. et alia nugalia. quorum omnium nulla fit mentio. Cum autem exemplar unum hal)uissemus, bone Deus, quomodo multi ex nostris irriserunt ! Propterea quôd ibi mentio fit fcM'ia- runi Christi, Ai)Ostolorum et aliorum quorundani. cœnae a'grotis et [illis] qui ad morteni adjudicati sunt. communicandcP, festini baptismatis " : indigna quœ recii)erentur multi ex nostris adjudi- cabant. Deinde (juia il)i sunt variœ et multipiices orationes ])r() * Ici commence le texte publié parles uouveaux éditeurs de Calvin, * Ce « gendre » était Jean Courtois (Cortesius), pasteur d'abord à Glay, puis à Yillars-lès-Blamont, dans le Montbéiiard (VI, 204, VII, 47, 182). *'° Cette Ordonnance, envoyée à son fils par le duc Ulric, ne fut impri- mée qu'au mois de mai ou de juin 1543 (X" 1243). ® Michel Dohf ou Douhfé. iiastenr à Exincourt (M, 204). ^ Les églises réformées du Moiitl)éliard ayant été fondées par GuiU. Farel, avaient reçu de lui les cérémonies de l'Église neucliâteloise. * Ed. de Brunswick : fcsUri haplisinal/.s. Ce ne serait ]iliis l'ondoiement. 302 JEAN l'archer a GUILLAUME FAREL [A GORZE]. lo43 statibus iiuiiidi et nocessitatibus ecclesiarum, inter quas sunt pro fructibus terrœ et animis in tribulatione existentibus, irri- dentes dicebant esse orationem pro aniniabus in purgatorio detentis'-*. Quae cum rescivissem malè me habuerunt. Quorum omnium antesignani erant Barharinus et Gaspar^'^, quil)us pro virili restiti. Hoc enim testimonium fero de hac ordiuatione, veram esse et divinam, rdJiilque esse quod non lïbenter reciperes. Ex illis intelligere potes, quàm plerique nostrûm sint pacis et ])8edagogia? amantes. In dies et horas conqueruntur quôd po- |)ulus non obediat Evangelio, quôd i)arvi faciat ministros : malum quidinn vident, sed causam mali videre non possunt. Causa mali est, quôd multi non faciunt suum officium, et i)Opulus disciplina non regitur. 111 i monachatum damnant, et tamen multi veri sunt monachi. hoc est, solitai'iam vitam agunt, non vigilantes su])er gregem ' ' . Aliud est quod te scire volui. Michaël Dnhitatus adhuc exci- tât disputationem de loco Math. IS.aitque vestrum articulum cum doctrina Christi ibi tradita pugnare'-. Cui adh?erent Michaël Blasievsis et Gaspar^^. Horum omnium, mi Farelle, te admoneo, non ut te contristem (licet sciam te hœc sine dolore audire non posse), sed ut his malis remedium invenias. ( )ro te atque obtes- tor, ut ad fratres de omnibus diligentissimè scribas et ad com- munem i)acem (>cclesiarum adhorteris ' '*. Hucusque tristia nuntiavi, la^ta nunc signiticabo. Smnmarium satis diligenter et emendatè impressum est ' ', Quidam ex fratri- bus cum inciderunt in locum, quomodo a^groti petere dehent cœnam sibi dari^\ offensi fuerunt, dicentes te non debuisse hœc in lucem emittere, quin priîis fratribus communicasses ''. (^)uilius * Les innovations imposées par le duc Ulric aux églises du Moutbé- liard seront mentionnées dans quelques-unes des lettres subséquentes. 10 Thomas Barharin, pasteur à Boudri, et Gaspard Carmel, pasteur dans le Yal de Travers. " Ici le texte de Tédition de Brunswick est interrompu jusqu'à Hucusque tristia. " A comparer avec le t. VII, pp. 78, notes 2-3 ; 171, renvoi de note 5 ; 172, 178. 18 Michel Mulot, jiasteur à St-Blaise, et Gaspard Carmel. >* Voyez la lettre de Farel du 31 mai (V 1240). 1^ C'est le Sommaire de Farel (N" 1130, n. 19). Nous n'en connaissons pas d'exeiii])laire de l'année 1543. 1543 JEA.N l'aUCHER a GLILLAUME FAREL [A gorze]. 303 respondi, tv cum Calvino et Vireto contuliss(:''^ Doinde Nohiles Vasconiœ imper multa a.Rege m favoi'em tidcliiiin iinix'tranint '^ ita ut maxime pœnituerit Bnrdegidensem Senatmn combussisse (juendam ex nostris^". DoJetus multos cgrcgios et utiles libelles gallicè imi)i'essit, neiiipe : Novum Testamentum, Prœcatioi/es Bihlicas, Fontem Vitœ, Adhortutionem ad studium sacra ni m Uferarum ex Patrihns excerptam, Enchiridiou militis christani, Prieparationem ad niortem-*, et alios multos, (jui. quantum audivi, fruetum multum tVcei-unt. Tandem in carcerem conjectus et haereseos accusatus, Lideciain ductus est". Qnid illo factum sit nescimus. Institui proticisci in GaUiani intra mensem, at maxime vc^llcni, si fiei'i poss(^t, antequam ireni, habere tuum consilium. >Sunt milii multa negotia, cum Evangelii, tum mei ipsius causa : qui- bus expeditis, Deo Yolent(\ niox revertar, etj^er te ad Lutherum ïbo -'\ Haec mecum delibero, nesciens quid Deus disponet. Faxit *® Voyez sur la distribution de la sainte Cène aux malades, la lettre de Farel à Calvin du 21 avril 1544. ^^ Vu la décision prise à Lausanne vers le milieu d'octobre ou le 24 novembre 153G (IV, 188, renv. de n. 5). ^^ Ici, dans rédition de Brunswick, nouvelle interruption du texte jus- qu'à la date. *^ Erreur. Cf. Ernest GauUieur. La Réformation en Guyenne, 1. 1, ji. 64-75. 29 Aymon de In Voye (X" 1149, fin de la note 18) ? ^* Dans sa Biographie à'EstieHne Dolef, .Joseph Boulmier donne in- extenso les titres des livres im]irimés par cet humaniste. ^^ « Dolet recourut à la clémence royale.... Mais il ne dut son salut et sa liberté qu'à Fintervention de Pierre du Chastel, alors évêque de Tulle. A certain cardinal (probablement François de l'ournon) qui lui re])rochait de prendre fait et cause pour des misérables,.... du Chastel répondit : « .J'ai « pour moi l'exemple des Apôtres et de tous ceux qui, par leur sang, ont « cimenté l'édifice de notre sainte Église. Il m'apprend, cet exemple, que le « véritable rôle d'un évêque consiste à détourner l'esprit des rois de la « barbarie et de la cruauté, pour le porter à la mansuétude, à la clémence, 0 à la miséricorde. Vous donc, qui m'accusez d'oublier mon titre de prélat, « sachez, monseigneur, que je puis à plus juste titre, rétorquer cette accu- « sation contre vous : Nous sommes deux ici d'opinion contraire. Eh! bien « l'un remplit le devoir d'un prélat : c'est moi; l'autre fait le métier d'un « bourreau : c'est vous ! » (Vie de P. du Chastel, en latin, par Pierre CJal- land, 1674. — Procès de Dolet. — Boulmier, o. c, p. 220-223). Le roi fit grâce; mais malgré ses lettres de rémission (juin et 21 sep- tembre 154.8), Dolet ne sortit i)endant, pour ce qui regarde la salutair(> doctrine de notre salut, elle devait être à Faveinr enseignée et prêcbée libi-ement, purement, comme il convient, en indicpiant le contenu de la convention. Là-dessus, nous aussi, nous avons été contraint de congédier nos hommes de guerre et de nous retirer dans notre i-ésidence habituelle ', pour y attendre le résultat de la susdite convention. Mais, sur ces entrefaites, et par diverses causes à nous incon- nues, — peut-être pour le plus grand bien de la ville de Metz'\ — les ambassadeurs ont consenti, encore pour un temps, à dif- férer jusqu'à plus ample examen, la publique prédication du saint Évangile. ÎNIais [alors] beaucoup de bons chrétiens de Metz, poussés par un véritable zèle i)0ur Christ, noti-e Sauveur, n'ont pas voulu aller à la sainte Cène et célébrer le jour de Pâques selon les cérémonies papistiques, mais suivant la véritable institution et Toi-dre du Seigneur, et conformément à l'ordon- ^ Concluo à Poiit-à-Mousson et coutinnéc à Metz le KJ mars 1543.' >■ ()ii accorda deux choses au Comte de Fursfeniberg. La première : que les citoyens de Metz et nommément les Ecclésiastiques luy feroient réiiaration d'honneur, en disant que ç'auroit été injustement et à tort que l'injure dont il estoit question luy avoit été faite [N" 1137, n. 9], et qu'ils ne le tenoient i)Our autre que jjour un Comte honorahle,... et que réciproque- ment le Comte se contenteroit de cette satisfaction... La seconde, qui estoit la principale, voire la seule chose que ce Comte ])réteiidoit, fut qu''H y aurait de là en avant un Ministre ou un Prédiamt qui, avec toute liberté, prescheroit la doctrine de Putlier dans la rillc : à quoy les députez de Metz consentirent enfin laschement » (]\Ieurisse, o. c, p. 76-77. — Nimsgern, o. c, p. 90-99). * Non à Gorze (car tout annonce que le comte Guillaume n'y était pas le 2.5 mars et jours suivants), mais probablement à Strasbourg, où il pos- sédait une maison. ■* Dans l'original : villeicht vmbs bestcn willen der St (Jouy-aux- Arches, à 10 kii. N.-E. de Gorze) par des gens de la ville d'Aiicey (Ancy- sur-^Ioselle). 308 GUILLAUME DE FURSTEMBERG AU CONSEIL DE BERNE. 154^^ hommes. Un certain nombre de bourgeois messins, hommes et femmes, auraient péri s'ils ne s'étaient pas réfugiés jusque sur les ponts[-levis] près de notre château. Ils ont été sauvés et recueillis dans la forteresse par notre garnison, qui tirait à outrance sur les Français et les Lorrains. De plus, quelques bourgeois de Metz qui avaient été indignement blessés et qui avaient su se tirer du danger, les ennemis les ont poursuivis et immédiate- ment pendus aux arbres, tout près de la ville de Metz. Item, ils ont assommé et tué ceux qui, le jour suivant, s'étaient réfugiés dans les villages, et de même ensuite ils ont infligé beaucoup d'outrages, le jour de Pâques et le lundi, à ceux qui sont sortis de la forteresse afin de parlementer avec eux, et, au lieu de tenir la foi jurée, ils ont tiré sur eux et les ont faits pi'isonniers et emmenés. Cependant les nôtres, tnalgré leur mousqueterie et la bravoure qu'ils ont déployée, n'ont pu rester ni dans la for- teresse, ni dans le bourg, ni dans les rues, ni dans les maisons, où les ennemis ont encore recherché ceux de Metz; et ils ont dû évacuer le lieu avec perte '^ Ajoutons que, relativement à M' de Oiiise, qui sur ces entrefaites se tenait et se tient encore à Pord- à-Mousson, ville du duc de Lorraine, nous avons dû, écrivant à la hât(\ négliger plusieurs détails que vous recevrez de nous prochainement. Donné à Strasbourg, le jeudi après Pâques, Tan, etc., qua- rante-trois. '^ « Sept ou liuit bourgeoises furent prises et eiinienées au Font à Mousson. Les maris d'aulcunes de ces femmes estoient au d. lieu de Gorze, qui estoient bannis hors de la cité pour la paroUe de Dieu. » (Chroniques mess. — Voyez le N" 1222, note 36). '8 Le 28 ou le 29 mars (X" 1222, n. 46). Dans sa lettre du .31, le comte Guillaume dit, par erreur, que la forteresse de Gorze tient encore. « Peu de temps après, environ quinze jours ou trois semaines, vinrent les Bourguignons en la d. ville de Gorze, de force,... et jirindrent le chas- teaul d'assault; et y avoit encor des François dedans... avec aulcuns des d. bourgeois de Mets, qui s'estoient mis à refuge là dedans. Tonttesfois ilz se rendirent..., leurs baignes [1. bagues] saulves, et furent laschés. Mais... les d. Bourguignons pillèrent tout ce qui estoit en la ville... et fut force aux bourgeois de sortir hors la ville. » (Chroniq. cit.) •1543 GUILLAUME DE FURSTEMRERG A SON AMBASSADEUR EN SUISSE. 309 GUILLAUME DE FURSTEMBERGà soii ambassadoui' en Suisse. (De Sliasbourg) 31 mars 1543. Inédite». Mamiscrit original. Arch. de B(>rno. ('opio communiquée par M. R. de Sinncr. (traduit de l'allemand) Voici les choses dont notre ambassadeur' doit informer ora- lement les villes de Bâle et de Berne. D'abord leur adresseï- notre amical salut et les assuinu- de notre bon vouloir empressé. Et [dire] ensuite : Il est arrivé l'an- née dernière. 1542, qu'un prédicant, nommé le Docteur Guil- laume Farel, ministre de l'église de Neuchâtel et bourgeois de €ette ville, a été requis par quelques personnes de la cité impé- riale de Metz d'y i)rêclier le saint Évangile -, Et, ainsi que cela avait déjà en lieu à Metz quelques fois, grâce an consentement de ceux de Neuchâtel, qui y avaient envoyé [un prédicateiir'^], Farel s'y est transj^orté. Mais comme le monde ne veut point su])i)orter la vérité divine, ce })rédicateur a dû s'éloigner de Metz, et, sa vie n'étant pas en sûreté dans la contrée. Nous, Guillaume, comte de F?irstemhery, etc.. — ])0ur riionneur de Dieu et par amour pour la sainte Parole, et aussi afin de remlre un service amical à la Loua])le Confédération, attendu que Farel nous a prouvé qu'il était bourgeois de Berne'*, — nous l'avons recueilli dans notre château de Gorze, où nous l'avons, avec ^ C'était « son cher et féal Philippe Hosen, » qu'il accrédita auprès du Conseil de Berne ])ar un l)ill(>t daté du ol mars et sitrné de sa main (Arch. bernoises). ^ Olivier Perrot (manuscrit cité) dit aussi quf Farel fut « appelé » à INIetz. ^ Jean Courfoi-^ et Jacques- le Coq, lesquels avaient prêché à Metz avant Farel, n'étaient ])()iMt i)asteurs dans le comté de Neuchâtel. •* Guill. Farel ne pouvait avoir le titre de bourgeois de Berne qu'en sa qualité de bourgeois de Bien ne et de Neuchâtel (IV, 45?). — Boyve. Annales, II, 313). 310 GUILLAUME DE FURSTEMBERG A SON AMBASSADEUR EN SUISSE. 1543 l'aide de Dieu, protégé jusqu'à présent contre toute violence. Nous l'avons aussi dès lors autorisé, comme de raison, à prêcher le salutaire Évangile et à distribuer les saints sacrements : ce dont il s'est acquitté chrétiennement ])endant un certain temps. Or, le jour de Pâques dernier, près de trois cents personnes, hommes et femmes de Metz, sont venus à Gorze, qui en est dis- tant de deux meïlen, pour y recevoir, selon l'institution de notre Seigneur et Sauveui-, la sainte Cène, qui y a été en effet célébrée. Et comme ils prenaient ensuite leur repas, dans l'intention de retourner à la prédication jjour l'heure de midi, le fils du duc de Guise, accompagné d'un grand nombre d'hommes à cheval, est tombé sur notre bourg de Gorze. Il a exigé l'ouverture de la forteresse et la reddition du prédicaiit : ce que nos gens de la garnison, bien qu'ils soient encore rudement et rigoureusement assiégés, ont refusé jusqu'à présent de faire ^ En outre, et le même jour, ils ont infligé aux bourgeois de ^lotz, hommes et femmes, les traitements tyranniques et anti- chrétiens qui sont décrits dans la pièce ci-jointe" d'après un raj)port digne de foi. A raison de toutes ces circonstances, et vu la situation de votre bourgeois et les actes honteux et déplorables perpétrés contre les Messins, il nous paraît que la Louable Confédération, étant un État chrétien, ce serait, de sa part, une action néces- saire et chrétienne d'en écrire sérieusement aux cantons et à leurs alliés, et de la manière la plus instante, en indiquant ce (|ue l'affaire exige, ainsi que nous espérons de vous tout bon résultat consolant. Fait le dernier jour de mars, l'an, etc., quarante-trois. Guillaume, comte de Furstemberg '. ^ Ce détail prouvo que, le 31 mars, jour où le comte Guillaume dictait les présentes instructions, Farel, fugitif de Gorze, n'était pas encore arrivé à Strasbourg. 8 N" 1216. ' L'ambassadeur du comte Guillaume se présenta, le lundi 9 avril, devant le Conseil de Berne, et, a])rès avoir lu ses instructions, il ajouta : Les gens de guerre ont rendu le cluiteau [de Gorsé], mais on les a laissés se retirer ; et, comme pendant la retraite, les Français ont voulu s'emparer de Farel, les gens de guerre se sont mis en défense et défendus de telle sorte, qu'ils ont tiré de là Farel, qui est maintenant .à Strasbourg . — On lui a iS43 LE CONSEIL DE STRASBOURG AU CONSEIL DE METZ. 31 1 1218^ LE CONSEIL DE STRASBOLUG au Gonseil de Metz. De Strasbourg, 5 avril 1543. Meurisso, op. cit., p. 83-86 '. Honorables, liion aymoz et bons amys, Salut. Après avoir considéré avec les Conseilliors des Princes et des Villes et les nostres, les difficultés et noises qui sont entre l'il- histre Seigneur, le Seigneur Guillaume, Comte de Furstemherg, et qiielqiies personnes ])artimdih-es de devers vous, avec comman- dement d'y travaill(>r sérieusement et avec diligence, et faire ce qu'il seroit possible jjour Tadvancement de l'honneur de Dieu et pour la prospérité et utilité de vostre ville de Metz, comme nous vous avons mandé cy-devant par escrit, — nos députés et envoyez, à leur retour, nous ont fait entendt^e ce qui s'est passé, mesme ce ciui a esté ordonné, et particulièrement que vous avez accordé à vos Bourgeois la demande qu'ils faisoieyd d'avoir une Église pour y presclier la parolle de Dieu ^, et, en ce cas, que vous vous estes comportez avec une affection juste et raison- nable ; et pour Vautre chef, concernant vos Bourgeois déchassez et la somme d'argent demandée sur vos Ecclcsiastiques X)ar le dit Comte, que vous l'avez mis en. arbitrage^. Nous avons entendu répondu : Cette afKiire cause un très grand chagrin à mes Seigneurs. Ils y penseront et feront volontiers ce qui sera convenable; mais ])uisque le Comte veut les renseigner ultéricureinent, ils attendront ses coinniuiiica- tions. (Manuel du d. jour. Trad. di' l'ail.) A ce sujet, il y eut plusieurs lettres échangées entre le comte Guillaume, d'un côté, et les Conseils de Bâle, de Berne, de Zurich, de l'autre, et aussi entre ces Conseils eux-mêmes. Mais il ne parait pas que ces pourparlers aient abouti à une démarche faite en commun, soit auijrès du roi de France, soit auprès du duc de Guise. * Note de l'auteur, à la marge : « Le ))i-opre original l'u Allemand est entre les mains du sieur di- Mercure. » ^ Voyez le résumé de la conventimi du Kl mars 154o (N" 121G, n. 2). * Ces deux autres réclamations furent examinées le 21 mai à Strasbourg j)ar les députés de Metz et ])ar ceux des Princes allemands. Le pratocole /■ 312 LE CONSEIL DE STRASBOURG AU CONSEIL DE METZ. 1548 cela avec contentement, attendu (ju'il regarde et concerne la paroUe de Dieu, avec cela aussi la bonne affection qu'avez envers les nostres et les autres de nostre Confédération : de quoy nous vous remercions bien affectueusement, vous asseurants entière- ment que la suitte ne vous apportera et à toute vostre Ville qu(» du proutïit, tant ])0ur le salut des âmes que pour la manuten- tion d'une bonne union entre les Bourgeois, puisque c'est une œuvre aggréable à Dieu. Nous ne vous cellerons pas aussi ce qui i)résentement est par- venu à nostre connoissance, qu'outre le misérahle accident qvi est arrivé et survenu à des imuvres CJirestiens, vos Bourgeois, estans à Oorze*, qu'il y a quantité de cavalliers qui rôdent aux environs et à l'entour de vostre Ville, rençonnans les Bourgeois qui entrent et sortent d'icelle, et que tous ceux qui sont affec- de leur conférence a été partiellement recueilli en français (Arch. de St.-Tlîomas à Strasbourg), et les nouveaux éditeurs de Calvin l'ont publié dans leur tome XI, p. 555-557. Nous en donnons un extrait, en rétablissant çà et là l'orthographe de l'époque. Les députés de Metz, sous réserve de l'approbation de leurs supérieurs, accordent « que les treize bannis soient receus dedans la ('ité... de jiar le Conseil franchement à leurs honneurs, offices et charges, esquels ils estoient au]iaravant. Et ne leur doit-on ])orter dommaige nullement, ne blessure de leurs honneurs, estât, ou à leur lignée, de ce qu'ils s'en sont allés au sermon de la parolle de Dieu. » — « Puis que le Conseil de Metz est tenu de faire prescher V Évangile tout franchement à jNIets, sans aulcun empeschement, ainsy que le premier départ [celui du 16 Mars, N" 1216, n. 2] faict au dit lieu de Metz contient, veu donc que la place que l'on leur a donnez est trop petite, et que pour satisfaire à une telle commu- nautez une seule personne n'est point suffisante, et que une chacune église pour l'administration des sacrements doit avoir ses ministres suffisants,... il ne doit estre contre le Conseil de Metz de faire ordonner plaice et église plus convenante et suffisante, Et avec ce dussent [estre] trois per- sonnes et aultres personnages assez suffisants à l'administration des sacre- ments et aultres ordonnances de l'église. » — « Que le prescheur papistique nommé Carolus... soit ostez de prescher. Et s'il ne leur ]ilaisoit de le faire taire,.... qu'il faice doncque tant avec le d. Caroly qu'il mainteigne ce qu'il ait preschez. Et qu'il donne raison de ses blasplièmes, et que ceulx qu'il ait accusez soient ouys. » — «Et doit une chacune partie, dedans xiiii jours après la date du départ, escripvre et asseurer le Landgrave de Hessen et Messieurs de la cité de Strasbourg sy les ditz moiens leurs sont accep- tables ou non. Escript le xxi jour de May 1543. » (Voyez la lettre de Metz du 1" juin au Conseil de Strasbourg. N" 1242.) * Vove/. les li'ttri's du 2i). du 31 mars, et celle de Farel du 20 avril. 1543 LE CONSEIL DE STRASBOlRo AU CONSEIL I)K METZ. 3 1 ;{ tioniK'z à rÉvaii.uilc se trouvent dénommez particulièi-enient en leur billet, et qu'ils les prennent et emmènent, laissant i)asser librement les autr(>s. Avec cela (luil v a h h Prédicateur' ordonné en vosfre Ville, lequel ixir sa prédication ccdançje et hlasme ceux qui sont du 2)((i'tl/ de l'Évangile et les injurie', ce qui cause des dissentions et castilles entre les Bourgeois, et fait grandement soubçonner que cela se fait à Tinstigation des susdits PiCclésias- tiques. Ces actions sont non-seulement contre l'honneur de Dieu H esmeuvent son ire et de suitte sa vengeance, mais encoi-. si l'on ny donne ordre et si l'on n'y appoi-te ([ueUiue remède, l'onpour- roit justement et raisonnal)lement i)rocédei' envei-s les contra- riants. Et d'autant que ce sont des tribulations, calamitez et fascheries que l'enragé Sathan oppose aux enfans de Dieu jjour les destourner de sa doctrine et connoissanc(\ (>lles pourront estre empeschées fort facilement par la ])uissance Divine et par une constance, veu que d'elles-mesme elles peuv(Mit tomber en ruine. Nous n'avons peu nuuKpier derechef pour la bonne attection Chrestienne et voisinage que nous avons dès long-temps con- tracté avec vous, de vous advertir de ces choses, et avec une sincère et Chrestienne affection vous admonester et i)rier affec- tueusement vouloir constamment demeurer et persévérer en ce que vous avez commencé, concernant le service de Dieu : d'user de toutes les voyes (^t moyens que vous trouverez et jugerez plus à propos en cette affaire, à ce que telle opi)ression faicte aux Chrestiens innocents, ])ar vos Bourgc^ois puisse estre empeschée et réprimée; pareillement aussi d'insister aujjrès et envers les Ecclésiastiques qu'ils se [déjportent de buirs actions et (pi'ils ayent à congédier leurs Prédicateurs qui i)resch(>nt contre les partisans de rÉvangil(\ ou du moins qu'ils se déjjortent de leurs mesdisances et calomnies, et ne donnent aucun sujet de troubles ^ Allusion à Pierre Caroli. ]\Ioiirisso ffardo à son sujot un siloiirc ])rn- dciit; mais il vante d'autant ])lus (p. 82) un autre prédicateur : <■ Ce docte personnage de l'ordre des Pères C'ordeliers, nommé Fidelis. qui a voit un peu rabattu le caquet de Fnrel à Gorze, ])reschoit alors dans la cathé- drale de Melz avec un tel succès, que non-seulement il contenoit ceux qui n'estoient point eucor pervertis...., mais mesmes il reniettoit tous les jours dans le bon chemin quel(iues-uns de ceux qui s'en estoient esgarez. Les Luthériens en crevoient de dépit, etc. » 314 LE CONSEIL DE METZ AU CONSEIL DE STRASBOURG. 1543 et clisJ^entions, et de vous comporter en tout cela courageuse- ment, pour radvancement de la gloire et honneur de Dieu et pour le proffit et utilité de vous et de vostre Ville et de vos Bour- geois, comme une justice qui ayme Dieu se doit monstrer et comporter. Dieu vous aydera à accomplir cela pour son honneur et pour vostre prosj^érité. Que si les Électeurs, Princes et Estats de nostre union Chrestienne, et nous avec eux, vous pouvons assister de conseil et consolation, cela (comme nous espérons entièrement) ne manquera en façon que ce soit. C'est ce que nous n'avons pu vous dissimuler ny celer, comme à nos bons amis et voisins, et à une Ville ancienne et Impérialle, laquelle Dieu Tout-])uissant vueille conserver à son honneur en toute prospérité. Donné le Jeudi 5 Avril de l'an 1543. Les Commissaires de la guerre de la ville de Strasbourg NOMMEZ LKS TrEIZES. 1219 LE CONSEIL DE METZ au Consell de Strasbourg. DeMelz,9avrill5i3. Meurisse, op. cit., p. 86. Aux honnorables, saiges, nos singuliers, chiers et bons amis les Treizes ordonnez de la guerre en la Cité de Strasbourg, les Maistre Eschevin et Treizes jurez de la Cité de Metz, amour et dilection. Nous avons receu vos lettres en datte du cinquième de ce pré- sent mois, du contenu desquelles vous tenons recors, vous remerciant amiablement en premier lieu du bon vouloir, affec- tion et admonitions démonstrées en icelles vos lettres. Sur quoy vous faisons sçavoir qu'à nostre gros regret ne voudrions endur(n' qu'on fît aucun tort à nos Bourgeois et sujets, ains les maintenir en leur liberté et franchise' . Pourroit estre qu'on les arreste ' 3DL (le Metz se gardent liien de faire allusion à ceux de leurs boiu-- geois tués ou maltraités à Gorze, le 25 mars et jours suivants. 1313 GASPARD DE HEU A GtILLAL.ME FAREL [A STRASB01Rg|. 315 aucune fois, à raison que sommes sur tVontière; mais nous, ad- vertis de ce, faisons j)Oursuittes de les ravoir, et ne sont seule- ment arrestez (saulves toutes honneurs) ceux (lui sont appétans la sincère ])arolle de Dieu, comme escrivez, ains aussi autres qu'appeliez contraires et adversaires, indifféremment. Quant au Prescheur que dictes estre en cette \'ille ])rescliant chose con- traire à icelle Évangih^ -, ne voudrions endurer bonnement de nostre part que chose fût preschée contrevenante à icelle. Nous avons tousjours remonstré et ])rié à nos.jjrédicants dès loing temps ne vouloir ce faire; autrement, y voudrions donnei- ordre et provision raisonnable. Ce sceit le benoist Créatcnir, que prions à vous, chiers et bons amis. [il| doint l'entier de vos désirs. De Metz, ce 9. d'Avril, l'an 154o. 1^20 GASPARD DE HEU* à GuUlaume Farel [à Strasbourg.] De Metz, 10 avril 1543. Inédite. Autogr. Collection Lutteroth. Bil)l. du Protestantisme français. Copie communiquée j)ar M. Théoj)hile Dufour. Monsieur maître (niiglame, je suy étez bien aize de ce que j'aie entendus que vous vous porty bien, et que aulchunne oultraige ne vous avoit étez faict aux lieux de Goze. Je vous asseure que je suy bien aultant vostre amis que se les gens de mon dict sei- gneur Cont[e\ eust encors tenus, alors que j'étoie du retours de Strahours, où que j'avoie allez serchiers aidz et secours, [étant résolu ] d'y (>xposers corps et bien -. Aussy étoient tous les frers ^ Pierre Curoli. Selon Meurissf, p. 8o, c'était Fideli.s {'S" 1218, ii. ôj. ^ L'ancien maître-échevin de Metz, déjà mentionné plusieurs fois. Même en tenant compte des provincialismes des Messins, on est surpris de son pitoyable français. ^ Nous snpjiosons qu'il vent dire : J'ai bien autant d"aniitié jmnr vous qu'en auraient montré les gens du comte GniWmme de Fursttinljcrg, s'ils eussent tenu lion à Gorze jusqu'au moment où j'étais de retour à Metz, et tout disposé à vous secourir. 316 GASPARD DE HEL A GUILLAUME FAREL [a STRASBOURG.] 1543 par deçà en telle délibération contre ses méchant, ])ire que Turcque. Je vous avize que, sen Messieurs les Protestant, n'y métré ordre, veuz les grand obrobre quMlz^ ont faict et font journelle- ment. Je ne scez se que j'an doie panssère, se en cet foy ne font leurs debvoire, et aussy tous les adversaire de Jésucrist critz [1. crient] journellement : « Où e\s]t leurs Dieu quilz ont tant invo- qués ? » J'étoie en délibération dn me transporters jusque à Strahourg, mais j'aie receu])t une lettre de Messieurs de Stra- hourg, lesquelz me conseigle aux contraire, i)our la consolation de tous les frers de i)ar deçà, combien que journellement suy en gran basart de ma personne, comme vous pouvez bien attendre ^ Les Françoy sont en délihération de me venirs aujourd'huy hrû- lers tous mon bien et de tous mes ])uavre sonhjet^. Quant en mes bien, je vous asseure que je en aie bien peux de soucy; mais s'on me tient se que on m'at promis, vous orés nouvelle, avec Faidz de Dieu, que Jaspar de Heux n'é point encors mors. ^lonsicui-. ajjrès moy avoire recommandez très humblement à vous et à tous les frers, je vous prie tenirs la main envers Messieurs de Strahourg qui^ assistence me soit faict, veu et attendus qu'ilz ont écript en cet citez, qu'ils ont cherge de che- tiers ceux qui eux dist luterin ^ Je prie nostre Seigneur Dieu vous donners joïssemcnt et accomplissement de tous vos bons dezire. De Mets, ce mardi ensuivant de Misericordia ', xv^sliii. Je dezireroie bien de jjarlers à Jaspar Gamaut et à Jehan Pière Martin et à Querquinne^, pource que je suy délibérez de plustôt morire ou me vangière de ceux lesquelz je susnommé ^ et scez en la veritez qu'ilz ont étez cauze de cet obrobre en nous avoire étez faict, et pour ce vouldroie bien attendre hnirs vou- loire e[t] quelle sort nous vouldroient commanssers. Le touts vostre et migleurs amis Jasp. DE Heu. ' C'est-à-dirp, les soudards du duc de Guise. * Lisez : entendre. ^ Gaspard de Heu possédait plusieurs seigneuries autour de Metz. ® Charge de châtier ceux qui les a]i])ellent Luthériens. '' Le dinianclie appelé Misericordia Domirii est le deuxième après Pâques, fête qui tomba sur le 25 mars en 1.543. ^ Gaspard Gamaut, Jean-Pierre Martin sont déjà connus (X"' 1123, loi:} JKAN CALVIN A COMlAlt l'ELLICAN, A ZURICH. 317 Monsieur, je croy que vou^ ii'ouljlircz point de faire mes recommandation à Messieurs de Strahoun/ et Monsieur H((i/- dernalque^^\ Vous ore/ ])ientôt (1(> mes nouvelle. Et seniant(>- meiit " Monsieur le docteur soit avertis de tout : a[u|(iuel grandement ni(^ reconimanderés. (Siiscriiitioii :) A monsieur maître (Juiglame, jjrècheur de la sainct évangile, etc. .JEAN CALVIN à Coiirad Pellican, à Zurich. De Genève, 18 avril 1543. Minute orig. Bi])l. Publ. de Genève. Vol. n" loii. ("alv. ()j)|). XI, .527. S. Aliquanto seriùs tibi rcspondeo : quia priùs de lïbris quos petehus^ volebam certi aliquid rescire, quod tibi referreni. Xuiu- intellexi, nondum fuisse impressos. Si quando im])rimi contige- rit, curabo diligentci- ut prima quaque occasione recipias. Officia mea, quacunque in re til)i usui esse poterunt, pluribus verbis non otf(n'o : quia j)uto te satis persuasum esse, nihil fore mihi gratins, quàm sicul)i liceat, meain ei'ga te benevolentiam et observantiam veris experimentis testari. Caeterùm quia scri- bebas, Buïï'nigerum mecum exequi literis qu;e ad publicas Ecclesia' rationes i)ertinerent, miratus sum quî factum esset, ut eâe non siniul allatae essent. Jam verô cum satis multis diebus 1164). Jean Carquien, Vnu des exilés de Metz, en janvier 1543, repaiaitra plus d'une fois. ® Allusion à ceux des Catholiques de Metz qui avaient excité le duc de Guise à assaillir traitreusenieut les Evaiigéliques nicssins à Gorze, le 2.5 mars et jours suivants. ^° Le fameux médecin Jean Gulnther ou Gunther, natif iV Andernneh dans l'électorat de Cologne, mort à Strasbourg en 1574. Il s'était fait con- naître à Paris, où il avait travaillé longtein])s sur l'anatomie (Voy. Nicéron, t. Xn, XX. — Lenglet du Fresnoy. Tablettes chroiiol. II, «îi):-}). " Lisez : signantement (spécialement). Cette dernièri' ])lirase jiarait écrite d'une autre main. 318 JEAN CALVIN A CONRAD PELLICÂN, A ZURICH. 1543 eïapsis iiullae secute sint, aiit qiias scripsit intorcidisse oportet. aut consiliiim mutasse. Utinain verô fecisset quod statuerat, ne eximio voliiptatis friictu, quem inde percipere poteram, priva- tus essem. Eogal)is tanien eiim veliementer meo noinine, ut si quando illi per suum comniodum licuerit, hoc mihi beneficium prœstet. Hal)et enim forsan de quibus me admoneri expédiât. De Farello quod vobis relatum est^, adeô mihi non est credi- bile, ut vel capitis mei periculo spondere ausim, nunquam taie quid])iam illi excidisse ^ Scio enim ut vos amet ac revereatur. Et certè ipsa verhorum atrocitas satis hono argumento esse potest, quàm voua sit illa delatio. Si vos leviter et citra gravio- rem contumeliam i)erstrinxisse diceretur, permitterem aut fidem habere, aut aliquid suspicari, donec se purgasset. Nunc verô quale monstrum est, eum qui sem])er fuerit vobis conjunc- tissimus, qui vos hodie amet ac colat, ea probra in vos evomuisse quœ inter capitalissimos hostes extrema forent V Tuum igitur erit, sanctissime vir, sinistram hanc sus])itionem ex fratrum nos- trorum cordibus penitùs eximere. Praeterquam enim quodinhu- manum est, et alienum ab omni ratione, hominem inauditum damnari. injuriam certè faciunt Farello, dum talem eum non agnoscunt qualem semper sunt experti. Ergo hanc de nihilo natam malevohnitia? radicem, antequam ulteriùs pullulet, omni studio et conatu extiri)a, ne sathanœ detur occasio quam captât. Si FareUus Neocomi esset, non fuissem j^cissus tamdhi cessare, qidn diligenter se pnrgaret, usque ad solidam satisfactionem. Nunc autem donec nohis certo consUterit incolumem èfaucihus niortis evasisse\ Dominum rogahimus, lit eum nohis quàm pri- mùm restituât : ut aliquando faciat quod erat primo die factu- rus, si adfuisset. Est etiam aliud de quo ad te ut scriberem rogatus sum a Bernardino nostroK Nohis enim fuit indicatum, cujusdamfra- tris, qui ex ejus sodalitio fuerat, stultitia fuisse factum, ut istic*^ nonniJiil suspectas sit, quasi aut de trinitate aut de Cltristo '"^ Voy. lii lettre de Pellican du 3 mars. ^ La i)hrase suivante : « Quàm enim smit illa atrocia ? » a été biffée par Calvin. * On n'avait pas encore reçu à Genève des rapports certains sur ce qui s'était passé à Gorze le 25 mars et jours suivants (N""* 1216, 1217). ' Bernardino Ochino. 1513 JEAN CALVIN A CONRAD PELLICAN, A ZIRICII. 3I'J minus recte sentiaf. Non aliiul in cjus cxcusationcm aHeraiii, nisi sim])licit('r rcfcrendo (iiiod vcrinii est. Quoniam ItalicisjJlerisque infjeum non malfhm Jido, postquam exposuit milii siiiiiu coiisi- liiim, de diuturna apiid nos lial)itation(>, contuli cuni eo dïligeuter de singulis jîdei aqntïhus : atqne ita nt vix posset tegere, si in ullo à nobis dissentiret. Conijyerisse mïJii videor, et, si qiiid judicii haheo, testari intopossum', cum in, aliis omnihus, finii in lioc nohiscum prorsàs convenire. Hoc tantùni animadverti, (piôd niniis curiosas istanini i't dignos censeamus nostra commendatione. peto abs te, mi Pellican(\ nt quam bonis omnibus humanitatem exbibere soles, illis denionstres. Habent unde se sustineant mediocri sumjjtu : sed hoc tantùm postulant ut in rei)eriendo commodo hospitio abs te juventur. Bene vale, vir milii |)lni'imîim in Domino colende. Saluta reve- renter fratres omnes, prassertim Bnllingerum, Theodorum, Megandrum. Dominus vos omnes peri)etuô dirigat in ecclesiœ miae editicationem. Genevae, 14 ^ calend, Maias. 1543. ** Calvin avait d'ahord écrit vohis. ' Dans l'original : jiossim. ^ Ces deux jeunes gens étaient pfut-être les frères de ce Nicolas qui avait étudié pendant quelque temps à Lausanne, et que Jean Ribit recom- mandait à Pellican, le 22 avril (N" 1223, renv. de note 7). ' Le manuscrit ne porte ni adresse, ni coupures, ni traces du sceau. C'est donc une minute. L'auteur y a fait cinq ou six additions margi- nales, et il en a moditié la date, qui était d'abord : « li> calend. Maias. 1543, » 320 GUILLAUME FAREL A OSWALD MYCONIUS, A BALE. 1343 1222 GUiLLAmiE FAREL à Oswalcl Mvconius, à Baie. De Strasbourg, 20 avril 1543. Copie contempor. ' Arch. de Genève, Calv. 0pp. XI, 529. S. Le(ji tuas literas, observaiirto- Miclioiii, qnihits mihi gru- fulrnis de snccesstt Evangelu, qiiod tam languide soquuntur pas- sini oninos ])enè. Multa sunt quae passim dosidores. Sed in GalUs mihi dolct reperiri tam miseros ministres, qui, cum non ob Christum, scd ut oreetis cristis vociferarontur libéré, vale- dixerunt Pontitici, se tantùni quœrentes, sine disciplina vagan- tur ' et piis negocium facessunt. et id licet" [diligenter obsista- musj : quare, ut tôt malis occurratur, vellem liinc incipi et demum ex verbo Domini progressum fieri. Meritb mil d passes g ratulari de ecclesia 2Ietensi, xmrtes meas si executus fiùssem'' : nam non vidi usquam tam ardentem in plèbe affectnm, et non tantùm in ils qui lectioneaut aiiditione Verhialiquid norimt de Christo, veriini pontificii qaoque inplehe * Cette coi^ie, écrite avec beaucoup de négligence, n'a pas été revue par Myconius. Nous avons essayé d'en corriger le texte, mais nous ne pouvons espérer d'y avoir réussi partout. ■^ Dans l'édition de Brunswick : Oscalde. ^ On les apjjelait alors ministres coureurs. * Ajirès licet, le copiste a probablement sauté un ou deu'c mots. ' Dans la copie et dans l'édition de Brunswick : « partes meas si exer- citus fuissem. » — Nous avons ici l'idée essentielle de la première partie de i'épître. Farel n'impute qu'à lui-même l'échec qu'il a subi à Metz. » Vous jiourriez à bon droit vous étonner (dit-il, plus loin, à Myconius) de ce que j'ai réussi ailleurs, où les obstacles étaient si grands qu'il n'y avait aucun espoir d'introduire l'Évangile, tandis qu'à 3Ietz, où ils étaient moindres, je suis réduit à chercher des excuses pour expliquer mon insuccès. Ici des hommes pieux et ])rudents exagéraient les jiérils, et l'un d'eux, le premier magistrat, recommandait la temporisation. J'aurais encore d'autres raisons pour me justifier; mais à (luoi bon des subterfuges, puisqu'après m'être opposé en paroles à la temporisation, j'ai fini par l'adopter en pratique?" .Je reconnais donc ma faute, et j'en demande pardon à Dieu. » 1543 GLILLAUME FAREL A OSWALD MYCONIUS, A BALE. 321 lion refugiunt audire, nec inaudifos damnant, neqiie audita invertiinf, sed candide et loquuidar et judicant juxta id quod intelligunt. Magims ita affectoriiiii mimonis, adoô ut oliiu iiiagis- tratiis ciiiii sacriticulis et (|uicquid est j)i*o Pontitice desperarit de iiiipedi(Mîdo \'erbo. Hîc miraheris me, quein Doniimis rexit, quod tihi nidlus pêne volehat audire et niJiil eiat spei de Ver'ho Knquai» adniittendo, priedicarim^', [iUic] Hidlii< nimib neque prohihetitihus [neque] impediiis, causari sane plura pos- sim\ Nempe lia^c iiiilii ratio satis fiiis,se[t] nota** [per] viros graves, prudentes et pios, qui (luàni ojjtiina d(Hlisse consilia feruntur ^ quique ol) oculos j)()nel)ant ])ericula majora (nain quid non contingeret pra?dicato Evangelio, reimgnan[til)us]'" tôt et tani potentil)us adversariisV), scilicet ut suos non tuerentur " et liostibus non résistèrent''. Pars magistratus qu8e pietati non iidversabatur, et pra^ci])uus '^ [qui] regebat et jubebat, tacebatad tempus. Alia sunt, quibus me et onines penè qui ita suadebant possem ai)ud homines probare non malè egisse, imô consulti.s- simè et ojjtimè, Sed quid opus est suhterfugia quœrere in ils quœ sunt Doniini, cum ijjse verhis quihus respondi omnibus, — subindicans quid facto esset opus, et quàm graviter in Dominum peccaremus si quid obmitteremus in 0])ere Domini*% — verbis non subscrihere[ni] '• aliorum senteniise,factis irem^^ in senten- tiam iinjirobatani ? Ideo est quod ingénue mdpani agnoscani et veniam a Domino petam plus satis. Vohii'' vitare id cujus ti'a- ducor, ubi ver])um Domini sequor, à sententia dimoveri non ^ Dans la copie contemi)oraine : nf prœdicarem. ^ Ibidem : neque prohibentilms impeditis, causari sane plura possiint. ^ Ibidem : satis fiim-e nota, viros graves, etc. ' Allusion aux principaux Évangéliques de 3fet£ Çs" 1157, commence- ment de la n. .3). '° Dans la copie : euvangilio repugnan. ""'^ Ibidem : sed suos non tuerefur et liostibus non re.sisteref, '^ Le maitre-échevin Gaspard de Heu (X" 1157, n. 4-5). " A comparer avec la note 3 du X" 1157. '° Dans la copie, subscribere. Le copiste ne s'est pas aperçu que, dans certains temps des verbes, Farel termine la lettre finale ])ar une rondeur, qui est l'abréviation de la lettre »/. *^ On lit rei dans la copie. " Le copiste a lu Xolui. La suite des idées réclame Vohti : J'ai voulu modérer mon ardeur, renoncer à cette ténacité qu'on me reproche, quand T. ^^II. 21 322 GUILLAUME FAREL A OSWALD MYCONIUS, A BALE. lo4;5 posse : qiiod si timuissem, boue Christo, qiiando intrassem ali- quam ecclesiam ? Intorea pii, diiiu ego taceo '", aguiit ut i)ei' Principes et iirbes qiiibus Christus atïulsit adjiiventur, ut pacatè et sine sanguine Evangelium i)ossint habere'" : quod meritô curare debuerunt, nani Jtiaec média quœ offert Doniinus, quis prudens negligat? Sed oniittendum non erat plebs, famé Yerbi et i)este gravi laborans, quin Verbo pasceretur et sanaretur mente, dum corpora conti- eiuntur tabe -". Audivisti, ut opinor, me docuisse non procul ah urhe Me- tensP\ et quùm plehs ardenter accurrerit'^^. Pontificii, canonici, monaclii et id genus cum magistrahi omnem movenmt Icqndem ut nie impedirent : actnni cum Burgundio)iihus, hoc est, cum iis qui sub CcTsare militant, ut per eos pii affligerc^ntur. Cai)ti ab eis fuerunt aliqui-^ quibus numeranda fuit pecunia qua se redime- rent, et ego coactus locum deserere in quo doc(>bam ^\ Sed cum Gorzmn petussem, nec satis Burgundiones respon.derent votis eoruiii quixnos ex officio tueri del>ehant^% visuni illis fuit sollici- il s'agit, pour moi, de l'œuvre de Lieu. Mais ce n'était pas de la peur : si j'avais eu peur [jadis], quand serais-je entré dans une église ? ^* Allusion au temps où il avait cessé de prêcher en public à Metz (N"' 1157, seconde partie de la n. 2; 1164, n. 12). '9 N" 1164, notes 13, 14, 15. ^^ A comparer avec la lettre de Bucer du 6 octobre 1542, renvoi d(* note 19 : « Moram hanc Farellus aegerrimè tulit, etc. » 2' Dans le château de Monfigmj dès le 2 octobre (N" 1164, n. 22-23), -'^ La copie porte : occurrerit. ^^ Il faut entendre par là quelques-uns de ceux qui se rendaient de Metz à Monlignii, pour y assister aux sermons de Farel. ^* Ces paroles semblent en contradiction avec deux passages importants des lettres de Fathon : l'un où il dit, le 28 novembre, que Farel est « ren- tré à Mets ; » l'autre, du 26 janvier 1543, où il affirme que cehii-ci « s'est retiré de la Ville » vers le milieu du mois, et qu'il ])rêche mainte- nant à Gorze. On peut d'abord répondre, que Fathon n"avait pas donné à la légère la première nouvelle, mais d'après des lettres récentes, écrites de Metz, et que la seconde nouvelle avait été apportée par Claude Farel, qui avait quitté le Réformateur huit jours auparavant. De plus, on voit bien que l'auteur de la ])résente épitre ne veut pas raconter toute l'histoire de son séjour à Metz et à Montigny, et qu'il se hâte vers des événements de plus grand intérêt. ■■** C'est-à-dire, les magistrats de Metz, qui auraient dû les protéger. loi.'î GUILLAUME FAREL A OSWALU .MVCONIUS, A HALE. 323 f'dnlos esse G((Uos. Agitur en ni Oiùsaiio'-'^ : datur et catdlofjns pioriim, et, nf posseid Oalli mnltos perdere cwn Gorzam venirei/t pii Meieitses (aiitcciuaiii \\vv l(',i>-atos-" qui arbiti'i fiici-init intcr doiniiium CoinUew GniUielniiiiii et Metenses-'^, constitutiis fuis- set coneioiiatoi' Métis ut audii-cut \'('rl)uui. et Icgati Pi'iucij)uiu et Urbiuui tantùni lioc crtVcisscnt ut ^'('^l)uul pnrdicai'ctur, et uou cssct couccssus sacrauientonnu usus-''), conjicientes midtos ad Cœnam veitturos iii die Paschx'-^^, (iiypurant se milites. Et paulô post dodiiiam, ])ost(iuam Cœnafuit i)eracta, scilicot" niii-o ati'cctu et iTcto ordiuo cuui conciouc, — u])i [)o|iulus voniebat ad s(>cundam concioncui. ut tciupestivè possot douiuni nnlirc, — pi'iusquaui ali(|uis in^Tossus fuisset ai'cciii. in (|ua fifbat concio, (raspard de Heu n'était plus maitrc-éflicviii. Il avait été rciiiplacé, au mois de mars, par Richard de Baigecourf, ardent catlinlique. '^® GnisfOiHS désigne-t-il ici le comte d'Aumale, ou le duc de (ùiiseV On lit dans Meurisse, p. 80 : « Celuy qui avoit pour lors en main la conduite d(^ cette beroerie [de 3Iefz] estoit Jean, cardinal de Lorraine, (jui entre autres frères avoit ce grand Claude de Guyse, le ])remier de cette branche de la maison de Lorraine.... (_'e Pasteur... eut recours à la l)iété, au ])ouv()ir l't au crédit de son frère, qui ne nian(iua jias, avec la ))ermission... du Koy, de mettre aussi tost des trou^^pes sur i)ied, pour luy rendre, eïi cette méritoire occasion, toute l'assistance... possil)le. Et d'au- tant que Gorze estoit comme la place d'armes... de ces nouveaux Évangé- listes,... Claude de Guyse jugea qu'il les falloit aller desnicher de là. » Il n'est pas téméraire de suppoi^er que la duchesse douairière, Philippe de Gueldre, fut l'une des « ])rincesses » dont le clergé messin sollicita l'ap- l)ui. « pour estre des])éché » de Guillaume Farel (Cf. p. 253, lig. 7-8). I)e])uis plus de vingt-trois ans, elle partageait, comme une simple religieuse, la vie austère des V\ixv\?,?,('?,,k Pont-h-Mousson. Aussi croyons-nous qu'elle dut être affligée des progrès de la Réforme, et indignée des déprédations que les soldats de Furstemberg avaient commises dans l'abbaye de St. Arnoui, près de ]Metz, et dans celle des Filles de Notre-Dame de l'Estang, jn-ès df Neufchàteau. Néanmoins cette princesse, très respectée de ses fils, aurait certainement pu, si elle l'avait voulu, insjiirer au cardinal de Lorraine, à Claude de Guise et au comte d'Auniaie un i)eu de miséricorde cnvi'rs « les Luthériens ■> et même envers Farel. ^^ Dans la copie : pro leyatis. ^* Allusion à la convention du l(i mars 154.'> (N" 121(), u. '!). '^^ Le prédicateur établi à Metz après le mois de mars fut, sans doute, Guillauine Virât CS" I2'2ô). Il ne jjouvait administrer les sacrements. Nous avons vu qu'un baptême céléi)ré dans l'assemblée évangélique avait excité à Metz « un merveilleux tumulte » (N" 1183, rcnv. de u. lo). *" Le 25 mars. 324 GUILLAUME FAREL A OSWALD MYCOMUS, A BALE. lo43 ecce G(dU équités, de quibiis iiihil ])rorsùs timebatiir (cum bel- lum non haberent neqiio cum Comité neqiie cum piis Metensi- hiis), intrant oppidum. Tuba canit classicum, currunt équités, magnus fit clamor equitum et op])idanorum in Lutheranos Me- tenses : hi indicant illis persequendos : \\tc jnus senex^^ in vico impetitur et Jesum invocando dejicitur in terram, cogitque eques impius^^ equum conculcare jacentem. mortuo aufert si quid habebat pecunise. Miles Oermanus, boml)arda ictus extra arcem, dum curreret ad arcem moritur. ^lirum ! cum saepiùs in turmam piorum emissœ fuerint l)ombard^e, modo Ingèrent-'" hue, modo illuc, prout satagebant pii evitave Oalloruni et Ita- lorum turias, et manus mulierum summa cute fuerit attacta ^■'. et circum capita virorum volarent lapides, nemo tamen Utsus fuit. Convertuntur milites ad pi-tedam et diri])iunt quicquid inve- niunt quod sit Metensium. Capti vinciuntur qui possunt post prœdam in œdibus inveniri, et tum nudieres tum xyuellœ septem ahducuutur, qnœ acœpta redemptione remittimtur sine injuria ^*"' ; quod supra miracidiim duco, et sanè nihil magis rogavi Donii- num, tieque x)ios tom anxiè ohsecrati su77ius ut peterent a Deo, quàni id integrse servarentur, uec cessavimus onines precari valdè anxii, donec servatas oiulivimiis dommn remissas. Jactura pecu- nise fuit gravis, sed nihil ideo affecti fuimus. Dimi hsecfiunt in opjpido, ut erat mtdtitudo miliium passim ^^ Dans la copie : sed miro affectu. Farol avait sans doute écrit sciL, abréviation de scilicet. ^* Adam, le drapier (Chroniques messines, p. 863). ^* Édition de Brunswick : ipshis. ^*'^° Dans la copie : modo fiigiunt.... et manus mulierum summa cute fiienwit attactœ. En lisant : fuerit attacta, on obtiendrait ce sens plus naturel : Quoique la troupe des femmes ait reçu de légères égratignures, et que les pierres volassent autour de la tête des hommes, personne cepen- dant n'a été blessé. On est surpris de trouver dans les Annales de Boyve, II, 434," cette assertion pour le moins très aventurée : « ¥arel, qui avait été dangereuse- ment blessé [à Gorze\ désira d'aller à Strasbourg ])0ur s'y faire panser. » ** Meurisse, p. 81-82, adopte l'affirmation contraire, et il dit avec une désinvolture et un calme révoltants, surtout chez un évêque : « Quelques huit ou dix femmes furent emmenées à Madières, près le Pont à Mousson, d'où l'on dit qu'elles ne retournèrent pas telles qu'elles y estoient allées. » I 1543 GUILLAUME FAREL A OSW'ALI) MYCONIUS, A I5ALE. 325 sp((is((, persequens fugieides per silf((S, per ri<(.^ années, p)rope- rantïbus' aliqnot ad portum^'' ut trajicerent Mosell/on, milites cnm rusticis coëgenttft aliqnot Mospllam intrare, et ingressos lapidihus imp)etehant : iiiidc t'actuin est ut duo viri totidcnique miiliores (licet très feraiitur) l'urrint sulnncrsi : cvasorunt aliqiui' vestibus expassis, aqiiis ovoctse, sese manil)iis tcnontes. Tu])ic(Mi ])('rductiis ad portaiu arcis ctîccit ut quatuor fuorint ogrcssi, (luù possent collo(iui cuui duce tui-nia' (^luituni : qui hos quatuor voluerunt occidorc, sed ])ro collocpiio (•ai)tivi fuerunt abducti. Ha'c est gallica et italica pictas : suum ita celebranint Pasclia! Uiec siuit lieroicu facta : armati inermes, consilio oppi- danorum catiti et païxiti incaidos et niJiil minus cogitantes, lit latrones, nidlo demmciato hello, aggressi su ni! In crastinum fecialis mittitur, qui valdè tremulus petiit arcem reddi thdsano, Begis nomine. Hci'c suntheUi jura, dmn contra pios gerernhim est, piost gravem illatam injuriam,fecialem mit- teref Quis hîc non dicet moritô sa'vituni in Metenses pios, per quos scilicet inipeditus fuit Rex aut Guisanus ne arx dedere- tur, cum extra arcem essent et eorum nemo intrasset nisi depo- sitis armis? Quid responsi datum fuerit feciali non novi. Audivi quod dicebat i)alàm arcem peti^ndo. Quid milites in arce tracta- rent, cum i)iis agens crebris concionibus et jugibus j)i-ecibus. non adeô cural)am. Die Mercurii^^ venit Guisanus et mag nus eqid- iatus, et euni arx. in qua est cœnobium monachorum no.fbiliumj sed insignium scortatorum ^•', sita sit in valle et undicpie monti- bus ssepiatur. et velut fauces sint et gula qua^dam, unde nomen Gorze gallicum retinent, — erant milites in editioribus locis, ut singuli videri possent ex arce, armati omnes, omnia occujjantes, quasi nihil evadere posset. Actum fuit cum Guysano de arce et conditionibus quihus oc- currit in manus Régis. De Germanis nildl erat quod impediret : et ahituris et mansuris offerehantur multa, quôd pi-idie dictum fuerat al) 0|)])idanis. se jussos esse quicquid (>sset otticii pr;esta- ^^ Au lieu ih- jxirtKin, il faut, nous soml)l(>-t-il, Ihi' jioiiti'iii, ijni liési^nic- rait « [c pont de Joiei/ « ÇS" 1216, ii. 11), c'est-à-dire àc Jouy-aux-Arches, village situé sur la rive droite de la Moselle, à 10 kil. N.-K. de Gorze. '* Mercredi 28 mars. **• Voyez le \n'('m\er postscript iim de la lettre de Farel du 81 mai aux pasteurs neuchâtelois (S" 1240). 326 GUILLAUME FARKL A OSVVALD MYCONIUS, A BALE. lo43 rent 1). Coniiti et suis niilitibus; verùm Metenses etalii cum eis, si qui egrederentur, capti detinererthtr. Ideo Gnisamis petehat Metenses, sed me non postremiim, qimm Gallus essem. Gei'mani, cum X)ost excursionet)! gaUicam Metenses cepissent in arceni, iit unà virèrent et morerentur, 7(t dici solet, nolnerunt lisec conce- dere, sed ut omnes eadem egrederentur conditione : quod perac- tuin fuit ol)sit>:natis liiiic inde literis. Sod non tune frigo])ant preces, ol) instans periculum et ea quae absentil)us tratri])us timobanms '" : concionos fiobant ot psalmi canebantur niagis convenientes iis qui vorsantur in niagnis |)oriculis : quod valdè dis])licebat aliquibiis ex monachis et attonitos reddebat. Inviserunt me aliqui Galli : unus prse se ferebat pietatem. alter adversabatur, tertius me objurgabat. Otïerebat i)i'imus niansuro multa, seque tantum posse ut libéré secum agerem. Sed duni egrediendum esset, in me et aliis palàm fecerunt cujus gratia venissent, nimirum ut me xwssent dignoscere. Ubi apixiratus fiebat ad abitionem,, eorum unus qui me sub noctem convenerat, ubi videt Metenses cum militïbus velle egredi, inquit : « Non abibitis, o nequam, sed vos manere oportet. » Nunciatum idfuit ducibus Germanis : qni statim illum dejerantem convenerunt, quid prohiberet al)ii'e piosV an nollent pactis stare, ut egredian- tur omnes libéré V Ille ait : « Egrediantur, sed isti postremi : quid enim Iniic fieci liominum et canibus cum militibus virtutc jjrœstantibusV » Constanter duces responder^int non egressuros se, nec arcem daturos, nisi medii egrediantur, inter pedites sciJi- cet et équités, ("uni aliud non ])Osscnt contra pios efficere, dum egrederentur*', quicquid poterant convitiorum jactabant. Ego in curru jaceham cum a?grotis, vestibus mutatis''-. Cum ■** 11 faut lire, dans l'Épitrc adressée : A tous cœurs affamez du désir... de l'Évangile (f'respin, éd. cit. I, 447), les jjassages où Farel rappelle ses angoisses au milieu du i»éril, l'ardeur de ses prières et la délivrance qni les couronna. *'^ Dans la copie : aggrederenfur. ** « Ils eurent le soin (dit Meurisse, p. 82)... de faire sauver leur ministre Farel au milieu d'uni' cliartée de ladres, parmy lesquels ils Tavoicnt si bien caché, en luy enfarinant si bien le visage, et en luy don- nant des cliquettes* en main, qu'on ne le ])ut jamais reconnoistre. » * Crécelle que portait cha(|ne lépreux, et dont le crépitement avertissait les passants qu'on ne devait pas s'approdier de lui. loi3 GUILLAUME FAHKL A OSWALD MYCONIUS, A UALE. 327 transi) em, hoiii illi qui m^ invisermd,in-imi cœpermit vociferari, an co)ijedura, rot ((luod non crodo) quôd me a(/noverint tedvm : omnino iioii moror. Socroti snnt alii onincs, et ci-ant ali(|ni ex iis (jui nihil non andcnt ([ui jani ad cui'i-uni accodcbant, omnibus Yocitcrantibns. S('[d| oqnos niajcstatis plcnns, cnjus vultns et or- natns indicabant non grogariiini ossc, cos'-' concitato cqno cur- rentes antovortit. voce ui-avi jubcns : « Sinite, iiKiuit, abirc. » Si in egressu ai'cis ita actuni fuit, et post jussuni illius ('(juitis cessatuni fuit. — nlii renfion fitif ad airriim Umosum, in (jno IhTsit currns, iriiDupliatïim fuit : iiaut om nés Germa ni, forte ne augereni suspicionem quod in curru essem, lyrivcesserunt. Relic- tusfuit soins currns, qxem amhiermd équités Galli qui Germauos sequehantur, lanceis in cinrum directis. Hicjnbobat me Drnmi meum invocavem, ut me è limo educeiv^t : i]1(\ ut eoncionarer, sicqu(> elïicerem ut equi ])Ossent traberc currum : alius, ut sibi et aliis suum v(n*bum Domini annunciarem, se ])onam esse ter- ram, cui merito committi débet bonum semen verbi Domini. Erat pars equitum italica : quisque adnitebatur atîerre aliquid quo superaret euni (jui priùs loquebatur. Nemo tamen j)er nomen Domini jubebat me loqui, sed multi i)er nomen diaboli. Quid sanè**? cum ad talia dolerem conviciantium vieem et po^terem ut Dominus ignorantiam condonaret, tamen hîc in sinu tacitus, deridens hortationcN illas. dicebam : « Alio ojmi-tet nomine ut extorqueas à me resj)onsum, nam in istius gratiam nihil feecro. » Jub(>l)ant alii ut descenderem, née posse currum movcri (|uam- diu in eo essem, et ad aurigam : « Nisi hune scelestum jubcs descendere et è euri-u deturbas, tam est onustus ])eccatis, non extrahes currum. » Kt interrogabant auiigam quis essem, <'t iegrotantem Germaimm. (\\\\ alicjuid gallicè norat. lUis res|)on- dent, «se nescire, me nihil un(|uani locutum : (piid agerem'*' nesciebant. » H^simiis supra dimidium honv, et iudesecuti saut directis lanceis pêne ad miUiare gaJlicum, taniani non injicientes miJii manum. Ita me alloquehantur quasi pr;esentiss.\imu)n\, sed relut ah alio aljstinehant manns. Quàm i)rsesentem tune senserim Dominum, et (pue veniebant *^ Dans la cuiiic : iis. ** Iliidcm : Quod saiiè coin ad alia dolerem, etc. ■*'' Ii)id('Mi : a/jeretU. 328 GUILLAUME FAREL A OSWALD MYCONIUS, A BALE. lo43 in montem de Daniele et Semei, de conviciis Pharisœonim in i])snm Christnm, non est qnôd referam. Oportehat idgaudii qnod concepe7Xim, — visis fratril)ns et piis mulieribus, qnœ sine aliqua injnria lœti pergebant, gratias agentes, pro quibus petieram ut, eis lil)eratis, in nie verteret Dominus nnuni quicquid erat, — scdfem mllitarïbus colloquiis temperari, quihus nihil datum nisi proxime accedere et man.mn per se \\. p)ersie2)e f] admovere, lit me tangerent : qiiod tamen non licuit, sed in verhis fnsiss.[imë\ : nec cessarunt quserere uln essem donec navim ingresstis sum ". Ad- monitns fueram ut probe me tegerem, qubd Gruisanns ducentos coronatos diceretur offerre et qui me cœdeî'et. Non ajferam qnid Nomeniaci'*' mecum egerit major, me adi- gens ut egrederer post solis occasum : nec potuit adduei, licet rogatus ut jure gentium mecum agei'(4, cum ego ])Oscerem ])i'0- dire eos qui de me quererentur, et multa aiïerrem et divina et hnmana, et quid ])Osset ei contingere, ubi res jjervenerit ad notitiam eorum qui non lubenter audi[i'Jent, et quos deberet timere. Ad pagum fuit migra ndum, ut exponerer Jmicihus imn- fijiciorum, qui illic sunt plurimi, presbgteri et monachi **. Sed quamvis supra modnm fessas, cum (ûiqnot viris gravihus qui senes jussi sunt migrare a Metensibus (carra ^'' neque currus *® La garnison allemande qui avait livré au duc de Guise la forteresse de Gorze, le 28 mars, opéra jirobahlement sa retraite le lendemain. Elle devait, pour rejoindre son chef supérieur, le comte Guillaume, se transpor- ter à Strasbourg, dans la direction du S.-E. Nous supposons qu'elle des- cendit le vallon arrosé par le ruisseau de la Gorzia, et qu'étant arrivée au village de Novéani, à 6 kilomètres de son point de départ, elle traversa la Moselle au moyen du « bateau » (ou du bac) ici mentionné. La terre de Gorze finissait sur la rive droite et à peu de distance de la rivière. *^ Dans la copie Hommiaci. Au lieu de ce nom imaginaire, Farel a sans doute employé le mot Nomeniacum ou Noinenium, nom latin de Nomémj, ])etite ville située sur la Seille, affluent oriental de la Moselle, et à cinq lieues au moins de Novéani. Farel et les Messins dont il était accompa- gné ne pouvaient y arriver qu'à la fin du jour. ^* Expulsés par l'officier de police de Noviény, et forcés de continuer leur pénible marche, les émigrants s'arrêtèrent enfin à Domèvre, village situé à 4 ou 5 1. de Nomény. Notre conjecture repose, du moins, sur ce fait que, dans V Atlas de X. de Fer (1705), c'est le seul village voisin, ])lus à l'Est, qui soit indiqué comme ayant une abbaye d'hommes. Celle de Domèvre était de l'Ordre des Prémontrés. ^® Dans la copie : garia. loW GUILLAIJMK FAREL A OSWALl) MYCONIIJS, A BALE. 329 iic(iut' ('([ui hahci'i poterant), din tu via efjer'un, tainen. omiiex ui- columes, iinllo danuio accepta'''^ hue renhmts magna sanè mise- rkordia Dei, qui non dosorit s])orant(^s in so noc sprcN it |)i()runi preces : qui, ut iutclliiïo. non i)auci sunt passini, ut de te et synimystis tuis et iio])is connnissis occlosiis taceani. Cliristus mcnior sit diaritatis et affcctus taui cliristiani (pio pii ecdesiam Metensem prosoquautur, et coruni (juie in œdificationcni illius curant! Gain |)t'i'gunt, ut dicitur, pcrscqui i)ios, -et captivos abducunt quos hab(>nt descrii)tos. ("urrunt ad portas usque Metensos'^'. Interoa pii jjcrgunt, et (jui illic docet ■- fertur constanter agere, licet tantùni festis agat diebus. Carolus contra, cum suis abbati- bus et viris, concionil)us fecundis^^ valdè disertis instat nio (quid non Lausanna' dicebat"*V) cupitque ut liccat cum btere- ticis agere " ■ : quôd si Ratispotue l'uisset, omnes hœreseos convi- cissot. Ita insolescit apud suos ab))ates et id genus homines et multum atîert detrimenti ecclesiae nascenti, traducens onines qui pietatem sectantur, totus in hoc ut pontilicia t'ulciafnjtur. Verùni spero Doniinum non diu passuruni tam graviter convi- cianteni veritati. ^^ Une lettre du duc Antoine de Lorraine, écrite le 10 avril 1548, et qui trouvera jjeut-être sa place dans FAppendice, renferme ce passade inté- ressant : « Nous avons accordé lilire passage aux gens que le comte de Furstemherg a laissés à Gorze, lors de son dé{)art, ainsi qu'au prédicant Fnrel, lesquels en ont été chassés par les Français. On nous aurait su très lion gré de faire quelque mal à ce prédicant, ou de l'arrêter avec ses compagnons : ce qui nous eût été facile, non-seulement parce qu'ils étaient en petit nombre et que nous connaissions bien leur gite, mais aussi ])arce que nous aurions bien su et jiu, dans une autre occasion, les enlever de Gorze et d'autres lieux. Mais nous n'avons pas voulu le faire. » (Trad. de i'all.) On a du plaisir à signaler ces sentiments de justice et d'iiumanité chez un parent du cardinal de Lorraine, du duc de Guise et du comte François d'Aumale. =1 Voyez la lin du N" 1210 et la p. 312, lig. 12-14.' °'^ Guillau)n.e Virot (N" 1225). Nous ignorons ses antécédents. '"^ Dans la co]jie : calicihus f'acundis. La variante fecundis est en oppo- sition avec tantùm festis agat diebus. ^"' Ibidem : quid calami doeeliat. La variante j)roposée j)ar nous ferait allusion aux accusations d'arianisme que Pierre Caroli avait formulées à Lausanne contre Farel, Calvin et Viret, en février 1537 (IV, 183-187). 55 Voyez la lettre de Caroli du 14 mai (N" 1280). 330 GUILLAUME FAREL A OSVVALD MYCONIUS, A BALE. 1543 Hic fuit addiictiis agens ('?)''' : rogavit t'ratres Metensiwn ut cousilio poscorentur qui hic docent, quique summis viribus stu- dent Metensi ecclesiœ adesse. Quid Senatus laboret ot quautùni. non est facile exprimere. Omnes qui nomen dederunt Evangelio Qi Princijjes et Urbes, quantum audio, ex animo curant ut aga- tur [de] illa ecclesia, sed praecipuè Landgravius, Saxo et Virte- bergeusis, [ctj cum liac urbe Franl-fori. Cornes Onillelmns apeniit viani, duni ageretur de pace inter eum (^t Metenses, quam j)i'() ])ontiticiis agebant com])onenda[mJ, Hoc primuni ])etebat. ut Verl)uni esset lil)eruni et duœ darentur" ecclesiœ exuliluis adniissis, qui ob Verbum pulsi fuerunt. Sed puto te ex pio Henrico Francho'^, qui causam Comifis agebat, audivisse. Nam istuc profectum ''■' intelligo. Multum huic virodebeo, queni meo cui)io ut saintes nomine. Si ari'iserit tam longa epistola, [gratias âge] Conrado^^, Bit- ceri diacono, qui nie imj)ulit ut fusissimè omnia scriberem : sin minus, meam accusa imperitiam, qui nec aggredi nisi coactus aliquid jiossim, nec aggressus exjjedire. Faxit Christus ut ketiora posthac audias, ut puto te d(^ Bucero accepisse, qui ma- gno fructu Christum annunciat. ^^ale (|uàm optimè. Argentorati 20. Aprilis 1543. ut licuit modo hue modo illuc distracto. Boni omnia qucBso ut consulas et quàm otïiciosissimè niilii omnes symmistas saintes, nec jirœterieris pios senatores, quibus opto concordiam iUam^^ \)yo cpui tantum dissudarunt, commenda- tam, ut si pcrfecta non sit, tandem absolvatur. Vexilarium*'^ priecipuè salvum ojjto. Frater^'' salutem tibi dicit. Iterum vale. Tuus totus Farellus. (Inscriiitio :) Pastori ecclesiœ Christi D. Osvaldo Myconio et niulta pictate et fide (^t eruditione ornato. Basile* ". ^^ Le manuscrit porto ce mot abrégé : âge, qui semble indiquer \\\\ agent ou un messager. ^^ Dans la cojiie : décentes. ^* Le capitaine Henri Franck. l'eut-étre avait-il été envoyé auprès du Conseil de Bàïe par Guillaume de Furstemberg le 31 mars, jour où Phi- lippe Hosen fut envoyé à Berne (N" 1217, n. 1). ^^ Dans la cojtie : proferen. 60 Conrad Hubert (VII, 294). 6* Le traité de Concorde conclu entre les Zwiugliens et les Luthériens ei signé le 29 mai 1536. 1543 JEAN UIBIT A CO.NHAl) PKLLICAN'. A ZLHK.ll. 331 1223' JEAN rikit' à Conrad l^ellican. à Zurich. De Lausanne, ±2 avril 1543. Inédite. Aiito^T. Bild. de Zurich. Co|)i(' dans la Coll. Simlcr. Salus ])or Jcsuni Christum! Nactus occasioncni siipcriorihii^ monsibus ad Gmlehnnni Postellnm'- scripsi : satisqiio imiltis vei'bis hortatiis siun, ut quod essot pollicitus de (jriuninndfini Arabica vo i])sa pnestaret, tandemque aliquando cdero inci])ei-et. Memincram eiiini te mihi. cum istic à vobis humanissiinè accei)- tus esselu^ istudipsum in mandato dédisse. Tui igitur iioniinis ^2 Le banneret Benihard Meyer, membre du Conseil de Bâle (X" 1129). ^* Gauchier Farel, qui avait remplacé son frère Claude auprès du Réformateur. '^■' Au dos, cette note, où il nous a semblé reconnaître la main dn secrétaire genevois Claude Roset : « Double de missive de M. (niili. Farel à Myconius. » * Voyez, sur Jean Bihit, professeur de grec, le t. W. 288, YI, 180. ■^ Guillaume Pastel (1505-1581) aussi connu par son profond savoir (juc par ses rêveries, était né de parents obscurs, dans un village de la Nor- mandie. Orphelin de très bonne lieure, il lutta jiendant jilusicurs années contre la misère. Mais étant devenu domestique du professeur Jea}i Gelida. à Paris, il put entin étudier au collège de Ste-Barbe, où il ])rofessa bientôt lui-même, grâce au don extraordinaire qu'il avait pour la linguistique. En 1535, il accompagna à Constantin()])le l'ambassadeur Jean de la Forest, et fut chargé par François I de recueillir des manuscrits en Asie. Il profita de cette mission pour étudier plusieurs langues de l'Orient, et, à son retour en France, il acquit la réjjutation un peu surfaite de savant univer- sel. En 1538, il fut nommé « professeur royal « pour l'enseignement des mathémathiques, du grec, de l'arabe et de l'hébreu. Sa Grammatiat ara- bica parut, vers 1544? à Paris, in-4'', s. a. C. Gesner et Simler, o. c, donnent la liste des nombreux ouvrages de Postel. (Voy. La Croix du Maine et du Verdier. — Colomesii Gallia orientalis. — Nicéron, o. c, \lll, 295-356. — De Sallengre. Méni. d.' littér. La Haye, 1715-17. 3 vol. — Gaillard. Hist. de François l, TV, 205-208. — Quicherat. Hist. du coll. de Ste-Barbe, L 167-170. — Abel Lefranc. Les origines du Collège de France. Extr. de la Revue internat, de l'Enseignement, n" du 15 mai 1890. ]>]). 14, 18 du tirage à ])art.) 332 JEAN RIBIT A CONRAD PELLICAN, A ZURICH. 1543 et D. Th. Bihluiiidri aiitoritatc l'eci, et jure veteris amicitite et consuetudinis quœ mihi ciim illo iiitercesserat '*. Qiia? oninia clebent aliqiiid ponderis! apiid hoiniiiem non inlinmanum lia- biiisse. Sed quid tanien effecerini, nondnm rescire potui. Tanto enini locorum intervallo à nobis disjunctns est, ut rarô aut nun- quam rectà ad nos commeent illinc' nuntii. Sed spero tamen brevi aliquid me auditurum. Expectamiis enini quotidie Joan- nem Ciirie Britonem^ revolaturum ad nos, si patietnr valetudo : nam principio veris quartana cognovinius ex nuntio afflictum fuisse. Si quid quoquo modo r(»sciero, id non te celabo, si modo intellexero id tibi non ingratum t'utui'um esse. Jam de nostro statu, deque studiorimi Lmisannensium ratione, meliùs tibi coràm verbis nuntii exponent, quàm ego literis. PU sunt tresfratres et studiosi, inter quos excellit Nicolaus', acu- tus disputator, et diligenter Liitetiee in Dialectica Aristotelis versatus. Vixit hîc admodum integerrimè et duMiir-Mç. De dmle Metensimn'^ ar])itror vos nimirum vera audisse, quare illis supersedendum ar])iti'or. Dominus ulciscetur, cum illi visum fuerit, non ad ])rapscri])tum bumanum. Nescio an debeam quic- (luid de rumoribiis Gallùe scribere : (Xefilio Princijns Turcannn in Oalliam hrevi venturo^, cui aiunt regeni Francorum tiliam suam in matrimonium daturum, simul ac ille Baptisnuim acce- ^ Ce voyage de Eibit à Zurich, en 1538, eut probablement lieu à l'occa- sion de son mariage. Sa femme était zuricoise et s'a])pelait Agnès Bosin. * C'est un indice que Ribit avait étudié à Paris dans le même collège que Postel. On peut aussi en inférer que celui-ci n'était pas né en 1475, comme le disent quelques-uns de ses biographes. ° C'est-à-dire, de Paris, où résidait Guillaume Postel. ® Ce personnage, qui avait ])récédemment séjourné à Strasbourg, semble-t-il (VI, 117, 168), puis à Lausanne, devait revenir de sa patrie, la Bretagne, en s'arrêtant à Paris; autrement, Ribit n'aurait pas espéré qu'il lui apporterait des nouvelles de Postel. ' Personnage inconnu. ® Allusion aux événements du 25 mars et jours suivants (N"' 1216, 1217). ^ De Hammer, o. c. t. \', ne mentionne ])as cette ambassade. De ])areilles rumeurs avaient circulé en 15.S5, lorsqu'une ambassade turque vint à Paris. « Le bruit estoit qu'llz estoient venuz de par le Turcq [c. à d. le sultan SoUinan] i)our i)rendre alliance avec le Roy par mariage, et pour soy faire bai)tiser, luy et son tilz... » (Journal d'un bourgeois de Paris, p. 440. Voy. aussi GuiUrey. Cronique de François I, p. 133). ioi:3 LE CONSEIL DE GENÈVE A. GUILLAUME FAKEL [A STRASIIOURG'. 333 Ijt'i'it Cliristiauuni. Alii (lissi])aruiit, cuiii idcirco iii Gallkun vontuniin, qiiôd cliœradibus '" (loformatiis sit, qiias Francornm reges soient tollcrc et ixM'sanarc. So(J iiiccrti riiinoros suiit xoci ààérjizoxoi. lllud iiiiiiis vcruiii, Turaoïi a|)j)arai-(' iiiaxiiiiaiu clas- sem. Dous ot Doniiuiis domiiiaiitiiiin ])ono vertat! Valc Cliristus te suo spiritu ([uotidic magis ac magis ciiinulot! Aiiuni. Vcliin mihi saintes, si non est niolestnni, Michaëlem Adamum^^, qneni abhinc quinqnenninm liospes novns liospitem novum donii tiue vidi. (Lausannse) 22 Aprilis 1543. Tnns JoANNES Pubittus. 1224 LE CONSEIL DE (jENÈVE à Guillaume Farel [à Strasbourg]. De Genève, 24 avril 1543. Manuscrit orig. ' Bil»]. des past(Hirs do Neuchâtel. Jouas Boyve. Annales hist. de Neuchâtel, II, 4oô. Calv. 0pp. XI, 5o6. jNIaystre Guillaume, a])i)rès nous ostre de fort bien bon cueuv recommandé à vous, Pourceque bavons appcnx-eu que, ainsy qu'il a pieu à Dieu, havés heu quelque fascherie-, chose que nous ha esté fort déplaysante, — non pourtant ' sûmes estes consolés et réjoys de sçavoycn* cornent. Dieu mercy, estyés en santé.. Mes, '" Les écrouelles. " Michel Adam, Juif baptisé, était en 1538 l'un dos pensionnaires de Pellican. Il se maria à Zurich, et, sur le conseil de son ancien hôte, il commença à reviser avec Léoti Jitde la Bible allemande publiée quelques années auparavant ])ar les théologiens zuricois (Voy. l'ouvrage intitulé : Bekenntnisse merkwiirdiger Mànner von sich selbst. "Winterthur, 1810, t. Al, p. 148). ^ De la déi)lorable écriture du secrétaire Pierre Buffi. 2 On lit dans le Registre du Conseil au 16 avril : « Pource que, à ses derniers Pasques prochaien passés [2.5 Mars], M. de Guyse, pour le Roy de France, en la ville de Me[t]s fist quelque esclandre aux vrays cristiens..., et pource que ^V (t. Farel il estoyt,... Résoluz.... que il soyt envoyé ung homme à Bnsle, et lequelt pourra aller jusque Extrahourg trouve[rj M" Guillaume, pour sçavoyer de la i)ure vérité du dit inconvénient... » ' C'est-à-dire, néanmoins. 334 [GUILLAUME VIROT] AUX RÉFUGIÉS MESSINS, A STRASBOURG. 1543 pour aiiltaiit que ne siiinos véritablomont informés de la totale et ])iir(' vérité de vous atfères, nous envoyons par devers vous ce présent i)orteur, par U^pu^lt vous playra nous advertyr tout aut long d(>s alïeres '\ Et si havés besoieng de clios<> que nous puyssions vous ayder, nous vous ])ryons nous en advertyr. Et de nostre jjovoyer vous voilons assistyr et ayder de très bon cueur, duquelt prions nostre bon Dieu il luy ])layse voz préser- ver. De Genève, ce 24 Aprilis-^ 1543. Voz bons aniys Les Scindicques et Conseyl de Genève. (Siiscriptioti :) A Maystre GuillanuK» Farel, Ministre euvangé- lique, nostre bon et singulier aniy". 1225 [GUILLAUME VIROT] aiix réfugiés messins, à Strasbourg. De Metz, 27 avril 1543. xMANQUE Paul Ferry (Observations séculaires, II, i^ 410, Bibl. de Metz) en donne \o résumé suivant, que M. le bibliothécaire H(Miri Burtin a bien voulu transcrire pour nous : '( Une lettre^ allemande et traduite du Prédkant de Metz\ cscrite de Metz le 27 d'Avril... 1543 aux bourgeois de Metz qui demeuroient lors à Strashourr/ -, par laquelle il leur donne advis que nos S(>igneurs ne s'estonnent pas -^ des grandes lettres ny de * Le Conseil de Genève fut exactement informé par la copie de la lettre de Farel du 20 avril, adressée à Myconius (N" 1222). ^ La Vie manuscrite de Farel par Olivier Perrot ])orte : 24 Aoust, — • erreur qui a passé dans les Annales de Boyve. ® Farel répondit le 31 mai (N" 1238). ' Note de Paul Ferry : « Je pense que c'est Guillaume Virot, duquel j'ay plusieurs lettres eserites à Farel en ce mois d'Avril 1543 et celuy de May, par lesquelles appert qu'il y preschoit. » Cf. t. V, p. 359. ^ Dans le nombre de ces réfugiés messins on comptait ceux qui avaient été bannis de Metz en janvier 1543. ' Ne fout ])as uraiid cas, etc. loi3 [GUILLAUMb; VIUOTJ AUX RÉFUGIÉS MESSINS, A STRASHOURG. 'Mi5 boaucouj) de sceaux; (iiic la lettre* aj)i)Oi'tée par le mossager (1(» Strasbourg avoit esté délivrée au maistre-Esclieviii et Trèze Jurés le jour de la Saint Marc": (|iriiic<)utiiient avoit esté tenu conseil en Fabsence de deux (qu'il a])])elle Ruprecht du Coq et celuy de Paris), après leiiuel avoit <'sté fait défense, par les sieurs de T(dlange, Nicolas de Gournay et de VïUer, à frère Veltlii ' de prescher le dit jour de Saint Marc : ce ([ui a donné grand scan- dale, d'autant ([u'il avoit le joui- aui)aravant adverty le |)euple (|ii"il pr(>scheroit le lendemain ai)rès niidyjet il luy avoit esté jx'rmis les rlimanches et les festes). A cause de (juoy i)lusieurs, coninu^ vous sçavez, dit-il. murmurèrent que Caroli presclioit toujours contre l'honneur de l'Évangile et des Protestants**; ([u'il n"estoit pas grand bruit de ceux de Gorze; que la garnison estoit changée ^ par laquelle avoit été pillé un village ai)part(>- nant au dit sieur de T(dleii(je, et le bestail emmené; que cornuK^ il avoit achevé ceste lettre, le dit sieur de Tallange avoit aussy detïendu au Ministre de jjrescher le jour ensuivant'", et à luy (jui escrivoit, le jour de Saint Jacques", premiu.é)j(3^v jadiira^. Ecdesia sine intermissione orat, necdum quis rei exitus sit futurus eonjicere licet. Hœc res enim ad multos nianat. Ille, prietcn* id quod fidus erat verbi Domini interpres, summus mihi atque intimus erat, dudumque simul amicitiam ini(n'amus, quœ bonis auspicata ini- tiis, nemi)(' ])ro])ter Verbum, iisdem hactenus coaluerat. Projjter ' Nouvel indice des relations personnelles et d'intime amitié qui s'étaient établies, à Orléans, entre Calvin et Antoine Fumée (N" ll'.il, n. 1). ■* Allusion au livre que le Réformateur voulait composer contre les esprits- forts et les Libertins (X" 1191, n. 5, 7). ^ N" 1191, renvois de note 5, 6. * Ou a quelques raisons de croire qu'il est ici question de François Landry, curé de Ste-Croix, qui fut em])risonné, le 15 mars 1513, au monastère St.-Martin-des-Champs (VIT, 370-371. — Bulletin de l'hist. du Prot. franc., 1888, pp. 248-252, 255-260). 340 LE CONSEIL DE BERNE AL" PARLEMENT DE DOLE. 1543 illum veliemcnter sum commotus atqiie ita defatigatus, ut vix animum ad scribendum potiierim instituere : sed hoc maxime ad scribendum coniirmavit quôd te idoneum amicum existimavi, in cujus sinum meum liunc dolorem deponerem. Hac causa ita derepente obturbati sumus, ut etiam nobis ipsis defuerimus. Sed non defuit Dominus nec deerit. Intérim indesinenter rogabimus ut exsurgat ipse causam suam judicaturus. Non possum nunc aliis de rébus ad te scribere. Vale et me semper, ut facis, ama. Tuas pro nobis preces vehementer etiam atque etiam rogo. Tuus Capnius. Mitto ad te 7:ocpda>pccGLv nonnullorum psalmorum quam lusit meus quondam sodalis et amicus. 4227 LE CONSEIL DE BERNE au Parlement de Dole. De Berne, 7 mai 1543. Inédite. Minute originale. Archives de Berne. Nobles, etc. Nous sommes advertis de la détention d'ung nommé Claude Girardln, de Vitry ', en vous prisons de Vezou-, pour avoir tenu quelque propos de nostre Loy et mode de vivre en la religion, sans d'aultre crime estre intitulé. Dont fsy ainsy est et qu'il n'y a aultre offence) vous prions que, pour Thonneur et amour de nouz, il vous plaise relâcher le d. détenu : vous asseu- rantz que en aultre endroict [nous] nous employerons à reveoir le bien que, à nostre requeste, luy sera faict^ Priant Nostre Seigneur qu'il vous ayt, magnifficques Seigneurs et bons voysins, en sa saincte protection. Datum 7" Mail 1543. L'Advoyer et Conseil de Berne. ' Vitry est une ville de la Champagne. Un Jérôme Girarâin, éta1)li dans la même province, à Troyes, est mentionné dans la France protes- tante d'Henri Bordier, III, 742. ^ Vesoul en Franche-Comté, à 11 1. N. de Besançon. ' Nous ignorons quel fut le résultat de l'intervention des Bernois. 1543 PHILIPPE MÉLANCHTHON A. JEAN CALVIN, A GENÈVE. 341 1228^ PHILIPPE MÉLANCHTHON à Jean Calvin, à Genève. De Bonn, 11 mai (1543). Calvini Epistolie ot Ros]). 1575, p. 279, Calv. 0pp. XI, 540. Ex mmdinis Frarwfordievsibiis epistola ad me tua transmissa est, exempla verb ediii seripti^ ^>on, sunt allata, tardiîis enim Francfordiam allata fueraiit. Postea Bomiœ apiid D. Biicerum- nactus exeinphim, vidi r/jv Tr/soa-œrj'v/îo-iv ^ ad nio, et subito bonam pai'tem disputationis ovolvi. Qiiôd autem lionorifico testimonio nie^ oruaris, et de tota re, non solùm piè, sed etiam eloquenter disserueris, de utraque re, videlicet de mea gratitudine, et de ipsa disputatione coràni nos, ut soliti sumus quoties unà fuimus, prolixe colloqui posse oj)tarim : etsi enim tantùm vel ingcnii vel doctrinae niihi non arrogo quantum tribuis, et nos imprimis in Ecclesia agnoscere imbecillitatem nostram decet : tamen henevo- lentia erga me tua vehementer delector, tïbique gratiam haheo quod in sa'ipto Incidento, tanquam in illustri positam loco, extase significatiouem amoris erga me tui voluisti. Gh'atum mihi et ïllud testimouium tuum esse ingemièfateor, quod me et amare etquserere simplicitatem dicis-'. Nani prtedicare bona conscientia ^ La foire de Francfort avait duré du 1" au 20 mars. L'un des mar- chands qui en revennicnt avait remis à Mélanclitliou la lettre de Calvin du If) février (N" 1207), mais sans les exemplaires du livre de celui-ci dirigé contre Pighius (N" 1206). ^ Voyez la fin de la présente lettre. * La dédicace du susdit ouvrage de Calvin. * Ce mot est omis dans l'édition de Brunswick. ^ On lit dans la dédicace précitée : « Quantum... à vcrsutis, obliquisque in disputando artihus, qupe claris alioqui apertisque rébus tenebras obdu- cant, ab omni denique fuco et sophistica abhorres, tantùm tibi placet nuda ingenuaque perspicuitas, qupe rem, sine ullis involucris, ante oculos statuât atque ex])onat... Atque lise tua... virtus... magnam sa^pe mihi admirationem movit, quod cùm incredibili perspicacia excellas, simplici- tate tamen nihil habeas autiquius. » 342 PHILIPPE MÉLANCHTHON A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1543 possiim fuisse hoc meum studium, cum iiiitio liariim contcutio- iiiim, milita horridiiis et intricatiùs disputarentiir, ut excerpe- rem res utiles, easque, ex illa caligine evolutas. quantum possem, plané et dextvè recitarem. Nec rarô illud Eurijjidis niilii venit in mentem : 'Ec-S-/cv zb axr^éç, et âVoçjoy zb u.r, ay.'fkç : nec nihil periculi adii dum quiedam prsecidi confragosiora : retinui verô et illustravi utilia, quod tamen verecundè feci, ne irritatis vehe- mentioribus ingeniis, discordias magis inflammarem. Fuit enim hoc quoque mihi cur?e, nostrum, hoc est Ecclesiœ consensum, in majoribus causis ut tuerer". Vides enim qiiàm multse aliie causse utilissimae motœ sint : ut autem ducum ars est leviora et r^dpepyoL interdum relinquere, ne impediantur in persequendis necessa- riis, ita nobis videndum est de quibus rébus maxime dimican- dum sit. Pontilices majori spe quàm un(iuam suas sidrj)Ao[xayiaç prnpug- nant. Arbitrantur enim stultitia nostrorum Principum nostva dogmata ruitura esse, quos vident implicari bellis civilibus et irritare Carolum hactenus cessantem et quasi fugitantem bella (jermanica. Etsi hoc tanto malo moveor, quod quidem s?epe pra?dixi vaticinans, où p-avri-A-ç, àllx (filoaoffiazr^i eudi^oiv, cum Principum irolv-payuoaùyr^v et alios morbos viderem : tamen scio Deum inter fatales Imperiorum tumultus ecclesiam suam servare mirabiliter. Non igitur frangamur animis, sed dum pos- sumus, sonemus, ut conversus latro in cruce, doctrinam de Filio Dei, deque arcana sapientia, quae est Ecclesiœ propria, de magnitudine humante iniirmitatis, de pœnitentia et fiducia pro- missae misericordiœ propter Filium, de vera invocatione et veris Ecclesice virtutibus, de mysteriis non polluendis, de Ecclesiae politia, non illa quam fingunt Pontifices, sed qualis fuit Prophetarum et Apostolorum, denique de vita aeterna. Ad harum maodmarum rermn doctrinam ornandam transferas velim elo- quentiam tua») : quœ et confirmare nostros, et terrere adversa- rios et sanabilcs juvare poterit. Ctijus est enim oratio hoc temiwre in disputando, vel nervosior, vel s]]ilendidior'f Nostra ® Les convictions religieuses de Mélanchthon étaient en si parfoite har- monie avec celles de Calvin, même sur la doctrine de la sainte Cène, que celui-ci pouvait écrire, en 1540, au pasteur de Payerne : « De ipso [Me- lanchihone] nihil duhita, quin penitîis iiobiscum sentiat » (VI, 414, n. 68- 69; 428, ronv. de n. 29-31). 1343 PHILIPPE MÉLANCUTHON A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 343 vcl i)ropter ingeiiii infii-mitatem, vol jji'optor eas arumiias qui- bus consiimpta est natiu'œ vis, si qiia fuit, est s(juali(iioi', Magno- pere igitur gaiuloo, diviiiitus te ad Evangelii oxplicationein oxcitatiim esse, teqiie illa Aj)Ostoli''voco adhortor quain scribit ad Timothceum : [/.ri àuélst zolt i'j uoi yxpiaij.oc.zoç;. Etsi aiit(>iii vidoor àzpvveiv ar.eijàcv-.a., tanien ad confinnandos aiiimos bie mutiiœ sou cobortationes, sou consolationos, praesortim in Eccle- sia aliquid conducunt, ut Paulus se ait voile (7uf/.7ra:/5a/.Xy;5ï5vat aliorum i)ioruin officiis ac conimonofactjono. Satis ubiquo est bostium qui Domiuo bollum iufoi'unt, qui nos doloro conan- tur : 00 sit tirmior consensus noster, avu'Xiepx'n yàp oîoîzyi y.peiacjoiy. Fortassis nostra Germanja ])aulô i)ôst à Turcis vas- tabitnr : quod si fiet, eô magis vo])is alibi in loris tutioribus studia litorarum excitanda erunt, et pugnandum vobonnMitiùs, ut in reliqua Europa Evangelii lucem accondatis ot retinoatis. Quod ad qucVstioHeni de priedestinatioue ^ babobam aniicum Tuljingœ doctum bominoni Franciscum Stadiamim^, qui dicore solebat, so utrumquo probaro, evenire omnia ut divina provi- dontia docrevit, et tamen esse contingentia. Sose baec conciliare non posso. Ego cuni bypotbosin banc tenoam, Doum non esse causam poccati, noc voile peccatum. i)Ostoa contingentiam in bac nostra intii-mitate judicii admitto, ut sciant rudes Davidem sua voluntato ultro ruere, et eundem sontio, cum baberet spirituni sanctum, potuisse eum retinere, et in ea lucta aliquam esse volun- tatis actionem. Hœc etiani si subtiliùs disputari possunt, tannui ad regondas mentes hoc modo proposita, accommodata vidontur, Accusemus ipsi nostram voluntatem cum labimur, non (iua?ra- mus in Dei consilio causam et contra eum nos erigamus ; scia- mus Deum et voile opitulari et adosse luctantibus .- y.;v;v Bélrr uov, inquit Basilius, y.y.i B-sàg ■npoy.Tzavzi.. Excitotur ergo cura in nobis, ot laudetur Dei imniensa bonitas, quum ot promisit ^ A com]);irpr avec le t. VI, p. 81, ii. 10: MI, 489, renv. ûo n. 3-4. ^ Dans son livre contre Pigliiiis, Calvin aniidiicait (jifil traiterait jjIus tard de la prédestination. C'est un souvenir qu'il ra])j)pllera en tête de son ouvrage intitulé : « De feterna Dei pniedestinatione.... consensus Pas- torum Geneveusis Ecclesise, a lo. Calvino exj)Ositus. 15.52, » in-8". ® Frantz von Stade, sous lequel ]Mélanclithon étudia la dialectique à l'université de Tubingue (Voy. Joach. Camerarii de Vita Melanchthonis Xarratio. Recensuit Strobelius. Ilal;t\ 1777. ji. 15). 344 CONRAD PELLICAN A JEAN CALVIN, A GENÈVE. lo43 auxilium et praestat. Sed petentibus, ut iiiquit Domiinis, hoc est iis qui promissionem iutueiitur. Nam à verbo Dei ordiendum est, nec repugnandum promissioni, sed ei assentiamur, née dis- puteraus antea, tune nos adsensuros esse cum arcanum decretum Dei nobis monstratum fuerit : adsentieutem autem Deus adju- vat, qui per verbum est efficax. Hœc non scribo ut tibi tradam quasi dictata, homini et erudi- tissimo ac peritissimo exercitiorum pietatis. Et quidem scio heec cum tuis congruere, sed sunt ny.yyzcpy. et ad usum accommo- data. Hsec Bonnse scripsi apud D. Bucerum, cum eô accersitus est ut ecclesias in Diœcesi Cohniensi emeudaret. Haec consilia Deo piis votis commendes. Rogo autem ut mihi signifiées, an hanc epistolam acceperis. Xam si intellexero certô ad te perferri meas literas, scribam sœpiiis'". 'AvTtfîw/say tibi debeo, quare et grati animi significationem ostendam. Bene vale. xi. Maii (1543), Philippus Melanchthon. 1229 CONRAD PELLICAN à Jean Calvin, à Genève. De Zurich, 13 mai 1543. Autogr. Bibl. Publ. de Genève. Yol. n'' 110. Calv. 0pp. XI, 542. S. Soleo, doctissime piissimeque Calvine, tumultuariè et indi- ligenter scribere : ideo me non intellexisti scribentem de Bul- lingeri nostri officio quod habet scribendi de rébus gravibus et ])ublicis, me autem de minutis' : ideoque rarô scribere me, scientem nihil negligi pcr BnUingerum. Nihil autem prorsùs habet contra te, nec minimum quidem, sed totus totum te dili- git, observât, colit, miratur et laudibus evehit, sed magis in te Deum. Non ergo credas mo vohiisse quicquam taie scribere ad "* Au comineiiocment de juillet 1543, Calvin adressa de Strasbourg à Mélanclithou uue lettre, à laquelle celui-ci réi)Oiidit de Bonii, le 12 du même mois. ^ Pellican fait allusion à sa lettre du 3 mars et à la réponse de Calvin du 18 avril (N"* 1209, 1221). 1543 CONRAD PELLICAN A JEAN CALVLN, A GENÈVE. 345 te, quasi habeat qiiod monoat te vel hortetur vel querulctur prorsùs. Si rariîis scribit, occupationes plurime et magne in causa sunt. Et quœ de Farello scripsisti ad me gratissima snnt nohis omnibus et persuasissima, qui non credidimus rumori, nec frutri scribenti contra eum ^, quando eum Farellum experti sumus semim' esse et perseverare virum Dei et nostrorum aman- tissimum, mei verb imprimis et BlbJiandri, à quibus niliil a[b]scontlisset, si quid habnisset contra doctrinam et mores ecclesise nostre et nos quoque, qui ])ro suo [1. sua] libertatc et spiïitu sancto, proque dextra sua amicicia ad nos nihil tacuisset suo jure loqui et scribere. Fueramus tamen territi non modicè ex falsa hujusmodi fama et minime expectata. Ideoque tibi gra- tias agimus de sentencia et testimoniis tuis : ingénue rogantes ut si quid nos monendos aliquando judicaveris, vel tecuni Fa- rellus, libéré et amicè velis. Homines enim sumus, sed pro gratia Christum interpellamus, parati audire semjjer meliora suadentes, et perseverare in piorum amicicia, quam maximi facimus. Audio te scripsisse denuô De locis communïbus tlieologkis^, quos propediem avidissimè legani. Oro sic pergas. Et responsio- nem Bei'nardini nostri ad lucen. [1. Lucensem] oboleo officine tue opusculum esse\ certè utilissimum et verissimum. Dominus succurrat electis et Ecclesie sancte, servetque te eidem diutis- simè. De alio quoque Itah bene nos es consolatus \ Plurimùm te salvum cupiunt in Christo Bullingerus et Tlieodorus, utque excusatos liabeas quôd nunc quoque non scribunt, occupât! mul- tis. Hic frater Angélus'^ linguam quoque callet Gallicam, ut - Quel était le ministre qui avait signalé i^ar écrit aux Zuricois les prétendus i^ropos de Farel? — On peut supposer que c'était Béat Comte ou André Zébédée. Antoine Marcourt n'entretenait pas de relations avec les Zuricois. ^ Une réimpression latine de VIusf'fi(fionchréfien)/e avait paru à Stras- bourg au mois de mars 1543, chez Wendelin Rihel. * Cet opuscule, qui n'était pas de Calvin, mais d^Ochino, avait été publié récemment à Genève sous le titre suivant : « Epistola Magistri Hieronimi Lucensis ad Bernardinum Ochinum Senensem. Cum res])onsione eiusdem Bernardini. Genève. Per .Joliannem Gii-ardum. 1543, » 55 pp. in-S" (Voy. Benrath, o. c. pp. 165, 375). ^ On ne sait pas de quel autre Italien il veut parler. ® S'il était question de Jean Lanye, jadis correspondant d'Érasme et 346 [l'église de metz] aux princes protestants. 1543 spes ei sit de loco inveniendo apud Bernatmm ditionem. Domi- niis dirigat ejus et aliorum gressiis in viam salutis ! Vale, Tiguri die penthec.[ostes] 1543. TUUS CoNRADUS PeLLICANL'S. (Inscriptio :) Piissimo doctissimoqiie theologo D. Joli. Calvino, Ecclesiœ Genev. pastori fidelissimo Amico. [L'ÉGLISE DE METZ'] aux Princes protestants. (Composée dans la première moitié de mai 1543.) Guill. Farel. Oraison très dévote en laquelle est faicte la confession des péchez...^ (Strasbourg, 1543, in-lfi. ) Eeqiteste aux Princes et Seigneurs. 0 Princes et Seigneurs Chrestiens, et tous qui estes constitués en autorité et ])uissance ayans et i)ortans le nom de Dieu, qui de Farel (I, 178), Pellican aurait jugé inutile de dire : « Linguam callet Gallicam, » puisque ce personnage était natif du pays de l'Argonne, qui faisait partie de la Champagne. Quant à l'Italien Joannes Angélus Odo- nus, pensionnaire de Bucer à Strasbourg (L5o5), on connaît trop peu sa biographie pour qu'on puisse supposer qu'il voulait, en 1543, servir l'une des églises réformées du Pays romand. (Voyez les lettres qu'il écrivit de Strasbourg à Erasme et à Gilbert Cousin, en son projire nom et au nom de Philenus Lunardus. Gilberti Cognati Opéra. Basilea?, 1562, in-folio, I, 306-314. — C. Gesneri Bibl. univ. 1545, ff. 383, 554). ^ Voyez les notes 5, 6. ^ Voici le titre complet de cette rarissime plaquette, qui nous a été géné- reusement communiquée par M. Adolphe Gaifl'e : ORAISON I TRESDEVOTE | en laqu[e]lle est faicte la cou- | fession des péchez, des | fidelles qui ainsi | crient après | Dieu. | composée par m. | Guillaume Farel pres- cheur du \ saincf Eiiangille de nostre \ Seigneur. \ Psal. 90. | le suis auec toi/en la fribuhifio)i; \ inuocqiie moy, d' ie t'exaulceray. (Titre encadré, avec la marque de Jehan Knobloch; in-16 de 27 ff. non-paginés). L'opuscule se compose des trois pièces suivantes : 1. Prière à Dieu en laquelle est faicte confession des péchez.... 2. Requeste aux Eglises de nostre Seigneur. 3. Requeste aux Princes et Seigneurs. — On ne retrouve 1543 [l'Église DE metz] aux princes protestants. 347 avés charge du ijouple, auquel par la grâce de Dieu vous vous emploies, affin qu'il soit entretenu, non seullement es choses corporelles, et pour les corps et k^s biens, mais comme vrays membres de la S. Église, faites servii* vostre puissance en l'hon- neur de Dieu, au salut des âmes, affin que selon la pure Parolle elles soient conduictes et gouvernées, — En remerciant^ très humblement ceulx d'entre vous qui, en grosse charité et bonté, vous vous estes employés envers noz SeigUiHirs j)our bénigne- ment les induyre à ce, qu'en droicte affection paternelle ilz nous oultroiassent la saincte prédication de l'Évangile, — très affec- tueusement et en toute humilité nous vous supi)lions, qu'il playse à voz bénignes grâces ])Oursuyvre, ceulx qui avés com- mencé, et tous les autres \ de vous employer envers nos dictz Seigneurs, pour les attyrer amial)lement et les induyre à une chose si saincte, et si digne et tant raysonable, comme mesme ilz le confessent". Et, affin qu'ilz ne doubtent troubles et mo- tions, ne qu'on se vueille eslever contre eulx, ne contre autres aulcunement (comme les ennemis de vérité tousjours calum- nient TÉvangile comme induisant à rébellion), ainsi qu'en bien toutes les j)uissances ordonnées de Dieu se doibvent assister contre tous ceulx qui font mal, et qui contreviennent aux sainctes puissances ordonnées divinement, et qui sont contre le sainct commandement d'icelles, qu'il vous j)layse les assurer de nostre i)art, que rien de ce n'adviendra : et à ce leurs offrir vostre aide, pour les maintenir en tout droict et rayson, et de ne souf- que le dcrnii'r quart de la première, dans rouvrauc que Farci juihlia en 1545 à Genève chez Jehan Girard, sous ce titre : « Forme d'oraison pour demander à Dieu la' saincte prédication de l'Évangile. » La seconde pièce n'y a subi que très peu de moditications. La troisième y est fâcheusement allongée par un réquisitoire contre le papisme. Nous la donnons ici sous sa forme ])rimitive, qui u"a ])as été reproduite dans les éditions in-folio de Crespin et dans celle de Toulouse, I, 452-456. ^ Édition de 1545 : nous vous remercions. * Le texte de 1545 porte : « poursuivre ce que vous avez commencé, et vous tous autres de vous emi)loyer, etc. » ^ Plusieurs traits des pièces 1 et 2 de V Oraison très dévote, se raiipoiteut évidemment aux ÉcangéliqHes de Metz. Farel lui-même, dans rouvrage de 1545 précité, a pris soin d'en avertir le lecteur par des annotations à la marge (Voyez la réimpression de son écrit intitulé : Du vray usage de la croix... Genève, J.-G. Fick, 18G5, pj). 274, 284). 348 [l'église de metz] aux pri.nces protestants. 1o43 frir que tort leurs soit faict. Certainement, bons et Clirestiens Princes et Seigneurs, après Dieu et sa saincte parolle, nous n'avons chose pour laquelle tant nous vouldrions employer comme i)our la S. Puissance ordonnée de Dieu : i)0ur laquelle maintenir et conserver, en luy obéissant et rendant tout devoir, vouldrions mettre la vie, corps et biens, et de nous et des nostres. Car un tel don de Dieu comme est la Puissance ordon- née de Dieu, ainsi (juMl est très nécessaire sur la' terre, aussi pour la conserver et maintenir tous de grand cœur se doibvent employer; et si nous y avons aftection grande, nous ne doub- tons point que jiar la saincte parolle de Dieu elle ne soit aug- mentée. Excellens et vrays et fidelles Princes et Seigneurs, par la saincte affection qu'avés à Dieu et à ceux que Dieu vous a don- nés, et ainsi que vous seriez esmeuz à pitié, s'ilz estoient en tel estât comme nous, et qu'ilz vous feissent telles requestes au nom de Dieu comme nous faisons à noz Seigneurs, ayés pitié de nous et nous ayde[zj en toute bénignité envers noz Seigneurs ^ Les- quelz Dieu conserve et garde en tout bien, avec vous, et tous qui sont constituez en telle Puissance, pour servir à la gloyre de Dieu, au bien et édification de toute la Chrestienté! Amen^ ® Tout annonce que la jn-ésente Requête était destinée aux députés des Princes et des Villes qui devaient se réunir à Strasbourg le 14 mai 1543 (Nos 1235, 11. 12-14; 1218, n. 3). La Requête aux églises de notre Seigneur exprime le même regret que la lettre de Farel du 20 avril (X° 1222, renv. de n. 29). Elle demande aussi que ceux « qui preschent contre vérité » soient contraints « à maintenir par la parolle de Dieu ce qu'ilz osent mettre en avant » (Allusion à Caroli). Elle a dû être composée après que Farel eut échappé aux sicaires de Gorze, et dans un moment où la prédication de l'Évangile dépendait encore du bon plaisir des XIII Jurés (X" 1225). Voyez Bu vray usage de la croix, éd. cit. pp. 273-277. — Crespin, éd. de Toulouse, I, 450-452. ^ La plaquette finit par le ]isaume CXX, traduit en vers et pourvu, pour la première fois, de la notation musicale (Cf. Douen, o. c. I, 352-54). 1543 PIERRE CAROLl A GUILLAUME FAREL, A STRASBOURG. 349 1230^ PIERRE CAROLl à Guillaume Farel, à Slrasbouri». De Metz, 14 mai 1543. Imprimée. Genève 1543'. Cal. Opj). XI, 544. A Guillaume Farel de Gap en Daulpliiné. Jésus t Maria. In nomine sancte et inclividue Trinitatis Patris, et Filii, et Spiritus sancti. Amen. Sçaches, Farel, que Dieu grâces, je ne crains plus tes menaces et menées, car l'Esprit de nostre Seigneur Jésus-Christ m'a tel- lement en croix conforté et assisté, et par sa bonté tousjours, comme espère, m'assistera, qup plus ne me trouveras si fragile que quelque fois ay (^sté, et pour ce, si tu desires tant le combat, comme souvent es chayères et ailleurs tu te vantes, jusques à la dernière goutte de ton sang : afin que sans plus user de fémi- nines détractions et conviées im])ertinens à nostre dé])at, la guerre dez l'an 1535, environ la Trinité, entre nous deux, à Genève commencée, puis à Losane et Berne continuée ^ en bonne compagnie où soyent juges compétentz, idoines et suffisans, par la mort de l'un ou de l'autre, ou de tous deux ensemble prenne fin, et que laissions en paix la saincte Église catholique. Je Pierre Caroly, de l'authorité du sainct siège A])ostolique, docteur en théologie à Paris, et compagnon indigne de Sor- bonne, à la sustentation de nostre saincte Foy, et de l'honneur de ma Mère saincte église Ptomaine et catholique, par la pré- sente cédule, ce jour, seconde férié de Pantecoste quatorziesme de May, 1543, en grande multitude des Seigneurs et ])ourgeois ^ Titre : Vue Epistre de ÎMaistre Pierre Caroly docteur de la Sorlione de Paris, faicte en forme de deiïiance, & enuoiée à Maistre Guillaume Farel seruiteur de Jésus Christ et de son Eglise, auec la res])oiise. A Genèue, par Jehan Girard. 15J:3. Très petit in-8" ou in-16 de douze feuillets de 26 lignes à la page. ^ Voyez l'article Caroli dans les Jndices des t. IJJ-'S'TJ. 3o0 PIKRRE CAROLI A GUILLAUME FAREL, A STRASBOURG. 1543 de ceste noblo cité de Metz, durant mon sermon à sainct Vin- cent, de ma bouche prononcée, et de ma main escrite et soubsi- gnée, t'api)elle devant le sainct siège Apostolique à Borne, ou le Concile général par mon sainct Père Paul Pape tiers indict à Trent, ou par devant le très victorieux, de Dieu coroné Empe- reur, Charles cinquiesme, ou le Roy très chrestien Françoys pre- mier de ce nom : ou en présence des très scientifiques Docteurs théologiens des facultez de Paris, ou de Tholouse, ou de Poic- tiers : ou si tu n'oses aller en France^ de Salamauque, ou de Alcola, en Espaigne : ou si tu ne veux et te grève aller si loing, de Louvain es pays de TEmpereur, ou de Padoue es terres des Vénitiens, tous en matière de Foy catholique dont est nostre discord, congnoissans et juges suifisans, pour illecjusquesà tant qu'il me conste que je soys repenty, te maintenir tel que je t'ay autre fois maintenu au Conseil de Berne, ])ar feu monsieur l'avoyé Derlac, mon parlier^ Et d'avantage maintenir, quêta doctrine est faulse, hérétique et schismatique, et pour ce par la présente très instamment, une, deux, troys fois te somme, que pour abréger, tandis qui[l] faict beau, dedans huit jours après cest appel à toy signifié, tu me faces juridiquement et solemnel- lement notifier lequel des juges et lieux cy-dessus proposez tu auras esleu, et le jour aussi que tu t'y présenteras, et en la pré- sence de la saincte Église icy assemblée jui-e sur ma foy, que si Dieu ])laist, je ne fauldray au jour et lieu ])ar toy assigné, me présenter. Que si dedans les dictz huit jours ne m'assignes jour et lieu, je te tiendray pour convaincu, et tel par tout te presche- ray. Et si après l'assignation par toy faicte, par aucune finesse en me trompant, tu ne te présentoys quant et moy \ te déclaire que moy et mes ad[hjérentz te tiendrons et par tout presche- rons, lasche, fuyart, meschant et convaincu de schisme et d'hé- résie, turbateur de l'Église catholique et perverseur du sainct Évangile de nostre Seigneur Jésus-Christ, afin que tous fidèles se gardent de toy et de tes adhérentz. Et si tu crains accepter ce combat ainsi conditioné, je t'en ofiriray un plus abrégé. Pource que raisons et authoritez ne servent plus de rien à con- vertir obstinez, je bailleray articles contre ta doctrine accoustu- * Celui qui portait la parole au nom d'uu autre, devant les tribunaux. * C'est-à-dire, en même temps que moi. 1543 PIERRE CAROLI A GUILLAUME FAREL, A STRASBOURG. 3o I mée, m'otïraiit sans plus en disputer, mourir pour les soustcnir, et pour m'exécuter présentement, de ma projH'e voluuté me constitue prisonnier en ceste cité de Metz, i)Ourveu (pie ])our soustenir les tiens aux miens eontredisans, tu vueilles aussi sans l)lus disputer mourir, ¥A afin ([ue je soye asseuré et saisy de ta personne, tu t'en iras constituer ])risonnier entre les mains du Roy très chrestien, desquelles tu ne jjuisses escliapper jusques à tant que je soye pour mos articles exécuté, pourveu aussi que devant ma mort je soye deuëment informé, que tu soys (mtre les mains du dict Roy très chrestien, pour recevoir mort après moy i)our les tiens articles accoustumez\ Et pour la quarte fois, d'abondant te somme d'accepter l'un des dictz combatz, ou autrement je te maintiens traistre à nostre Seigneur Jésus-Christ, et à son Espous(> saincte Église catholique. Et afin que cest appel ne soit fait en cachettes, te signifie, que j'en envoyé la copie signée de ma main au Pape, à FEmpereur, au Roy, à ma dame la Régente du i)ays bas, à monseigneur de Lorraine, à monsieur de Guyse, et à toutes les universitez cy-dessus nommé(^s, et n'y feray faulte. Et aussi j'entens, comme raison le veult, que toy et les tiens, qui apjjortez nouvelle doctrine, vous vous taisiez en ce pays, et laissez ceste noble cité de Metz en paix, jusques à tant ^ Au verso du titi'e du présent opuscule, ou lit cet avertissement : « Jehan Calvin et P. V/ref aux Lecteurs. Pource que plusieurs pourroient doubter en lisant ces épistres, que ce ne fust une chose controuvée, comme aujourd^huy on imprime beaucoup de fables à la voilée, il nous a semblé advis bon, d'acertainer les lecteurs de ce qui en est : voire ceux qui voudront adjouster foy à nostre tesmoi- gnage, comme espérons que feront tous ceux qui nous congnoissent. Afin donc, que toute soubson leur en soit ostée, nous prenons cela sus nous et sur nostre charge, que tout ainsi que la defiiance de Charoly est icy cou- chée, elle a esté envolée à Farel escriptc de la main de l'autheur : et que luy aussi a eu la responce en telle forme de mot à mot. Ce qui nous a meuz de faire imprimer l'un et l'autre a esté première- ment pour représenter, comme en un miroir, que c'est d'un homme abandonné de Dieu comme Caroly. Car il se monstre en ceste Éjnstre estre du tout hors du sens, et non seulement desproveu de jugement et raison, mais forcené en cruauté, qui ne demande que boire le sang comme une beste enraigée; au contraire, afin qu'on puisse recongnoistre en l'Episfre de Farel de quel esprit nous sommes conduitz, nous dy-je, qui desirons et cherchons que le règne de Jésus-Christ soit restitué en son cutier, l'Église soit remise en son premier estât. » 3S2 PIERRE VIRET A GUILLAUME FAREL, A STRASBOURG. 1343 que tu ayes fourny à l'un de ces deux combatz. Signé, l'an, jour et lieu dessusdictz, par moy Pierre Caroly ^ 4231 PIERRE ^TRET à Guillaume Farel, à Strasbourg \ De Lausanne, 19 mai 1543. Inédite. Autographe. Coll. Lutteroth. Bibl. de la Soc. de FHist. du Protestantisme français. S. Gratia et pax! Quanta fuerit nostrum omnium consterna- tio, audito primo funestx istius cladis n(mor[e], in qna tam mulfi Metensiiim cecidisse dicebantur^, vix credibile est. Primus rumor incerto autore sparsus, nos magis perturbarat anxiosque reliquerat, quôd solùm occubuisse ])lurimos asserebat, de te autem nihil afferebat certi. Quid igitur cogitare 'poteramus, quàm cœteros omnes potiùs fuisse lïberatos periculo quàm te ummi, cujus liaud duUè vita prœcipuè petebatur, nisi Dominus ^ On lit au dessous, dans l'imprimé : Fin de Vépistre. Le 23 mai, une traduction allemande de cette Épître fut envoyée à IVESI. de Berne par le comte Guillaume. On croit pouvoir lui attribuer les notes suivantes, écrites au bas de la susdite traduction : « Ce prédicant Caroli a dit publiquement dans sa prédication : Que si « une ville de Metz ne se réduisait pas sous la puissance du roi de France « ou du duc de Lorraine, elle n'aurait jamais ni paix, ni repos ; et [que] « si elle ne se délivre pas des Allemands, ils la séduiront par leur doctrine « hérétique. « Après cette prédication, les Français sont revenus devant Gorze, non pas qu'ils aient voulu s'en emparer, mais seulement à cause des traîtres sur lesquels ils comptent à Metz pour prendre cette ville ; car on a entendu plusieurs Français qui disaient : « Est-ce là cette grande ville que nous devons gagner V » C'est pourquoi veuillez prendre la chose à cœur, afin qu'on aide la ville de Metz et ceux qui ont reçu la parole de Dieu. » (Mscr. orig. Arch. de Berne. Trad. de l'allemand.) 1 Olivier Perrot n'a donné qu'un résumé très incomi)let de cette impor- tante lettre. Nous adressons nos chaleureux remerciements à M. le pasteur N. "NVeiss, qui a bien voulu la copier pour nous. 2 N"* 1216, 1217, 1222, 1224, note 2. 1343 PIERRE VIRET A GUILLAUME FAREL, A STRASBOURG. 333 insigni te eripidsset miraculo : qiiod paulo i)5st factiim esse intelleximus. non sine magno nostrum omnium solatio. Nam quamvis maximo nobis mœrori fuerit aliorum csedes, eum tamen magna ex parte lenivit tua salus et incolumitas, cujus me cer- tiorem fecit Amatus Perrhms, qui Berna redibat ■'. At tametsi certis nunçiis mihi affirmaretur. nondum tamon animus con- quiescebat, donec exemjilar vidi tuarum ixdfratres Neocomenses literai'um\ cuni Genevœ essem ajjud Calvinum'% ac certum audivi nuncium, qui pauciores occisos narrabat quàm primus et secundus rumor s])arsissent. Ojjortuit Satanam testari se et homicidam esse et taies habere tilios. At ticri non potest quin sperem brevi fore ut eum Dominus sub pedilnis vestris conterat. Quid illic moliatur Curolus, novus ille Balahamus sua excœ- catus malitia, conductus ut poimlo Dei maledicat^, audivinms. Sed non dubitamus Dominum versurum ejus maledictiones in benedictiones. Si quid ad retegendum et repellendum imposto- rem illum valerent literœ quas adversvis ejus cahimnias impe- travimus à senatu Bernensi', archetypum apud me est. Tu igitur signiticato, si ad te niitti velis. Ejus nunc exemplar mittere visum est, ut si quid haix're momenti in isto vestro négocie hujusmodi testimonium possit, faciliùs cognosceres. Porrô de rehiis nostris quid ad te scribam, baud sanè scio. ^ Amy Perrin, l'ancien capitaine général de Genève, ayant été député à Berne, se présenta devant les magistrats bernois, le 9 avril, quelques instants après que l'envoyé du comte de Furstemberg leur eut annoncé la délivrance de Farel (N° 1217, n. 7). * L'original de cette lettre n'existe plus à Neuchâtel, et la copie qui en fut envoyée à Calviu ne paraît pas avoir été conservée. ^ Viret s'était rendu à Genève dans la seconde moitié d'avril. Le secré- taire du Conseil écrivit dans le ])rocès-verbaI du 30 : <■< Maystre Pierre Vijret. Pource qu'il fayct ])lusseurs services à la ville, tant en prédication que aultrement, Résolu de luy ballier ung héraulx pour le encompagnyé jusques à Lausanne, et il luy soyt donné six escus soley. Lesqueulx ne voulsu prendre, et icyeulx bout estes retornés. Toutesfoys soyt jjoyé uue coverte de Catellognye, de laquelle a parlé le S"" Jo. Cbaultemps. » ^ Voyez la lettre de Pierre Caroli à Farel du 14 mai, i-t la réponse de Farel du 21. ^ Les « lettres testimoniales de leur innocence » délivrées ])ar Berne, le 7 juin 1537, à Tiret, Farel et Calvin, sont traduites et imi)rimées dans Ruchat, t. Y, p. 39-40. Le manuscrit original est déposé à la Bibl. Publ. de Genève. (Yoy. aussi notn- t. IV, p. 288, 239). T. VIII. 23 354 PIERRE VIRET A GUILLAUME FAREL, A STRASBOURG. 1543 Pergimus iiostro more. Ecclesia Oenevensis magis in dies florct, cujus rei gratia meritô nobis laudandus Deus. Henricus ex urbe ad pagum rediit cui priùs i)r8efectus orat, idque fratrum reli- quoruin et totius Senatus consensll^ Hoc dimtaxat desidero, Calvino socios esse taies qui ejus labores lèvent et ei sintjiotihs solatio qtiùm mœrori et oneri '. Quàm metuo ne honus vir labori- hus tandem succunibat, quamvis Dei beneficio satis bene valeat, pro rationo infirmi ejus corpiisculi. Afflictatur i^este Geneva sicut et Laiisanna, Viviacum, Orha ac alla oppidida et pagi in tota vicinia. Sed liœc tantùm dolornm sunt initia. Pavamus nos ad longé graviora, quibus Dominus castigaturus est nostram contumaciam et ingratitudinem. Nam paucissimi sunt qui con- vertantur ad Dominum percutientem, cujus manus extenta duriùs in dies ferit. Cœlius^^, vir doctissimus ac pietatis aman- tissimus, niihi vicinus est", prœfectus Collegio, cujus me ami- citia et faniiliaritas valdè recréât. Italus est, qui sœpe causa FA'angelii in Italia periclitatus, se tandem ad nos recepit'^ De ejus fide, pietate et literis locui)les testimonium Petrus Mar- tyr^'^, qui apud vos est, ac hic etiam nuncius reddere poterit, * Les passages suivants du Registre de Genève ont ici leur intérêt : Die luufe, IG Aprilis 1543. Congé de Maystre Nycolas Wandée [1. Wandart], prédicant de Jussiez. Lequelt, à sa humble requeste, luy ha esté donné congé de ce retirer ainsy que bon le semblera. » — « Maystre Ahel [Pou- 2)in] prédicant. Ayans aoys la relation des seigneurs prédicans, aut lieu du d. Wandée a esté mys... le d. maystre Ahel, non pas seulement pour servir à Jussiez, mes en tout ce qu'il sera neccessaire en l'Église de Genève, et ha fayct le seyremont d'hier. » Le 23 avril. Poupin fut rappelé à Genève, et Henri de la Mare, envoyé <à Jussy à sa place, y fut installé le dimanche 29 par Calvin et deux membres du Conseil. » Voyez le N" 1121, note 3. *""" Celio Secundo Curione était encore, le 6 février 1543, dans une hôtellerie de Lausanne, et Berne lui faisait livrer pour sa dépense six crônes d'or (Manuel du d. jour). Mais, trois mois plus tard, il logeait avec les XII écoliers dans la haute-ville (la Cité), où Viref avait sans doute reçu un logement provisoire (Cf. p. 167, n. 18; 193, n. 7-8; VI, 342, 343, n. 14, 17). *2 Voyez les N"' 1170, 1177, llSl. Curione a publié l'ouvrage intitulé : Cselii Secundi Curionis selectarum Ei)istolarum Libri duo. Basile», per loannem Oporinum. (Anno Domini M. D. LUI. Mense Martio.), où l'on trouve, p. 183-192, le discours ])ar lequel il avait inauguré ses leçons, et qui porte ce titre : « De ingenuis artibus oratio, Lausannce habita, » 1543 PIERRE VIRET A GUILLAUME FAREL, A STRASItOURG. 353 Micliaël Dubit((fus^% qui apud me est, scribit de ecclesia Neo- comensi ad te. Nescio an audiveris Coniitatum Fribmr/ensihKS venumdatum^"^ : (jua re valdo aiidio Neocomenses j)erturbatos. Quid futuriuu sit, non sat divinare possuni. Hem se ita habere affirmavit Dubitatus, eamque ob causam misses Bernam et Fri- ■ burgum legatos. Dominus ita temperet negocium totnm nt niilla nobis graviora niala suboriantur. Proximis diehits Viviacum convenimus^^, nt viam quœreremus redeuridi in gratiam ciim iis qui nobis ciqnebant reconciliari. Audivisti, oi)inor, quas in turbas conjectus fuerini'^ Quibus autem autoribus novit Dominus, et quo aninio omnia sint peracta. Post hosce motus et alias, quas quotidie nobis Satan excitât, tragœdias, Marcurthis cœ\)\t Calrinion compellare de reconciliatione'\ quem arbitrabatur sibi nonnibil infensum. Colloquiuin expetebat, quod non denegavit Calviuiis^-'. In eo facta est de me quoque mc^ntio, absente tamen. Cum gra- viss.[imaj se habere adversùm me praedicaret, quœ cuperet niibi explicare, sed pra^entibus aliquot viris bonis, pr ^ On n'a que deux lettres de ce pasteur. Nous avons rejiroduit la ])re- 358 ANTOINE THOMASSIN AU GOUVERNEUR DE NEUCHATEL. 1543 mentionnez soyent tirez d'un sermon faict par leur dict pasteur, un dimenclie, bien tost après que le rehaptizeur Pierre Pelot feust contraint par la seigneurie à se déjiartir de la maison de Jacques Glande, son parent, et sourtir de Cornaidx, il est expédient et très nécessaire de sommairement icy remémourer le dit sermon. Car ainsi faisant, pourra Ton veoir et entendre comment les propoz ont esté dictz, et quant et quant comment ilz sont alléguez en ces articles. Je doncq, Antoine Thomassin, le dit pasteur, tandiz qu'il playra à Dieu, lequel m'y a constitué par ceulx qu'il apartenoit, estant hien adve^iy "par le pasteur de ï église Sainct-Blayse ^ de l'insalte et grande insolence qui luy feust f aide un dimenclie en un sermon, au haptesme d'un enfant, envyron quinze jours avant Basques^ , jusques à luy dit'e qu'il nous fcmldroit d'aultres livres, et luy dire : « Où trouvez-vous en la saincte escripture qu'il faille haptizer les petitz enfantz ? » — Lesquelles parolles ne pouvions ny debvions, selon les circonstances du cas, entendre aultrement que de dire qu'il ne failloit point les baptizer, attendu qu'il n'estoit pas commandé expressément, ny en particulier quant aux enfantz, de les baptizer. Et n'y eust persone qui lors se monstra estre pour le dit ministre de la parolle de Dieu, comme il m'informoit, et n'en doubtoye point, voyant bien [ce] que le rebaptizeur Pelot, estant naguères jjarty du lieu de Cor- naud, y pouvoit avoir faict. Parquoy estant fort troublé, et desplaysant d'un tel désordre et peste, qui s' engendrait, et qui à grand peine s'arresteroit en cela, comme nous l'expérimentons maintenant, — le dimenclie ensuyvant, auquel [je] traictoye, selon l'ordi-e de mon texte ordinaire, comment Jésus-Christ avoit esté baptisé par Jehan-Baptiste^ lequel lieu m'admonestoit aussi de toucher du baptesme des petitz enfantz, i)Our le temps et le malheur qui se dressoit, et regardant à toutes ces choses dessus- dictes, ji'e reprins hien fort, comme j'avoye les occasions grandes de le faire, un tel scandcde et hlasplihne, de dire qu'il ne failloit iiiière, t. ATI, p. 256-259. Celle-ci est l'une des rares pièces relatives aux anabaptistes neuchâteîois. 2 Michel Mulot. ' C'est-à-dire, le 11 mars. On voit, plus loin, que les propos cités furent tenus dans l'église de Cornaiix, un jour où Thomassin avait fait un échange avec le pasteur de St.-Blaise. 1543 ANTOINE THOMASSIN AU GOUVERNELR DE NELCHATEL. 3o9 point bai)tizor les enfantz. « Car, disoyo-jo, demander avec telles et telles circonstances : Où trouverez- vous qu'il faille bajitizer les petitz enfantz V qu'est-ce aultre chose sinon dire qu'il n(> les fault point baptizer, à cause qu'il n'est pas dict exj)ressément et nomméement d\vceulx qu'ilz soyent ba])tisez? » Et, pour mons- trer la grand folie et ignorance de ces rebaptizeurs, « Hz di- ront tantost, disoye-je, qu'il ne fault point aussi baptizer les femmes, tout ainsi qu'ilz disent des enfantz, et à la partin diront qu'il n'est point de Dieu ; car où trouvera-on en la saincte escripture qu"il soit dict nomméement et expressément des femmes qu'elles soyent baptizéez, plus que des enfantz? Ce nonobstant, disoye-je, il fault baptizer nécessairement et femmes et enfantz par la parolle de Dieu. » Second article. Or ceulx de Cornaud ont tiré d'icy leur second article à rencontre de moy, selon leur affection et entendement, et non selon la vérité de la chose; car s'il n'a point esté dict verbalement au pasteur de l'église Sainct-Blayse, qu'il ne fault pas baptizer les petitz enfantz, aussi n'ay-je jias ])arlé comme si verbalement on le luy eust dict, mais comme estant comprins en ceste demande qui luy feust faicte avec les circonstances : ce qu'est facile à juger à tout bon entendement. En oultre, mon sermon ne pourtoit nullement que la saincte escripture ne parle point du bajjtesme des femmes, mais disoye ainsi : « Où trou- vera-on en la saincte escripture qu'il soyt dict nomméement et expressément des femmes qu'elles soyent baptizéez? c'est-à-dire, qu'on les baptize? qu'on les vienne à ba])tizer? c'est à sçavoir en commandement? » Et si ceulx de Cornaud ne rouldroi/pnt souffrir ceulx qui disent ^ qu'on ne doibt ijoint haptizer les petitz enfantz, comme leur dit second article le contient, poiirquoy doncq est-ce que si long temps Hz ont souffert dedans Corna u, dedans leurs maisons, p)armi/ femmes et enfantz, ce rehaptizeur là Pierre Pelotf Pourquoi/ ont-ilz esté tant eschauffez de ce que le magistrat ne Va vouleu souffrir? Ne sont-ce i)as les rebapti- zeurs lesquelz disent qu'on ne doibt ])oint baptiser les jx'titz enfantz ? Et le dit Pierre n'est-il pas du nombre d'yceulx ? Mais je ne veulx ny i)rétendz nullement à fair(> menteurs mes parro- chiens, ains les prie toutz, sur ce second article qu'ilz ont * Il avait d'abord écrit : aient. 360 ANTOINE THOMASSm AU GOUVERNEUR DE NEUCHATEL. 1543 avancé contre moy, que pour véritable que j'ay esté et suys, grâces à Dieu, et seray tousjours, aydant ycelluy, ilz ne me tiennent point pour menteur contre Dieu et toute rayson et équité. Car touchant ce qu'ilz allèguent m'avoir prier leur nom- mer les diseurs, je leur ay nommé les rebaptizeurs tant de foys que j'en suys las, et singulièrement au susdict sermon. Que s'ilz désirent sçavoir celluy lequel dict lors au pasteur de l'église S.-Blayse : « Où trouverez-vous qu'il faille baptizer les petitz enfantz? » Ad ce je respondz que le dict pasteur, comme j'espère, leur en sçaura bien dire des nouvelles, comme jà leur ay dict quant ilz m'en ont requiz. Suyvant au reste le propoz du dict sermon, et monstrant la cautelle de ces rebaptizeurs, disoye : « que leur façon de fayre estoit de presclier leur fmdse doctrine en secret, pour séduyre les simples ignorantz, eulx qui sont mcdicieulx ignorcmtz, et que s'il estoit question de venir en public et parler davant ceulx-là aux- quelzDieu a donné le don de prophétie, c'est-à-dire d'entendre et déclairerles sainctes escriptures, qu'yceulx rebaptizeurs estoyent incontinant confonduz et renduz muetz par la vertu de Dieu et de sa saincte parolle, » Ce que les susdicts de Cornaud m'ont reprouché pour une grande et détestable menterie, premièrement dedans le moustier '% où ilz estoyent assemblez pour ce point et pour les aultres, envyron troix sepmainnes avant la pentecoste'' : secondement, soubs la couverture de leur four, où ilz s'estoyent aussi assemblez pour cest affaire, le jour avant la pentecoste. Tiercement, ce dimanche xyrochain après la pentecoste'^ , Ae^Mii la face de mes seigneurs les commiz sur cest affaire, sçavoir : monsieur le chastelain Jacques Louys, et Guillaume Hourry, maistre-bourgeoys ^ disantz par leur parlier, Jacques Claude, que Pierre Pelot, tesmoing la parroisse, avoit vouleu parler en public avec moy, mais qu'il ne luy avoit point esté permiz, dont s'ensuyvoit que j'estoye menteur, ayant dict que les rebaptizeurs ne cherchoyent que de parler en secret. ^ Monastère, église. ® C'est-à-dire, environ le 22 avril, la fête de Pentecôte étant le 13 mai en 1543. ^ Donc le 20 mai, ce qui donne la date approximative de la présente requête, que nous avons dit, par erreur (YII, 277), être datée du 15 mai. * Guillaume Hory, maître-bourgeois de Neucliâtel. 1543 ANTOINE THOMASSIN AU GOUVERNEUR DE NEUCHATEL. 361 Ad ce je respondz qu'ilz confessent en la manière eulx-mesmes, Pierre Pelot estre du noni])re des rebaptizeurs, desquelz la doc- trine de rebai)tizerie et i)liisieurs aultres qu'ilz ont, sont faulses et meschantes. Or Jésus-Christ dict hiy-mesnies, au troisiesme de son évangile selon S. Jehan, que quiconque faict choses vicieuses, il hayt la lumière, et ne \m\t j)as à la lumière, afin que ses œuvres ne soyent reprinses. Parquoy il s'ensuyt bien, jouxte leur dire, que non-seulement moy, mais aussi Jésus- Christ leur est j)Our un menteur, puys que le rebaptizeur Pierre Pelot, duquel la doctrine est vicieuse, vouloit venir à la lumière, et parler en publicq; car Jésus-Christ dict : «Qui- conque faict choses vicieuses, il hayt la lumière. » Je vouldroye bien, sauf l'honneur de toute la {)arroisse de Cor- naud, que son parlier Jacques Claude ne feust point si subtil, qu'il faulsist^ selon sa raison, que Jésus-Christ et la vérité feust menteuse. Les subtilitez lesquelles sont contre Dieu, sont détes- tables, toutes quant qu'elles sont. Troisiesme article. Je n'ay jamais nommé Pierre Pelot en chaire publicque, mais y ay tousjours j)arlé des reba])tizeurs sans les nommer en espécial'". Bien est vray qu'en leur four sus- dict, [jej leur pense avoir dict, selon le propoz qui lors estoit, que le dit Pierre estoit diabolicque, et mené par l'esprit de Satan, à cause de la faulse doctrine et de la peinne qu'il prent de la semer partout. Et jasoit [1. jà soit] que j'aye beaucoup de raisons, pour les choses ouyez et veues, de ne doubter point que le dit rebaptizeur n'en ayt gasté plusieurs, toutesfoys si ne pensé-je point l'avoir dict publicquement. Et quant bien je l'au- roye dict ainsi, estant leur pasteur, je ne les auroye pas vouleu blasmer pourtant, non plus que l'Apostre les Galatiens, leur disant qu'on les a enchantez, mais auroye cherché et j)rocuré leur bien par tel moyen, ce qu'est commun et souvent en usage aux pasteurs des églises, comment il ap[i)]ert par la S. escrip- ture en plusieurs lieux. Et de faict, quant Hz disent quHlz ne voiddroyent estre de l'es- prit maling,je leur respondz sur ce, qii'ilz vie dehvoyentpas doncq avoir avec eulx, mesmement si long temps, l'espirit maling de ce ^ Qu'il faussât ou falsifiât. ^^ A comparer avec le t. VII, p. 276, conimencemeiit dos notes 7-8-9. 362 ANTOINE THOM\SSIN AU GOUVERNEUR DE NEUCHATEL. 1543 rebaptizeur Pierre Pelot, ny estre si troublez de ce que ce jjotir- teur et ministre de V esprit maling estait chassé d'entre eiilx par l'authorité du magistrat. Car celluy qui dict qu'il ne se voul- droit eschauffor, ne se debvroit approucher ny tenir auprès du feu. Pour toutes lesquelles choses je dy que les parrochiens de Corniaud à tort et sans cause et contre toute raison et équité disent, en leur tiers article, que je me desmentz moy-mesmes, car je monstre le contraire, c'est que j'ay dict vérité. Au suri)lus, veullant monstrer conséquemment au dict ser- mon, quelles gentz principallement empoignoyent une telle et tant exécrable secte, disoye, entre aultres choses, « que ne doub- toye point, et encor ne fais-je, qu'il n'en y eust aulcuns lesquelz seroyent contentz d'estre au diable, mais qu'ilz eussent quelque moyen pour mettre en ruyne, s'ilz pouvoyent, la S. paroUe de Dieu, et pour i)arler contre les ministres d'ycelle, voyre les exter- miner, si ])ossible estoit. » Sur quoy ilz ont comprins leur premier article contre moy. Et res})ondz, que leur requeste n'estoit pas raysonnable, ny convenable à eulx d'ainsi procéder envers leur ])asteur, et ne me peuvent ny doibvent, selon l'esprit de Dieu, tenir pour menteur à cause de cela, non plus que les Galatiens susdicts n'eussent deu ny peu, selon l'esprit de Dieu, tenir l'Apostre pour menteur, à cause qu'il les disoit estre enchantez par quelqu[u]n, comme aussi ne se trouvera jamais qu'ilz rayent faict. Je demande aux parrochiens de Cornand, si les Galatiens eussent faict selon l'esprit de Dieu en requérant S. Paul, Vapostre de Nostre Seigneur, de leur dire l'anchanteur, ou de ?wmmer les encJiantez? Nenny, certainement, mais eussent faict selon l'esprit du diable. Toutcsfoys que le S. apostre ne leur laissait pas occasion de luy demander cela, car il nommoit toutz, disant : 0 Oalatiens mal-advisez, qui vous a enchantez que n'obéissez à la vérité ? Et néantmoins, estant ainsi nommez par l'Apostre, ilz n'ont pas prins cela pour un blasme, mais pour une correction, comme ilz debvoyent. Semblablement, la paroisse de Cornaud ne debvoit estre scandalizée aulcunement i)our ouyr telz propoz de moy, qui avoye si grande occasion de parler ainsi, i)our la correction des maulvais, et consolation de ceulx qui ne se sentoyent point estre telz. Et ne m'en peust tenir i)0ur monteur, sinon en sa grand confusion et cnndomnation. Car je 1543 ANTOINE THOMASSIN AL' GOUVERNEUR DE NEUCHATEL. 363 ne poux ny doibs ostre convaincu do nKMitorio par cela. Et voylà quant aux troix i)i'emiers articles. Quatriesme article. Quant au quatriesme article, il y ajà en- vyrou trois ans que nue femme delà parroisse de Cornaud fenst mise en la prison de Neufchastel, pour l'un des _2jZ«s liorrïbles hlasphèmes qui feust jamais ny sera en toute la chrestienté. Car elle avait nyé l'un des principaulx jmintz de la foy et du salut de toutz rrays chrestiens, c'est à sravoir la insurrection de nostre Saulveur Jésas-Christ, et de toutz les mortz, disant que l'âme des per'sones mourait avec le co7ps, et qu'il n'y avait mdle diffé- rence entre l'âme d'une heste et celle d'une persone. Par{iuoy, après la prison, feust contrainte d'en crier mercy publicqucment au moustier, un dimenche après la i)rédication ", Or la prédi- cation feust toute à cela, de monstrer la cortainnoté de la résur- rection de nostre Seigneur Jésus-Christ, et la cortainnoté de l'espérance de tout vray chrestion que les niortz resuscitoront au jour que Dieu a ordonné. Et craignant, connno ])ar raison debvoye craindre, que telle peste n'eust jà saysy le cueur de plusieurs, voyant la vie troup horrible et désordonnée de plu- sieurs, ou ])0ur obvier qu'ilz n'en feussont saysyz, je disoye : « qu'encor qu'on ne i)arlasso point comme avoit l'aict la dicte femme, toutesfoys qu'on n'estoit pas moins coupable qu'ycolle, si ce qu'elle avoit ousé dire de bouche, un aultre l'avoit secret et caché en son cueur, et que si l'on pouvoit veoir les cueurs comme Dieu les veoit, et cognoistro les pensées, qu'on trouve- roit qu'aulcuns n'auroyent ny Dieu ny âme, alléguant ad ce le prophète David, disant que l'inique dict en son cueur : « 11 n'y a point de Dieu. » Car qui nye l'immortalité dos ânios, comme fesoit ycelle femme, il n'a point d'âme, selon son fol et troup malheureux jugement, pas en la sorte qu'un vray chrestion la croit avoir, comme aussi il l'a vrayment. Il n'a point aussi do Dieu, tesmoing le dire du jjrophèto ])réallégué. » Or alors ceulx de Cornaud seulement se disoyont estr(> blas- mez, alléguantz que j'avoye dict, que à Cornaud on en trouveroit aulcuns qui n'ont ny Dieu ny âme, et ceulx d(> Yarre^'- no s"(mi *' Xoiis avons iiiciitioniu'' ce t'ait (VII, 277, n. K»), ixuir en iiitV'rcr (ju'il y avait déjà on 1540 dos règlciacnts disciplinaires dans rKgliso do Ntai- châtel. 12-is-u Lp villaiïo de Vurre est sitné an X.-E., et celni (VEpngnier à l'E. 364 ANTOINE THOMASSIN ATI GOUVERNEUR DE NEUCHATEL. lSi3 mesloyent point, ny de Thielle^^, ny des Paniers^*, nj mesmes Jacques Claude, combien qu'il feust de Cornaud; mais mainte- tenant, cnvyron trois ans après que la chose a esté faicte, toute la parroisse s'y fourre, et Jacqiœs Claude des premiers et pourte la parolle pour toutz, despuys que Pierre Pelot a esté naguères banny du Conté de Madame nostre souveraine prin- cesse, et son fraillard'^ Antoyne Jacotté miz en prison, comme si j'en estoye cause ou le pouvoye avoir faict faire, ou comme si moy seul debvoye réparer l'iioneur des rebaptizeurs en ce Conté, comme au nom de toutz les prédicantz. Brief, je ne blas- moye nullement alors, ny fais encor maintenant ny vouldroye faire, ceulx de Cornaud en particulier, ny la parroisse en géné- ral, mais fesoye l'office d'un bon pasteur en la manière que le feis. Parquoy n'ont cause en cela de dire, en leui* quatriesme article, qu'ilz ne me peuvent plus souffrir. Et pour ce que tant defoys Hz allèguent, en ces articles, que je les hlasme, comme aussi ilz le misrent en advant dernièrement, qui feust le susdict Dimenche prochain après la pentecoste, en la présence de Messieurs les susdicts commiz, disantz qu'avoye dict en la prédication qu'ils ne s' amendoyent point, mais qii ilz empiroyent, — Je respondz icy, pour toute résolution, que ne suys-je pas celluy qui les blasme ou voulsist jamais blasmer, et dy que eulx-mesmes sont ceulx-là qui se blasment et scanda- lisent toutes gentz qui oyent parler de telz affaires. Il y avoit assez de mal en la parroisse de Cornaud, pour la papisterie, laquelle y estoit fort grande ; mais au lieu qung tel mal dehvoit du tout estre osté, un aultre plus grand sans comparaison, et que nul vray papiste ne pensa jamais, s'est trouvé en la dicte par- roisse de Cornaud, car en ycelle a estée nyée la résurrection de nostre Saulveur Jésus-Christ et de toutz les mortz qui sont, qui seront et qui jamais ont esté, comme a esté dict sur le qua- triesme article. N'est-ce pas bien emjnrer, cela? ToutesfojH encor n'a ce pas esté assez, combien que c'estoit jà troup, et troup plus qu'on ne sçauroit dire ny penser; mais avec tout cela, c'est trouvé qu'en ycelle pajToisse a esté receu et tenu ouvertement un de St.-Blaiso. Thièle est un vieux château sur la rive gauche de la rivière de ce nom. '* Son dcini-frèro ou son beau-frèi'e ? 1543 ANTOINE THOMASSIN AU GOUVERNEUR DE NEUCHATEL. 365 rehaptizeur, lequel estoit notoyre avoir esté déjecté et banny de la Bonnevïlle^^ , à cause d'estre rehaptizeur obstiné. Et, non con- tantz de cela, le roidoyent faire ouyr, et dire safaidse doctrine enpidjUic entre eidx mesmes, et l'ont ^ahlicquement maintenu à V encontre de leur pasteur, le veullant faire menteur, à cause que le dict rebaptizeur avoit ou moins faict le semblant de vouloir publicquement parler ou disputer contre ycelluy leur pasteur, comme a esté dict. Et a-Fon dict, en ycelle mesmes parroisse, au moustier, au baptesme d'un enfant, qu'il fault que nous, les ministres de la parolle de Dieu, ayons d'aultres livres, et a-on auser demander : « Où est-ce qu'on trouveroit qu'il faille bapti- zer les })etitz enfantz? » N'est-ce pas bien empirer, cela? Davantaige, combien de foys les a-l'on enseignez et admonestez des danses, qu'elles sont contre Dieu? Combien de foys les leur a deffendu le magistrat, se travaillant ainsi de servir à l'honeur de Dieu, et d'empescher le blasme qu'en vient au sainct évan- gile de Nostre Seigneur? Toutesfoys, au lieu de s'amender, Hz ont tousjours résisté et contre la parolle de Dieu annoncée i)ar le ministre d'y celle, et contre le magistrat ordonné de Dieu, maintenantz les danses publicquement et ouvertement devant la face de toutz ceidx qui le vouloyent veoir. Je suys grandement alrnsé, ou cecy est du tout empirer. Combien de foys les a-l'on enseignez du baptesme, que le père de l'enfant s'y doibt trouver principalement, et qu'il ne peiist s'en reculer sinon en fesant grande injure à Jésus-Christ et à ^^ Aujourd'hui la Neuverilh. Il s'y trouvait des adhéronts de Pierre Pelot, comme nous l'apprend le livre intitulé : « Brieve instruction, pour armer tous bons fidèles contre les erreurs de la secte commune des Ana- baptistes. Par M. lehan Calvin. A Genève, par lehan Girard. 1544, » 190 pp. ])etit in-S". Dans la Dédicace aux Ministres des Églises du Comté de Xeucliâtel, datée du l'' juin 1544, l'auteur dit, p. 6-8, qu'il leur adresse ce traité « afin que la lecture en soit plus recommandée » à' leurs églises, et que celles-ci soient <> préservées de toutes perverses opinions. » — « Il est vray (ajoute-t-il) que vous eussiez bien ])eu... me descharger de ceste peine. Et mesme desjà nostre frère Maistre Guillaume Farel.... avoit bien satisfaict en partie à ce que vous requérez à présent de moy. Comme j'ay veu par les actes d'une conférence faicfe à la bonne ville (la Neuveville). Tellement que des poinctz qui sont là traictez nul n'en ])ourroit demander plus suffisante déclaration ])()ur se résoudre en sa conscience, qu'elle est là donnée. » 366 ANTOINE THOMASSIN AU GOUVERNEUR DE NEUCHATEl. 1543 V enfant, poiirven que bonnement il s"y puisse trouver? Et tou- tesfoys l'on persévère à s'en reculer tant qu'on peust. Brief, quelque répréhension et admonition qu'aye esté faicte à la dicte paroisse de Cornaud pai' le ministre de la parolle de Dieu, ^ew- dent que le sermon du vespre sefaict le Dimenclie, la plus grand partie du peuple sont ordinairement devant leurs maisons; Hz n'attendent jamais les ungs les aidtres jusqaes à la fin de la S. cène et table de nostre Seigneur Jésus, sinon hien peu degentz. Moy doncq, voyant toutes ces choses, comment me pouvoye-je garder de leur dire quelques foys qu'ilz ne s'amendoyent point, mais empyroyent, pour les inciter à s'amender? Par le moyen de qui doncques sont-ilz hlasmés, et en scandale aux voysins? Est-ce point d'eux-mesmes, fesantz toutes ces choses, voyant toutz et résistant tousjours à la parolle de Dieu ? ou de moy, qui fesant l'office de pasteur, les ay admonesté et reprins de tel empire- ment, afin qu'ilz s'amendassent? C'est d'eulx-mesmes certainne- ment, et non ])as de moy, et me font tort aussi bien en cest endroit comme en toutz les aultres. Cinquiesmeciriicle. Quant au cinquiesme article, je confesse tousjours, comme je leur ay jà confessé par avant, non pas que j'aye ra])pourté, car je ne suys pas en ce ny aultre cas rappour- teur, mais que j'ay dict avoir ouy de la bouche iïAntJioyne Jacottet, de Quercié^\ qu'il disoit que nous, les ministres de la parolle de Dieu, vendions l'Évangile, ce qu'est faulx, et dict contre vérité. Et est tout vray qu'il le m'a dict. Dieu, qui le jugera et moy aussi, en est tesmoing et la conscience d'ycelluy, et un tiers aussi, lequel le doibt avoir ouy comme moy, en tes- moignera s'il plaist à Dieu, quant sur ce sera requiz au nom de Dieu. Et Mons"" le Chastelain susdict en parla ouvertement devant toute la ])arroisse, le dimenche susdict prochain après la pentecoste, disant avoir ouyr dire à Antlioine Jaccotté ce mesmes propoz ou semblable. Or, ne me peulx-je assez esmerveiller Aq la parroisse de Cor- naud, disant par son parlier, Jacques Clcmde et fraillard du dict Jaccottet, que ce Jaccottet est leur frère et membre de l'église, croyant plus tost à luy, qui le nye seulement, et n'a aultre chose, qu'à moy qui suys leur pasteur et qui [ay] charge d'eulx, 17 Le villago do Cressier, près de Coriiaux (VII, 398). lo43 ANTOINE THOMASSIiN AU GOUVERNEUR DE NEUCHATEL. 367 ayant aussi le tosmoigiiage de Monseigiieiii- le ClmstelaiH^* tel que dessus, et espérant en avoir davantaige (juant teni])s sera, Dieu aydant. Qui est-ce qui ne jugeroit y avoir de terribles menées'^ Au Heu que la parroisse debv/oit maintenir son i)asteur contre le dict Jacotté, ainsi qu'est dict, elle soustient Jacotté à rencontre d'ycelluy, combien que Jacotté ne dict aultre chose sinon que j'ay menty; mais il est jà bien évident, et sera encor plus cy-après, Dieu aydant, que c'est luy le menteui-, non-seule- ment en cecy qu'il nye, mais aussi en ce qu'il a dict que j'ay esté cause qu'il a esté miz en i)rison. Laquelle chose ne se trouvera point, mais est faulse. Que si Jacottet le vouloyt aussi nyer l'avoir dict, la parroisse de Cornand en seroit chargée, de laquelle le parlier Jacques Claude, ])Our et au nom d'ycelle, m'en accusa devant les dicts commiz, le jour qu'est dessus. Sixiesme article. Item en leur sixiesme article ilz disent que j'admonestay Mous' le Chastelain, lequel estoit pour lors Mons"" le maistre-bourgeoys André Mazègle, de mettre Thomas, de Cornaud, en prison : ce que ne feis jamais, et seroit faict tort au dict feu chastelain, de dire qu'à mon appétit et non selon rai- son, il eust emprisonné quelcun. Bien est vray que le dict Tho- mas avait parlé de V esprit de Vapostre S. Paul en telle sorte, que ce qu'il avait parlé, et ce que pourrait parler un aultre home de son entendement, c'estoit fout un. Et me font tort quant ilz disent que ne luy i-emonstray i)oint sa faulte, car si feis en la présence du dict Mons' le Chastelain, lequel aussi j'admonestay, à l'heure présente, de faire (jue son office servist à Thonneur de Dieu. Si doncques le dict Thomas feust emprisonné contre l'ho- neur de Dieu, comnu» veullent donner à entendre les parro- chiens de Cornaud^, il ne feust nullement faict en cela selon l'admonition qu'avoye faicte à Mons"" le Chastelain, ains tout au contraire, ou, si ce feust selon l'honneur de Dieu (car il fault bien que ce feust l'un des deulx), pourquoy si long temps ai)rès vient-on reprendre une chose bien faicte? Et Dieu sçait com- ment ilz desguysent le cas. Septiesme article. Touchant le septiesme et dernier article, Je ne sçais qu'ilz veullent dire, disaniz que j'ag faict convenir 19 '* Exerçant ses fonctions dans la cluitellenie de Thièle, dont St.-Blaise était le chef-lieu. 368 ANTOINE THOMASSIN Ali GOUVERNEUR DE NEUCHATEL. 1543 aulcims. Et ce qn'ilz disent que je leur ay faict crier mercy à Dieu, ce n'a pas esté moy, mais V église, en l' authorité de laquelle je lefesoye, toutesfoys avec le consentement de ceulx lesquelz avoyent scandalisé l'église, car cela estoit en leur liberté de le faire ou non. De dire a en touchant en ma main, » comme si deux y avoyent touchez, ils sçavent bien que ce ne feust qu'ung, et qu'il toucha aussi en la main du gouverneur de l'église, ce que monstroit que ne fesoye rien de cela de moy particulier, mais comme ministre et au nom de Téglise, le déclairant aussi par parolle, disant à haulte voix : « Donnez-moy la main et au gouverneur de l'église, en certification que l'église vous receoit. » Yray est aussi qu'après avoir prié pour le personaige, au nom de Jésus-Christ, je ne dobtoye point que ses péchez ne luy feussent pardonnez, me fiant en la ferme promesse de Jésus- Christ qui est au 18*^ de S. Math., pourveu que le personnaige eusse vraye foy en ycelluy et vraye desplaisance de ses péchez. Or, ilz font une maulvaise conclusion de leurs articles, disantz que par leurs raysons susdictes ay esté défaillant en mon minis- tère, ce qui ne se trœuve pas, mes responces estant ouyes et entendues. Par ainsi, n'estant point tel que ceulx lesquelz ilz m'allèguent i)Our exemple, il s'ensuyt bien que nullement ne les doibve ensuyvre en ce qu'ilz debvoyent faire, à raison de ce qu'ilz avoyent esté en publicque scandale. Par ainsi, ne suys contreveneu à ce que je presche par aulcun de leurs dictz articles, ains non obstant yceulx articles demeure véritable, ainsi que le ministre de la parolle de Dieu doibt estre, selon que le monstre le S. Apostre. Pour [ce] je 2»'ie et requiers liumhlement à la Seigneurie de ne faire nullement, touchant aux pasteurs des églises, à l'ai^pé- tit des rehajitizeurs, et faire des renwnstrances à mesparrochiens, à fin qu'ils ne se perdent et confondent eulx-mesmes, au désir de ceulx qui ne les pourroyent tirer hors de confusion. Me offrant à toute punission, quelque grande qu'elle soit, par tout là où je seray trouvé coulpable. ^® Fait citer ou assembler. 1543 GUILLAUME FAREL A PIERRE CAROLI, A METZ. 369 1283 / GUILLAUME FAREL à Pierre Caroli, à Melz. De Strasbourg. 21 mai 4543. Une Epistre de Maistrc» P. Caroly... Genève 1548'. Calv. Opp. XI, 54Î). La Responce de M. (JuillaunK^ Farel contre M. Pierre Caroly, docteur de Sorbone. Guillaume Farel, serviteur de Dieu, non seulement baptisé au nom du Père et du Filz et du sainct Esprit, un seul Dieu en trois personnes, mais aussi attiré à la cognoissance de TÉvangile de Jésus, et api)ellé par icelluy, pour prescher ceste tant saincte doctrine Évangéliquc — au docteur Papal de l'université de Paris, jadis com])agnon de Sorbone, Pierre Caroly, qui tant de fois a tourné sa robbe, — tout ce que je puis désirer et deman- der selon Dieu t'avic^ine, en Thonneur et gloire de ce bon Dieu et édification de tous ! Hier je receu tes lètres^, et avoir veu l'entrée de cordeli(M'. ton Jésus Maria, lisant plus oultre il m"a semblé que tu te com- bas à ton umljre, te disant estre si fortifié que tu ne crains mes menaces et menées, et que je ne te trouveray plus tant fragile comme paravant. Mon mny Caroly (car encore je t'ayme, puis que nostre Seigneur le commande), qui fa menacé) et qui tascJie contre toy f pourqîioy te trouhles-tn ainsi) Est-cemoy)Je pren.s Dieu en tesmoing et ta propre conscience, si tu as j((nuns trouvé amy sur la terre qui ait plus taschéà ton bien et salut que moy. Je ne t'ay menacé paravant, et ne te menace de présent. Car ne suys envoyé pour menacer, mais pour monstrer la povreté où est le monde, et le salut qu'il faut cercher en Jésus. Je ne sçay que c'est de faire menées. Je n'ay travaillé à avérer chose, fors que la doctrine de Jésus eust lieu partout. Tu sçais bien que je pourrais dire de toy et de tes sembUtblcs. ' Voyez If titre conijjlet, N" 1230, note 1. - La lettre de déti du 14 iii.ii(X" 1230). T. ^^II. 24 370 GUILLAUME FAREL A PIERRE CAROLI, A METZ. io43 Mais quand seroit-ce faict ^ Hélas! que vous estes povres gens, qui ne regardez contre qui vous bataillez, et la cause que vous voulez destruire. >^ifag désiré le bien et édification de l'Église, et fay argué de ta vie à Genève, et résisté à ta povreté, et non seu- lement moy, mais en plus grande vertu l'ont faict aussi les vrays serviteurs de Dieu Calvin et Tiret. Que necongnois-tu tafaulte, comme tant défais l'as confessé? Pourquoy batailles-tu contre ce que tu srays et congnois? Tu, ])ar manière de vitupère, me ves- cris que j'ay de coustume de me vanter sur la chayre, en repré- s(>ntant le combat pour le soustenir jusques à la dernière goûte de mon sang. Je te prie, Caroly, confesse la vérité. L'ay-je présenté à ceux qui en bonne paix et amiablement ont désiré de traicter de nostre Seigneur V Ay-je jamais usé que de très gi-ande douceur et bénignité selon la grâce que Dieu nf a donnée, parlant avec eux tant amiablement qu'il m'a esté possible ? Et si, quand la résistence estoit si grande, comme tous le sçavent, et que par toutes sortes on ne taschoit que blasmer la saincte doctrine de Jésus, j'ay prié que les adversaires vinsent en avant, que j'estois prest de maintenir ce que j'avois enseigné jusques à la dernière goutte de mon sang, est-ce venterie V Ay-je refusé à personne de respondre? Ay-je nyé la vérité de Jésus que j'ay une fois congneue? Tu sçais bien les dangers et peines oi( j'ay esté, et si ne veux estre du tout oultrageux à la grâce et bonté de Dieu, il fault que tu le confesses, que ce grand, bon, puissant et très saige Dieu, de sa grâce, a délivré sa povre créatui-e, tant petite, tant pleine de mal, selon sa nature, tant infirme et ne sçachant les machi- nations des adversaires, et a faict son œuvre par ce qui n"est rien. Certainement, en la fiance de la seule bonté de Dieu. j"ay entrei)rins et jjoursuivy la charge que ce bon Dieu m'a donnée, et [je] remercie ce bon Seigneur, seul autheur de toutes grâces et biens, qu'il luy a i)leu ainsi ouvrer par moy, me faisant j)ro- céder tout autrement que toy : car si j'eusse tasché de tirer ceux de V estât Papal à Oenève, à Berne ou à Basle, et aussi ceux de Losane, et que moy et les autres eussions travaille qu'ilz fussent esté appeliez devant telz bons et fdèles Seigneurs, esquelz y a plus d'équité au moindre d'entre eux, qii'ixu ])lus grand qui soit en la court Romaine, comment eussent tous criéi Mais Hz ont esté appeliez en leurs lieux propres, et leur a esté pleinement 1543 GLILLAUME FAREL A IMKRHK CAHOLl, A METZ. 371 libre de dire et amener tout ce qn'ilz ont peu, ne scea, et tu le srais bien comment à ce on a travaillé envers les bons Seif/nevrs. Et tu m\ippelles à Ronime devant le Pape.' i}m tCu a (loiiiir la cliargoV De iiiov je ne fais rien |)oiii- le Pajjc iiy j)Oui'soii autlio- rité, puis qu'il est dédairé et est vray Aiitechrist et ciiiiciiiy de Dieu. Penses-tu que pour toy. au nom du Pape, je face quel(jU(^ chose V Tu srais bien, 7;/(i,s que le Pape est ennemy de Jésus, mon Seigneur et Maistre, que estant tel, il ne peut estreque mon f/rand adversaire et partie contraire, — et tu le veux avoir juge? Et qu((nd est des sainctes imissances ordonnées de Dieu, faut de la Majesté Impériale que Royale, lesquelles nostre Seigneur veuille addresser en tout et partout en son honneur et gloire, je ne crog que tu aies aucune commission d' aucune Œ icelles puis- sances. Et si Dieu leur faict la grâce de se vouloir <'ni])loyer d'un hon accord ])Our la pacification des diflférens qui sont en la chresticnté, cei-tainement ilz choisiront autres ])er8onnages, <^uand est de ma petitesse, je pense bien que ne suis en tel estime envers leurs majestez. qu'ilz n"en ijrennent de plus suffi- sans et plus exercitez que moy. Et de toy, qui s'en voudra servir? Certainement nully, sinon telz comme de ceux desquelz la cuy- sine t"a tiré, qui sont dignes de tel personnage. Tout au fort-\ ([uand il plaira à Dieu de m' appeler devant quelque puyssan ce qui soif, pour maintenir, comme il appaiiient, la doctrine que j'ug prescliée,je suis xrrest en tous lieux et places'. Et en main- tenant la saiucte doctrine que je porte, et monstrant que les autres ont faïllg, [je] ne demande tuerie ne ejfusion de sang, car ce n'est mon désir, mais le salut et amendement de tous. S'il g a mal, qu'il vienne sur mog; sije nag enseigné la vérité de nostre Seigneur, que je soge pung. Si les autres ont faillg, qu'il[z] s'amendent au nom de nostre Seigneur. Mais, mon amy, (que faut-il jaire tant du glorieux en propo- sant les villes et d'Espaigne et de Venise, comme si tu avois tout en ta main } Tu n'as point grand argent pour faire si gros * Le soDs de cette expression n'est pas aisé à déterminer. Fort sigiiitii' souvent dur, difficile. Nous supposons (jne l'arcl a voulu dire : A la rigueur, à l'extrémité. * Il y a ici, dans le texte im])rinié, une virgule. Farel séparant maintes fois ses phrases par un ])oint, non suivi d'une majuscule, rimiirimeur a pu se tromper et réunir en une seule deux phrases distinctes. 372 GUILLAUME FABEL A PIERKE CAROLI, A METZ. 1543 despetis, et ma fiiniHce n'est infinie. Quo voulons-nous aller si loing, puis que tu as tes Abbez, prestres et moynes, et tant do gens de bien, comme tu dis, et que tu es comme le coq sur ton fumier V Tu es docteur en perche dedens Metz, et es tant fort. Moy je n'ay autre qiœ Dieu, combien qitHl a touché le cueur d' aucuns personnages qui ne sont à mespriser en, la dicte ville de Metz, qui n!ont la pire affection envers moy ; je ne demande que tu viennes icy, à Strasbourg, ou à Berne, ne devant Duc ne prince. Si de leur grâce ilz ne t'ai)pellent, et que tu y voulsisses venir, et que tu ayes tant de peine d'aller ne ça ne là, afin qu'au Nom de nostre Seigneur, nous parlions devant tous ouvertement et paisiblement, comme il convient jjarler des choses de nostre Seigneur en toute crainte et révérence, — que ce soit en la ville de Metz, et là porte-toi vaillamment, comme droict champion, et devant celuy que tu blasmes en abse/tce, monstre en sa présence, si tu peux, que tu as dict vray, et, soubz Fumbre de cerclier autre lieu, ne te déclaire ])oint estre ce que tu es, un droict menteur et imposeur de crime : mais tasche d'avoir lieu là où tu es. Car si en la ville de Metz, où tu es, et où tu pe^ix presclier, tu ne peuj- avoir tant d'a^ithotité défaire qu'avec toy librement et frinclie- ment on puisse parler devant tous, comment l' obtiendras-tu en autre part, où tu n^as lieu et ne peux prescherf Si tu te tiens tant asseuré, comme tu dis, de povoir maintenir que ma doctrine est faulse, hérétique et schismatique, que jour soit assigné, comme il fault, et prens des seigneurs de la ville deux ou trois de ta ])art. et j'en prendray autant de la mienne, et qu'iceux eslisent jug(^s et auditeurs non suspectz, pour nous ouyr en tout ce que nous pourrons amener par la saincte Escriture, et si je n(> monstre que contre Dieu et toute vérité, tu as parlé de moy, et de la saincte doctrine que je porte, comme en ce que, sans honte, tu te vantes d'avoir maintenu contre moy à Berne, — que lors, selon la déserte' je soye puny. Je ne refise point d'endurer la mort, si j'ay presché contre la vérité de nostre Seigneur, contre la vraye Foy Chrestienne, et pour la destruction, de la saincte Église. Quant est de ta doctrine, mais que tu m' ayes dict ce que '° D.'iiis la laii^iuc du seizième sùVlo, déserrir signifie mériter, et hi déserte ou desserte, le inéritf ou lo démérite. Le sens est donc : « selon que j'aurai mérité. » 1543 GUILLAUMK FAUKL A PIERRE CAROLI, A METZ. 373 ta tiens et croys, lors j'en duaij comme il J'uidt. De présent, je ne sray desquelz tu es. Car du pape assez sçuy-je, que si tu parles pour luy, c'est contre ta conscience, et que tu ayes le cueur à Jésus, je n'en voy aucune apparence : trop es miiahle et incons- tant. Mais une fois tien bon, et monstre que tu veux tenir ce que tu dis, et ne cerche ailleurs ce qu'il te faut prendre à la maison; pour toy, il u' y a lieu plus propre que Metz. Pour nioy, n'en fais l'ion, fors que pour te monstrcr vaillant, obtiens le lieu et le jour : et à moy ne tiendra que je ne me trouve. Mais si tu ne le Jais, qui sera celuy mesnie des tiens, qui ne te juge estre un glo- rieux^? qui te vantes de dispiiter et n' y veux entrer, ayant dosjà scnty la yertu d'icoluy qui a besongné en ceux que tu ai)i)('ll('s. Je ne sçay si je doy rire ou pleurer en poKrsuyvant ta lettre. Tu me metz huit jours, dedans lesquelz je t'aye à signifier le lieu et les juges, et que du tout je t'advertiss(\ ou, s'il ne nie l)laist, que tu te constitue[s] de jjrésent prisonnier à Metz pour estre exécuté, et que tu bailleras articles contre ma doctrin»'. pourveu que je m'en voise rendre prisonniei- entre les mains du Roy très chrestien, ])Our estre exécuté. Qui t'a ainsi aprinsV es-tu content de mourir, mais que j(^ meure V quel esj)i'it est le tienV Jésus est mort i)Our nous donner la vie, tant nous a aymez : et mon Dieu sçait que ])our le salut de nion prochain je voudroye moui'ir, et ne demand(^ la mort de personne, mais que tous vivent et se convertissent. Dy, je te j)rie. mon amy Caroly, quelle manière de disputer sera-ce, quand tu seras à Metz, et moy entre les mains du très chrestien Boy / Ser((-ce par parolle? U faudra bien crier pour estre ouy Tnn de Vautre. Se^'a-ce par escrit, si nous sommes exécutez f Je ci"oy que tu p(Mises qu'après la mort tu pourras escrire, comme tu fais i)arl(>r aucuns des tombeaux. Pense[s]-tu qu(^ tout le monde soit l)(>ste. et (]ue i)er- sonne ne entende ta folie V Je te suj)|)lie, ne soys tant suyvant tes affections. Si tu me jjroposoys ([ue je me rendisse jjrisonnier en lieu où je fusse j)reschant comme tu es à Metz, et que j'eusse tes articles pour contnnlire à iceux. et (pie derechef tu respon- disses aux contradictions, et avoir tout amené d'un costé et d'autre, le tout fust congneu, il y auroit quehjue projws; mais ainsi que tu dis, (pielle raison y a[-t-J ilV Tu sçais bien que je n!ai point de lieu en, France, à l'instigation de tes compagnons, qui ne te veulent recongnoistre ne recevoir, ainsi (pie tu fais troj) 374 GUILLAUME FAREL A PIERRE CAROLI, A MKTZ. 1543 (lu président et du i)i'évo;st, de constituer de ton authorité le jour, ce que ne t'appartient de faire. Aussi es-tu trop cruel, en demandant nostre mort : non point que j'en aye tant de peur, <'t tu 1(^ sçais bien, mais je te veux bien advertir de ta povreté : st h Metz, l'augmente et accroisse en tous biens et grâces, luy i)ourvoyant de pasteurs et de toute chose qui luy est nécessair(\ et oste tous les (>nipeschemens. en décliassant tous séducteurs qui sèment i)arvcrse doctrine et qui troublent les consciences, les destournant de la vérité d(> Jésus, tellement que jmrement elle soit édifiée et entretenue par la parolle de l'Évangile en vraye i)aix et union et concorde. De Strasbourg, ce Jl. de May. \'A':\. (1. Farel. 1284 LE CONSEIL DE BERNE à la Classe de Morges. De Berne, 21 mai 1543. Inédite. Minute originale. Arcli. de Bern 'r^ Nostre salutation i)réniis(\ Nous avons entendu/ vous lectres concernantes Jehan Gandelldire. Sur lesquelles vous res])ondons, estant le dit Gaudellaire j)ar les ministres icy examiné et trouvé souffisant au ministère, et à nous ])résenté, l'avons ordonné pour estre diacre à Nyon\ A ceste cause, est nostre vouloir. qu(^ en icelluy y i)e]*siste, et, sy aulcune faulte est en luy touchant sa vie, meurs et doctrine, (|ue es colloques luy t'aissiés remons- trances et l'exercités comme ilz s'ajiartient, et comme membre débile l'entretenés. Datum xxi ^laii 1543. L'ÂDVOYER ET CONSEIL DE BeRNE. (Suscription :) Aux vénérables, docts. nous très aimés l)oi(^n et .Turé|"s] de la Classe d<^ Morge-. ' Le 23 février 1543, Berne avait pris la décision suivante : <■ Donner plein pouvoir aux députés [envoyés dans le Pays de Vaud] d'établir le porteur, Jehan Gondellaire, où ils jugeront convenalile. La ville de yiion est dépourvue d'un diaere. » (Trad. de Tall.) - En-tête de la minute : « Cliaj)itre de Morge, Gaudelaire. » 376 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANNE. 1S43 1235 JEAN CALVIN à Pierre Viret, à Lausanne. De Genève (vers le 27 mai 1543 \) Autogr. Bibl. Publ. de Genève. Vol. n" lOC. Cal. Opj). XI, 557. S. Narravit mihi Joannes Tornacus smnmani acfionis ves- trœ^. Nos stultoruin more ex eventii îestimabimus, debueritiie sic fiei'i. Qiiin potiùs, utcunque res cedat, friKMnur hac conscieii- tia coram Deo : sic lieri oj)ortuisse, quia non poterat aliter. Cseterùm si ad me venerint, ac illud supercilium attulerint, paulô eos dui'iùs accipiam ". Et certè prœcavendum est, ne quasi victores ferociant : quod facturos constat, nisi severiùs coërcean- tur. Si quid ergo vc^lint consequi, comparent se ad audiendum quod noient : nihil dicendum nisi quod ferre possim. CajJunculus, ut nosti, classpm Neocomensem mine tnrbat : et se callidP agere puiat, quodflahello* ad inferendum incendimn ntitiir. Miserant ad me fraires erjregios illos arficulos', rogave- rantqite ut ad condictuni diem venirem^ : sin minus, 'refellerem quod mihi dispUceret. Verùm Joannes Chirurgus ', qui attulerat, non nisi septimo tandem die mihi reddidit. Verùm \wv MicJia'é- lem^ aliquid rescribam : quia citiùs non i)otui. Hïc Jiahemus ' La date est suggérée \M\r les détails (Renvois de note 3-5, 7, 9, 10). ^ Jean de Tournay, pasteur à Aigle. L'affaire dont il donna à Calvin nu résumé oral était, selon toutes les vraisemblances, la réconciliation générale opérée à Vevey entre les ministres, vers le milieu de mai (N"^ 12.81, renvoi de n. 16; 1237, renv. de n. 1). * Il semble que Caliin fosse allusion à des ministres qui désiraient se réconcilier ave*- lui, pour s'acquitter de l'engagement qu'ils avaient pris à Vevey (n. 2). De ce nombre étaient sans doute Jean Morand (N° 1231, ifiiv. de n. 23, 25) et Antoine 3farcourf, peut-être aussi ceux des pasteurs de la Classe de Gex qui avaient mal reçu Calvin (N° 1200, renv. de n. 3-4). * Allusion à Coriesius (N" 123G, n. 5) qui était le prête-nom de Cha- ponneau. * Ces Articles de Cortesius n'ont pas été conservés. ® Édition de Brunswick : reneriin. '' Le chirurgien Jean Jiofjier. lo43 JEAN CALVIN A l'IKHHK VIRET, A LAUSANNE. 377 Boscanum'^ , de qiio Mies undieras. Non caret acumine, et est iu doctrina CliristUuiu softs exercitatns. QuunqiKim minime est qiiodferehatur. De Carolo^^^ tibi iiaiTatuiu fuisse .^rbitror. Non dubito (luin ('jus iiisaiiia ojjtiiiia via sit ad pi-oniovcnduni Evangcliuni. Ali- quid tamen audirc vchcnncutcr vn\no. Pra'tcribaui qme mihi rotnWt fra fris mei socer " : (juia istuc quoquc j)ei'lata esse credi- bile est. Quia tameii non (>st pcriculum ne tibi tiedio sit moa loquacitas, adhuc hîc ex|)onani. ("uni Meti esset, cifidns est Seuatas ciim coUegio catioiticorum, <(d iindieHdam Protestaii- iiinn sententiam^-. Dies illis .dictus est, secundus ])ost jiente- costhen, quo Argentoratum couveninMit '■', ra])ta])ant subtcrfu- gium m//owid, quia essent pars civitatis; sod (juia noniinatini se * Michel Dohf, iiagnère pasteur dans le pays de Moiitbéliard. ^ Dans ce temps-là, Hélie Val-Bousquet ou du Bosquet, natif du Péri- pord (cf. Bèze, o. c. 1580, I, 218), était diacre à Aveiiclu's. Les noms de famille âe Bosco, du Bosc et du Bosquet ayant api)artenu à divers i)as- teurs du XVI"" siècle, il serait difficile de désigner celui dont il est ici question. Toutefois le Journal de Jean Faurin publié jiar M. ("h. Pradel (Monpellier, 1878, 2G8 pj). in-4'') fournit ce précieux renseionement : « L"an 1542 vint presclier en Castres maistre Jean Debosque, pour lors Jacolnn. Il prescha aux avents l'éjjistre S. Pierre et au caresnie [154o ?] l'évangile de S. .Jehan. Il lit grand fruit et se retira à Genève, passa ministre de la parole de Dieu et despuis fust ministre de Castn's ■> (France prot., éd. Bordier, II, 920). Selon Haag (o. c. IV, .853) <■ Du Bousquet (.Jean), en latin JJe Bosco... au retour d'un pèlerinage qu'il avait fait en Savoie avec le prieur de son couvent, eut envie de voir Génère ot de s'entretenir avec les Réformateurs... Quelques conférences avec Calrin suffirent pour le gagner à la cause de la Réforme. Reçu ministre, il fut d'abord envoyé à Thonon, d'où il ])assa à Lausajuie, et plus tard il fut donné pour pasteur à l'église de Castres... ■> Sa présence à Thono>i en 155!) est attestée ])ar Ruchat, VI, 270, 286, et à Lausanne ]n\r une lettre signée d*' son nom latin : Joanne.s- Bos- caiius. Mais nous ignorons absolument les circonstances de sa vie entre 1543 et 1559. *** Pierre Caroli. " Nicolas le Fert, d'Arras. 12-1S-I4 j^pg députés du Conseil de .Metz et des (hanoines de cette ville (levaient se présenter à Strastiourg, le lundi 1 1 mai, non ])Our entendre les Princes protestants prononcer un ■■ arrêt, ■- mais atin de conférer avec eux sur les réclamations du comte Guillaume et des Kvangéli(pies messins. Leurs négociations se prolongèrent jns(ju'au 21 mai (Voyez le N" 1218, n. 3, et rAii])eiidice du N" 1212). 378 JEAN CALVIN AUX PASTEIRS DE NEUCHATEL. 1343 obstrinxfM-ant ipsi quoquo, Senofiis oonim t-aiisam suscipero nohiit. Qha' autom ex Caroli concioiiihus excepta fuerani , ohsi- gudta à decem festihus^'% perferobat Argentoratum consul aniii superioris ' % quom comitabautur 1ère octoginta cives. De statu urbis optiuia spes erat. De Comité GxiUelnio verendum, ne ultra modum i)rogrediendo se prsecipitaverit : siquidem 1)ellum indixit Lothoringo^^', nww neque satis justam haberet causara, et viri- bus longé inii)ar foret. Nunc rescire cupio quid actum sit. Yale. Dominus te faniiliamque tuam et fratres onines conservet : quos salutabis, (Inscriptio :) Petro A'ireto, Lausannensis ecclesiiB fido pastori, frati'i niihi charissinio. 1286 JEAN CAL\^N aux Pasteurs de Neucbâtel. De Genève, 28 mai (1543 \) Autogr. Bibl. Pul)l. de Genève, ^'ol. n" lOn. ( alv. 0pp. XI, 559. S. Dolet niilii plurimùm, fratres in Domino charissimi, quôd non citiiis reddit^e mihi fuerint vestrse literœ -. Nam si in tem- '^ Gnspnrd de Heu, seigneur de Buy. "^ Nous n'avons trouvé aucun renseignement sur la déclaration de guerre que le comte Guillaume de Furstemherg aurait adressée au duc de Lorraine. Le 25 mai 1543, il écrivait (Seckendorf, III, 400, ne dit pas à qui) : « J'ai ouvert la forteresse de Gorze aux soldats bourguignons de l'Empereur. » ' Le texte autograplie, que les nouveaux éditeurs de Calvin ont repro- duit, ne ])orte pas de millésime. Mais, à la tin de la copie contemporaine, très exactement faite par Jean V Archer, et qui est conservée à Neuchàtel (Bil)I. des pasteurs), Guillaume Farel a écrit la date 1542. Nous hésitions d'abord à écarter ce millésime: mais nous nous sommes convaincu que Farel s'est trompé, quoiqu'il fût présent à Neuchàtel en mai et en juin 1542. C'est plus tard, évidemment, qu'il a écrit la note finale. La corres- ]tondance de Calvin en 1542 ne renferme aiuune allusion à l'aftaire qui est ici traitée. Va\ outre, il y a de si graiuls rapports 'entre certains ])as- sages de la ])résente lettre (relatifs à Rogier et à Michel) et celle que Calvin écrivit à Virct vers le 27 mai (X" 1235), qu'on est forcé d'admettre ji- millésime de 1513. loi;i JKVN CALVIN AUX PASTEURS DE NELCHATEL. 379 l)()ro oas recopisscm. si iioii in totiun. ali(]ua saltcm ex |)artc voto vestro fiiissoiu obsccntiis. (^)iiôd orgo ad |)i'ii'sci'i|)tiiiii dicin ' iiociiic vciii isf/ic, ii('(iii(' i-('s])onsionoin misi. non ncg'lijjjentia t'ac- tnni fnit : scd (juia Joninies Koc/eri/ts cliinirgns ' sexto démuni, ex quo linc a|)i)ulei'at. die litei-as illas vesti-as imà mm 2n'a'cl(t- lis Cortesii articulis' exhibnit. (,)uia verô jani tenipns pm-terie- rat, festinandum anii)liùs non pntavi, donoc sci-iltendi occasio dairtnr. Nnne coniniodiini se obtnlit Mirh(ii''l hic noster^\ (pii iideliter ad vos resimnsionein nn^ani j)ei-teiT<'t. De (kqmncnlo mïrurer, qxid homiiiem iinpelleref ad iiuhim- dam ecclesiam, i/isi jamiyridem ejiis iugenium novissem '. Hoc tamen iimim quin mirer, temperare mild neqiieo : qiàd causa' md prœiextus Judjenf, cnr mecum disindare relit. Si |)i*ovoeatus tacorot, no sic qnidem satis justa esset excnsatio. Xf^pie enini nt inter nos cei-tenuis, voeati sunius in hoc oiiicinni : sed ut, con- junctis animis. comnmnifiue consilio, sub Christi v(>xillo simul niilitemus. Xunc verô cuni nihil unquani vel sininltatis vel controversiae inter nos, (juod sciani, intorcesserit, honiineni prorsùs carere cerel)i-() oportet, qui in média |)are classicum ita temerè canat. Adh.ec (inantse est stoliditatis. (jui ^Tammatica^ elementa nunquam Ix-ne didicerit. in omni discii)linai'uni '■' Lettre perdue. ' Jour fixé par les ministres de Neuchâtel pour une conférence entre (iKipo)nieau et Coriesiu.s, d'un côté, et Calent, de l'autre. * Jefi)f Imagier ou Rougier (N" 1235, renv. de n. 7), {liirnruicn tixé à Neuchâtel. = Jean Courtois, natif de Pontoise, pi-écédrunnciit pastmr dans le comté de Montbéliard, avait éjwusé à Neuchâtel, en juillet lôll (\'II, 182) une belle-fille de Chceponrteau. En 1542, il fut congédié par le duc Cliris- to])he, et vint chercher un asile dans le jjays de Neuchâtel. Farel qualifiait en ces termes la carrière pastorale de Courtois : « Non te fugit quid miser ille Corfesius, quid et ajjud Mediomatrices, et hic. et istic. imô passim conatus est omnia evertere in odium iiostrî, et, ut jmsset magis ohesse, per leprosos vohiit trag(ediani agere « (l.ettre à Calvin du 23 février 1544). C'est probablement le même Cortesius qui figura en 1537 au synode de Lausanne, ])armi les adhérents de Pierre Caro/i (TV. 210). « Michel Doht (N" 1231. renv. de n. 14). ' Calvin avait connu à Bourges Jean Chaponneau, et dès 1538 il avait souvent reçu les ])laintes de Karel au sujet de ce collègue intr.iitable (Voir les Lidices des t. V, VI. \\\). 380 JEAN CALVIN AUX PASTELRS DE NEUCHATEL. 1543 goiiere se venditarc? Quanquam non incipit nunc primùni hac inani jactantia insolescere. 2Iemini, cum Alciatus Lovanienses theologastros ohiter uliquando notassef, quia impedire conati erant qnominus trilingue collegium illic institueretw'^, emn ad- rersiis linguas et jus civile tumultuosa oratione acriter declami- tasse. Alciatus, tanta intemp.erie offensus, quia ^ tanien alienum à sua clignitato existimabat, contoutioueni cuui eo suscipere, tatdàm iiidicavit magistratui, postulaviique, ut ejns libido com- pesceretur. Quod factum est, non sine aliquo ejus dedecore. Nunc quidem et locus in quo habitat, et officium quo fun^itur, nioderatiorem deberent eum reddere. Verîmi quia sine judicio ita caeco et etfreni imi)etu fertur, non quid inereatur ejus petu- lantia, sed quid me deceat, reputalio. Hoc certè illi non concedam, ut me sua provocationc in eerta- UK^n fuisse tractum glorietur. Utinam in tempore quiescat, et (dios sinat quietos. Sin minus, vestrarum partium est, autoritatc^ vestra, legitimoque ecdesia?etmagistratus judicio, ejus ferociam reprimen\ Non abs re scripsit Paulus, ut qui vult censeri in n^gno Cliristi, sit nova creatura. Et tamcn nondum extitisse tune i)uto ejusmodi liomines turbulentos et importunos, qui nulla de causa, non ad rixam modo, sed etiam ad verbera tam prompti paratique forent. 0 temporum nostrorum miseriam! Exiremone angidoJuerere in ecclesia potest , qui medioforo sup)er- ciliosè jactat quasi egregiuni facinus, quod collegœ suo propemo- dum mamini attulerit? qui, nisi à magistratu coactus,fratrum collegio parère renuit '" .^ qui seditionis tlagellum domi sua^ lialiet * Le Colleyium trilingue ou BuslidinHunt, fondé à Lourain par la générosité du chanoiuo Jérôme Bu.skidet/, ami d'Erasme et de Thomas Morus. On y enseignait l'hébreu, le grec et le latin (Voyez son testament fait à Malines le 22 juin 1517. A Mirîeus. Diplomatum Belgicorum Col- lectio, t. IV, p. 642-64S). Le célèbre André Akiat inaugura ses leçons de juris])rudence à Bourges le 19 avril 1529 et les continua, mais avec quelques intermittences, jus- qu'en 15B4 (II, 279, 281, 316, 317, 485). Érasme, écrivant à Pierre du Châtel, le 7 septembre 1529, à Boniface Amerbach le 27 septembre et le 1 octobre, même année, disait que Guillaume Budé, ])ar envie ('?), avait excité contre Akiat des rimailleurs et des jurisconsultes. ® Edition de Brunswick : qui, au lieu du quia de l'original. '" On sait (pie Chaponneau refusa longtem])s di' se soumettre aux cen- sures de la ( lasse de Xeuchâtel. lois JEA.N CALVIN AUX PASTEURS DE NEUCHATEL. 381 ac tbvet " V qui à reliqiiis <)iiiiiil)iis separata liabct consilia '- V Ut alla tacoaiiî, quœ mine ('oiiiineniorarc iiiliil adtinct. Cveterùm conclusiones quas, ut suspicamur''', Cortesio genero sno siiggessii, nescio cur pidetis ad me magna ex parte spectare. Unus est locus in (|u<) palàm ino j)orstniigit. Niliil in-tetcrea vidoo quod in me comi)etat. Quantum ad locum illum, uhi, quasi ex tripode hiereticos prommdat, qui dicimt Christam, in quan- tum Deus est, à seipso esse, facïlis est responsio. Priniînn mihi resijondeat, an non verus et pertectus I)(his sit ChristusV Nisi Dei essentiam j)artiri velit, totani in Thristo fateri cogetur. Et Pauli exi)ressa sunt verba : (juùd in eo liabitet l)lenitudo divinitatis. Iteruni l'ogo, à seipsane, an aliunde sit ilia divinitatis plenitudoV At ol)jiciet, filium esse à pâtre. Quis negatV Id ego quideni lib(nit(>r non modo semper confessus sum, sed etiam prsedicavi. Verùm hoc est. in quo asini isti fallun- tur : quia non considérant nomen filii dici de persona : ideoquc in pra^dicamento relationis contineri : qnœ relatio locum non lia])et. u])i de Christi divinitate simpliciter agitur. Qua de re eleganter disserit Augustinus in psalmum fi8, quem scripto- rem isti iiKbnitidem jactitant. cuni tauK'ii nihil unquam illius, nisi rliapsodias nescio quas, h^gerint. ^'el•ba sunt : « Si quis « inteiToget, idemne sit pater, quod tilius : res|)onde, seeundùm « substantiam idem esse, non seeundùm quod ad aliud dicitur. « Ad se enim Deus dicitur : ad jiatrem iilius dicitur. Rursuscjuc « pater ad se Deus dicitur : ad tilium pater. Quôd dicitur ad « filium pater, non est filins. Quôd dicitur filins ad j)atrem. « non est pater. Quôd dicitur ad se ])ater, et filius ad se, hoc est « pater et filius : idem Deus.» Hactenus ille. Jam ista distinctionc adhibita, quid, obsecro, ambigui manet ampliùsV Quamobrrto modo ante Cliristi adventum : videri nunc pleniùs : visio- nem fore absolutam, cum similes illi erimus. At totuni sanctorum cborum reclamar(> objicit. Sed ubi à sanctorum cboro liane can- tilenam audivitV Negat tieri oportuisse. SedquarationeV Jactat facillimum esse ad |)robanduin : sed banc probandi facilitatem demonstret. Hact(Mius ineptire cum eo libuit. '* Voyez le t. IV. p. 22!), iiotP 0; 2 40, 211. lo43 l'IERRE VIREX A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 383 Nimc seriù hxiiiar. Quorsum, obsocro, isiiv speculation.es f An, non ex eo sunt génère qnod tantopere exécrât nr PaïUiis^ ^\nr\- tiiiii non fuisse unitnni cohmibii'. ut ix'rsonn uiia constitucrotur, sicut in ("lii-isto. extra rontrovcrsiafn esse ai-bitror. Quinl Josepli et Nicodenio pcrfoctiononi tidci adiniit. iiiliil disscntio : nuxlo ne cui altori oam tribuat. (,)uô(l spii-itus proplictiu' non |)('rstiterit seuipor in jn'ophctis, (locunicnto est 8aul, latow, 8ed aliud forsan iutelligit, qnod à nie non obtincM-ct. De Anania et Saphira, ostendat necesse est, (piôd aliud erinien piwter nienda- eiuni in illis vindicatuni fuerit : si tideni liaberj comniento suo vult. AUegorias qnod tam animosè défendit, ni h il mirmn. Nani (lui jsuttani unam intelligentiie non baltent, nisi allegoriis frigi- dis et insulsis ludant, nieritô i)i'0 illis ])ugnant non secùs atcjue pro aris et focis. Verùni prolixior jam fui quàni statu(M'ani. Itacpie tineni fado. \'alete, fratres niilii in Domino diarissimi. Doniinus vol)is et sapientiam et fortitudineni niagis ac magis augeat : ut (piemad- luoduni cœpistis, jiergatis in ecdesiit su* lediticationeni. Amen. GenevEe, 5 Calendas Junias. (1548"'.) JOANNES CaLVINES VestC]'''. 1237 l'iKiJRE viRET à Jean Calvin, à (lenève. De Lausanne, 29 mal 1543. Autogr. Dibl. Publ. de (Jenève. \()1. n" IIP. Cal. Opp. XI, 5G2. S. Q)iod 42. Au-dessous de cette fO])io, il a transcrit lui-nièiiie une autre lettre de Cahin aux ministres de >i'euchâtel, dont voici le couiniencenient : « 1543. post Augustum. « Veuit ad me Cortesiua sicuti à vobis admouitus tiierat. Contulimus inter nos ttîfi àyTOuaict; Christi, et paulo plus fuit neu'ocii ipiàm jmtave- ram.... » *^ Calvin a écrit au dos de son inanusci-it : <■ Neocoineiisilius. » 384 PIERRE VIRET A JEAN CALVIN, A GENÈVE. 1343 fatear, qubd nx)n panlo severiùs represserimns sitpercilium et petulatdiam quorundam\' sed rerehar, ne si qnid mihi durius excideret, quamvis justissiina osset occasio. viderer nimimn im- placahïlis, quod prœcipnè injuria fuisse) ti ajf'edus-, et ne meo forte exemplo alii commoverentiir, qiios non tam facile fuisset compcscere. Utcunquo ros habeat, conquiescnnt consciontite nos- trœ, nec ullam eis roliquimus occasionem de Victoria gloriandi, nec factures id existimamus. Non enim prorsùm nos mutos invenerunt. et ipsis satis est conscientia sua, cujus judicio non dubito nos absolvi. Prœstat nos in hanc quàm illam iieccm-e par- tem, ac longe sati^is est nostram nohis patientiam verti vitio qiiàni proterviam et ferociam. Satis est si non desit ])rudentiaet constantia, quibus ducibus sini])lici veritatis oratione facile calumniie et falsa crimina dihuintur. Sed, ut scribis, exitus acta ])robabit. Fecimus quod potuinnis et quod res ipsa postulare videbatur. Porrô tibi non dubito a Domino suppeditandam sapientiam, qua niodereris ita tuas cuni illis actiones^ si con- gredi contingat, ut quid peccatuni sit facile dijudicari possit. nec per te stabit, opinor, quô minus coalescat amicitia, si modo eam ex animo requirant \ Satis est si tu nulla haeres in culpa, nec te morosiorem exhibueris quàm tua modestia postulat, qua haud dubiè reliquos nullo negocio superaveris. De Neocomensibus niliil habeo, nec de Metensihus, de quibus plura ex tuis literis* didici quàm haberem comperta. Res nos- trse liahent sua more : de quibus non penitùs desperarem, si vel îinus esset ex eornm numéro qui primas tenent in RepuMica, qui ferveret vel mediocri jîistitia> zelo, aut qui se opponeret murinnpro donio Dei. Conticescunt peniths nostra consistoria^, nec idla mea importunitate quicquam efficere possum, nisi quôd interdum pudore coguntur manus rébus dc^ploratis admovere, sed tam frigide ut praîstiterit dissimulasse. Nani jjrotinus à ' Il s'agit probablement de ce qui s'était passé à Vevey, lors de la récon- ciliation générale entre les ministres (N" 1231, renv. de n. 16). * Est-ce une allusion aux mauvais procédés de Marcourf à l'égard de Viref (N" 1194, n. 1, et pp. 258, 259)? *"* A comparer avec le N'' 1235, renvoi de note 3. ^ N" 1235, renvois de note 10-15. ® Les Consistoires des localités voisines de Lausanne et celui de la ville même. lol3 IMKHRK VIRKT A JEAN CALVIN. A GENÉVK. 385 nrj)tis dosistitur. (iiio fit ut iiiilhi sit ('cclcsiiv autoritas. Ltihoro eadem dijfkultate ni pestile/if/ Ina- lue ij/ki atmo sitper'torp'. Si perrexerit sœvire, decieii n'jjroios invisere^, iiis'i >ed (jus rif;r rtddP timeo. Xaiii (Iccuiiibit fonHictatnnnic cuiii ihoi'Ih) |)('i-i(ii- losissinio. adcù iiî su'piùs de vita (luhitarc fcccrit '". ('uni iiupi-r istliic csscm". iiKHlici curaruut iiicidi tuniorciii <'t absccssuiii illuiii tÏMiioris (]ui claudicatioiiciii iiuhixcrat. l!cs iiiira ac jxmk'' incn'dibilis. I)('j)('ii(l<'l)aî de IVriiinrc sacculus plcinis saiiici. non dissiniilis vcsica' snilla' aut l)ubula' ac pari niagnitndinc itclli" adniodiun dura. Os vcsica' adbu'rcljat cuidani juncturu'. lier (/isitnt deux députés de la T. viii. 25 386 GUILLAUME F.VREL \U CONSEIL DE GENÈVE. 1543 nuiiciavit se non ici dédisse in mandatis ei qui conatns est id efficere'*. Arbitror (>tiani to audivis8(^ de latronihus qui spolici- rernitt regiiim qua^storeni^'. Salutant te nostri onines. Saluta aniicos diligenter. Valc Lausannae. 29. Maii. 1543. Tnus P. A'iRETUs. flHScriptio :) Joanni Calvino G(>nevensis ecclesiïe liddiss. ac viofilantiss. j)astoi'i, fratri quàm chariss. Genevœ"^. 1238 GFiLLAOïE FAREL ail Gonseil de Genève. De Strasbourg, 31 mai 1543. Antogr. Bil)i. Publ. de Genève. Carton 199=^^ Calv. Oj)i). XI. 504, La gi-âce, paix et niiséricord(> de Dieu, nostre très l)on père. ville de Neuchàtel et de tous les habitans du comté allèrent iciJiésentcr à la princesse l'émotion générale et le grand scandale causé ])ar la miuvelle de cette vente. Jeanne, feignant d'être bien reconnaissante et touchée d'une découverte qui la désolait, ])rotesta de son innocence et désavoua Collier en le traitant d'insigne calomniateur (Boyve, II, J:o()-.32. — Fréd. de t'ham- l)rier. Hist. de Xeuchâtel et de Valangin. p. 311-313). '* Stettler, dans sa Chronique (II. 133 li) dit que ce vol eut lieu le dimanche 18 mai. C'est une erreur : le 18 mai étant un vendredi, en 1543, Les Recès des Diètes suisses (volume de 1541-48, j». 273, 274) s'accordent ici avec la corresi)ondance de Berne. Bastian ou Sébastian d'Aulhonne {W, 215), liôte du Lion à ^Morges. et ses deux frères, tous trois natifs de Flandre, s'adjoignirent un i-'rançais nommé Jeun Dardier, et. le dimanche 20 mai, à six heures du matin, ils dévalisèrent dans le Jorat. an-dessus de Lausanne, le trésorier français Jacques- Berthod et ses compagnons, qui portaient à Berne la somme de douze mille écus. destinée au canton des Grisons, /.-./. de WatteriUe et (lande May furent envoyés en ambassade à Pontarlier (23 mai), où les voleurs venaient d'être pris. Le ])arlement de Dôle rendit l'argent aux Bernois, le fi juin, et, par faveur spéciale, consentit à leur livrer les cou- l)ables. François 7 remercia MM. de Berne ])ar une lettre datée de Villers- Cotterets, au mois de juin (Mscr. nrig. sur vélin. Arcli. de Berne). '* Au verso, cette note de la main de Viyet : « An. 1543. ■> loV:î GUILLAUME FAUEL AU CONSEIL DE GENÈVE. 387 par son seul vi-ay tilz .U'siis. iiostrc Soisuciii-, eu la vci'tii du saiiict cspcrit vous soit (loiiiiéc! Ti'ès lioiinoiv/ Soi^iKHirs, en i-eiidant grâcos à Dieu de tout mon cucui" de vosti'i' Ixui portciuciit et d<' la saiiictc atifctioii (|Ui' pour Taniour dr rKvangilc me portez, grandciiu'iit \((us lUcrciiMlc VOZ lettres' et (lu hicil (pic lue pr(''s('lltf'Z. et ne i-ct'u- ^aut vostrc ayde et assistance en l'atière de Nostre Seigueni'. après avoir entendu ])ar Monsieur t'akiii, vosti-e hon pasteur, coninuMit tout a esté passé à Gorge^ comme desirez de s(;avoir, ce (|ui ne m'est i)Ossi])]e de vous esci-ire ))leinenient i)Our le pré- sent '• : mais en ay cueilly jjour le coinniuiii(|uer à ceux (pii portent la parolle. ce ([u'ay peu. \'ous orrez de luy aucunes choses cpu' le povre misérable Carolt/ proi)Ose à Jletz * contre ceux que je sçay l)ien vous aymez-^ en Nostre Seigneur, et desquelz avés le cu(Hir ardent env(n-s vous. Et regarderez au nom de Nostre Seigneur comment on i)ourra i)Ourvoii' en Tlionnenr de Dieu. Et si se peult fère (jue ( 'divin puysse venir jusques à la dite ville de Metz, pour mons- trer à ce povre ventre glorieux sa povreté d(>vant tous, [cej sera chose fort utile et de grosse édification. Mais atîin qu'en son absence ceux (]ui autretbys misérablement ont troublé ceste église ^ comme ilz sont après leur gloire et ventre, ne feissent de leurs tours, seroit l)on d'y ])ourvoir comme il ap|)ertient. Nostre Seigneur vous a donné i)rudence et sçavoir (>t person- naiges telz i)Our i)asteurs, que facilenuMit pourrez avec eux chasser les loups, quelque habit qu'ilz aient de ])re]>is : lesquelz si i)ar ses créatures Dieu ne veult icy en douceur corriger, et ilz ne se amendent en cognoissant leur faulte. Dieu, de sa grâce |)ourvoyant à son- église, mette en (>xemi)le aux autres comnK'Ut il fault (Mitrer en sa bergerie et s"i conduire. Nostre S(>igneur ' Lettre de (Iciièvc du 2t avril (X' 1224). ■•* Voyez la lettre de Farel à Mycoulus du 20 avril (X" 1222). * Peut-être parce qu'il avait à tcriiiiiier, le uiéiiie jour, deux longues lettres : Fuiie aux jiasti'urs romands, Tautri' à ceux du comté de X'eu- cliâtel. * A'oyez la lettre de (aroli à Farel du 1 1 mai, et raijjjeiidice du X" 1212. ° C'est-à-dire, Cahi», Farel et Viret, accusés d'arianisme par Caroli. '' Allusion à ceux des ministres qui avaient pris, à Genève, la place des pasteurs bannis le 23 avril lôo.S. 388 GllLL. FAREL AUX PASTEURS DU PAYS ROMANI). I5't3 VOUS assiste en tel affère, car ne le faiilt iiiosj)nser en Téfflise do Nostre Seigneui- : lequel prie de tout mou eueur vous conserver et garder, en vous donnant tout accroissement en tous biens et grâces en son honneur et gloire et édification de tous! De Stras- lioui'g. co 81 de May ir)4o. Vostre liuml)le serviteur GUILLAU.ME FaREL. (Suscripi'toii :) A très lionnorez. puyssans et magniticpies Seigneurs Mess""' le (|uatre Syndiques et Conseil de la ville de Genève. A Genève ". 4239 Gi'iLL. FAFvEL aux Pasleiiis du Pays romand. De Strasbourg. 31 mai 1543. Inédite. x-Vutographe '. Communi(iuée par M. Henri Lutteroth. S. Cœtus ille sandiis disdpuJor}mi, nhi siijficiendiis erat in locum à quo exciderat JiidaHjidtis festis et veriis (diquis discipn- lus, non, solnm qucdis esse is deheret cognovif, sed precihiis qiioque petiit dari idoneum. Antiochia^ ut factum fuerit in jeju- nio et precibus testatur Lucas. Hoc; fratres quàm charissimi. si observât nm fuisset liaeteitns, et non tam dtb, ne dicam temerf, inanns ciiivis fuissent impositie, non tôt nec tanta experii fiiis- senms nxda-, Rependat Dominas illis qui in lahores nieos et alionnii introduxerunf Caroluiii : qui quàm bene domi se gess(>- rit. (piàm studuerit j)aci, concordiïe et iedilicationi ecdesiai-um ^ Xotf du socrétairc gpiiovois F. Béguin : " Lfttrc de maistre (iuil- lauine Farel, d'Extrahourg [roceue] le l(j de Juiiig 154o. » ^ Le manuscrit original est d<' la plus bollo inaiu de GidUnume lùinl. i.a copie contemporaine conservée à Neuchâtel a été faite par 'J'Iioin'is Barharin. Il y a laissé quelques fautes. •2 Earel ne vise ])as uniquement Caroli, dont il va signaler la pertidie. Il fait aussi allusion à l'imjjrudence récente de ses collègues, qui avaient <()ntié un ])Oste de pasteur à Michel Dobt, exilé du Monthéliard. Jcih Courtois- crut aussi (jue la jirésente lettre le concernait, et il en fut très irrité (Voy. la lettic de {■'.-irel du is septeinl». 1543). l;iio 1,1 II.L. F.VHKI. VLX l'ASTEl RS IH PAYS ROMAND. 389 i|»si lion iiTiioratis. ('lu'istiis iiostci- et (|ui sui suiit imilta Iciii- tatc et aiiiiiii dcjoctiono qiiiiTUiit cos (|ui iicncruiit. Carolns sirrl', (inom, syncoi'itatom. int(^gi'itatom. simplicitatem et innocen- tiam cordis, ])i'out ])uram, sanam et verè Cliristianam docuit et docore stiiduit doctrinam, et s(>cundùm abominationem dolosant astiitamquc coi'dis vafrieiem nocentiss.[imam] qua impui-am. lae- titcram Antidiristi conatus est instillarc lueresin et sn])ei'stitio- ncm ! Intueatur Dominus ex alto cœlo et pro gloria sui sanctissi- mi iiominis. j)r() instauratione swarum «^cclesianim. pro omnium ai'dilieatiolip, jialàm faciat. (|ui sui sint. quos miscrit. et in (piem peccetur. dum sua sulncrtitui- vcritas, suuuKjue tam horrendis convitiis et eontumcliis prosciuditur cvangclium. Et in hoc preces vestras adjuugitc et ccclcsiai-um. o symmysta'. qui uio- riam Dei cujiitis ex auimo illnstrari : ut Deus, (jui non passus est alienum ignem suis sacris. (|ua' ju-o tem|>oi-(' instituerat. admovci'i. scd sauctifican voluerit, kU\no in ministerio servi sui Mosis, — non tcrat iniciuè d(»stinata malicia tam aliéna à sua. quam per S. Evangelium noliis tradidit. doctrina. pcrditè po|)ulo, sub ("lii'isti nominc. pi-oponi. iilti |»ci- ('In-istuni. I).|cnni| vcriim et soluni tiliuni snuni. nobis Icxpii in Kvangeiio voliiit. ^ Allusion ;iiix extraits du sermon proiiouct' ])ar Cnroli dans réulise de St.-Vinccnt à Metz, le 1 1 mai (Voy. la tin du N" 1242). * Voyez je t. V. p. ):)7-U;2. et le t. M. Ji. 10-51. S2-!l(;. 390 GUILL. FAREL AUX PASTEURS DU PAYS RO.MAM». 1543 Piilsato Patrcm prv Filiiim, ne jmtiatur i\mv per si)irituiii ^>aiictiiin docori voluit et j)nedit'ai'i, taiii oxecrandè daninai-i, sed reprobos coërceat, suum noiiien sanctificet, lucem cvaiigeli- /oy/ .■^oîùni restrfim Kmtsqtdsqite stndehif pro se in hlasphemum illiid os, quod in Christuni ot vcrbuni Evangelii ita apcrtum est, quod tam impudenter mentiri audet in j)ios onines et quse ab eis tiunt. vol qua' ijotiùs agit Dominus in ipsis, non veretui- danmare : \sed\ qiiod'possit adjnrare ecchsiam quam dissipare studet adni- timini, siquidem jjlus \)yo Cbristo nobis omnibus est ])i'festan- dum in omnium iedificationem, quàm miseris pro ventre, in sui i]jsorum et aliorum ruinam. contingat facere. Et cum Dens dede- rit Magistraius inos et Christi observantes, qui ah ore faiii infami damnantur, quôd Christi doctrinam tueantur et cos qui hanc pure tradunt, in hoc dum incumbunt. ojjus Dei, juxta potestatem et nomen quod a Deo habcnt, jjeragaut, — in quo dum damnantur. non ipsi qui gerunt gladium, nec eorum opus. sed D[eus] et quod jjer eos agit condemnatur, — efficietis ut (jlo- ricv Dei studentes, satagaitt ut rationem reddat qui tam audet 2)iis insultare, et ex vohis deligantur qui tum suo tum (dioi-inn nomiiie, cum iis quos mittct pius magistratus, agantmim Caroh super iis quse imponere aiisiis est. Hoc qua^so, fratres Christi ,a*}oriîe qui studetis. ne neglexeri- tis : ita agatur, ut ])alàm ausus est omnes traducere horrendis- que cahimniis imjietere, ita fiant omnia. Utque Deus det successum et istic omnia rectè i)rocui'entur qute possunt causée servire, invocato Deo, diligenter instate. Quod vidua imjjortunis impctravit precibus ab ini(]uo judice. vos ne gravemini satager(> ut ol)tineatis à pio magistratu modesta et verè Christiana tiagi- tatione. Non .vos ])(L'nite])it oi)eriP, et multô minus pios qui magistratu funguntur : non est hoc vobis negligendum. fratn^s quàm charissimi, nequc pli !\lagistratus causam Christi tam sanctam j)ossunt deserere '. Si Christus nobis aflfuerit in re hac ])ro])è j)rocuranda, qute demum s('(iU('ntur talia crunt undc •^ I)"('iitr<' toiitrs les ('alises de l;i Suisse roiiiMllde. celles de (;eiiè\e et de li.'iiisniiiie répdndiieiit >-eiilev à ci't .iiipel. Afin de déiiiMsqiier ('firtili, 1513 GlILL. h'AHKI, ATX PASTEURS DU PAYS UOMAM». 391 mei'itô vcstrûm umisiiuisquc scriù hrtctur iii Dcd. super u'Ioria Evangclii, qiur quàni latissiiui' (litt'iiiuk'tur et ilhisti-ahitui- valdè. Videbitis ininiuiii lovcaiu lodvssc [sir) iii (iiiaiu met. (miiiia(iuo iinpioi'iiin coiisilia illis allatiira qiur maxime tiiue])aiit. lîrs ijjsa loquetur. Taiitùm in ffloriam Christi fiant omnia : quam si nol)is negloctis solide qiuesici-jniiis. plui-a pnpstabit Dciis (luàin ans! simus petere. Quatuor noiavit apertis^.\im('\ ex i/ohis, et iti seiHifnin Bernei)- sem et aUquos ex Germcuns^', columnas sanè intor (ionnanos, sed omnes qui Lausannœ fueruiit et BerniF, et Classes omnes ratiotiemque audiendi fratres. Quid dcnmm non damnavit. dnni (•l)rios omnes j)i-oducit spiritum Doi jactarc, ot sic Pontificcni et Cardinales damnarc ut obrii quos a,2:it Bacclii s])iritus ■V Diligontor singula pervidotc et i)r('cibus erdesiani Meteiisem adjnvate. ut unà cum aliis à tam nocentibus cripiatur jx-stibus. et piis tantùm omnes ornentur pastoribus, (juibus suum sanctis- simè obeuntibus nuinus otiiciiimqiie facienti])iis, faciant omnes <'t singuli qui sunt Ecclesia^ qu* audiunt et qute tam arctè julx't Deus. Cavete instabiles et sui amantes suaque qucerentes. Ora- tia I). Jesu cum omnibus vobis! Valete. Argentorati 81 Maii" 1543. Farellus vester totus. (Iiiscript'w :) Quàm rliariss. symmystis in cccli'sia (hristi laltorantibus. quibus jjictas cordi est Christumque cupiuut (.svV) quàm latissimè regnare, agentibus in (Jallicis ecclesiis et (pii cas curant niulta tidc, ])ascentil)us verlx) oves Cliristi sanguine emptas -, /' Oou'èvo Piivoyjx Vah'in. qui devait rrjdiiKb'f yarcl l\ Stnislionru. Vircf se tint prêt à partir. ® Voyez l'api^ndicc du N" 1242. Le mot /// avant seneiidice précité. * Il avait d'abord écrit 27 Maii. ^ Le manuscrit n'a pas été cacheté, ]iarce (pie ("était une circulaire qui devait être incluse dans la lettre suivante, adressée à la Classe de N(ni- fhâtel. 39i (ÎLJLLAL.vrE tAREL A LA CLASSE DE NELCHATEL. 1513 M40 GiTiLi>AoiE ] AREL à la Classe de Neucliàtel. De Strasbouig, 31 mai 15 W. Inédite. Autogr. Coniiiiiiiiiqué(> par M. Hoiiri Luttoroth. 8. (iratiaiu et pacinn a Deo! Fratrum aliquis isfinc hnc venlV, qiio audito, nlsi gravissimum metnissem offendicnhon et mis\pr' riniani] ruiuam, statim erolassem. Non aliter jndical)ani fntn- rnni, nlsi vos a Deo visitandos, quos aliéna debent pericnla «•autos reddere. Personis jjZ»s prospicitis interdum quàm eccîe- siis, et in. gravem ruinam ecclesiée movemini erga imum'-, qtti suas offert hene congestas rationes de siio corpore, de suis domes- tieïs, et id genus multa. It/terea ecdesia' mentio ont parva nnt tinïïa. Quanti sit enipta. et quàm sit diligenter curanda, quàni vitandum sit otfendiculuni. et ne qua impiis aperiatur fenestra. hoc negligitur. Quod petendum est ab uno, id alii ut pra'stent opoi'tet. Qaid Tussatms egerit cum desetiorihts ecclesiarum % (|uas at'ceperant, an a Domino ipsi viderint. uescio, et rursns satis non novi quid vos cum utrisque*. Hoc tamen me hal)et (]uàm jjessimè. quod rursus dico, exceptos fuisse, unum(?) apud me : ubi deberemus cavere ecclesianim dissipationem, quam jam cum laclirymis cerno, Quid enim iniminef nunc magis quàm ecdesianini rustitas/ dam sïbi unusqiiisque vultprospieere, nt in hoc rel illo cigat nëre% et ciun his vel illis, et liac vel illa ratione. potins qnàni magno cnm timoré et tremore rideamus quo n,o^ Christxs vocet et ad quid, et quàm ut nos totos Deo commit- ' l'niU'tVi- Jeun l'Archer {Y\nv «i lettre du 27 mars, N" 1215, ii. 23). ■^ Michel Dobt. Cf. la lettre des ministres iieucliâtelois du 14 juin, qui n'iioud à ''elle-ci. •'' Nouvelle allusion à Michel Doht et, en outre, à Jen}i Courtois. * Sous-entendu efjeriti.s: '' JJohf se ])laif>nait du climat de .Montbéliard, insalubre ]>our sa famille. Fnrel invtendait, de son côté, qu'il n'était ]»as ])ermis à, un ])asteur de quitter, pour un jiareil motif, le lieu où il avait ('té aj)j)elé. loi.'J (il ILLAL.ME FAUKI. A LA CLASSK 1)K NEUCIIATKL. 393 tentes, hoiia tille (luod noiiis coiiiiiiissiiii! est exe(|iiaiiiiii-. iiiala <|ua' nos gravant feranins. et. cnni non popnliini fecei-jnins. scd croaturas Dei et oves Cliristi sanguine eni|)tas (juales (|uales sint è manu Dei acceperinins. — non (|ni(l in eis dosideretui'. et ([uid nolùs arrideat aut (lis|»liceat intueanuii-. ut sns('ej)tani |)i-o- vinciani desei-amus. sed niagis (|nid velit nos Cliristus ayere. id poragannis. .lubentis oves pasci antoritas. niajestas et dignitas nol)is est suspicienda nosipie perniovere débet. Xoif pleins n/tf loci paupertas, rilitas et indtniui' banc functioneni. et onini studio, laboi'e et diligentia in lioc incannberenuis. niliil connnit- tentes indignuin tanto munori (sic), et rui'sus niulta att(Mitione intuereniur quid in plèbe desideraretur. non ut iiide abaliena- i-enuirab ea, sed ut propiùs accedontos et diligentiùs iiu innb(>ntes ipsius cura^ saniores ot nielioros per Deuni redderemus. Non ita direndum aut sontionduni est. ut niilii olini scejci-atissiini eccle- siarum turbatores. quos deturbet Deus. dicebant : « Impossibile est àvocaro pleboni ab bis vitiis : niliii ab ea potest inipetrari. sin(i>ndi sunt. » et id genus alla sacrilego ore ructabant ''. Sjte- randuni est seniper de niisericordia et bonitate. potentia et virtute illius qui nos voeavit, (pii |)lebeni nobis coinniisit. (|uôd is non deseret nos. neque patietur nos juxta verbuni suuni laborantes, oleuni et operam penb're. Non frusti-a vei-l)uin suuni adnunciabitur. Ita nie urit. fratres quàni cliarissinii. levitas. inconstantia. iniproltitas et iniipntas eoruni (|ui inordinatè eccle- sias intrant : acci|)iunt nialè. deseinint pessimè. ubi pei'perani administrarunt. ut (juid de illisdicani prorsùs nesciani. non (pu» ® A (' non misso. et multô minus ecclesia; desertorem, qui non sancta vocationc aliù vocetur, vel aliaratione pia addu- catur ut secedat ab ecclesia. In qua re non minus pastores sunt consulendi et i])sorum suflfragiis res est ])eragenda, et magistra- tus et ])lel)is ])ice, quàm ingressus. siquidem ingressus in ovile Cliristi. ut i)er Cbristum tieri débet, ita egressus. Qme autem ex l)eo sunt ordinatè tiunt. Ai/ piiiatis me, fratres, tainlin lue Jur- suriini fuisse, et me tôt et tantis discriminihus objecisse, nisi me Christi in vohis cun) ecelesia vocafio et judiciimi 2)ermovissent ^ Verùm ut srjo Dcum |)er vos (^t ecclesiam jubere" (juod valdè optatis in gloriani ("liristi. j)i'rgam quantum spei est. tantum ^ C'est un indice ([iii' 7'V//t/ était ])ai-ti jinur Metz sur le désir do l'Eglise di' Xcucliàti'l. ioi'.i GlILL.Vl.MK FAREL A LA CLASSE DE NKUCHATEL. 393 ciini D. c-()iit('iulo. Va lict't (ihsi)n ù robls coipon', ta)neii pr;i'>i de verl)o Dei ti-actando agitur. (juin divellerer a ( 'liristo V Alteruiu saiiè est uecessariuiii. aut ecclesiani prorsùs auatliema esse, aut l'uin (|ui se segn^gat al) eerlesia. Si scliisuia in ecclesia et vitandum et detestandum est valdè. et in inia plelx'. (|uani subdidit I)eus inagistratui. et subesse vult suo verbo et in lioc pastoril)Us audire, ([uantô magis in i)astoi-ibus. (jui typi et forma esse debent gregisV (,)ui- bus nisi " o])tiniè inter se convenerit. (piid cum aliis posse spei-a- nius XTctè convenireV Si non sese amieè adnioneant, exbortentur et corripiant. adnionitiones, exhortationes et correptiones non sanctissimè et cum gratiarum actione. ut Dei bénéficia et doua, non adniittaiit qui alios docent ex vei'bo ut sese commonefaciant. exbortentur et fraternè corrigant, et lioc recipiant grati et ])areant, <|uid j)utamus alios facturosV Cavete. qu^eso. fratres. astus et machinationes Satanaf et suoruni consilia et vestris indulgere aft'ecti])us. Nos ])rim() j)etit. ut dissipatis ])astori]uis grex tlis])erdatur. in caput nostrum vertetur quod malègeri-mus inter nos. j)roprioque i)lectemui' jx'ccato. quod liorrendum est. Verùni non lioc tantùm luemus ut ])rivati, sed in nos recident omnia quîe inde plebs contrabet et admittet jx'ccata et (\n:v sequentur posteri. Non sunt bi lusus puerihs. non de nucibus agitur. ut levi occasione et nuces et ((etuni deseramus ludeu- tium. et aliud irati agamus, ut |)ueri soient. Séria est res. non liodie j)riuu) c(e|)tum est ut pastores conveniant unà et tractent seriô de verbo r)ei et de iis qu;e sunt tractatu necessaria. ut contineatur unusquis(iue in otfieio. ut tollantur niala et minus "^ Il veut diri' : Je n'ai ))as iiiaïujiu'' une sfulf asst'inlih'c de la Classe. ° Ici coiiiiiH'iicf'. au bas de la iJi-cmifTc ])aii(', une iiuniillurc qui s'étend jusqu'à metioni. i^e mot qui suit est illisilili' : nous le suppléons j»ar e.rempla. 396 (illLLAlMK F.VHEL A LA CLASSE DE NELCHATEL. lo'i;{ j)('ccat.[aj accédant, et iji-ociuv'iitur ])()na, ot strciinuè iiiagis et certiiis porgat qui Ix'uc ctrpit, crcscant virtiitcs et nieliora [ex('mj)laj. Noqiio siuo friictu liabiti liactonus siint cd'tus : (|iu in hoc cclcbraiidi ut [si quis pius doctrina aliisquc donis valet ac| |(lus |)()test '". plus jvditicet sine sui aliqua ostontatiouc et a'stimatiouc. ucniinc suani gloriani [quaereute] scd tautùui ut aliis prosit et iununiera ftollantur umla]. Quèe, tratres. ad hoc nos pcn'ducei'o, imô pin-trahcri^ debent. ut atî'ectus ounu^s caruis n^sent et auior sui. Si judices et i-ei|)ul)licie moderatores a[i*dejnt îantùm îequitatis et jui'is ratioueui ha])ere et utilitatis j)u])lica'. wv quid odio vel favore cujusquam fiât aut dicatur (juod rectè non sit, (]uantô niagis afkh'cet |)astores, qui taui airto nexu inter se sunt conjuncti. aliud non intueri quàni solani ("hristi gloriani et ecclesia' certani (edificationeni. et non curare (piid liic aut ille dixei'it vel feceiit et ([uid de nobis sit UK^ritus. sed (|uid Christus nos jub[eatj |)ro |)ace conservanda et charitate augenda, otiendiculo vitando, in cediiicationeni omnium. Passent sanè htec altiùs cogitanda et religiosiùs tractanda. Non sunt hiec gardianatus et termini ([uil)us hic aut ille sacrum implere débet, ut rideatur qui non satis tempestivè et appositè aml)ierit. (hristi sunt ha'c et cœli et non liominis neipie terrae : versemur ergo ut docet in re ("hristi et cœk^sti. Cum pace. concordia et cliaritatf^ agentes inter vos, poteritis ex infirmitate roborari arl majon^n cognitionem. ])i(^tatem. fructum, ;editication(nn, et ad omnia démuni o|)tinia et voins et ecclesi* aecedere. Afh'rit vobis prapsentissimus Christus. Si haec non adsint et. ut ille dicebat « e(|uuni unum retrocedentem jdus impedire cursuni, quàni decem possint provehere ", h sanè malus ille equus pessimè habebit, et (|ui cum eo fecerint, et auriga pro dignitate tracta- tuni aliô )-elegabit. sistetur et imix'dietui- tain necessaria a^diti- "^ A l;i pajfc 2 du iiiaïuisciit. la socondo moitié df la prciiiiric U'^wc a ]»rcstin(' onti»"n'ciiH'iit disparu. Il en reste quchiucs caractères isolés, qui ne peuvent servir à restituer le texte. Nous avons essayé de le rétablir d"après le sens ijénéral de la ))ériod(>. I>aiis la seconde Hune, ifloriiiiti est prescjue certain: (iKœreitte, à demi visible ])ar ses vestiges inférieurs; iitiiKiiiern, très i-econnaissable: iiuila et tollmitur sont sn,fi»'érés ])ar le contexte. " Cette retiexiun, attribuée ailleurs à M. de l'rangins, liouverneur de Neudiàtel, ]iarait s'a])i)liquer ici au ministre Clinponiiean, ijui rejet.iit absolument /a cfusiirr /'nden/rllr. loi"! (Il II.I.M MK FAHKL V \.\ CL.VSSK l>K NKICHATEL. 397 catio. et (]uaiitù (lissidiinn tucrir luajiis et cariii^ atî'f'ctus plus liabiK'i'it loci. plus fuiua' sc(|uctui'. l^'i'^'itc t'ratrcs. in saiicta parc rt ((iiicordia. et dili^ifciitcr vidcte quos adiiiittitis. iic aiisfiu's in siiiu tovcatis. (pii donii perdant adniissi in u'dcs. ot dissidia intcr nos si'rant. l'rohatc spiritus (pii sint et (piô tendant. Hoc i-atio poscit t('nii)Oi'is. et toties icti sapere tandem dehemus. Bncenis cuni Philippo non paruni etticit apnd Cohiiipusem pei- ditioncMH pii et constantis senis'-. cujns exeniphini seijuen- tur nmlti. Kt Carol/is contra, ut ex iis (|ua' duahus tantînn tuerunt collecta concionihus potestis videi-e. et ex litoris ad iiio datis''. Ilorrenduni est ita descrere Ijeuni et à ,<>ratia excidore. Quos i)utatis niiscrani conscieiitiani ferre cruciatus! Kx|tectanius rolJo(|uiuni '• : cujns s|)eni fecernnt non vul.u'ai-es viri. Pei-,u"ite, (pia'so. tVatrcs. juxta id (jnod niilii jironiisistis, cuni snffragiis V(>stris banc aggrcderoniur valde ditiicilem curam et jjrovinciani susci|)erp : in qua non fuit ])roi'siis nostei- labor vanus. sed voluerit Deus. ])Iui-a efîici(Mitur : tantînn T)oum invoccnuis. Fuit liîc Bp(itHS^\ ipunn a^grè i)otui invonire et vix secundo allo(iui. In hoc erat totus nt socuni redii-eni : (piod sanè niilii non fuisset injiratuni. Sed ne(|ue ros |)atitur, ne(iue tides aheun- tibus liinc fratril)us data, ne<|ue aliipiis hoc poterat pro))aro cui refcrreni. (upio onmiltus ol)s('qui et neniinom otïendorc : hîc Beffto et aliis non (hituni fuit moreni gei-ere. Literas aj)parave- rani "'. sed non p(»tui invcnirp abeuntcm. Wn't J'rafpr''' paucis (iini diu (pui'situni invenerit : sod litcn-as non hab('))at. (|uas pi'ius(iuani venisset acccpturus jani abiei-at. et nos frustra cucur- l'inius. Audiebani inter loquenduni, cum apnd Hcdioneiii'^'* cssonuis, Xravia quiedam oft'endicula suborta de perditissiinis (piibusdani bipis. qui inter pastores liaberi volel)ant. Quàni id me comnio- '- L'îipjH'l adressé ])ar l'Elccti'ui' de Colouiii' à lUici-r et à Mélanclitlinti ;i »''tt'' iiH'iitioniié plusieius fois. '"■ Lettre de déti du 1 \ mai. Farel en envoyait une copie à ses collèiiiies. B'irlmrin en accusera réce])tiou le Ki juin (X" 124()). " Une disjjute de reliuioii à 3lefz entre Tùur/ et Caruli. '^ Beutus Cornes (Lettre de Vin't à Caiviii, ^î) mai). "^ Prol)al)lement la jjrécédcnte lettre (X" 123!l). que Farel avait (ral)ord ilati'c du 27 mai. " (iauchier Farci. '^ Gaftpard Hédioii. pasteur et professeur à Strasliour^;. 398 (JLILLAI.ME FAREL A LA CLASSE DE NEUCHATEL. loili vit! Ha'c nobis \)avhmt festiifci' mamiuDi impositiones et non ])i-iîis ('xi)loi-ata inipiorum vita. Vos obsecro, fratres, non feraiis (diquem anquant ascendere snggestum quem non optimè norrri- fis, et ocaii'i'ite niaHs Yoni(>ntibiis, ne involvant nos : nndc non tantînn nos, vcrùm etiam nostrum ministerinm malè andiat. Qni quaere])ant in G(dlis quod damnarent liabont nunc ad satietatem. Faxit Christus ut [1, et] nos tantînn satiari bonis quiv c'ui)inius quàni largissiniè dari et esse in omnibus in ecclesiaruni onininni a'diticationem ! Valete, fratres quàm charissinii. a Domino, scm- l)er inservite niulta lide. Pii [lastores vos salutant. Salutate omnes pios qui snnt in nostns erclcsiis. Argentorati :!1. ^laii. Vester totus Farellls. Gorya, qiue onini scortatione al)batnm. monaehorum et mo- nialium eô accmTentinm_/)n7 infamis^'', et cuni tota cucurrerit ad ca])iendum pium Chasiellunum, qui Métis j)riniô docuit -", cum illac transisset -'. — omnibnsque accurrentibus hit(>i'eriam--, ^^ Avant \c seizièiiu» siècle, l'ahbaije de Gorze avait déjà une déi)lorablo réputation. Nimsgorn, o. c, p. xvi, reproduit un document des mau'istrats messins, du 10 juillet 1322, « qui concerne également (dit cet historien) les autres communautés du ])ays, ■> et dénojice « la mauvaise governacion et la grant dissolucion qui estoit en moiiines de (lorze, de St.-Arnont. etc.» La tête de St. Tliiébault, le 1" juillet, et la foire qui avait lieu le même jour attiraient à Gorze une foule considérable de jièlerins. qui venaient « visiter les reliques et les faire touclier à des malades et infirmes, et même à ce qui devait servir à les habiller » (Ibid. pp. 188, 189, 223, 2.53, 269-70). -" Les passages des Chroniques messines cités dans le t. I. p. 345, IV, 436, 437, font connaître la vie lionorable et le martyre de Jean (linsfel- lain, ce moine augustin qui fut en 1524 le premier jirédicateur de l'Évan- gile à Metz. " Illac désigne Gorze. — L'histoire de l'infortuné Chastellaiii étant bien connue des ministres neuchâtelois, Farel ne jjarle ici de lui qu'inci- demment ; il tient surtout à signaler à ses lecteurs le châtiment infligé à la ville de Gorze par la justice divine. Cette ville, dit-il, qu'on a vue acharnée à la ruine de Chastellain et unanime à rejeter rEvangile, qui lui aurait ins])iré 1<' repentir et apporté le pardon, — elle a été fort maltraitée jtar les Français, et ensuite horriblement saccagée ])ar les Bourguignons. '-- Vn moine augustin, h' frère Bonncstraiiie, qui était soudoyé pour trabir (Itnstelhriri, l'attira liors de Metz en lui faisant accroire que le Provincial de leur Ordre « le niandoit et l'atteiidoit » dans un château de revé(jue (le Cliastel-St-fiermain, à 2 lieues environ au X.-O. de la ville). loi3 aUlLLAll.ME F.VREL A L\ CLASSE DE NEUCIIATKL. 8i)î) k penario-^ visiis et aliis monstratus, ci\\)XWf^(jrorfj(i))i pi'i-diictiis, — et demain, ohhifo Verbo, ut resiinsceret (ubtioiiHa prorshs rejecif. in pornicioiu pioniiu acccnsa, tandem post ii/siguiti qme pertnjtt <( CralUs'-', mise niniè fuit rasaita rands ennemis, le j^ouverneur JIttrfi)/ l'iutjuet, « lequel tist incontinent courir après. Et fut le jjovre reli fut ])ris et arrêté dans les ])remières heures de la nuit, l'rançois de Han- nouville écrivait, en effet, de Met/, au mois de mai 152-1: : « Je veuls que vous sçachiez que il [nostre évan.fféliste] ait esté prins et arresté et comme fut Jhésu-Crist, cu)n laternis, fucthus et annis, et avec ce mené dTIé- rode à Pilate.... Mais il a la plus lielle patience qu'il est possible d'avoir, tellement que son hoste, son hostesse, (tucuus forains qui estoieiif loijés léans quant il fut prius... et plusieurs autres (jui l'ont oys parler, portent tesmoiiinaicre de lui. •> (Cf. notre t. IV, p. 437). -'* Dans le manuscrit : per pe)tarium avec' cette correction au dessus : a penario. Ces deux mots sont presque effacés. Farel emploie ici comme substantif l'adjectif jJCnan'M*, ])Our désigner un chef d'office, un maitre d'hôtel. Le mot se rajjporte à Marti)i Fiuguet. maitre d'hôtel ou gouver- neur de Gorze pour Jean de Lorraine, évêque de Metz. Ce jiersonnajie avait la réputation d'un homme à])re au uain et passé maitre en fait de ])ertidie. Suivant Dom Calniet, cité jiar Ximsaern. p. 57-ôS, P/)/(/uii. natif de l'Anjou, était abbé de St.-Martin, près la ville de Metz, oii il mourut en 1540. Il fut lonatemps infidèle administrateur des aft'aires du cardinal de Lorraine, faisant sa bourse et i)rêtant de Faroent à son maître. L'évêque de Verdun, Vary de Dommartin, encourut la disgrâce du duc René II [de Loi-raineJ, jxtur avoir frauduleusement attiré à (rorze, par son agent Martin Piiujuet, et fait emprisonner un fameux banquier de St.-Nicolas, nomuié Richard Voiltre, qiu' le Duc affectionnait à cause des services qu'il rendait au jjays... Ce banquier devait à Pinguet (jnelques sommes ])eu considérables; mais son em])risonnement ne laissa ])as de causer la ]»erte de son crédit et sa déroute entièic » (Voy. aussi la France prot.. 2"" édit., article Casteilain. ITT. H)S-7(>). '-■■ Il oxLsti' ciicoiv près di- £uret nne tuilrric, imc briiincti'i-iiM't, nii tbui-à chaux (("oni- uiuiiication do M. Henri Burtiii). 400 EUSTOKG DE HEALLIET A CLÉMENT .M\ROT, A (iENÈVE. 1543 Horror ost vol audire, et non est finis malorum. Cliristus mise- ris clet ut resipiscant ot bencdictionis sint participes oiiiiics! Litoras curetis diligentor mitti et ad Calvhmm et ad Vrretnm, vi quae siint coiinmines ^'"' ot \ol)is ot oiunihus ad qiios vidobitur fratros et Classes mittetis, ut noveritis niagis oxj)edin\ (Inscript'w :) Quàm cliai-iss. fratribus (>t syuimystis nuilta pietate ornatis, Decano et omnibus in classe Neocomensi Cliris- tum adnunciantibus. Neocomi - '. 1241 EUSTORG DE p.EAiLiEi' ' à Clémenl Marot. à Genève. (De Thierrens^ au mois de mai 1543.) Chrestienne Réjouissance... Par Eustorg d(> Bc^aulieu... (BasbO 1546. in-B"^'. ]). 204. Copie communi(|ué(' jiar M. Hi-nri IJordicr '. Mpistre à Clément Mnrot, Poêle dit L'oi/. pour lors résidant à Génère. Frère ot amy et voisin tout eiisonilile. Loué soit Dieu qui jtar Christ nous assoiiililc! Comme asscnihia jadis, aux fhamps dehors, Le mien BeauUeu, huict lieues près ton Caltors. ■■** Le 25 mars et les jours suivants. " Voyez le X" 1216, note 13. Selon Nims.oern, o. c. jt. 101-102, « la gar- nison espagnole de Thionville,... vint, le 27 avril 1543,... attaquer le château *>t Fabbaye de Gorze. La garnison française lit une vigoureuse résistance, mais enfin elle fut forcée ; la plupart des soldats furent taillés en pièces et les autres pendus; la ville et l'abbaye furent pillées; et, après avoir laissé dans la ]ilace du monde pour la garder..., les Es])agnols se retirèrent; mais comme l;i garnison n'était pas nombreuse, l<>s Français revinrent bientôt... Le château fut aisément forcé... Le soldat, dans sa fureur,... se livra à tous les genres de cruauté et de profanation. Les moines furent entièrement dispersés et ne purent depuis se réunir en communauté monastique. » 2G L;, fireulaire qui ét^iit incluse dans la lettre (Cf. le N" 1239, n. 1»). *' La présente lettre a été fermée au moyen d'un cordon qui la trav<'r- -sait, et sur les extrémités duquel le sceau du Réformateur a été ai)])li(iué. 1-2 Voir le X" 886 (VI, 286-8i>, n. 1 et 3. à In tin). ^ L'unique exemplaire de ce volume ;ippartii'iit à M. le duc d'Aumale. I5'i3 EUSTOIU; l>K HKAULIRU A CLÉMKNT M\UOT, A (iF.NÈVE. 401 Loiu' soit (lomi Cl' bon Tt'H' (H^lcsto, (^»iii s;i l«iiit(' nous faict si iiiniiifcstc Kn nous tirant i)ar orâcc et chariti' Du puyt d'Enfer, sans l'avoir nw-ritr. Nous qui jadis fcusnics i)l('ins d'injnstici' Sans clicrflicr l'huys par où l'honimo injusti- yssc*! Mais ce iion Dieu (iiui nous aynioit tant clicr) Nous est luy-niènic icy venu cliciTlicr, Estans souillardz de la cuisine imniuiule Où tient son train le l'rince de ce juonde. Dont (lereclief lonenue et yloire en soit A ce liault Dieu (jui ainsi nous reçoipt! Frère très cher, je t'ay voulu escri|ire Que suis joyeulx jjus que ne pourroys dire De ta retraicte eji ce quartier icy. Viw cinij ans [aj qu'ay esté en soncy Pour y trouver aulcun de mon lignage Ou fjjour le moins) gens de mon voisinage \ ?tlais maintenant Dieu m'a tout resjouy l'ar le rapport que de toy j'ay ouy, Ayant espoir que i)ar toy Dieu révèle A mes parens de inoy quelque nouvelle. Car possible est que quand tu escri])ras A ta maison, si très-clément seras (D'œuvre et de nom), que sans trop te constiaiinlre A mes parens lettres feras attaindre. Lesquels vouldrois de ])ar Dieu advertir (^u'à Jésus-Christ se veinsent convertir, Et que pour moy u'eussent tristesse aulcune, Car Dieu m'a faict plus de biens que fortune. Par quoy te prye advertir ce porteur Si j'auray ])oint, par ton bon sup])ort. heur Touchant cella, et s'il fault qiu' j"escri])ve Pour t'envoyer, ains® que l'hyver arrive. Après, dy-luy ce que te ])laict mander De par de ça, si rien veulx commandei'. Car obtiendras de moy l'obeyssance Pour te servir selon qu'ay de puissance. '• Du vieux verbe >/s.s/r (sortir), dont on a fait /.sskc. ' JE. de Beoulieu était en Suisse (le])uis six ans. C'est ce que nous appiend la jolie pièce de vers intitulée : « Le Dieu (jard de l'uutheur à la rilli- et aux citoyens de Genève, la jiremière fois (lu'ii y vint, qui fut Tan 1537, et le l'"' jour de may » (ChrestiiMine lîéjouissance, j). 17.'-!). Tant (ju'il resta à Genève, il eut la chance d"y rencontrer « gens .de son voisinage » (Voy. la lettre du 31 août 1537, t. IV, p. 288, lig. 12). " Ains doit signifier ici ara>it que. T. viii. 26 402 EUSTORG DE BEAULIEU A CLÉMENT MAKOT, A GENÈVE. lo43 Te i)rye encor que, quand tu «eras las (Ou que dos champs chercheras le sollas) Vien-t'en vers moy, car suis en un village Tout circundé d'arbres, fueille et ramage ', Là où je n'oy que cors de j)astoureaulx, Voix de brebis, vaches, bœufz et taureaulx. Mais plus me plaict encor telle brayrie (i)ue ne feroit toute la chantrerie Du Papegay de Romme ou Antéchrist Dout le baptesnw» a[s] doctement escript. Mais, quoy que soit, j'ay la saincte Escripture Qu'à mon cœur Christ monstre en sa pourtraicture, Et là repais mon âme du pain vif Dont est privé maint gros Rabin Juif. Là, mon esprit j'abreuve d'un breuvage • Dont tout mon corps se nourrit et sollage, Et du pain sec (ces sainctz escriptz lisaiis) Me soutient plus que sans ce des pheisans. Brief, le village abject, ce semble, et vile M'est un Paris ou. aultre grosse ville. Et n'ay regret aux grands palays et couitz, Mais que soubz Christ je parface mon cours. J'ay oultre encor, mon jeu de Manichorde* Où les chansons divines je recorde f]t les tant l)eaux psalmes par toy conlictz Où as ouvré, à mon gré, mieulx qu'onq feis. Souvent aussi je pren du croc ma harjie Et te la pendz à mon col en escharpe : Pour y jouer et psalmes et chansons Selon que Dieu m'a instruict en leurs sons. Or voylà donq, frère, comment je passe Mon temjjs aux champs alors que je me lasse. Et de cella suis prest te faire part (^)uand te plaira de venir ceste part. T'offrant encor, pour faire fin et reste, Que si tu es importuné de peste, Une chambrète en mon logis auras Pour ta famille^ et toy, quand tu vouidras. Car je suis seul (quant à l'heure présente) Kt n'ay chez moy qu'une vieille servante '' A la ))remière nouvelle de l'arrivée de Marot à Genève, c'est-à-dire vers la fin de novembre 1542, E. de Beaulieu n'aurait pu s'ex])rimer ainsi. ■* Es])èce d'épinette (Dict. de Littré, art. inaitichordioH). ® Marot n'avait ])as amené sa famille avec lui. Voyez sa Complamie adressée à François I (Douen, o. c. T, 390, 400). j J l')i:{ I.R CONSEIL DE MKTZ AU CONSEIL UE STRASBOURG. 403 Pour ]ucii(lrp soin do mos bestos à l.iict, Kt, pour penser mon cliev.-il, un v;illet. Sfxtain au ilict Mamt. Rpcoininaiidatidn de raiitlienr. Si le seifiiunir Gur/tt^'^ est jiar de là, Salue-le, s'il te plaict, sans rohniettre, M'ortrant à tov jjIiis que ne vault cola Et le service envers toy recongnoistre. Au Magnifique ^^ aussi vouklroys fort estre Recommandé, veu que Christ a suyvi, Car trois ans a (in'anlcun d'eiilx je ne vv '^. 1242 LE CONSEIL DE METZ au Goiiseil de Strasl)Ourg. De Metz, i^' juin 1543. Copie. AitIi. de 8t.-Thomas, à Strasbourg. Calv. Op}). XI. 5(i(i. Aux liouuorables, prudents et saiges les Maistre et Conseil de la Cité de Strasbourg, les Maistre-Eschevin et Trèze Jurez de LA Cité de Mets, amour et dilection. Nous avons vclius et entendus le hesoiy nés fait par nos envolez an lieu, de Strasbourg, à la journée y assignée' par très hault, excellent prince et seigneur Monsieur le Landgrave de- Hesse, pour amiablement ou juridicquemont ai)j)ointer ou diifinir les jtoincts non-vuydés contenus en deppart érigez icy à Mets-. Et combien qu'ils aient excédez (quant au poinct des hannys) leur commission et charge, néantmoins pour l'honneur de Messieurs les Princes, Conte Guillaume, des deux Cités-' et de Messieurs 10 pjç,;-g Qurui, d'Annoiiay (X" IMo, n, (\). " Laurent Maigret, réfugié français, surnommé le Magnifique. Cf. ji. 145, n. 21-22. '^ Il était donc retourné, pour quelques jours, à Genève en 1540. ^ Assignée pour le lundi 14 mai (N" 1285, n. 12-14). ^ C'est-à-dire, dans le recès ou la convention faite à Metz le 16 mars (X" 1216, n. 2). ' Strasbourg et Francfort. 404 LE CONSEIL DE METZ AT' CONSEIL DE STR\SBOUR(i. 154:} les eiivoicz et cominys, Nous avons clius alloyez% quant à ce dit poinct, ce que pav nos dits envoiez auroit esté laict. Et inconti- nent la relation faicte ])ar iceulx, avons ])ermis la rentrée ans dits hannys, comme ceulx qui désirent en ce et choses plus grandes faire service et jjlaisir ans dits seigneurs Princes, Conte, Citez et aus dits ambassades [1. ambassadeurs]. Quant aux aidtres xwincts contenus en de'iïpart érigez au dit Strasbourg'' et par nos dits envoiez à nous exhibez, ajirès b^s avoir ehus mesurément discutez et ])ondérez, ensemble advisez à nos privilèges, statuts et ordonnances que nous ont esté con- cédées des])iéça par les Majestés Impériales et Royales des Rommains, ratitîiez i)ar la Majesté de Temiiereur modei-ne, nostre Sire, et aussi que nous avons ehus prestez le serment de tidélité à icelle Majesté, — recongnoissants les prééminences (>t régalités que sa dite Majesté doit [1, dictVj et doibt avoir en cest(^ dicte Cité, desquelles, au commandement d'icelle, copj)ie luy en fust baillée, -^ ne sçaurions ou porrions honnenient cous faire response sur les dits poincts, sans répréhension de sa dicte Majesté, que jjremièrement et avant toutes choses ne communic- quions iceulx poincts ou facions communicquer à icelle Maj(^sté : ce que ferons en toute diligence possible et le j)lus tost que ])or- rons, estants de cestuy propos et intention ensuyvre son com- mandement, advis et conseil sur ce. Pour autant (^t nostr<' amyable prière prendre en ])onn(> part ceste nostre response. (pie (lebvions bailler au jour ])réfix " sur le susdit uKMitionnez dej)- part. Et ne fauldrons vous bailler aussi enthière responce sur iceulx poincts (ajjrès Thumble communication faicte à sa dicte Majesté) en toute diligence possible. Quant au fait de Caroli, nous lui avons communiquez tous et chacuns les poincts que sont estez proposez à icetdx nos envoiez au dit lieu de Strasbourg' : qui sur iceidx nous a fait responce "* Accoiité, ;ip])roiivé. ^ C'est-à-diiT : Quant aux dcinandos présentées par les Protestants, savoir: •qu'il soit accordé deux nouveaux prédicateurs aux Évangéliques, et qu'il y ait une dispute de religion entre Caroli et Farel (N" 1218, n. 3). •^ r)'a))rès le recès de Strasbourjr du 21 mai. chaque ])nrtie devait donner sa réponse dans les quatorze jours suivants. ' Los poincts on articles concernant Caroli et qui funMit traités dans la conférence de Strasbourg- (14-21 mai 151o) sont reproduits en tête di' la 1543 LE CONSEIL DE METZ Al (.(»NSEIL DE STHASHOl HO. 405 ccUr \\. frilf'l ([IIP roKS eitvolotts avec cestes par escript, s()ul)si- giié(> et soiibsci-i|)ti' (ricclliiv. l'n'ant à tant le Créatmii- (nic à vous, lionnorablcs, cliiei-s et hoiis/aiiiys doiiit rciitliicr (!<■ vos (Icsii's. Do Metz, ce iji-cmior jour i\v juino:, Tan 104;!. (Suscription :) X\\\ hoini()i'a])l('s, pnulciits et saigos les Maistro ot Conseil (le la Cité de Stras])oiii-g. nos diicrs singuliors bons amvs. Hciponce fie Carnhi. Fut ri'inoiistiv l\ .Mcssciniiciirs les envoyez de Met: à la Diète des Pro- testant fivicte à Stros-bounj le leiideiiiain de l'eiitliecnste* : (}w'. à Fiiistigation d'aucuns spirituelz, semyt venu uiiu i)rédicant ni)iniuô Caroli/^, blaspliéniant et vitupérant non seullenieiit les estatz pidtestans et ceux qui ensuyvont la vraye doctrine évan,a'élic(|ue. mais aussi le C0)ife Guillaume, les apjiellaiis liéréticques, larrons et iiiesdians. Pour autant, teiiyr à tel le d. Caroh/, qu'il désiste d'injuryer et vitupé- rer les d. estatz protestans et aultres qui ensuyveut la pure et sincère évaugille; du moins permettre la dispute à Fharel contre lui/, ])onr, les partyes ouyes, bailler à celuy qui aura tort sa desméritée jjunition. DetFendre au d. Caroly qu"il n'ayt à ])rese]ier contre les d. estatz et Protestans iiy l'évanfrille, ou du moins ])ermettn' la disputation estre faicte l)ar Calrai}! et Pliarel contre luy. Le seigneur Conte Guillnume est à la vérité averty par lettres que le d. Caroly a presché, le mardy seconde férye de penthecoste '*", que l'on se garde de la nation gi-rmaniiMjue et qu'elle ne cerclie fors que de trahir la cité de Metz. Et qu'on avoyt conuuunyé ceux qui estoyent ])our fayre la cène à Gorze, le jour de Pasques, de jjain que le Conte Guillaume avoyt derrohlié, ajipel- lant iceux Protestans schismaticques et liéréticques, en profèrent plusieurs aultres i)arolles de très dangereuse conséquence. Pour autant requièrent les ambassades et envoyés des ))rinces, du Duc de Wuirtemherg et L((iitfjrare de Des, et des Citez Strosboury et Franc- fort. i)our et au nom des aultres estatz et Protestans, et mesmement de la part du d. S'' Conte Guillaume, ung lioiinorable Conseil de la cité de Metz, vouloyr teiiyr à tel le d. Candi/ ()u"il ayt à rendre conte de toutes et clias- Pesponce de Caroli/. incluse dans la présente lettre. Nous donnons cette Réponse d'après la co]iie conservée aux Archives de Ceiiève. Klle a été jiubliée dans les Calrim Opéra, t. XI. ]). ôl'î. * Le lundi 14 mai. ^ Selon Seckendorf. 111, 100, Gaspard de lieu et Jean Niedhruvher. députés des Evangéliqui's de Metz, se seraient plaints (en juillet) à la diète de Smalkalden " quod sacerdotem quendam Gnllum. a Duce Aureliano, Régis fratre (I. tilio]. missuni. in urbe liabeicnt. de pnl))ito atrocis>imè Evangelicos criminantem. •• '" En d'autres termes, le IH mai. ^^'W p. oô2. n. 0. 406 LE CONSEIL DE METZ AU CONSEIL DE STRASBOURG. lo4.'{ cunes semblables paroUes par luy dictes contre les estatz et Protestaiis. Et ylz coniiiiettroyent gens suffisans de leur part, pour, les ])artyes ouyes, eu faire selon que de droict et raison est requys. Caroly interrogné respond au preniyer article : Qu'il n'est venu à Metz \)iyr l'instigation d'bomnie vivant en ce monde, mais de Dieu seullement, ayant de long temps ung ardent zèle et désir df souteiiyr à son pouvoyr la sincérité de la foy et l'honneur de la saincte église catholicque : et pour ce, quant il a veu estre besoing de secourir à ceste noble cité, au péril de sa vye, c'est en icelle transporté pour eniiies- cher, à l'ayde de Dieu, qu'elle ne fust toute infecte et déceue jiar la doc- trine de Farel, laquelle il maintient estre faulce. Et n'a blasmé ne vitupéré les Estatz protestaus aultrement que font les Catbolicques mesmes dedans la Gennanye, qui sont leurs adversaires. Bien a dict et monstre que la doctrine des docteurs protestaus est feulce, héréticque <'t schismaticque, et s'il disoyt le contrayre, il debveroyt estre réputé mesdiant et traistre à l'église catholicque. Au second article, Caroly de rechef dict qu'il n'est besoing luy com- mander de désister d'injuryer et vitupérer les dits estatz protestaus, en tent que princes et citez impérialles ; car il ne commença jamais à Icn vitupérer en telle qualité. Mais, à l'opposite, Caroly, pour et au nom de toute réglise catholicque, demande que tous les docteurs protestaus effacent de leurs livres et rétractent toutes les blasphèmes, injures et vitupères et faulse doctrine qu'il ont depuys 25 ans escripte et preschée contre Dieu. contre l'Évangille, contre le S. Siège apostolicque, contre nostre S. Père le l)ape, contre les universitez et collèges des docteurs, tant trespassez que vivantz, et générallement contre toute la S. Eglise Catholicque leur mère ; et lors Caroly et ses adhérentz diront bien d'eux et désisteront à les reprandre; aultrement, ne jKiurroyent selon Dieu les louer, car ce seroyt adhérer à eux. Ya certes Caroly dict estre fort dolent et marry que tant de nobles princes et citez, par faulse doctrine soubz couleur de pur évaii- gille, se soyent séjjarez de l'union di^ l'église catholicque, comme clèremeiit leur sera par les C'atholicques, en ung bon concile général, démonstré : ou à Farel en particulyer aux lieux où le d. Caroly l'a apjiellé'^ qui sont devant le S. Siège apostolicqite à Rome, ou devant le concile général à Tereute, ou devant le très victorieux de Dieu couronné empereur, ou le roy très chrestien, ou les facultés de théologie à Paris, ou à Tlioulose, ou à Poiciiers, ou s'il n'ose aller en France, à Salamanque ou Alcala en Espaigne, ou s'il ne veult aller si loing, à Louca'ni ou à Padoue : et s'il dict n'avoyr point d'accès en France, Caroly se porte fort, s'il veult venyr, de le mener devant le roy et dedans la salle de Sorbonne à Paris, et là ce fera juste punition de celuy qui aura failly. Au tiers, quant à la deifence requise, mes dits Seigneurs de 3Ietz res- pondront; et dict Caroly qu'il ne presche contre, mais jouxte et selon la pure évangille de nostre Seigneur .Thésus Christ: <'t est content Caroly que " Voir sa lettre à P'arel du 11 mai (N" 12'M}). 15i3 UE CONSEIL DE METZ Al CONSEIL IIE STUASItOlHG. 407 Otîntii/ afCom));ii les Seigneurs ])rotestans que ceux qui ])ar deçà se fortiffient de leur puis- sance, parlent bien aultrement de l'eucharistie que ne porte leur Confes- sion de Aushourg et de Ratisbonne, en quoy et plusieurs aultres choses ilz déshounorent fort les dits Seigneurs protestans. Ati sixiesme respondent Messieurs de Metz, combien que Caroly n'ac- ceptera jamais pour disputer la d. cité. ])onr les causes dessus-dictes. Sioué : V. Cakoi.v. »- Allusion à la lettre de Farel à Caroli du 21 mai (X" 1233). '* Au-dessous, on' lit cette note de la main de Calrin : « Double de la seconde response de Caroli. Pour Messieurs [de Genève]. » Calvin enten- dait sans doute que la première était la lettre de déli du 1 1 mai. 408 EHRHARD SCHNEPF AL DUC CHRISTOPHE. A MONTBÉLfARD. 1543 1248 EHRHAiîi) scHNEPF * ail diic Ghrislophc, à Montbéliarcl. De Stuttganl. 3 juin 1543. liiipi'. en tête do Topusc. intitulé : Ecclesiasticoi'um rituiiiu ot ('îPrêiiioiiiariini diicatiis Wirtenibergonsis Régula, in usuni quo- l'undani i)aroclioi'um germanicè nescientium... M.D.XLIII. (Extrait) Illusti-issimo Principi D. Cliristophoro. Duei a Wirtemberga et Tecko, Comiti Mumi)elgarti, etc., princi])is niei Serenissimi D. Udah'ichi ducis a Wii-temberga, etc. tilio. Domino nieo de- nientissinio. Insigni me gaudio atî'ecerunt litene clementia' tuic nuper ad me datte, i)nnceps illustrissime, quibus et ecdesiasten aliquenu tidelem et doctum til)i transmitti -, et i)rincii)is nostri illustris- simi, |)ai*entis tui, ecdesiasticoriini rituioii et ca'remoinarKm re- f/ultuif, sui)erioribus annis in ducatu Wirtembergensi germanica lingua editam'. /y/ nsnni ParochoriDii fiiontii/ MtDiipeVjarti af/entiii m, quod germatiice non sciant, lit laiinani Ji/fgnani verti postuJasti \ Non quôd nunc primùm hoc à me exigere incipias. Com])('rtum enim habeo, quàni crebris literis et quanta conten- tions nobili viro Georgio ah Awe'', ecclesiasticorum negotionim nostri ducatus et primario et diligentissimo curatori, idem extor- quere sis conatus. Sed quôd lit(n-is clémentine tu?e, occasionem mihi magnam, animuni meum erga tuam celsitudinem contes- tandi, i)er(iuam commode oblatam videam. Quanciuam enim in ' Voyez, sur Ehrhard Schnepf, le t. IV, )). 11:-!, iioto 4. ■^ In jiuniôiiicr pour l'église allemande de Montbéliard. C'est |)riiiialile- iiieiit Engelmmin qui fut choisi (N" 1265). '* luipriin»'»' en 1530. " A .Montl)élinrd, on parlait déjà de cette nouvelle liturgie, au mois dr mars précédent (N" 1215). * Schnurrer (Erlauterungen, etc., \). 17o) l'ajjpelle ./o/y/ rou Oir. I)uver- noy (Ephémérides, p. 230) mentionne Jm)i de Oir, qui appaitenait sans doute à la iiiêiiie famille. 1513 LK CONSEII, ItK HERNK \U IIAII.I.I l>"v VK.HDdN . 409 spccioni oxiguuni est lioc f>'(Mius officii ([uod tua' ;i nie litcra' oxegcrunt : (iiiando tamcu tal<' l'st, (luo et Cliiisti cliiiiciitissiiin sorvatoris iiostri gloi-ia. ratiouc ali(|iiA proiiiovcri. et umltoi-mii saluti hoc qualicuiKiUf' otîiciolo coiisuli iKjtci'it. oxistiiiio non ex laboris cxigiiitatc scd ex |)i-()f(>ctiis indc sciiuutiiri inagiiitiidiiic lion injuria del)('r<» a'stiinari. Kt cani ossc niilii pcrsiiadco (Clsi- tndinis tiui» clcmcntiani et iiiodcratioiiciu. (|na' ex aninio niagis ad sorvionduni pronipto, (luàni ex ol)s('(|uii vilitatc opc^ras |)on- dcraro soleat. (iaiidoo proindc uiilii. ,<2:ratulor vcrô Scrcnissinio meo Prindpi, contigissc illi taiciii tiliinn : gratulor, iiKiiiani. universo ducatui Wirtonibcrgeiisi. dostinatiini illiiis giibeniacu- lis diviiiitiis taloni hei'oa. (lui ad n'li([uai-uiii virtutuin. (iiii])iis liabiindo ornatus est cuiniduni. jjictatis ctiaui. et ivligionis Cliristianae. t'iijiis niulto maxiina est ratio liabenda. tam ardcns adjecit stndiura. Mactc igitur. clomcntissinic i)rinc('i)s, talit>ns te stiidiis. giibernaculis r('i|)ubli(a'. ([iiil)iis non solùni in futu- rum os dostinatus. scd in pai-tcni ctiani jam aliquani acccrsitns et adniissus, pnyjiara talibns te cnris. Cliristiano princi|)c inpri- niis dignis occupa, (inibus et tibi cœlestis nnniinis favorcni. ducatui cui dcstinatus os, paccni et tranqui]litat(>ni, j)opulis tibi olini niancipandis îetoruam salutcm conipararc (]ucas Vale in cftcrnum. clcnicntissinic l'rinccps. Stutgardia'. m. Junii. Anni m. d. xliii. Clcnn^ntia^ tua' dcditissiuuis Erharui s Sciinkpffus «'(•cl(>siastcs Stutirai-dianus. 1;2U LH (ONsKii. j)K iîEiLM-; au Bailli d"Vvcrdon. De Berne, 4 juin 1543. Coi)i(' ancienne. Arch. dAvcrdon. ((irenus.) Docunicns relatifs à l'histoire du Pays de \'au(l, (ienévc IslT. p. l'Ki. I/AvoYER ET CoNSEii, HK Ukh.ne, iu)sti-(^ amiable salutation pr(''- niise. Cher (^t féal bailli, il nous vient nouvellcnn'nt a s(;aviiir comment aucunes gens incirdules, sous ta cliargi' et autn'>> de 410 LE CONSEIL DE NEUCHATEL A (il ILL. FAUEL, A STRASBOURG, loi'] nos officiers, on leurs pertes et adversités et aussi prospérités ou autr(^ cas envoyés de Dieu, se vont conseiller vers les devins et sçavans aux arts du Diable, laquelle chose grandcMuent et autant nous desplaît qu'elle est défendue du seul Dieu. Sur ce te don- nons charsfe exi)resse d'avertir ceux de dessous ta charge, et défendre puhliquement. en leur chaire de la parole de Dieu, qu<' chacun se desporte de tels enchantemens ; et si aucun par ajirès clierche conseil vers iceux devins ou enchanteurs, faisant contre ceste défense, que tu les doives punir comme s'ils fussent allé à la messe, et mettre en prison les devins et enchanteurs, et d'un chacun recouvrez dix florins, réservant toutefois de ])unir plus griefv(Mnent iceux devins ou enchanteurs, selon la grandeur de leur démérite. Donné à Berne, le 4 juin l.")4o. 1245 LE CONSEIL DE NEUCHATEL à Giiill. Farel. à Strasbourg. De Neiichatel, 15 juin 1543. Manuscrit orig. Bibl. des pasteurs de Neuchâtel. Jouas Doyve, Annales, II, 4.S5. Calv. 0pp. XI, 567. La grâce, pais et bonté de Dieu nostre père, par nostre Sei- gneur Jésu-Christ. en la vertu du sainct Esperit soit à jamais avec vous ! Amen. Très scientilhcque nostre très cher père et hdelle pasteur en Nostre Seigneur! Nous avons recini et veu voz lettres datées du HT"" jour de May dernier passé', en l'an présent. Et semblable- ment le double de certains articles ]n"eschez j)ublicquement par ce vénérable Docteur i)ai)al, Caroli-, joinct ung double d'une lettre de deffiance à vous envoyée ' pour la disputacion et mainte- nance d'aucunes ])arolles par cy-davaut amenées en dispute aux lieux de Genesve, Lausanne et de Berne. Item la lettre respou- sive par vous sur icelle baillée*. Quant et quant, un doub](> du despart de ]Mess" les Protestans". * Aux N"^ 12.S9, 1240, Farel avait ajouté une lettre adressée aux magis- trats (le Xeiicliâtel. ■■'-•'' Vi)y<'/ la seconde partie du X" 1242 et le N" 12.S0. lo'i:{ LK CONSKII, l>K NKLCll.VTEL A Gl If.l.. FAIIKI., .V S TR.VSndllU; . U l Le tout bion vou et ciitcndu. soiimics poiii- le premier Itien Joyculx vt consolez de la lïraiule iiiagiiniiiinité et constaiUM» des dicts Princes chrestiens, a|)|)ellez los/Protestans. laciuelle con- gnoissons ostro on eulx en la vertu de Jésus, j)our la niaiiitenance de sa saincte doctrino ot vérité évangélic(]ue : auciuel prions (pie par sa 1)onté et infinie ijuissance les vueille pr(''sei-V(>i\ augmen- ter et fortifier de sa grâce. Aussi avons entendu i-osfrr bon ]}0}uiement en Voèvre de Nostre Spù/neiir, par delà, et. ])ar vos dictes letti-es, comme le dict (aroU a esté'cause d'interrompre quelque l)on ajjpointement et traicté. ([ue les Ambassad(>urs des dits Seigneurs ))rotestans entendoyent de faire avec les Seigtienrs de Metz. Et mesmes comme il a esmeu Monseigneur le Conte Gudlame par ses lettres, qu"il fust détenu, pour rendre raison de son dire, et autres poinctz dedans contenu/ et declairez. Or est-il certain ([ue le meschant. en ([uebiue lieu (iu"il soit, monstre tousjours sa meschanceté, et le vertueux sa vertu, et l'esperit de Sathan avoir continuelles guerres contre celuy de nostre Seigneur Jésus. Toutesf'ois à la fin le Seigneur demeurera seigneur et maistre, et rompra les astuces, finess(»s et menées de son adversaire et de ses adhérans. De (juoy l)ien tost à Fadvan- cement de sa gloire et édiffication de son Église le puissions veoir 1 Ali surplus. t/oHs soiin)ies de hoiute volenté de votis assister pour telz et semblables affaires, et surtout poar la maintenance de rostre Ministère, saclians (pi"à tort et sans cause il blasnn^ iceluy et des autres tant vertueulx personnages nommez dédans les dits articles. Et entendons ])ien en ])rief (avoir d(»spéchez quelipies urgens et i)esans afïaires survenu/ par deçà*^) en user par ])on conseil avec nos Redoubtcz Seifp/eurs de Berne, espé- rant (pie leur[s| Magnifticences ot Seigneuries et n(ms, sel(»n nostre pouvoir avec eux, ferons entendre* très acertes au dit Caroli, Docteur des médisans, i\u'h tort et injustement il a i)ai-lé. Ce néantmoings ce temjjs pendant, moyennant Tayde et faveur des dits Princes protestans, jwursuyvez virillenuMit ' à l'affaire, pour i*éj)rouver la doctrine et faulses accusations du dit Docteur * Lettre de Fard du 21 mai. X" 1233. ^ Nous en avons donné nn extrait, N" 121B, note 3. * A comparer avec la note 13 du N" 1237. ' Dans roriuinal : ririrellement. -412 LE CONSEIL I>E N'EK.HAÏEL A Gl ILL. FAREL, A STRASBOLRd. 1543 })ai)al et do ses seml)la])les. En vous priant, si dedans le dit temps survient choses d'im])ortance et dignes d"(>stre ai)j)our- tées par de(;a. et niesnienKMit concernant le faict du dit CnrolL attestées par actes deuenuMit passez. — que le nous vueillez faire entendre, pour tousjours y adviser par bon conseil selon Texi- gence : et le send^lable ferons envers vous. Et, quant à Instriiyre enfans aux EscoUes et pstndes, souhz la main de .bons et sçavans personnages, affin que qf-après ils paissent servir au Ministère de T Érangille, v(HI la nécessité, d'autant que la moysson est grande, y avons pourveu, en ayant souvenance de vostre saincte inhortacion et d'autres hons person- nages, tellement quaujourdliuy sont norris quatre enfans*, au respect que dit est, souljz hi main de Maistre Mathurin Corde- rius, Recteur d(^ nostre p]scoll(\ pour le conimencenient de leur fondement, et dès sa dite main i>lus oultre (entendons les i)0ur- suyvre. L'Église par de(:à vous salue en Nostre S(Mgneur. av(\' désir de lU'ier Taucteur d'icelle, qu'en brief, après la victoyre obtenue en joye et consolation, puissiez r(>ntrer en vostre pn^stin estre, (|u<^ nous est chose bien désirable, et (lu'il vous doiënt grâce de puissantment prescher rÉvangille de Christ dedans les villes desquelles avons espérance en Xostr(> Seigneur. Vous prians nous recommaïuh^r de ])ien l)on cœur à tous les frères de par delà, tant en général qu'en particullier. sans oblier vostre frère Gauchier. Nous j)(>nsons bien qu(^ les Ministres du Conté vous escripvent plus amj)lement dos. affaires, [ce] qui nous cause ne vous faire plus longu»' lettr(\ En ])riant Dieu vous conserver en sa garde. De Xeufchastel. c(> ];')'"■ Juing. 154:-!. i)ar les bien vostres Les quatre Mlmstraulx, Conseil et Comminité DE LA VILLE l>E XeLFCHASTEL. (S^iscription :) A ti'ès s(icntiftic(iue j)(n'Sonne Maistre (înil- lame Farel, Docteur en saincte Théologie, nostre très cher père et Ministre du sainct Évangille, estant à Strasbourg''. ' C'est la ])rpmièn* iiifiitioii de l"('tal)lisscinf'nt d'an atipendiidu en f.ncm- dfs écoliers de N'eucliâtel. " Farel a écrit an-dessous de la siis(iij)tioii : >.■ de Neutcliastel. , — Note d'Olivier Perrot : « La ville de Neufchasti'l à W Farel, etc. ii 12. » loi3 LES l'ASTKlKS l)K NELCHATEL A G. KAHKL. A STRASBOURG. 413 LES PASTEURS DE NEiciiATEi. à G. Farel. à Strasbourg. De Neuchâtel, 16 juin 1543. Inédito. Minute on.uinal»'. l)il>li<)tli('(|iio des jjastcurs fie Neuchâtel. (Composée par Thomas Karrarin.) (Iratiani. saluteni et ])aceiu a Ded l^iti-e pcr I). .Iinuui Clii-is- tuui ! Ingénies prinunn nieo ac tVatruni iioniine gratias ago, (]uôd literis fuis^ adeô ])aternè nos monueris. ut aniniis nosti'is niliil osse gratins ])otuerit : ([uod et sippiùs facias ]»er Cliristuni I). rogamus et o])testamnr. nec ullani uiKiuani sci*ibendi ad nos olilatani occasionem pnetereas. Quid ecdesi((rum deserfores, dum tua' litei'a^ legerentur, (]uidve congregatioitum cottfemiHor- in animis pi-eniereut. nescio: hoc tanieii scio, l)onis omnibus sym- niystis ecclesias ( liristi ardentibus, novas anioris superadditas tlanimas. De Curtesio [1. Corfesio] non niulta. nisi qubd sinit Calviinin) ac nos jam esse quietos. ()|)tinie factum. ([uôd timm wUpf/ani ^ sic percellueris {sir), ut jani inde ab hac hora s])ere- mus futuruni attentiorem. tanietsi jani omnia ei'ant. gratia. D.. composita. Non stabit per nos quoniinus in officio contineatur. Aid '< nos personis magis qiiàm ecrJesiis 'prosincpre, » sed si h΀ fuisses, aliter sentires. Neiiue enim MiclutëU, cujus gratia hcPc scribis. ulkis fuit apud nos concionandi locus. donec ordino de])ito transacta essent omnia. Itaque miramur, (jund talia sis de illo ])ersuasus, ut non sinas esse qnietum, sed. ciuii in i|)sis literis ad tVatres. tuni au. Claudium Clericnm'* scril)ens. homi- » X- 1239, 1240. l.-ttiTs du ;-!l iiimI. '^'•' Allusion aux deux i)astiMirs vrmis du Mot/thél/tinl (Michel iJnhf et JertH Cuiirtois), et à Chaponneau, (■(illi"'ouc de Fard dans la ville de N'eu- t'hàtel. * Claude Clerc, jiasteur à la Xeuveville. La lettre c^ue lui écrivit l'arel, A la tin de mai, est perdue. 414 LES PASTEURS DE NKLCHATEL A (i. FAREL, A STRASBOURG. 1543 ncm ita porstriiigas, nunc (iui(le fide nec niensa nec pecunia conii)aratus, qui uxorem et filiolos duos curi'u veheret. Alius liyemem ingruenteni, alius montes jam jam nivibus candidatos, alius inclementiam eœli, alius aliud excusabant. Ita dum f rater- cido iinlla ex illa regione auxilii sjjes affulgeret, salutatis j)rinuim aliquot pneeipuis ecclesiœ suîf fratribus, itiveinre se apud no» opem speravit. Erat autem dum exiit quartus hebdomadcT dies,. nec plus erat illi in ea regione quàm dies decem, ex novi Prin- dpis edicto, manendum. Quid multis mororV Hue veniens nactus est ii)Sotempore amieos, qui familiam evelierent. Tandem cum compertwn ipso referente haheremus, qnomodo exisset, jus- sus redire, nihil excusât, cftateni, defectumque, nt scis, ensis vulnere corpus' , sed è v(^stigio adornat per montes, unde vcMie- rat, viam. Breviter ecclesiam totam domesticatim ac viritim, non sin(^ (^xhortatione, ut in iide manerent. ac F^vangelio vitam dignam vivei-ent, salutans, inde ad nos redit. ///, summa, testi- nwniuni liabet à fratribus Classis Momhelgardensis non unum integritatis siiœ^. ^ I*rol»altl('inf'nt L'Archer (X" 1215). * Ces trois derniers mots ont été écrits au-dessus de credens, (juMls devaient remplacer. ' Il avait été blessé près de Cuîli/, en 1535 (III, 421-J2o). * C'est ])rol)ablement ici que Barharin voulait ajout<'r la plirase sui- vante 4n"il .1 rédigée, à i)Iusieurs rej)rises, au dos de la iiiinutr : <• Kx lo43 LES PASTEIRS DE NEl CIIAÏKL A G. I AUEL. A STIlASItOl R(!. 415 HalK's lie IVatris cxitu strictim (luidcin, scd taiiicii vci-a et comporta omnia. Nuiu-. qitiilfechnus, qnodfadnni non oporiiùt:^ T nie ne, si adfnisses, fmtrem non in tufis H'des modo, sed vel in. fiintn sinion récépissés^ Imb x>rœ ai'teris tu. Ergo de fratre non, imdo profecto, t fac brcvi scribas, et ubi vel minima sese otferet occasio. Ohtinuinms tandem à cirihns piieros stipendia- rios qiiatnor, qui of/iint citm Corderio. Frigidaet congelata isto- rum'"- pectora Dominus; su.e charitatis igné calefacit. Salutat te tua charissinia ecch^sia plurimùm. Ejus nomine Ulriciis^'^ ad te seriliit. Eam quàm citissimè revisas, oves et filios quos Christo illorum oro Gaspar \^('(irmeli(s^ jtriniùui, «nuhIciii nli ("lusaiii missiis à iiobis Momhelgardum, ac rnrsus pnst aliqiiod tem])oris iiitcrvalliiin, c.iio et Gaspiir, ('xc('j)iiiuis, non tantnni aiirilms liausinms, ti-stiinoiiiuin l)onnin |scil. de Michaële], sod et manibus scriptinn, unis quidcin litciisad fratrcs, altcris ad 3Iicha[€lein] missis, accopimus. » ® C'est-à-dire : C'est moi qui suis chargé, à Neuchâtci, des t'oiictions de la soniaino. '" On peut, avec quelque vraisemblance, l'identiticT avec le cbirurcien ■/ffui Hoatjier (N'" 1235, renv. de n. 7; 123(), renv. de n. \). '^ Georgex de Mire, seigneur de l'rangins et gouverneur du comté de Neuchâtel (Cf. t. VII, j). .S77-7S, n. 11). '■'' Il avait d'abord écrit : « Glaciem istorum boniinuiii coiigelatam, immenso diaritatis calore.... » " Le maître-bourgeois Gu/llaume Honj (.^), que l'on appelait aussi Hounj, par une altération de l'ancien nom Ulric. 416 LE CONSEIL DE GENÈVE Al CONSEIL DE BALE. lo'l3 goniiisti visitatunis, quoruni pater et i)astoi' sis pcrpctuus, obnixè dosidero, ut ctiam ex promissis tcneris. Tua famUia^'' roctè valet: nostra etiam, quœ Israële^' une aucta est. Ips» te pluriniùm saliitaiit. Sijmmystie omîtes l)one habent teque salu- tant in Domino. Tvisenes^^, prs 8(Mgnioui-s. nous liavons estez advertis j)ai- maystre Jehan Calvin, iiostre presclieiir, que Caroli faict fous scandaUes qu'il peult à 2Iefz\ ponr efipêcher ou,im}(r le moinrjs, retarder l'Erangille, et i)ar espécial (ju'il a gi'iefvenient diffamé e\\ la chaire maystre Gailli((ame Farel, maystre Pierre Viret et luy, jusques à leur imi)Oser (iu"il/ rciionccut (juc -Iliésus-Clirist >ioit Dieu, sans niesme espargncr personne, ne Seignieurie (pu' vive selon la parolle de Dieu, en les nommant laucteurs d'héi'i- tiques. Sur cella le dict Calrin. nous a remonstré (pi'il seroit expédient, az son advis, (pi'il IVist ung voyage jiar delii. pour respondi'c au dict Caroli à ses inutiles jjarollcs et mcssonges. et j)ar ce moyen oster le scandallc qu'il a faict: (pie aussi Dieu, peult-estre, luy donneroit le moyen d'entrer on dis|)ut(>, quil [1. ce qui] seroit pour advancer merveilleusement la parolle de Dieu. Et ainsi, i)our ces raysons et aultres quMl vous i)ourra dire, il nous a prié luy permettre de faire ung voyage jusques là. l)0ur tenter s'il ])Ourra aulcunement servir à Dieu. Touchant du moyen d'estre ouy, il espère que Messieurs les Protestans et l)rincipalement les Seignieurs de Sirahourg luy ])Ourront faire havoier jour, ce qui en a desjà esté pronuncé-. Quant est de nostre ])art. nous avons hien trouvé cella Ijon. Et ponr aultant que havons estes advertis que Maystre Pierre Yiret, ayant obtenu congé de la Seignieurie de Berne, désire ^ Registre du Conseil de Genève du samedi IG Juin : <• A esté apportée [par M'' Pierre Viref] une lectre de M" Guillaume Farel prédiea.nt, de Estrabourg, concernant Tatiaire de ceulx de la ville de Mex en Lorraine, et aussy de la contradicion de Caroli/... médisant des rainisti'es de la parolle de Dieu... Sur quoy... a esté advisé de a])peller le Conseilz à deux heures après mydi, poiir ouyr le d. M" Pierre sur ce qui[l] vouldra ])roi)()- ser toueliant \o d. affaire. » — « 11! Juin. M*' P. Vj/ret... a monstre et i)ré- senté une missive envoyée par M" G. Farel, et en oultre a exj)Osé comment à Metz... Pierre Caroli/ presche contre le sainct Evangille et en cliière blasme grandement nous ministres, les nommant qu'il ne sont que héré- tiques, et ({ue il les veult maientenyr tel[s]. Sur quoy résoluz d'en escripre... A Berne, Strabourg et à Metz, et soyt envoyé, avecque ung héraulx, M. Calvin vers telles seigneuries, avecque lectres missives, affin si l'on ]ieult obtenyr disj)Utf' au d. Meft. qu'il soyt là pour n-spondre. Ce que de Ixiii cueur c'est offert de fère. » Le lundi 18, l'envoi de Calrin à Metz est de nouveau décidé, ft If^ susdites lettres missives sont <- lisues »> et trouvées <■ agréaliles. « '^ Voyez le N" 1218, Un de la note 3. T. VIII. 27 418 CHRISTOPHE FABRI A GUILLAUME FAREL, A METZ. lo43 graiideiiient aller jiisquos au dict Metz avecque le d. maystre Calvin, et affin aussi que riionneur et la gloyre de Dieu fust de mieulx eu uiieulx augmenter, havons bien voulsu advertir ^'ous Excellences, pour sus cest atiere nous donner vostre bon conseyl et advis. Cart comme nous desirons de ne i)oinct detïaillir où Xostre Soignieur donneroit quelque moyen de ])rouititer à Fad- vancement de sa Parolle, aussi ne nous voulons-nous pas ingérer sans cause, mais avec bonne discrétion en faire aultant qu'il est expédient : ce que vous pouvés beaucoupt mieulx considérer que nous. Et, sur ce, prions Dieu qu'il vous doinbt, magnifticques, j)uyssans et très redoubtés Seignieurs, bonne prospérité. De Genève, ce 18 Jugnii ' 1543. Les tous vostres bons amys LES SCINDICQUES ET CONSEYL DE GeNÈVE. (SiiscriptioH :) Aux jMagnifficques, puyssans et très redoubtés Seignieurs, Messieurs le bourguemaystre et Conseyl de Basle, nous grans, spéciaulx, singuliers et très cliiers amys. 1248 CHRISTOPHE FABRI à Guillaume Farel, à Metz. DeThonon, 20juin 1543. Inédite. Autog. Collection Lutterotli. Bibl. du Protestantisme. Copie communiquée par M. Théophile Dufour. S. Os et sapientiam cum omni i)arrhesia per illud nomen quocl est sujji'a omne nomen, in quo, velut inexpugnabili turri soli- doque fundamento, adversùs omnes Sathanae et angelorum ejus astutias et conatus triumphetis, ut tenebrarum princeps soli justiti^e nunc splendidè illucescenti tenebrasque omnes sibi ob- vias discussienti tandem cïedat ! Fratrem hune pium, è faucibus lu])oruin mira Dei providentia ereptum', Do.[minis\ Bern.[eu' sihus] novissimè ohtulimus, ut Lausannai sacris incumbentem ^ Le même jour, Genève lit écrire au (Jonseil de Strasbourg nue lettre latine, qui est imprimée dans les Calv. 0pp. XI, 569. 1543 ciiiusToriiE farui a glillai.me farkl, a mktz. 419 |)('r aliquot moiisos ipsuni tovcrc (li,Q:na]'(Mitur. niiiiinim EccIosùl' tandem iisni fiitiiniui. ciim à 4 aiit 5 ])i-()])is tVatribus classis nostra' l)()iiiuii liahcrct testiiiioniinivciii suljsci'ibcntcs lioniincni i-oniiinniil»us litteris (luàni acciii'atissiiuè commendavimus. scd incassuin. Prhiiiis quideni fuit qnem communi elogio comnicii- davimiis, vereor ne et postremus sit, quod nihil (>xorav(M'innis. Prol)ato hoiniiK'iu miiu Pk'clcsiœ utilis vidoatiu'. Multis (luidciu arguiiientis conati siumiseiim rctiiicrc iit liypodidascali luiincrc ^\\\) Claudio nostro- fungerctui'. à (|ii() id' iiiipctraniin : verùni tanto istnc fertur desidcrio, ut so vcl oiiiiiilms fcrè humanis aiixiliis destitutuiu, (lua'cuiKiuo pcricula su])iiv paratissiiuuiii affirmot, modo istius ecclesiœ reformationem et mi/dsterii Christi novam praxim videro possit. Hoc enim ipsi maxime est in votis : «imim ob rom jiixta ecclcsiae necessitatem ejus porsoiiain \<)])is commendo, si iitrique paritor considère licuerit. Si)ero enim aliqiia in parte non inutilcm futurum, qnantîim ex pio ejus desi- derio et candore conjicio. Fusiiis ad te scribere decreveram, (Tulielme milii in Domino colendissime, ut quod liactenus à me hac in parte peccatum est utcunque resarciretur; verùm nequ(^ lias tumultuariè scrijitas transcribere licuit, ita stupidus paucis (sed meis imjjaribus hu- mcTis) ferè obruor negociis. Sed apud patrem nulla niihi oi)Us est protestatione. Vale, salutato C(dvino, Vireto ac reliquis quot- quot admirandum istud opus aggrediuntur, quos ])rceci])us nos juvare posse multùm gaudemus, et ut membra vestra sjjiritua- liter colligantia coo])erari pergemus sub capite nostro, nol)is omnia abundè suppeditaturo. Tononii raj)tim, dum ad navim acceleraret, 20 Junii 1543, Tuus ])erp(>tu() futurus ChRISTOPH. LntERTINUS. (Inscriptio :) Fidcli Christi servo (iulichnc Farello, fratri et amico int(>gerrimo. Methis '. ' Personnage inconnu. ■2 Principal de l'École de Thonon. s On sait que Fan-l n"rtait ]ilus à Met.:, mais à Sfras/jourfj. 420 PIERRE TOISSAIX A GLILLAIME FAREL A STRASBOURG]. ioi3 1249 PIERRE TOUSSAix à Guillaume Farel [à Strasbourg^. De Montbéliard, 25 juin 1543. Inédite. Autographe. Bibliothèque des . pasteurs de Neuchâtd. S. Eece])i nuper literas tuas, frater mi in Domino Jesu dilec- tissime, q[uibus j^e^zs àj me, itt primo quoque tempore Meiini Ijroficiscar, qnbd nos ilîic C[aroJus] troducat et hifamet. Id quod tibi minime miruni videri débet, quum [hîc] quoque graviora audire necesse habeam. Nam veaerat hue imucis supra diehus doctor quidam Italus^, homo vater ac callidus, ad turbasque et seditiones natus, Csesaris et alioriim quorundam Friitcipuni literis munitus, sperans von solùm [P7inci2Jem?] Me nostrum, sed etiam universnm oppâdi Imjus ae ditionis populum, posse se, ut [videtur], ad Papismum reducere, missamque statim et idola restituere. Quocum bis, me a[d hocj à fratribus electo, multis ])r?esentibus dis])utatum est à prandio ad eœnam usque, illo tantùm non insaniente. Et ubi secundo die videret se destitutuni Scrij)tura ac defensione justa, tantùmque blas))li(miias ac hor- renda convicia non in nos solùm, sed etiam in religionem Principesque ac Magistratus omnes Evangelicos, Duce uostro Cliristophoro aiidiente, evomeret, contra nostram vohmtatem j)0stndie dimissus est, quanquam non procul seeesserit. Et sunt qui putant brevi rediturum, et a Bavaris^ hue missum esse ad alienandum Princi])em nostrum et suos à religione. Ut nesciam quô me vertam. Essem fartasse Métis non inutilis, si tanien usquam utilis essi^ possum, sed contra video quàm Me vacillent onuiia, quantùnique lahoret Satan ad turhandam liane eccJesiam. Prsecor ut Dominus Deus nobis semper det ea velle et i)erticere quie novit ad gloriam * Le nom de ce docteur italien n'est jins parvenu jusqu'à nous. Duvor- noy (Ej)hémérides) ne fait aucune mention de sa présence à Montbéliard. ^ I.es ducs de Bavière étaient les frères de Sabine, mère du duc Cliris- toi)lie. lo43 GUILLAL.MK FAUEL A l'IEURE CAIIÛLI. A METZ. 421 suam portinore. Boiio valo, tVator et aniicc iii Christo Jesu cliare ot ol>sorvan(le. facqiu» moi j)ri-])otu5 miMuor sis in tuis ad Doini- mim {larcibus, otfratrem inilii diligcutcr ot ainicè saluta. Er/o in (lies ex^jecto ut me titis literis Métis scri2)tis exhilares. Id (|iiod nobisbrovi concédât Dominus Deiis, toque semper sil)i saimiii et iiicolumoin sorvot, Itonim valc, frator mi ot aiiiico mi charis- sime. ]\Ionbolgardi, postridio Joannis 154M. TuilS P. TUSSANLS. (Inscriptio :) A Maisti'o Guillainm* Fard, mon très clicr frère ot amv. 1250 GUILLAUME FAREL à Pierre Garoli, à Metz. De Strasbourg, :25 juin 1543. La seconde Epistro eniioyée au Docteur Pierre Caroly i)ar Guil- laume Farel, Prescheur de l'Euangile. A Genève, par lehan Gixard. 1543 '. Calv. Op)). XI, 572. Le Père de toute miséricorde, qui pour nous a donné son très cher Filz, par son sainct Esprit illumine les entondomens et inspire les cueurs, les renouvellant, pour cheminer selon sa saincte Parollo, par vraye ot vive Foy ouvrante jjar charité! Avoir receu tes lettres ^ telles comme chascun les lisant les peut cougnoistre, soubdain je te respondiz^ Et semble bien qu'avant que tu eusses receu mes lettres, (jne tu en dousses avoir roscrit d'autres, tant ostois chaut, ^lais depuis je n'ay i-ien entendu do toy : fors un de ces jours, que Messieurs du Conseil de ceste ville m'ont communiqué, de leur grâce, un escrit de ta main * : auquel il semble que tu as mis de l'eauc en ton vin, et no te monstres tant aliéiu' frentondement comme (>n tes b^ttn^s. ■ * Cet opuscule se compose de seize feuillets, très petit in-8", saus pagina- tion ni foliotation. »:' N"^ 1230, 1283. * C'est la Réponse de Caroli aux Articifs des ])riiires jirotestants (Cf. l'appendice du X'' 1242j. 422 GUILLAUME FAREL A PIERRE CAROLI. A METZ. 1343 Mais, tout au fort, si est la chose tellement couchée, que celuy qui a quelque jugement voit bien de quel esprit tu es mené. Je t'avoye prié au Nom de nostre Seigneur, de regarder à toy. et de ne faire sy ])ovrement contre ta conscience, en bataillant contre nostre Seigneur : car tout ce que tu fais sera en vain, et tout viendra en ta ruyne et de tes adhérans. Mais ne te mons- trant sy ouvertement estre hors du sens, tu parles plus froide- ment contre Dieu, et plus luy fais d'injure. Tu dis qu'il n'y a mitre que Dieu, à l'instigation duquel tu soys venu à Metz : et ce pour un zèle que tu as eu de maintenir la Foy et l'iionrmir de V Eglise catholique. Il set^oitjà temps de laisser telles moqueries et de soy jouer ainsi de Dieu : devant lequel je ])renz ta proi)re conscience en tesmoing, que tu sçais autrement que tu ne dis, et Dieu le manifestera à tous : et en rendras gorge, de ce que, par perverse instigation et mené de toute maudicte aiïection, tu es venu contre Dieu à Metz, pour faire (comme nostre Seigneur a dict à tes patriarches) les œuvres de ton père, qui est menteur, en la ruyne de la vraye Église de Jésus : et tu oses dire que Dieu t'a incité pour empescher la saincte doctrine que je porte V Combien de fois as-tu confessé que la doctrine que je porte est bonne et saincte, mais qu'elle n'estait ternie? Tu sçais et congnois que je chemine et vay en la charge que Dieu m'a donnée et commise, en telle sorte et de telle affection, que j'aymeroye trop mieux mourir, voyre de mille mortz, que de ])roposer au peuple rachetté du sang i)récieux de Jésus, chose qui ne fût de Dieu l't contenue es sainctes Escritures, lesquelles, comme dit le sainct Apostre, sont utiles pour enseigner, coii'iger, (>tc. Et bien [tu] 2)eus avoir souvenance des prières et des imxwécations faictes à la dispuiation de Genève'^ : où toy parlant, comme celuy qui as esté tousjours an grand glorieux, là ott l'on te recommandait l'honneur de Dieu et le salut des âmes, tu disoys : « Je veux qu'on sache qu'on a parlé à un homme savant : » ayant plus d'af- fection de te monstrer, que d'édifier les âmes, pour lesquelles Jésus, non seulement a esté tenu pour fol, mais est mort d'une très griefve, très hontcnise et très amère mort : où tu as là s Elle eut lieu (lu 30 mai au 24 juin 1535. Voyez uotro t. III, p. 294. 295. — Tliéoi)hilc Dufour. Vu ojjuscule inédit de Farci. Lo résumé d<>s Actes de la Dispute de Riv(>. Genève, 1885 (Mémoires et Doc, publiés i)ar la Soc. d'Hist. de Genève, t. XXII j. 1343 GUILLAUME FARKL A PIERRE (AHULl, A METZ. 423 monstre ce à quoy tu os à la tiii devenu. Cm- avoir tout approuvé , comme chose de Dieu bonne et saincte, 2)onr plaire aux Clia- noynes, et pour ce qu'on t'en envojjoif^ (tu s(;ais que je diz). de tout ton povoir, voij7'ejusques à faire du fol, tu as bataillé ouver- tement et en amertume contre ce que desjà tu avoys congneu estre vrai/. Réduys un peu en mémoyre les choses, et me 7-eprens de mensonge, si tu peus. Or maintenant, ce que tu as confessé, comme il est, estre vray, comme iin roseau ployant à tous vens, tu dis estre faux. Le Seigneur Dieu et Père ([ui m'a envoyé pour ])resclier Jésus-Christ son seul Filz, vray Dieu éternel, éternellement engendré du Père, et vray homme, conceu du sainct Esprit et nay de la vierge Marie, et qui m'a assisté par le sainct Es])rit. vray Dieu avec le Père et le Filz, desqu(>lz il j)rocède éternel- lement, face par sa saincte grâce, que par ses bonnes créatures et par les moyens qu'il a donnez, tu soys conti-einct de rendre raison de ce que tant meschamment tu dis : et que tes iniquitez et faulsetez, et horribles blas]}hèmes de tous soyent congneues estre telles comme elles sont : et que tous s'en gardent, et que tu apprennes de plus ne blasphémer. Mais convaincu, au lieu où tu as osé si povrement condamner ce que toy et tous doyvent ténlPpour sainct et de Dieu, et tel le maintenir jusques à la mort, et [où tuj as approuvé ce que tous doyvent répi'ouver ot condamner, et plustost mourir qu'y consentir, — tu donnes gloire à Dieu, confessant ta faute, en l'édification de tous! Ou s'il ne hiy i)laît ainsi, (ju'il veuille tyrer la cause à soy, comme celuy qui de tel crime faict et commis contre celuy (ju'il a envoyé, Jésus-Christ, comme il a dict qu'il en faira la vengcanci'. Car l'homme, combien ([u'il soit ordonné icy d(^ Dieu, ne pour- roit faire tel Jugement comme il a])partient, ne la i)unition requise. S'il est ainsi donc, devant Dieu, nostre sainct Père, devant son siège de toute équité, je me proster)ie, et reqîder Justice contre toy de l'injure et oultrage que tu fais à mon sainct ministère: et si luy supplie, qu'il ayt en mémoire tout le désir et l'affection qu'il m'a donnée, et de laquelle il m'a poulsé pour servir au * Pour fucouragi'i- ( aroli, les c-liaiioiiics de (icnèvc lui t'iivoyaiciit ilii vin (Cf. Calv. Epp. et Resp. 1575, p. 59). 424 GLILLAIME FAREL A PIERRE CAROLl, A METZ. 1343 Royaume, à lliouiieiir et à la gloire de Jésus, nosire bon Sati^ reur : en-tant que je n'ay autre cliose cerclié ne denuindé qu'iceller et le bien des povres âmes. Que toutes les parolles que j'ay dictes en son lionneur et gloire, nionstrant la povreté et la misère de riiomme, mort ])ar péché, et qui ne peut autre chose que mal^ et la justice, saincteté, pureté, innocence, le bien et salut qui est en Jésus, en la mort et passion qu"il a endurée pour nous, au sang précieux qu'il a cspandu pour nous, en la rémission et pur- gation de noz péchez : et tout ce qu(> j'ay proposé de ce bon Pasteur Jésus, souverain Roy et souverain Sacrificateur, afin que toutes âmes luy facent hommage et Tadorent, en se mettant et recourant à sa protection et sauvegarde, comme souz celuy qui seul ])eut sauver son peuple : et afin qu'au seul sacrifice qu'il a faict une foys, parfaict et consommé, tous s'arrestent par vraye et vive Foy, croyans que ce grand et souverain Roy et Sacrificateur est mort pour noz péchez, et est ressuscité pour nostre justification, ne cerchans en autre salut, bien, ne vie qu'au seul Sauveur : et comme j'ay monstre l'ottroy et présen- tation de ces grans biens et grâces, qui nous sont données en Jésus et par Jésus, par la saincte prédication du sainct Évan- gile, et le droit usage de la Parolh^ et des sainctz Sacremens, esquelz nostre Seigneur par sa grâce et en grande vertu ouvre es siens, qui les reçoivent comme il appartient : et singulière- ment o\\ la saincte Cène de Jésus, en laquelle vrayement il nourrist noz âmes de son vray et propre corps et sang, qu'il a exposé à la mort pour nous : tout ce que j'ay dict des biens et grâces qu'avons de Jésus, et de ce qu'il a faict pour nous, afin d'inciter tous à servir, aymer et honnorer ce bon Sauveur, et pour l'amour de luy travailler au bien et salut du prochain, luy aydant en tout et par tout, comme Dieu nous en donne la grâce, nous gardant bien de l'induire à mal, et de le mesj)i'iser, pour lequel Jésus est mort : et non seulement ce que j'ay travaillé, par la grâce du Seigneur, de cueur entier, ne demandant autre que son lionneur et gloire et la restauration de son Église, ne m'es- pargnant à personne, mais comme estant attenu et redevable à tous, me recongnoissant, comme en souspirs aujourd'huy me recongnois, serviteur inutile, regardant ce qui reste à faire. ayant grande angoisse en mon cueur des povres brel)is (jui sont ainsi esgarées sans j)asteur, et de celles (lui confessent Jésus, qui lo43 (iLlLLAlMK KAUKI. A l'IKHHK CAKULI, A MVA'l.. 425 lie clioiiiiiient coinnio il faut, — que tout ce vienne devant Dieu, rmij et juste Juge. Et aussi ce que j aij faict envers toij, et la diUge)ice et peine qu ai/ prinse pour tc^g, pour procurer ton hien et salut, dopuis le coiuiiiciiccinent ([ue t'ay supplié, au Nom du Seigneur Jésus, de t'eiiii)lover et jiar vie et ])ar doetrinc à l'édi- ticatioii de tous, à cerchcr ce (|ui est de Dieu, et au vray i-ciioii- eeiiient de toy : iiiesiii(>s tout ci' ([uCu iiarticulicr en prières k nostre Seigneur pour toy. rt avec toy. et i)ar autres, en tous inoyens j'ay travaillé à ton bien et salut, ne dcniandant autre chose que ton amendement, et (pie tu sei'visses grandement à riioimeur et gloire de Dieu, — tout vienne en mémoire devant la Majesté très haidte de Dieu nostre Père. Et semhlahlement tout ce que tu as faict et dict, depuis que tu as coinnKMicé pour happer quelcjne cross(^ ou mitre, voyant que par le moyen de l)arler de l'Évangile, il y avoit quelque entrée : tout ton orgueil, toute ton ambition, toutes tes brigues, toutes tes noyses, tous tes (esclandres, paillardises faictes, et non faictes, desquelles tu fes vanté (car ne croy que Dieu ayt tant délaissé les i)erson- nages de qui tu as j^arlé, d'estre telz comme tu l(^s as dict (stre), tout le sang qui a esté jiar ton iniquité espandu, tout ce que tu as faiet-en France, et de])uis es Églises de par-dec;à, tous les crimes que tu as tasché d'imposer aux serviteurs de Dieu, totit ce que tu as dict et faict es Églises réformées chrestiennement, pour ton honneur et ta gloire, cercJiant à proposer choses nou- velles : toutes tes inventions et machinations, pour rugner le sainct édifice que Jésus avoit faict par ses serviteurs : les'hlas- plièmes et juremens que tu as faictz de rugner les Eglises, en, sautant comme un enragé, viennent devant Dieu le grand Juge, et rien de tout ce que tu as faict et dict depuis que tu es entré aux Eglises où l'Évangile est prescJié, ne soit en ouhlg devant Dieu. Mais toutes les injures et tous les outrag(^s que tu as dictz et faictz contre les Églises de iiostn» Seigiunir. et contre la pure doctrine de l'Évangile, contre les saiiictes ordoiinanc(N de Jésus, et singuli<'rement ce que tu n"as esté scnilement infidèle, renonceant la Foy sy misérablement : mais as encore délaissé le soing et cure des tiens, et as condamné 1(> sainct mariage, duquel, !)Ovre misérable, tu n'estoys digne : et as esté sy cruel et sy inhumain, sy infect, sy exécrabl(\ que tuas mieux ayiiié iTJetter ta povre femnu^ Laquelle, pensant avoir prins un serviteur de A26 GlILLAmiE FAREL A PIERRE CAROLI, A METZ. 1543 Dieu, qui houuorast le sainct mariage, et ainsi estre femme d'ice- luy qui doit avoir sa maison en grande honnesteté, comme tu le sçais bien : et avoir eu lignée d'icelle, a esté sy nieschamment par toy abusée. Car par deux fois tu as confessé, qu'elle ne povoit estre ta femme : et par-ainsi dis et veus qu'on tienne que tes enfans ne sont légitimes, et que ta femme est une ril)aude. 0 cruel putier. Si tu vouloys ])ail]arder et estre tenu tel, que ne to tenoys-tu aux l)ourdeaux du PapeV Et puis que tu avoys commencé ainsi en iceux. que n"as-tu eu honte de t'en vanter V Poiirquoy ne t'es-tu tenu en tel estât, sans venir à l'honnesteté du sainct mariage, pour le délaisser et puis l'appeller une pail- lardise? Si tu eusses paillarde là où tu as esté marié, on ne l'eust souffert : mais toy et la paillarde eussiez entré en prison. Te faut-il ainsi abuser souz l'ombre du mariage les povres filles, toy ancien docteur, et ayant l'office de Pasteur? Le vray et juste Juge ayt esgard à la liayiie que tu as pour V amitié que on t'a portée : au tuai que tu as tasché de faire et tascJies de présent, au lieu du bien qu'on a tasché de te faire, et qu'on voudroit de j^résent qui t'advinst, en Vlionneiir de Dieu et édification de l'Église. Et si tu ne désistes de blasphémer les droitz chemins de nostre Seigneur, et ce qu'il fait par les siens, et ne cesses d'empescher la saincte prédication, et de retirer ceux que tu abuses, en confessant ta faute, comme tu doys : le Sei- gneur très haut, très juste et très puissant, qui voit, sçait et congnoit tout, juge son juste Jugement : me rendant selon ma justice, innocence, droiture et la rondeur de mon cueur, et selon que j'ay marché en son œuvre et ce que j'ay demandé et désiré : et à toy selon ton injustice, iniquité, perversité et mauvaistié de ton cueur, comme tu as besoigné et es allé es choses de Dieu, et selon tes misérables machinations et affections décevables : telle- ment que tout soit amené on Jugement, et que de tout tu sentes jugement et la droicte Main de Dieu. Et moy et tous fidèles, sentions l'ayde et consolation de nostre bon Père et protecteur, et l'œuvre de sa main. ])our l'exaltation du Royaume de Jésus. Auquel ayans nostre tiance, et par luy invoquans le Père, et requérans mercy et ])ardon, asseurez de sa grâce et du désir et affection qu'il nous donne de vouloir le bien et de hayr le mal, de nous exposer pour l'Évangile : osons par la grâce de Jésus et ce qu'il fait en nous, appeller le Jugement du Père entre nous 1343 (iUILLAUMK FAREL A l'IKURE CARoi.l. A METZ. 427 et noz adversaires, (jui eontre leur conscience l)ataiil('nt rt viennent contre nous, ])our destruyre ce (jue Dieu a donné es siens et qu'il fait en icenx. ^ Pense à cecy, mon a»)// CaroJi : jr ne veiix fa perditioi/ . nninnr estant ta perdition, ne regardant autre que toy. Car je \\vr\\/. Dieu à t(^snioing\ (jue si je n'avoyc^ autri^ esgard (ju'à ta personne, de l)on cuenr donneroye de mon sang pour toy, et, comme desjà ay prié, j(> i)rieroyo pour ta conservation. M((is je désire que ht doctrine de nostre Seigneur ne soit hiasmée : ce que tu f(ûs, et non par ignorance. Je ne veux que le povre peuple soit séduict , lequel (comme font les questains ', saclians l)ien (pfilz mentent, parlans de leurs reliques, foin et os) tu repais de mensonges, \re\ qui nie contreint de demander à Dieu qu'il ne souffre telles injures estrefaictes à son sainct Nom, et telle povreté estre com- mise contre sa saincte vérité. Et suis certain qne Dieu m'ougra. et que, si tu ne te retournes, en hiief sentiras la Main de Dieu. Et au lieu de dire : « Dieu m'a conduict à Metz, » tu maudiras ceux qui jamais te parlèrent cVg venir : et diras ({ue le diable t"y a bien amené, et que ])ar luy tu y es venu : et ceux (pii s'esjouys- sent en toy, ilz maudiront l'heure que jamais on i)ar]a de toy. et qu(^ jamais ilz te veirent et te laissèrent parler. Povre misé- rable personne, faut-il que ton cuenr soit ainsi endurcy contre ton Di(>u, contre ton Seigneur, ton Sauveur, contre ton salut, pour gaster et p(n'vertir tout? Ta liayne te transporte-elle telle- ment, que tu ne regardes à autre chose qu'empescher ceux à (pii tu portes hayne? S'il est vrag, comme j'ag entendu, tu as presché que je su//s h- plus gr< oui lu'rétique qui fust juinais. Pleust au Seigneur Jésus queje'X)eusse si vragement dire de iog, que tu es le plus fidèle et meilleur serviteur de Dieu qui fut onc, ])onr-veu qu(^ les autres n'eussent rien moins de fidélité et dons de Dieu qn'ilz ont : comme faulsement tu dis de moy (pi(\je suis le j)ire. Prens-tu sy grand i)laisir à mentir y Quand tog et autres seriez mes plus grans ennemis, je ne vondroge pourtant dire <(utrement qu'il ne va. De dire que tog ng les Papistes parlez mal de la Trinité, ne de la vraye union, qui e.st entre les deux natures divine et humaine en Jésus-Christ, vrag Dieu et vrag homme, je ne le voudroge ^ Quêteurs ou inoiiics mcncliants. 428 GLILLALME FAREL A PIERRE CAROLl, A METZ. 1543 (lire : ny aussi d'aucune chose qui soit dicte et tenue selon la vérité. Mais en ce que vous magnifiez le Pape et ses ordonnances, en-tant qu'il usurpe et s'eslève contre Dieu, et qu'il annéantit l'efficace du sang de Jésus, et le mérite et vertu de sa mort et pas- sion, faisant cerclier le salut en autre qu'en Jésus : là ay-je et chascun fidèle avons occasion de parler contre hiy et tous ceux qui en ce V apx>roiwent et le veident maintenir : afin que les çhnes retournent toutes à leur Sauveur et délaissent la pierverse doc- trine d'un tel adversaire de Jésus, qui, par feinctes paroUes, fait marcJiandise des âmes. Et ne voudroye rien reprendre au Pape, que ce qui est tout ouvertement contre la saincte Escriture : et suis fort marry do trouver taut de mal en luy et en sa doctrine, sans que je le cerche. Et Dieu ne me laisse tant vivre, de dire contre la vérité, contre mon j)rocliain, ny autrement que j'en sens en mon cueur. Et toy, tu as sy grosse hayne et tant d'affec- tion de vengeance, que tu fais violence à toy-mesmes, pour parler contre ce que tu sçais et cognois, et tous les dons et grâces que Dieu t"a données pour servir à son honneur et gloire, au bien et |)rotit de ton prochain (qui te viendroit à gros bien et profit), ])0vre créature, tu les convertis à servir à tes affections contre Dieu et ton prochain. Si tu ne t'addressois encores que contre un poiir scdisfaire à ta cliolère et rage, la clwse ne seroit sy griève : mais, sachunt bien que tu ne dis vray, ta condamnes tous ceux qui preschent et enseignent es terres de Messieurs les Protestans : disant que leur doctrine est faulse, hérétique et scJiismcdique. Mais tu as ton excuse preste, de la([uelle tu as usé autresfois, si tu dois venir et retourner à ceux qu(^ tu l)lasmes : que, pour prescherV Evangile, il fa fallu ainsi dire, autrement tu n'eusses eu lieu : et as à. qui plaist ta raison, c'est de ruyner Jésus pour le confesser. L'œuvre de Dieu ne veut estre ainsi démenée. Si en autre chose le cueur double est vitupéré, trop plus es choses de Dieu. Vérité ne sera semée ne plantée par mensonges. W rondement en besoigne, et ne blasme ceux que ta conscience juge dignes de louenge selon Dieu, ([ui domandent le ])ur cours de la Parollc de Dieu, la droite administration des sainctz SacrcnuMis. (^t tout ce que nostre Seigneur Jésus a ordonné avoir lieu en son Église : ce que tu sc-ais bien es Églises qui sont souz la tyrannie du Pape, n'avoir lieu. Tu es un fort nouveau messager de Dieu, qui t'ar- to43 GLILLALMK FAKKL A l'IKUHE CAHOLI, A MKiZ. 429 restes aux personnes et aux li(>ux. lYe sçais-tu point (voire tu le scdis hicii) que tout ainsi qu'il est commandé de lïrescher V Evan- (jilp à toute créature, (fussi le droit lyeut, que j^ur tout on. rende raison de ce qu'on a presché. Qui des Prophètes a refusé de main- tenir ce qu'il avoit dict, au lieu mesme où il Taroit dictf Et Jésus et ses Apostres en ont-ïlz moins faict/ La vérité n est-elle point forte assez, pour se maintenir et pour destruyre menterie en tous lieux f Bien te monstres avoir mauvaise cause, de ne la vouloiv maintenir là où tu l'as commencée : demandant autre lieu (juc celuy auquel tu as parlé. Quand il y a différent es autres causes, il faut bien souvent all<>r sus le lien, et les (>nquestes plus se font sur le lieu, et tu le fuysV oi as tes préjudices, que tu ameines de la doctrine de FÉgliseV Si tu cntcns i)ar ceste doc- trine enfermer ceux qui disent la vérité, et ne parln- à eux (pi'à grosses injures et menaces, pour faire rcnycr tout ce ({u'on croyt, en soy retournant à TAntechrist et à sa doctrine : et si on ne le fait, et qu"on sonne mot, de faire coupjx^r la langue : et aliu que ne de langue ne de rien on ne puisse plus parli'r contre l'iniquité ])apale, pour ce faire que on soit bruslé : je confesse que tu as raison, entendant de telle Église, et de sa doctrine et practique. Mais si tu entens de TÉglise de Jésus, tu parles très mescliamment : et fais les vrays Pasteurs et fidèles fort contraires à Jésus et aux siens, qu'ilz ne puissent, là où ilz sont et presclient, maintenir leur doctrine et confondre ceux qui disent du con- traire. Mais je te demande en bonne amitié, Caroly, nostre bon Père, le Dieu de paix et d'union, ayant pitié du povre peuple de Metz, qui, la plus part, désire de suyvre la vérité de nostre Seiyneur, ne peut-il pas faire que par son S. Esprit, nous soyons touchez pour convenir et estre d'un bon accord, pour inciter le peu 2)1 e à bonne paix et union, et à tenir ce que le S. EsjJrit demande estre tenu en son Église? Et cecy ne le veus-tupas? et ne le demandes- tu jKisfDc moy. Dieu nie frajjix^ souhdainement. si je demande autre chose fors (lue bonne paix et union en la vraye et pure Foy et doctrine de nostre 8(»igneur Jésus : qu(> la ville do Metz soit conduicte, gouvernc'v et r('>gie ])ar le 8. Esprit. Et i)Our ce voudroye estre de très grand accord et avec toy et avec tous : et que tout le monde s'(Mni)loyast, et qu(\ie le deuss(> achi^tter d<' ma })roi)re vie, car elle seroit bien employée pour un si bon 430 GUILLAUME FAREL A PIERRE CAROLI, A METZ. 1543 attaire. Et de ce je sui)i)lie nostre Seigneur qu'il ayt pitié de ceste ville, et la mette en ])aix vrayement chrestienne, et au flroit chemin. Si cela se fait à Metz, 2)ar la grâce de Dien,ixir itostre colloque, que pens-tu demande^' chose plus saincte et phis hrievef Si nous ne povons accorder, ce que Dieu ne permette, il ne peut estre, combien que nous ne soyons d'accord, que ce qui est de vérité, ne surmonte mensonge : car la verge de Moyse se trouvera tousjours plus vertueuse que celle des enchanteurs : la ])arolle de Dieu est troj) plus forte que celle des hommes. Mais tu y vas en mauvaise conscience. Et si tu ne fais autrement, bien le sentiras et en brief. Qucint à nioy, mon Dieu et ma propre conscience m'est à tes- moing, que je ne me soucie d'autre chose, fors que Dieu soit hoiinoré, que la vérité ayt lieu, et que de tous soit receue, et que tous soient édifiez : car le sang de Jésus qu'il a espandu ))Our les pécheurs, m'est fort i)récieux. Pourtant je désire qu"il soit cogneu : et qu'on entende la rémission des péchez en icehiy, ])0ur vivre sainctement. Je ne me soucie ny de vaincre ny d' estre vaincu : mais seulement que la vérité ait la victoire. Car je suis tout certain, que je ne pays avoir victoire sy excellente, que celle oh la vérité est cogneue et receue, et le mensonge descouveii et chassé : c'est quand Jésus est congneu et receu, et le Diable avec ses tromperies est descouvert et chassé. Ne te veus-tu point empÀoyer à cela au Nom de Jésus? aymes- tu mieux servir au diable, en, maintenant ses tromperies, qu'à Jésus et à sa vérité? Je ne parle p)oint à un ignorant. Faut-il que voyant et sachant tu te perdes? Quel loyer auras-tu du diable? Qu'en attens-tu à la fin V Tu as peur de ta vieV Qui t'a nourry jusques à préstmt? Qui a envoyé ce de quoy tu as esté entretenu? Si cependant que tu t'es mal porté, la très grand»» bonté de Dieu t'appellant à pénitence, t'a si longuement nourry. (|U(^ fera-elle, quand tu te retourneras, en te portant comme ])on serviteur fidèle et loyal à ce bon Sauveur? Si tu prens cou- rage, et te veus employer au Nom de nostre Seigneur Jésus, tu ne seras inutile. J'ay bien souvenance de la grâce que nostre Seigneur te donna sur le premier poinct de la disputation de Genève, du libéral arbitre. Etpleust au Seigneur Jésus que tu eusses pour suyvy tousjours à magnifier la grâce du Seigneur ! Prens courage. Jésus nostre bon Sauveur est bon et miséricor- I.)i3 GUILLAUME FAREL A J'IKKllE CAKOLl. A METZ, 431 dioiix. Mets ton cuoiirà luy sorvir, ot laisse cette imtain Romaine. Et au Nom de nostre Seif^neiir Jésus, qu'on travaillr. non i)oiiit à nous ronger et manger les uns les autres, eai' cela est afaire à diables. Jésus n'a faiet ainsi. Il a monsti-é les fautes : mais ce n'a (^sté seulement pour confondre les pécheurs, ains pour les humi- lier et attirer à soy. Lo diable et les siens ne touchent les ])échez, ne rien qui soit, foi-s (lue j)our augmenter le mal et le péché, et l)Oui' tinn- à ])erdition. Laissons ce niescliant diable, et tout ce (jui est de luy, et suyvons Jésus et tout ce qu'il commande : et, ayans nostre fiance et espérance en luy, demandons son ayde. si tn motistres que j'ayc mal oiiseifjiié et mésusé et mespris en l'Église de nostre Seigneur Jésus, iien-ioij pour certuin, que tu ne feis jamais renion.strance à homme qui t'en sceust meilleur gré, et qui soit j^Iks prest à crier mercy à Dieu et à son Eglise. T)ieu ne permette jamais que je vienne à C(ste i)0vreté, que je veuille défendre mes ])échez, et les maintenir comme chose bonne : et que je m'aymi^ tant, que j'ayme mieux maintenir faulseté et mensonge, que de confesser vérité et Justice : et i)lus- tost il m'oste la langue et tout ce qu'il m'a donné, avant que, sa- chant et congnoissant, je f'ac(> rien servir contre son honneui* et gloire, au détriment de mon i)rochain. Advise-y de ta part, et regarde que TÉglise où tu es soit édifiée en nostre Seigneur. Si tu veus faire le pareil, et ainsi qneje te propose, ne regardant point ce que tu pou^Tois dire ng amener, mais ce qui est en édi- fication et salut des povres âmes, ne mettant nostre colloque en, autre part [car il n' g auroit point de propos), en faisant tout avec la saincte crainte de Dieu, quel fruit sera-ce f¥i\nt-i\ donner la médecine et la mettre sur la main, (juand le pied est blessé? Tu srcds comment, et jta/- tog et par mog, ce peuple de Metz est tiré d'un costé et d'autre : et g a de grandes amertumes, liagnes et détractions. Tu m'((s prescJu' liautement, et de ton povoir as cdlumé le feu. De tog je n'ag o ne parlé : cwr, sur tout, j'ug travaillé que Jésus fust cogneu en ostant ce qui empesclioit la cognoissance d'icelug. Tu s(;ais à quelle conscience tu t'es ainsi eslevé. Si maintenant avec l'invocation du Nom de I)i(nL en demandant Tayde et l'assistance du S. Esprit, poni- le bien et salut des errans, ])Our l'édification de l'Eglise, avec grandes exhortations faictes à tous, que tous prient (lue nostre Seign de T. Vin. 28 434 PIERRE VIRET AU CONSEIL DE GENÈVE. lo43 toutes bénédictions, mais aussi les tiens, qui en nostre Seigneur Jésus s'esjoyssent d'estre avec toy, ta povre femme et tes enfans, qu'ilz vivent en toute honnesteté et bénédiction avec toy : que tu leur soys aux enfans vrayement père, les voyant logez honnestement : et à ta femme tu soys vray Mary, ayant encore saincte lignée d'icelle, qui porte ton nom en mémoire de la grande grâce et bénédiction que Dieu t'a faicte. Prens la saincte bénédiction de Dieu, et fuys la malédiction. Si tu t'ou- blies pour Jésus, et n'as esgard à toy pour luy servir, et ne crains vitupère ne chose qui soit pour l'iionneur de Jésus, tu trouveras que Dieu vrayement aura grosse souvenance de toy, et ne t'oubliera point, mais aura esgard à toy, et t'assistera grandement et te donnera tant de bien et d'honneur, non point mondain et vain, mais célestiel et vray, que ton cueur sera estonné de merveilles des grâces du Seigneur envers toy. Ce bon et miséricordieux Père face que nous recevions les grans ])iens qu'il présente! Tu m'advertiras, s'il te plaît, si tu veus prendre ceste conclu- sion en l'honneur de Jésus et édification de ceste Église. De Strasbourg ce. 25. de Juing. 1543 ^ Guillaume Farel. 1251 PIERRE VIRET au Gonseïl de Genève. De Lausanne, 27 ou 28 juin 1543 \ Autogr. Bibl. Publ. de Genève. Cal. 0pp. XI, 570. Grâce et i)aix par Jésuchrist, nostre Seigneur! Suyvant les propos qu'avez entendu des afayres de Maitz et de Carolus ^ nous avons exposé la chose à Messieurs à Berne, ^ La veille de ce jour, Myconius, écrivant à Buccr, qui était à Cologne, parle en ces termes d'une lettre de Farel du 22 juin : « S. Expectavimus te multis jam meiisibus, sed nusquam apj)ares. Sedarif animum, ol) id in- (j[nietioreni,... Farellus, qui nudius tertius scripsit, detineri te à sycnphantis, quorum calumniis sit subinde rcspondendum. » (Lettre datée de Bâlo. Cf. Bindseil, o. c, p. 173.) 1343 PIERRE VIRET AU CONSEIL DE GENÈVE. 433 ot avons esté par devant oulx ^ Mais leur advys n'a pas esté que j)oiii- le pi-és(>nt je i)assasse plus oultr(\ mais ipie je revinse à Lausanne''. Touchant nostre frère Calvin, les ministres de Berne ont trouvé bon (jii'il ss" de Berne et moy i)ar(Mllement, i)Our en t'ayre ce que sera requis. Il party de IJernc saniedy'^ avec la honne compai^nie qui estoit avec luy, et se jjortoit bien (juant à sa personne. 11 vous eu |1. eûtj (>scrii)t, mais il ne peult avoir le loysir ne ropportunité. Parquoy il m(> donna la charge de ce fayre. J'espère^ (jne en lirief aurons tous de ses nouvelles plus amplement, et de Testât de 2Ieitz. Dempuys que suys déi)arty de Berne, passant j)ar Xeufchas- tel,y?Ly veu des lètres que furent rendues dymenche d(M*nier'' aux frères, de la j/art de nvdMvv Guilliaume' , avec quelque res- ponce que Carolus avoitfaict touchant les articles du départ des ambassadeurs des seigneurs protestans^. Il escrijjt comme Caro- lus a faict sa barbe pour chanter messe, et qu'il l'a chantée et ^ Voyez la noto 9. ^ A comparer avec la note 1 du X" 1247. *"^ Calvin et Viret, étant partis de Genève le 19 juin, durent arriver à, Berne le jeudi soir 21. Le 22, ils se présentèrent devant les magistrats ber- nois. Le ^Manuel du Conseil ne dit rien de Calrin; mais il renferme ce paragraphe, que M. l'archiviste H. Tiirler a bien voulu nous communi- quer : « Vendredi 22 juin. Si Viretus veut aller à Metz, — ce que mes Seigneurs ne lui conseillent pas — [il faut] lui donner une lettre pour le Conseil et les savants de StrashoKrg, et les informer que mes Seigneurs ne lui ont pas conseillé ce voyage, mais qu'il l'a fait de sa ])ropre volonté. » (Trad. de l'ail.) ^ De la date du 21, que i)orte l'original, pourrait-on inférer que Calvin partit de Berne pour Strasbourg le samedi 16 juin? — Nullement, puis- qu'il n'avait quitté Genève qu'aj)rès la décision prise le IS (N" 1247, n. 1). Le « samedi » mentionné est, jiar conséquent, le samedi 23 (Cf. n. 3-4). Et comme nous savons que F. Viret revint de Berne à Lausanne en faisant un détour ])ar Neuchâtel, on doit en conclure qu'il rentra chez lui h; mardi 26, au i)lus tôt, et qu'il écrivit la ])résente li'ttre le 27 ou le 2.^ juin. ^ Le dimanche 24 juin. ^ A notre connaissance, cette lettre de P'arel n'existe ni à Neuchâtel ni à Genève. 8 C'est le document envoyé, le 1" juin, par le Conseil de Metz à celui de Strasbourg, et qui forme l'ap])endice du N" 1242. 436 PIERRE VIRET AU CONSEIL DE GENÈVE. 1543 prescho le i)Ui'gatoirc comme les papistes. Il s'excuse tant qu'il peult qu'il n'a i)Oint blasmé la Germanie, ne les Protestans et le conte Gidlliaume, mais seulement les docteurs des Pi'otestans, disant qu'ilz enseignent doctrine faulse, hérétique et schisma- tique, et qu'il est fort marry que tant de bons seigneurs ayent esté séduictz par eulx, et se soyent séparés de l'union de l'église catholique. Quant à la disjmte, il ne la veult point accepter à Meitz, et allègue pour rayson qu'il n'y a point en la dicte ville d'eschole authentique, ne de Université et faculté en théologie ai)prouvée par le sainct siège apostolique. Parcjuoy le lieu n'est suffisant ne idoine; mais il est content, si Farel ne s'ose trouver aux lieux qu'il luy a assignés, sans sortyr de Oermanie, de tenir la dispute à Cologne, et que, si Farel se sent troy foyble pour disputer contre luy, il est encore content qu'il admeine Calvin avec luy. Il y a encore d'aultres poinctz auquelz il i*espond, mais je vous ay escript les princi])aulx et ceulx qui me sembloient plus nécessayres de sçavoir, à fin que ne fussiez du tout ignorant de ces nouvelles. .J'espère que tantost (>n aurez de ])lus amples. Maistre Guiliaunie Farel n'est pas encore allé à Meitz, mais est à Strahirg, et suys bien joyeux de ce qu'ilz pourront con- sulter ensemble, luy et monsieur Calvin, et pense qu'il sera grandement resjouy de le voir là et du bon vouloir que vous avez à la gloire de Dieu : lequel prie qu'il vous ayt en sa saincte garde, me recommandant tousjours à vostre bonne grâce et vous l)riant que me tenez tousjours pour vostre petit serviteur et entier amy. De Lausanne ce. 21. [1. 27 ou 28] de .Tuing-. 154.-!. Vostre petit s(>rviteur P. Virex. (Suscription :) A mes très honnorés et magnifiques Seigneurs, messieurs les Syndiques et Conseil de Genève. A Genève. ® Nous rétablissons h\ date vraisemblable. Ell(> est déterminée par les détails relevés dans les notes 2-5. Le secrétaire genevois P. Ruffy a écrit l'annotation sui\aiite sur li' manuscrit original : « Maystre Pierre Vyret. Eecyeu ce ultimo Junii 1543. «> lo43 JEAN CALVIN ET GUILL. FAREL AU CONSEIL DE STRASBOURG. 437 1252^ JEAN CALVIN et GinLL. FAREL au Conseil de Strasbourg. (Strasbourg, 129 ou 30 juin 1543.) Copie contoiiii)or. ' Ai'cli. do St.-Thomas. Calv. 0\)]). XI, ô8o, Quôd clai'issimus Sen ou le 27 à Stras- bourg. Or, selon toutes les vraisemblances, Calrin n'arriva dans cette ville 438 JEAiN CALVIN ET GUILL. FAREL AU CONSEIL DE STRAS'BOlRG. 1543 aggressi siiiit mallois ligneis et securibiis, nec aliter evasit mor- tem nisi mirabili Doi beiieficio. Hinc facile colligi jjotest quis futurus sit exitus, si ulteriùs cessent ac dissimulent illustrissimi principes ac status fœderis Protestantium. Nam illius impii ho- minis rabieni niagis ac magis sua patientia accendeiit, et Senatus magnum lucrum sibi facere videbitur si illius improbitate ad extinguendum Evangelium et ccclesiam destruendam abutatur. Ergo aut nunc statim obviaiidum est tanto inalo, aut nunquam in tempore fiet. Rem enim collapsam restituere iiiniis arduus ac difficilis erit labor. Has rationes safis graves etjustas visiim iri confidimiis illus- trissimis principïbus eorumque fœderatis, cur legationem illuc mitfant, quse duo a SenaUi postulet : magis ordïnaimn et meliùs composiium ecdesiœ statum quàni nunc sit, prout visum jam arhitris fuerat , dein.de locnm adversùs Carolum disputandi. Sed de tlagitando et constituendo meliori ecclesiœ statu, relin- quimus hoc i)rudenti8e ill. princiimm et statuum. Quoniam auteni et ill. Dominos Protestantes omnesque eorum doctores et nos nominatim subinde proscindit, et falsis caluniniis impuden- ter gravât, rogamus ill. principes ut illi et ])roinde nobis quoque audientiam impetrare contendant, quô liceat nobis innocentiam nostram légitima via purgare. Neque id velimus concedi nostris personis, sed tantùm ut os illud imi)urum obstruatur, et cohi- beantur ejus blasi)hemi8e, eoque modo sacrosancta Christi doc- trina vindicetur in suum lionorem. Inde autem procul dubio consequetur magnus fructus, sicuti magnum nunc est impedi- mentum et magna rémora, quôd ille improbus calumniator Evangelium sic traducit et infamat. Nec videtur expedire, Ip- sum ablegari vel juberi tacere, quum illi disjjutatio olferatur. Esset enim novum ojfendiculum si cogeretur tacere, neque udniit- teretur ad eorum quœ dixit defensionem. His rationibus addu- cimur ut cupiamus disputationem vehementiiisflagitari. Dicemus nunc de rafione quie nohis ad agendum apta et pro- Xwia videtur, non ])raescribendi aut consulendi animo (id enim que lo 28. Parti de Berne le 23, il avait dû atteindre Baie le lendemain et y passer la plus grande partie du 25. De là jusqu'à Strasbourg il avait encore trois journées de marche. La présente requête a donc été composée par lui le 29 ou le 30 juin (Voyez ce qu'il écrivait au Conseil de Genève le 1" juiili't, N" 1254, renv. de n. 3). 1343 JEAN CALVLN ET (iUILL. FAREL AU CONSEIL DE STRASBOl R(i. 439 osset superbuiii), scd tantùm ut clar. Scuatui (il)s('(iiiamui". (jui nos jussit soiitciitiaiu d<' liac vv iiostrain cxponcn'. Priucipio ro- gamus ut ad Metet/ses Icgatio uiittatui- (juu' uos illuc dcducat. G / petatquo nominc fd'dcns, ut (|Uod privato cuilibct atcpic ignoto daretiir, nobis non dciicgeut : ncui])!-. ipiia palàm nos ot doctri- uam nostrani ati-ocibus couviciis et inalodictis laccrat Carolns, ot falsis criminibus nos oncrat, nobis rcsiiondcu-c lic*(>at : ipse vert) cogatur aut tucri (lua' dixit. aut rul|)am agnoscoi'c. Sin nos convicti fucrinius. agaut de nobis ([uod visum fuerit. IIH fiiiui I)otiiis quàni nobis voluinus ignosci. Si rocuscnt aut torgivcrscn- tur Metenses, ])ronipta ci'it exccptio. Quôd si quis concionator .snh DD. Profestatitihus queinjnam infumaret, illo postHlante cogeretur ad reddendam raiioitem. Cur ergo iiod dit iifrhtqtie similejmf Quod autem causatur ipse Carolns, noit. licere sibi disputare de Jide tiisi in scJiola approhata pe^- sedem ronuuiam, niniis ridi- cnlum est acpaerile. Nam seniper fuit disjjutatuni cuni Inrroticis, nbicunque se locus otïcrebat. Sic Augustinus cuni Maniclucis ot Donatistis in parvis oj)pidis s?epe disputavit. Et ne objiciat esse hsec singularia oxenipla, quae ad iniitationem trahi non debeant, Ambrosius ordinarinni esse Ecclesiœ morem ostendit in e])istola iid Valentinianuni iniperatorem, qua? est numéro 02, nl)i seril)it de tide in ccclesia coram i)oi)ulo debcre disjjutari. Dfinde mi- nime consentanenm est nt in ecclesia Metensi clamet nos esse Jiœreticos, et nos confidis criminibus aœuset : qanm aateni ad defensionem causse nostrœ nos ojferimusac sistimus, nos. in Ita- liam vel Hispaniam per ludibrium revocet. Nihil ergo vel excu- sationis vel subterfugii habet, quin^ liane conditioneni (piani de- ferimus recipiat. Nam aut ini]mne cuique licct nialcdiccrc aut C'ogendi sunt ealumniatores ad satisfaciendum. Praîter disi)utation(>m rogandi (luocjue (n-unt Metenses ut. si innocentiœ nostra^ fidem feccu-inius, locnm nobis eoncionandi dare velint ad diiuenda Caroli mendacia, sicut nos pro concio- nilms palàm ti-adnxit. Qnod ad circumstantias i)ei'tin(^t. non aliunde melius |)oterit capi consilium quàm ex rc iJi-ascnti. Ergo (juid utile sit et opéra? i)retium, iestimabunt legati ([uum illue venerint. ^ Éd. de Brunswick : q^uum. \a^ rnntcxtf nous sciublf cxiircr (luin. 440 JEAN CALVIN A PIERRE VIRET, A LAUSANiNE. 1543 1258 JEAN CALVIN à PieiTe Viret, à Lausanne. De Strasbourg, l^'' juillet (1543). Autographe. Bibl. Publ. de Genève. Vol. n" 106. Cal. 0pp. XI, 586. S. Accidit quod solet, ut res minus hîc maturas invenerim quàm speraverani. Tametsi non magnopere, ut nosti, falsus suni. Ut Metim nos statim conferamus, Senahis Itic neque consulity neqne permiitit. Scrihere ïlluc, inutile ac frustra neum essejndi cat, quoniam litera? suse contemptui nunc liabeantur, aut saltem non ita curentur ut decebat. Xam Papistis, qui apud Metenses rerumpotiuntur, animos inflat Cœsaris odventttsK Ergo Smal- caldiam, ubi nunc conventum habent Protestantes-, missuri sunt : ut coniniunem legationem postulent, qutTp magis urgeat istos, qui nihil factari sunt, nisi stimulis adacti. Non credas quàm voluntarios alioqui se nobis exhibeant. Nihil enim récusant prorsùs, quatenus putant expedire. Summa etiam comitate nos exceperunt. Uhi responsum fnerit, protinus accingemur, teque advocahimus. Hoc enim tam ambiguo et suspenso statu quid impetrares? Interea dum SmalcaJdiam itur, visum est Senatui nosti'O ' indicare ubi essem, et quae expectatio hîc me teneret. Si nuncius hic* redierit (quod spero) fac nos de omnibus certiores. De provocatione CaroU non est quôd dubites. Habemus ejus manum. Nuper meditabatur fugam : sed nunc ])ropinquiore Ciesare, factus est aliquanto et audacior et insolentior : quia dis- ceptationem impetrari à nobis non posse certo contidit. Petes ab hoc nuncio responsionem ejus', quam perlectam reddes. Inde perspicies, quàm altos et tumidos habeat spiritus. Vale, saluta. ' L'empereur arriva à Spire à la fin de juillet, et de là partit pour Miiyence vers le 5 août. II fit son entrée à Metz le 6 juin \bW (Slei- dan, n, 316, 317, 351 j. 2 N" 1252, note 2. ' Scil. Genecensi. * Le héraut de Genève qui l'avait accompagné jusqu'à Strasbourg. loi3 JEAN CALVIN AU CONSEIL DE GENÈVE. 441 omnes fratrc^j, oiGeuevam, si (>i-it commoduiu, aliciiiaiulo iiivisc Valo iterum. Dominiis to coiiservet. Ai-goiitor.[ati ''J t-aleiid. .lullii. circitor meridiom. / JOANNES CaLVINLS tllUS. (Inscriptio :) Fidcli ("liristi miiiistro Potro Viroto, Lausan- nonsis ecdesùe ])aston, tVatri et aiiiico iiit(>^(M*riiiin. 1254 JEAN CALVIN RU Conseil de Genève. De Strasbourg. 1" juillet (1543). Autogr. Arch. d^ Genève. Portefeuilles hist. J. Bonnet, o. c. I, 80. Calv. Opp. XI, 587. Magnificques et très honorez Seigneurs, J'espère que Maistre P^erre Viret vous aura faict mes excuses' de ce que je ne vous escrivis point &q Berne, d'aultant que i)Our lors j'estoie mal disposé. Estant venu à Basle, je présenta}' voz lètres à Messieurs du Conseil - : lesquelz me donnèrent lètres de recommandations à Messieurs de ceste ville, les prians de me vouloir adresser tant de conseil que d'ayde en mon volage. En ceste ville, tant ])ar le moien de voz lètres et celles de ^les- sieurs de Basle, que jwur la bonne affection qu'on m'y i)orte, et singulièrement en laveur de la cause, j'ay trouvé aussi bonne ayde comme je pouvoye désirer. Messieurs se sont otiert très libéralement de taire ce qui seroit en 1(Hii" ])uissance. Scnilement que nous regardissions, Maistre Guillaume et moy, les moiens dont il seroit expédient de user. Sur cela nous leur avons j)ro- posé trois voies : ou de nous faire conduire tout droict à Metz, ^ La Réponse de Caroli aux i)Iaintos des Protestants (X" 1242, seconde j)artie). " Dans la copie qu'il a faite des lettres de Calvin (Vol. n" 111"'). Charles de .lonvilliers, trompé par le mot Argentor.[alt], a rapportt' la pre.sente à l'époque de l'exil du Réformateur. '■^ N"^ 12.51, 1247. 442 JEAN CALVIN AU CONSEIL DE GENÈVE. 1543 combien que ce ne fust sans dangier : ou derechef sommer le Conseil de Metz de nous donner audience : ou bien d'envoyer en la ville de Smcdcad, en laquelle maintenant est assemblée la ligue des i)rotestans, et là requérir instamment les princes et ambassadeurs des villes, de vouloir prendre la chose en main. Quant au premier jjoinct, ilz ont respondu que voluntiers ilz envoiroient aml)assade avec nous, pour nous mener en seureté, et soliciter que nous feussions ouys : et quMlz ne se vouldroient pas esi)argner en cest endroict, n'estoit quMlz voioient cela ne se pouvoir faire sans dangi(>r de noz personnes, et avec i)etite espé- rance de fruict. Aultant d'envoier lètres en leur nom privé, que ce seroit poine i)erdue. La raison est que les papistes se sont fortifiez par la venue de Tempereur : d'aultant qu'il promect d'appointer à ce voiage tous les diiïérens de la religion : comme s'il n'avoit aultre chose à faire pour le présent. Ainsi quant on leur escrit de ceste ville, i)Our toute response et solution ilz remectent tousjours là. Le troiziesine poinct doncq a esté trouvé le meilleur : d'en- voier à Snialcnd : ce que desjà ilz eussent faict, n'eust esté qu'ilz ont voulu avoir articles de nous, pour remonstrer tout ce que bon nous sembleroit^ Mais demain, au plaisir de Dieu, le mes- saiger partira. Hz nous ont promis de ])rocurer l'affaire en telle diligence et si à bon escient, que nous congnoistrons leur zèle et couraige. p]t comme je les congnois, je ne doubte |)as qu'ilz n'en facent encor d'advantaige qu'ilz ne promectent. 11 y a six jour- nées jusque là, en telle haste comme leur hérault ira. Car com- munément on y en mect bien huict bonnes. Or ])endant que ce voiage se fera, ])ource qu'il me fault attendre icy, je me suis advisé, Magnificques et très honorez Seigneurs, de vous renvoier vostre hérault présent porteur, affin de vous signifier comme la chose alloit. Car je craignois de faii-e si longue demeure en espérance, sans vous envoyer ce pendant de mes nouvelles. Et cela se peult faire sans despendre beaucoup ' Nous identifions ces « articles » avec la requête du 29-30 juin (X" 1252). En effet, le début de cette pièce (« Quôd cl. Senatus Argenti- nensis jussit nos... ix fuDiiula perscrlbere,... quid... vel/mus nosfru nom/ne 2)0Htulari... respondenius. ») ne semble nullement annoncer que MM. de Strasbourg eussent demandé à Calvin et à Farel, une réponse et, de plus, des articles. loi3 JEAN CALVIN AU CONSEIL DE CENÈVK. A'i'i d'advantaigo (luc si jViisso i-ot(Miii le nifssaiovi- avec iiiov. Au ivste. vous regardorc/. ([uaut à le rcuvoici-, ce (|uj vous eu srui- hlera hou. Je hiy ay hailh' à toutes adventurcs six cscus : atHu qu'il oust pour faii'c s(>s dosj)ons, on allant et l'ctournant : avec trois tostons quo jo luy avoyo dôlivro. Tout(>fbis vous en tcrrz selon vostro bon j)laisir. -le le dis jmurco (luc si vous le vouliez ronvoyor, qu'il fauldroit qu'il fust icy dedans (|uiiizr jouis pctur y cstre à ten)])s. Car adonc(i ' il nous oonviondra de pai-tii- pour aller à Metz, si c'est le j)laisir de Dieu de nous y doiiucr entrée Touchant do nioy. je seay l)ien (pie j(^ ne puis cstre si loufi temps absent de vous, sans défaillir aulcunenieut à vostre osglise. Mais i)Ourco ((uo d'estre venu si loing pour ni"oii retour- ner sans ri(>n faire, c'eust esté une chose trop ridicule, mosnies quant il y a bonne esj)érance en attendant oncor un j)(>tit : j'ay bien voulu devant mon retour tenter si Dieu vouldra faire quelque chose. Pourtant je vous prye de vouloir prendre |)atienc(> jusque à tant que ce terme qui est brief soit passé. Adonc(i le plustost qu'il me sera jjossible, je me hasteray do retourner i)ar devers vous. Ce pondant, Magniticques seigneurs, je vous suj)- plyo d'avoir en recommandation l'honeur do Dieu comme vous avez, et d'entretenir l'esglise en l)Oii estât et on l)on ordre. Athn que vous voiez (luolquo nécessité il y a d'aller à Metz pour imposer silence à Caroli, je vous envoyé vu double de ses responses dernières : où il se monstre plus tier et arrogant que jamais, d'aultant (pi'il se confie qu'en la présence de l'empereur on no le contraindra poinct de venir à raison. Car an])aravant il s'en ostoit voulu fuir. Il y a icy force bruictz divers du Pais-Bas: maintenant (pie le duc de Clèves a recouvert une forte ville qu'il avoit jjordue : maintenant qu'il a esté déconfit"; mais pource cpio le tout est incertain encore, je me déi)orte de vous (>n (^scrire. Toutefois les esmeutos sont telles quo à deux lieues d'icy il s'(Nt faict une course depuis deux nuictz, et a-on volé cincquant(» chovaulx de marchantz. A tant, Magnificquos et très redoubtez seigneuis, ai)rt's vous ■* Adnnc (ad fiDic) sijjnifir' alors. '" N" 1137, note 8. Vers la tin de l'aiiiiée 1542, GiiillaniHe. (lue dr ( Irvcs. îivait repris la ville do Duren, conquise par les Impériaux, et. à la suite d'un avantage remporté sur eux, le 21 mars 1543, il s'était refusé à rati- 444 JEAN CALVIN AUX PASTEURS DE GENÈVE. lo43 avoir faict les humbles recommandations de Maistre Guillaume et de moy, je supplie le Seigneur Jésus de vous conserver et maintenir, vous faisant la grâce de tousjours bien conduire vostre peuple en bonne paix à Thonneur de son nom. De Stras- bourg, ce premier de Jullet (1548). Vostre humble serviteur en nostre Seigneur, Jehan Calvin. (SuscrijJtioH :) A Magnilicques, puissantz et très honorez Sei- gneurs Messeigneurs les Syndicques et Conseil de Genesve". 1255 JEAX CALVIN aux pastcuFS de Genève. De Strasbourg, l*'^ juillet (1543). Autogr. Bibl. Publ. de Genève. Vol. n" 10(3. Cal. 0pp. XI, 590, Gratia vobis a Deo pâtre et Domino Jesu Christo, fratres mihi charissimi ! Nihil habeo aliud in prsesentia quod scribam, nisi quôd adhuc suspensi expectatione hîc tenemur. Incidit enim adventus meus in tempus alienissimum et vehementer incommodum, quia Me- teyises ])a{pistœ propiiHiuo Csesare superhkud et ejus autliorUatem prMexunt, ne quid nohis concédant. Negant enim convenire lit, eo prœsente et inconsulto, de mutatione status sui décernante Ergo quia periculosum erat illuc proiicisci, et sine ullo fructu nunc fieret, literte etiam hujus senatus contemnerentur, censuit Seiudus ipse mittendum esse Smalcaldiani, ubi nunc conventus agitur fœderatorum protestantiuuî,ut communi omnium nomino decernatur legatioquœ nos deducat, et extorquosit a Metensih us quod non libenter alioqui daturi sunt. Porrô Smalcaldiam hinc fier une trêve négociée par les médiateurs protestants (Voyez SIeidan, II, 289, 293, 301. — L. Ranke, IV, 291. — H. Martin, VIII, 288). ® Note du secrétaire genevois Béguin : « Receu ix de Julliet 1543 de maistre Calvin, estant [à] Estrabourg, à cause de Ivaroly. » ^ A comparer avec la première partie du N" 1242. 1543 JEAN CALVIN AUX PASTEURS DE GENÈVE. 445 iter est octo dieruni, sod iiuncius celeriorc ciirsii scx diobus con- iidot. Nam quia non lon.i^ai niora illic fntuni cvAt. o(inos non t fideli])us servis Domini nostri Christi pastoribus ecclesiœ Genevensis, fratribus (^t collegis meis rha- riss. 2 jjjf )■)■(. Caroli. * Bernardino Ochino. * Le surnom do Pyrrhus, employé quelques fois j);ir l'icire Vitct jxtur désigner André Zébédée, se comprend à la rigueur, vu les grands airs di' <-e pédagogue « roux et fort fier. « ^lais nous n'avons pas la preuve que celui-ci ait fait, en juin 1543, un voyage à Strashourff. Firrhus désigiu; peut-être ici un Italien qui aurait formé, à Genève, des relations avec B. Ochino. 446 LES PASTEURS DE GENÈVE A JEAN CALVIN. A STRASBOURG. 1543 1256 LES PASTEURS DE GENÈVE à Jean Calviii, à Strasbourg. De Genève, il juillet (1543). Co])ie moderne'. Bibl. Nationale. Coll. du Pny, vol. 102. Calv, Opp. XI, 592. (iratia et pax a I)eo jjatre et Domino Jesu Cliristo Domino nostro! Recepimus tuas literas-, quibus niliil jucundius nobis accidere potuit, eo maxime quôd de tua valetudine nos reddide- ris certiores. Et utinam (ut optamus) seniper bene valeas. Non possumus tamen non contristari ea ex parte quod ad gloriam Domini attinet, quum intelleximus res non succedere ex animi sententia, nec i)ropterea cœptis desistendum putamus : solet enim Deus, quum opus suum agitur, tune magis adosse ubi om- nia videntur deplorata et simul desperata, eo line^ ut confitea- mur non nostra, sed Domini manu superasse \ Qiioad id quod liortmis nos ad sedidbexeqHe))damfu)icHo)teui iwstram, hactenus quilibet nostrûm pro viribus enisus est ut fungeretur suis partibus : nemo est qui subterfugiat à suo mu- nere : ita i)rtTestet nobis Dominus in futurum bene pascere oves nobis créditas ! Nihil immutatum est à tua abscntia : prosequi- mur continuô nostras congregationes nostrumque forums In sumnia nulla res prœtermittitur qu^r spectet ad Ecclesiasticam I)oliciam de lis qu^e ordinata reliquisti nobis : proinde dabit I)(miinus in omnil)us, ut speramus, successum optimum. Hinc certà scias non esse qaemjnam ex nohis q^ii non moleste ferai privari tua prœsentia, qua vellemus (si liceret) jugiter uti pro nostra et hujus ecclesiœ commoditate. Sed altéra ex parte lii?ta- ' Elle est peu correcte. 2 N° 1255. ^ Dans l'édition de Brunswick : eo fit. * Il faut peut-être lire : non uostram, sed Domini manum superasse. ^ C'est-à-dire les congrégations du vendredi (N" llli), n. 7, 14) et les séances du Consistoire. 1343 LES PASTEURS DE GENKVE A JEAN CALVIN, A STRASHOl'Rd. 447 mur diiiu ad ociilum (((iiod aiuiit) l'oiispiciiiius taiii stn'iiiir ti- la})orar<' in ecdesia Doiiiini construenda, qiio fit ut uullus non vidoat te a Domiuo dostiiiatuui ut invites rdiquos IVatrcs ad verbum Domini rocii)ieudum. Superest hoc unuui et pra'eijiuuui ([uodsileutio ])iwterire non debemus, nemix- ([ubû, çnm primîmi impostores quidam, ex quo- rum numéro et illorum caput est ille Claudius Boisset^, senserunt te ahesse, mox protuJerinit ii/i^rdain in bicpui, (jhh' fulsbjactant argumenta seiijudicia miprascripta singidis-capitihus Novi Tes- tamenti quod novissime castigasti' : quorum iusania' et imj)U- dentire** uisi maguo iui])etu et suuima dili,<2:entia occurrissemus, deturpassent hujus iu)strœ ecclesi^B nomeu. Statuerant eniui (ut o])iuamur) iuscrihere tuum nomen in f route, ea causa ut pluris renderent. Sed ubi deprehendimus rem, non cessavimus instan- ter eos accusare apud Senafum velut caluumiatores, falsarios, conspurcatores imperitos, qui talia edideriut : iudignum esse librum qui prodeat ex otïicina ecclesise nostrie, Sul)iude vocavit nos magistratus, non semel sciscitando à nobis quid de hujus- modi negotio censeremus. Quibus saepiùs responsum est à nobis, « liii'c quœ ipsi vocai/f argumenta non posse vendi ahsque non, modico scandah et infamia sme ecdesiœ ac civitatis. » Et quum iterum rogaremur'^ ut recenseremus (?>roreS;, postulavimus diem dari nobis. Tune decretum est al) eis consignare très dies. qui- bus transactis significaremus errata. Nos, (junni vcutum est ad Consilium'", protulimus singulatim iiounulla qute videbautui* •^ A l'occasion de cotte artairc, Claude Boisset n'est ])as mentionné dans le Registre de Genève du ^fi jnin. Ahel l'oupin et Matthieu de Geneston y exposent au Conseil « comment M. Calvin havoyt corrigé un Nouveaulx Testament, qui estoyt au vray; mes aulchongs, désirant calumpnye sus l'escripture saincte, hont fayct ung summaijre susi)ect sons le nom du dit M. Calvin, lequelt Jehan Michiel a iiii]iriiiié. et. devant (jiie estre publié, hont pryer il dunner ordre. » Le Conseil décide qu'on ai)})osera les scellés, chez ,J. Michel, sur tous les livres imprimés; il en fait apporter un exemplaire à la maison-d(>- ville, et « la copie » du susdit X. T. est remise aux ministres pour l'exa- miner. Le 29 juin, ils disent que ce X. T. est im])rimé <■ en petite forme; que le tex[te] est bien, » mais qu'ils n'ont encore visité les « summayres. » ^ Le 15 déc. L542, Calvin jiarlait de sa révision du X. T. (]). 220, renv. de n. 2.) * Dans l'éd. de Brunswick : insania et impudentia, suivis d'une virgule. * Ibidem : rogarent. 448 LES PASTEURS DE GENÈVE A JEAN CALVIN, A STRASBOURG. 1543 sufficere ad repriinendum ooriim suiierciliuin et ad repellenda argumenta, aut, ut vulgô dicitur, snmmaria. Ipsi verô acriter instabant, iiicorrupta esse sua argumenta asserentes ". Sedquum cernèrent se clarissimè convictos, tandem obsecrarunt'- ut sal- tem alterum istorum illis concederetur : aut quôd errata colli- gerentur à tergo li])ri, more solito,'vel quôd alibi imprimerentur. nullo nomine seu titulo apposito, scilicet tam tuo quàm civitatis. Nos vocati publiée apud Senatum convenimus in banc senten- tiam : nibil illoi'um quse proponebantur ab adversariis nostris jure fieri posse. In fine decretum fuit a Dominis quôd priva- rentur omnino suis codicibus, aut quôd tu cuni magistro Guil- lelnio Farello et magistro Petro Viret indicaretis quid agen- dum 'H'obis videretur : quare mitfimns ad te exemplaria^'\ Nunc restaret nostros sugillatores accedere ad siiosjudices suis exi)en- sis, ut definitum fuit, si eorum opéra egeret : nec tamen credi- mus (>os abituros '^ ^^ Registre du Conseil, mardi 3 juillet : « Sur ce que l'on havoyt donné charge aux prédicans de visité les Nouveaulx Testamens avecques les suni- inayres imprimés par /. Michkl : [ils] ont retîéru qu'il il trove es dits summniires erreurs. » " Éd. de Brunswick : afférentes. '■^ Ibidem : ohsercarnnt. '•"* Ibidem : œqnum. '* Procès verbal du Conseil du 10 juillet : « Ayans aoys les prédicaus, aussy le dit imprimeur et ung aultre avecques luy : résoluz que, avant que permectre qu'il soyent imprimés, que l'imprimeur doybge alle[r] tro- ve[r] M. Calvin et M' G. Farel [à] Estrabourg, et si escripve qu'il n'y a nul erreur, il leur sera permys de imprimé et parachevé l'hœuvre. » ^* Après le retour de Calvin, le Conseil de Genève prononça cet arrêt définitif, le 31 août : « Ayans aoys M. Calvin et les autres ministres quil hont visité le nouvcault testament que Johan Michiel a imprimer : com- bien que en icelluy aye plusieurs faultes aux sommayres,... luy ayans fayct bonnes remonstrances, pour ceste foys luy soyt permys de parachevé l'œuvre, moyennant qu'il ne mecte pas Genève ny le nom de M. Calvin » (Annales Calviniani. Calv. Opj). XXI, 317, 319). Il parait cependant qu'un certain nombre d'exemplaires dont le titre portait le nom de Calvin, se répandirent dans le public. Autrement, on ne s'^xjjliquerait pas la préface suivante, im])rimée en tête d'un N. T. fran- çais de 1545 ou 1546, préface qui nous a été obligeamment communiquée ])ar M. le ])asteur Charles Schrœder : Jehan Calvin au Lecteur Ckrestien. Pource qu'en l'autre impression du nouveau Testament, on avoit miz Jo43 LES PASTEURS DE GENÈVE A JEAN CALVIN. A STRASUOIRG. 449 Plura in pi-iPsoiitia non occnrrnnt scrilxMula quu' tutù litcris comniittanius. nisi (luùd à t/orilni/io*'' comiihircs inrasii ppsfi>i. Salutabis, si placet, nostro nomino ma^istruni GnUlclmnm Farel ac ciçtoros fratres. Beno vale. Ex Gencvensi civitate, IV Jnlii. (1543.) Tui IVatres Philippus ab Ecclesia, Amed'". Cha.mperellus. MaTTHELS GENESTONUS'^ ArELLS PoL'PlMNLS, L. TrEIM'EREAU ' '. au tiltre ([uc je l'avoyc reveu H corrige : et néantmoins qu'il y a des fautes grosses et lourdes, il est besoing que j'advertisse les lecteurs pour ni'eu excuser : et prévenir le scaiulale qui en pourroit estre. Il est vrav que je Tavois reveu, et comliien que ce eust esté eu liastc : d'autant que j"avoj-e adonc autre labeur en main qui me pressoit : si est-ce que je n'y avois pas travaillé eu vain. Et la correction eust assez profité à la gloire de Dieu, et à l'instruction de son peuple : si on eut suivy la copie, ainsi que je l'avoye faicte : et que la négligence ne fust pas venue d'ailleurs. Combien que je ne say si je dois dutout imputer cela à négligence, qu'on se soit si loing destourué de mou intention : quasi de propos délibéré. Quoy qu'il en soit, la translation, telle qu'elle estoit, ne laissoit pas encor d'estre meilleure que les précédentes. ^lais j'ay bien voulu advertir les Lecteurs de la vérité : à lin que la faute d"autruy ne soit rejectée sur moy : comme ce n'est pas la raison, et aussi pour leur donner espérance de trouver icy mieux, de laquelle ils ne seront pas frustrez. ^^ D'après les calculs que M. Henri Kamm, de Lausanne, a bien voulu faire pour nous, la nouvelle lune en question eut lieu dans la nuit du 1" au ^juillet 154.8 (calendrier julien). " La copie porte David, ce qui est une erreur manifeste. Chavipereau signait presque toujours avec le prénom Amé, Aymé, ou Edme (Amedcem- ou Edmundus). '* Le 5 juin, les ministres de Genève avaient annoncé au Conseil que Pierre Blanchet était mort à l'hôpital des pestiférés, et que Matthieu de Gene^ton s'oftrait pour le remplacer, si le sort tombait sur lui (Reg. du d. jour). " Ahel Poupin, natif de Eouen, était pasteur de la ville de])uis le 23 avril 1543. io«y> Treppereau s'a])i)elait en latin Trepperelhis. T. VIII. 29 450 LE COiNSElL DE GENÈVE A JEAN CALVIN, A STRASBOURG. 1343 1257 LE CONSEIL DE GENÈVE à Jean Calvin, à Strasbourg. De Genève, 11 juillet 1543. Msci'it orig. Bibl. Publ. de Genève. Vol. n" 145. Cal. Opp, XI, 591. Monsieur, nous amyables salutacions prémises. Nous havons receu par nostre liérauld vostre leetre', ensemble la seconde Épistre de maystre Omllanme Farel^ et Responce deCaroli^ : de quoy voz mercions. Et sûmes estes bien joieulx de sçavoyer de voz novelles, vous priant que, si ne allez à Metz, que le plus briefz qu'il vous sera possible voz en revenés, pource que sçavés bien que l'on a besoieng de vous en l'église. Toutesfoys, si estoyt le bon volloyer de Dieu que fussiés aoye contre le dict Caroli, ne vouldryons rien espargnyer de nostre costé de rendre nostre debvoyer en tel affère, ainsy qu'il sera neccessaire. Et, pour aultant que havons entendu les bons recuyl que voz hont estes fayct tam à la ville de Basle que [à] Estrahourg, ne ferés faulte, de nostre part, envers eulx fère nous amyables recommandacions avecque les remerciacions et réoffres oi)portunes. Nous havons deslyvrés VEspitre susrelatées à Johan Girard j)Our icelle imprimer \ comment maystre Guillaume avoyt escript : autqueit, de nostre part, ferés nous recommandacions. Et sur ce pryons Dieu qu'il voz consei've. Actum xi" Jullii 1548, Les Scindicques et Conseyl de Genève. Nous voz envoyons par nostre dictz héraulx dix escus soley^ pour satisfayre à voz despens. Quant à ce que havyés deslyvrés '-•^ N"^ 1254 et 1250. ^ Réi)onse envoyée le 1'' juin au Conseil de Strasbourg par les niagis- trats de Metz (N" 1242). ■* C'est VEintre de Farel du 25 juin à Caroli, visée plus haut (renv. de n. 2). * Écus au soleil, comme on ai)p(>lait i(>s écus de France. i 1543 PHILIPPE MÉLANCHTHON A JEAN CALVIN [a STRASBOURG]. 45! au dictz iiostre liéruiilx, cclla liiy est esté hiyssé, et ticmlra ccniiptt' avecqiie vous. (SuscriptioH :) Monsieur Calvin, iifwtic ministre, estant à ])ré- sent Estrabourg. 1258 PHILIPPE .MÉLAN( HTHON à Jeaii Galvlii [à Strasbourg.] De Bonn, H juillet (1543). Autogr. Ribl. Publ. de Genève. Vol. n" KM). Calv. Op]). XI, 5!)4. S. I). Niliil in liac liliei/i ripa congressu Sfnruiu nostri^ jiicun- dius adluic (juideni niilii luit : quem quidi^m e5 libentiîis complexus sum, quôd te comiteni adducel)at-. ^'ideor cnim legens tuam epistolam^ i)lenam eruditionis y.cxi Br£oa£(SeLocç, te ipsuni audire. Utrique igitur gratiani liabeo, Sturmio et tibi, quôd in his occupationibus [sumniis '^J, quas scis sollicitudinuni l)lenas esse, [me rejspicitis. Peto etiam, ut Ecclesiam [laboran- tem], quod certè te facere scio, [comniende|s tilio Dei, quem Daniel in(iuit [in exjtremo temj)Ore dissi])aturum Ecclesia' [de- vasjtatorem esse. Vides Imperiorum [tumul|tus. (pii r('l)us humanis ingentem [confujsionem adferent. Nos intérim [Eccle- siamj Verbi' doctrina foveamus : qua de re j)uto te sermones mecs multos [memoria tenere]. Quod iu 'parte (Ikiyntationis edita^, refers ad peccatum seu morbum originis xiiv àâv-jtxij.iav, mihi placet. Alteram partem Ti-pi d-jdyy.-n;, ex divina' voluntatis ])erpetua sententia, nollcni addi : -«v d-.or.rA-.y.zMv ici dicere, * Jemi Stttnn, jjrofcsscur ù Str;isI)ourg. Calvin Pavait ciiargé (Pune lettre adressée à Mélandithon. ^ Parole aimable, expliquée par la phrase suivante. * Cette lettre de Calvin est jx'rdue. * Ici commence une lacune, dans la i)artic gauclir du manuscrit. ^ Édition de Brunswick : util/ doctrina. " La première i)artie de l'ouvrage de Calvin contre l'ifjhius ( Cf. Icttn' de Mélanchtlion du 11 mai, X" 1228, n. 8). 452 LE CONSEIL DE LA NEUVEVILLE AU CONSEIL DE BERNE. 1513 Neroiiis flagicia necessariô facta esse. Tandem ergo abrumpamus illas qiuTestiones. Bene vale. 12 Jiilii (1543".) Bonnae. Philippus Melanthon. Saluteni opto D. Pharello. (Inscriptio :) Clarissimo viro et egregia eriiditione et pietate I)ra?dito I). Jolianni Calvino, amico suo cariss. 1259 LE CONSEIL DE LA NEUVEVILLE ail Coiiseil de Berne. De la Neuveville, 15 juillet 1543. Inédite. Mannserit original. Arch. de Berne. Très redonbté, magnifficques et très puissant Seignieurs, à vous exellences tant que à nous est possible humblement nous recomandons. Très exellent Signieurs, ceulx du village de Li- gnières ' sont venuz à nous, ])our nous déclayré, que après plus- seurs bonnes remonstrances faictes par plussieurs gens de biens à iceulx, qu'ils estoyent esmeii de volloir vivre à ÏEvangiUe et accejjter rostre saincte réformation, — nous pryant que ])Our ce fayre leur aydissions, afïin que l'on ne leur doue aul- cungs empêchement, coment par cy-devant l'on a vollu fayre. Ainsy que le présent pourteur informera vostre signiorie, Hz estoyent assez bon nombre assistant à certaine prédicacion qu'ont esté faictes sez jours passez ou [1, au] dit Lignieres; mais ilz ont depuis esté espovanté ein partye, et la reste nous a faict requeste de leur ayder, ainsy comment vostre signiorie poura veoir par la supplications^ : le nombre desquelz ilz [l. y] est contenuz. Et ^ On sait que Mélanclithon, appelé ])ar l'électeur Hermann de W/ed, partit pour Bonn au mois d'avril 1543, qu'il arriva dans cette ville au mois de mai et dut en sortir avant le 19 août (Voyez la lettre que Bucer lui adressa de Bonn le 25 août, publiée par Bindseil, o. c, p. 182. _ Ca- merarius, o. c, p. 202). * Lignieres, village neuchâtelois, est situé à une lieue N.-O. de la' Neu- veville. I 134.3 LES MINISTRALX DK NELCHATKL AU CONSKIL DE STRASIJOUKG. 453 l)Ourtant que nous n'avons moy(^n do leur aydm', sinon pai' vous, nous vous sujjjilions qui vous j)!ays(^ les avoir imur rcconiandé; car la cause \o vault bien, connue yntendés Ix'aulcouj) niieulx (jue ne serions [1. saurions] rescri])re. Vous suppliant de recldeff considérez qi(Jil\s\ sont de la parroisse du Landeron. Et puisquMlz demandont TÉvangille, vous avés juste cause de leur ayder et secourir à ceste tant nécessayre requeste. Sy ainsy le faictes, très exellent Signieurs, nous obligerez de plus en plus à voustre signiorie, pryant Dieu, très nnloubtez Signieurs, vous avoir en sa sainte gard(» et protections. Escripte de la Noveville, ce xv jours de Juillet Anno xliii, etc. Yoz luinil)lez et obéissant bourgeois Chastellain et Conseilz de la Noveville. (Suscription :) Aux très redoubtés, magnifticqu(^s et très jjuissant Signieurs ^less"^ les Advoyé et Cons(Mlz d(> la ville de Berne, noz bons S'' et speciall grand amis, etc. 1^260 LES MiMSTRAUX DE NEUCHATEL au Conseil de Slrasbom'g. De Neuchâtel, 16 juillet 1543. Manuscrit orig. Arcli. de St.-Thonias à Strasbourg, (al. Op]). XI, 595. Nostre chrestienne et singuliièi-e reconiniendation. et ce que pouvons en honneur et dilection vous soyent i)réniis. Magnifiques, nobles, pourvL%l)les, prudens, saiges et discrets Seigneurs! Nous sûmes très assurez de la très noble, plus que vertueuse assistance qu'avez faictz et faictes jourm^llement à ^ Nous n'avons pas retrouvé cette jiièce. La lettre du Landeron à Soleure du 25 juillet 1543 nous apprend (lu'iiii ministre avait prêché à Lignières, trois dimanches de suite (c. à d. les S, 15, 22 juillet). Il y était venu avec le cliàtelain et quelques coaiseillers de la Neuvevilie. La susdite lettre affirme qu'il n"y avait à Ugnières que dix ou douzej)artisans de la Réforme (Cf. Recès des diètes, vol. de 1541-48, p. 321). 454 LES iMlNISTRALX DE NEUCHATEL AU CONSEIL DE BERNE. 1543 nostre fidèle pasteur, M" Guill" Pharelus, qu'est présentement en vostre cité : de quoy très grandement vous remercions et vous en rendons grâces et louanges immortelles, vous supplians d'y continuer de plus en plus. Très vertueux Seigneurs, jaçoit que icel M'"'' Onillmtme soit ung vray ministre de véritable doctrine, menant vie évangé- licque, dont i)ar ses œuvres clirestiennes il est en exemple aux paovres brebis de Nostre Seigneur et en horreur aux iniques (comme il est très manifeste). Or puis qu'il est sans cause et rai- son par ce misérable P. Caroly estans à Metz, quil a blasmé son ministère, l'accusant d'hérésie (ce qu'il n'est), et pource qu'il est plus que requis et très nécessaire résister aux astuces et finesses malheureuses du dict Caroly, — vous supplions et requérons en ce luy assister. Car le bien que luy ferez le réputons estre faitz à noz-mesmes. Et nous pourrez admonester (sy vostre seigneu- rie le permetz) en quoy pourrions assister pour nostre dit pas- teur, mesmement pour ceste cause (pour quoy vous envoyons ceste présente), que causera l'avancement du sainct Évangille. A tant vous disons à Dieu, auquel prions vous donner l'entier de voz nobles et excellens désirs. De nostre Conseil, le xvi"'' jour de ce présent moys de Juyllet 1543. Les entièrement tous vostres, prest à vous fayre plaisirs Les quattres mlmstrallx et Conseil de Neufchastel. (Suscrvption :) Aux magnifiques, nobles, pourvéables, saiges et très vertueux Seigneui's le Maistre-bourgeois et Conseil de Strasbourg, nous singulliers et honnorez seigneurs et amys. 4260bis LES MNiSTRAUx DE NEUCHATEL au Consell de Berne. De Neuchâtel, 16 juillet 1543. Inédite. ^Manuscrit original. Arch. de Berne. Très redoul)tez, niagnificques et très puyssans Seigneurs, tant 1543 LE GOl VEKNELR DE NEUCHATEL AU CONSEIL DE STRASBOURG. 453 et si humblement (juc faire i)ouvons à vostro excollento grâce nous noz recommandons. Très vertueux Seigneurs, ponrcc (pie sans cause et sans rayson ce malheureux Pierre Caroly, estans à Mdz, a l)lasni('' nostrc fidèle pasteur M" Guillaume Pharel, et vostre sci-vitiur. {"accu- sant d'hérésies (ce qu'il n'est), Et ponrcc (pic !<■ cas nous touche, et sûmes en ce comprins, vehus (pic tenons une niesme l'eligion évangélicque. vous su])plions (pic |)oiir radvancement de la gloyre de Dieu, et au mespris et vitupère d.u dit Cdroly, en vou- loir escripre aux Seigneurs maistre bourgeois et Conseil d'Es- trasbourg, de sorte et manière que puyssions cognoistre vostre très noble rescription, par vosti-e bon moyen, sortisse fruys. digne de consolation chrestieiinc, combien qu(> de nostre part faysons tout ce que à nous est ])Ossible. ^L\is vehus vostre excellens crédis, que avez niesme en icelle ville, vous escripvons eeste présente. A tant prions l'Éternel que à voz, noz Magni- ficques Seigneurs, vouloir (sir) augment(n' voz nobles désirs. De nostre Conseil, le xvi"'" jour de ce présent moys de Juillict 1543. ^'oz humbles serviteurs Les qu attres Mlmstraulx et Conseil de Neufghastel. (Suscription :) Aux très redoubtez. jSIagnificques et très puys- ns Seigneurs, l'Advoye très honnorez Seigneurs. sans Seigneurs, l'Advoyer et Conseil de la ville de Berne, non 1^261 LE GOUVERNEUR DE NEUCHATEL au Gonscil de Strasbourg. De Neuchatel, 17 juillet 1543. Manuscrit orig. Ai'ch. de St.-Thomas. Cal. Opj). XI, ônti. Magnificques et très honnorez Seigneurs, Nous avons entendu par la r(Scrii)tion de M'" Guïll. Farel, nostre pasteur, l'assistance qu'avez faict tant à son ministère comme à sa personne : dont grandennmt vous remercions, vous priant de i)lus en plus persévérer. Car quant congnoistriez que 456 LE GOUVERNEUR DE NEUCHATEL AU CONSEIL DE STRASBOURG. 1543 auryons moyens pour scervir à l'avansement de rhonneur et gloire de Dieu et pour la conservation du ministère de nostre dit pasteur, pour avoir scertitude de doctrine pure et de bonne conservation, noz nous vouldrions selon nostre pouvoir em- ploier : vous ])rians de reclieff avoir nostre dit pasteur en sin- guUière recommandacion. Nous ouifrans, en semblables cas ou plus grandz, le vous revoyr et gratiffier en nous recomandans humblement à voz bonnes grâces. Priant Dieu, Magnificques et très honnorez Seigneurs, vous donner bonne et longue vie. Escript à Neufchastel près le lac, le xv!!""" jour de Juillet, Tan mil cinq cons quarante et troys^ Voz humbles serviteurs Le Gouverneur et Conseil de Madame de longueville En son Contey de Neufchastel. Merveilleux. (Susc7-iption :) A Magnilicques et noz très honnorez Seigneurs Messeigneurs FAmantmeistre et Conseil de la Cité de Stras- burg. ^ Le 15 juillet, le Conseil d'État de Neuchàtel avait adressé à celui de Berne une lettre allemande, que M. Rodolphe de Sinner a eu l'obligeance de nous communiquer. Voici le résumé de cette lettre : L'écrit de M' Guillaume Farel nous a informés des grands bienfaits qu'il a reçus de MM. de Strasbourg en plusieurs occasions. Nous en sommes très reconnaissants, et, parce qu'il nous a fidèlement annoncé la parole de Dieu, et que nous l'avons trouvé extérieurement irrépréhensible dans sa conduite, nous estimons avoir reçu nous-mêmes les bienfaits qui lui ont été accordés. Or, comme vous êtes en haute estime auprès des honorables Seigneurs de Strasbourg, nous vous prions de les remercier très amicale- ment, de notre part, pour tous leurs bons offices envers Farel, et de le leur recommander, afin qu'il puisse continuer le ministère auquel Dieu l'a ap])elé. Le Gouverneur et le Conseil DE LA Comtesse de Neuchàtel, voti'e combourgeoise. 1543 JEAN CALVIN AU CONSEIL DE GENÈVE. 457 JEAN CALVIN au Coiiscil de Genève. De Strasbourg, 2't juillet 1543. Autogr. Arch. do Genève. J. Bonnet, o. cl, 84. Calv.( >|)i). XI, 597. Magniticques et très lioiH)r('z Scignenrs, Deux jours après le retour de vostre liérault scnlcnuMit. nous avons eu response de la journée de Smcdkald : (lue i)our le jjré- sent les princes et ambassadeurs des villes ne pouvoient rien vuider en l'affaire de Metz : mais que avant que partir ilz en feroient une bonne conclusion : c'est de tenir nouvelle journée pour achever ce qui a esté connnencé : puis que ceux de Metz ne veulent aller oultre, si on ne les i)Oulse. Or leur intention est, de demander sauf-conduict pour eux et ceux qu'ilz vouldront là mener : et cela faict, venir sur le lieu, afiin de presser d'advan- taige. Ces nouvelles ouïes, nous sommes allez, maistr(> Gnillmdme et moy, par devant Messieurs du Conseil de ceste ville, les pryer de nous dire [ce] (ju'il leur sombloit bon de faire, alléguant que nous craingnions que ce ne fust une chose trop longue d'attendre la venue de leurs ambassadeurs, et niesnie (pic j"avoye receu lettres de vous, par lesquelles vous me mandiez, s'il n'y avoit espérance de rien ftiire pour maintenant, (pie je fisse diligence de m'en retourner. Toutefois (jue s'il leur sembloit lyon, maistre Gitillaidnie pourroit encor attendre, de j)eur de rompre le cou- raige aux bons frères de Metz, s'ilz nous voioient i)artir tous deux ensemble. Ainsi nous leur donnions à entendre, que nostre d(^sir eust esté que maisti-e Gudldulme fust (Idiieuré, et (pie je me fusse retiré par delà, jusque h ce (pi^on eust eu certaine résolution. Leui' i-esponse a esté, que s'il y avoit cause trojt iii-- gente, qui me contraignit de n^tourner pai- devers vous, qu'ilz ne m'osoient pas em[)escher, mais cpie s'il estoit |)ossible, le meilleur leur sembloit de ne bouger devant le rctoiii- de l(>urs ambassadeurs : lesquelz ilz espèrent dehvoir estre d'icy à liuict jours en ceste ville. 458 JEAN CALVIN AL' CONSEIL DE GENÈVE. 1S43 Quant aux recommandations, remerciemens et offres, que je leur ay faict de vostre part : ilz ont rcspondu que comme jusque à ceste heure ilz se sont employé en ceste cause : aussi qu'ilz ont bon couraige d(^ ])oursuivre et persévérer à Tadvenir : seule- ment qu'il leur faict mal de n'y pouvoir donner meilleur ordre : et m'ont donné charge de vous faire leurs recommandations, promectans ne faillir à vous escrire par moy. Car ilz n'estoient pas advertis d'avoir messaiger si propre. Aians ceste response, nous avons changé propos, Maistre Gnillaulme et moy. Et ne doubte i)as que vous ne trouviez bon que j'aye suivy le conseil de Messieurs de ceste ville, puis que la chose estoit ainsi doubteuse. Il est certain qu'ilz ne m-eussent pas voulu retenir sans avoir bonne espérance. Nostre Seigneur vueille tellement conduire son œuvre, que l'issue soit encore meilleure. Les frères de Metz aussi de leur costé solicitent dili- gemment. Car le Maistre-Eschevin ancien^ avec quattre bour- geois a esté à la journée : et de présent y ont encor homme. Incontinent que je pourray, il ne vous fault doubtei' que je me hasteray de revenir, et si ce n'eust esté que le terme est si brief, je n'eusse failly à faire un voiage par delà, pour vous faire moy- mesme de bouche les excuses. Mais puis qu'ainsi est, il n'y avoit propos de laisser un ouvrage si bien commencé. Parquoy, Magni- ficques seigneurs, je vous ]n"ye que vostre ])laisir soit avoir encore patience pour ce petit de temps : comme j'espère bien qu'au[s]si aurez-vous : qui est la cause que je ne vous en faiz ])lus longues excuses. Pour nouvelles : L'arclievesqiie de Coulongne est merveilleu- sement constant à medre VÉraiigUe en son ixns. ^ Et est vraye- ' Gaspard de Heu. ^ Voyez, sur Hermann de Wied, les Indices des tomes YI, Wl. — Nous relevons les passages suivants dans la bulle adressée, le 1" juin 1543, aux magistrats de Cologne par le pape l'aul III : <• Vestra... ])ietas et con- stantia semj)er laudata et in ore omnium celebris, nuper splendidiùs fulsit, cum rester Archiepiscopus (si is hoc nomiiie jam dignus est), corrupta sua Diœcesi, etiam suam civitatem vestram corrumpere... conatus est... Quapropter vos, filii, liortamur,... ut in cœpta ]>ietate et constantia perse- vcretis, modis omnibus providentes atque impedientes, ne Lutheraui Con- cionafores, nunc in vicinis locis rugicntes et quperentes queni dévorent, in vestra civitate pr?edicare aut p0])ulum sediuere possint.... » (Aubertus Mirons, o. c, IV, 112.) Io43 JEAN CALVIN AU CONSEIL DE GENÈVE. 459 ment un iiiiraclc tlu zt'K- (iiril a. Car (|iu'l(juc ivsistciicc (iiic hiv face le clci-gé, rimiversité ot la ville de Coulot/r/ne, voire jusciuc à le menacer apertement de le (léj)oser, il ne laisse imurtant de persévérei' plus vifvement ([uc jamais : pj/at/f les prescheurs qui sont avec luy de n'avoir anlcu». esgard à sa jJersonne, ny à son estât, que la réformation ne se face droictement et comme il appartient : d'aultant que sa conscience le jJresse de s'en acquiter devant que mourir. ' 11 a maintenant assemblé les estatz du j)aïs poui- conclurre de mectre ordre et police sur les csglises : et corriger Tidolatrie. ' Car touchant la prédication, il en avoit desjà esté résolu à Taultre fois : ('"est que tout le païs. excepté le clergé et la ville, ont accepté quo TÉvangile se prescliât l)ar tout. Ce pendant, l'Empereur faict ses appareil/ ])Our défendre ses pàis-has contre le Boy,' ou bien se ruei' sur le Duc de Clèves. On ne sçait lequel. Combien qu'il n'est ])as encor fort avant en chemin. Et y a dangier qu'il ne se puisse pas trop fort haster. Car le Turc descend avec grosse puissance, et veult entrer do trois costés en TAlemaiyne. Si cela ne le contrainct de recullei- du tout, si luy sera-ce un retardement. S'il avoit loisir de donner sur le Duc de Clèves, chascun pense bien ([uil en viendroit au-dessus. Touchant du Roy. il a esté empesché par l'espace quasi d'un mois j)0ur les pluies continuelles. Nous avons eu nouvelles depuis quattre jours qu'il se délibéroit de marcher, ])our venir rencontrer le Duc de Clèves. Mais hier nouvelles vinsrent au contraire qu'il reculloit ''. On ne scait si c'est j)our ce que TAn- glois le presse. Et aussi n'est-il j)as certain (pie ainsi soit.' L'Emj)ereur demande des villes artilhn-ies et nninitions h eiu- * Il était âgé d'environ soixant('-s(>])t ans. * Voyez C. Varrentrapp. Hermaiin von Wied und sein Reforniationsver- such in Kôln. Leipzig, 1878, p. 132-177. Zweite Alitlicilniif>-, p. 53-00. ^■^ Au mois do juin, François lavait envahi le Ilalnaut avec plus de trente-cinq mille hommes ; il s'était emj)aré de Landrccies. sur la Samhre, et il foisait fortifier à grands frais cette ville. Mais au lieu de marcher au secours de Guillaume de Clères, que menaçaient les Impériaux rassend)lés à Spire, il s'en retourna à la cour et passa ])resque tout le mois d'août en chasses et en fêtes aux environs de Rr-inis ( Voy. H. Martin, VIII. 2sS-srt). ^ Le 11 février 1.543, Charles-Quinl avait conclu avec Henri VIII un traité, i)ar h'i\\\v\ ils s'engageaient tous deux à sommer François I de 460 JEAN CALVIN AUX DÉPLIÉS GENEVOIS A BERNE. lo43 pninter. Mais il ira pas par tout le crédit quil voiildroit bien. A tant, Magnilicques et très redoubtez seigneurs, après nfestre humblement recommandé à vostre bonne grâce, je sujjplye nostre Seigneur Jésus de vous gouverner tousjours par son sainct esperit, vous donnant prudence et droicture, pour faire Totlice qu'il vous a commis à son honneur et gloire, et au salut de vostre peui)le : maintenant par sa saincte protection vostre ville et seigneurie en bonne ])rospérité. De Strasbourg ce xxiiii de Juillet 1543. Vostre humble serviteur en Nostre Seigneur. Jehan Calvin, (Suscri^tion :) A Magnilicques, puissantz et très honorez Seigneurs, Messeigneurs les Syndicques et Conseil de Genesve ^ 1263 JEAN CALVIN aux Dépiités genevois à Berne. De Strasbourg, ;24 juillet (1543). Autogr.Arch.de Genève. J. Bonnet, o. c. 1, 89. Calv. 0pp. XI, 600. Très honorez seigneurs, aiant eu response de Smalkald, y i^stoie en bonne dévotion et désir de vous aller trouver à Berne, pour m'en retourner de là à Genesve, si je n'eusse esté empesché de Messieurs de ceste ville. La response estoit, qu'il falloit vuider quelques aultres poinctz en la journée, devant que proveoir à l'aftaire de Metz. Toutefois qu'il n'y auroit faulte, que devant le deppart on conclueroit de tenir encore une aultre journée, et sur le lieu mesme, afïin de poursuivre plus vifvement. Et que devant que venir là, on demanderoit sauf-conduict tant ])Our les arbitres députez, que pour ceux qu'ilz vouldi'oient amener en leur com- paignie, sans nommer personne : pour nous y conduire en meil- n'iioiic'cr à ruUianco du Tiirc et à l'assaillir de concert, s'il refusait (H. Martin, 1. c). « Au dos de la Irttrc. on lit cette note de Rufty, secrétaire genevois : <■ De nions"' Calvin. Uecvcu ce ultinin .Iiiilii 154o. •> 1543 JEAN CALVLN AUX DÉPUTÉS GENEVOIS A BERNE. 46i leuro seiireté. Aiaiit oiiy (•('st(> i-osponso, jVstoic d'advis de retourner incontinent jns(jue à ce (ju'il fallut entrer dedans Metz: et ce])endant (|U<' Maistre GuiUauJiitp demeurât icv j)our entretenir les frères de Metz et leur doiinci* lion coui-ai^e de persévérer. Mais Tadvis de Messieurs de cestc ville a esté que nous attendissions tous deux jus(iue à la M'uw de leurs and)as- sadeurs : (|ui sera, comme ilz espèrent, iVky à liuiet j(tui-s. J"ay bien voulu obtempérer à leur conseil, veu (pie tant fidèlement ilz s'emjjloient en cest att'aire. Ce pendant je vous recommande de prier le Seigneur, quil ne ))ermecte que j(> m'en retourne sans faire quelque fruict : i)uis que j'ay d(>sjà tant attendu. .le le l)i*ieray aussi de ma part de conduire Taflaire au(iuel vous estes, tellement que du tout il vicmue ;i ])onne issue. VA le i-emercieray de bon cueur. quant j'en ouii-ay (|ue|(|U(N nouvelles, telles que je les desir(\ Je n'ay point loisii- de vous escrire des nouvelles tout au long. Et aussi je ne vous en sçauroie guères mander que de niaulvaises: excepté de l'archevesque de CouJongne, lequel monstre une mer- veilleuse affection à tousjours jU'omo[u]veoir l'Évangile. Il est vray que la ville et univ(n'sité de Coulongne cIYcc le clergé y faict toute résistence qu'il peult : mais d'aultant ])lus a-il de constance et fermeté à procéder oultre. C'est aujourd'huy le premier jour qu'il commence de consulter avec les estatz du pais de mectre ordre et police en l'esglise. Je diz pour en résouldre et exécuter ce qui sera accordé. Car la forme en est di^sjà composée. Si le Seigneur luy faict ceste grâce d'avoir le consentement des estatz. ce sera ])our rompre la raige des adversair(>s. L' Em])ereur faict tousjours ses apprests pour d(^scendre vers Brahant, soit pour repoulser le Bog ou pour ruer sur le Duc de Clèves. Mais il ne se haste pas fort d'ai)procher. Et aussi il n"a l)as son cas prest. D'aultre j)art il y a dangier (jue le Turc ne le retarde : lequel descend avec fort grosse puissance, ])0ur assaillii- l'Aletncdgne par trois costez. S'il pouvoit marcher, le Duc de Clèves ne le sçauroit soustenir, s'il n'avoit ayde du Roy, lequel a esté empesché des pluies d'approcher. Naguères il avoit com- mencé de ce faire, et estoit desjà assez avant, mais le bruirt est qu'il reculle. On ne scait si l'Anglais le retire ])ar force. <^)uoy qu'il y ait, c'est une chose fort i)itoiable de voir une telle déso- lation par toute la Chrestienté. Nostre Seigneur par sa miséri- 462 PIERRE TOUSSAIN A MATTHIAS ERD, A RIQUEWIR. 1543 corde infinie vueille regarder les misères où nous sommes : et combien que nous soions très dignes d'en porter d'advantaige, qu"il luy i)laise de retirer sa main, nous donnant l'esperit de recongnoistre noz péchez pour nous réduire à luy. Sur ce, très honorez Seigneurs, après m'estre de bon cueur recommandé à vostre bonne grâce, je prye le Seigneur de vous assister en l'affaire auquel vous vacquez, vous maintenant en bonne prospérité. De Strasbourg, ce xxiiii de Julliet. Vostre serviteur et bon amy, Jehan Calvin. (Siiscriptioii :) A très honorez Seigneurs, Messieurs les Am- bassadeurs de Genesve A Berne'. 1264 PIERRE TOUSSAIN à Matthias Erb, à Riquewir. (De Montbéliard) 29 juillet 1543. Inédite. Autogr. Arch. de l'église de Baie. S. Gratiss.[imumJ mihi fecisti, frater in Domino dilectissime, quôd ad ea quœ petebam ' responderis. Nam etsi ego ipse vide- ram olim xwiesens et Viteherga^ et Norobergœ ^ quee scrïbis, exis- timahani tamen ea omnia ah eo tempore in melius imttata esse. Et mallem nostros potiùs respicere quae nobis mandat Dominus Deus, quàm quod illic fit, majoremque a'dificationis rationem liabere quàm proprii sensus ac voluntatis, quum verum sit quod scribis, vehenienter periculosum esse novam ecclesiam à papismo repurgatam ad instarque vicinariim ecclesiarum institirtam, uo- vis Cœremoniis ac legïbus onerare^. Quanquam videam Ducem * Note du socrétairo genevois : « Recepta a Berne, 28 de Julliet 1543, de inonsi' J. Calvin de Estrabourgs. » ' Il fait iieut-ètre allusion à sa lettre du i mars (N" 1210, reuv. de n. 9, 10). * Nous croyons qu(> c'est entre 1533 et 1535 que Toussain visita les l)rincipales villes réformées de l'Allemagne (III, 286). ' Cette réflexion (VErbius se rapportait aux églises du ]\Iontbéliard, 1543 PIERRE TOUSSAl.N A MAITHIAS EUlt, A lUnLEWlU. 463 nosirum Christophorum in hoc esso ut, nohis (luaiitinnvis rcchi- mantibns ac (lissuadciitibiis, CivremoHue in D/imi/f Wirfeinher- fioïtsl a ScJufppJfio inlitiv liîc vnlfî(Mvtni- et oltscrveiitiir '. In (luibus si quid fucrit à nostris dissiniilc (ut nuilta suiit ilissinii- lia), facile judicaro potes quàni otîendctur iiostci- i)Oi)uius et lui'c tota vicinia. Exenipli gratia : hahemus lue nostrum catecliismum, nostnim prœscriptum et consuetum in san-amentis aflmiiiistran- dis modum% aliaqiio id genus, qua' si nuuc mutes. (|uid dicot poi)ulusV Item ahrogata siint Virginis et Sanctorum feinta, (juod haec gens illoruni cultui vclu^menter essot dodita, (jua' si rcsti- tiiontur, quid cogitabunt intirmiV quid dicent adversariiV Nonne hoc fucrit Ministeriuni nostrum j)rostituoi'o, idolohitriam sta])i- lire, ac infirmas conscientias magis quàm unquani antea i)ertur- bare et confundore? Sod quid hîc facias, fratcr in Domino charissime? *S'i aheo, meis ipsis fortasse videbor niihi malè con- scius abire, aliis nu^im ocelosiam turpitcr deserero. Si maneo, hoc niultis improbal)itur, et in dies moriar potiiis quàm vivam, ha?c videns otfendicula. Sed de liis tamen adeô te nolo cuiquam quicquam scril)ere, ut ista velini apud te esse sepulta donec me- liùs viderimus quid volet Dominus Deus. Verhi Minister ille qui rniper venit, Joannes nomine ', natione Bavarus, homo non indoctus, astate satis matura, compositisque moribus, videtur bonus vir esse, et optiniè (spero) inter nos conveniet, nisi fortasse vel hominibus quibusdam plus a'(iuo sit addictus, vel (quodabsit) in Aula corrumijatur. Bene vale cum réformées successivcincnt, dès 1535, sur le uiodMc de l'Kglisc nciicliàti'- loise, et auxquelles le due Christojjlie voulait imposer la liturgie et les céré- monies du Wurtemberg. * Voyez la lettre ([''Ehrhnrd Schuepf àw 3 .juin, N" 1243. '" Xous ne savons quel catéchisme était usité à Montbèlidrd, mais nous ne doutons pas que la lifur(f/e ne fût celle de Farel. Le catéchisme inséré (aux ff. 33-37) dans la L/tnrijie irurtenibergeoise éditée ])ar Sclmi'])!'. était peut-être celui de Gaspard Grdter ou de Jean Brentz (Voyez Sduiurrer. Erlauterungen der wiirtemherg. Kirehen-lîcforniations- u. (ielelirtcn-Cie- schichte. Tûbingen, 1798, j). 179, 184). ® Outre les quatre grandes fêtes (Xoël, râ(iues, l'Ascension, la rente- côte), la Liturgie précitée du 3 juin 1543 indique (ft". 7, 8) la Circoncision, l'Epiphanie, le Jeudi saint, le Vendredi saint, l'Annonciation, la fête de la ])uritication, la fête de chacun des Apôtres et celle de St. Jean-Baptiste. ^ Joannes Ancjelander (Engelmann) précédemment pasteur à Gross- Engersheim. 464 PIERRE TOUSSAIN A SIGISMOND STIER [A RIQUEWIR]. 1o43 tratribus tuis et meis oiunil)us. quos lirecor ut Dominus Deus ecclesiae suse sanctcTe quàm diutissimè servet incolumes. Si scias qidd scrïhat mit sen.t'ud Luiherus de adoratione Encharis- tise, fac obsecro ad mo scribas. Nam hactenus hona conscientia dociii et doceo adorandam illam non esse, hnaginesqne in teniplis Ciiristianorum nonferendas^. Id quod hîc qiiosdam malèhabet, prsesertim eum quein tu in literis tuis nominasti, quanquam non sit solus verœ religionis adversarius nostrorumque malorum author; sed alios adhuc minus institutos habemus, paucissimos verô qui verè et ex animo gloriam Domini quferant. Et destituti sumus nostro Cancellario '■' : qui si istic adhuc est, eum mihi plu- rimiim in Domino salutabis, ineque. quum fuerit occasio, Illus- trissimi Principis nostri Georgii clementise ac Celsitudini com- mendal)is. Yale iterum. De opéra i)ro vino ad me misso sumpta gratias non ago, sed faxit, precor, Dominus ut aliquando referre possim. 29 Julii 1543. TUUS P. ÏOSSANUS. Ego vas tuum quàm i)rimiim potero remittam. (Inscriptio :) Summa eruditione ac integritate prjçdito viro D. ]\Iattliise Erbio, ecclesiîe Richenvillensis pastori, fratri suo in Domino dilectissimo. Ptichenvilhp. 1265 PIERRE TorssAix à Sigismoiid Stier [à Riquewir.] (DeMonlbéliard, août (?) 1543.) Inédite. Autogi-ai)lie. Arch. de l'église de Baie. S. Si Dominus vellet et res tuœ ferrent, vehementer cuperem te hîc manere, qiiod nohis ahesse non possis sine magno detri- mento Imjus ecclesiœ. Quod autem scribis, ut si quid Ei'bio nos- tro scribere velim. id jxt te faciam : quum tu uostra omnia me * La litiirji'ic (k- iScluiepf ne dit lien dos images. ' Siyismond Stier (Voyez la lettre suivante). 1543 PIERRE TOrSSAlN A SK.ISMOM) SUER [A RIQUE\VIr|. 4G5 iiK'liiis teiiras, et illi laciliits iiarrai-c ])()t('ris (luàin cj^o scrihcrc. sujx'i'vacanca pssot moa o])istola. Hoc soluiii prccor. ut lioniiiicm luihi in Domino diannu et ol)sorvaii(linn |ilui-iiniini saintes noniinc nioo. NosIi'iidi^ lue appelhiri de concione, ca qiia potiii lenitate, sed dicit se suos Jiahere iwœceptores, Lutlterinn rideli- cet et Brentiuni, à (jnihus discedere nolit, nihiïqi(e vel docuisse vel docturum quod illi non doceant. Qï'torînn (inoniam cf^o (diter ox Ycrbo Doi, Duce- etiani ijra^sonto, docui, ot scio corani Domino impinm esse commcntnm. docf^-c, privceptum de Imaf/i- nihiis esse cœremoniale, niliil(iu(' nnnc ad nos ])ertinere, et de aliis qnilmsdam (ut video) ei-it (luotine controversia, et liîc pro arbitrio et doctrinam et ceremonias invertere volent, vide, ohse- cro, cum Erhio quid in ea re opus sif facto. Nam Impc me graviîis l)erturl)ant qnàm ut vel verbis vel literis explicare possim, j)rîe- sertim quod rideam huuc nostrwn'^ wdlam lue ecclesia' uostne rationem ludAturum, sed quse volet solùm, si])ique persuasum liabet, ant leget in libris suorum prseceptornm, docturum. Qme tamen intra nos contine])imus donec vulgare fuerit necessa- rium, Sed gratissimum tauKMi mihi fecerit Erhius, si nomine illius suppresso, de his ad me ac c^eteris quae antea ad eum scripsi judicium suum et sententiam scripserit. Vale in Domino Jesu, per quem tibi omnia laeta ac fausta precor, oroque nt me lllustrissimi Principis Oeorgii clementiae ac Celsitudini diligen- ter semper commendes '\ TUUS totUS P. TOSSANUS. (Inscriptio :) Ôrnatissimo viro D. Sigismundo Tauro, Cancel- lario, Domino suo et tVatri plurimùm observando. 1 •=' s C'est le personnage mentionné dans le N" 1201, renvoi di' n. 7. - Le duc Christophe. * Tonssain n'a pas marqué la date, mais elle est a])iiroxiniativfment déterminée par le rapport qui existe entre la ])résente IrttP' et la précé- dente. T. VIII. 30 466 FRANÇOIS DE MANDALLAZ AUX HABITANTS DE GENÈVE. 1543 1266 FRANÇOIS DE MANDALLAZ^ aux habitants de Genève. De Cernex^ 9 août 1543. Inédite en partiel Antograplie. Ardi. de Genève. Messiurs le syndiques, conseilliers, citoiens, bourgois et liabi- tans de Genève, sy luini])leniant que fère puis à voustre bonne grâce moy recommande. Messiurs, les hénéfices receu de vous, qui jadis ne avés j^ermis à aucuns mes émides et adverseires particuliers, qui per lors avoënt le primat en voustre cité de Gœnève,/ère à lur dessor- donn.ée volunté de moy % qui sy humblemant que à moy est pos- '"^ Ce personnage appartenait à une famille savoisienne. On trouve, en 1482, un Mandalus, secrétaire à Turin, et, plus tard, à Genève un Mandola exerçant les fonctions de vidomne {vicedominus) au nom du duc de Savoie (Cf. les Recès des diètes suisses, vol. de 1529-1.532, pp. 1517, 1521, 1523. 1561). En 1530 François de Mandalhtz était l'un des procureurs fiscaux de l'évêque Pierre de la Baume. Il dut quitter Genève en 1535 ou 1536 et devint curé du village de Cernex (anciennement Sernex ou Chernay) situé, non dans le Pays de Gex, comme le dit Amédée Roget, mais à 4 lieues au sud de Genève, dans le décanat d'Annecy. * A. Roget (Hist. du i)euple de Genève, II, 76, 77) en a cité librement quelques passages. * Allusion à son différend avec les frères Vandel et le grand-vicaire^ Amé de Ghigins. Bonivard (Chroniques de (ieuève, 1867, II, 410-412) en parle comme il suit : « Matidulle estant procureur fiscal avec [Thomas] Wandelli/, n'estoit pas d'accord avec son compaignon, à cause que l'ung tenoit pour la ville, à sçavoir Wandelly, et l'aultre pour le Duc [Charles III], combien que ce fust secrètement : et fiiisoit des choses beaucoup contre les libertez de la ville, non sans le consentement secret de son maistre, qu'estoit à tous ventz. » Mandallaz ayant fait incarcérer un jn'ètre auquel s'intéressaient les frères Vandel, le grand-vicaire lui ordonna de le relâcher. Mandallaz, au lieu d'obéir, « dit un vilain outrage contre M. le Yicayre. » Celui-ci requit le Conseil des Deux-Cents « de le faii-e fort » contre son subordonné; et, en conséquence, l'insulteur fut saisi au château de Peney, sur les terres de l'Évêque, et emjjrisonné à Genève le 24 juin 1530. Pierre de la Baume, qui était alors absent, usa de représailles et fit arrêter plusieurs citoyens. loi;3 FRANÇOIS DE MANDALLAZ AUX IIAHITANTS DK GK>'ÈVK. 467 sible vous iiuTcie : et iMsiurs antres luonaintés p((\i\tirnlil'res per plisiurs de vous envers moij feites: moij ont induit à désirer voiistre spiritiielle et cor por elle prospérité : de sorte (juc pci- jili- siurs foys suis esté en délil)ération vous escripre. Et toujours ereiute de vous irriter et desj)leii'e uioy a eui|)éclié juscjue à présant. que la vi-ave clicrité, amour et dilectiou (|ue en .IIk'sus jo vous |)orte a eliasst' de mon cucui' la dite ciTintc : cai'.sv/r/////// la midtitude des vonstres jornellement estre exterminée de ce munde par le gleive divin de pestilence, ne mou P'^^-'> ^d'X' de vous condoloir et contenir de vous remantiier' que vous prédé- cessiirs, en toutes lur adversités et tribulations de i^este, de guerre, de famine et en toutes autres nécessités que lur surve- noént, avoënt recours à Dieu et feisoënt par les ministres de nostre seincte mère église, prestres séculiers et réguliers, fère prières, sacrifice et ohlation, sacramentelle du p)récieux corps et sang de nostre créatur et rédemptur JJiésuclirist : et par belles, dévotes et générales processions et letanies imploroént la glorieuse vierge Marie, les ordres angéliques de paradis, seiiict Pierre, prince des appostres, voustre patron, et tous les seinctz et seinctes estre intercessurs jjour eulx envers la majesté divine : et par lur dévotes et continuées oraysons ont toujours apeisé la ire divine et de Dieu impétré grâce : et par les susdit moyens sont esté délivrés de peste, de famine et de toutes autres ti-il)u- lations : et ont toujours évité la guerre^ : eome |)lisjurs foys depuis XL ans j'ay vlicu : et croy que aucuns de vous en ont bonne mémoire : i)ar quoy ne est nul bessoing les vous esc.rii)re. Et au tamps de vous ancestres, la cité de Genève estoit à toutes les autres cités de la christieuté exem])leire de dévotion : et en étrangers à cette affaire. Il écrivit aux Kribourgeois, que s'il n'obtenait pas réparation, il aurait recours à l'Emjx'i'cur et aux princes chrétiens (N'oy. le Journal du catliolique Jean Balanl. Genève, 185-i, p. 278, 279). Le duc de Savoie prétendait aussi que sa juridiction avait été violée. Les (ienevois ])roposèrent vainement que le procureur tiscal fût échangé contre Botii- vard, prisonnier à Chillon. Pantin, sur la requête de l''riliourg, et après de longs pourparlers, « Xoble Louis de Mandalluz « olitint. le 1!) septembre, la libération de son frère. Mais, dans l'intervalle, l'Evêque et le Duc avaient levé des troupes et ameuté contre Genève les Chevaliers de la Cuiller. L'au- teur des ('lironiques ])récitées a donc ])n dire que l'arrestation de Mandallaz fut l'une des causes de la guerre de l")oO. * Vous rap])eler. 468 FRANÇOIS DE MANDALLAZ AUX HABITANTS DE GENÈVE. 1543 céi'iiiioiiios, office, hoiinur et cuit divin, entre toutes cités la pre- mière et plus excellente : et sy bien de Dieu ])rotégée que bien sovant dormiés suavemant en vous couches, estant les portes de la cité la plus part de la nuit overtes : et nul ennemis vous don- mageoif. Et sy bien \ per aucung sien occulte jugemant, Dieu a permis [que] ayés per aucung temps répudié la susdite dévotion et office divin, toute foys ne veut que continués à leiser le beau temple que en voustre cité en son nom a esté édifiez, désert du divin office et de la très sacrée oblation du précieux corps de nostre créatur et rédemptur Jhésuchrist : ne ausy que mettes en oblivion les belles et généralles processions que aviés acous- tumé fère en (lenève : à cause de quoy, à ce que puis com- prendre, Dieu, qui a cure de tous Immeins et singulier emaut de ceulx desquieidx Hz ne veult la damnation, vous veuglant révo- quer et réduire en la voye de dévotion de vous prédécessurs, permetz la mort pestiféré soy peistre des corps de plisuei~s (sic) de vous concitoiens, comboiirgois et cohahitans de Genève : car les maulx que soutirons bien souvant nous coinj)ellisent * à nous retorner à Dieu et à le prier mieulx que ne feit prospérité. A cause de quoy, jnir les viscères de la miséricorde de nostre créatur et rédemptur Jhésuchrist, tant humblemant que fère puis, vous supplie avoër pitié, compassion et miséricorde de vous- mêmes : et par les susdit moyens, come vous prédécessurs pour le passé ont feit, mettre et fère diligence de apeiser la ire de Dieu, de qui la main âpremant vous touche per peste. De quoy je suis (tesmoing Dieu, qui est scrutatur des cueurs des hommes) très dolant et marri. Se vous le feites, j'ay perfecte confiance au père céleste, qui est le père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, que ilz aura miséricorde de vous et vous ])erdonra vous péchés et vous consolera en toutes vous tribulations : et fera cesser la peste de entre vous : et sera voustre protectur et deffonsur contre tous vous adverseires visibles et invisibles. Au quel, jour et nuit, tant dévotemant que fère i)uis, je prie vous vouloir per sa infinie miséricorde perdonner vous péchés et ® Cos deux affirmations duront paraître ridicules à des hommes qui avaient lutté i)eudaut près de vingt ans pour leur indépendance, et qui l'avaient conquise au prix de tant de périls et de sacrifices. ^ Et liien que, etc. " Nous contraifiiieiit. loi:i IIARTIIÉLEMI DES PRÉS A HENRI BULLINGF.R. A Zl IIK II. 469 iiisjjircr à cnsiiivrc (Mi (Irvotioii vous |)iv(lécessurs'' : et pd- sa soincto grâce vous présci-vci- de pcstf et de tdiitis autros mala- dies, adversités et tribulations : et ii tous vous vouloir (htimcr en ce munde très bonne et lono-uc \U' : et aj)rès, la vie pcrdu- ral)lc de paradis. De Sernés, ce *) de auost '" 1 r)4;), per Voustre (ténioing Dieu) très liuniblc scrvitur l't (.ratur Fransois de Mandallaz, très indigne prestre. (Suscription:) A Messiurs les syndi(iues, conseilliers, citoiens, bourgois et habitans de Genève ". 1267 BxVRTHÉLEMi DES PRÉS à Henri Bullini>er, à Zurich. De Venise, 11 août 1543. Inédite, Autograi)he. Archives de Zurich. Barptolemeus Pratensius 1 Bullingero s.[uoJ S. D. P. Et absentium ignotorumque virtutes, ornatissime Bullingere, ^ Ces exhortations devaient trouver aussi peu de prise que l'Épître du cardinal Sadolef (Voy. notre t. V, j). 201-60). Tous les citoyens genevois avaient juré, au mois de mai lô.SO, de vivre sous la loi de l'Evangile. D'ailleurs, on n'avait pas oublié à Genève que, i)eiidant les dernières années du régime épiscopal, la plupart des prêtres et des dignitaires de l'ancien clergé s'étaient montrés les pires ennrmis de la ville {(ï. t. III, 'j). 31.5, n. Ul; IV, 245, n. 3, 246, renv. de n. .5; V, .S29, n. 2), et (Voy. Balard. o. c, p. 271-77). Aussi le Conseil décida-t-il, Ir 15 août, (lu'on n'aurait pas égard aux « folles paroles» de Mandallaz, et qu"on lui répondrait parla parole de Dieu, « (|u'il est ignorant de la vraie lumière. » Ce fut Caîriii qui, ])eii ajtrès son arrivée de Strasbourg, réjjondit au curé de Cernex. '** A. Roget indique i)ar erreur la date du / / août. '^ Le sceau, d'assez grande dimension, porte trois barres, qui traversent obli(juemcnt l'écu. ' Nous itrnorons les antécédents de Barihêhnni des Pris, natif de Fonte- 470 BARTHÉLEMI DES PRÉS A HENRI BULLINGER, A ZURICH. 1543 è longinquis locis odoramur atqiio suspicimus, atque eœ qiiidom. quô siiiit in homine qiiopiam majores, eô magis in sublimi loco positœ aifulgent iis qui procul absunt. Atque ut navigantes in alto ad consi)ecti pliari lumen cursum dirigunt, ita ceteros mortales facere arbitror decere, ut in quo homine excellentis virtutis splendor emicat, inter hujus vitœ huinanre tenebras, ad eundem concurrant seque recipiant veluti ex obscuritate, id est, eorum benevolentiie ac fainiliaritati insinuare se studeant. Qua de causa, utar in presentia literarum bono, quô magis obligatio- nem amicitite, qua ti])i me devinxit singularis docti'inœ rarique ingenii tui admiratio, firmam judices, et tanquam syngrapha contirmatam habeas. Neque verô mirum til)i videbitur aut pror- siis temerarium, quôd tiln incogniius literis meis obstrepere atque interpellare studia tua ausus sim. Est enim hœc pi'opria et singularis clarorum virorum ratio, ut ab ignotis diligantur, absentibus interpellentui-, familiares iis sint quos nunquam viderint. Meam itaque audaciam velim condones lucuhratiommi tuaruni exceïlentise, qiiœ te apiid lieruni memn, Regium in Jiac Repn- hlica oratorem ^ maxima ingratia posnerunt, me verb tihi addic- tissimum reddiderunt ^ Quod ego til)i non potui non signiticare. quô magis uniuscujusque referre arbitror, ut omnes suas facul- tates norit. A'enetiis, 3 idus Augusti 154.-). &' Maturinus Virginius, Fontenieusis apud Pictones, in (Tallia. nay-le-Comto, dans le Poitou. Il nous ajiijri'iid lui-mèiiif qu'il remplissait les fonctions de secrétaire chez l'amliassadeur de France à Venise. Peut- être était-il frère de Pierre des Prés, sieur de la Court de Chiré, près de Fontenay, personnage qu'on surnomma plus tard h curé de Chiré (Bèze. Hist. eccl. 1.580, I, 764), mais qui terminait sa lettre du 1" mars 1.562 à Calvin en signant : « ]M.[inistre] de Chiré. » Voy. Benj. Fillon. L'Église réf. de Fontenay-le-Comte, 1872, p. 26. - La charge d'auihassadeur de France à Venise fut tenue de 1540 à 1541 ])ar Guilluiinie Pellis.sier, évéque de Monpellier. Il eut pour succes- seur, en 1541, Georges d'Armagnac, évêque de Rodez (Cf. Moréri, art. Armagnac). En 1543, l'ambassadeur français à Venise était Jean de Mont- luc, évêque de Valence dès 1553 (Cf. Papiers d'État de Granvelle, ni, 1). ' Voyez la lettre de Parthél. des Prés à BuUiniier du 11 novemltre 1543. 154:] PIKURE TOLSSAIN A MATTHIAS KHB. A IU( tl K\\ III. 471 1208' PIERRE TOissAix à Mallliias Eib. à Hi(|iu'\vir. De Monlbéliaid 11 août 1543. Inédite. Autograj)lio. Arcli. de Téglisc de IVAhi. S. Chai'issime et obscrvaiidi' Iratcr. Jainjaiu iiiilii iiidiravit coiniimiiis iioster aiiiicus Cancellarius^ miiitiimi se istiic mit- tore, si quid ad te forte serib(n-e vellem. YA j^ratias ago tibi quàm possum maxiiiias pro tua de nobis soUicitudiiie, toque por Dominum oro, ut nos somper et i)r('('il)us et consilio adjuvare pergas. De vino jjudet nie, te totios olitundoro : cœtorùm (pio- niam me uiti-o invitas ad tuani liumanitatem abutendam. et misisti optimum et milii, meo judicio, si unquani aliud l)ibi, saluberrimum -, si liujusmodi très vol quatuor o;>/a'', sive plus aut minus, ut sese ofîeret commoditas, adhuc mihi cini possit, gratissimum fuorit, Quod ul)i signiticaveris, vas simul et i)ecu- niam mittani. Et si aurigam non statim nactus luoro, mihique vinum servetur, ego acceptis tuis litoris preeium por Caifcel- lar'mm primo quoquo temi)ore mittam. Quôd si nos Dominus Deus in proximam vindemiam servaverit, orabo te ut de medii aut circitor boni alieujus novi vini voetura milii jjrosjiicias. Id quod ad te familiariter scribo, non ut quen(|uam grav(Mn, noc tam ut loculo quàm valetudiui consulam. ([uod vix credas quanto cum corporis natura jdus satis imbcM-iliis dispeudio. vinum hîc hactenus quod foré venit, l)i))erim. Sed nibil est dims iit Pr'ni- ceps noster Georgins intelligat nie hac lu i-ctua iiti opéra. Bene vale, vir amicissime. Mon])elgaril;e postridio i-nurcntii iri48. Tuus (\\ animo P. Tossams. (InscripUo :) T'idelissimo Cliristi scrvo 1). Matthiu' Krbiu Ecclosite Richoviilensis pastoi-i. fratri et amico suo chariss. Richenvilljp. 1 Sigismond Stier ÇS"- 1205, 126fi). ^ ToHSsnin snuftVait rl*^ In iiTavcllc. ^ De rallemaml Ohm, (Jhme {mnn\). 472 JEAN CALVIN AU CONSEIL DE GENÈVE. 1343 1269 JEAN CALVIN au Gonseil de Genève. De Strasbourg, 13 août 1543. Autogr.Arcli.de Genève. J. Bonnet, o. c. I, 91. Calv. 0pp. XI, 602, Magnificques et très honorez Seigneurs, Les huict jours que Messieurs de ceste ville nous avoient re- quis d'attendre, se sont convertis en trois sepmaines : et encor n'en avons-nous point résolution finale. Car leur principal am- bassadeur * n'est pas encor retourné de la court de l'Empereur. Et c'estoit celluy qui pouvoit déclairer les choses, affin que sur son rapport on print conseil. Toutefois ma conscience me presse de ne plus délayer. Car je ne doibs pas estre mené tellement d'affection de servir à la ville de 2Ietz, que je ne regarde le debvoir que j'ay envers vous pour y satisfaire. J'ayme mieulx avoir perdu un volage, que de si longuement vous défaillir. Pourtant j'ay proposé du tout d'aller pour la dernière fois dedans trois jours par devant Mes- sieurs du Conseil, et leur déclairer que je ne puis plus attendre : et, ce fait, m'en retourner par delà : sinon quil [1. que] l'entrée fust preste desjà à Metz : ce qui n'est point à espérer. Car le Conseil de Metz, au lieu de respondre aux protestans, a envoie par devers l'empereur, pour avoir une alonge : et mectera poine de reculler tousjours tant qu'il pourra^. 11 est vray que Nostre Seigneur pourra bien rompre toutes leurs machinations et les dissiper. Et le principal est de le prier qu'il nous vueille adres- ' L'ancien bourgmestre Jacob Stunn. ^ Voyez la p. 404, lig. 7-20. On lit dans Seckendorf. IH, 4()() : « Literas ex foiiventu [Smalkaldensi] die 19 Julii, duces fœderatoruni ad seiiatum [Metenseni] dederunt, seriô liortantes ut et maledicum illum [scil. Vcd-ohim] compescerent, et secundùni pacta ipsorum rogatu inita condonatorem evangelicum tuerentur. Offerunt etiani, si senatus id peteret, theologos mittendos, qui rdigionis evangelica^ rationem redderent et cuni adversa? ]»artis saccrdotibus disputationeui instituèrent. Responsuni senatus non invenio. Praîvaluit antiquaî superstition is studium et autoritas cleri. » 15i3 LE CONSEIL l»E STRASBOURG AU CONSEIL DE GENÈVE. 473 ser en son œuvre. Car aultrcinciit nous u^ iJi-otitci-oii^ i-idi. u'cu consultant, n'en faisant tout ce (lui sera en nous. Mais j"a(l- viseray de suivre le ])lus })rochain (j4ril nie nionstrei-a, c'est-à- dire de m'emitloirr envers ceux de Metz, tellement (lue je ne vous frustre poinct de mon service. i)uis qu'il m'a s])écialement obligé à vous. A tant, ma^nitire Mous'' Calvin de Estrabotirff, ce 22 Au<ïnsti 1.543. » * Cette lettre du 18 juin au Conseil de Strasbourg est imprimée dans les Calvini Opéra, XI, .5(J!). Nous avons donné (N" 1247J la lettre française que les magistrats de Genève adressèrent, le susdit j'uir. au Conseil de Bàle, et qui est, en ])lusieurs jioints, de même teneur. 474 LE CONSEIL DE STRASBOURG AU CONSEIL DE GENÈVE. 1543 vestro, adsimus contra Petrum Caroli, qui Metu doctorem agit, qui etiam, quô de principio cursui Evangelii obstot, cum ministros onmos Evangelii, tuiii Calvinum pra'cipuè calumniis gi'avat et accusât luereseos. Ac quomafhnodum ox literis vestris intel- leximus, ita sose ros habet. Nam, ut etiam ex aliis cognovimus, Carolus apud Metenses yàm inenses aliquot suis criminationibus plurimùm obstat et otiicit Christi evangelio. Qua indignitate etiam nos comj)ulsi" unà cum religionis nostrce sociis nuper, inter cnetera postulata, petivimus a Meteusihiis ut Carolnm juberent de his calumniis, ])rœsente C(dvi)w atque Farello, rationem reddere : eaque de causa ambo ajiud nos aliquamdiu hœserunt, ut si conventus de hac re^ baberetur, pro Evangelio et pro se ipsi sese defenderent. Sed quoniam a Metensihis nondum quic- quam, utque utrinque erat decretum, responsum est, et cum socii religionis nostrœ SmcdkaJduv sinuil fuerint, rursus Metensïbus scripserunt ', ut facerent quemadmodum convenisset, et Petnis Caroli de suis criminationibus responderet, et nostris provide- rent ut qui mitterentur legati, tutô ])i*oticisci jjossent, id quod non solùm ad defensionem personarum. sed etiam ad utilitatem religionis plurimùm conduceret. Sed adbuc nibil a Metensibiis, quod nos quidem sciamus, responsum est. Calvhius verô atque Farellns suo oflfttio atque voluntate rationibus religionis non defuerunt, et bucusque ai)ud nos expectarunt. Yeruntamen quoniam ignoratur an responsuri sint Aïetenses, aut quid sint resi)onsuri, et fortassis in longum tempus bœc causa extrabetur, aut nibil in eadem elaborabitur : consilium dedimus Ccdvino atque Farello, qno ad suos i^edirent et ecdesias sïbi coiiimissas curarent. Quod si fortassis aliquando Metenses diem ad coUo- quium statuant, signilicabimus in tempore, quô sua religio- nisque causa adsint. Ac quia uterque, Calvinns atque Farellus, religiosè et sanctè apud nos vcrsati sunt, quemadmodum decet eos qui studiosi sunt Evangelicœ doctrinœ et veritatis, de qua re nos ipsis ultro et libenter testimonium damus, à vobis petimus ut Calvinum de hac mora atque expectatione excusatum hahere velitis, si in hac causa elahoratum non sit : isque vobis pro suo erga vos vestramque ecclesiam singulari officio sit commendatus. ^ Sous-ontciidu Mel/s. * Voy<'z If X" j)n''C('(l('nt, note 2. lois LE CONSEIL DE STRASBOURG Al X CONSKII.S liK NKICHATEL. 475 Nos otiam vicissim. si (|ui(l in liujusinodi ivhns f.iccrc iiotorimus qiioil gratiim vobis sit. scdiilù id et tidditcr siiscipicimis. Datji' XVI. Augusti Aiiiio Doiiiiiii m.u.xliii. '^ (Insen2)tio :) Fnuiontihus et i>iii'claris aiiiiris et viciuis suis c'harissimis Syndicis ot Senatui GencvcMisis civitatis '•. LE CONSEIL DE STRASBOURG aux Coiiseils de Neiicliatol. De Strasbourg. IG août 1543. Inédite. Maimscrit original. Arch. de Neucliâtel. (Traduit de l'allemand.) Aux honorables et discrets le Gouverneur, les Ministraux et magistrats de Neucliâtel, Nous offrons, nous Pierre Sturm, Bourgmestre, et le Conseil de Strasbourg toute amitié possible et tout bien. Chers amis, vous connaissez le différend qui s'est élevé et qui dure encore entre les magistrats de Metz ot tz devaient contraindre le susdit 1)'' Pierre CaroJi h reiidn'conii)ti' de ses accusations en présence des iirémentionnés jPr^>c/etCV//r/y/. A cet effet, ceux-ci ont passé dans notre ville un temps assez long, et ils ont attendu le nidiiH'iit où ils pourraient se justifier et rendre compte de leur doctrine. Mais parce que ceux de Metz ont traîné l'affaire en longueur jusqu'à présent, et n'ont pas (Micore répondu à la lettre récente que nos alliés de la religion leur ont adressée de Smalhilde», et * Note du secrétaire soiievois : <■ D'Estralmiirir 27 Augusti 1513. •■ (v dut être aussi la date du retour de Calrin à Genève. 476 LE CONSEIL DE STRASBOURG AUX CONSEILS DE NEUCHATEL. lo43 qu'on ne peut pas non plus savoir s'ils veulent y répondre et forcer Caroli à se présenter au colloque, — nous avons conseillé à MM. Farel et Calvin, qui ont attendu bien assez longtemps, et dont Tabsence pourrait être désavantageuse pour les églises qui leur sont confiées, de retourner chez eux et de pourvoir leurs églises de la sainte doctrine. Et nous leur avons dit, que nous ferions en sorte qu'ils fussent appelés à temps et en mesure d'ar- l'iver et d'assister au colloque, dans le cas où ceux de Metz fixeraient un jour pour cela. Ils y ont tous deux consenti sur-le- champ. Mais les frères de l'Évangile à Metz nous ont demandé avec instance que M' Farel voulût bien attendre jusqu'à ce que notre ancien bourgmestre, M. Jacoh Stnrm, qui est maintenant auprès de notre très gracieux seigneur Sa Majesté Impériale, fût de retour et pût s'entretenir des affaires avec lui. Et comme cela concerne les affaires religieuses, et que les pieux chrétiens de Metz peuvent en recueillir de la consolation, nous avons sollicité ^I' Farel de jn'olonger encore son séjour. Il n'y a consenti qu'avec i)eine, désireux qu'il est de rejoindre son église ^ Aussi vous prions-nous très amicalement de ne ])as lui en vouloir à cause de sa temiiorisation, mais de considérer qu'elle était néces- sitée par les affaires de l'Évangile à Metz, et, en conséquence, de tenir M"' Farel i)our excusé. Nous serons toujours empressés à vous rendre semblable service, si l'occasion s'en présente. Donné le jeudi 16 Août, l'an, etc., xlih. (Suscription :) Aux Nobles, discrets, le Gouverneur, les Minis- traux et magistrats de Neuchâtel. ' De la lettre de Farel du 5 septeml»re suivant, comparée avec la note 4 du N" 1270, on i)eut inférer qu'il rentra à Neuchâtel vers le 24 du mois d'août, après une absence de plus d'un an. APPENDICE DES TOMES T, If, VIT, VIII |95bis CLAUSSEQUiN D'AYS à Francois de Hannonville \ à Meiz. De Tliionville, 17 octobre 1524. Autographe. Bulletin de la Soc. de l'Hist. du Protestantisme français, 1880, |). A'û. Beati estis cnni maledixeruiit rohis homhtes, etc. Très cher frère en Jhésucrist, salut! Et vous })laise savoir que j'ay dernièrement receu voz lettres-, du contenu esquelles ne me puis assez esmerveilhM' : néantmoins (pic je croy vérita- blement le tout estre de Dieu, car aultreniciit ne ])ourroit vciiii- à clarté l'hérésie du pa])e et de ses adhérans. Aussy est-il néces- saire ([uMl viengnet des scandales. Ve autem per queni'\ etc. Au suri)lus, très cher frère, sachez que moy estant eu la coiii- l)aigni(> de sept ou huict personnaiges, tant nobles (pic aiiltrcs * Voy. dans notro t. IV, p. 436-39, los deux lettres adressées en 1524 par F. (Je HainioiiviUe à ClaHS'seqio)i (VALr, seiiriioiir d'Ancy et Solirne. ^ M. N. "Wciss (liullctiii cité, ]>. 457) dit que la pr(^seiite lettre répond à celle de Hannonville (mai 1524) qui annonçait l'arrestation Ae Jean Chas- iellain (IV, 430). ^Nlais il nous jjarait ])i'n ])rolialili'. vu In pruxiniité- de Metz et de Thionvill<', que Claussequin eût attciulu (piatre mois pour répondre. Nous croyons que ])ar ces mots : « j'ay dertnèretnent reçu vos li'ttn's, » l'écrivain fait allusion à une missive plus récente que celle du mois de mai. * Citation abrégée dr révansile selon St. Matthieu, cli. xviii, fin du v. 7. 478 CLAtSSEQUIN d'AYS A FRANÇOIS DE HANiNONVILLE, A METZ. 1524 gens de bien, Clément de Gorse ' m'a reproché qne j'estoye lutJié- riste, et que le bruit est parniy la cité que j'ay faict venir le hon disciple ^ à présent en la main des Juifz. Et davantaige, que in- continant que j'ay [sjceu sa prinse, que m'en suis fuy et absenté hors de la dicte cité*^, et sans ce qu'il estoit conclus quelque chose secrète contre moy et aultres. Sur lesquelh^s paroles luy ay donné une gracieuse resi)once (^n i)renant le tout en pa- cience, de bon cueur, car tous les assistans sont tous bons évan- gélistes, et sçaivent bien les tortions dessusdictes, etc. Et, très cher frère, sachez que me donne merveille (\\\q Bacca- reti me détient ce que le hon miré m'a envoyé de Bdle \ et vous prie qu'il vous plaise enquérir secrètement que ce peult estre. Et, pour des nouvelles, sachez qu'il est bruit i)ar des(;a qu'il y a une grosse armée ensemble pour destruire les évangélistes ^ et veullent comancer à Moiibéliair, comme pourrez ouyr d'aultres plus à plain. * On l'appelait ainsi ])arc(' que son père était originaire de Gorze. ^ Claussequin veut-il parler ici de Jean Chastellai)i ou de Jean Védaste (Cf. l'Index du t. III)? Ils étaient alors tous les deux prisonniers, le pre- mier à Nomény, le second à Metz. La qualité de disciple, attribuée à Chas- tellain ne devrait pas nous étonner, quoiqu'il fût âgé d'environ cinquante ans (I, 346). Depuis qu'un cordelier surnommé « le Bon-Disciple » était venu de Montbéliard pour prêcher l'Évangile à Metz (I, 371, n. 5), son surnom était peut-être usité entre les Messins pour désigner un évangéliste, ® Voyez la réponse de Hannonville du 21 octobre 1524 (IV, 438, renvoi de note 3). ' « Ce Baccareti ou Baccarat était notaire (Auguste Prost. Corneille Agrippa, sa vie et ses œuvres. Paris, 1881, I, 382) et il avait été chargé par le bon curé, c'est-à-dire, sans doute, par Jean Rogier Brennon, curé de Ste-Croix, à Metz, de remettre à Claussequin deux livres allemands sur lesquels estoit escript Luther; il s'y était refusé parce qu'il craignait « plus le pappe que Dieu icy. » C'est évidemment Claude Chansonnette qui conti- nuait à envoyer de Bàle à Jean Rogier ce qu'il envoyait auparavant à Agrippa. » (Note de M. X. AVeiss. Bulletin cité, 1886, p. 4.57, 458). A notre avis, « le bon curé » désigne Didier Abria, qui séjourna assez longtemps à Bàle en 1524 et 1525. Voyez son article dans l'Index du t. III,. et les pp. 386, 388, 406 du t. V. ^ Nous ignorons les circonstances qui avaient donné lieu à ce bruit. Ce fut seulement au mois d'avril 1525 que Claude de Lorraine, comte de Guise, rassembla à la hâte six mille honnnes, pour marcher à la rencontre des paysans allemands qui menaçaient l'Alsace (Cf. Sleidan, I, 261. — René de Bouille, o. c. I, 80, 81). 1525 l'IKRHK TOISSMN A ul ILLAI.MK FAllKI.. A SlUASlKil [{C. . 479 Trrs clici' tVorc, sache/ ([uc vosti-r aljsciicc me poisc mais jVs])èn'(iii('(iii(^lqU(' Jour serons eiisenil)le en vrayi' amour clires- tienne, aidant le bon Créateur, le(iuel veulle donner sa grâce à tous ceulx (jui la desiront. A Tliionville, ce xvn" d'octobre, l"aii m.xv wini. Le tout vostrc Clausseqli.n I>avs. Fostdatnni. Sachez, frère, que ce dinianclie xi'de ce mois t'ust icy ^nif/ père deschanU de Mets, lequel feisf m/f/ seruioi/ toUde- meid selon VÉvangïlc. Et s'il vouloit continuer, il nièneroit le l)euj)le de icy fort légièrenient à bon port. Nomen ejus frater MicJtaël ^ (Suscription :) A mon très cher frère Fran(;ois de Haiinonville. etc. A Metz'". 149a piEREE TOUSSÀIN à Guillaume Farel, à Strasbourg. De 13àle, 20 juin 15:25. Manque Voici le résumé de cette lettre', te! (lu'il se trouve dans les Observations séculaires de Paul Ferrij (^lanuscrit de la Bibl. de Metz :) « Lettre latine de Pierre Toussait/, escrite de Basle le 20 Juin 1525 à Farel, (jui estoit à Strasbonnj, où il luy mande ce qui s' estoit passé à Metz depuis le départ du dit Farel'- : Que le len- demain il avoit eu commandement de sortir de Metz pi-ompte- ' On ne sait i)as antre chose de ce personnage. ^" Panl Ferry a écrit snr l'original la note suivante : <• On rci)roclie à Claussequin qu'il est luthérien. Frère Michaël de Mi-tz iiresche l'Evangile à Thionville. » 1 M. le bibliothécaire Henri Hurtin a iiieii voulu nous en (•(>niiiiuiii(iner une copie. Nous lui présentons ici nos reniercienients. 2 Le départ, ou plutôt la fuite de Farel, dut avoir lieu « un peu avant la St.-Jean, » entre le 11 et le 15 juin 1525 (Voyez le t. I, p. 338, n. 5). D'après la déposition de Jean le Clerc, (jui nous seniiije inexacte (V, 111, n. 50), Farel serait resté à il/ef^: jusqu'au T.» juin. 480 iMERHE TOUSSAIN A GUILLAUME FAREL, A STRASBOURG. 1325 ment, à peine de la vie; qu'il estoit allé au Conseil en demander la cause, qu'on ne luy avoit pas dite ; qu'au sortir il avoit trouvé sur la place Androuyti Roucel'\ le maistre-Esclievin, se pro- menant avec quelques gentilshommes, etc. Que le peuple assis- tant avoit eu grand desplaisir de cela; que si le chevalier, qu'il dit estre toujours veritatis Evangelicse 2)ropugnator stremdssi- mus (et qui estoit le S' Nicole d'Esch \ comme il appert par une lettre que luy escrivit Farel de Strasbourg le 9 .Tuillet 1 52G....) qu'il ne nomme point, y eust esté, il y eust eu sédition; qu'ayant eu advis que s'il ne sortoit, la nuit on le mettroit dehors et seroit banny à tousjours, il s'estoit résolu d'obéir (son but estant de se conserver le moyen et obtenir liberté de retourner), et le messager qui avoit promis de le conduire s'en estant ex- cusé, — jugeant par là qu'on luy dressoit quelque embusche — il s'estoit retiré à Basle en toute diligence. Que des orateurs de Metz le nommé Pliilippe % loi's absent, favorisoit fort à l'Évan- gile; que, comme il vouloit monter à cheval, Nicole Boucel, qui estoit maistre-Eschevin l'an de devant et luy estoit devenu amy ^ ayant ouy ce qu'il avoit dit en sa cause, luy avoit envoyé offrir son service et tesmoigné le desplaisir de le voir si fort persé- cuté par leurs Ordinaires''. Tesmoigné avoir regret de ne s'estre comporté un peu moins chaudement, et n'avoir connivé à plusieurs choses, ny monstre tout ce qu'il avoit en l'esprit. S'il peut obtenir son accommodement, qu'il changera son canonicat contre une cure, non qu'il ait envie de regagner leurs bonnes grâces, mais i)0ur avoir la porte ouverte pour annoncer l'Évan- gile, ce qu'il souhaite au i)éril et à la perte de sa vie. Et, en un 2)ostdatuni , l'advertit de dire aux marchands de Metz, s'ils alloient à la foire à Strasbourg ", qu'il n'estoit allé à 3Ietz que j)0ur voir la ville et Messire Nicole d'EscJi''. » * Androuin Boucel était sans doute parent de Nicole Moucel (renv. de n. 6). * Voyez l'Index du tome Y, et, en partieulier, les pp. 38.5, 386. *• Philippe {(VEscli Y) l'un des orateurs de Metz. * A comparer avec le tome V, p. 387, lignes 1-3. ^ C'est-à-dire les officiers de l'Évêque, lequel était alors absent (I, 365, 866, 368, lig. 16). * Elle commençait le 26 juin. ® Depuis son procès avec François de Gournay (Y, 386), le chevalier Nicole d'Esch ne résidait i)lus à Metz que rarement. l')2tj GUILLAUME FAREL A NICOLAS d'eSCH, A METZ. 481 179 a GUILLAUME FAREL à NicoluS (rEscIl, à MolZ. De Strasl)ourg-, 9 jiiillrl l.riG. Manque Le niinistro Paul Fcitv (M1 doiiuc le im'suhk' suivant, (pii nous a été obligeamment commiuii(iué par .M. Henri lUirtin, bibliothé- caire de la ville de Metz : « Une lettre de Farel escrite de Strasbourg, le 9 Juillet 1526, à Nicolas d'Esch, luy rend tesmoignage de constance en la vé- rité, et àdvis que Faber Stajmlensis a\ oit auparavant traduit en françois le N. T. et les Pseaumes * pour aider à la vérité, et [que] pour éviter d'estre adjourné au Parlement, comme il avoit esté adverty qu'on vouloit faire ^ s'estoit retiré à Basle et de là à Strashom-g, sachant qu'il y estoit : oii il estoit arrivé peu devant la Toussaint, et y avoit passé l'hyver avec luy et sept ou huit autres chez Ccqnto'^; la joye qu'il avoit eue d'y voir la réforma- tion''; et qu'il avoit esté rappelle en France '\ où il estoit re- tourné et avoit esté embrassé par François I, retourné de sa I)rison d'Espagne. Parle de Testât d'alors de l'Académie de Strashourg^, de la diette de Spire'' ; dit que plusieurs ])endent [1. déi)endentj de Luther et d'autres hommes, qui puis après auront la pure cognoissance de Dieu : lesquels il faut sup])orter Au-dessous de ce qui précède, on lit dans les extraits de Paul Ferry : « Autre lettre latine de luy [^Toussahi] escrite de Paris au dit Farel, le 14 Novembre [1526]. Semble que de Basle il y fust allé, et qu'il y escrivoit souvent bkmdè, si forte aliquaiido putebit aditus » (Cf. t. I, 418, n. 3 ; 444, 462-465). 1 Voyez notre tome I, N" 69, 79, i)p. 132-38, 159-69, 220, 221, 223, note 21; t. IV, p. 431, 435. '' Cf. I, 401-403. * Tome I, N"' 167, 168, pp. 405-415. * I, 481; V, 402, renvoi de note M; VllL p. 275, renvoi de note G. ' I, 421, note 6. 6 I, 433, note 11. ' TomeV, p. 400, 101. T. \aii. 31 482 HU.MBERT DE PRA.ROMAN AUX CBANOINES DE LAUSANNE. 1329 jusques à ce qu'ils soient grands en Nostre Seigneur. Fait men- tion d'Erasme dissimulant, et du petit tils^ du dit Nicole d'Esch, qui estoit à Strasbourg; se recommande à M. son frère ^ et à Begnaut^^, fils de son dit frère.)) (Observations séculaires de Paul Ferry. Tome 2. Siècle XVI°'% § 390.) HUMBERT DE PRAROMAX ' aux Clianoiiies de Lausanne. De Friboiirg, 2 décembre (1529). Inédite. Autographe -. Manuscrit de notre collection. Mangnifiques, spectables et vénérables mes [honorés] Sei- gneurs, tant et de sy boun cœur que fè[re puis] à vostre boungne grâce me recoraande. Messieurs, y let venu par devant Messeigneurs Micliiel [Guil- let^], se conplei[g]nant que vostre révérende Seigneurie n'a « T. V, p. 412, 413, 417. »-'" Philippe et Regnault d'Esch (V, 408, lig. 14; 416, reuv. do n. 8). * Il apj)artonait à une famille considérable, qui a donné sept avoyers au canton de Fribourg, et il fut avoyer lui-même pendant les années 1528 à 1530. * Le papier étant rongé dans la marge de droite, nous avons dû suppléer plusieurs mots à moitié détruits. ' Le nom de famille a dis])aru, mais nous le suppléons sans hésiter. Un différend qui souleva les plus violentes inimitiés existait alors entre les frères Michel et Jean Guillet (N" 1189, n. 2), d'une part, et le Chapitre de Lausanne, de l'autre. Michel Guillet, mayor perpétuel du village de Crans* (où le susdit Chapitre possédait l'église, la juridiction et une notable partie du territoire), s'attribuait, à cause de son office, plus d'auto- rité que les chanoines de Lausanne ne voulaient l'endurer. Un paysan de ce village, Jean Poux, surnommé le Merloz, les vengea en fourrageant la maison de Guillet. Celui-ci le fit arrêter à Genève. On lit, du moins, dans le Registre du Conseil, au 19 janvier 1529 : « Negotium odibile du Merloz. De incarccrato ad instantiam Guillieti, qui fecit partem crimiiuvlem, et * Situé à une lieue S.-O. de Nyon. lo29 HIMBERT DE PRAHUMAN AUX CHANOINES DK LM SANNE. 483 poyën vosu asoj)té la lostrc (nw Mess™ vous avioiit cscripte* i)ar sy-devant. Dont Mess'" vous esci'ii)fvont^j, vous j)naiit (|uo ancoro so vouliés fôrc de niafi-clit'''! ])6uv bycn de i)ays ", et ])Our éviter i)lus gross incoiivt'iiycii comant seons ([uc se^ et plus attenta coniiiaritioin' I). lùihri. iiomine Capifuîi Lausannensis, et audit'ia querelis parte Dominonim de Capitulo, et etiani illis Guillirti, I)"' conclii- serunt ut justicia miiiistretiir, qiiùd ipse detentiis exaniiiietur, et liât ipsum respoiidere, attentis iuformatioiiibus siiinj)tiï^. » Selon Bouivard (Cliroiiiqiies, II, 409, -410), « Guillet le lit ]»i<'ii(lrc et gehenner, eu laquelle jïéln'nne il coufessa, oultre le fourage, aulcungs meurtres. Mais nonobstant tout cela, il fut cogneu et prononcé innocent l)ar la court du lieu [c. à d. de Crans], où les i)aysHns jugent selon la cous- tiime du jjavs dïllec, qu'est au pays de Vaud, et fut contrainct Guillet à le lascher. » Cette libération irrita les bourgeois de Lausanne. On lit dans la liste des griefs qu'ils formulèrent en 153.3 contre leur évëque et le clergé : <> il/3/, de Chapitre, tous en général, ont soustenu Iouï temps ung homme nommé le Merloz, lequel az estez favorisez d'eulx et az fayt beaucop de mal et l'ont... fayt tirer hors de prison; en après luy ont liailliez des gens pour luy aydcr az rompre la mayson de Johan G uilliet et tailUer arbres et arrachés vignes. Et jamays ne volurent hijve justicez : duquel mal messieurs les ambassa- deurs de Fribour l'ont vieu et sçavent comment illen vaz. » (Recès des diètes, vol. de 1533-40, p. 87. — Ernest Chavannes. Extr. des Manuaux de Lausanne, n, 343). Bezanson Hugues écrivait, en effet, de p'ribourg au Conseil de Genève, le dimanche 8 août 1529 : « Demain se tiendra ici le Grand Conseil pour l'affaire des Guillet, et, à ce que j'ai pu entendre, ils euvoyeut ambassadeurs à Crans pour voir le beau f/oucernement, et soyez sûrs qu'il en viendra du mal et bien grand, et appercevrez en bref que le déluge tombera sur les chanoines de Lausanne et peut-être plus avant » (Bezanson Hugues par J.-B.-G. Galiffe. ]Mém. et Doc. de la Soc. d'Hist. de Genève, XI, 510). *'° A notre connaissance, ces deux lettres n'existent plus. * Des marches. On a])pelait ainsi des conférences entre les arbitres élus ])ar les plaideurs de deux États confédérés. MM. les chanoines ne se pres- sèrent pas de recourir à un arbitrage. On sait, par les Docum^ns sur le Pays de Vaud, 1817, p. 212, que Noble Jean Guillet, « à cause de l'office de la mayorie de Crans, » se présenta devant la cour d'appel du gouverneur et bailli de Vaud, ù Moudon, les 30 août, 15 novembre et 19 décembre 1529, et que sa cause y fut successivement « déduite » contre messires les chanoines Jean Musard, Henri Sapientis et Pierre Perrin. Le 15 no- vembre le prévôt et le Chapitre firent défaut. C'est seulement à propos de la seconde incarcération du Merloz à Genève (8 juin 1530) que Balard dit : ' Le différent avoyt esté desbatu à Rome et jniis à Frii)ourg et à la marche » (.Journal cité, p. 273). ^ Pour bien de paix. 484 HUMBERT DE PRAROMAN AUX CHANOINES DE LAUSANNE. 1529 grosse c[omant] savés. Considéré les ocurant qiiy 'pour le pré- se[ut sont] touchant seste histériène seste **, et mêmemant en vostre vile, est non pas généralemant, niés par aucun particulier, à se que j'entens, qui font plusyœurs menase, y lest à crayndre quy ne h[ayent] quéque intéligense'". Parqiioy je vous prie, corne seluy quy désire estre vostre boun amis, de considéré à quoy l'église est venue, cornant savés, et que de présent n'est pas de hesoyén de f [ère] se que l'on pouroyëthyen^K Et considéré que se MeS"'^ n'estiont, à quoy vous seryés, et aus[si] de vostre esfat^^. Dieu nous doyënt, par sa grâce et miséricorde, vertu [etj pui- sanse à la mentenir '^ ! Auquel prie à vostre mangnifique et véné- rable Seigneurie dongner bougne vie est longe. De Fribourg, se 2 de Décembre [1529 '*], par le tout vostre serviteur HuNBERT De PraroiMan chevallier '\ (Suscrijjtion :) A nobles, spectables et vénérables S'^ Mess'"" de Chapitre de Lausanne, mes tré honorés S'"'*. ® Veut-il dire : plus gros inconvénients comme sont [ceux] que [je] sais ? ^ Cette luthérienne secte. L'Évêque et le Chapitre de Lausanne la signa- laient déjà au clergé genevois dans les premiers jours de février 1528. Le dernier registre du Chapitre de Genève contient cette note du secrétaire Jean Martini : « Veneris, 7 februarii 1528. Mihi commissa littera missiva destinanda de D"» Episcopo Lausannensi et Capitulo ejusdem loci, pro pessima secta leutherana abhorrenda » (Arch. de Genève). '" Allusion aux trois tentatives que Farel avait faites à Lausanne en octobre et en novembre 1529 (Voy. notre t. II, N"' 2G2-266, pp. 197-206). Le jeudi 9 septembre, même année, le conseiller fribourgeois Pierre Arsent avait été envoyé à Lausanne, pour se plaindre de ce que le curé de Gressié (Gressy), près d'Yverdon, avait été chassé par quelques Lausan- nois (Arch. de Fribourg. Livre des Instructions). " C'est-à-dire, le temps où nous sommes devrait vous conseiller la modé- ration. ** C'est comme s'il leur disait : N'ayant pas d'autre appui que mes Sei- gneurs, vous feriez bien de suivre leurs conseils. ^^ Maintenir l'Église. " Le millésime est déterminé par les faits indiqués dans les notes 3, 6 et 10. En décembre 1530, le langage de l'écrivain eût été ditiérent. Jean Poux, « le fourrageur » n'existait plus. A la réception d'un ordre de Rome, le capitaine fribourgeois Wilhelin Cheseaux, dûment autorisé par ses supé- rieurs, avait enlevé le Merloz à Crans, dans la nuit du 7 au 8 juin 1530, et l'avait emmené à Genève, où celui-ci fut condamné à mort le 16 juillet. (Reg. du Conseil. — Balard, o. c. 273, 274, 277. — Bonivard, 1. c.) LA CLASSK ItE NEUCHATRL A LA CLASSK liK MiiMlil- 1.1 \ Ul>. '(S5 LA CLASSE DE NEUCHATEL à la ClassG de Monlhélianl. De Ne n clin loi fmars lôU ' ?) Inédite. Miiiuto originale 2. Bibl. des pasteurs de Neiiehatel. S. Peints Tossunnsfrater noster s'Kju'iJicdr'ii ii()hts'\ ros coin- muni consensu ad gloriam Doinini, scandala vitaiida, veranique inter vos charitatem servandam, instituisse, ut si quis ex vobis privatim in re privata à fratre liesus aut offensns esset, vel aliquid in eo rideret, aid de eo aiidiret non ita magna dignum animadversione, ])rivatim fratrem ea de re admoneretis. >Sed si frater in fratre videret aut de eo audiret quodferri nonposset sine detrimento gloriie Dei, niinisterii dede^ore et ecdesise offeii- dicuJo, iitpote si quis de fornicatione, ebrietate, falsa doctrina, liœrcsi, aut aliis id genus accusaretur, eum qui sciret, aut audi- ret de fratre uUo aliquid liujusmodi, dehere coram fratrïbus amicè indicare, quô accusatus se purget, et absolvatur si inno- cens sit, vel si sit facti reus, fratrum senteutiaui et correctioïKMu ferat, aut si necessarium fuerit. i-es ad Magistratum referatur. Q^iod quidem pium instiiutntn restrum veliementer laudamus et ^^ Il s'est qualifié « clievaiipi- » et iinii Avoyer, parco qu'il écrivait offi- cieusement. '® Le manuscrit ])orte les incisions ordinaires et des traces du sceau. 1 Voyez la note 3. ^ Cette lettre, très endommagée, est de la main de Pierre Toussarn. On ne peut su])])()ser qu'il l'ait com])Osée, mais il en a i)eut-être écrit la minute sous la dictée de ¥arel : ce qui exjiliquerait i(>s nombreuses ratures que présente le manuscrit, surtout au milieu et à la fin. Au reste, il est certain que la missive fut envoyée à la Classe de Monthéliard, puisque Pierre Foret, dans son Apologie, en cite tout le commencement jusqu'à Quod quidem pium insfitufam. ^ 'J'oussuin avait fait une visite aux pasteurs de Neucliàtcl, en mars lô-iL II écrivait à Farel, le 4 avril suivant (VIT, 7S) : « l'necipua causa quare ad vos mense Ajuili |1. .Martin] ])rofectus sum, erat quôd Micliaël [Dubitatus] Foreti causam... defeiulendam suscipiens, j)alàm rejecisset coHsIitufionem nosfrani, de erratis qua' ferri non possunt, ajiud fratre>< amicè indicandis. » 486 LA CLASSE UK JSEUCHATEL A LA CLASSE DE MOiMBÉLL\RD. loil cvpinobamns, ministerio et vestra societate iiidignos jiidicantes qui liuic sauctie ordinationi siibscribere et subjacere nollent. Eosqiie abiiti Scriptiira qui ad institutum hoc rejiciendum addu- cuiit illa Christi : a Si peccaverit in te frater, etc. * » Eos verô fratres qui seniel subscripserunt huic vestrœ ordinationi, ean- dem posthac non posse rejicere, aut contemnere, sine perjurio et manifesta iniquitate, etc. Ad id autem quod idem Tossarms ex nobis petiit, quid de fratre ministro judicaremus qui ex sua statione et ecclesia, sive sciens, sive nesciens, decem pueros passus esset aliô ad papistas ferri baptizandos % noc unquam verbum ullum ea de re ad fratres retulisset, nec ad supremum niagistratum, — eum non minis- trum Christi, non episcopum, sed ventris mancipium canemque mutum judicaremus, indignum cui oves Christi committerentur. Ad hœc, si frater aliquis fratrem alium apud alium aut alios ex fratribus privatim seriô accusaret de hseresi aut falsa doctrina et rem esse certam afïirmaret, judicamus eum vel eos fratres qui hoc audissent, nulla ratione reticerc posse, sed mox fratribus indicare debere, accusatum vocandum, diligenter examinandum et audiondum, etc. Et ut hœreticis et perversse doctriuie doc- tori])us, censemus non esse credendum Verbi ministerium, ita dicimus eos qui maligne et falsô fratres de hujusmodi crimini- bus accusant ", non fratres [nuncujpandos nec viros Verbi Dei ministros esse, sed perfidos ac nebulones, gravissimaque pœna dignissimos. Quôd si multùm clamemus adversùs aliorum vicia, et nostra ac fratrum crimina togere ac dissimulare voluerimus, Dominus nos malè perdet. Prteterea ad conservandas ecdesias, nudtaque mala vitanda, jndicamus esse necessarium, ne ecclesise quenquam recipiant ac Yerhi ministerio pirseficiant, ahsque honesto iestimonio' . Et ora- mus vos per Dominum no quem ex nostris, nobis insciis, et sine nostris literis recipiatis, promittentes vicissim vobis, nec nos quidem ex vestris ullum unquam in fratrem et ecclesiœ ministe- rium [recepturos] qui, relicta sua statione sine fideli à vobis * Évangile selon S. Matthieu, X\1II, 15-17. *"^'*' En comparant ces passages avec la liste des griefs articulés contre Tierre Furet (Vil, 237-239), on voit que c'est lui surtout qui est visé dans la présente lettre. ' A comparer avec le t. VII, ])p. 103, renvoi de note 1): ICI, note 5. 15il LA CLASSIL DG NELCIIATëL A LA (LASSK IIK MOMUÉLLMIU. 487 testiinonio Imc veniret, daturosqiio oixM-am ut ai)U(l alias (iiuxiuc ecdesias Gallkaiias oa lox servetiir. Quandoqiiidcni certioH est non esse serros Dei, sed erronés et nel^doiies, qui desertis ecdesiis et provhiciis suis, sine certa vocafione, et insciis fratrihus jam hue jam illuc se conferunt ,^ etc. Sed ojJtima quœqite de vohis omnibus, nohis promiftimus et expedmmis, cousuleiites vobis iu Domino, ut si qiiis((iiiod al)sit) ex vobis vos intortiirbare vellet, ot saiiis tVali-um consiliis acqiiiesccre vestramque monitioneiii et côiTcctionem recipere nollot, ilhim j)i'o fratre non liaboatis sedojiciatis i)otiùs, scientos quantum malorum et incommodi jam doderint çcûq'&W^ pseudo- minisfri quidam, quôd statini in cos non sit animadversum, sod eos magistratus ac fratres diutiiis tulorint quàm dobcbant. Sed gaudemus vos talem hahere Prindpem et magistratum Jidum, qui ut verorum Christi servorum verè sunt amantes ac studiosi, ita neminem ferre velint (ut nulla quidem ratione ferre debent) qui suo rcctè non fungatur munere. Ad quam rem si sedulô sempev ac diligenter advigilarint, malosque statim protligarint ac puniverint, non deerunt illis boni viri, et cuni fructu in eorum ditionibus ])ra^dicabitur Evangelium Christi. Qui vos, charissimi fratres, ecclesiae suœ sanctœ, in unitate sjjiritus et charitate vera quàm diutissimè servet! Valete. Fratres vestri Farell. Capunclll'S. Barbari.nus et cieteri. (Inscriptio :) Ministris classis Monbelgardensis. Vilnlcentio N^. Gratum fuit milii intelligero ex Tossano, studium tuum. fidem ac synceritatem in tuo ministerio, et obsecro te per Domi- num Jesum ut ])ergas. Vale cum iixore et Jiliolo. 9 Vincent Hortin, ami de Toiissain (^7, 400, YÏI, 153. 171). et suc- cesseur de P. Foret dans les paroisses d'Ktobon et de Bianioiit. 488 LES CANTONS ÉVANGÉLIQUES ET MULHOUSE A FRANÇOIS I. 1541 1005b LES CANTONS ÉVANGÉLIQUES ET MULHOUSE à Fcançois W De Zurich, 25 juin 1541. Inédite. Minute originale. Arch. de Zurich. Copie communiquée par M. le D' P. Scliweizer, archiviste d'État. Delata est ad nos, serenissime atque cristianissime rex, angus- tia miserorum regni vestri, qui partim Oratianopoli et ceteris dicti regni urhihus et locis in carcerïbus, partim itaqne in miser- rimo exilio, quo cum liberis suis miseris manent ob piam evan- gelicœ religionis doctrinam, quam in Christo Hiesu nobiscum habent communem, gravantur molesta nturque. Quod nobis ex commiseratione Cristiana qua illis afficimur non modicum doloris mœroi'isque attulit. Quum autem magnorum princii)um officii sit piam Christi religionem summa tueri virtute, celsitudo ita- que vestra non ignoret religionem ii)sam multis et variis majo- rum erroribus esse obfuscatam, neque eam debito et evangelico ordine tractari, et aliquando veris cristianœ doctrinse sectatori- bus à malevolis id vicii impingi, quôd publicorum motuum omnisque inobedientise et rebellionis auctores sint (quod tamen à pio cristiano alienissimum est, cum evangelica doctrina nil nisi caritatem, quae omnibus subjecta est, doceat), preterea nos ex multis argumentis benevolentiam Celsitudinis vestrae, bonum itaque et amicissimum illius in nos animum se])enumero cogno- verimus, — spe promptae exauditionis, Cel. vestram oh Cristi salvatoris nostri amorem precamur, ut, semota indignutione in suos concepta, illis heuigne parcere eosque nostri intuitu regia gratia amplecti et à vincidis dimittere, relegatosque et exules calamitosos revocare, ac regio decreto ordinare dignetur ; neque * Voyez la lettre que les Protestants d'Allemagne adressèrent à Fran- çois L le 23 mai 1541 (t. VU, p. 126-128). Les N"' 972, 973, 974, 979, 997, même volume, donnent beaucoup de détails sur l'intervention des Evangé- liqucs de la Suisse et de rAllemague eu faveur de leurs coreligionnaires de la France. i lo'll LES PASTKUIIS DE STRASitOUKCi AUX CIIANOLNES DE METZ. 4SI) contra conscientiam confessionem doctrime pnedidu' sacra scrrp- tura fundatie ahjicere cof/at/fiir, cwn id sit morte acerhms.Quiwo ut hac in ro erga mis(>ros illos se tam clomcntom rogia vostra majestas exhibeat, etiain at(}ue etiaiii omniiis, qub(\ \\. qiioV| sentire valcant, nostras i)rocos illis fiiisso iVuctiiosas. Per id vestra Col. apiid cnnctipotoiitem Deiim oiinicscjnc j)ios cristicolas non modicinu laiidis at(iue benovolontia' obtin('l)it, nobisque perinde rem faciet gratissimani, quam casibus contin- gentibiis sunimo conatu ac benevolontissinio animo erga rogiam vestram majestatem reliquiimque tlorentissiminn regmini indc cuncto temi)ore rependere studebimus : (nunn Deus Optinius Maxiniiis ineolumem semper et regni suiaugustum {sic) conser- vare dignetiir. Ex Tiguro Elvetiorum, su!) ur])is illius sigillo, vicesima qiiinta junii MDXLP. Cel. vestrœ paratissimi MaGISTRI CIVILM, CONSULES ET SENATORES AC SENATUS URRILAl ET CIVITATLM ElVETI.E, TiGURi videlicet, Bern.ï, Basile^e, Schaphusii ac Ml'lhisii ET Sancto Gallensis. (Inscriptio :) Serenissimo juxta ac cristianissimo et potentis- simo régi et domino, Domino Fi-ancisco, Francorum régi, etc., domino et amico nostro clementissimo ^ LES PASTEURS DE STRASBOURG aux ClianoJnes de iMetz '. De Sli'asljoui'g, ^5 i)clui)re I5il. Inédite. Minute orig. Arcb. du Séminaire protestant il Strasbourg. Copie moderne dans la Collection Sinder à Zuiidi. Composée par Martin Blcer-. {Ad hlasphemos Metensium Canonicos Epistola.) Misericordia Domini illuccat Vobis, ut Christi tandem jugiim. * La ré])onse du Roi est datée i\>- .Moulins, ol juillet lôll. Nimi- Tav^ns publiée dans le t. VU, p. 212-214. 490 LES PASTEURS DE STRASBOURG AUX CHANOINES DE METZ. lo4i siib que salvari tantùm potestis, admittatis, nec frustra frangere coneiniui, convitiarique in vostram ipsorum pernitiem, praecli- cantibus et recipieutibus illud, aliquando desinatis! Relatum est ad nos pridem et nuper, quàm gravïbvs et in nos, et in eos qui nohiscum consentiunt in religione, vel ad nos mi- grant, criminationihus, iisquefaïsissimis debaccJiemini, tanquam homines impios et religionis Christi hostes acerrimos. Memineri- tis primùm homines esse vos, deinde in Urbe arnica nostrae liabitare. Nam ut memineritis quid Christianum et Canonicum nomon postulet, cum nec quid utrumque significet cognoscere videamini, non audemus nionere. Rogamus itaque vos, ut vel liomines vos, vel vicinos, habitantesque apud amicos nostne Reipub. cogitetis, ut tam inipotentibus et plané inipiis calumniis contra nos vobis aliquando temperetis. Scriptune toti sacrée nos, et omnihus omnium Conciliorum veterum Synodis Jîdem cerfam hahemus. Cunctos Episcopos et Populos qui in Christo Domino salutis suae tiduciam totam ponunt, idque confessione tum oris, tum vitae testantur, vel eatenus, ut non numerandi sint inter eos de quibus Paulus pronuntiat. quùd nullam habent in Regno Christi partem, ut membra nostra in Christo amplectimur, A nemine discedinms, neminem rejicimus, vitia modo manifesta in dodrina, ceremoniis et disciplina Ecclesiœ correximus. Non po- tuimus, et sanè per vestrî similes adversarios maxime impediti (quanquam et nostra ipsorum et nostrorum hominum inlirniitas nobis ea in re o])stiterit plurimùm), et corrigere et restituere omnia ad formam Christi et apostolicam, ut cui)imus et elabora- mus. Sed non cessamus in hoc studio et conatu. NuUam igitur caussam hahetis, ut nos hsereticos vel schismaticos criminemini. In vita eorum qui nostram doctrinam ore projitentur, multa cidpari passant : multô enim ubique plures vocati, quàm electi : nec uspiam desunt qui pietatem cum verbis confiteantur, factis negant. At quid Vos ipsi) cpiid vestrif Canonici dicimini, et opes magnas Ecclesiae, hoc est Christi et pauperum, absumitis : at quotusquisque inter vos est. qui unquam seriô cogitarit ad eam rationem vitam suam instituere, (juam Canones requirunt? * Nous avons dt^à mentionné cotte pièce (Vil, 445, n. 3) à propos de la lettre des pasteurs strasbourgeois du 26 mars 1.542 à Matthieu de la Lande, prédicateur catliolique à Metz, * La minute a été écrite par son secrétaire. Io41 LES PASTELRS DE STHASItdL lUi ALX CHANOINES DE METZ. A[)l Unde scilicet et nomon hoc habetis, et istis o])ibus ahutiiniiii. Legite cap. : In omnibus De Conser. dist. 5, et cognoscite quœ sit régula Caiionicorum. Jam verb h^resis est et idololairia Ca- nones Ecdesiœ p(dàm contemnere. Ita, (lui non vocatur légitimé, sed Canonicatum invaserit ulla caniali gratia, amhitionc vel pretio, is Simoniacae haereseos tenetur, et ejici omnium Chris- tianorum consortio débet. Qui ullani susi)ectam mulierem domi alat, vel adeat, aut adeuntem se sustineat, depelli sacro ministe- rio (b^bet. In quo si non pareat, inter inipiOs et ab Ecclesia aliè- nes liabendus est. Qui in Presbyterorum ordine constituti, non prœdicationi Yerbi Dei, qui in Diaconii gradu non eleemosyna- rum curœ intenti sunt, sed cantorum munus in Ecclesia olnre volunt, anathemate plectendi sunt. Qui sacras Missas, hoc est administrationem divinissiniEe Cœnse Dominica', aliave 8acra- menta, vel ipsi non légitimé, ita ut Dominus instituit, adminis- trant, vel illégitime administrantibus adsunt, vel etiam impui-i vita administrant, aut talibus in administratione sacra commu- nicant, nullo in Ecclesia loco relinquendi sunt. QuidV ut uno verbo dicam, quicunque non sana doctrina et incul])ata vita gregi Dominico pascendo o])eram suam fidelem, juxta Legem Christi et sacros Canones impendunt, hi omnes anathema habei'i debent : siquidem in Clericorum loco, et facultatum f]cclesi{e abliguritione persévérant. Ista sunt Lege Dei, sanctissimis Canonibus, et sacratissimis religiosorum Imperatorum Legibus ita constituta et sancita quàm religiosiss.[imè], omniumque S. Patrum scriptis contir- mata. Jam conferte cum his vitam, institutum et mores vestros, et ejicite trohes tantas ex ocidis vestris, tum et nostras sive trahes sivefestucas eriiere stiidete.'^os doctrinam et Sacramenta Christi, ut diximus, ita ut Scriptura sacra et veteres Canones, ut S. Patres docent, administi-amus, vivere congruenter illis laboramus. Si secùs de nobis sentitis, admonete, ai'guite, mendacii convincite, blasphemare tantùm desinite, donec impietatisconviccritis. iSV«, et ita liheat vobis atrocissimis Conviciis nos insectari, cogitfdjit Magistratus noster, id apud vestrum impetret, id aut erroris aut scelerum nos convincatis, aut à tanfis adversùs nos calumniis vohis tandem temperetis. Imi)endet nobis utique judicium Do- mini, qui corda intuetur : liunc metuite. Venict enim cum non putatis omnis impietatis non ferendus Ultor. Hune nos oral)i- 492 [pierre HRliLLl] ET L'ÉGLISE FRANÇAISE DE STRASBOliRG 1542 mus, ut VOS ad se coiivertat iu tempore, et agnoscere tempus visitationis vestrae faciat, priusquam cum iis in aîternum excin- damini, qui illi renunciant : « Nolunius liunc regnare super nos.» Sed si quis in vestro Collegio est, studio aliquo Christi accensus, et qui viam Domini nec blasphémât ipse, nec blasphe- mantibus consentit, ad liunc nihil hujus nostrœ querimoniœ pertinere volumus. Imô taies et in Domino ut fratres amplecti et colère cupimus. Argentorati xxv octobris anno 1541. MaRTIjNUS BuCERUS ET CETERI C0NCI0NAT(»RES ET PaSTORES EccLESi^ Argentoratensis. 1101b [PIERRE BRULLI] ET L'ÉGLISE FRANÇAISE DE STRASBOURG au Conseil de Strasbourg". 25 mars 1542. Manque L'original de cette lettre était écrit en allemand. Les nouveaux éditeurs des Calvini Opéra (t. VI, Proleg. p. xv) l'ont résumée en latin dans un ])aragraphe que M. 0. Douen (Clément Marot, II, 649) a traduit comme il suit : « Nous avons trouvé certaine lettre datée du 25 mai 1542 adressée par Pierre Alexandre, pasteur de l'église française de Strashourg^, au magistrat de notre république et conservée ' « Cette lettre a dû être ég'aréo, dit M. Douen (II, 652) : elle n'existe ni aux archives, ni à la bibliothèque de l'université de Strasbourg; mais elle a laissé des traces dans les Procès-verhaux du Conseil des XXI, con- servés aux archives. On y lit à la date du 25 mars [et non du 25 mai] 1542, ce qui suit : « Le 'prédicateur et les frères de la communauté fran- çaise supplient qu'on écrive à ceux de Metz au sujet de quelques Psautiers qui ont été saisis à Metz. On décide d'écrire imniédiatenient et amicale- ment. Ces Psautiers ont été imprimés ici et sont conformes à ceux d'ici. » (Trad. de l'allemand). ^ «MM. Reuss père et fils pensent que la lettre adressée au magistrat ou Conseil des XXI par l'Église française; n'avait d"autre signature que : Pierre, ou bien : Le pasteur et les frères de l'Église française, et que c'est ^ 1542 AL' COÎSSKII. I»K STIIASHOLIU;. 41)3 dans les archives de la ville, lettre dans laquelle Tauteur raji- porte qu'il a récc^nnient fait inii)rimer une nouvelle édition de la lifinyie et du Psautier j'ranrais'\ Va précédente étant vendue ; ([u"il en a envoyé à Metz près de six cents exemplaires '►, Icscpiels ont été saisis et retenus aux portes de cette ville par ordre des consuls % principalement i)arce que le typograi)lie — par une en voulant préciser ou édaircir cette (lésiiiiiatioii (juc l'un des éditeurs des Opéra Cahini a écrit, j)ar distraction, F/erre , Alexandre (qui fut, en effet, pasteur de cette Église en 1555) au lieu de Pierre BruUi » (Douen. 0. c. II, 652-653). Calvin écrivait de Strasbourg, le 25 juillet 1511 : Je jtense ^\\w le jtrétli- cateur de Metz, qui loge chez moi, me succédera (Voyez notre t. VII. p. 196, renv. de n. 14, 20. — Douen, II, 655-657). Et Jean Sturni com- mençait sa lettre du 29 octobre 1542 à t'alvin (N" 1173) par ces mots : « Petrus, concionatornoster, valdè angitur de ea pecunia quam tibi débet.» La tradition locale et Jean Crespin sont d'accord pour attester (juc Pierre Brulli « succéda à Calvin. » — Pierre Alexandre était en 1540 aumônier de la reine de Hongrie, et déjà suspect à la cour de Rome (Cf. Lpemmer, o. c. p. 244, 251, 252). Eu 1541 il publia un Psautier à Anvers (N" 1136, note 11). Nous ignorons à quelle époque il fut poursuivi comme hérétique; mais l'on sait que sa condamnation ne fut i)rononcée à Bruxelles que le 2 janvier 1545 (Cf. le Bulletin ciré, 2"'" série, XII, 394). Son nom figure pour la première fois dans la corresjwudance de Calvin au mois d'avril 1546, et il n'existe aucun indice positif de sa présence à Strasbourg avant cette année-là. ' Voici le titre complet de ce psautier, que nous avons déjà mentionné dans le N° 1136, note 11 : LA MANYE | re de faire prières aux églises Fra)icoy- \ ses. ta)tf deuât la predicatio côme après, \ ensemble pseaulmes & cantiques franco \ ys qûon chTite aus dictes églises, après sen \ suyt lordre et façon d'adminis- trer les sacrementz de Bapicsme, et de la saincte | Cène de nostre seigneur lesu Christ, de es \ pouser et confirmer le mariage deuant | l'assemblée des fidèles, auecques le sermon | tant du Baptesme que de la Cène. Le tout I selon la parolle de nostre seigneur. | *S'. Paul aux Coloscen. 8. Enseignez et admonestez l'vn l'autre en \ pseaulmes en louenges et chansons spiri- \ tuelles auec grâce. Chantans au \ seigneur en rostre cueur. I M. D. XLII. C'est un ])etit in-8° de 160 ])ages numérotées, de 29 lignes. La j)réface et le reste de l'ouvrage sont en caractères gothiques. * Calvin nous apprend lui-même (t. V, p. 452, n. 21) qu'il se préparait déjà en décembre 1538 à envoyer un recueil de ])saunies aux p]vangéli(iues de Metz. ^ C'est-à-dire, du Conseil des XIII. 494 LE DUC DE LORRAIiNE AU CONSEIL DE BALE. 1543 pruclonce imprévoyante et un zèle inconsidéré et excessif — avait mis à la fin de l'opuscule : Imprimé à Rome avecprivïlege dn pape^'. Il demande ensuite au magistrat strasbourgeois d'in- tervenir auprès des autorités messines, afin que les volumes soient remis à ceux auxquels ils avaient été adressés dans un but excellent et en vue du progrès de la cause évangélique. » 1 220bis LE DUC DE LORRAINE au Goiiseil de Baie. De Nancy, 16 avril 1543. Inédite. Manuscrit original, Arcli. de Bâle. (Traduit de l'allemand. Extraits.) Antoine, par la grâce de Dieu, duc de Calalire, de Lorraine, de Bar et de Gueldre, notre amical salut à vous, fermes, pru- dents, honorables, sages et particulièrement bons amis. Après avoir dit qu'il est mémoratif de la bonne et amicale alliance de voisinage qui existait entre son i)ère [René II], roi de Sicile, et les Ligues de la haute et de la basse Allemagne, et qu'il désire maintenir cette alliance, ainsi que les bonnes relations de voisinage et de commerce établies entre ses sujets et les Bâlois, — le Duc résume brièvement la lettre que le comte Guillaume de Furstemberg adressait au Conseil de Bâle et à celui de Berne le 29 mars [N° 1216]. Puis il continue en ces termes : Tous ces mauvais traitements auraient été infligés aux honr- geois de Metz par les Français et les Lorrains, et par le comte d'Aumale, fils aîné du très noble prince le duc de Guise, notre cher frère', qui devait être alors dans notre ville de Pont-à- Mousson ^ d'après la lettre que vous a écrite le comte Guillaume. ^ Ou lit, au bas de la page 159 de ce psautier : « Imprimé a Rome par le commandemept | du Pape, par Théodore Brùss Allemant. son im- | pri- meur ordinaire. Le. 15. de feburier. » Certains auteurs ont pris au sérieux cette inscription et vanté, à ce pro- pos, la tolérance du pape. Mais nous avons vu (note 1) que le livre avait été imprimé à Strasbourg, et l'on a de bonnes raisons de croire qu'il sor- tait des presses de Jehan Knobloch (Cf. 0. Doucn, o. c. I, 333, 341-343, 352). * Voyez, sur le comte d'Aumale et sur le duc de Guise, la note 7 du N" 1216. 1513 LE DUC DK L(limAl>'K AU CONSKII, ItK HAI.K. /(9o Cette lettre, dont iiik^ ('0|)i(' nous est pai*vemi(>, i-aconte les faits longuement et avec d'autres i)ai-oles. Le Comte y mentionne aussi (luelques intelligences et une convention qu'il dit avoir conclue avec le Conseil de Metz et quelques particuliers, à cause de notre foi chrérieune''. De qu(>lle foi, pareille à la sienne, entend-il parler? 11 ne nous convient ])as de nous prononcfM' là- dessus. Mais, pour en revenir à notre i)reniiè('e o{)inion sur le ra])- jtort que vous a fait le comte Oaillaume, nous vous informons que ni nous ni les nôtres n'avons été présents à tout ce <|u'il raconte, encore moins y avons-nous prêté nid'" ou appui; et il ne se trouvera jamais conforme à la vérité (pie nous ayons favo- risé [celte entreprise] par une exigence ou un commandement' Mais on trouvera, au contraire, que beaucou]) de nos sujets et serviteurs, de la nol)lesse et autres, sont restés, avec notre jx'!-- mission, au service du Comte jusqu'à leur sortie de Gorze, et grâce au bon vouloir que nous lui avons toujours témoigné. Et si quelque malheur lui est arrivé, à cause de ceux de Metz ou des gens de guerre du roi de France ou d'autre.'^, il nous fait tort en nous imjjliquant dans cette affaire, car nous n'en sommes nullement la cause et nous n'en avons ahsolumoit rien su. Nous aurions j)lutôt sujet de nous jjlaindredu Comte de Fur- stemberg, à raison de l'accusation qu'il a lancée contre nous et les nôtres, et tout cela malgré la bienveillance, la mansuétude et l'amitié que nous lui avons montrées jusqu'ici. P^t dans les nom- breuses difficultés où il s'est trouvé, et dans les demandes qu"il nous a adressées, spécialement j)oui- des entrejjrises inconsidé- rées, nous n'avons pas seulement fait un accueil bienveillant à sa personne, quand il est venu à notre coui-, mais nous lui avons aussi accordé libre passage dans toutes les villes de notre Duché; et, i)ar notre bonne intercession, il a été pourvu de |ilusieurs avantages : d'un office et d'une pension notable en argent, et nous l'avons gratifié d'une seigneurie, sa vie dui-ant. * A la tin do s;i lettre, le due Antoine exjilifjne spécieusement la j)ré- sence de son frère à Font-à- Mousson. Mais ehaeiin j)ouvait comprendre que Ze duc de Guise n'était j)as venu en Lorraine ])our visiter sa mère, mais tout d'abord pour assaillir, à Gorze, les Évangéliques messins, ou surveiller à distance cette expédition jieu plorieuse (Cf. j). 823, n. 2(1). * Voyez la page 305, note 2. 496 LE DUC DE LORRAINE AU CONSEIL DE BALE. 1543 Mais vous allez être plus complètement renseignés à son sujet. L'éié dernier, nous avons permis que des gens de guerre fussent rassemblés sous lui, autour de Gorze, par notre cher baron de Heidecl-, et, lorsque ces mêmes gens sont partis de là, 2>our entrer au service du roi de France \ le dit Comte, de sa propre autorité, a mis sous sa main M abbaye de Oorze, qui ne lui appar- tient pas. Seulement, il prétend, sans en avoir fourni la preuve, que le Roi lui a donné cette abbaye en garantie d'une grosse somme d'argent". Or, comme l'abbaye de Gorze est enclavée ■*"* Il était naturel qu'avant de déclarer la guerre à l'Empereur (12 juil- let 1542), François I ne négligeât rien pour s'assurer la coopération du comte Guillaume, disgracié jadis (VI, 124-126), mais qui pouvait lui rendre encore les plus grands services. On sait que ce dernier enrôla trois mille lansquenets pour l'armée française (Cf. p. 307, n. 8), et le duc Antoine reconnaît qu'ils furent rassemblés autour de Gorze pendant l'été de 1542; mais il conteste que le Koi lui eût « donné » l'abbaye de Gorze. Le service rendu par Furstemberg méritait cependant une récompense. Or, nous avons vu (p. 92, n. 6) que le Boi avait garanti, en 1538, à ce général les revenus de deux seigneuries de la Bresse, atin d'acquitter les sommes considérables qu'il lui devait. Le procédé étant commode, pourquoi n'en aurait-il pas usé en 1542, alors que Furstemberg était tenu, suivant l'usage, de payer d'avance à ses trois mille lansquenets une partie de leur solde ? Nul doute que les deux contractants ne fussent persuadés d'avoir fait une bonne affi\ire. L'obtention de la susdite abbaye ne procurait pas seulement à Furstemberg de riches revenus. Elle lui permettait aussi de s'établir solidement en Lorraine, et d'y favoriser les progrès de la Réforme et les intérêts des Protestants d'Allemagne. Il est vrai que « la forteresse de Gorze lui fut livrée par le Roi à certaines conditions, » restées inconnues (p. 307, n. 8); mais on ne peut douter que ce fût à titre de gage ou d'hypothèque. Dom Calmet, o. c. II, 1242, dit même que le Roi « lui en avoit fait présent. » Aussi le comte Guillaume se crut-il autorisé à protéger son bien au moyen d'une garnison ; et la preuve qu'il était dans son droit, c'est que François I le laissa tranquille jusqu'au moment où il apprit, probablement par le duc de Guise, que Furstemberg allait embras- ser le parti de l'Empereur (n. 12). — Voilà, croyons-nous, l'histoire vrai- semblable de l'occupation de Gorze par le comte Guillaume. Le P. Meu- risse, o. c. p. 35-37, en donne cette relation fort différente : « L'an 1542,... Gaspard de Heu.... cet instrument d'iniquité ayant esté... eslevé sur le trosne de la souveraine Magistrature, l'enfer fit jouer en suitte tous les ressors de sa puissance et de sa furie, jjour faire plier la ville de 3Ietz sous les loix de l'Hérésie. Le Landgrafï' de Hess, le Duc de Wi[r]tem- berg et les villes de Strasbourg et de Francfort, qui de long-tems en avoient coiiccu le dessein, se liguèrent ensemble à cet effet et mirent des 1513 LE DUC DE LORRAINE AU CONSEIL DE RALE. 497 dans noti'o duché de Lorraine ot de IJar. nous avons autorisé le comte Gnilldione, on vertu de notre constante et tidèle amitié, à traverser de jour et de nuit notre pays avec ses gens, en toutf liberté, aussi lon,ii:tenii)s que nous y consentirions. En notr(^ qualité de i)arent respectueux do deux grands et puissants monarques, dont nous sommes le vassal", et aussi comme i)rince du saint Empire romain, et compris dans la paix générale de rplmpire, nous avons vivement sollicité les susmen- tionnées Majestés, ot nous avons obtenu d'elles que h monastère de Oorze fût au bénéfice de la neutralité, afin de nous mettre à l'abri des troubles d'une guerre imminente". Et nous avons négocié avec le comte GuiUaume, par Tintermédiaire de quel- ques-uns de nos fidèles conseillers, pour qu'il consentît à nous l'émettre la dite abbaye, pour laquelle nous voulions nous obliger à lui faire livrer pendant quelques années une bonne somme d'argent, aussi longtemps que le Roi consentirait à cet arrange- ment. Néanmoins, le Comte s'est renforcé avec ses gens de guern- dans l'abbaye de Gorze : ce qui (telle était notre confiance) ne nous a pas empêché, lorsqu'il s'est présenté devant nos fidèles serviteurs, de lui permettre, ainsi qu'à ses gens, d'aller vt venir par notre Duché. Mais, en retour des marques d'amitié et d'atfection que non lui donnions, il- nous a mis en oubli et nous a trompé. Ses gen postés à Gorze, et qui se composaient en pai'tie d'hommes banni pour leurs méfaits et d'un ramassis de vauriens \ se sont mis à trouj)i)es sur pied commandées par le comte G. de Furstembery... Et ces trouppps se rendirent autour de Metz au mois de May suivant, atfin d'en occuper les avenues, et de tenir les Messins en sujection. Et pour ne man- quer point de lieux de retraite, le Comte de Furstemberg s'alla loger iire- niièrement à Ancy. et de là à Gorze... la veille de S. Jean Bajuiste. » Le Journal de Jean Le Coulloii (1527-1587) pulilié par E. de Bouteillfr (Paris, 1881) suffirait pour intirmer la thèse de Meurisse. " Le duc Antoine était vassal de François î i)our le duché de Bar. ^ Par un manifeste daté d'EcIaron, 12 juin 1542, François /donna son consentement à la neutralité du duc de Lorraine jiendant sa guerre avec Charles-Quint (Papiers d'État de Granvelle, II, 624-628). L'Fmpereur confirma cette neutralité jiar Icttns jtatentes données à Bruxelles le 10 juillet suivant (Mémoires de Granvelle, III, 82, 83). ** Ajjrès avoir pris connaissance de la lettre de Farel à Myconius du 20 avril (Cf. jtp. 325-328), les Bâlois auraient eu le droit de répondre au T. VIII. 32 498 LE DUC DE LORRAINE AU CONSEIL DE BALE. 1543 lever une somme d'argent sur quelques prélats, curés et autres de nos sujets, à titre d'impôt, dans notre duché de Lorraine et de Bar. Et ceux qui refusaient de payer, on les menaçait de leur courir sus et de les endommager. Cela se prouvera au moyen de quelques billets écrits par un colonel de Oorze nommé Datzemal et par la signature du Comte lui-même. Le Duc émimère ensuite les déprédations que la garnison de Gorze a commises dans l'abbaye àç: St.-Arnoul^ et dans quelques villages de l'évê- ché de Verdun, « appartenant (dit-il) à notre fils, évéque de Metz '", » — ainsi que dans le monastère de l'Estainche^^, qu'ils ont pillé et rançonné. Ils ont aussi fait prisonnière, sur le grand chemin, une nol)le abbesse, « Malgré nos réclamations et les plaintes qui nous arrivaient journelle- ment, le Comte Guillaume n'a puni personne. « Dans le temps de ses négociations avec les députés des très nobles princes le chic de Wurtemberg, le landgrave de Hesse, des louables villes impériales de Francfort et de Strasbourg, et avec ceux du maître-échevin, du Conseil et de la communauté de la ville de 2Ietz, nous avons bien voulu que certains de nos fidèles conseillers aidassent au dit Comte, à ceux qui l'accompagnaient et à ceux de Metz, en assistant à leur conférence, pour tâcher de les concilier entre eux. Et, afin d'y contribuer d'autant mieux et de garantir la sécurité du Comte, nous lui avons ouvert notre ville de Pont-à-Mousson et permis qu'il vînt en personne auprès de nous à Nancy, avec sa suite. C'est alors qu'il nous a humble- ment prié d'accorder le passage aux cinq ou six cents lansque- nets qu'il voulait, disait-il, conduire de Oorze en Allemagne^-. duc Antoine : Ce n'est pas à nous de qualifier les torts de ceux que Y. E. appelle des bannis et des vauriens; mais nous savons que, soit en débattant les articles de leur capitulation de Gorze, soit en escortant, pendant leur retraite, les Évangéliques de Metz, — ils se sont montrés gens de cœur et d'honneur. ^ St.-Arnoul, abbaye de Bénédictins, près de Metz. *" Quoiqu'il n'eût jamais été ordonné prêtre, Nicolas, fils cadet du duc Antoine, porta de 1543 à 1548 le titre d'évêque de Verdun et celui d'évéque de Metz. Le cardinal Jean de Lorraine, son oncle, lui avait abandonné l'administration de ces deux diocèses (Cf. Dom Calmet, o. c. II, 12G7). " L'Estainche ou VEstanches, abbaye de religieuses de l'Ordre de Citeaux, située près de Xeufchâteau, en Lorraine, s'est appelée plus tard Notre-Da mc-de- VÉia ng. 1- En d'autres termes : au service de l'Empereur. Ce serait donc vers le milieu de mars 1543 que G. de Furstemberg aurait, par cette démarche î 1343 LE DUC DE LORRAINE AU CONSEIL DE BALE. 499 Nous le lui avons graciouscmont et gi-atiiitcuirut accordé. Mais ces lansquenets vivaient aux (lé])ens de nos pauvres gens. Nous avons également accordé libi'^e ])assage au reste de s(»s gens, qu'il a laissés à Gorze, lors de son départ, ainsi (|ii;ui ])ré- dicant nommé Pfurel, lesqu(>ls en ont été chassés j)ar les Fran- çais. On nous aurait su très bon gré de faire quelque mal à ce prédicant ou de Tarrêter avec ses compagnons : ce qui nous eût été facile, non-seulement i)arce qu'ils étaient en j)etit nonil)re. et ([ue nous connaissions bien leur gîte, mais aussi jjai'ce que nous aurions bien su et pu, dans une autre circonstance, les milever de Gorze et d'autres lieux. Mais nous n'avons i)as voulu \q faire '^ Pour ne pas vous ennuyer par une trop longue lettre, et afin de vous détourner d'ajouter foi aux rapports du susdit Comte ou de ses envoyés, nous vous réj)étons que ce qui a été dit ci-dessus est la pure vérité, et spécialement, qu'en notre (|ualité de prince neutre, que les actes de guerre survenus dans et autour de notre Duché ont chagriné au plus haut ])oint. nous n'avons aucune intention de nous mêler, en ([uelque sorte que ce soit, de ce qu'a entrepris le roi de France, ou notre frère, (jui est son lieutenant-général. C'est donc à S. M. Royale ou à son Lieutenant-général, et non j)as à nous, (pie le Comte devait s'en prendre. Et quant à l'euti'éc^ de notre cher frère dau'^ notice ville de auprès du duc Anfoine, révélé son intention de quitter le service de Fran- çois I. Mais on a lieu de croire ([w les Guises en étaient déjà infoilnés. Quoi qu'il en soit, ils furent, en assaillant la ville de Gorze, le 25 mars, les exécuteurs d'une ven^jeance moitié ])olitique, moitié cléricale (Cf. les pp. 305, n. 2, 30(), 323, ii. 2G). l^e côté ^jolitique de leur expédition ne semble pas avoir frappé les contemporains. C'est pourquoi Toussain disait cinq mois plus tard : L'affaire de Gorze est autre que beaucou]) de gens ne le pensent. '* Xous avons, par erreur, un \n'U exa^^éré les mérites du duc Aiifonit envers Farel et les 3ïessins qui se retirèrent à Strasbourg (Page 320, note 50). On lit, en effet, dans la déclaration de François 7 du 12 juin 1542 (n. 7) : « Nostre cousin le duc de Lorraine, durant la dite guerre, ne se meslera d'une part ni d'aultre, et ne donnera port ne faveur, ne... aucun em])escliement à noz gens de guerre.... Les gens de guerre, tant d'ung cousté que d'autre, ne pourront dedans les pays de nostre d. cou- sin... conduire ou fain; aucunes prinses, en façon ni en quelque occasion que ce soit.... Et ne debvront les d. gens de guerre de diacun cousté mener aucuns prisonniers... en aucunes des villes ne par le pays de nostre dit 500 LE DUC DE LORRAINE AU CONSEIL DE BALE. 1513 Pont-à-Monsson, elle n'a eu lieu que de notre consentement, et avec une suite peu nombreuse, pour faire la révérence à S. E. notre chère mère, la très noble princesse et reine de Sicile'*, comme c'est le devoir d'un fils envers sa mère. Au dire du Comte, quelques hommes et quelques femmes auraient été emmenés captifs à Pont-à-Mousson. Si la chose a eu lieu, c'est sans notre su et vouloir. Après nous en être informé, nous avons trouvé qu'aucun homme n'y a été conduit ni retenu par notre frère. Il ne s'y trouve que deux femmes qui, à la prière des parents de rhôte de notre cher frère, y sont encore, et dont l'une a été peut-être laissée dans notre dite ville i)Our sauvegarder son honneur. Nous vous prions avec un zèle amical d'examiner les choses et de les croire telles que nous l'avons dit, et de maintenir Tan- tique amitié entre la ville de Bâle et nous... Et, quoique le Comte Ghdllaume vous ait informés autrement, ainsi que la Louable Confédération, veuillez nous faire le plaisir de nous apprendre que vous avez reçu notre rajjport et que vous y avez ajouté foi... Nous attendons là-dessus votre bonne réponse'". Donné dans notre ville de Nancy, le xvr"" Avril, l'an, etc., XLIII. C. Mérigny(V). (Suscriptiou :) Aux fermes, prudents, honorables et sages, nos cousin.... Item que tous... de quelque estât qu'ilz soient, et non estans en > ^^ Son mari, René II, fils de Ferry, comte de Vaudémont, et de lolande d'Anjou, portait le titre de roi de Sicile, parce qu'il avait hérité des pré- tentions de sa mère sur le royaume de Naples (Cf. Moréri). Après la mort de René, sa veuve, Philippe de Gueldre, assistée de maître Nicolas Le Clerc, docteur en théologie, consacra onze années à l'éducation de sa famille. Puis elle se retira au couvent des Clai'isses de Pont-à-Mousson, et y fit profession le 15 décembre 1519, en présence de ses enfants et de sa cour. « Dans cet austère asile, où elle devait terminer ses jours « en opinion de sainteté » à l'âge de quatre-vingt-cinq ans (26 février 1547), son humi- lité fut constamment telle que, soumise à toutes les obligations de son Ordre, portant les mêmes vêtements, vivant de la même nourriture que les autres religieuses, elle signait ses lettres à ses supérieures : « Votre pauvre fille et sujette, sœur Pliilii)pe, humble servante de Jésus... » (Voyez Dom Calmet, II, 1121-1124. — R. de Bouille, o. c. I, 40-41.) ** C'est grâce à l'obligeance de M. le D' R. AVaekernagel, arcliiviste d'Etat du canton de Râle- Ville, que nous avons reçu luu' copie de la lettn^ 1343 LE DlC DE LORRAINE AL CONSEIL I»E RALE. oOI particulièrement bons amis le lîonr^mcsti-c et le ( '(iii>>('il de Bâle. iirioiiialc du duc Antoiiif et de la ré])ousi' d<'s Bàlois. Voici cette ivpoiisc, traduite de l'allemand : Au iJac de Lorraine. Excellence, Nous avons reçu et entendu lire aujourd'hui la lettre que Votre Excel- lence nous a envoyée ])ar le ])résent jjorteur, au sujet de ce qui s'est passé à (xorze, le saint jour de Pâques. Nous ne voulons pas cacher à V. E. que cet événement nous cause un grand cJuigrin, et que nous éprouvons commi- sération et i)itié pour les jiauvres gens qui ont jiéri si misérablement. Mais ])uisque nous avons précédemment reçu le rapport du comte Guillaume de Furftfemherg, et maintenant celui où Votre Excellence se justifie, nous voulons conserver et témoigner les sentiments qui conviennent, dans ce temps-ci, aux personnes aimant la paix et la tranquillité. Et, désirant les exprimer à V. E., nous n'avons pu, cette fois, dans notre réponse, négliger de lui témoigner notre respect et nos dispositions de bons voisins. Donné le lundi xxiii""' jour d'Avril, l'an, etc., xliii. H. Offenhurg. ADDITIONS ET CORRECTIONS Page 16, à la tin de la note 4, ajoutez : La tradition relative au <• berger qui départagea les voix » est contredite par l'histoire. Deux lettres que Je Conseil de Soleure lit écrire le 17 mai 1542 (l'une au Conseil de Berue, l'autre au dé])uté soleurois à la diète de Baden) affirment que, sur les trois cents bourgeois qui votèrent, le 14 mai, au Landerou, une douzaine seule- ment acceptèrent la Réforme, et que tous les autres se déclarèrent pour la messe. (Voyez les Recès des diètes suisses, volume de 1541-1548, p. 138.) P. 19, ligne 4, après Salleure, placez un renvoi à la note suivante : On lit dans le Manuel de Berne du 11 mai : « Décidé de répondre à ceux de Xeu- châtel, au sujet de la lettre des Soleurois [X" 1116],.... que nos députés [au Landeron] doivent, à l'occasion des affaires et des biens de la cure, parler amicalement et affectueusement de l'intérêt [en question] et viser surtout à ceci : que l'honneur de Dieu soit avancé et que la Parole divine soit accep- tée par les Landeronais. S'il en advient ainsi, il n'est pas nécessaire d'écrire aux Soleurois pour s'excuser, puisque la question sera décidée. Dans le cas contraire, les députés ont plein pouvoir de s'entendre pour rédiger une réponse avec ceux de Neuchâtel et de Tenvoyer par eux à Solaire » (Trad. de l'allemand). — Le malicieux secrétaire a écrit, à la suite, cette réflexion : « Non potuit tela bene texi quam Senatus 2^er- 2}lexè et intricate ordierat. » Le Conseil d'État de Neuchâtel et les IV Ministraux ne répondirent qui" le 19 mai à la lettre de Soleure. Cette réponse, assez habilement rédigée, se trouve dans les Becès des diètes, vol. cité, p. 139. P. 31, à la fin de la note 5, ajoutez : Le 15 août suivant, MM. de Berne décidèrent que Maître Robert serait établi à Morrens, village situé à l'O. de Montheron. P. 34, notes 5-6, la mention de Jeanne de Lonvain est un anachro- nisme : ce fut plus tard qu'elle devint la femme de Gaspard de Heu. P. 35, ligne 5 du texte, dirimuerunt exige cette correction : [1. direme- runt]. P. 36, à la fin de la note 8, ajoutez : On y voit, au 10 mai 1542, que le médecin décédé à Thonon était originaire de l'Italie. P. 36, ajoutez à la note 9 : Le 5 juin 1542, MM. de Berne décidèrent de faire construire des bains à Maxilli, au N.-E. d'Évian. o Scabiosorum. rugosoruin et decrepitorum calcule plurimùm probata est aqua illa, » dit le procès-verbal de la séance. Mais le secrétaire a terminé ce paragraplie comme il suit : « quorum nullus tamen ea lotus, rugas, scabiem et seniuni ADDITIONS ET COHUECTIONS. o03 flbliiit, sod sii))r(Miias t.-mtuiiiiiioilo ulcrruiii cnistas scmpiM- ri'piilliil.-in- teis. » P. 37, à la fil) de la iioti' lô. ajouti'Z : Au iTsto, il est possible que li' lUniid ici iiiontioniu'- fût ruii dfs meniiires do la famillo de Christophe Fdhri (Cf. li's ]ip. 202, 255, le t. VI. p. 127, et la lettre du 10 mai 1514). P. 50, tin de la note 22, ajirès incartadex, lisez : qui sont au détriment du service. (Cf. IV, 262-03, où on lit : <> Suspectée sunt michi adniodum repentiuje Thomœ [Maliiigiii] vocationes. » La vie (V Hugouin d'Anie.r. ]tersonnaire « rielie en richesses et en folie, » il été racontée par Pierretleur (^Mémoires. ]i. 183-30). L'ex-vicrtire d"<")rlie. Claude Giiyot, y figure d'une façon qui ne dut ))as lui faire lionneur. P. 52, note 11, ligne 8, au lieu de poxir procéder à un examen des choses, afin, lisez : pour obtenir, etc. P. 61, note 7, ligne 3, rem])la(cz 1511 par 1512, et lignes 4-5, lisez : Jean Crespiu, qui assistait au supplice de celui-ci et en a publié le récit, l'a placé, par erreur, eu 1540, — la sentence qui condamna à la peine de mort Claude le Painctre étant datée du 17 novembre 1541 (Voyez l'article publié par M. N. Weiss dans le Bulletin, 1892, \). 466-468). A la fin de la même note, supj)rimez le renvoi à l'Appendice. La place nous ayant manqué pour donner in extenso la lettre de Jacques iJrijander, nous la reproduirons, s'il plaît à Dieu, dans le t. IX, d "aiuès lOuvrage pré- cité : Ejjistolfe a Belgis vel ad Belgas scriptpe, 1017, j). 55-67. P. 61, à la fin de la note 8, supiirimez la dernière jdirase. P. 69, à la note * ajoutez : Nous devons à rextrênie obligeance de notre dévoué ami et compatriote, M. Franck Olivier, étudiant à Berlin, unecojjie du bon ordonnancé par les syndics et de la quittance de 1\ Vint. Voici le texte de ce document : « Nous, Scindicques et Conseyl de Genève, à nostre bien aynié trésorier général, Salutz. Vous commandons que deslyvrés à maystre Pierre Vyret. ministre évangélique. \)mw rentier poyement du passé de ce qu'il a servye en l'église de C4enève, la somme de vingt-cinq escus soley, desqueulx vous tiendrons compte. Actum 10 .Tullii 1512. Curteti, C. Pertem])S. C. Roset. V. Iîifi. Je Pierre Viret confesse avoir receu la somme de 25. v soleil, selon le contenu de ce présent mandement de Mi'ss[i]eurs, par ]\Ions[i]eur le tliréso- rier sieur Pierre Tissot, le 10 de Juillet 1542. » On voit par là que le Conseil de Genève redev.iit à Viret treize écus, et qu'il en ajouta douze, à titre de gratification, P. 71, note 13, à la fin du pn^mii-r jiarajrra])be, ajoutez : Le 12 dé- cembre 1542, MiM. de Berne annonçaient au bailli d'Kcballens. qn>^ Zihédêe et le vicaire Guyot étaient autorisés à reprendre leurs fniKtimis A Orlif (Manuel du d. jour). P. 83, ajoutez à la note 4 : Selon M. le jirofosscur C. Cornélius. Petit on Pictiod était le surnom du conseiller Jean ChauJtetnps. P. 92, à la fin de la note 0. ajoutez : Toutefois nous devons noter le 504 ADDITIONS ET CORRECTIONS. fait qu'au mois d'août 1542, Xkolas Paris, de Châlons-sur-^Iarne, qualitié de « libraire portant marchandise, <> fut arrêté dans la Bresse avec Jean Vial et Benoit Delphin. On ne connaît pas l'issue de leur procès, commencé à Bourg, et qui se continua en septembre et en octobre. Mais Paris semble avoir été relâché. Du moins Brunet (Manuel du libraire) mentionne un Nicolas Paris, qui imprima, de 1.5-l;2-1547, dans l'abbaye delaRivour, près de Troyes. Il avait pour marque le palmier, avec la devise : Pressa valen- tior. On le retrouve à Genève, où il fut admis comme habitant en 1557 (Communication obligeante de M. X. AVinss). P. 104, note 2, ajoutez : En réalité, ils se nommaient JMossard, et ils étaient natifs de la "Charité-sur-Loire (Cf. Séb. Castellion, sa vie et son œuvre, par Ferdinand Buisson. Paris, 1892, t. I, p. 181). P. 125, à la fin de la note 28, ajoutez : Il faut aussi reconnaître que (liàteillon était présomptueux. Il l'avoua plus tard avec candeur : « Su- perlnim fuisse fateor, et doleo et i»udet. Insolescebat enim animus stulta (juadam et juvenili persuasione cognitionis earum scientiarum et linguarum (juibus saepe soient earum studiosi plus tribuere quàm spiritui » (Castellio- nis Defensio, p. 21. — Viret, lettre du 16 février 1544). P. 127, note 6, lisez : « Les \TI de la guerre » formaient un corps distinct de celui des XIII Jurés de Metz. P. 154, notes 4, 6 et 10, au lieu de la dernière phrase, lisez : Qu'il soit « retourné dans la ville » quelques semaines plus tard, on n'en peut guère douter : Toussain l'affirmait en septembre 1543. P. 167-168. Supplément à la note 18. Benoît de Pontareuse, natif d'Estavay^r, protonotaire apostolique, cha- noine de Fribourg, de Xeuchâtel et de Lausanne, se qualifiait en 1523 " aumônier du roi de France, curé de Branges [Saône et Loire'?] et de Bex» (Cf. Matile. Musée hist. de Xeuchâtel, m, 139, 146, 151.— Fréd. de Chambrier. Hist. de Xeuchâtel, p. 281). On ne sait pas à quel titre il obtint, à Lausanne, la belle maison dont nous venons de parler. Messire Jacques de Montf'alcon l'avait léguée au Chapitre; mais les magistrats lausannois s'en étaient emparés « par force, » et c'est peut-être pour les apaiser que Pontareuse paya une certaine somme à l'Abbaye des Enfants de la Ville. Toutefois, lors du grand procès entre la Ville et son évêque, la susdite maison fut, par sentence arbitrale des députés de Berne et de Soleure (29 mai 1533), adjugée à Benoît de Pontareuse, « sa vie durant, » sous réserve des « directes [c. à d. des droits seigneuriaux] que les Xobles et bourgeois de Lausanne ont et pourront avoir dessus icelle maison » (Cf. Mém. et Doc. de la Suisse romande, t. VII, p. 756. — Ernest Chavannes. Extraits des Manuaux de Lausanne, II, 331). La sentence précitée peut servir à expliquer ce passage du Manuel lausannois : « 1536, 5 Xovembre. Fut conférue et bailliée la meyson de la ville, apartenant pour lors à Mons^^ Pontherouse, à messire Karoli, par la condition que, quand le dit Pontherose viendroyët (n'est i)as au pays), que le dit Karoli doibje vuydé la dite meyson ■> (Cf. E. Chavannes. Extraits cités, 1536-1564, p. 3), AnniTIONS ET (.(tRRKiTloNS. 505 On voit, par la lottif de Viivt du i) août 15U, qiio la Ville inaintiiit SOS prétentions sur « la cure de Pontherouse ■. et tinit i)ar l'oliteiiir. P. 199, au bas du texte, après cisiter les pestiféreiix, nous .niriniis du renvoyer à la note suivante : Manuel de lierne du 18 octobre 1542 : •■ Kcrire aux baillis du Pays romand, que mes SeiuiH'urs ont a])])ris avec chauriii que des prédicant» n<' veulent ])as visiter les malades. La volonté de mes Seitrneurs est que, lorsqu'un prédicant sera réclamé par un malade, il se rende aujjrès de lui, et (lu'il puisse néanmoins aller et venir au milieu du ])euj)le, sans encourir, pour ce fait, la baine de personne » (Trad. de l'allemand). P. 201, notes 25-26, ajoutez : La maison louée ])ar Thomas linrlxtri», A Boiidri, fut acbetée i)ar l'Etat et devint la cure de la jjaroisse. (Communi- cation de M. le pasteur Gagnebin.) P. 219, notes 24-25, première liuiie, supprimez procureur général : ce magistrat ayant d'autres fonctions que le lieutenant de la Justice. P. 220, note 3, au lieu de Keitipen, lisez K'otipeii. La première de ces villes est située dans la Prusse rhénane. P. 222, la tin de la note 2 est inexacte en ceci, que les « frivoles demandes ■> de Michel Guillet s'adressaient à MM. de Berne et non aux (Genevois. P. 239, note 2, à la tin du second paragraj)he, ajoutez : M. l'archiviste d'État H. Tiirler, auquel nous avions soumis la traduction de ces passages diiiiciles, a eu la bonté de faire des recherches à ce sujet et de nous commu- niquer les deux pièces suivantes : « Nous LE LIEUTENANT DE l'aVOYER ET CONSEIL DE BERNE, faisOUS SaVOir, ])ar les présentes, que le noble, etc., Avoyer Jean-Jacques de Watterille nous a demandé souventefois et encore aujourd'hui de lui confirmer l'achat des dîmes du Chapitre de Lausai/tie (ju'il a fait en 1532. et de le dispenser des cens'^ qu'on lui a réclamés à cause de Amj/^/v r/^' Poïitheruuse. Sur quoi nous avons décidé de reconnaître la teneur de son acte d'iichat, de la garantir en lieu et place du susdit Chapitre, et de le remj)laceF jjour le ]>aiement des cens, dont nous le dis])ensons, — aussi bien dans le cas où la dite prébende de Pontherouse serait remise entre nos mains, que dans celui où elle ne le serait pas.... Fait le 22 mars 1540. >> (Trad. de lallemand.) « Nous Lieutenant et Conseil de Berne, sçiivoir faisons à tous par ces présentes, que nous... avons donné, cédé et transpourté... à Noble spectable seigneur Jehan Jacques de Watterille, nostre Advoyer, la cure de l'inithe- rouse, au Conté de Neufchastel (à nous apartenant à cause du Chapitre de Lausanne), avec toutes ses apartenances, soit l'ii maisons, i)laces, prez, terres, bois, dismes, censés... Et ce... en respect des bons et agréables ser- vices que le dit S' Advoyer journellement nous faict... Et, en oultre, par «ondition que le d. S' Advoyer <'t ses successeurs tenaiis la dite cure, soyent obligés de souldoyer et entretenir le ministre de la jianille de I)ieu au dit Pontherouse en leurs propres desiwns et telz gaiges que luy a esté ordonné... Ce ix' de Juing 1543. •> (Obères Spruchluich. Anh. de Berne.) * Savoir : Un demi-muid do vin, le tiers d'un mnid de froment, et de l'avoine. 506 ADDITIONS ET CORRECTIONS. Dans ces deux actes, il s'agit donc de la cure de Pontareuse, près de Boudri, C. de Neuchâtel (t. Il, p. 456, 457, 475. — Bojve, o. c. II, 450. — G. de Pury. Les biens de l'Eglise réf. neuchâteloise, 1873, p. 46 — 49), et non de la cure de Bertoît de Pontareuse à Lausanne. P. 240, note 4, ajoutez : On trouve à la page 395 du Compendium Grammaticœ Grœcœ Jacohi Ceporini (Tiguri, Chr. Froschover. 1553) une pièce de trente vers latins, adressée par M. Guaîfher à Jean Friess. P. 253, note 11, ajoutez : On lit dans les Observ. séculaires de Paul Ferry, II, § 407 : « Une lettre escrite à [1. de] Strasbourg, le 29 Janvier 1543, par G.[;uillaume'\ comte de Furstemhcrg au maistre-Eschevin et Trèze, par laquelle il tesmoigne estre satisfait de la Rép. de Metz, après avoir veu la lettre du 23 du dit mois et ouy M. de Montoy, de leur part, et entendu ses instructions sur l'emprisonnement de ceux qui luy avoient fait, à Metz, l'injure dont il s'estoit jilaint, mais avoir volonté de se venger d'aucuns... de tout temps ses ennemis, et en avoir lors les moyens. » P. 259, ajoutez à la note 14 : Citons encore ce paragraphe du Manuel de Berne du 25 janvier : 6 Comme M. l'avoyer de Watterille doit aussi avoir été blâmé nominati- vement par Viret, à cause des biens d'Église, et que, pour cela, le susdit M. l'Avoyer demande à mes Seigneurs comment il doit se conduire dans cette aiïaire, — on lui répond que, même dans le cas où Viret (qui le conteste) l'eût désigné par son nom, lui [M. de Watteville] n'aurait pour- tant pas été, dans l'aifaii'e principale, accusé et blâmé davantage que mes Seigneurs ne l'ont été collectivement ; et, puisque ceux-ci, comme corps, ont démontré leur innocence et veulent la prouver ultérieurement, celle de M. l'Avoyer est par là-même hors de cause, ainsi qu'ils le tiennent pour justifié. Ils le prient donc de ue pas pousser l'affaire plus loin. Il s'est déclaré satisfait. » (Trad. de l'ail.) P. 279, note 8, ligne 2, lisez : Le duc Antoine de Lorraine eut deux fils : François, né en 1517, et Nicolas, qui fut coadjuteur de son oncle Jean, puis évêque de Metz et de Verdun (1543-1548). Il renonça à l'état ecclésiastique et prit le titre de comte de Vaudémont et de duc de Mercœur (Cf. Dom Calmet, o. c. II, 1232, 1267-1269). P. 281, note 3, ligne 7, au lieu de interrogés à Berne par le Conseil, lisez : qui comparurent à Berne. P. 304, dernière ligne du texte, au lieu de comte, lisez duc. P. 305, à la note 2. ajoutez : INIeurisse dit. p. 78 : « En suitte de ce traité honteux et infâme, l'on accorda aux Luthériens la Chapelle de S. Nicolas du Neuf-bourg, pour l'exercice de leur religion prétendue, et un Ministre nommé Watriii du Bois, apostat de l'ordre de S. Dominic, com- mença d'y prescher publiquement dès la S. Jean de la mesme année 1543. ■> Après avoir reproduit ce ])assage, moins les injures, Paul Ferry ajoute: <■ Mais Messieurs lui commandent de cesser incontinent après Pâques, et nr i)rrschcr ]iliis ((Uf les dimanches et les festes. Feuille où advertissement des choses qu'il faut représenter aux Etats jjrotestants à Kuremherg. (Liasses). » P. 323, à la tin d.' la note 26, ajoutez : Selon D. Calmet, II, 1123-1124, ADDITIONS ET COUHKCTIu.NS. 507 « elle vit en i'sj)rit les maux que les hérésies de Li(I]„t et de Ctilrin cau- sèrent de son temps dans l'AUemaiïne et dans la !• ranec, et ce fut jiar ses <>xliortations (jue le duc A>/ti>/)n\snu tils. alla au devant des hérétiques qui s'étoient avancez jusqu'à ^'r«-er»e, et qu'il'^ieur livra la hataille, certain d-- la victoire dont hi Princesse sa mère l'a voit assuré. ■> P. 325, ligne 13. A cet endroit, où Farel achève de raconter la joanièe du 25 mars, il convient de com])arer son récit avec une narratiun catho- lique et circonstanciée. La voici telle (jue Doni Calniet (t. 11. ]>. 1244-45) l'a empruntée aux Chn»/ifiitex géuéraJcs de S. Benoit, t. 3, p. 24 15 : « Le comte de Fur.siemhenj, ai)rès avoir exercé mille sortes de violences et d'extorsions dans le pays, résolut de faire é'oorjrer, le jour même de Pâques, tous les Catholiques de Gorze qn\ ne voudroient ]ias fairi' la Cène à la Luthérienne ; mais... Claude Duc de Guise en ayant eu avis, lit avan- cer quelques troupes jusqu'au Pottf -à- Moussa», d'où elles tilèrent si secrètement droit à Gorze, qu'elles y arrivèrent assez tôt pour préviMiir l'exécution d'un dessein si barbare. Les Ltifhériens étoient déjà sortis du CMteau pour cela, lorsqu'ils virent les soldats du Duc de Guise qui entroient dans la ville avec grand bruit, au son des trompettes et des tym- bales : ce qui les fra])])a d'une si grande terreur, qu'ils tournèrent leurs armes contre eux-mêmes et commencèrent à s'entretuer. Les antres voulurent gagner le Château, mais ils furent prc'venus et égorgés sur la place. Ceux qui étoient dans 1(> Cliâteau se précipitèrent par les fenêtres: de sorte qu'il n'en écha])i)a qu'un assez petit nombre, qui ])rirent secrè- tement la fuite. Alors les Catholiques tirent éclater leur joie et h'ur reconnaissance par le son des cloches de l'Abbaye et de tonte la ville, qu'on n'avait pas osé sonner dejjuis ))lusieurs mois; et le peuple accourut aux Eglises, pour rendre grâces à Dieu d'une délivrance si ines])érée. » Ajoutons que Dom Calmet, avant de citer ce morceau, dit que Claude de Guise surprit le bourg de Gorze, « le jjropre jour de Pâques 25'"^ de Mars 1543, comme ils [les Luthériens] étoient à table. ■> — Ximsgerii. o. c. p. 100-101, a composé son récit de cette journée à l'aide de traits empruntés aux Chroniqu<'s messines, à l'IIist. de l'Hérésie à Metz et aux Chroniques de St. Benoit. Les événements du 25 mars sontaus,si mentionnés ir.xr Mélnnchfho» . dans sa lettre du 8 arril 1543 à l'Electeur de Saxe (Bretsclmeider. Melantlnuiis Epp. V, 90), par l'Électeur dans sa réponse du 10 avril (Ibid.), et encore par Mélanchthon. lettre à Camerarius écrite vers le Ifi avril (Ibid. V, 93). P. 334, note 1. ajoutez : Ferry, manuscrit cité, II, J? 411, mentionne une « Requeste allemande de ceux de la religion chassés de Metz au Landgrave Philippe de Hesse et à Messieurs de Strasbourg du 3 avril 1543. » P. 356, note 27. La phrase allemande citée par Mijconius signitie : On en viendra encore à ce point, que nous devrons nous casser la tête les uns aux autres. P. 357, ligne 13, supj)rimez le j)oint après vero, et ))lacez un ])oint d'in- terrogation après verè. P, 365, à la fin de la not(> 16, ajoutez : C)n lit dans Rucliat. o. c. V, 237: * Un bourgeois de la Bonneville, nommé le l'elou.r, lit imprimer en Aile- 308 ADDITIONS ET CORKECTIONS. magne un livre qui contenait la doctrine des Analiaptistes, et en tit tirer 1500 exemplaires. Il en dél)ita un bon iiominx' dans le comté de Neuchâ- tel. Les Bernois l'ayant su, écrivirent le 2S mars [154-1: V] au Conseil de la Bonneville, pour les exhorter à i-emédier à ce mal et à supprimer ces livres. » P. 371, note 3, ajoutez : Godefroy et Littré suggèrent un sens plus naturel. Dans tous les passages de leurs Lexiques où figurent la locution au fort, elle peut se traduire par au fait, en fait, en réalité (Communica- tion obligeante de notre ami M. le professeur Jules Le Coultre). P. 381, ligne 15. Le morceau qui commence à Veràm hoc est et s'étend jusqu'à Neque duo sunt, est reproduit, presque mot jiour mot, aux pages (Î3-64 de l'écrit pseudonyme de Calcin intitulé : « Pro G. Farello et coUegis eius, ad versus Pétri Caroli theologastri calumnias, defensio Nicolai Gallasii. (Genevpe, Jo. Girard.) 1545, » petit in-8". P. 403, note 1, ajoutez : L'un des députés de Metz était Michel de Gournay (Ferry, manuscrit cité). P. 438, note 4, ajoutez : Paul Ferry, Observ. sécul. II, § 417, mentionne, sans le reproduire, un document daté du 25 juin 1543 et intitulé : « Advis envoyé de Basle à Calvin et Farel d'adviser aux moyens d'aller seurement à Metz, au cas qu'ils voulussent conférer avec le moine du dit Metz qui les en avoit requis. C'est Caroli. » (Communication obligeante de M. Ernest Chavannes.) P. 440, note 1, ligne 2, lisez : le 16 juin (Teissier. Essai sur les commen- cements de la Typographie à Metz, 1828, p. 41). La date du 6, indiquée par les Chroniques messines, p. 863, est inexacte : la diète de Sjiire, que l'Em- pereur présida en 1544, n'ayant été close que le 10 juin. Pour compléter les détails relatifs à la crise ecclésiastique de 1542 (Cf. les pp. 95-104, 109-111, 114, 115, 117, 121-24, 135, 136, 138-41, 172-74), nous aurions voulu comparer le catéchisme bernois de 1536 avec celui de 1538, et signaler ceux des passages du second où l'on trouve les corrections faites par Bucer. Mais n'ayant pas réussi à nous les procurer tous deux, nous renvoyons le lecteur au mémoire que M. E. Gûder a publié sur ce sujet, dans le journal Die Kirche der Gegenwart (Sechster Jahrgang. Ziirich, 1850, pj). 319-346), et nous devons nous contenter de reproduire la dernière ])artie du Catéchisme édité par Megander en 1580* telle qu'elle existe dans la traduction imprimée à Genève, sous le titre que voici : * Il est intitulé : « eyn kurtze ABEr christenli | che vsslegung, fiir die jugend, der Ge- | botten Gottes, des waaren Ghristeii- | lichen Gloubens, vniidVatter vnsers : | mit eyner kui-tzen erliiterung der Sacra | menten, wie die zil Bàrnn in Statt via | Land gehalten. Diu-ch Caspai- Gross | maii, in fraagswyss gestellt. | Im 1536. | Jar. » — Très petit in-8o de 32 feuillets, dont le dernier est blanc. Au recto du 31'"<', on lit : « Getruckt zfi Baselby | Lux Schouber. » En tête, une épître de l'auteur à ses collègues, datée de Berne le 31 Mai 1536. AKUniONS ET CORRECTIONS. oOU E X P O S I- TION CHRE- S T I E N N E Dés dix coDiDiandeiuens, Des articles de la Fo\, De l'oraisoii de noflre Seigneur, Reiglée & modérée félon la capacité et entendement dés enfans, auec l'explica- tion dés Sacreniens, efcrite en forme de Dialogue Latin, & de hit in en fran- çoys : riouuellemet & fidèlement reueuë. Ecclefiaûc 12. Ave memoyre de ton Créateur es iours de ta ieunefie. M. D. XL.» De la Cène du Seigneur. I)r'lliall(lc. Qui est \c stTOiid sacrciiicnt ? Rcsponsc. La Cène et action do j^racos de nostrc Seigneur lesns Clirist. D. Qu'est ce (^uc la (Vue du Seigneur? — R. ("est un(> ioye solennelle dés fidèles, en laquelle on rend grâces à Dieu, ])Our la mort de son tilz. — D. Combien de choses princii)aleinent sont à regarder et considérer en la Cène du Seigneur? — R. Troys. — D. Récite lés moy. — R. Le signe, la 1 Petit iii-80 de 40 feuillets non chiffrés. Caractères italiques. Au verso du dernier feuillet, la marque typographique de Jehan (Térard : une épée tenue par une main et sur- montée de sept flammes. Voyez Th. Dufour, Notice citée, p. 178, 179. La Pr-'f-c.» -1 ■• Megander est omise. Nous adressons nos remerciements publics à M. Frank Olivier, qui a bien voulu co- pier pour nous, à la Bibliothèque Pvoyale de Berlin, une partie de ce rarissime opuscule. olÛ ADDITIONS ET CORRECTIONS. vérité de la cliosf, l'obligation ou exhibition. — ■ D. Quel est le signe ? — R. Le pain et le vin. — D. Pourquoy le irAÏn et le vin sont ilz ajjpelez signe? — R. Par ce qu'ilz sont pris en signe, et tesmoign.age d'une chose saincte, c'est à dire de la grâce divine, acquise et donnée par lesus Christ. — D. Qu'est ce que la chose ou la vérité en la C'ene ? — R. C'est le corps et le sang de Christ offert i)0ur nous, par Iesa,& Christ mesme : en remission de noz péchez, et rédemption de la mort éternelle. — D. Qu'est ce que l'obligation, l'exhibition, ou protestation dés fidèles en la Cène? — • R. Hz s'obligent et rendent tenuz envers Dieu et toute l'Eglise par deux choses, — D. Qui sont elles? — R. La première est que devant toute l'Eglise pu- bliquement confessons mettre nostre espérance au seul Dieu, et ce par la mort et mérite de lesus Christ. — D. Quelle est la seconde? — R. Que nous nous exhibions, demonstrions et par Sacremens obligions, et déclarions à l'Eglise (laquelle mange le pain avec nous), estre un. corps, auquel n'y a nulle discorde, ains au contraire une grande Foy et Charité. — D. Qui sont donc ceux qui peuvent, et doivent user de ce Sacrement ? — • R. Ceux qui ont renoncé à eux mesmes, lés croyans, et généralement tous ceux qui sont et désirent estre disciples de Christ. — - D. Qui est celuy qui a renoncé à soymesme, et qui est d'un cœur humilié et mortifié? — R. C'est celuy qui met et fiche sou espérance au seul Dieu, par la mort et mérite de Christ. — D. Qu'est ce que estre disciple de Christ ? — R. Estre disciple de Christ n'est autre chose que croyre à luy, obeyr à sa doctrine, et ensuy- vir sa vie. D. Est ce une mesme chose manger le corps de Christ, et manger le Sacrement? — R. Il s'en fault beaucop, car tous ceux qui usent devant l'Eglise de ce Sacrement, c'est à dire de ce pain et vin, ne mangent i)as le corps de Christ. — D. En quelle forme donc se mange le corps de Christ? — R. Manger le corps de Christ ne requiert la bouche, lés lèvres, ny lés dentz; mais la seule Foy, par ce que par icelle seulle le fruict et utilité de la mort de Christ est receue et entendue. — D. Dy moy briefvement et en peu de parolles, qu'est ce que manger le corps de Christ. — R. Manger le corps de Christ n'est autre chose, que croyre que Christ a baillé son corps à mort pour nous, et a espandu son sang en la remission de noz péchez. — D. Veu que le corps de Christ n'est mangé que par I"oy, à quoy donc prouffite le Sacrement? — R. Le Sacrement n'a pas esté en vain institué de Christ, il a aussi sa force et efficace : car par iceluy noz sens extérieurs sont menez et tirez à l'intérieur et à la chose de laquelle il est signe. — D. Ne me peulx tu monstrer et exposer plus clerement. — R. Ouy bien.. LTn mari voulant s'en aller dehors, baille et délaisse à sa femme bien aymée un amieau])Our souvenance, et en signe de memoyre et recordation. Quand icelle après le parlement de son espoux regarde et contemple ceste bague, elle a son mary beaucouj) j)lus présent qu'autrement, combien qu'elle l'ayme d'un vray et franc cœur. En semblable raison par le Sacrement, c'est à dire par le pain et vin, sommes attirez et menez à contempler et considérer de de ])lus prés icelle chose, c'est à dire nostre rédemption et réconciliation envers le père céleste, faicte ])ar la mort et passion de lesus Christ. D. Qu'est ce que l'intérieur, et icelle chose dont tu jiarle ? — R. Comme ADDITIONS ET COHHKCTIONS. 511 nous avons i;\ dit, (■"r>t iiiii' cniitniiiil.itioii et action île «rracrs, pour la mort de lesus Christ, — D. Pounjuov Cinist a il institué cestc loufnpc ot ioye solennelle devoir estre faicte et célébrée en pain et vinV — lî. l'onr deux causes principalles. — D. Qui est la/jjreniii'rc V — K. l'ar ce que If- pain et vin, qui-sontle signe, ont quelque convenance et similitude avec la chose signifiée, c'est à dire avec la spirituelle inanducation du cor|)s de Christ. — I). Comment se doibt entendre, celaV — K. Tout ainsi que le pain naturel fortifie et confernie la vie de l'homme, et le vin estanche la soif et resiouyt le cœur : aussi nostre anie famélique j)ar un seul lesus Christ est sustentée, repeuë fortifiée, rassasiée et resiouye. — D. Le Sacre- ment donc (comme ie puis entendre) mms donne et augmente la Foy. — R. Le sacrement a ti'lli' et aussi t^rande vertu et efiicacc que la prédication extérieure de la parolle, ceneantmoins le seul es])erit de Dieu vivifie toutes choses en nous. — L). Quelle est la seconde cause V — II, Tout ainsi que le pain est faict de plusieurs grains, et le vin de plusieurs grappes et raisins, aussi tous lés fidèles faictz, constituez et composez de plusieurs membres, sont un corps duquel Christ est le chef. D. Puis que c'est pain et vin, comment s(; faict que en mangeant ces choses aucun puisse manger et boyre son iugement ? — II. En tant que touche la matière, ce pain et vin p.e diffère en rien d"un autre jjain et vin : mais quant à l'usage, il est sainct, sacré, benist, grand, magnifique et pré- cieux, parce que c'est le pain et le vin du Seigneur. -- I). le desireroj^e que cela se dist et fust exj)osé plus clerement. — R. le le te declaireray par similitude. Les[c]eau qui est jxmkIu et apposé à une lettre ou contraet, quand à la matière, il est semblal)le à quelque autre cire : mais entant qu'il est signe dés tables et testament ou de (juelque autre instrument, elle est si noble et précieuse que (juiconciue la violera et corrom])ra, il a mesme violé et faict iniure à celuy du(juel est le s[cjeau et qui a scellé et cacheté lésdictes lettres. — 1). I)y moy linallement pourquoy advient et comment se peult faire qu'aucun au Sacrement puisse manger sa mort et condemnation ? — R. Par ce qu'il ne iuge point le corps du Seigneur. — D. Qu'est ce que iuger le corps du Seigneur? — R. Rien autre chose, que sentir magnifiquement de Christ, et de son Eglise et avoir icelle en grande estime. — 1). Qui est donc cehiy (jni ])rent et mange ce Sacrement, à sa mort et condemnation? — R. C'est celuy qui est pariure et desloyal envers Christ et son Eglise. — D. ()n\ est celuy qui est pariure et desloyal envers Christ et son Eglise? — iî. Quiconque n'a et ne reçoit lesus Christ ])Our son seul sauveur, qui ne cerche point la remission dés péchez ausangd'ice- luy, qui se feint et simule estre membre du corps de Christ, et ne l'est pas. D. le desireroye à ceste heure savoir de toy, si Clirist est en la Cène dés fidèles ou non. — R. Si Christ n'estoit en la Cène dés fidèles, c'est à dire, si son corps n'estoit là mangé et son sang beu : quelle seroit la Cène du Seigneur ? — J). Comment donc, et en quelle sorte est il er. la Cène dés fi- dèles? — R. Non pas en ceste forme et manière, (jue iugent maintenant et songent lés Papistes, tellement que le vray naturel et essentiel corjis de Christ soit corporellement uny au pain, ou en jjain converty, transformé et transsubstantié (afin que i'use de leurs motz) mais plustost par médita- 512 ADDITIONS ET CORRECTIONS. tion, Foy contemplation et sacramentalement '^ — I). Qu'est ce qu'avoir Christ par méditation et contemplation ? — R. Quand la pensée et ame du fidèle a le corps de Christ présent par contemplation, c'est à dire, son in- carnation, passion, mort, résurrection et ascension. — T). Si donc le corps de Christ n'est au pain, c'est à dire, n'est converty et mué en pain, ou le pain mué en son corps : pourquoy Christ appelle il le pain son corps ? — R. Cela n'est pas seullement commun et familier à la sainte escripture: mais aussi à toutes autres, de prendre le signe pour la chose signifiée, es- sentielle, et existente. — D. Peuls tu bien monstrer et enseigner cela par similitude? — R. Ouy bien. Lés tables, letres, et instrumentz cachetez et scellez, esque[l]z l'héritage et succession de mon père (qui consiste en mai- son, seigneurie, champs et prez, à moy donnez et délaissez) est contenue, ie lés appelle le testament de mon père, iaçoit qu'ilz soyent seulement le signe de son laiz et testament. — I). Accommode ceste similitude, et la faictz servir à ton propos. — R. Tout ainsi Christ a donné et baillé au signe, c'est à dire au pain et vin, le nom de la chose signifiée et figurée, l'appel- lant son corps, combien que ce soit seulement le signe de sou corps immolé et sacrifié pour nous en la croix. — D. Ou et en quel lieu fault il célébrer la Cène du Seigneur? — R. Attendu que c'est le pain de communion et de l'Eglise de Dieu, la fault faire et célébrer en la présence de toute l'Eglise et assemblée de Dieu. — D. Quand ce doibt elle célébrer et solenniser ? — — R. Selon le bon vouloir et plaisir, ordonnance et institution d'une chas- cune Eglise*. % Fin du Dialogue. Mon enfant estudie à sapience à fin de respondre sagement. Prover. 27. b. Car qui respond la paroUe devant quil ayt ouy : ce luy est folie et ver- gongne. Prover. 18. c. 2 On lit dans l'édition allemande : « Zwaar nit wie der Bapst darvon redfc, das ist, nit der waar lyblioh natiirlich und \và>ieulich lyb deni brot vereynbart, in das brot verwendt oder verkeert : sunder in der betraclitung und anschouwung des gloubens. » Le mot sacratnentalement n'y est pas. * Grâce à la parfaite obligeance de M. leDi'Hermanu Escher, bibliothécaire de la ville de Zurich, nous avons pu constater, que le traducteur français du Catéchi>me de 1536 s'est, en général, acquitté fidèlement de sa tâclie. Mais parfois il use un peu librement des périphrases et nniUiplie les adjectifs. On peut supposer qu'il voulait ainsi épuiser l'idée de certains mots de l'original, ou bien qu'il a suivi la traduction latine de Joannes Rheilicanus (<'f. notre t. IV, p. Si'i, n. 16). TAltLETTKS (HRONULOCilQUKS. 5 I i} TAHI.mKS i:ilKOM)LO(;iQUKS 1542, 9 mai. Synode assemblé à Neuchâtol poui- réorganiser le Consistoire. 1542, 22 mai. Le pape Paul III convoque le Concile à Trente pour le l'"" novembre. 1542, 12 juin. En prévision de la guerre avec l'Empereur, Fran- çois I proclame j)ar un édit la neutralité de la Lorraine. 1542, 19 juin. Léon Jude meurt à Zurich. 1542, 23 juin. Le comte Guillaume de Furstemberg occupe la vill(> de Gorze. 1542, juin-septemb]-e. Redoublement de la persécution dans quelques provinces de la France. 1542, r' juillet. Processions à Paris. Édit contre les hérétiques, 1542, 10 juillet. Pierre Viret quitte Genève et va reprendre ses fonctions à Lausanne. 1542, 12 juillet. François I déclare la guerre à Charles-Quint. 1542, 13 juillet-12 août. Guerre des Princes protestants contre Henri de Brunswick. 1542, 21 juillet. Le pape institue la congrégation du saint office ou de rinquisition. 1542, juillet-août. Crise ecclésiastique à Berne. Les disciples de Zwingli l'emportent sur ceux de Bucer. 1542, vers le 10 août. Farel part de Neuchâtel et se rend à Metz. 1542, 15 août. Le gouvernement bernois ordonne aux pasteurs du Pays romand d'enseigner la doctrine de la sainte Cène suivant les principes admis dans la Dispute de Berne. 1542, août-octobre. Plusieurs Évangéliques italiens se réfugient en Suisse. 1542, 3 septembre. Première prédication de Farel à Metz. 1542, octobre. Berne met en vente les biens ecclésiastiques de ses nouvelles provinces. T. VIII. 33 514 TABLETTES CHKOiXOLOGlQUES. 1542, 2 octobre. Au moment de j)rêcher dans une église, Farel est contraint à sortir de Metz; il se retire à Montigny. 1542, T'" jours d'octobre. Le Conseil de Metz fait publier un édit impérial interdisant « les nouvelles doctrines. » 1542, l*"" novembre. La Classe de Lausanne adresse des repré- sentations à MM. de Berne sur le mandement du 15 août et sur la vente des biens d'Église. 1542, V moitié de novembre. Clément Marot se réfugie à Genève. 1542, vers le milieu de novembre. Farel rentre à Metz. 1542, 6 décembre. Lettre de remerciements des Évangéliques vénitiens aux pasteurs de Genève. 1542. On publie à Genève le livret intitulé : La forme des prières et chantz ecclésiastiques, avec la manière d' administrer les Sacremens. 1543, janvier. Les ministres de la Classe de Lausanne sont ré- primandés, à cause de leur lettre du l"' novembre. 1543, mi-janvier. Farel quitte Metz et se retire à Gorze. 1543, 31 janvier. Ouverture de la diète impériale de Nuremberg. 1543, janvier ou février. Paleario signale aux Réformateurs les préparatifs de la cour de Rome en vue du Concile. 1543, 11 février. Traité d'alliance de Charles-Quint avec le roi d'Angleterre. 1543, 11 février. Épître de Guillaume Farel au duc de Lorraine. 1543, 14 février. Le parlement de Paris condamne VInstifution de Calvin et les ouvrages d'Etienne Dolet. 1543, février. Calvin publie à Genève son livre contre Pighius. 1543, 10 mars. La Faculté de Théologie de Paris rédige une confession de foi en XXV articles. 1543, 15 mars. Clément Marot dédie à François I vingt nou- veaux psaumes. 1543, mars. Calvin publie à Strasbourg la troisième édition latine de son Institution. 1543, 16 mars. Les Princes protestants obtiennent du Conseil de Metz un temple pour les Évangéliques. 1543, 25 mars. Le duc de Guise assaille traîtreusement les Évangéliques messins assemblés à Gorze. 1543, 28 mars. Farel échappe à ses ennemis et se retire à Stras- bourg. 1543, 16 avril. Le duc Antoine de Lorraine déclare qu'il a TAHLETTES CHRONOLOGIQUES. 5I5 entièrement ignoré les projots du due de Guis»' eontre les Évangéliqnes messins, 1543, 20 avril. Farel envoie à OswaUi Myeonius la narration détaillée des événements du 20 mars. 1543, avril. Dans ses prédications à Metz, le 1)"^ Caroli accuse d'hérésie Farel, Calvin et Viret. 1543, 14 mai. Pierre Caroli provoque Farel à une dispute. 1543, 14-21 mai. Conférence à Strasbourg entre les députés de Metz et ceux des Princes pi-otestants. • 1543, 17 mai. François I fait expédier aux \'audois de la Pro- vence ses troisièmes lettres de grâce. 1 543, 21 mai. Réponse de Farel à la « lettre de défiance » de Caroli. 1543, vers le 25 mai. Réponse de Caroli aux i)laintes poi-tées contre lui dans la conférence de Strasbourg. 1543, 1" juin. Le pape remercie les magistrats de Cologne de la résistance qu'ils o])posrnt aux i)rojets de réforme de leur archevêque. 1543, 10 juin. Nouvelle édition de La forme des jnièi'es et chanfz ecclésiastiques. Préface de Calvin. 1543, 19 juin. Calvin i)art de Genève pour se rendre à Strasbourg. 1543, 25 juin. Seconde Épître de Farel à Caroli. 1543, 25 juin. Neuf jésuites s'établissent h Cologne. 1543, f) juillet. Une bulle du pape suspend le Concile. 1543, 23 juillet. Des lettres patentes de Fran(;ois I j)i-omulguent la confession de foi rédigée i)ar la Sorbonne le 10 mars. 1543, vers la tin de juillet. L'p]mpereur, venant d'Italie, arrive à Spire. 1543, i3 août. Un curé savoyard exhorte les Genevois à rétablir les cérémonies catholiques. 1543, 16 et 17 août. Le Conseil de Strasbourg annonce aux Genevois et aux Neuchritelois (|u'il n':\ pu obtenir pour Calvin et Farel, une conférence avec i'ierr(> Caroli. 1543, vers le 22 août. Calvin et Far(>l rentront en Suisse. 516 LISTE CHRONOLOGIQUE DES PIECES DU VOLUME. LlSTi: CHKONOLOGIQUE DES PIECES CONTENUES DANS LE HUITIEME VOLUME Les lettres inédites sont distinguées par un astérisque placé avant le Numéro. NUMEROS mo. 1111. *1112. *1113. llli. lUo. *11I6. *1117. *lil8. 1119. *li20. 1121. *1 122. *li2.3. *1124. 1123. *lf26. *H27. *li28. *il29. 1130. *1I31. 1132. *1133. *1134. ANNEE PAGES loi2 Guillaume Farel à Jean Calvin, 2 mai 3 Le Conseil de Berne au Conseil de Neuchàtel, 4 mai . 6 Les Conseils de Neuchàtel au Conseil de Berne, o mai . 7 Pierre Toussain à Guillaume Farel, 7 mai 9 Théodore de Bèze à Maclou Pompon. 7 mai .... 10 Jean Calvin à Guillaume Farel, 10 mai 12 Le Conseil de Soleure aux Conseils de Neuchàtel. 10 mai. li Les Conseils de Neuchàtel au Conseil de Soleure, limai. 17 Les Conseils de Neuchàtel au Conseil de Berne, il mai. 18 Jean Calvin aux Évangéliques de Lyon (vers le milieu de mai) 19 Pierre Foret au Conseil de Berne, 13-20 mai. ... 28 Pierre Viret à Oswald Myconius, 16 mai 29 Le Conseil de Berne au Gouverneurdc Neuchàtel, 19 mai. 32 Pierre Toussain à Guillaume Farel, 23 mai .... 33 Christophe Fabri à Guillaume Farel, 23 mai .... 35 Oswald Myconius à J. Calvin et à P. Viret, 30 mai. . 38 Sébastien Miinster à Guillaume Farel, 31 mai ... 40 André Zébédée au Conseil de Berne (vers la fin de mai). 42 Jean Bosset au Conseil de Berne (l'""s jours de juin) . 49 Le Conseil de Strasbourg au Conseil deBàle, 7 juin . 32 Jean Calvin à Guillaume Farel, 16 juin 54 Pierre Toussain à Guillaume Farel, 10 juillet. ... 57 Eustache de Knobelsdorf à Georges Cassander, 10 juillet. 59 Le Conseil de Berne à la Reine de Navarre, 15 juillet . 63 Le Conseil de Berne au cardinal de Tournon, 13 juillet. 65 LISTE CHHONOLOGIQLE DES PIÈCES 1>L VOLUME. 517 NUMÉROS PACiES 1135. Tliéodore de Bèze à Macloii Pompon, 19 juillet . . (Il» 1136. Pierre Viret à Jean Calvin, 21 juillet f,S 1137. Simon Siiltzer à Jean Calvin, ai juillet 7:2 1138. Martin Hucer à Jean Calvin, 23 juillet 73 1139. Jean Calvin à Guillaume Farel (28 juillet) .... 78 1140. Jean Calvin à Benoit Te.xlor (28 juillet) 82 1141. Jean Calvin à Pierre Viret (28 juillet) S2 *I 142. Le.s Pasteurs de la Prévôté au Conseil de Berne, 29 juillet. 8.") 1143. Pierre Viret à Jean Calvin. 30 juillet . ..... Kd 1144. Pierre Viret à Jean Calvin, 8 août 87 1145. Claude de Sachins à Jean Calvin, 12 août .... s9 1146. Conrad Pellican à Jean Calvin, 13 août '.):{ *1147. Les Conseils de Berne aux Pasteurs du Pays romand, 13 août 95 *1148. Le Conseil de Berne au.x doyens des Classes du Pays romand, 16 août 102 1149. Jean Calvin à Pierre Viret, 19 août 103 1130. Jean Calvin à Pierre Viret, 23 août 109 *11S1. Eynard Pichon à Rodolphe Gualtlier, 27 août . . . 112 *1132. Le Conseil de Berne h Pierre Viret, 29 août . . . . NI 1133. Jean Calvin à Guillaume Farel, 30 août Ho 1154. Jean Calvin à Pierre Viret (l*^'» jours de septembre) 117 1133. C. S. Curione à Jean Calvin, 7 septembre .... 118 1136. Jean Calvin à Pierre Viret, 1 1 septembre 121 *llo7. Martin Bucer à Guillaume Farel, 13 septembre .... I2."i 1138. Simon Sullzer à Jean Calvin, 16 septembre .... 120 1139. Jean Calvin à Pierre Viret (entre le 12 et le 19 septemb.) 132 1160. Pierre Viret à Jean Calvin, 19 septembre !:{4 1161. Jean Calvin à Pierre Viret, 23 septembre . . . . 137 1162. Simon Sultzer à Jean Calvin, 4 octobre l.'iS 1163. Jean Calvin à Pierre Viret (3 octobre ?) l 'i I 1164. Martin Bucer à Jean Calvin, 6 octobre i'iti 1165. Guillaume de Furstemberj,' au Conseil de .Metz, 8 oclnb. |.")1 *1166. Martin Bucer à Guillaume Farel. Il oololtre. . I3i 1167. Simon Sidtzer à Jean Calvin. 21 octobre I"it) 1168. Guillaume Farel à Jean Calvin, 22 octobre .... lo!» 1169. Guillaume Farel aux Pasteurs de NeucliAtel. 23 octobre. 160 *1170. Renée de France à Henri Bidlin^^er. 21 octobre. . . Hi| 518 LISTE CHRONOLOGIQUE DES PIECES DU VOLUME. NUMÉROS PAGES 1171. Jean Calvin à 'Pierre Viret (entre le 25 et le 28 oct.) . 163 1172. Martin Biicer à Jean Calvin, 28 octobre 168 1173. Jean Sturm à Jean Calvin, 29 octobre 170 *1174. La Classe de Lausanne au Conseil de Berne, l"'' nov. 171 1175. Bartaudière à d'Espeville (J. Calvin), 4 novembre . . 177 1176. Les Princes protestants au Duc de Lorraine, 7 novemb. 181 *1177. Celio Seconde Curione au Conseil de Berne, 8 novemb. 184 1178. Jean Calvin à Henri Bullinger, 8 novembre .... 186 1179. Jean Oporin à Jean Calvin, 10 novembre 188 *1 180. Pierre Toussain à Matthias Erb, 20 novembre ... 190 *1181. Celio Seconde Curione au Conseil de Berne (27 nov.) . 191 *1182. Pierre Yiret à Guillaume Farel, 27 novembre . . . 194 *H83. Jean Fathon à Christophe Fabri, 28 novembre . . . 197 1184. Thomas Malingre à Clément Marot, 2 décembre. . . 202 1185. Simon Sultzer à Jean Calvin, 5 décembre 209 1186. Les Évangéliques vénitiens aux Pasteurs de Genève, 6 décembre 212 1187. Jean Calvin à Pierre Viret (vers le 8 décembre). . . 215 1188. Jean Calvin à Guillaume Farel, 15 décembre . . . 220 *1189. Le Conseil de Berne au Président de Chambéry, 15 déc. 222 1190. Benoît ïextor à Jean Calvin, 19 décembre .... 223 1191. Antoine Fumée à Jean Calvin (vers la lin de 1542) . 228 *1192. Nicolas [d'Auxerre] et J. Bonivoye au Conseil de Berne (1542 ou 1543) 234 *1192 bis. [J. Bonivoye et Nicolas d'Auxerre] à P. Kuntz (1542 ou 1543) 235 119-2 ter. Jean Calvin à Michel Varod (1542 ou 1543) ... 236 1543 *1193. Pierre Toussain à Matthias Erb, l*"'' janvier . . . . 237 *1194. Le Conseil de Berne au doyen et aux jurés de la Classe de Lausanne, 2 janvier 238 ='==1195. Béat Comte à Rodolphe Gualther, o janvier . ... 239 1196. Simon Sultzer à Jean Calvin, 8 janvier 240 1197. Jean Calvin à Oswald Myconius, 12 janvier . . . . 246 *1198. Le Consistoire de Berne à Pierre Viret, 19 janvier . . 247 *1 199. Jean Fathon à Christophe Fabri, 26 janvier . ... 250 1200. Simon Sultzer à Jean Calvin, 31 janvier 256 LISTE CHRONOLOGIQUE DES PIÈCES [>L VOLUME. ol9 2ÎCMÉR0S PAGKS *1201. Jean Cliai)onneau à Guillaume Farel (janvier) . . . 2o9 1202. Aonio Paieario à Luther, Mrlanchllion. Biicer, (Calvin (janvier on février) 260 1203. Guillaume Farel au Duc de Lorraine, H février. . . 268 1204. Le Conseil de lierne à ses députés à Lausanne, 12 fév. 280 1205. Simon Sultzer à Jean Calvin, i:{ février 28i 1206. Jean Calvin à Pliili|)|ie Mélanehthon (!'•'' moitié de fév.) 285 1207. Jean Calvin à Pliilij.pe Mélanehthon, 16 février. . . 286 *l 208. Béat, Comte à Rodol|)he Gualther, l*"'- mars .... 288 1209. Conrad Pellican à Jean Calvin. 3 mars 290 *12ia. Pierre Toussain A Matthias F:rii, 1 mars 291 *1211. Pierre Viret à Guillaume Farel. 15 mars 293 1212. Pierre Kuntz à Jean Calvin, 20 mars 295 1213. Jean Calvin à Pierre Viret (24 mars) 297 1214. Pierre Toussain à Jean Calvin, 24 mars 299 1215. Jean L'Archer h Guillaume Farel, 27 mars .... 300 *1216. Guillaume de Furslemherg au Conseil de Herne, 29 mars. 304 *12I7. Guillaume de Furstemberg'à son ambassadeur en Suisse, 31 mars 309 1218. Le Conseil de Strasbourg au Conseil de Metz, 5 avril . 311 1219. Le Conseil de Metz au Conseil de Strasbourg, 9 avril . 314 *1220. Gaspard de Heu à Guillaume Farel, 10 avril. . . . 315 1221. Jean Calvin à Conrad Pellican, 18 avril 317 1222. Guillaume Farel à Oswald Myconius, 20 avril . . . 320 *1 223. Jean Hibit à Conrad Pellican, 22 avril 331 1224. Le Conseil de Genève à Guillaume Farel, 24 avril . 333 1225. [Guillaume Virot] aux réfugiés messins, 27 avril . . 334 1225 bis. Béat Comte à Nicolas de Watteville, 27 avril. . . 336 1226. Antoine Fumée à Jean Calvin (avril) 338 *1227. Le Conseil de Berne au Parlement de Dole, 7 mai . . 340 1228. Philippe Mélanchtlion à Jean Calvin, limai. . . . 3il 1229. Conrad Pellican à Jean Calvin. 13 mai 314 1229 l)is. [L'Église de Metz] aux Princes protestants (l"^'' moi- tié de mai) 346 1230. Pierre Caroli à Guillaume Farel, 14 mai 31!^ *1231. Pierre Viret à Guillaume Farel, 19 mai 352 *1232. Antoine Thomassin au (iiuiverneur de XeuchAIel (vers le 21 mai) :{57 520 LISTE CHRONOLOGIQUE DES PIÈCES DU VOLUME. ^fUMÉROS PAGES i233. Guillaume Farel à Pierre Caroli, 21 mai 369 *1234. Le Conseil de Berne à la Classe de Morges, 21 mai . 373 1235. Jean Calvin à Pierre Yiret (vers le 27 mai) .... 376 1236. Jean Calvin aux Pasteurs de NeuchAtel, 28 mai. . . 378 1237. Pierre Viret à Jean Calvin, 29 mai 383 1238. Guillaume Farel au Conseil de Genève, 31 mai . ... 386 *1239. Guillaume Farel aux Pasteurs du Pays romand, 31 mai. 388 *1240. Guillaume Farel à la Classe de NeucliAtel, 31 mai . . 392 1241. Eustorg de Beaulieu à Clément Marot (au mois de mai). 400 1242. Le Conseil de Metz au Conseil de Strasbourg, i^r juin . 403 1243. Ehrhard Schnepf au duc Christophe, 3 juin .... 408 1244. Le Conseil de Berne au Bailli d'Yverdon, 4 juin . . 409 1245. Le Conseil de Neuchàtel à Guillaume Farel, 13 juin . 410 *1246. Les Pasteurs de Neuchâtcl à Guill. Farel, 16 juin . . 413 *1247, Le Conseil de Genève au Conseil de Bàle, 18 juin . . 416 *1248. Christophe Fabri à Guillaume Farel, 20 juin. ... 418 *1249, Pierre Toussain à Guillaume Farel, 23 juin .... 420 1250. Guillaume Farel à Pierre Caroli, 23 juin 421 1231. Pierre Viret au Conseil de Genève, 27 ou 28 juin . . 434 1232. J. Calvin et Guill. Farel au Conseil de Strasbourg (29 ou 30 juin) 437 1233. Jean Calvin à Pierre Viret, l^r juillet 440 1234. Jean Calvin au Conseil de Genève, l^"" juillet . . . 441 1255. Jean Calvin aux Pasteurs de Genève, 1<"' juillet . . . 444 1256. Les Pasteurs de Genève à Jean Calvin, 11 juillet . . 446 1257. Le Conseil de Genève à Jean Calvin, 11 juillet . . . 430 1258. Philippe Mélanehthon à Jean Calvin, 12 juillet . . . 451 *1259. Le Conseil de la Aeuveville au Cons. de.Berne, 15 juill. 452 1260. Les Ministraux de Neuchâtel au Conseil de Strasbourg, 16 juillet 453 *1260/'/s. Les Ministraux de Neuchàtel au Conseil de Berne, 16 juillet 454 1261. Le Gouverneur de Neuchàtel au Conseil de Strasbourg, 17 juillet 455 1262. Jean Calvin au Conseil de Genève, 24 juillet ... 457 1263. Jean Calvin aux Députés genevois à Berne, 24 juillet . 460 *1264. Pierre Toussain à Matthias Erb, 29 juillet .... 462 *1265. Pierre Toussain à Sigismond Stier (août ?) .... 464 LISTE CHRONOLOGIQUE DKS IMKCKS I»l VULL.MK. 521 NUMÉROS PAGES '''lâGG. Fi-iiiirois (k' Maiidiillaz aux hahitaiits de (itMiève, i) aoiit. 4(16 ^''1:2()7. Bai-thélemi des Prés à Henri By.lliii<;er, 1 1 août. . . Uîl» *1:2()8. l*ierre Toussain ù Mattliias Erl), 1 1 août 'i7l 12(59. Jean Calvin an Conseil de Genève, i;{ août, .... 172 1270. Le Conseil de Strasbourg- an Conseil de Genève, IGaoùt. 473 *1271. Le Conseil de Strasbourg aux (Jonseils de NeuchAtel, 16 août 175 Appendick hes tomes I. II. VII. Vin. io2 iio Ins. Claussequin (PAysà Franroisde llannonviile, 17oct. 477 152o 149 r/. Pierre Toussain à Guillaume Farel, 20 juin. . . . 479 1526 179 ^<. Guillaume Farel à Nicolas d'Esch, 9 juillet. ... 481 1529 *268 a. Humbert de Praroman aux Chanoines de Lausanne, 2 décembre \Si 1541 *957rt. La Classe de NeuchAtel à la Classe de Mop.lbéliard. (mars?) 485 *1005 h. Les Ontons évangéliques et Miillinnsc à Friiiicuis I. 25 juin 488 *1054r;. Les Pasteurs de Strasbourf,»' aux Chanoines de Metz, 25 octobre 489 1542 llOli. [Pierre Brulli] et lÉglise Française de Strasbourg; an Conseil de Strasbourg-, 25 mars 492 1543 *122() Ai'.v. Le Duc de Lorraine an Conseil de HAle, 1(> avril V94 322 LISTE ALPHABÉTIQUE DES C0RHESP0NDANT5. LISTE ALPHABÉTIQLK DKS CORR ES PONDANTS (Les chiffres arabes ordinaires indiquent les N*»» des lettres écrites par les coiTespon- dants, et les chiffres en italipie, celles qiii leiu' ont été adressées.1 Apreniont (Le seigneur d'\. Vciyez Calvin. Archer (Jean 1'). 121o. Auxerre (Nicolas d'). 1192. 1192 bis. Ays (Claussequin d'). 123 bis. Bâle (Le Conseil de). 1129, 1247, 1220 bis. Bartaudière. 1173. Beaulieii (Eustorg de). 1241. Berne (Le Conseil de). ilM, il22. 1133. 1134, 1148, 1132, 1189, 1194. 1204, 1227, 1234, 1244. — 1112, 1118, 1120, 1127, 1128, 1142, 1174, 1177, 1181, 1192, 1216, 1259, 1260 bis. Berne (Les Conseils de). 1147. Berne (Le Consistoire de). 1198. Bèze (Théodore de). 1114. 1133. Bonivoye (Jean). 1192, 1192 bis. Bosset (Jean). 1128. Brulli (Pierre). 1101 b. Bucer (Martin). 1138. 1157, 1164, 1166, 1172. — 1202. Bullinger (Henri). 1170. 1178, 12i!7. Calvin (Jean). 1113, 1119, 1130, 1139, 1140, 1141, 1149, 1130, 1133, 1134, 1136, 1139, 1161, 1163, 1171. 117S, 1187, 1188, 1192 ter, 1197, 1206, 1207. 1213, 1221, 1233. 1236,1252, 1233, 1234, 1233, 1262, 1263, 1269. — lllO, 1125, 1136, 1137, 1138. 1143, 1144, 1145, 1146. 1155. 1158, 1160, 1162, 1164, 1167, 1168, 1172,1173, 1175, 1179, 1185, 1190, 1191, 1196, 1200, 1202, 1205, 1209, 1212, 1214, 1226, 1228, 1229, 1237, 1256, 1257, 1258. LISTE ALPHABÉTIQUE DES COHnESPONDANTS. .'523 Cantons évangéliqiies (Les). Voyez Suisse (Les cantons cniiii{,'.'li(|ues de la). Capnius. Voyez Fumée. Caroli (Pierre). 1230. — 1233, 1250 Cassander (Geortres). 1132. Cernex (Le curé de). Voyez Mandallaz. Chanibéry (Le président de). 1189. Chaponneau (Jean). 1201. Comte (Béat). 1195. 1208, 1225 bis. Cnrione (Celio Secondo). 1155, 1177, 1181, Dôle (Le Parlement de). 1227. Erb (Matthias). 1180,1193, 1210. I25. Strasbourg- (Le Conseil de). 1129, 121H, 1270, 1271. — li'JO, 121-2, 1252, 1200, 1201, llOl h. Strasbourg (L'église française de). 1101 b. Strasbourg (Les pasteurs de). 1054 a. Sturm (Jean), 1173. Suisse (Les cantons évangéliques de la). 1005 b. Sultzer (Simon). 1137, H58, 1102, 1107, 1185, 1196, 1200, 1205. Textor (Benoit). 1190. — 1110. Thomassin (Antoine). 1232. Tournon (Le cardinal de). 113 1. ïoussain (Pierre). 1113, M23, 1131, 1180, 1193, 1210, 121i, 1249, 1204, 1265, 1268, 149a. Trévise (Les Évangéliques de). 1186. Varod (Michel). 1192 ter. Vénitiens (Les Évangéliques). Voyez Trévise et Vicence. Vicence (Les Évangéliques de). M86. Viret (Pierre). 1121, 1136, 1143, 1144, 1160, 1182, 1211, 1231, 1237, 1251. — 1125, 11 11, 1149, 1150, 1152, 1154, 1150, 1159, 1101, 1103, 1171, 1187, 1198, 1213, 1235, 1253. Virot (Guillaume). 1225. Vullierens (Nicolas de). Voyez Auxerre (Nicolas d'). Watteville (Nicolas de). 1225 bis. Wurtemberg (Le duc Christophe de). 1243. Yverdon (Le bailli d'). 1244. Zébédée (André) 1127. INDEX ALPHABÉTIQUE DES NOMS DE PERSONNES QUI SE TROUVENT DANS LE HUITIÈ:\IE YOLOIE Les noms imprimés en petites CRpitAles désignent Ws aufeiirs des Lettres, et ils sont suivis des Numéros d'ordre de celles-ci. Lorsque dans uu article le chiffre de la page est seul indiqué, la personne à laquelle il se rapporte figure seulement dans le texte; s^'û est suivi de la lettre n., la personne n'est mentionnée que dans les notes. L'abréviation et n., après le chiffre d'une page, signifie que le nom propre se rencontre à la fois da>is le texte et dans les notes. Les noms de lieux ne sont reproduits que lorsqu'ils servent à désigner un individu ou des collections de personnes, et l'on a omis tous les noms des personnages qui n'appartiennent pas au seizième siècle. Abère (Les habitants d'), voy. Habère. Abria (Le curé Didier), 478 et n. Adam, le drapier, 324 et n. Adam (Michel), 333 et n. Adrianus, voy. Blauner. Agianthus, voy. Saiiit-Flour (Antoine de). Aigle (de 1'), 10 et n., 11. Aix (Claussequin d'), voy. Ays. Aix (Le parlement d'), voy. Provence (Le parlement de). AJbe (Le duc d'), 130 n. Albret (Jeanne d'), 74 n. Alcala (Les théologiens d'), 350. Alciat (André), 88 n., 165 n., 380 et n. Alexandre (Pierre), 33 n., 70 n., 492, 493 n. Alexis, voy. Gaudinoeus. Allemagne (Étudiants de la Haute-), 158. Allemagne (Les Pasteurs évangéiiques de 1'), 261 etn., 262 n. Allemagne (Les églises évangéiiques de 1'), 267. Altieri (Balthasar), 212 n. Amanus, 187 n. Aiibrosius, voy. Cliareigne. Amerbacli (Boniface), 246 n., 380 n. Anabaptistes neuchàtelois (Les), 358-368. Ancillon, 153 u. André ***, beau-frère de Fabri (Ghristo- plie), 201 et n., 254 et n., 255. Andronicus (Fortunat), 247 et n., 248, 249. Angelander (Jo.), voy. Engelmann. Angélus ***, 345 et n., 346 n. Angleterre (Les Évangéiiques de 1'), 267 Aniôres (Le seigneur d'), voy. Sachiiis (Claude de). Auiebaut (Le maréchal d'), 108 u. INDEX ALPHABÉTIQUE DES NOMS. 3^7 Annonius, 5 ii. Anr>" (Maître), voy. Mare (Hi'iiri de la). Antoine, duc de Lorraine, voy. Lorraine. Aiitonius (Mai-cus), 178 n. Apreniont, pseudonyme de ("alvin (Le seigneiu" d'), 233 et n. Aquilius, voy. Aigle (de 1'). Archer (Jean l'), X» 12L5. — 300 et n., 304 n., 378 n., 392 n., 414 n. Ai-cuarius, voy. A relier (1'). Armasnac (L'évêque Georges d'), 470 u. Arnes (Ilugoniu d'), 50 n., 503. Arquerius, voy. Archer (1'). Arsent (Le conseiller Pierre), 484 n. Articulants (Les), 87 n. Aubéry, avocat général (Jacques), 4 u. Audincourt et Exincourt (L'église d'), 58 et n. Augsbarger (Michel), 143 n., 280 n. Aulbe ou Aube (Regnanlt d'), 153 n. Aulbonne (Bastian on Sébastian d'), 386 n. Aumale (François de Lorraine, comte d'), 306 et n., 307 et u., 310, 323 et n., 329 n., 335 u., 494 et n., 499 n. Ausserre (Nicolas d'), voy. Auxerre. AuxEKKE (Nicolas d"), N»» 1192, 1192 bis. — 234 et u., 235 et n., 236. Avignon (Les syndics d'), 4 n. Awe (Georgius ab), 408 et u. Ays (Claussequin ])'), Nol25 bis. — 477 et n., 478 u., 479 et n. B Baccarat ou Baccareti, 478 n. Baiilod (Hugonette), 255, 256 n. Bailloz (Loys), 254. Baillez (Guillaume), 255. Balard. père (Jean), 145 n., 219 et u., 467 n., 469 u., 483 n., 484 u. Balard (Louise), 219 n. Balbus (Jo.), voy. Bègne. Bâie (Les citoyens de), 39, 41. Bâle (Le Conseil de), 38, 39, 52, 309, 311 n., 330 et n., 416, 418, 441, 450, 473 n., 489, 494, 497 n., 500, .501 et n. Bâle (Les députés de), 74 et n., 108 et n., 109 n., 143 n. BMe (L'église de), 38. Bâle (L'évêque de), 52 n. Bftle (Les pasteurs de), 41, 73. Barbarin (Thomas), 5etu., 32 n., 41 et n., 198 et n., 201 et n., 255, 302 et ii., 388 n., 397 n., 413, 414 n., 416 et n., 487, 505. Barbe, la revendeuse, ,307 n. liarberonsse, 108 n., 130 et n. Barralis (Jehan), 87 n. Barrault, voy. Borreaul. Bar'pîvudière, N" 1175.— 177 et n., 178 n., 180, 181 n. Bartholomaius ***, 180 etn. Baume, évéque de Genève (Pierre de la), 466 n., 467 n., 469 n. Baux (Jean), 87 n. Bavière (Louis et Guillaume, ducs ài'), 76 et n., 257 n., 420 et u. 15avière (Sabine, duchesse de), 420 n. Bkauliku (Eustorg ou Hector de), N" 1241. — 207 n., 400, 401 n., 4U2 n., 403 n Beanmont (M'' dej, 2'J8 et n. Beauvais (Françoise de), 37 u. Beauvais (Louise de), 37 n. Bègue (Jean le), 206. Béguin (Le secrétaire Y»), 388 n., 444 n. Bellay (Martin du), 108 n. Bellegarde (Clande de), 37 n. Bellegarde (Simon de), 37 et n. Bellelay (L'abbé de), voy. Cognât. Bellomontanns, voy. Beaumont. Benoît (Le docteur Jean), 60 n. Beraldus (Joannes), 184 et n. Berandns (Joannes), 184 n. Bérauld ("François), 184 n. Bérauld (Jean), 179 n. Bérauld (Nicolas), 184 n. Bernard (Jacques), 3 n., 75 et n., 79 et n. Berne (L'avoyer de), 98 n., 100 n., 139, 505, 506. Berne (Le Conseil de), N"» 1111, 1122, 1133, 1134, 1148, 1152, 1189, 1194, 1204, 1227, 1234, 1244. — 6 «t n., 7 et n., 8 n., 9, 15 n., 16 n., 18, 19, 28 et n., 29 n., 30, 31 n., 32, 33, 35 n., 36, 38, 39, 42, 43 n., 49 et u., 50 et n., 51, 52 n., 53 et n., 58, 63, 64 et n., (55 et n., 66, 71 n., 73 n., 74 n., 84 n., 85, 88 u., 94 n., 95, '108, 109 n., 110 et n., 111, 114 etn., 119 et n., 122, 123, 132 n., 134, 135. 1.36 et n., 139 et n., 142 et u., 143 et u., 145, 147 etn., 166 n., 167 n., 171 etn., 172 n., 173 n., 174 n., 175 n., 191, 192 n., 193 n., 200, 203 et n., 217 n., 222 et n., 223, 234, 236, 238 et u., 239 n., 243 n., 244 n., 245 u., 258 n., 259 n., 280 et n., 281 n., 282 n., 283, 284 et n., 285, 294 n., 298 n.. 304, 309 etu., 310 n., 311 n, 336 n., 337 n., 528 INDEX ALPHABETIQUE DES NOMS. 340, 350, 352 n., 353 n., 354 et n., 356 n., 375 et n., 385 n., 386 n., 409, 411, 417, 418, 434, 435 et n., 452, 453, 454, 455, 456 n., 469 n., 489, 494, 502, 503, 505, 50S, 508. Berne (Le Conseil des Deux-Cents ou des Boui-geois de), 120 n., 122 et n., 139, 210, 281 n. Bers-e (Les Conseils de), X» 1147. — 95, 97 n., 99 n., 209 et n., 281 n. Bern'e (Le Consistoire de), No 1198. — 216 n., 247 et n. Berne (Les députés de), 8, 35 et n., 52 n., 71 et n., 85 n., 143 n., 222 n., 280 et n., 294 n., 375 n., 502, 504. Berne (L'église de), 6 n., 7, 96 n., 101 n., 110. Berne (MM. de), voy. Berne (Le Conseil de). Berne (Les pasteurs de la ville de), 38, 73 n., 89 et n., 95 et n., 96 et n., 103 n., 131, 209 et n., 210, 211 etn., 243 et n., 244 et n., 245 et n., 281 n., 356 et n., 435, 508 n. Berne (Les Classes allemandes du pays de), 103 n., 104 n. Berne (Les Doyens des Classes allemandes de), 114 n. Bernois (Les), voy. Berne (Le Conseil de). Bertaudière (Mauclerc ou Prévost, sieui- de la), voy. Bartaudiére. Berthod (Le trésorier Jacques), 386 et n. Bésard ou Bisard (Martin), 61 n. Béze (Le chanoine Audebert de), 66 et n., 67. Bèze (L'abbé Claude de), 67 et n. Bèze (Le bailli Pierre de), 66 et n., 67. Bezœus, voy. Bèze. BÈZE (Théodore de), N^s 1114, 1135. — 10, 66 et n., 67 n., 68 et n., 83 n., 105 n., 110 n., 111 n., 121 n., 122 n., 123 n., 124 n., 207 n., 216 n., 220 n., 229 n., 297 n., 298 n., 470 n. Bibliander (Théodore), 73, 74 n., 93 et n., 94, 188 n., 189 n., 194 n., 319, 332, 345. Bigothior (Claude), 91 n. Blamont (Les paroissiens de), 29 n. Blanc (Anton, le), 184 n. Blanch (Matthieu), 137 n., 256 et n., 298 n. Blauchet (Pierre), 79 n., 83 et n., 106 et n., 163 et u., 164 n., 449 n. Blauner ou Bloner (Adrien), 157 n. Blois (Les Jacobins ou Domhiicaiiis de), 209. Blonay (Michel de), 35 n. Bock (Hans), 52. Bois (Jacques du), 223 n. Bois , imprimeur (Michel du), 80 et n., 297 n. Bois (Guillaume du), 297 et n. Bois (Richard du), 205. Bois (Valentin, Veltin, Valtrin ou Watrin du), 33 n., 335 et n., 506. Boisset (Claude), 447 et n. Bôle (Les gens de), 202, 254. Bonardus (Vincentius), 178 n. Bon disciple (Le), 478 n. Bonivard (François), 222 n., 466 n., 467 n., 483 n., 484 n. BoxiVOYE (Jean), N»» 1192, 1192 bis. — 234 et n., 235 et n., 236 et n. Bonleucourt ou Boul encourt (M'' de), 27 n. Bonnestraine, moine augustin, 398 n. Bonneville (Le Conseil de la), voy. Neu- veville. Boquin ou Bouquin (Pierre), 170 n. Bordeaux (Le parlement de), 107 n., 303. Borreaul (Claude), 282 n. Bosc (Jean de ou du), 377 et n. Boscanus (Jo.), voy. Bosc (Jean de). Bosco (de), voy. Bosc. Bosquet (du), voy. Bosc et Val-Bousquet. BossET (Jean), N» 1128. — 49, 50 n., 52. Bouche d'or, voy. Perrin (Pien-e). Bouquin (Le docteur P^obcrt), 60 n. Bom-bon (Le connétable Charles de), 279 n. Bourbon (Renée de), 279 n. Bom-bon (Antoinette de), 306 n. Bourg-en-Bresse (Les suspects d'hérésie à), 91 n. Bourg-en-Bi-esse (Le clergé de), 92 u. Bom-g-en-Bresse (Le Conseil de), 92 n. Bourges (Les Carmes de), 170 n. Boui'guignons (Les), 308 n., 322, 335 n., 399. Boussu'ou de Grand-Ry, 177 n. Boussiro]! (Françoise), 180 n. Boyer, martyr (Le Conseiller Guillaume), 107 n. Brand (Joder), 74 n. Brand (Théodore), 140 n. Brandebourg, Électeur et archevêque de Mayence (Albert de), 74, 76 et n. Brantôme, 269 n. Bray (Guy de), 277 n. Brennon (Le curé Jean-Rogier), 478 n. Brentius (Jo.), voy. Brentz. Brentz (Ji-anj, 463 n., 465. Bretelz, notaire (A.), 17 n., 19 n. INDEX ALIMIAIJKT Brilly (Joan de), voy. Boiiivoyi?. Bnilêros, dit do la Fontaine (Estienne de), 207 n. Brulerius Fontanus (S.), voy. Brnléres. Brulli ou Bkusli (Pierre), N» 1101 b. — 33 11., 170 et n., 492, 493 n. Brunon (Le docteur), voy. Niedbrucker. Brauswick (Eric de), 76 n. Brunswdck (Henri, duc de), 74 et n., 7ô, 76 et 11., 77, 257 et n. Bruss (Théodore), voy. Knoblodi (Jehan). BucER (Martin), N»» 1138, 1157, 1164, 1166, 1172. — 4 et n., 5, 39 et n., 41, .53, 57, 73 n., 74, 75, 77, 81 n., 101 n., 107 n., 120, 122, 125, 126 n., 127 n., 128, 139, 142 n., 146, 147 n., 148 n., 149 n., 151, 152 n., 154 etn., 156, 157 et n., 166 et n., 168, 169 n., 170, 199 n., 220 n., 257, 260, 261, 268, 284, 322 n., 330, 341, 344, 346 n., 356 n., 397 et n., 434 n., 452 n., 489, 492, 508. Bucer (Les partisans de), 73 n. Bucerani, voy. Bucer (Les partisans de). Biichlin (Paul), voy. Fagius. Buchinann, voy. Bibiiander. Budé (Guillaume), 88 n., 380 n. ButHer (Piene), 158 n. Bullingor (Hem-i), 93 et n., 94, 97 n., 114, 144 n., 161 et n., 186, 187 n., 188, 192 et n., 193 n., 240 et n., 289 et n., 290, 317, 319, 344, 345, 469, 470 u. Bulliiiger (La famille de), 194 n. Bui-e (Idelette de), 56 et n., 82, 86 n., 87 et n., 109, 224, 227. Busleiden (Le chanoine Jérôme), 380 n. Buy (Le seigneur de), voy. lieu (Gaspard de). Cœsar, voy. Charle>-Quint. Csesariani, voy. Impériaux (Les). Calvin (Antoine), 89, 138 n., 163 n., 217 et n., 299. Calvin (Idelette), voy. Bure (Idelette de). Calvin (Jean), N"« 1115, 1119, 1130, 1139, 1140, 1141, 1149, 1150, 1153, 1154, 1156, 11.59, 1161, 116-3, 1171, 1178, 1187, 1188, 1192 ter, 1197, 1206. 1207, 1213, 1221, 12.3.5, 1236, 1252, 1253, 1254, 1255, 1262, 1263, 1269. — 3, 5 et n., 14 n., 19 et u., 20 n., 30 et n., 31 n., 33 n., 34, 36, 38, 4(), 41 n.,5.3, 54, 55 n., 68, 70 n., 71 et n., 72, T. VIII. iC»i"K DES .NOMS. 5:29 75, 77, 78 et n., 79 n., 80 n., 81 n., 82, 83 n., 84 n., 86 et n., 87 et n., 88 et n., 89 et 11., 90 n., 91 11., 92, 93 et n., 94, 101 n., 103, 105 n., 107 n., 108 n., 109 et^n., 110 n., 111 et n., 11.5, 116 et n., 117, 118, 120, 121, 122 n., 125 et n., 129, 131, 132 et n., 1.34 et n., 1.35 n., 136 n., 137 et n., 138, 140 n., 141 et n., 142 n., 143 n., 146 et n., 147 Ji., 148 n., 1.56, 158 n., 159 et n., 163 et n., 166 n., 167 et II., 168, 169 n., 170 et II., 171, 174 n., 176 n., 177 et n., 180, 181" n., 186 et n., 187 n., 188, 190, 194 et n., 196, 197 n., 205, 206 n., 209 et n., 211 n., 212, 215, 217 n., 220 et n., 221 et n., 223, 224 n., 225 n., 228 et n., 229 n., 231 n., 233 et n., 235 n., 2.36, 237, 240 et n., 244 n., 245, 246, 250, 256 et n., 258, 260, 261, 262 n., 268, 284 et n., 285, 286, 287 u., 288 n., 290 et II., 291, 293 n., 295, 296 et n., 297 et n., 298, 299 er. n., 303 et n., 317, 318 n., 329 n., 338 et n., 339 n., 341 et n., 342 n., 343 n., 3-44 et n., 345 n., 346, .351 n., .353 et n., 354 et n., 3.55 et n., .365 n., 370, 376 et n., 377 n., 378 et n., 379 n., 383 et n., 386, 387 et n., 391 n., 397 n., 4« 1191, 1226. — 228 et n., 229 n., 233 n., 338, 339 n., 34(J. Fumée, sieur des Roches (Adam), 228 n. Fumée (Hardouin), 228 n. Fumée (Paul), 228 n. FuKSTEilBERG (Le coiiite Guillaume de), Nos 1165, 1216, 1217. — 74 et n., 92 n., 150 n., 151, 152 n., 153 n., 160, 227 n., 228 n., 253 et n., 304, 305 n., 306 n., 307 n., 308 n., 309 et n., 310 et n., 311 et n., 315 et n., 323, 324, .326, 328 n., 329 n., 330 et n., 335 n., 352 n., 377 n., 378 et n., -103, 405, 407, 411, 436, 494, 495, 496 et n., 497 etn., 498 et n., 499, 500, 501 n., 506, 507. Furstemberg (L'ambassadeur du comte Guill. de), 309 et n., 310 n., 353 n. Furstemberg (Les soldats de), voy. (îorze (La garnison allemande de). Ci Gaienses (fratres), voy. Ciex (Les ministres de la Classe de). Gallasius (Nicolaus), 225 n., 508. Gallus (Jacobus), voy. Coq (Jacques le). Gamajit (Gaspard), 148 n., 152 n., 153 n., 154 n., 316. Gascogne (Les nobles de la), 303. Gast (Nicolas du), 11 n. Gatis (Vincent), 249. Gaudellaire (Jean), 375 et n. Gaudinajus (Alexis), 10 n., 11. Gazeau, imprimeur (Guillaume), 93 n. Gelida (Jean), 331 n. Gênes (Les habitants de), 144 n. Geneston (Matthieu de), 69 et n., 79 et n., 83 et n., 86, 218, 220, 298 n., 447 n., 449 et n. Genève (Les chanoines ou le Chapitre de), 423 et n., 484 n. (ienève (Le clergé catholi(|ue de), 469 n. lieiiève (Le Collège de), 105 et n. Genève (Le Conseil ou les Magistmts de), N"» 1224, 1247, 1257. — 68 m., 79 n., ^0 n., 83 etn., 84 n., 104 n., 106 n., 109 et n., 143 n., 145 etn., 147, l()3n., 165 et n., 222, 333 et n., 334 et n., 353 n., 354 et n., 355 n., .386, 387 n., 388, 407 n., 416, 418 et n., 434, 436, 438 n., 441, 444, 447 et n., 448 et n., 449 n., 450, 457, 460, 469 n., 472, 473 et n., 474, 475, 482 n., 483 n., 484 n., 503. Genève (I^a congrégation de), 27 et n. Genève (La congrégation génériile de), 21 n., 24 n., 446. Genève (Le Conseil général de), 68 n., 69 n., 145. Genève (Le Conseil des Soixante de), 145 et n. Genève (Le Conseil des ])..ny.(',.„t, d.'V 109, 145 et n., 146 n. Genève (Le Consistoire de), 104 n., 142 et n., 446. Genève (Les députés de), 38 n., 89, 117, 355 n., 460, 462. Genève (Les écoles de), 187. Genève (L'Église de), 39, 55, 117, 124, 156, 215, 287, 354, 390 n., 443, 445, 446, 447, 450. Genève (L'église italienne de), 187 n. Genève (Les Pasteurs de), N" 12.56. — 12, 55, 68 n., 69 n., 83 n., 84 n., 89, 287, 387 et n., 444, 445, 446, 4-17 n., •148, 449 et n. Genève (Le peuple de), 53, 72, 124, 137. 401 n., 444, 466, 469 et n. Genève (Les Réfugiés à), 14, 213, 218. Genève (Le trésorier de), 69 n. Genève (Les Syndics de), 56. Georgius ■»*■», 94 n., 120. Gérard ou Girard, imprimeur (Jehan), 122 n., 124, 1-1.5 et n., 268 n., 277 n., 345 n., 347 n., .349 n., 365 n., 4.50, 508, 509 n. Gering ou Gennig (Béat), 73 n., 75, 95, 96 n., 99 n., 117 n., 131, 159, 244 n., 245, 285. Gen%Tis (Le docteur Henri), 60 n. Gesner (Conrad), 114, 158 n., 221 n., 224 n., 226 n. Gex (Le doyen de), voy. Camerie. Gex (Les ministres de la Cla. et n., 17, 18, 32 et u., .502. Landgravius ou Lantgnivius, voy. Hesse (Philippe de). Landoz (Le commissaire Jean), 217 n., 280 n. lyLK DKS NO.MS. 535 Landry (Le curé KniiK/ois), 339 n. Lange (Jean), 345 u. Lausanne (L'abbaye di'> Knfaiils de), ,504. Lausanne (Le bailli di'), 64 n., 61» n., \l\>, 120 n., 134, 137 n., 193 n., 282 n., 284 n. Lausanne (Les bourgeois de), 483 n. Lausanne (Les chanoines ou le Ciiapitiv de), 69 «., 239 n., 482 et n., 48:^ i... 484 et n., .504, 505. Lausanne (La Class.- d.'), N" 1174. — 88 11., 111 n., 132 n., 136 n., 142 u.. 147 n., 166 II., 167 n., 171, 174 n., 2(i'.' n., 210 n., 211, 216 et n., 238 et n., 243 et n., 244 et n., 247, 249, 280 n., 281 n., 283, 284, 355 et n., 356. Lausanne (Le l'ollége ou l'École de), 71 et n., 94 ii., 120 n., 133 et n., 354. Lausanne (Le Conseil d«'), 30 et n., 3» et n., 39, 53 11., 69 et n., 88 n., 132 n.. 164 n., 168 n., 196, 197 n., 384, .ÔUL Lausanne (Le Consistoire di'), 132 n., 24S et n., 384 et n. Lausanne (Le diacre de), 196, ,385 et n. Lausanne (Les XII écoliers de MM. d • Berne à), 134 n., 191 er n., 354 n. Lausanne (L'Eglise de), 30, 68, 70 n., 390 n. Lausanne (Sébastien de Montfaiicon, évèqiie de), 483 n., 484 n., 504. Lausanne (Les ministres de la Classe de), 64 n., 69, 119 et n., 135 n., 253 et n., 258 n., 259 n., 281 et n., 284 n. Lecomte ou Le Comte de la Croix (Jean), 206 et n. Leipsic (L'église de), 158 n. Libertetus ou Libertinus, voy. Fabri (Christophe). Libertins (La secte des), 229 n., 231 n.. 339 n. Libres.p,.nseurs (Les), 229 -•tu., 230, 231, 232, 233, 339 n. Lichtenfels (Le prévôt Cornélius de), 85 n. Lignières (Les Évangéliques d.-), 4.52, 453 et n. Limbourg (L'évêque Érasme de), 157 i-t n., 168. Lionart (Le comte de), 228 n. Longueville (La duchesse J.-anne de), voy. Neuchftt.'l (lia comtesse de). Loriol (Famille de), 90 n. Lormine (Les Évangéliques d<' la), 74 n. LOKRAINE (Antoine, duc de), N" 122si Prévoté. Moutier-Grandval (Les pnid'hommes de), .50 n. Ml-lhouse (Le Conseil de), N" 1r n., 487. Neuchâtel (Les Pastt-urs du comté de), 3 n., 6, 58 n., 113 n., 1,59 n., 216 et n., 301, 302, 353, 365 n., 378, 384, 387 n., 412. Neuchâtel (Les Pasteurs de la ville de), 6 n., 220, 435. Neuchâtel (Le Synode de), 3 et n., 6 et n. Neuveville (Le Conseil de la), N" 1259. — 452, 453 et n. Nicolas «-«■«, 319 n., 332 et n. Nidepontanus, voy. Niedbrucker. Niedbrucker (Jean-Bnmon), 150 et n., 155 n., 405 n. Noll (Anthoni), 249. Nomény (Le mayor de), 328 et n. O Ochino (Bernardlno), 144 et n., 164 et n., 165 et n., 169 n., 178, 180 n., 187 et n., 221, 224 et n., 268, 288, 318 et n., 319, 345 et n., 445 et n. Odonus (Jo. Angélus), 346 n. Oecolampade (Jean), 39 n., 97 n. Offenburg (H.), 501 n. Olivétan (Pierre Robert, dit), 220 n. Oporin, imprimeur- (Jean), N° 1179. — 120, 188 et n., 190 et n., 354 n. Orbe (Le bailli d'), voy. Duby. Oi-be et de Grandson (Les baillis d'), 71 et u. Orbe (Les Catholiques d'), 42 n. Orbe (Le châtelain d'), voy. Warnéry. Orbe (Les Évangéliques d'), 42 n., 134 n. Orbe (Le gouverneur d'), 43 n. Orléans (Charles, duc d'), 74 n., 108 et u., 405 n. Oiry (L'inquisiteur Matthieu), 292 et n. Oi'slèresou d'Ursières(Anastasie d'), 259 n. Ortin, voy. Hortiu (Vincent). Ougspurger, voy. Augsburger. 0\v (Jean de), 408 n. ( )\v (Jôrg von), 408 et n. Ozias (Philippe), voy. Église (Phil. de 1'). Paccolet (Imbert), 133 et n., 134 u., 298 et n. Padoue (Les théologiens de), 350. Paglia (Antonio dalla), voy. Paleario. Paguetius, voy. Paquet. Paleario (Aonio), N" 1202. — 144 u., 260, 261 n., 263 u., 264 n. Paquet (François), 145 et n., 219 et 11. Pariât (Gérard), 37, 135 et n., 217 n., 254u. Paris (Nicolas), 504. INDEX ALI'HARKTIUIE DES ^OMS. 539 Paris (L'église de), 235 n., 38'.). Paris (Le ck-igé de), «0 et n., 68 ii., 235 n. Paris (Les Évangéliques de), 1 1 ii., 232 et n. Paris (Le parieineiit de), 1 1 et ii., 50, 60 et 11., 61, 68 11., 108 n., 218, 219 n., 228 11., 229 11. Paris (Les martyrs à), 59, 60, 61, 62, 63. Paris (Le peuple de), 60, 61,62. Pai-is (Les théologiens de), 350, 406. Paris (L'Université de), 11 et n., 60 n. Parisi (Le cardinal), 242 n. Paul m (Le pape), 91 n., 144 n., 162 n., 192, 242 et n., 257, 262 et n., 263, 265, 266, 288 et u., .850, 351, 371, 373, 391, 458 u. Payenie (Le Colloque de), 28 n., 29. Payerue (Le doyen de la Classe de), 29. Pays-Bas (La Gouvernante des), voy. Marie. Pays romand (Les doyens des Classes du), 102 et u-, 103 n., 104 n., 110, 111, 114 et u., 117 et n., 121 et n., 134, 171, 173 n., 210 n. Pays romand (Les baillis du), 505. Pays romand (Le peuple du), 166. Pays romand (Les Classes ou les Pasteurs du), 95, 102 n., 114 n., 135 n., 166, 172 n., 175 u., 287 n., 387 n., 388, 391. Pectavel (Pierre), 202. Peinant ou Peunant (Vincent), 205 et n. Peintre (Claude le), 61 n., .503. Pellican (Conrad), ^'<•" 1146, 1209, 1229. — 93, 94, 194 n., 290 et n., 291, 297 et n., 317, 318 n., 319 n., 331, 333 n., 344 et n., 346 et n. Pellissier (L'évêque Guillaume), 470 n. Pellisson (Jean), 64 n. Pellisson (Le président Pveymoiid), 219 n., 222 et u. Pelot ou le Peloux (L'anabaptiste Pienv), 358, 359, 360, 361, 362, 364, 365 et n., 507. Peneysans (Les), 222 n., 223 u., 469 n. Pergula (Martinus à), 193 n. Perrenot, évêque d'Arras (Antoine), voy. Granvelle. PeiTenot, seigneur de Granvelle (Nicolas), voy. Granvelle. Penin (Le conseiller Aniied ou Amy), 145 et n., 353 et n. Perrin ou Periini (Le chanoine Pierre), 68, 69 et n., 483 n. PeiTot (Olivier), 159, 160 et n., 161 n., 194 11., 295 n., 309 n., 334 n., 352 n., 412 n. l'ertemps ((-lande), 89 n., 5(«. Petit ou Pictiod, voy. Ciiaulteiiips (Jean). Petits-Cantons (Les Suisse."! dos), 243. Petitjean (Jean), 153 n. Pétreniand, 416 et n. Pfiitferlin (Ciiristophel), voy. Piperinus. Philippe (Le capitaine général Jean), 87 u. Philippe de liesse (Le Land^nive), V'>y. liesse. Philippe, (iraleurde Metz, 480 et ii. Picard ou le Picard (Ledocfi-ur Krau<;-ois), 60 n. - PlCiio.v (Kynard), N" 1151. — 112 «t n., 113 et 11., l't'.t et n., 2.5.5. Pierretteur (Le banneret Pierre de), 42 u., 43 n., 48 11., 88 n., 143 n., 235 n., .50.8. Pigghe (Albert), voy. Pighius. Pighius(Albertus),220etn., 221 n., 240 n., 2.56 n., 285, 287 et n., 338 n., 33'.», 341 n.,'.343 n., 451 n. Piguet (Antoine), 80 n. Pinguet (Martin), 399 et n. Piperinus (Christophoms), 236 n., 284 n. Pirrhus, 445 et n. Planche (Thomas de la), 198 u. Poitiers (Les théologiens de), 350, 406. Pompon (Madou), 10 et n., 11, 66, 68. Pompon (La femme de), 10 et n., 11. Pomponius (Madovius ou Macutus), voy. Pompon. Pons, comte de Mareiiues (Antoiii-- 'l'> 178 n., 180 et n., 181 n. Pons (Madame de), 178 n., 180 et n., 181 n. Pont (François du), 38 n. Pont-à-Mousson (Les Clarisses de), 323 n., 500 n. Pontanus (Gregûriu^), 251 n. Pontjuia, voy. Pons (Madame de). Pontareuse ou Pontlierouse (Le chanoine Benoit de), 167 n., 504, 505, 506. Poiitareu.se (Le ministre de la pai"oisse de), 505. Pont-d'Aiii (Le prédicaiit de), '.12 n. Pool (Le cardinal), 242 n. Pon-al (Ami), 54 et n., .55 n., 56 n. Porret (Michel), 37 et n. Portus (Frnnciscus), 84 n. Postel (Guillaume), .331 et n., 332 et n. Poupin (Ab.-1;, 354 n., 4-17 n., 44'.» et n. Poux (Jean), voy. Merloz (le). Poyet (Le chancelier Guillaume), 108 et n. Pningins (M' de), voy. XeuchAtel (LeG.iu- verneur do). PuAROMAX (lIuinb.Mt de), X« 268 a. - 4S2 et 11., 484 et n.. 485 n. o40 Pratensius, voy. Pré> (des). Prés (Barthélemi des), îv*o 1267. — 469 et n., 470 n. Prés (Pierre des), 470 u. Prévost, voyez Bartaudière. Prévôté (Les Pasteurs de la), N" 1142. — 85. Prévôté (Les habitants de la), 50, 51, 85. Prince, imprinienr (Le), 226 n. Princeps, voy. Prince (Le). Probst (Jacoi)), 189 n. Protestants d'Allemagne (Les princes), X" 1176. — 74 n., 75 et n., 76, 77 et n., 108 n., 152 n., 157, 171 n., 181, 182 n., 18.3 n., 200 et n., 212 n., 251 et n., 253, 257, 307 n., 311, 312, 316, 322, 330, 335 et n., 346 et n., 348, 377 et n., 403, 404 et n., 405, 406, 407, 410, 411, 417, 421 u., 428, 435, 436, 437, 438, 439, 440, 441 n., 442, 457, 472 et n., 474, 475, 506. Protestants d'Allemagne (Les ambassa- deurs ou députés des), 148, 149 et n., 150 et n., 154 n., 182 et n., 304, 305, 311 n., 323 et n., 348 n., 404, 411, 435, 439, 457, 474. Protestants (Les docteurs des Princes), 406, 428, 438, 472 n. Provence (Les Vandois de la), 4 et n., 275 n. Provence (Le parlement de), 4 u. Pyrrhus, surnom de Zébédée (Andi'é), 445n. « Quincy (Jeanne de), 224 n. Quercu (Leodegarius à), voyez Chesne (L. du). Querquinne, voy. Carchien. INDEX .VLPHABÉTIQI K DES NOMS. R Piabier (Antoine), 91 n. Pvaigecourt (Richard de), 323 n., 335 et n. Piavot, imprimeur (Claude), 44 n. Rebit ou RiBiT (Jean), N» 1223. — 176, 177 n., 298 et n., 319 n., 331 et n., 332 n., 333, 357 et n. Rebit ou Ribit (Hippolyte), 133 n. Régis (Le notaire Jean), 222 n. Regressu (Adam à), voy. Retours. Reliquanus, voy. Rhellicanus. Renatus? (Camillus), 193 n. Renée de France, N» 1170. — 84 n.. 119, 120 n., 161 et n., 162 u., 163, 178 n., 179 et n., 180 et n., 181 n. Retours (Adam de), 70 n. Rhellicanus (Joannes), 88 n., 112 et n., 113 et n., 187 n., 512 n. Rhenanus (Beatus), 88 n. Rhodes (Les habitants de), 40 et u. Richard (Le docteui- Pierre), 60 n. Richardot (François), 119 et n., 178 n., 179 n., 180 n., 181 n. Richardot (Pien-e), 180 n. Rigault, imprimeur (Benolst), 226 n. Rihel, imprimem- (Wendelin), 79 n., 166 n., 224 n., 345 n. Ritter (Érasme), 73 n., 95 et n., 96 n., 117 et n., 131, 139 n., 142 et n., 209 et n., 211, 243 et n., 244 et n., 256 n., 284 et n., 297 n., 336 et n., 337 et n., 338, 356 n. Rive, seigneui- de Prangius (Georges de), vo}-. Neuchîitel (Le Gouverneur de). Pvobert ou Robert! (Le diacre Vital), 31 n., 196(?), 197 n., 502. Pvobrac (Jehanne de), 64 et n. Rotfet, imprimeur (Estieune), 70 n. Rogier ou Rougier (le chii-urgien Jean), 376 et n., 378 n., 379 et n. Roma (Le Jacobin Jean de), 275 et n. Roph (Estieune), 104 n. Rosenblatt (Wibrandis), 39 et n. Roset (Claude), 331 n., 503. Rosiu (Agnès), 332 n. Rossem (Martin van), 74 n. Roucel (Androuin), 480 et n. Roucel (Nicole), 480 et n. Rougeot ou Rougier, chirurgien (Jean), 415 et n. Ruel, martyr (Laurent du), 63 n. Rurti (Pierre), 333 n., 436 n., 460 n., 503. Rumlangen (Ébrard de), 187 n. S Sachins, seigneur d'Aiiières (Claude de). No 1145.— 89 et n., 90 n., 91 n., 93 n., 224 et n. Sachins, seignem- de la Mylatière (Claiide de), 90 n., 91 n. Sachins (François de), 90 n., 92, 93 u. Sadolet (Le cardinal Jacques), 4 u., 287, 469 n. Saint-Flour (Antoine de), 10 et n., 11, 67. Saint-Gall (Le Conseil de), 489. Saint Office (Le tribunal du), 118 n. Salanianque(Les théologiens de), 350,406. INDEX ALIMIAIIETIULE 1»K.S NOMS. 541 Salzbourg ( L'arche vêqno de), 76 ii. Sapiontis (Le chanoine Henri), 483 n. Sarpi (Paolo), 2-i2 ii. Saubonne (Miclielle de), 177 n., 180 n. Saunier ou Sonier (Antoine), 217 n., 218 et n., 25-1 n. Savoie (Le duc de), voy. Charles IIL Savoie (Louise de), 30G n. Savoie (Le président de), voy. Pellisson (Reymoiid). Saxe (Les églises de la), 158 n. Saxe (Jean-Frédéric, Électeur de), 75 et n., 149 et n., 251 n., 257 n., 330, 507. Schaffouse (Le Conseil de), 489. Schefler, voy. Scepperus. Sceppenis (Cornélius), 251 n. Schmid (Conrad), 73 u., 95, 100 n., 140 n. ScHXEPF (Ehrhard), N» 1243.— 408 et n., 409, 463 et n. Schorro (Nicolas), 249. Schouber, imprimeur (Lax), 5U8 n. Secretaiu (Antoine), 44 n. Senarclens (Claude de), 82, 83 n. Senarclens (François de), 82, 83 n. Sénarpont (Gabriel de), voy. Monchy. Senensis (Bernardinns), voy. Ochino. Sevenus (Gérard), 77 et n. Simler (Josias), 169 n. Simonin de Gorze, 153 n. Sinapius (Jeau), 180 et n., 181 n. Sleidau (Jean), 60 n., 108 n., 160 n., 242 n., 444 n. Smalkalden (Les princes et les villes de la ligue de), voy. Protestants. Soleure (L'avoyer de), 18. SOLEURE (Le Conseil de), N" 1116. — 14 et n., 15 n., 17, 18, 32 n., 385 u., 502. Soleui'e (Le secrétaire de), 18. Soleurois(Les),voy. Soleure (Le Conseil de). Soliman (Le sultan), 40 n., 41, 130 n., 242, 332 et n., 333. Sonerius, voy. Sauni^'r. Sorbonne (Les docteur> de la), 62, 292 et n., 350. Soubi>e (Le seigneur de), 180 n. Spalatin (Georges), 75 n., 158 n. Stade (Fi-antz von), 343 et n. Stadianus (Franciscus), voy. .Stade. Stephanus (Robertus), voy. Estienno (Ro- bert). Sthôlli (Blàsy), 74 n. Stier (Le chancelier Sigismond), 237 et n., 291 et n., 293 et n., 464 et n., '^5,471. Strasbourg (Les chanoines ou le Chapitre de), 157 et u. Strasbourg (Le Conseil de), N"" ll2i», 1218, 1270, 1271. — 38, 52, 125 n., 126 n., 127 et n., 1.50 n., 311, 312 et n., 314, 316, 330, 335 n., 4U3, 405, 417 ef'n., 418 n., 421, 435 et n., 437 et u., 41tJ, 441, 442 et n., 450 et n., 453,454, 455, 4.56 et n., 457, 458, 'Uil, 472, 473 et n., 475, 492 et n., .507. Strasbourg (Les députés de), '.t7 n., 157 n., 305, 311. Stra.>bourg (L'École ou Académie de), 169, 481. Strasbourg (L'Église de), 170, 490. Stra.sbourg (L'église frani/aise de), X" 1101 b. — 170 n., 293 n.. 492 et n. Strasbourg (Le pasteur de l'église fran- çaise de), X- 1101 b. — 170 et n., 4W2 et u., 493 n. Strasbourg (L'évêque de), voy. Liinbourg (Érasme de). Strasbourg (Les Pa-tem-s de), N" 1054 a. 115 n., 127 n., 128, 415, 489, 490 n., 492. Strasbourg (Les réfugiés de Metz à), vny. Metz (Les réfugiés de). Sti-asbourg (Les savants de), 435 n. Strasser (l'aul), 73 n. Stupaïuis (Joan. Xicolaus), 118 u., 185 n. Sturm de Sturmeck (Jacob), 149 u., 150 et n., 472 et n., 476. Sturm (Jean), N" 1173. — 77, 80 n., 165 n., 170 et n., 171 et n., 416, 451 et n., 493 n. Sturm (Pierre), 149 n., 473, 475. Suisse (Les r-antons évangéliques de la), > 1005 b. — 310, 488 et n., 489. Suisse (Les pasteurs évangéliques de la), 261 et n., 262 n., 268. Suisse (Les églises évangéliques de la), 266, 267. Suisse romande (Les pasteui-s de h), vov. Pays romand. Sultzer (Simon), N™ 1137, llos, iii>_', 1167, 1185, 11116, 12(X), 120.5.— 72 et n., 73 n., 75, 95 et u., 96 n., 97 n., 99 n., 110 n., 117 n., 129, 131 et n., 137 n., 1,38, 140 n., 141, 147 n., 1.56, 1.59, 201 et n., 209, 210 n., 211 n.. 212, 216 et n., 240, 243 n., 244 n., 245, 256 et n., 257 n., 258 .-t n., 284, 285 et n., 296 n., 297 et n., 298. Sylvius (Jacobus), voy. Bois (Jacques du). Tngautius (JoannesJ, 223 n. Tallauge (Le sieur de), vov. Gouniav Thiébaud de). 542 INDEX ALPHABETIOUK DES NOMS. Tam-us (Sigismuudus), voy. Stier. Ti'lamonius, voy. Tillniann. Telorus (JoaniK's), voy. Endsberg. Terentiano (Julio), 169 n. Termègne (Jean de), 153 ii. Textor fBenoîf), N" 119». — 82 et n., 90 11., 92 n., 93 n., 223 et n., 224 n., 225 et n., 227. Textor (La famille de B.), 225 et n., 227. Thièle (Les habitants de), 364 et n. Tliomas «««- (Maître), 198. Thomas ••■*■*■, de Cornaux, 367. Thomassist (Antoine), N" 1232. — 357 et n., 358 et n. Thoinassin de Chevillon, 153 n. Thonon (La Classe de), 36, 135 n., 217 n., 280 n. Thonon (Les pasteurs de), 36. Thonon (Les habitants de), 36 et n. Thonon (L'École de), 36 et n. Thonon (Le sous-niaître de l'École de), 36. Thonon (L'abbaye de la Jeunesse de), 36 n. Thorel (Noël), 156 n. Thunstetten (Le doyen du Chapitre de), 280 n. Tillier (Antoine), voy. Lausanne (Le bailli de). Tillmann (Bernard), 131, 159, 285. Tissot (Le trésorier Pierre), 89 n., 503. Toloraei (Claudio), 164 n. Tornacus (Jo.), voy. Tournay. Toulouse (Le parlement de), 107 n., 108 n. Toulouse (Les théologiens de), 350, 406. Tom-nay (Jean de), 71 et n., 176, 177 n., 238, 239 n., 376 et n. Tournes, imprimevir (Jean de), 93 n. Tournon (Blanche de), 65 n. Tournon (L'évéque Claude de), 63. Tournon (Le cardinal François de), 64, 65 et n., 66, 303 n. Tournon, neveu de Claude et de François (Claude de), 63 et n., 64 et n., 65. Toussais (Pierre), N"» 1113, 1123, 1131, 1180, 1193, 1210, 1214, 1249, 1264, 1265, 1268, 149 a. — 9 et n., 33, 34 et n., 57, 58, 190, 191, 200, 215, 221 n., 237 et n., 238, 291 et n., 292 n., 293 et n., 299 et n., 301, 420, 421, 462 et n., 464, 465 et n., 471 et n., 479, 481 n., 485 et n., 486, 487 et n., 504. Tragus (llieronymus), 224 n. Trebelliano (Theodosio), 169 n. Treppereau (Louis), 79 et n., 83 n., 84 n., 106 et n., 207 et n., 449. Trepperelhis, voy. Treppereau. Trévise (Les Évangéliques de), N» 1186. — 212, 213 n., 214. Tryve (François de), 34 n. Tschudi (.î^gidius), 88 n. Tuilerie (L'hôte et l'hôtesse de la), 399 n, Tm-ca, 94 n., 120 et n. Turcs (Les), 41 et n., 57, 76, 77, 108 et n., 1.30 et n., 131 n., 241 et n., 242, 257, 264, 287, 343, 459, 460 n., 461. Turcs (Les députés des), 77, 130. Turtaz (Elisabeth), 109 et n., 133 n. Turtaz (Hugues), 133 et n. Turterus, voy. Turtaz (Hugues). U Ungnad (Jean), 241 n. Urseriis (Anastasia de), voy. Orsières. Ursinus, pseudonyme de Guill. Farel, 259 n. Vadian (Joachim), 93 n., 144 n., 161 n. Valais (Les députés du), 35 et n. Valaisans (Les), 35 et n. Val-Bousquet ou du Bosquet (Hélie), 377 n. Vandel (Les frères), 466 n. Vandel ou Wandelly (Thomas), 466 n. Varod (Michel), 236, 237 u. Vassy (Les Évangéliques de), 306 n. Vatake (François), 290. Vaud (Les Églises du Pays de), 101 n., 356 et n. Vaud (Les pasteurs du Pays de), 84 n. Vaud (Les villageois du Pays de), 234 n. Vaud (Le gouverneur et bailli du Pays de), 483 n. Vavre (Les habitants de), 363 et n. Védaste (Jean), 478 n. Veltin (Frère), voy. Bois (Valentin du). Venise (Le Sénat de), 213 n. Venise (L'ambassadeur de France à), 470 et n. Vénitiens (Les), 130, 144 n. Vénitiens (Les Évangéliques), 212, 213 n., 214. Verger (Éloy du), 226 et n. Vergerius (Eligius), voy. Verger. Véron (Claude), 207 et n. Verratus (Frater Jo. Maria), 178 n. Vert (Estienne Le), 206. Vevey (Le Colloque de), 238, 239 n., 245 n. Vevey (Les députés de la Classe de), voy, Lausanne (Classe de). Vial (Jean), 504. l.NDKX AI.IMIAIIETK. ViCENCE (Les Évaiigéliques de), N" 118G. — 212, 213 II., 211. Viller (de), 335. ViKET (Pierre), N"* 1121, 1136, 1143, 1144, 1160, 1182, 1211, 1231, 1237, 1251.— 3etn., 5, 13, 14, 28, 2it, 30 n., 31 et n., 34, 36, 38, 39, 40, 44 ii., 53 et n., 54, 68 et n., 69 n., 71, 72, 78, 79, 84, 86, 87 et 11., 88 n., 89, 101 n., 103, 104 II., 106 n., lOit .'t n., 110 ii., 111 et n., 114 et n., 115, 117, 118, 119, 121, 122 n.. 132 et n., 133 et n., 134, 135 n., 136 n., 137, 110 et n., 141, 142 n., 146 n., 148 n., 163 et n., 166 n., 167 n., 168 11., 174 n., 176, 194 et n., 196 et n., 215 et n., 216 n., 218 et n., 220, 224 et n., 235 n., 238 et n., 239 n., 244 et 11., 245 et n., 247, 248 n., 249 n., 258 n., 259 n., 277 n., 284 et n., 285, 290, 291, 293, 294 u., 295, 296 n., 297, .303, 329 11., 351 lu, 352,353 n., 354 n., 355 II., 357, 370, 376, 378 et n., 383, 384 11., 385 n., 386, 387 n., 391 n., 397 n., 400, 417 et II., 419, 434, 435 u., 436 et u., 440, 441, 448, 503, 505. Viret (La femme do F.), voy. Turtaz (Eli- sabeth). Viret (La tante maternelle de), 109 et n., 111. Virginins (Maturimis), voy. Prés (Bartlié- lemi des). ViROT (Guillaume), N» 1225. — 323 et n., 329 et n., 334 et n., 335, 437 et n. Vito de Sicilia, 285 et u. Voittre, banquier (Ricliard), 399 n. Volât (Jean), 337 n. Voye, martyr (Ay mon de la), 107 n., 303 n. Viiliierens (Nicolas de), voyez Auxerre (Nicolas d'). W Waldeck (L'évêque Frantz de), 157 et n., 250 et n., 292 et n. Wandart (Nicolas), 105 et n., 354 n. Waiidée, voy. Wandart. Wandel (Thomas), 466 n. Wandel (Pierre), 143 et n. Warnéiy ou Warney (Fi-ançois), 44 et n. Watteville (L'avoyer Jean -Jacques de), 199 et n., 200, 239 n., 294 n., 386 n., 505, 506. Il K ItKS N(».MS. 543 Watteville (Nicolas de), 249, 336 et n., 338. Welches (Les doyens), 114 n., 121 n. Wied (L'aichevêhauen (Gaspard), 249. Wouters (Cornélius), voy. (Jualtheiois. W'nrtemberg (Le comte Georges de), 9 et n., 28 et II., 29 et il., 57 n., .58, 191 et n., 237 et u., 292, 293, 464, 465, 471, 487. Wurtemberg (Christophe, duc de), 57 et n., 200, 237 n., 292 et n., 299, 301 et n., 379 n., 108, 409, 414, 420 et n., 4(j3 et n., 465 et n. Wurtemberg (Ulric, duc de), 76, 150 n., 257 n., .301 et n., 302 n., 30l, 330,405, 408, 409, 496 n., 498. Yveidon (Le bailli d"), 409. Yveidon (La Classe d'), 111 n., 134 n. Yverdon (Les prédicants d"), 50 u. Z Zébkdée (André), N" 1127. — 5, 42 et n., 43 II., 48 11., 49 n., 71 et n., 111 n., 121 et n., 132 et n., 133 n., 134 et n., 145, 445 II., 503. Zulouir fMarti), 249. Zurich (Les bourgeois de), 187 n. Zurich (Le Conseil de), 187 et ji., 193 n., 31 1 n., 489. Zurich (Le Collège de), 187 n. •Zurich (L'Église de), 239, 345. Zurich (Les étudiants de), 187 n. Zurich (Les Pasteurs et Professeurs de), 73 n., 113 n., 120, 210 n., 290, 291 n., 333 n. Zurkinden (Nicolas), 140 n., 280 n. Zwick (Jean), 158 n., 187 n. Zwickau (Le pasteur de), 158 n. Zwingli (Régula), 239 n. Zwinf.'li (Ulric), 100 ii., 118 n., 123, 124., 169 n., 239 n. Zwinglieiis (Les), 330 n. ERRATA P. 6, première ligne, lisez aux Conseils. P. 102, X- 1148, ligue 3, lisez 1542. P. 117, ligne 3 du texte, au lieu de vobii, lisez robis. P. 180, ligne 6, lisez npoasxixr}. P. 192, ligne 8, au lieu de Campii, lisez Campi. P. 214, ligue 24, au lieu de omnimo, lisez omuino. P. 214, ligne 31, au lieu de vohis, lisez nohis. P. 219, note 21, ligne 2, au lieu d'écrits, lisez édits. P. 221, note 4, ligne 6, au lieu de augustiis, lisez angustiis. P. 237, note 3, ligne 3, effacez Ulric. P. 286, lig. 6 du texte en remontant, au lieu de sus, lisez suo. P. 288, avant-dernière ligne du texte, au lieu de gub, lisez qubd. P. 303, lig. 7, au lieu de christani, lisez christiani. P. 419, avant-dernière ligne du texte, lisez Guîielmo. P. 436, lig. 13, au lieu de troy, lisez trop. P. 463, lig. 9, après festa, placez le renvoi de note 6. P. 479, lig. 5, supprimez m. dans le millésime. P. 508, ligne 6, au lieu de figurent, lisez figure. FIN DU TOME HUITlExME GEORG a: C^ ÉDITEURS QENÈVÊ, B A LE ET LYON Bordier (Hpiiri). La Saint-Barthélomy ot la critiquf moderiio. In-4o, HT) ]), avoc 9 pi. o{ fig. dont 1 pi. on chromo. 1870 10 — Calvin. Récit de la dci-nièrc maladie et de la mort de J. Calvin, ])ar un témoin oculaire {Th. âe Bezé). In-12. 186i — 60 Catéchisme français de Calvin publié en 1537, réimprimé pour la pre- mière fois d'après un exemplaire nouvellement retrouvé, suivi de la plus ancienne confession de foi de l'église de Genève, avec deux notices par Albert Eilltet et Théophile DiFom. In-16 de 434 p., pajiier de Hol- lande, avec 2 fac-similé. Epuisé, les derniers exemplaires à . . . . 20 — Fazy (Henri). Procès de Jérôme Bolsec. In-4". 1866 5 — — Procès de Yalentin Gentilis et de Nicolas Gallo (1558) publié d'après les documents originaux. In 4". 1878 4 — — La Saint-Barthélemv et Genève. Etude historique, avec documents. In-40, 131 p. 1879 ..\ 5 — Galiffe (J.-B.-G.). Genève historique et archéologique, avec dessins et illustrations de H. Hammann. In 4», environ 90 grav. dans le texte et un plan synchronique. 1869 — 72 37 50 — Le refuge italien de Genève aux XVI'«e ot XVII'ne siècles. in-80. 1881 5 — -s®.::;. Dé)iombrcineiit biographique et généalog. du Refugi^ italien de Genève et des colonies espagnole, portugaise, gi-ecque, juive et turque, qui s'y rattachent. Genève ecclésiastique ou Livre des spectables Pasteurs et Pro^ >urs qui ont été dans cette Eglise depuis hi Réformation jusqu'en 186 »5 p. In-8« .' 1 50 Goltz (Baron de). Genève religieuse au XIX'"*^ siècle, ou tableau des faits qui, depuis 1815, ont accompagné dans cette ville le développement de Vhid idualisine ecclésiastique du ré>-eil, mis en regard de l'ancien sys- tème héocratique de l'église de Ca-v^iii. Traduit de l'allemand par C. Malax. In-8», 592 p. 1862 7 50 Merlo d'Aubigné (J.-H.). Caractère du réformateur et de la réformation de Genève. In-8'^. 1SG2 1 — Rilliet (Albert). Le rétablissement du catholicisme à Genève il y a deux siècles. Etude historique d'après des documents contemporains pour la plupart inédits. In-S», 256 ]). 1880 .' 5 — Roset (Michel). Les Chroniques de Genève, ])ubliées d'ajjrès le manuscrit original des Archives de Genève, par Henri Fazy. Un l)eau vol. in-80. Ruchat (Abr.). Histoire de la Réformation de la Suisse. Edition avec a])pendice et des notices sur la vie et les ouvrages de Ruchat, par L. ViLLiEMiN. 7 vol. in-8o, 1835 à 1838. (Publié à fr. 35) 20 — Schmidt (C, prof, de théol.). Les libertins s])irituels, traités mystiques, écrits dans les années 1517 à 1549, ]iublié d'après le manusci'it original. In-120, 248 p. 1876 7 50 ( ■■'\\. lîoiit'vo. — lni|ii'. \V. Kiinili^ cl Fils PLEASE DO NOT REMOVE CARDS OR SLIPS FROM THIS POCKET UNIVERSITY OF TORONTO LIBRARY BR 301 H46 t. 3 Herminjard, Aime Louis Correspondance des refonnateurs k^\')